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Accueil du site > Tribune Libre > Le libra, beaucoup à en dire, et à s’interroger

Le libra, beaucoup à en dire, et à s’interroger

Facebook a annoncé le projet de créer une monnaie numérique privée le libra, reposant sur la technologie de la chaîne de blocs (blockchain), destinée à devenir une monnaie mondiale adossée à ses réseaux sociaux, dont il a publié le livre blanc le 18 juin, et qu’il vise à lancer en 2020.

Comment comprendre le libra, et quel peut être son avenir  ? Il y a beaucoup à en dire, et encore de nombreuses interrogations.

Voici dix points de repère et interrogations sur le projet Libra :

1. Le libra ne sera pas une monnaie souveraine comme par exemple l’euro ou le yen - en dépit de ce que dit craindre Bruno Lemaire. Il lui manquerait pour cela d’avoir cours légal sur un certain territoire, de même que l’euro a cours légal sur le territoire des Etats qui l’ont adopté comme monnaie, c’est-à-dire qu’il existe une obligation légale pour les débiteurs de l’accepter en paiement. En revanche, nul ne sera obligé d’accepter d’être payé en libras, dans aucun pays. Il n’est cependant pas acquis que cela fasse une vraie différence, tant sont populaires les médias sociaux

2. Le libra ne sera pas une cryptomonnaie - ou cryptoactif ou cryptojeton quel que soit le nom qu’on choisisse de lui donner - au sens par exemple du bitcoin ou de l’éther. En effet, cette monnaie sera gouvernée de manière centralisée par un intermédiaire auquel les détenteurs de libras seront bien obligés de faire confiance, non pas de manière décentralisée et désintermédiatisée comme le bitcoin - et ceci indépendamment de l’utilisation pour le libra de la technologie de chaîne de blocs, qui ne suffit pas à elle seule à faire une cryptomonnaie au sens propre. Le libra sera une monnaie fiduciaire, comme euro, dollar ou franc suisse, "fiduciaire" dérivant du mot latin pour confiance : il s’agira bien pour les détenteurs de libras de faire confiance aux acteurs (une centaine) établis pour sa gestion. Ce sont ces acteurs qui constitueront collectivement l’intermédiaire en question

3. Pourquoi alors utiliser la technologie de la chaîne de blocs  ? Une bonne vieille base de données aurait suffi. Il y a peut-être une part de sacrifice à une idée à la mode - un aspect publicitaire. Il y a surtout semble-t-il la volonté d’inspirer confiance en soulignant que non non ce n’est pas Facebook qui contrôlera le libra - voyons, qu’alliez-vous croire  ? - puisqu’il s’agira d’une centaine d’entreprises et institutions diverses au total. Et on comprend aisément que Facebook se pose la question de la confiance qu’il s’agit d’inspirer, vu sa relation disons "compliquée" à la morale commune comme au respect de ses utilisateurs

Facebook_confidentiel.jpg

Les options de confidentialité proposées par Facebook
En 2013, Edward Snowden révélait que les grandes entreprises américaines d’Internet partageaient systématiquement les données de leurs utilisateurs avec les "services" américains

4. Ce discours est-il crédible  ? C’est à regarder de beaucoup plus près. Dans le système bitcoin, pour prendre le contrôle du réseau il faudrait rassembler plus de 50% de sa puissance de calcul. Et dans le système libra  ? La règle sera-t-elle similaire  ? Dans ce cas, quelle sera la répartition des puissances de calcul entre les cent acteurs à la base du système, théoriquement égaux entre eux  ? Facebook, ou encore tel petit sous-groupe de firmes géantes parmi les cent, ne disposerait-il pas d’une position "plus égale que les autres", du simple fait de la puissance énorme de ses serveurs  ?

