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Accueil du site > Tribune Libre > Le Progrès, ce mythe fondateur de la modernité

Le Progrès, ce mythe fondateur de la modernité

Quel est le point commun entre le réchauffement climatique, la chute du mur de Berlin, l’engouement pour la nourriture bio et la crise de la pensée de gauche ? Réponse : chacun de ces phénomènes, à sa manière, est lié à la mise en cause du « Progrès », avec un « grand P », le Progrès général, nécessaire et positif, ce mythe fondateur de la modernité.

Tout, ou presque, dans nos sociétés dites autrefois « avancées » est touché par le reflux de l’idée de Progrès, par le doute sur ce qui fait l’essence même de notre modèle de développement, par le rejet de ce qui a fait de nous ce que nous sommes depuis des siècles. Le thème du réchauffement climatique, en débat à la Conférence de Copenhague n’en est qu’une illustration parmi d’autres : d’une croyance positive dans la science, l’industrie et la technique, ou « les lendemains qui chantent » du marxisme, l’homme occidental passe à la crainte « pour les générations futures », à qui nous laissons notre planète épuisé, vieillie, surchauffée, inhabitable.

En 1991, le philosophe américain Christopher Lash ouvre ainsi Le seul et vrai paradis, son beau livre sur le progrès  : « Cette enquête débuta par une question faussement simple. Comment se fait-il que des gens sérieux continuent à croire au progrès (nous aurions employé la majuscule) alors que les évidences les plus massives auraient dû, une fois pour toutes, les conduire à abandonner cette idée ? ». Cette question « faussement simple » n’est même plus de mise aujourd’hui, à l’heure du réchauffement climatique et de l’épuisement des ressources fossiles. Rares sont les « gens sérieux » qui croient ou qui font semblant de croire au Progrès. C’est plutôt tout l’inverse.

L’Occident brûle ce qu’il a adoré et n’est pas loin d’adorer ce qu’il a brûlé. Si l’on en croit les journaux télévisés, les sites Internet, ou les propos des hommes politiques de tous bords et du monde entier, cette mise en accusation devient de jour en jour plus brutale, plus définitive, plus complète. Le constat est presque unanime, partagé, diffusé et les divergences n’apparaissant que sur les conséquences.

Nicolas Hulot, par exemple, dans Le syndrôme du Titanic : « De l’idée d’un progrès constant, réfléchi et soudé à l’avenir, j’ai pris conscience d’un monde ballotté dans un fleuve en crue où chacun essaye le plus souvent simplement de tirer son épingle du jeu sans trop savoir où le mouvement le conduira. J’observe une humanité qui parfois succombe sous le fardeau de ses découvertes, engluée dans l’utopie matérialiste, empêtrée dans les mailles du progrès. » Ce propos illustre parfaitement la remise en cause du Progrès général, nécessaire et positif, même si son auteur cherche comme beaucoup à « redonner son sens au progrès », ce qui revient à sauver le mot en abandonnant la chose.

La critique du Progrès est aussi universelle que le Progrès lui même : elle touche la politique, la science et la technique (regroupées sous le terme de « techno-science »), l’économie, l’industrie, la pensée des intellectuels et l’opinion du grand nombre ; cette critique est planétaire, puisque le Progrès est aussi le moyen par lequel l’Occident a dominé efficacement le monde et créé une civilisation mondiale. Mais ces critiques restent fragmentaires, spécialisées, peu de gens ont une vue globale du phénomène.

Dans Le sens du Progrès, l’universitaire Pierre-André Taguieff, spécialiste de la question, est un des seuls à résumer, timidement, la situation : « une nouvelle vague de remise en question radicale de l’ensemble des évidences que l’on peut qualifier de « progressistes » (…) oscille entre la mise en cause de tel ou tel de ses aspects et le rejet global du « progrès » comme illusion ou imposture ». Sans tirer les conséquences apocalyptique du constat objectif de ce retournement.

Le Progrès, c’est nous

On parle de « fin » ou même de « mort » du Progrès. Cette expression est sans doute impropre, mais elle contient une part de réalité. Le Progrès n’est pas une idée philosophique ou politique comme une autre. Elle était l’idée maîtresse de notre civilisation. Elle ne l’est plus. Le Progrès-roi est détrôné. Tel Louis XVI, il est donc condamné à mort, car « on ne règne pas innocemment », nous dit Saint-Just. De ce point de vue, et de ce point de vue seulement, en tant que conception dominante unique de nos sociétés, le Progrès est donc « mort », et il nous laisse une série des questions « faussement simples » sans réponses.

Si le Progrès est « mort », c’est qu’il a vécu. Pourquoi est-il né, à quelle maladie a-t-il succombé, pouvons-nous lui survivre ? Pouvons nous répudier les « mauvais côtés » du Progrès qui détruisent la planète et profiter des progrès médicaux qui servent l’Humanité ? Peut-on même distinguer les progrès scientifiques et techniques, qui seraient réels et les progrès moraux qui seraient illusoires ? Deux expressions populaires pourraient nous être utiles : Il ne faut certes pas « jeter le bébé avec l’eau du bain » ; mais n’avons nous pas tendance à demander « le beurre et l’argent du beurre », lorsque nous voulons le développement économique sans l’épuisement des ressources de la planète, la climatisation dans nos appartements, mais pas le réchauffement climatique ?

Notre objectif n’est pas d’enfoncer un clou de plus dans le cercueil du Progrès, ni de rajouter une pierre sur sa tombe, mais plutôt de s’interroger sur la hâte un peu suspecte avec laquelle nous l’avons enterré. Rien n’est pire, en effet, que de dire « Le Progrès n’existe pas. Tout le monde le sait. A quoi bon lui consacrer un livre ou un article ? » Le mystère de la mort du Progrès se camoufle dans la banalité et les lieux communs, dans la fausse simplicité des apparences décrites par les médias et une littérature, encore journalistique, politiquement correcte, qui ne parvient pas à se dégager des analyses « à chaud ».

Car on ne se débarrassera pas aussi facilement du Progrès ! Le Progrès ne saurait être une simple idée fausse, une « idole », une « religion » que nous pourrions abandonner comme d’autres « illusions », bref, un simple mirage sans consistance. Ce serait trop facile. Le Progrès, c’est nous. Il ne peut pas être arraché de notre Histoire, dans laquelle il plonge des racines les plus profondes. Ignorer, sous estimer ou mépriser le Progrès, c’est rendre l’histoire de l’Occident et l’état actuel de la planète rigoureusement incompréhensibles.

