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Accueil du site > Tribune Libre > Le maître du travail : sa condition subjective et ses profits

Le maître du travail : sa condition subjective et ses profits

Redonnons la parole à Adam Smith, qui situait, pour nous, la position du créateur de la valeur économique, le travailleur : 

« Mais bien que d'égales quantités de travail soient toujours de valeur égale pour le travailleur, elles semblent être néanmoins, pour la personne qui l'emploie, de valeur tantôt plus grande, tantôt plus petite. Cette personne les acquiert tantôt avec une plus grande quantité de biens et tantôt avec une plus petite [...].  »

C'est-à-dire que le maître obtient, pour plus ou moins cher, le sacrifice que l'ouvrier devra faire d'une "même portion de son loisir, de sa liberté, de son bonheur", contre le quantum d'argent ou de marchandises qu'il reçoit en échange de son travail.

Adam Smith poursuit : 
« Ce qui est acheté avec de la monnaie ou avec des biens est acquis par le travail autant que ce que nous obtenons par la peine de notre corps. Cette monnaie ou ces biens en fait nous épargnent cette peine. Ils contiennent la valeur d'une certaine quantité de travail que nous échangeons contre ce qui est considéré, alors, comme contenant la valeur d'une quantité égale. »

Avec Adam Smith levons enfin un dernier doute : 
« Les profits, pensera-t-on peut-être, ne sont qu'un nom différent pour les salaires d'une espèce donnée de travail : le travail d'inspection et de direction. Toutefois, les profits sont complètement différents, ils sont réglés par des principes tout à fait différents, et ils ne sont pas en proportion de la quantité, de la pénibilité ou de l'ingéniosité de ce prétendu travail d'inspection et de direction. Ils sont complètement réglés par la valeur du capital engagé et sont plus ou moins grands selon son importance.  »

Il s'agit donc, pour le maître, de s'épargner la fatigue et, n'ayant pas à mobiliser son temps pour ce pénible exercice, de conserver par-devers soi la portion correspondante de "loisir", de "liberté", de "bonheur"...

Comme Adam Smith vient de nous le dire, le profit se règle à proportion du capital mis en jeu. Le profit est donc d'abord un taux de profit. C'est selon le montant atteint par ce taux que se décide la réussite ou l'échec de l'investissement réalisé au début du cycle...

Quant au salaire, il se borne à rémunérer la force de travail mise en jeu dans la chair et dans l'intelligence de cet individu isolé qu'est l'ouvrier et qui n'a aucune chance, sauf à y laisser la santé puis la vie, de s'étendre au-delà de ce que lui permet la physiologie de son corps.

En réalité, cependant, si le profit doit former une "masse" conséquente, un salarié ou quelques-uns ne suffiront pas. C'est donc un vrai collectif de travail qui doit faire face à l'employeur capitaliste, et c'est le processus de travail de ce collectif qui assurera au propriétaire en titre du capital un profit qui se réglera sur l'investissement de départ à travers un pourcentage...

Pour sa part, bien sûr, le collectif rassemble des individus dont le salaire vient se mouler en général sur les limites physiques et intellectuelles les plus étroites de leurs personnes, tandis que, de-ci, de-là, apparaît un chef d'équipe doté d'un salaire sans doute supérieur, mais toujours limité à la rémunération, au prix du marché, de l'usage de sa seule personne physique, intellectuelle... et morale, cette fois, puisqu'il y a, dans la fonction d'encadrement, à faire valoir les "droits" du capital... 


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4 réactions à cet article    


  • Robert GIL Robert GIL 8 septembre 2015 13:22

    Le seul but de l’activité économique devrait être de satisfaire les besoins de chaque membre de la communauté, pas de créer des profits à gogos pour verser des dividendes aux actionnaires. Si on arrêtait de distribuer sans compter de l’argent au MEDEF, premier assisté de France, on trouverait de l’argent pour financer tout ce dont on a besoin. Sachant que la dernière tranche d’aide de 25 milliards a aboutit à la création de seulement 100 000 emplois, soit 250 000 euros par emploi … de qui se fout-on ?
    .
    Voir :
    LA FLEXIBILITÉ N’A JAMAIS EMPÊCHÉ LA HAUSSE DU CHÔMAGE


    • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 8 septembre 2015 14:16

      @Robert GIL
      Merci pour votre commentaire.
      Bien amicalement.


    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 9 septembre 2015 09:38

      revotons sarkobismuth et avec Gattaz nous aurons 2 débiles soignés a la cocaine a la tete du

      pays qui bonbarderont meme Andorre et le vatican  !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


      • Hervé Hum Hervé Hum 9 septembre 2015 13:47

        Sans le dire, Adam Smith met en balance deux principes, la propriété et la responsabilité.

        Le profit est fondé sur la propriété, le salaire sur la responsabilité, car le salaire est une contrepartie entre un devoir fourni, le travail, en échange d’un droit estimé, la rémunération.

        En effet, le travail est un devoir, le droit étant le salaire correspondant.

        Aujourd’hui, plus de 90 % de la population active est salariée, autrement dit, l’activité économique dépend des salariés et non des propriétaires.

        Seulement, sans le principe de la responsabilité il est impossible de s’affranchir de la propriété et des propriétaires, cela parce que le système fonctionne sur la contrainte, or, si cette dernière n’est plus le fait d’une classe sur les autres, cela implique que cette contrainte est assumé et prise en charge directement par les salariés eux mêmes et c’est la définition même de la responsabilité, soit, la capacité de répondre de ses droits et devoirs envers autrui.

        Permettre à tout un chacun la pleine jouissance de ses droits, implique de manière absolu le plein accomplissement des devoirs correspondants.

        Le principe de la propriété ayant pour objet de pouvoir cumuler les droits sans avoir à assumer les devoirs correspondants. Autrement dit, la propriété (au delà de soi même) est fondé sur l’irresponsabilité et est incompatible avec une société prétendant être responsable, responsabilisé. C’est impossible !

        L’illusion de croire l’inverse réside dans le fait que si la responsabilité n’est pas une condition de la propriété et même est une contrainte pouvant freiner voir annuler le profit qui peut être tiré de la propriété, elle reste néanmoins une option du propriétaire. Par contre, la propriété ( autre que soi même) n’est pas une option de la responsabilité, elle est incompatible et ce, en raison du fait que la propriété est exclusive alors que la responsabilité est inclusive,

        Il ne peut y avoir de mondialisation de l’économie que fondé sur la responsabilité, la propriété est incompatible avec la mondialisation. L’économie capitaliste pousse donc à une mondialisation qui la conduit à sa propre fin, la question est alors de savoir si cette fin se fera pacifiquement ou violemment au risque de s’auto détruire. Ce qui est pour moi une évidence, c’est que sans la transposition de la propriété vers la responsabilité, ce sera l’auto destruction, car la responsabilité est la seule manière d’abolir la propriété car devenu caduque de manière équitable, des plus riches aux plus pauvres.

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