5. A part l’extension de son domaine d’intervention - souci classique de toute entreprise en développement - une motivation de ce projet pourrait être le recueil des données financières et de paiement, pour utilisation en propre ou revente aux acteurs intéressés. Facebook proteste ses grands dieux que telle n’est pas son intention naturellement, là encore le système du contrôle distribué sur cent acteurs est mis en avant... mais l’infrastructure technique sera bien celle de Facebook, notamment pour le logiciel de paiement "Calibra" prévu pour la gestion par tout un chacun de son portefeuille de libras. Et tout "code de bonne conduite" mis en avant par une entreprise pourrait être détourné d’autant plus facilement que celle-ci maîtrise le soubassement technique de l’ensemble

6. L’adossement du libra sur "un panier de devises traditionnelles et d’obligations d’Etat" se veut rassurant, par son classicisme pour une monnaie fiduciaire. Oui, mais là aussi il y a potentiellement du bénéfice et du pouvoir à "gratter". A partir du moment où le libra serait suffisamment établi, d’une part le taux de couverture de la masse monétaire aujourd’hui annoncé à "1 pour 1" pourrait être baissé en-dessous de 100%, permettant l’émission de libras sans contrepartie, bref la création d’une "poule aux œufs d’or" similaire à celles dont dispose les banques centrales des monnaies souveraines : une véritable planche à billets

Le libra, une poule aux oeufs d’or  ?
Seulement pour ses maîtres, en tout cas

7. D’autre part, l’arbitrage entre telle ou telle monnaie pour la constitution des réserves fournirait un levier de pression plus qu’intéressant sur tel ou tel pays ou bloc économique même les plus grands. En effet, si l’on imagine le libra utilisé quotidiennement par 1 à 2 milliards de personnes, sa masse monétaire énorme générerait une forte capacité de pression sur tout Etat. Voir cette remarque intéressante sur "Capital"

« [Avec Libra] Facebook ne va pas concurrencer les États mais plutôt organiser la concurrence entre eux. Projetons nous dans 10 ans quand le Libra sera utilisé par 1,5 milliard de personnes, soit plus que le yuan et plein d’autres monnaies. Il y aura une masse monétaire monstrueuse et le rapport de force sera totalement inversé.

En cas de conflit avec la BCE, Libra pourra réduire la part de l’euro dans son panier de devises au profit d’autres monnaies. Ça fera chuter le cours de l’euro, du CAC 40 et aura des conséquences sur la zone euro, comme lorsqu’un fonds de pension fait pression sur des États, mais en version XXL. On se retrouvera sur un marché où le dollar ne sera plus l’étalon -ce que l’on peut regretter ou pas-, remplacé par le Libra, de dépit de sa fonction de panier de devises. »

Keep_calm_Facebook.jpg

8. Ce méga-projet de Facebook peut rencontrer des obstacles, et d’abord le risque d’une régulation, voir la Banque de France qui agit, par l’intermédiaire de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (APCR), pour pousser à la discussion au G7 de la régulation des « stable coins », dont le Libra

« Je souligne à ce propos que nous venons, avec Bruno Le Maire et au nom de la présidence française du G7, de décider la mise en place d’une task-force sur les projets de « stable coins » : le » libra », dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, mais pas seulement lui. Au demeurant, ce terme de » stable » devra être précisé : stable contre quoi (si c’est un panier de devises, quel panier  ?) ; et stable jusqu’à quel point (fixe, ou partiellement flexible  ?). Dirigée par Benoit Coeuré avec des représentants des banques centrales, elle devra dans les prochains mois examiner les exigences anti-blanchiment, mais aussi celles de protection des consommateurs, de résilience opérationnelle, ainsi que les éventuelles questions de transmission de la politique monétaire. Nous voulons allier ouverture sur l’innovation et fermeté sur la régulation : c’est l’intérêt de tous. Et nous devons parallèlement améliorer encore l’efficacité des systèmes de paiement existants, en transfrontières : la Banque de France promeut activement une stratégie européenne en la matière. »