 La vraie-fausse mort du Progrès

Le Progrès n’a jamais manqué d’ennemis. Au XIXème et au XXème siècles, des réactionnaires, nombreux, intelligents, et même lucides (citons Charles Maurras et l’Action française), s’y sont cassé les dents et n’ont jamais pu empêcher ni même dévier sa marche. Des poètes et des artistes de génie comme Baudelaire l’ont maudit (« Ce fanal obscur, invention du philosophisme actuel... »). Des indépendants et des inclassables comme l’écrivain britannique Chesterton ou le syndicaliste révolutionnaire Georges Sorel l’ont fustigé. D’innombrables humoristes l’ont brocardé sans pitié, tels Alexandre Vialatte. Sans succès.

De la Révolution française à la première guerre mondiale, quelque chose, qui ressemblait beaucoup au Progrès réel, justifiait le Progrès-idée, identifié au sens de l’Histoire lui même. Les succès matériels du XIXème siècle confirmaient les rêves optimistes des Lumières du siècle précédent. Les sciences, les techniques, la médecine, l’Education, l’industrie, les transports... « progressaient » presque à vue d’oeil. On aurait tort, regardant ce siècle avec nos yeux modernes, de taxer nos ancêtres de ce passé si récent d’utopistes ou de doux rêveurs : ils avaient sous les yeux les preuves décisives (semblait-il) de la véracité du Progrès.

La grande crise date du charnier de 1914-1918 : dans l’horreur des tranchées, les poilus pouvaient difficilement admettre que le monde allait nécessairement vers le mieux. Mais c’est aussi le moment où une nouvelle idéologie ultra-progressiste, moins naïve, plus efficace, le communisme, est entrée dans l’Histoire, avec la Révolution d’octobre. Et la blessure de la guerre s’est refermée, superficiellement peut-être. En dépit de la grande guerre, ou à cause d’elle, tout le monde a voulu croire que, si aujourd’hui n’était pas meilleur qu’hier, demain serait nécessairement meilleur qu’aujourd’hui.

Finalement, le Progrès a eu la vie dure. Après la deuxième guerre mondiale, encore, la décolonisation faisait des promesses résolument progressistes, planétaires ; en France, mai 68 est peut être la dernière « révolution » à faire croire au Progrès, à se donner comme une « étape », du moins dans le domaine des mœurs, vers plus de liberté ; dans les années 70, les Khmers rouges promettaient toujours un irrémédiable bonheur aux survivants de leur régime...

Longtemps après le XIXème siècle, le Progrès a donc gardé une apparence très crédible. On pouvait toujours « sauver » le Progrès en affirmant que le présent des tranchées, d’Hiroshima ou d’Auschwitz était « le prix a payer » pour un futur radieux, la fameuse « rançon du Progrès ». Les faits s’accumulaient contre la croyance, mais aucune grande explication du monde ne s’imposait pour autant. Il n’y avait pas d’alternative au Progrès (il n’y en a toujours pas). Mais aujourd’hui, ce n’est plus le présent, c’est l’avenir lui même, « la planète que nous allons laisser à nos enfants », qui est bouché.

Dés lors, paradoxe suprême, le sens de l’Histoire appartient désormais à l’histoire. Nous avons dépassé le Progrès, le culte de l’avenir est désormais du passé. Le Progrès a été mais il n’est plus. Il est devenu une curiosité historique...

 Des derniers marxistes aux premiers chrétiens

 Si la conception moderne du Progrès était dominante aujourd’hui comme hier, et si « elle allait de soi », elle mériterait une histoire chronologique. Mais l’Histoire classique nous a amené le Progrès et nous ne savons pas qu’en faire. En descendant tranquillement le fleuve du temps, nous risquons des enchaînements trop convenus, trop automatiques, la succession commode des effets et des causes. Chaque époque semble porter en germe l’époque suivante, comme une fatalité.

Ainsi, lorsque lorsque nous évoquons le passé, nous sommes souvent trahis par l’utilisation sempiternelle de l’adverbe « déjà » : « Fra Angelico annonce déjà la Renaissance. » ; « la Renaissance annonce déjà les Lumières » ; « les Lumières annoncent déjà la démocratie »... Ce « déjà » est un piège. Si nous n’en sortons pas, nous n’avons aucune chance d’éclairer notre époque sans avenir. Nous ne sommes le « déjà » de rien.

Pour éviter les pièges d’une Histoire trop déterministe, peuplée d’hommes toujours « en avance sur leur temps », comme Léonard de Vinci, Napoléon ou Einstein, il faut peut-être choisir la voie inverse, s’appuyer sur une histoire inversée du Progrès. Éviter à tout prix de refaire une Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain à la Condorcet, puisque déduire le futur des époques précédentes n’est précisément plus possible.

Il faut donc remonter aux sources. Aller du connu à l’inconnu. Du journal télévisé qui nous relate les dernières nouvelles du réchauffement, aux origines du capitalisme moderne. Des sites internet consacrés au développement durable, aux textes des « Pré-Lumières ». Des derniers marxistes, défenseurs de régimes morts ou condamnés, aux premiers chrétiens, attendant cette Apocalypse qui n’est jamais venue. Remonter plus haut, des effets aux causes. Chercher, non pas des explications rationnelles, mais des origines et des principes.

Le lieu commun qui consiste à faire du Progrès « une laïcisation de la notion chrétienne de Providence » est parfaitement exact, comme tous les lieux communs, mais il est vide de sens, et sans utilité dans la situation actuelle, si l’on ne va pas plus loin. L’idée d’une « religion du Progrès » ou de la Science n’est pas nouvelle, elle est revendiquée au XIXème siècle par les positivistes et les saint-simoniens. Mais aujourd’hui, dénoncer le Progrès comme religion a un autre sens : c’est une manière de prouver sa fausseté.

Certes, tous les éléments du Progrès moderne sont en germe dans le christianisme originel. Mais il ne faudrait pas oublier qu’ils sont mis en cause et ébranlés en profondeur par les Lumières ou les Pré-Lumières de la fin du XVIIème siècle. D’une manière générale, les progressistes ont durement attaqué la religion, notamment le catholicisme. Le Progrès tolère Dieu, mais le fait lentement reculer jusqu’à n’être qu’un vague « être suprême », avant de l’occulter puis le faire disparaître avec les « hégéliens de gauche » et le matérialisme de Marx.