En un mot, les Etats "bougent encore". Mais sauront-ils et voudront-ils accorder leurs visions et leurs pratiques pour établir une régulation suffisamment stricte et universelle pour se protéger des pressions que les maîtres du libra pourraient exercer sur eux  ? Il est permis d’en douter, à considérer d’une part l’influence des théories du type "dérégulation en tout domaine et quoi qu’il arrive" d’autre part la montée des tensions géopolitiques : quand on s’inquiète de passer ou de rester devant son voisin, on s’occupe moins des éventuels intérêts communs, à supposer encore qu’on soit conscient qu’il pourrait en rester

9. Une autre limite potentielle à ce projet, c’est la concurrence. Si d’autres parmi les grands médias et maîtres d’Internet montent des projets semblables, il est envisageable que la concurrence entre plusieurs monnaies privées, chacune attachée à un réseau social, limite le pouvoir de chacune d’entre elles, du moins pour ce qui est des aspects "planche à billets" et "levier de pression sur les Etats".

Cependant, rien n’est moins sûr. D’une part il se pourrait qu’existe un avantage objectif à utiliser une seule monnaie privée à l’échelle mondiale - c’est alors l’un de ces projets de monnaie privée qui l’emporterait et marginaliserait tous les autres, comme par exemple Google l’a fait pour les moteurs de recherche. D’autre part, le monopole n’est pas la seule forme excessive de contrôle capitalistique... il y a encore le cartel. Rien n’empêcherait les institutions contrôlant un petit nombre de monnaies privées adossées à des médias sociaux... de s’entendre entre elles  !

10. Une éventualité intrigante est que "Zuck [ne] soit l’idiot utile de Satoshi". C’est-à-dire que le PDG de Facebook Zuckerberg découvre qu’au final son projet ne serve que de marchepied à une cryptomonnaie au sens propre, c’est-à-dire décentralisée et sans intermédiaire, que ce soit le bitcoin créé par Satoshi Nakamoto ou une autre. En effet, ce qui bloque actuellement l’extension du système cryptomonnaie n’est plus la limitation technique du nombre de transactions que le réseau peut prendre en charge par seconde : l’obstacle a été levé en ce qui concerne le bitcoin avec le réseau secondaire Lightning. En dehors d’une stabilisation au moins relative de la valeur du bitcoin - qui pourrait arriver avec le temps - il manque surtout l’extension du nombre de personnes "initiées" au-delà des quelques millions qui y ont déjà "touché" voire qui possèdent des bitcoins ou d’autres cryptos. Or, le libra promet de faire passer le nombre d’initiés de millions... jusqu’à un ou plusieurs milliards  ! Rien n’empêchera que ces personnes ne s’intéressent ensuite à un système qui leur procure essentiellement les mêmes bénéfices, mais sans le contrôle par l’intermédiaire privé que serait Facebook - même rejoint par 99 autres

N’ayant que l’apparence d’une cryptomonnaie sans intermédiaire recouvrant la réalité d’une monnaie fiduciaire privée, le libra en somme sera au bitcoin ce qu’est le Canada Dry à l’alcool : un succédané. Or, il se pourrait fort bien que la consommation de Canada Dry ne soit que le premier pas vers la consommation d’alcools à proprement parler...


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43 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 juin 13:30

    Tout le monde s’inquiète du contrôle que Mark Zuckerberg exercera ou non sur Libra, mais il faudrait plutôt s’inquiéter d’un crypto Cambridge Analytica.

    Libra étant censé permettre d’acheter et d’envoyer de l’argent à l’étranger avec des frais de transaction quasi nuls, les critiques ont aussitôt mis en avant des dangers de centralisation du contrôle de l’argent entre les mains d’une entreprise n’assurant déjà pas la protection de la vie privée ni de la sécurité de ses utilisateurs. Or ce nouveau service est une cible géante. pour les pirates.

    Il est prévu que la Blockchain Libra soit ouverte à tous : tout consommateur, développeur ou entreprise pourrait utiliser le réseau Libra, créer des produits et renforcer la valeur ajoutée de ses services.

    Apparemment, Facebook a oublié le fait que permettre à quiconque de s’appuyer sur sa plate-forme d’applications est justement ce qui a permis à Cambridge Analytica de détourner les données personnelles de 87 millions de personnes et de les utiliser à des fins de ciblage politique.