D’autre part, le terme de « divine Providence », tout inspiré de Bossuet qu’il soit, traduit très mal la richesse, la complexité, et parfois les contradictions de la philosophie chrétienne de l’Histoire. Depuis Saint-Augustin, celle-ci repose, dans la vie humaine individuelle comme dans l’Histoire, sur le jeu mystérieux de deux principes apparemment contradictoires ou antagonistes : la toute puissance de Dieu et le libre-arbitre de l’homme (voir notre article sur Agoravox De la cité de Dieu au village global).

Le "mystère de l’erreur"

Ne pas résoudre l’énigme du Progrès, de sa vie et de sa mort, pourrait s’avérer très dangereux. Des civilisations entières, des traditions séculaires, une religion comme l’Islam pourraient, à bon droit, reprocher à l’Occident, de laisser la planète dans un piteux état, reprenant en les amplifiant quelques unes des attaques de René Guénon. Des idéologies, issues de l’environnementalisme radical pourraient également lancer l’Occident dans la voie du fanatisme.

C’est bien pourquoi sonder le vide laissé par le Progrès, jadis idée-maîtresse et dominante, concept prescripteur et impérieux, aujourd’hui brutalement abandonnée, semble une tâche urgente, utile, et passionnante. Il ne devrait pas y avoir de problème plus lancinant pour l’honnête homme que la résolution de cette énigme.

Pourquoi désespérer ? A la fin de 1984, George Orwell montre un système totalitaire achevé qui a vaincu les opposants, puisque désormais le héros déclare « aimer Big Brother ». Mais ni le nazisme, ni le communisme ne se sont terminés ainsi. L’homo sapiens sapiens ne s’est pas laissé faire. Peut-être parce que des auteurs comme Orwell ont exprimé l’horreur indicible afin de l’exorciser. Écrivons donc les pires scénarii- catastrophes sur l’avenir de la planète et ils ne se produiront pas.

Notre époque, qui se passionne pour les énigmes de pacotille et le mysticisme artificiel du Da Vinci Code, la magie infantile des Harry Potter, ou encore pour la quête du manuscrit précieux et dangereux du Nom de la Rose, ne devrait-elle pas s’interroger sur la disparition du Progrès, cette « clé perdue de la modernité », semblable à la « lettre volée » d’Edgar Poe, comme le dit justement Frédéric Rouvillois dans L’invention du Progrès ?

Il y a urgence. Nous sommes dans la situation des passagers d’un avion de ligne, au-dessus de l’océan. Les soutes sont remplies d’un carburant abondant, mais pas inépuisable. On ne sait plus quand l’avion atterrira. Sans aucune nouvelle du commandant de bord, quelques passagers se risquent vers la cabine de pilotage. Horreur ! C’est un cadavre qui tient les commandes... Vite, il nous faut apprendre, sur de complexes manuels de pilotage, à prendre en main l’avion, avant la panne sèche...

« Une lumière se lève sur l’histoire, écrit Jacob Taubes, du mystère de l’erreur à la révélation de la vérité » (Eschatologie occidentale, récemment réédité en France) Nous voilà prévenus : nous ne comprendrons jamais rien au Progrès, si nous pensons que cette « erreur » historique, cette « illusion » est dénuée de toute profondeur, de tout mystère et de toute raison d’être dans l’Histoire... ou dans le plan de Dieu.

 

 


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43 réactions à cet article    


  • Polemikvictor Polemikvictor 7 décembre 2009 10:37

    Le progres est lié a l’accroissement des connaissances.
    Or la vitesse d’accroissement de ces connaissancesest directement liée à la totalité de celles acquises depuis le début de l’humanité, c’est une croissance exponentielle au sens mathematique du terme.
    La courbe devient pentue et elle le sera de plus en plus et de plus en plus vite, il deviendra difficile de maitriser le phenomene.
    Il aurat il une correction ? une grosse discontinuité ?


    • plancherDesVaches 7 décembre 2009 11:44

      J’ai mis du temps à repenser à votre commentaire avant d’y repondre car cette peur de « maîtrise » ressort souvent dans les cours d’informatique que je donne ou les écrits de certains auteurs.
      Certes, je fais peut-être partie d’une « caste » particulière, car je suis moi-même créateur d’outils. Outils de productions industriels, d’organisation et de gestion de données.
      En cela, je rejoins aussi Monsieur Buffet (milliardaire) qui a dit, il y a quelque mois : « n’achetez pas ce que vous ne comprennez pas ».
      Je rejoins aussi Einstein qui fut révolté que ses recherches servent aussi à la fabrication de la bombe atomique.

      Vous pouvez ainsi constater les dimensions d’utilisation et de comphéhension d’un outil.
      (qu’il soit physique ou de traitement)
      En fait, l’humain, face à chaque outil pourra se positionner comme suit :
      - utilisation pour une construction ou pour une destruction (au sens humain du terme sachant que beaucoup d’outils peuvent tuer)
      - compréhension interne (je comprends ou je vois les entrées/sorties mais l’intérieur ne me concerne pas, seul le résultat compte)

      Plutôt que de parler de « perte de maîtrise ». Ne serait-ce pas judicieux de parler d’une impossibilité de maîtriser tous les domaînes de la science par un seul être et de penser être « débordé »... ???


    • Polemikvictor Polemikvictor 7 décembre 2009 12:02

      L’exemple d’Einstein vis a vis de la bombe atomique correspond bien à ce que je veux dire, par manque de maitrise ( control en anglais) on peut se trouver face à une situation irreversible qu’on aurais pas souhaité.
      Les réactions face aux OGM, au nucléaire, aux cellules souches illustrent cette inquiétude, mais elles sont trop emotionnelles et partisanes pour permettre un débat contradictoire et constructif.


    • plancherDesVaches 7 décembre 2009 12:26

      Ok, c’est donc la dimension utilisation qui vous gène.
      (votre utilisation (outil) du « on » me gène)(à croire qu’ « on » est plus maître de ses pensées... smiley )

      Pourtant, les américains se sont trés bien fait vendre l’utilisation de la bombe atomique par une justification de moins de morts de leur coté... non ?