    Mais dans le cas de libra, ce ne seront pas les petits secrets des utilisateurs et les dates d’anniversaires des copains qui seront captés. Un développeur un peu filou peut très bien créer un portefeuille qui vide le compte d’un utilisateur ou transfère ses pièces au mauvais destinataire, exploite l’historique de ses achats pour la commercialisation de données ou les utilise pour blanchir de l’argent. Les risques numériques deviennent beaucoup moins abstraits lorsque des actifs réels sont en jeu.

    La Blockchain Balance est irréversible. Impossible de récupérerez l’argent volé ou mal acheminé. Il n’y a pas de support client, mais il y a beaucoup de pirates qui guettent les proies inexpérimentées comme des charognards. 1,7 milliard de dollars de crypto-monnaie ont été volés l’an dernier d’après CypherTrace (cf CNBC) .

    Jusqu’à présent, le monde de la blockchain était surtout constitué techniciens du numrique (sauf en cas de montée en flèche des valeurs qui ont convaincu les citoyens moyens d’investir dans le Bitcoin juste avant que les prix ne s’effondrent), mais, Facebook envisage d’intégrer les 2,7 milliards d’utilisateurs de sa famille d’applications dans le monde de la crypto-monnaie.

    Par mesure de précaution, il est urgent d’attendre, mais une fois de plus, ce sont les petits, les plus nombreux, qui se feront tondre. 10 euros multipliés par 2.7 milliards, ça fait un pactole.


    • Paul Leleu 24 juin 11:41

      @Séraphin Lampion

      Facebook-qui-nous-veut-du-bien va régler le problème de la dictature des banques... en faisant sa propre dictature...

      Nous assistons à un moment historique, si ça marche


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 14:41

      @Paul Leleu

      tout-à-fait,

      et la dictature de facebook ne s’en prendra pas qu’à l’argent comme le font les banques : les abonnés se transforment eux-mêmes en sujets dont la traçabilité couvre tous leurs faits et gestes


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 15:00

      @Paul Leleu

      « Libra » est le mot anglais pour désigner le signe astrologique de la « balance ».

      Dans l’Égypte ancienne, ce signe était lié à Osiris qui pesait les âmes.

      Dans la Mythologie Grecque, elle était l’attribut de Thémis, tante et maîtresse de Zeus.

      Dans l’histoire du Christianisme, elle est entre les mains de Saints Michel, archange du jugement dernier.

      Dans le Coran ou encore au Tibet où elle sert à peser les bonnes et les mauvaises actions des hommes (actions représentées par des cailloux blancs pour les bonnes et noires pour les mauvaises).

      Quand un anglophone entend le mot « libra », rien pour lui n’évoque le mot « libre » qui se dit « free ». Zuckerman n’a sans doute pas choisi de symbole par hasard. Thémis était la fille d’Ouranos (le ciel) et de Gaïa (la terre-mère), et la sœur de Cronos (Saturne). Fruit de l’invisible, de l’esprit, de la matière et du visible, elle faisait partie des Titans qui ont été détrônés par Cronos, lui-même déchu par son fils Zeus ma Thémis a fini par prendre la place d’Héra elle-même !


    • HELIOS HELIOS 24 juin 15:43

      @Séraphin Lampion
      ... quand j’ai lu, de loin dirons-nous, l’information, j’ai cru que Facebook allait se lancer dans la production ou la vente de serviette périodique et protection féminine !

      j’ai du trop regarder les infos sur le petit écran à l’heure du café....


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 16:07

      @HELIOS

      vous auriez fait un bon créatif en publicité...


    • Paul Leleu 24 juin 16:52

      @Séraphin Lampion

      oui...

      Pour fonder sa monnaie, Facebook s’est associé à diverses autres entreprises de réseau (visa, uber, E-bay, etc.)

      Quand on y réfléchit, c’est entièrement logique... à toutes les époques les réseaux ont été les banquiers du monde. Car ce sont eux qui interconnectent les gens, et leurs permettent logiquement de transférer des avoirs.

      Ainsi il y eu les Templiers, les Juifs ou les Républiques commerçantes d’Italie du Nord. Plus tard les peuples navigateurs comme les Anglais ou les Hollandais. Ce différentes traditions bancaires avaient pour point commun de pouvoir proposer un réseau sûr et étendu à leurs clients (monastères, diaspora communautaire, ou comptoirs marchands)

      Dans le monde numérique moderne, finalement, Facebook est un réseau plus dense et plus proche des gens que les banques traditionnelles... on va donc logiquement assister à une bascule du pouvoir bancaire... c’est structurel.

      (qui plus, même si ça n’a sans doute rien à voir, de façon conjoncturelle, cela pourrait permettre au Captalisme de purger et détruire le système bancaire actuel, vermoulu et à bout de souffle... il y a peut être un alignement des planètes)


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 17:27

      @Paul Leleu

      « Facebook est un réseau plus dense et plus proche des gens que les banques traditionnelles...   » ... et plus rapide, instantané, ce qui permettra peut-être en effet des banqueroutes ou des faillites instantanées : les assignats à la vitesse de la lumière, retour dans le futur...


    • sophie 23 juin 15:00

      mais il faudra des volontaires, qui sera assez fou pour le faire ?


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 juin 15:10

        @sophie

        2.7 milliards de volontaires pour payer ou transférer des petites sommes (10 euros par exemple).
        La perte est faible si on se les fait piquer.
        Mais le gain est juteux pour le récupérateur : 27 milliard pour les frères Rapetou.
        Les pauvres n’ont pas beaucoup d’argent, mais ils sont nombreux et toujours séduits par les offres alléchantes.


      • Ruut Ruut 24 juin 09:26

        C’est comme l’argent dans les MMORPG.
        Tant que c’est convertible en argent réel, ou en bien réel, ça fonctionne.
        Le format importe peu à l’utilisateur.
        Le souci c’est les abus et c’est à ses contrôles et l’honnêteté de ces derniers qui font qu’une monnaie est fiable ou pas.

        Pour le moment les virements IBAN internationaux en dehors de la zone Europe sont plutôt galères.

        Il y a donc un marché, c’est Western Union qui vas y perdre des plumes.


        • Eric F Eric F 24 juin 11:59

          une monnaie basée sur un panier de valeurs n’est pas une crypto-monnaie, mais ça ressemble à l’amorce de LA monnaie mondiale dont rêve l’affairisme mondialisé.


          • Matlemat Matlemat 24 juin 12:13

            Merci à Mark Zuckerberg car cette promotion attendue des crypto-monnaies ont bien fait monter les cours.


            • bob de lyon 24 juin 12:16

              C’est quoi une monnaie souveraine ?


              • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 14:44

                @bob de lyon

                l’auteur l’explique très bien dans le point n°1 : c’est le fait « d’avoir cours légal sur un certain territoire, c’est-à-dire qu’il existe une obligation légale pour les débiteurs de l’accepter en paiement. » On pourrait ajouter : et une obligation pour le créditeur de l’utiliser pour payer si le débiteur n’accepte pas une autre monnaie !


              • bob de lyon 24 juin 15:50

                @Séraphin Lampion

                Une monnaie souveraine ne serait-ce pas plutôt une monnaie régalienne créée par un État.

                Depuis 1970, les banques centrales n’ont plus le droit de prêter à l’État ; celui-ci pour ses besoins doit emprunter comme tout le monde auprès des banques privées, et depuis les années 1980 ce sont les banques privées qui battent la monnaie pour répondre à la demande.