      De là à dire que les dirigeants sont aussi peu responsables que les peuples qu’ils sont sencés diriger..
      (la dérive extrème du dirigisme est la dictature.. ne l’oublions pas)


    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 7 décembre 2009 12:34

      @polemikvictor et plancher des vaches :
      Sur cette courbe qui existe depuis des millénaires, celle de l’accroissement des connaissances, mais qui prend une forme vertigineuse, donnant l’impression d’une « perte de maîtrise », on peut avancer deux pistes :
      Il y a peut-être eu « perte de maitrise », devant des découvertes essentielles dans le passé, mais elles s’étalaient sur des siècles. Par exemple, la Révolution copernicienne a provoqué un ébranlement des consciences et peut-être une angoisse, mais lentement diffusée dans la société cultivée : nous ne sommes plus le centre du monde. Après la première utilisation de la poudre à canon, les soldats ont du penser que la guerre devenait totalement inhumaine avec ces « armes de destruction massive »...est-ce que les contemporains n’ont pas eu le sentiment de quelque chose d’unique dans l’Histoire, d’être la génération qui fait face à une évolution non maitrisable ?
      Deuxième piste : les découvertes, scientifiques et techniques, majeures sont-elles devant nous ou derrière nous ? Le feu et la roue ne sont-ils pas infiniment plus importants que le chemin de fer et l’électricité ? (et d’ailleurs n’ont elles pas, ces découvertes primordiales, provoqué des bouleversements et des angoisses, des renversements de hiérarchies et de classes sociales). L’invention de la métallurgie est un saut technologique bien plus crucial que la création des puces en silicium puisque la première conditionne la seconde...
      Nous serions, en quelque sorte, victime d’une erreur de perspective : il n’y a pas de plus en plus d’inventions et de découvertes, mais de moins en moins, ou toujours moins fondamentales...


    • Polemikvictor Polemikvictor 7 décembre 2009 14:18

      C’est sa nature exponentielle qui m’inquiete cela signifie que les connaissances et leur mise en oevuvre pratique( le progres ?) va s’accelerer dans des proportions gigantesques comme toute courbe en e puissance x (désole je ne sais pas ecrire les exposants avec mon clavier)


    • Polemikvictor Polemikvictor 7 décembre 2009 14:21

       Découverte fondamentale à venir ( peut etre ) : on ignore de quoi est constitué 90% de la masse de l’univers.


    • plancherDesVaches 7 décembre 2009 15:17

      Je vais remettre ainsi un peu d’angoisse dans le débat par deux points que j’ai pu constater sans mal et que vous pourrez vérifier en écoutant les autres. Et en constatant leurs faits, bien sûr.

      Si je vous dis que ce singe intelligent qu’est l’humain a acquis du savoir, certes, a développé ses outils et leur utilisation, bien sûr...
      Pourtant, les développeurs de logiciels doivent faire des efforts gigantesques pour que l’utilisation reste accessible au plus grand nombre...(CONvivial, ça s’appelle)
      Parallélement, les spécialisations se multiplient et se cloisonnent...(pour mieux régner)

      L’humain, dont je parle par la suite a de nombreux outils. Et en aura de plus en plus. J’y participe.
      De là à dire ce qu’il en fera...................
      Parallélement, si on regarde une évolution de cerveau courant, est-ce que son intelligence aurait pu prendre une croissance exponnentielle sur seulement... 2000 ans... ???

      Nous avons acquis du savoir, mais à peine un soupçon d’intelligence, simplement ça.

      Et je l’ai constaté aussi : il ne s’agit plus de retenir, lors des études. Mais de pouvoir gérer l’information.
      Un degré supérieur... ??? Peut-être. Mais combien de participants pour si peu d’élus.. ???


    • Eloi Eloi 13 décembre 2009 15:03

      Qu’est-donc un livre, ou un site web, d’autre qu’une annexe du cerveau ?

      Qu’est-donc une voiture, un avion, qu’une annexe des jambes ?

      Si l’on devait trouver une définition du progrès, je dirais celle-là : l’extension des possibles. L’agriculture de subsistance, ca n’aide pas beaucoup pour voir du nouveau, du multiple, du vertige...

      M’est avis qu’aujourd’hui, certains rêvent de se retrouver dans la situation d’un seigneur féodal. Après tout, ils sont déjà propriétaires du monde, non ?


    • plancherDesVaches 7 décembre 2009 10:52

      Le progrés existe depuis qu’un singe un peu moins con que les autres a pris une pierre pour frapper une noix et en manger le contenu.

      L’humain est apparu presque immédiatement aprés lorsqu’il a utilisé cette même pierre pour casser la tête d’un gars qui avait aussi besoin de noix pour bouffer.

      Quand on lui dit qu’il était allé un peu trop loin, il répondit : « ce n’est pas de ma faute, mais celle de l’autre trop peu humain et celle de la pierre. Elle marchait trés bien aussi pour ça et m’a donné le pouvoir. »
      (certains peuvent dire dieu, ça fonctionne aussi)


      • Lucrezia 7 décembre 2009 11:16

        Le réchauffement climatique, l’engouement pour la nourriture bio et le développement durables : que des balivernes pour combler et remplacer la doctrine de Gauche en berne la plus totale de vision et projet sociétal.

        Les écologistes vont se faire vider par la PS, et la Gauche dans son ensemble des vrai-fausses bonnes idées qui constituaient le programme des écologistes et qui avaient mis 40 ans pour les faire passer dans l’opinion publique.

        Mais dans peu de temps, on s’apercevra de l’amalgame orienté des écologistes dans un but conscient ou inconscient de manipuler les « électeurs » ...Et tout ceci retombera sur les partis écologistes, le parti socialiste et les médias !


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 7 décembre 2009 11:17

          @ L’auteur :


          il devrait exister un site ou ne se disent qu’élégamment des choses intelligentes. Où les textes resteraient une semaine et où l’on irait, de temps en temps, un verre de Jerez à la main, pour sourire d’un bon mot ou apprendre un recette de Sandro. L’invective y serait interdite et l’évidence y apparaitrait incongrue. Faites le nécessaire et que ça saute ! Appelez-moi quand ce sera prêt.... 

          PJCA

          • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 7 décembre 2009 12:39

            Prévenez moi aussi !
            Cela dit, de tels petits espaces peuvent se construire, même sur Agoravox. Je trouve notre conversation d’aujourd’hui plutôt sereine, même si elle peut être troublée, à tout moment, par n’importe quel agité.


          • hengxi 7 décembre 2009 11:24

            Très bel article par sa construction professionnelle et très intellectuelle, mais dont l’aspect intellectuel laisse de côté une bonne partie de la population mondiale, chose peu intéressante pour ceux qui, habitant dans des pays dits riches peuvent critiquer le progrès quant il est acquis.