                Donc M. Zuckerberg peut toujours faire un bras d’honneur par la portière à M. Le Maire…


              • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 16:13

                @bob de lyon

                le dollar aussi est une monnaie privée, ce qui ne l’empêche pas d’être souveraine comme l’auteur l’explique

                un même mot peut avoir des sens différents selon les domaines dans lesquels on l’emploie

                si vos définitions ne concernent que c=vous, c’est difficile d’échanger

                qu’il soit souhaitable que la monnaie souveraine soit publique, on est bien d’accord, mais justement, l’astuce des privés est de privatiser ce qui est juteux et de laisser à l’état ce qui est public.

                il ne faut pas confondre souverain et public, même si Louis XIV a dit « l’état, c’est moi »


              • Paul Leleu 24 juin 17:03

                @Séraphin Lampion @bob de lyon

                je crains fort que Facebook n’ait pas besoin d’avoir « cours légal » pour s’imposer en tant que moyen de paiment de facto...

                quand « tout le monde » l’utilisera, les autres seront oblgés de s’y mettre aussi... c’est comme la bagnole ou le téléphone portable : ils se sont imposés dans nos vies... Ca risque de suivre le même mécanisme.


              • foufouille foufouille 24 juin 17:07

                @Paul Leleu
                trop mort de rire, fessebouc est une merde sans sécurité avec un gros tas de mythos et dibiles qui ne risquent pas de s’imposer ou ces crétins se feront arnaqué.


              • Paul Leleu 24 juin 17:24

                @foufouille

                Fessebouc a déjà 2,3 milliards d’utilisateurs... alors continuer de « rire » autant qu’il vous plaira...

                contrairement aux petits mafieux du Bitcoin, Facebook n’a pas besoin d’arnaquer ses clients pour se faire des couilles en or... c’est la différence entre un dealer et un pharmacien... c’est la différence entre une baronie et un empire...


              • foufouille foufouille 24 juin 17:29

                @Paul Leleu
                sur ton chiffre beaucoup sont des bots ou des comptes multiples mais tout ce que tu mets dessus est revendu.
                1000 followers = 5€ en asie sur le net.


              • William 24 juin 20:43

                @bob de lyon
                "Depuis 1970, les banques centrales n’ont plus le droit de prêter à l’État"
                première nouvelle ! l’état français a emprunté à la Banque de France jusqu’en 1983, et y a renoncé du fait d’attaques récurrentes contre le franc liées à la dilution de masse monétaire (années de forte inflation).


              • bob de lyon 25 juin 08:17

                @William

                Exact, mais je m’en tenais globalement à l’international et ce qui est devenu la norme grâce à Reagan et Thatcher.


              • Spartacus Spartacus 24 juin 16:07

                Sur certain points, bien vu !  smiley

                Le libra est précurseur des monnaies privées. C’est ça le point crucial.

                Elle sonne la prise de conscience par les populations que la monnaie est un consommable et qu’on peut en utiliser plein d’autres que celle des états, et que le monopole étatique n’est qu’un cartel et que les monnaies d’état cartellisées et monopolistiques ne seront plus un incontournable pour nos enfants.

                Une libéralisation des individus et la prise d’otage des états des populations en « caution » des emprunts va devenir plus compliqué.

                A partir du moment ou les monnaies d’état vont devenir obsolète, les emprunts des états devront être réfléchis ou crever. Dans un onde ou les revenus peuvent venir de toute la planète, en paiement en monnaie privée, l’individu n’est plus la marionnette des folies furieuse de dépenses de fonctionnaires et élus qui chaque jour qui passe décrète une nouvelle taxe comme actuellement.

                Le vrai bénéfice est la prime au précurseur. Le Libra bénéficiera de la première entrée sur un marché qui va en créer bien d’autre.

                Comme UBER a ouvert la voie et même avec des concurrents, on ne connait que lui.

                L’adossement du libra sur « un panier de devises traditionnelles et d’obligations d’Etat » sera cassé. Il y aura « forcement » un jour une monnaie du panier référence qui va créer un préjudice et forcera a s’en retirer.

                D’autres plus libres, faisant concurrence contraindra a se passer de cet contrainte « boulet » qui la rend imparfaite.


                • foufouille foufouille 24 juin 16:11

                  @Spartacus
                  va donc faire übermenschen pour 800 balles par mois, crétin congénital de péripate.
                  tu deale du shit pour payer ta conso ?


                • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 juin 16:29

                  @ spartacus

                  « Le libra est précurseur des monnaies privées  »

                  l’euro et le dollar sont des monnaies privées

                  L’étape décisive menant à l’abandon de la monnaie d’état a été la fondation, en 1913, du système fédéral de réserve des États-Unis. Bien que la constitution américaine ne prévoie que l’or et l’argent comme monnaies légales, un cartel fondé par des banques privées et dirigé par les deux grands groupes financiers Rothschild et Rockefeller a créé une banque centrale privée ayant droit d’émettre sa propre monnaie, devenue moyen légal de paiement et garantie initialement par le gouvernement des États-Unis. Après la Première Guerre mondiale, cette banque privée a racheté les réserves d’or mondiales. Il en est résulté que de nombreuses autres monnaies n’ont plus pu maintenir leur étalon-or et ont sombré dans la déflation (première crise économique mondiale).

                  La déroute de l’économie allemande entre les deux guerres a amené ce pays à exiger l’établissement d’un « quatrième pouvoir » en faveur de l’institut d’émission pour permettre à celui-ci de résister aux pressions visant à un excès de masse monétaire et, partant, de se fier au maintien de la valeur monétaire. En fait, la Banque fédérale était tenue par la loi de préserver la valeur du mark (théorie de la monnaie neutre) et était indépendante de l’État dans une forte mesure. Dans ces conditions, le mark, monnaie la plus stable du monde, a été utilisé toujours davantage comme monnaie de réserve et monnaie de placement.

                  La plupart des autres États ont préféré une monnaie axée sur la quantité. Ils ont obligé leurs banques centrales à déterminer leurs masses monétaires d’après certains objectifs, tels la croissance économique ou le plein-emploi. La politique nationale a profité de cette évolution pour exercer son influence sur la banque centrale et sur la monnaie, ce qui a régulièrement entraîné une inflation de la masse monétaire (exemples : France, Italie, Espagne).

                  En revanche, la plupart des dictatures des pays en voie de développement et la Fed ont préféré une « monnaie quantitativement libre », c’est-à-dire une monnaie dont les excès par la politique ou les propriétaires privés du Système de réserve ne sont pas limités par la loi. Une « monnaie quantitativement libre » a toujours signifié « monnaie dont on peut abuser librement » et n’a jamais fonctionné à long terme.

                  La haute finance des États-Unis a eu pour seul objectif initialement de contrôler la monnaie du pays et, partant, de manipuler le marché des États-Unis à son gré. La Fed privée servait à réaliser cet objectif. Lorsque le président Kennedy a proposé une loi visant à étatiser ce système financier privé, il est décédé subitement.

                  ça ne vous suffit pas ?



                • Spartacus Spartacus 24 juin 19:18

                  @Séraphin Lampion
                  Non ! Ce qu’i nous faut c’est la concurrence et le choix des monnaies. 
                  La liberté et ne plus être la caution d’un état incapable.


                • ZXSpect ZXSpect 24 juin 16:24

                  Chapeau et merci pour cet article documenté qui traite le sujet sous ses différentes perspectives, tout en restant agréable à lire et sans faire de prosélytisme masqué pour les cryptomonnaies (comme le fait régulièrement un autre intervenant pour le bitcoin)


                  • Xenozoid Xenozoid 24 juin 16:28

                    ca ressemble au micro transaction que l’on trouve dans les jeux,d’ailleurs la theorie des jeux n’est plus une theorie et elle est applique partout


                    • titi 24 juin 16:50

                      Depuis un certain temps l’or ne cesse de monter ....un rapport avec Libra ?


                      • Paul Leleu 24 juin 17:05

                        @titi

                        je suis pas spécialiste... mais je crois que ça a à voir avec les achats massifs de la Chine, pour asseoir l’autonomie de sa monnaie


                      • Matlemat Matlemat 25 juin 11:55

                        @titi
                        L’or monte ça veut surtout dire que le dollar baisse.