            Car le progrès M. l’auteur, c’est pour ses populations oubliées, mais pourtant si nombreuses, de pouvoir manger à leur faim, de pouvoir scolariser leurs enfants, d’être soignés, de pouvoir se déplacer plus facilement, d’avoir accès à plus d’informations, etc ..

            Je sais que tout cela est terre à terre et bassement matérialiste à défaut d’être parfaitement égoïste.

            Bon appétit tout de même.


            • Dominique Larchey-Wendling 7 décembre 2009 11:24

              Le problème que nous avons, au moins nous Occidentaux, par rapport au Progrès, c’est qu’il est devenu une drogue dont nous ne pouvons plus nous passer ... Un peu comme ces américains endettés qui ne peuvent vivre normalement que si le prix de leur maison continue à monter éternellement.

              C’est déplorable, mais nous sommes condamnés au Progrès sans quoi notre civilisation s’effondre : c’est pourquoi nos dirigeants ne parlent que de croissance, de croissance ... seul le progrès permet le remboursement des dettes contractées ... Malheureusement, le progrès est capricieux et n’est pas uniquement fondé sur le génie de l’Homme ... il est aussi et surtout fondé sur l’exploitation des ressources naturelles.

              Nous sommes face à un vrai problème, d’autant plus sérieux que les générations politiquement dominantes (par leurs poids démographique et financier) n’ont jamais connu ce problème et refusent de le voir comme tel. Peut-être y a-t-il là un élément de psychologie ? Comment accepter que les progrès dans lesquels ont baignés ces générations et les réussites individuelles qui en ont découlé ne soient pas seulement le fruit de leur travail et de leur intelligence mais surtout le résultat de leur exploitation d’une ressource naturelle abondante et peu chère à l’époque, le pétrole ?

              Le problème n’est pas le progrès mais notre addiction au progrès. Une autre référence à lire sur AV.


              • hengxi 7 décembre 2009 11:38

                Vous ne faites que reprendre l’émouvant dialogue des pays riches sur la pollution :

                Nous l’avons fait pendant des décennies pour arriver au stade où nous en sommes, mais vous, vous n’avez pas le droit.

                "Comment accepter que les progrès dans lesquels ont baignés ces générations et les réussites individuelles qui en ont découlé ne soient pas seulement le fruit de leur travail et de leur intelligence mais surtout le résultat de leur exploitation d’une ressource naturelle abondante et peu chère à l’époque, le pétrole ?

                C’est cela oui, du côté occidental, il n’y que de pures intelligences et de l’autre que des cons.

                Allez dire cela à un mineur du nord des années 60 ou à un ouvrier à la chaine de chez Renault ou encore à un paysan.


              • Dominique Larchey-Wendling 7 décembre 2009 12:27

                C’est cela oui, du côté occidental, il n’y que de pures intelligences et de l’autre que des cons.

                Ce n’est absolument pas ce que je dis ... vous ne semblez pas avoir perçu l’ironie derrière mes propos ... Ce ne sont pas les anciens mineurs qui dominent politiquement la France ... Qui a baigné, grandi et fait carrière dans le sillage des 30 glorieuses ?


              • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 7 décembre 2009 12:48

                @hengxi,
                 DL-W vous a bien répondu : le Progrès est une drogue. Nous ne pouvons plus nous en passer.
                Devons nous d’ailleurs faire « profiter » les pays pauvres de ce Progrès ? N’est il pas destructeur ?
                Faut-il dés lors nous réserver les fruits du Progrès ?
                Pas de réponse simple. On est dans une série de cercles vicieux.


              • hengxi 7 décembre 2009 13:19

                « Devons nous d’ailleurs faire »profiter« les pays pauvres de ce Progrès ? N’est il pas destructeur ?
                Faut-il dés lors nous réserver les fruits du Progrès ? »

                Dès que vous abandonnez tous ces bas progrès matériels pour vivre comme au moyen-âge, vous me prévenez et on en rediscutera le jour où tout le monde sera sur un pied d’égalité.

                Même si dans le fond, je suis assez d’accord avec vous, pouvant ici comparer les deux points, reste maintenant à leur expliquer.


              • Jacquesp 7 décembre 2009 11:50

                Le Progrès dans le plan de Dieu ?
                Voilà ce que déclarait Dieu à propos de la science :

                Le langage de la science est comme l’ombre, je suis la Lumière
                il est comme la mort, je suis la vie.

                Je trouve cette déclaration un peu sévère, mais il est vrai que la science, forte de ses succès, s’est pris elle-même pour une divinité qui allait régler tous les problèmes. Aujourd’hui, nous prenons conscience de cet excès : c’est en soi un progrès.
                Les intellectuels prennent à juste titre la civilisation grecque et romaine en référence. Vous avez remarqué que ces intellectuels ont tous laissé de côté le polythéisme : il y a progrès. En occident, la laïcité a mis au pas la domination des religions : c’est une bonne chose. Mieux ! on trouve dans les bibliothèques laïques la Thora, la Bible et le Coran alignés côte à côte. Quelle religion est capable d’en faire autant ? Il y a là un progrès phénoménal. Même si la laïcité préfère la Science à Dieu, elle adhère pleinement au plan de Dieu de donner à chacun les moyens de son libre-arbitre. Que ceux qui tentent d’imposer tel clocher ou tel minaret s’en souviennent. Le progrès flatte l’orgueil de l’homme. c’est un moindre mal, tant que le Progrès laissera une petite place à l’insondable, à l’absurde parole de Dieu. Alors que ce n’était pas du tout évident, c’est pourtant ce qui s’est produit dans notre société. Le Progrès n’a pas disparu, il a seulement changé de visage, ce qui fait qu’on ne le reconnait plus.


                • M.Junior Junior M 7 décembre 2009 11:54

                  Le progrès c’est ici et maintenant
                  Avec un salaire démocratique


                  • Nycolas 7 décembre 2009 14:53

                    Pour ma part, je pense que ce n’est pas le progrès qu’il faut « jeter », mais l’idéologie progressiste.

                     

                    Car le progrès peut être un moyen, au lieu d’être une fin.

                     

                    Actuellement, nous croyons encore que le progrès est l’instrument qui inventera la solution à tous les problèmes. Manifestement, rien n’est moins sûr… et il suffit de faire preuve d’un peu de raison pour réaliser, je crois, qu’une autre attitude par rapport au monde ne nous ferait pas de mal…


                  • Png persona-nongrata 7 décembre 2009 13:46

                    Le « progrés » matérialiste à toujours eu un effet pervers sur les gens et l’écologie , aucune civilisation au monde n’a fait autant de morts et de dégats sur la planéte que ce monstre occidental

                    Et intérieurement l’homme n’est jamais tombé aussi bas ...

                    Voici comment René Guenon décrit la science moderne dans La crise du monde moderne : 

                    « Savoir d’ordre inférieur, qui se tient tout entier au niveau de la plus basse réalité, et savoir ignorant de tout ce qui le dépasse, ignorant de toute fin supérieure à lui même, comme de tout principe qui pourrait lui assurer une place légitime, si humble soit-elle ,parmi les divers ordres de la connaissance intégrale ; enfermée irrémédiablement dans le domaine relatif et borné où elle a voulu se proclamer indépendante, ayant ainsi coupé elle même toute communication avec la vérité transcendante et avec la connaissance suprême, ce n’est plus qu’une science vaine et illusoire, qui à vrai dire, ne vient de rien et ne conduit à rien. 


                    De la même façon la philosophie moderne (qui commence à Descartes) est responsable de la mentalité moderne. Elle est essentiellement individualiste et la négation même de toute métaphysique entendue dans son véritable sens. 

                    Toujours dans La crise du monde moderne René Guénon passe en revue toutes les doctrines philosophiques depuis Descartes. Avec une concision étonnante il démontre que la philosophie moderne aboutit à la destruction de l’intellectualité véritable. 
                    La décadence de la science et de la philosophie ont engendré le « chaos social ». 
                    La politique et l’organisation de la société montrent l’ignorance des principes à leurs niveaux respectifs. 

                    A ce propos il est extrêmement important de souligner le danger d’attirer un public qui par une mauvaise compréhension, ne voit en Guénon qu’un moyen d’introduire leurs idées extrémistes, racistes et toujours aux antipodes de la Tradition. 

                    La pensée de Guénon est absolument étrangère à notre mentalité contemporaine. Je le cite : 
                     » non seulement les hommes ont bornés leurs ambitions intellectuelles….à inventer et construire des machines mais ils ont fini par devenir des machines eux-mêmes ». 

                    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 7 décembre 2009 15:01

                      Avant d’écrire cet article (et quelques autres dans la rubrique religion) j’ai relu la Crise du monde moderne, de Guénon. J’ai été déçu.
                      Guénon est tellement étranger au monde occidental, qu’il s’est finalement converti à l’Islam. Certes, il s’agit d’une quête spirituelle, dans la tradition Soufi, très respectable en elle même.
                      Mais nous ne sommes plus à la même époque. Ajourd’hui, l’Islam frappe à la porte du monde occidental, mais pas de la même manière.
                      Le monde Occidental, depuis Guénon, a continué à se dégrader spirituellement, et aboutit à l’impasse que nous connaissons. De ce point de vue le diagnostic sévère de Guénon est juste (mais il n’est pas le seul à l’établir)
                      En revanche, la piste que nous propose l’oeuvre et la vie de Guénon, n’est pas acceptable, selon moi. L’Islam règle les problèmes en prônant une « soumission » totale à Dieu, un renoncement au libre arbitre.
                      J’ai essayé de dire, dans l’article « De la Cité de Dieu au village global », consacré à Saint Augustin, ainsi que dans deux autres articles, l’un sur le marxisme, l’autre sur le Calvinisme, que l’Histoire de l’Occident était celle d’un mystère, celle de la contradiction apparente entre le Libre Arbitre et la Toute puissance de Dieu.
                      L’Islam se débarasse de ce mystère, tout comme le marxisme (par le déterminisme matérialiste) ou comme le calvinisme anglo-saxon (par la prédestination). La question n’est-elle pas de trouver des ressources « en nous » (c’est à dire au coeur de notre propre civilisation) pour surmonter notre crise spirituelle et morale ?


                    • Png persona-nongrata 7 décembre 2009 15:38

                      Vous dites :


                      « L’Islam règle les problèmes en prônant une »soumission" totale à Dieu, un renoncement au libre arbitre.

                      Et c’est bien là tout le contraire ...si en effet le monde arabo-musulman connait depuis un certain temps une dégénéréscence c’est bien par mimétisme sur l’occident qui à tendance à envahir le monde de ses idées matérialistes.

                       L’Islam accorde une place trés importante au libre arbitre et le musulman sera jugé par rapport a ses oeuvres car point de rédemption en Islam.

                      « Dieu n’impose à chaque âme que ce qu’elle peut porter, elle sera rétribuée selon se qu’elle peut porter, elle sera rétribuée selon ce qu’elle aura accompli et elle sera punie selon le mal qu’elle aura fait. »
                      Sourate 2. la Vache (Al-Baqarah) Verset 286


                      Le destin n’est pas écrit d’avance, ce qui nous enlèverait la liberté d’aimer Dieu ou pas.

                    • plancherDesVaches 7 décembre 2009 15:40

                      « aucune civilisation au monde n’a fait autant de morts et de dégats sur la planéte que ce monstre occidental »

                      Ce qu’il y a de magnifique est que l’humain a toujours une mémoire qui l’arrange et un égocentrisme qui va lui faire plaisir...

                      Guerres de religions, conquistadors, génocide des Indiens d’Amérique, COLONISATIONS partout en tout genre... ???

                      Nous avons toujours tué et c’est loin d’être fini, à priori.


                    • Png persona-nongrata 7 décembre 2009 15:57

                      Le 20éme siécle a été le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité avec quelques 400 millions de morts entre le nazisme , le communisme et le fascisme .


                      Hitler , Staline ou encore Mussolini étaient athées et on fait largement plus de carnages que tous les religieux de l’histoire grace à la poudre a canon.



                    • plancherDesVaches 7 décembre 2009 16:54

                      « Le 20éme siécle a été le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité avec quelques 400 millions de morts entre le nazisme , le communisme et le fascisme . »

                      Si je peux me permettre : non.
                      D’une part, ces « courants de pensée » ont toujours existé dans certaines peuplades, tribus, régions et pays, et...
                      d’autre part, ne perdons SURTOUT pas de vue que l’augmentation de population et AUSSI, les progrés réalisés dans les armes ont permis ce nombre de morts beaucoup plus important.

                      Toute proportions gardées, je suis persuadé que si l’on aditionne tous les morts des croisades (et malgré les faibles moyens de l’époque), cela a dû faire beaucoup plus de morts. Etalé sur 300 ans, mais ils avaient le temps, à l’époque.