                      • titi 26 juin 15:52

                        @Paul Leleu
                        merci 


                      • titi 26 juin 15:53

                        @Matlemat
                        Donc rien à voir avec le risque de Krach des banques ?
                        merci pour votre réponse


                      • Julot_Fr 24 juin 17:05

                        Il n’y a rien pour garantir la valeur des cryptos (moins que nos monnaie nationale qui dispose de la taxation pour garantor leur valeur). Les crypto ne donnent aucune anonymite car on peut tout voir sur nos pc depuis ishrael du fait des backdoor. La suppression de l’argent liquide est le principale objectif (de nos elite) avec les crypto car ca leur donne potentiel la capacite d’annuler nos achats (penser exclusion d’Assange de paypal...) ce qui n’est pas possible quand on utilise du papier


                        • Paul Leleu 24 juin 17:06

                          petite comparaison qui laisse rêveur...

                          quand je vois les difficultés de l’Italie à mettre en place ses BOTS... et Facebook qui lance sa monnaie virtuelle sur 2,3 milliards d’utilisateurs...

                          ça donne peut-être une idée du basculement du monde


                          • Attilax Attilax 24 juin 18:49

                            FB, la nasse privative par excellence, qui organise la censure du web européen avec son copain gogol, ose appeler sa monnaie Libra, très proche à l’oreille et aux yeux de son rigoureux contraire philosophique, le Libre.

                            Heureusement, il y a ce « a » final pour nous rappeler que Libra, en latin, ça veut dire « balance », ce qui a le mérite d’être clair, puisque c’est la fonction de FB pour les autorités.

                            Les « partenaires », type Uber (qui ’a jamais fait de bénéfices) ou visa ne laissent aucun doute quand à la nature de cette « monnaie »...


                            • Paul Leleu 24 juin 23:10

                              @Attilax

                              finalement ni pire ni mieux que les ordures de banquiers traditionnels aux mains couvertes de sang ?


                            • Attilax Attilax 25 juin 00:58

                              @Paul Leleu

                              Aucune différence, effectivement. D’où l’arnaque de la « nouveauté » et du nom ambigü au moment même où windows fait main basse sur l’OpenSource et tente d’intégrer le libre dans son OS. Ben voyons.

                              La seule monnaie Libre à l’heure actuelle, c’est la Ğ1.


                            • goc goc 25 juin 03:05

                              En revanche, nul ne sera obligé d’accepter d’être payé en libras, dans aucun pays.

                              moi je me pose plutôt la question différemment, à savoir : pourrait-on obliger l’acheteur à payer en « libra » ?. On le voit déjà que certains fournisseurs (même des sociétés) nous imposent « Paypal » et refusent tout autre moyen de paiement. Or paypal refuse toujours de prendre en compte les e-cartes-bleues.

                              Donc je crains que la puissance de fb et ses copains arrive a imposer un seul et unique moyen de paiement.

                              Ceci dit, au premier piratage, tout pourrait bien s’écrouler. Et du piratage il risque d’en avoir, du fait de l’attrait que représente le « marché » libra pour les escrocs


                              • Paul Leleu 26 juin 02:09

                                @goc

                                Pay-Pal fait justement partie des actionnaires de la Libra.

                                sur le piratage... oui, c’est possible... néanmoins, les géants du web et du paiement en ligne me semble assez doués en la matière... je suppose qu’ils peuvent se payer les compétences plus cher que les mafieux


                              • Jean Keim Jean Keim 25 juin 06:49

                                Je me demande si cette création d’une nouvelle monnaie n’est pas pour certaines entreprises participantes le moyen d’échapper à l’impôt où de le contourner.


                                • HELIOS HELIOS 25 juin 10:46

                                  @Jean Keim

                                  ... je me demande... hé, hé, hé, vous avez mis le doigt dessus, il s’agit de s’évader des contrôles et des contributions des systèmes légaux !

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