                      Et vous n’avez pas tout vu car, grace aux récents progrés des géniales armes américaines, vous n’avez plus besoin de tuer directemment. Vous contaminez de façon inguérissable dans un rayon de 40 mètres. (voir la dernière sauterie entre Israëlien et Palestiniens et les commentaires des médecins « n’ayant jamais vu ça »)

                      C’est beau, le progrés.


                    • Gollum Gollum 7 décembre 2009 18:57

                      En revanche, la piste que nous propose l’oeuvre et la vie de Guénon, n’est pas acceptable, selon moi. L’Islam règle les problèmes en prônant une « soumission » totale à Dieu, un renoncement au libre arbitre.

                      Ce que nous dit surtout Guénon et vous oubliez de le préciser, c’est que la décadence actuelle ainsi que le matérialisme ambiant sont du à une loi cyclique de dégénérescence progressive de l’Esprit contre laquelle on ne peut rien collectivement. Par contre individuellement, on peut se mettre en retrait.

                      Il est donc absolument vain d’attendre quoi que ce soit des hommes. C’est le divin, appelez le Allah, Yahvé, Brahman, comme vous voulez qui résoudra le problème.

                      Sur le libre-arbitre : toutes les religions exotériques prônent le libre-arbitre parce que cela permet une main-mise sur les consciences. Mais les ésotérismes sont pour l’absence de libre-arbitre. Car il n’existe qu’un seul et unique Être. L’apocalypse de Jean est clairement dans cette optique, puisque les élus sont élus dès la fondation du monde. Même chose chez les ésséniens. On a la même façon de voir dans l’Ancien Testament. C’est l’Éternel qui endurcit le cœur de Pharaon. Nabuchodonosor est qualifié « serviteur de Yahvé ».

                      Les ésotéristes musulmans quand ils parlent d’Islam disent que tous les êtres sont musulmans. Ceux qui font la Volonté divine de leur plein gré. Les autres, les Infidèles font AUSSI la volonté d’Allah, malgré leur rébellion..

                      NB : je vous ai plussé persona-nongrata smiley







                    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 7 décembre 2009 22:03

                      Oui, mais précisément, cette thèse centrale de Guénon, cette « époque sombre » dans laquelle nous sommes entrés il y a 4000 ans, me semble ce qu’il y a de pire et de moins crédible dans son oeuvre. D’ailleurs, elle ne peut être acceptée, ni par les chrétiens, ni par les musulmans, ni par aucun homme de foi, d’espérance ou simplement de bon sens.
                      Je ne pense pas que tout va vers le mieux et les lendemains qui chantent ; mais tout ne va pas non plus inexorablement vers le plus mauvais. Guénon, c’est en fait l’idéologie du Progrès retournée en idéologie de la décadence, avec le même déterminisme, en sens inverse.
                      Cela n’empêche pas, je le répète, que certains de ses jugements soient assez justes sur le matérialisme de notre époque.


                    • Gollum Gollum 8 décembre 2009 08:41

                      Oui, mais précisément, cette thèse centrale de Guénon, cette « époque sombre » dans laquelle nous sommes entrés il y a 4000 ans, me semble ce qu’il y a de pire et de moins crédible dans son oeuvre.

                      Ca se discute.. Pour ma part au contraire, ça explique bien des choses..


                      D’ailleurs, elle ne peut être acceptée, ni par les chrétiens,

                      ça dépend lesquels. Il y a au contraire beaucoup de chrétiens qui acceptent cette vision des choses. J’en fais partie. Même chose pour les musulmans..

                      ni par aucun homme de foi, d’espérance ou simplement de bon sens.

                      Bon alors là, le bon sens.. Vous savez bien qu’il n’ y a rien de moins convaincant que le bon sens.. Quant à l’espérance, j’en ai à revendre.. 

                      Car là aussi il faut préciser que suite à cet « âge sombre » se lève un âge de Lumière et de restauration..

                      Je ne pense pas que tout va vers le mieux et les lendemains qui chantent ; mais tout ne va pas non plus inexorablement vers le plus mauvais.


                      Les seules choses qui vont du bon côté sont celles qui préparent le cycle futur. L’œuvre de Guénon en fait précisément partie. Il y en a d’autres.

                      Notons d’ailleurs que le cycle du « Seigneur des Anneaux » que des millions de cinéphiles ont visionné s’inscrit intégralement dans cette mythologie.




                    • Vincent Frédéric Stéphane 7 décembre 2009 14:13

                      Le « Progrès », c’est l’idée que l’être humain s’est transformé en Dieu qui façonne la réalité. Cela n’a évidemment pas de fin autre que dramatique.

                      Si le « Progrès » s’éssouffle, c’est que l’être humain n’est pas Dieu.

                      Par contre, il est donné à l’être humain de comprendre tendentiellement la manière dont Dieu interagit avec Sa création. C’est la Science.

                      L’avenir du « Progrès », c’est de reconnaître que la fécondité de l’hypothèse de l’absence de Dieu est désormais un obstacle majeur sur le chemin de la Conscience.

                      C’est une évidence pour « le Sage », une absurdité sans égal ou une tautologie sans intérêt pour le « Progressiste ».

                      Quant à la définition du progrès qui me paraît avoir un avenir, c’est la formulation d’Aldous Huxley reprise dans « Dieu et Moi ».


                      • L'enfoiré L’enfoiré 7 décembre 2009 14:44

                        Et si l’homme était dieu, justement ? (avec une minuscule, plutôt qu’avec une majuscule comme on le voit autrement)
                         Vite dit de dire cela.


                      • plancherDesVaches 7 décembre 2009 17:49

                        C’est quand l’homme se prend pour dieu que ça devient le bordel, l’Enfoiré.
                        Et, malheureusement, ça se vérifie toujours.


                      • plancherDesVaches 7 décembre 2009 17:54

                        De là à dire qu’il faut qu’il soit dominé par un dieu imaginaire qu’il ne verra jamais...
                        (sauf aprés sa mort... vaste blague et qui rassure car il y aurait une « autre vie » : d’une pierre, deux coups)

                        Souci, lorsqu’une croyance marche bien (dieu ou argent donc possession), elle est immédiatement exploitée...

                        Mince.


                      • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 7 décembre 2009 22:05

                        Nous sommes d’accord sur ce point, cher Monsieur.


                      • L'enfoiré L’enfoiré 7 décembre 2009 14:42

                        @L’auteur,

                        Wiki donne une définition qui me parait juste.

                        Le progrès : "Le terme de progrès vient du latin progressus qui renvoie à l’action d’avancer. Ainsi le progrès désigne un passage à un degré plus important, à un état meilleur. Le concept de progrès est utilisé et discuté dans différentes disciplines telles que la philosophie, l’histoire, la politique ou l’économie"

                        Alors, il y a progrès et progrès. Les vrais et les faux. Le goût de l’excès en est un faux. Les machines, puisque cela a été votre dernier article, ont donné du progrès et des marche arrière.

                        Comme je concluais dans ma gaufre qui parlait de l’informatique. On aurait pu me dire :

                        - L’informatique a brisé beaucoup de carrières. Elle a volé la profession de beaucoup d’hommes et de femmes. Tu t’en es pourtant bien porté et tu en as tiré profit, toi, l’informaticien.

                        Ma réponse viendrait automatiquement.

                        - C’est exact. Je ne répondrais pas avec la réponse habituelle qui dirait qu’on ne va pas contre le progrès et que si ce n’était pas moi, ce serait d’autres qui auraient fait le travail. Il faut avoir une certaine envie de fainéantise pour faire un tel métier. Je dirais que le l’homme n’est pas fait pour le travail idiot. Le travail tel qu’on le voyait dans le film « Les Temps modernes », devait un jour trouver remède.

                        Mais nous sommes condamné à progresser. Pas de doute la-dessus. N’en déplaise à certain, l’immobilisme est mortel


                        • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 7 décembre 2009 15:59

                          Je suis d’accord avec cette définition générale. Je parle dans cet article d’une acceptation particulière du mot progrès, que l’on peut caractériser par un « P majuscule ». Il s’agit d’un concept né à la fin du 17ème siècle (la querelle des anciens et des modernes) mais qui a des racines plus anciennes (Joachim de Flore) et des origines dans le christianisme lui même. Ce concept connaît son essor avec les Lumières (à l’exception notable de Rousseau) et il est formalisé par Condorcet.
                          Le siècle par excellence du Progrès fut le XIXème.
                          Dans le chapeau de l’article, je le définis comme général, nécessaire et positif. C’est son côté nécessaire ou déterminé à l’avance qui est évidemment critiqué aujourd’hui.


                          • ddacoudre ddacoudre 8 décembre 2009 00:27

                            bonjour pierre

                            je ne sais pas par ou commencer. jai pulsé ton article parce que cela fait du bien d’en trouver de tel de temps a autre et j’ai lu que JC allard aussi à apprécié avec d’autres.
                            dans « pour quoi j’ai manger mon père » l’auteur en faisant parler l’oncle qui se plaint de l’invention et de l’utilisation du feu par son frère lui dit, avec ce feu tu feras brûler le monde, et de répondre , mais tu viens bien t’y réchauffer, son neveu avec un bout de bois charbonneux dessine l’ombre de son oncle sur le sol et ce dernier voyant l’utilisation qui en a été faite, et n’établissant pas le lien avec ce progrès s’écrit, tu m’as volé mon ombre.

                            sommes nous donc capable de comprendre et d’utiliser le progrès pour le développement harmonieux de notre espèce plutôt que sous la seule impulsion de l’ego.
                            il semble bien, puisqu’il existe, qu’il soit une possibilité à laquelle par la compilation du savoir nous puissions accéder dans l’ignorance des propres transformations qui en découleront par la limite de notre être.

                            la succession des civilisations nous indiques que leur progrès respectif à causé leur propre effondrement, ou qu’il fragilisent ceux qui l’atteignent. que devons nous penser de l’observation de cette régularité que nous mesurons par la compréhension de leur l’histoire.

                            ceci pose l’interrogation de savoir si nous disposons ou non du libre arbitre. souvent je dis non en expliquant brièvement qu’en l’espèce nous serions des dieux possédants la totalité des éléments de notre destin. or nous n’effectuons que des choix restreints dans le cadre du conditionnement de notre esprit borné et nourri de vérité en fonction de son histoire « géohistorique » (façonné par l’environnement géographique qui façonnera les comportements qu’adopterons les hommes pour construire les liens mécaniques qui servirons à élaborer leur histoire sur la base du bagage génétique organique avec lequel nous venons au monde).

                            en quoi pouvait ton comprendre les limites destructrices de notre progrès. en 1999 j’ai tiré de l’étude de l’évolution démographique des pays riches, le constat que la chute de la procréation moins de 2%, ce qui ne renouvelle pas la population, que ce n ’était pas un acte réfléchit de l’homme, mais la conséquence de la pression de l’environnement « géohistorique » qui « dictait » les comportement à adopter en face du développement des incidences du progrès qui était perçu par notre « inconscient »(où par la nature) comme une situation non favorable au développement de notre espèce, de la même manière que certains animaux retiennent leur gestation s’ils perçoivent que dans leur environnement il n’y a pas l’espace vital au développement de leur progéniture.

                            je pense que c’est ce processus qui se déroule chaque fois qu’une civilisation s’effondre, elle atteint un seuil ou son incompréhension rend le progrès destructeur, car l’homme crois qu’il lui vole son ombre.

                            pour développer ce point de vue il faut être convaincu que nous ne disposons pas de la maitrise de l’existence et que nous ne sommes que les acteurs sélectifs des différentes voies qui s’offrent à nous faire à mesure que s’empile et s’associent tous les comportements que nous développons en réponse à la pression environnementale traduite par le verbe qui la réorganise.

                            j’ai eu un réel plaisir à lire ton article

                            cordialement.


                            • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 8 décembre 2009 02:01

                              ...et moi un réel plaisir à lire ton commentaire, modeste, plein de désarroi et sans aucune certitude arrogante. Cela fait plaisir, et justifie l’effort d’aller vers les autres sur agoravox.
                              Où en sommes nous sur le Progrès et l’avenir de la civilisation occidentale ? Honnêtement, je n’en sais rien. Nous sommes au coeur de plusieurs cercles vicieux : allons nous « revenir à la lampe à pétrole », pour éviter les conséquences du développement ? Devons nous renoncer à l’universalisme de la civilisation occidentale, sous prétexte de plus coloniser les pays pauvres ? Que faire du progrès scientifique et technique, ne plus lui faire confiance, mais pour aller vers quoi exactement ?
                              Le débat continue : je vais essayer de préciser certains termes dans un deuxième article. A bientôt sur Agoravox.
                              Pierre

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