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Le retour des assignats

Eternel débat sur la monnaie pour savoir si elle est une marchandise, un signe, une institution ou un symbole. Elle n’a été définie pendant des siècles en Occident que par les trois utilisations qu’Aristote lui voyait : instrument de mesure, intermédiaire d’échanges et stockage de valeur.

Mais pour mesurer, échanger ou stocker quoi ? La richesse ne se mesure pas puisqu’elle dépend du regard de chacun. Un échange ne nécessite-t-il pas deux entités à définir clairement ? Et pour stocker une valeur, ne faut-il pas que la valeur existe avant d’être stockée ?

Tant que la monnaie était en elle-même une valeur comme l’or ou l’argent, elle pouvait sans problèmes remplir les trois fonctions qu’Aristote lui trouvait. Quand on abandonnait son or, c’était toute l’histoire de cet or qui valorisait ce que l’on obtenait en échange. Et si on le stockait, il ressortait toujours inoxydé à première demande.

L’approche de la monnaie se complique quand elle devient fiduciaire (monnaie fondée sur la foi en l’émetteur). Elle est toujours au départ de la fiducie fondée sur l’équivalence avec un actif reconnu. Le système de Law en 1716 était fondé sur la richesse de la Louisiane alors française et recouvrant à l’époque plus de la moitié des actuels États-Unis. Les assignats en 1789 étaient fondés sur les biens confisqués d’abord au clergé puis à la noblesse émigrée. Les billets de banque étaient valorisés par leur équivalence en or. Cela a été pour la dernière fois affirmé en juillet 1944 dans les accords de Bretton Woods où les monnaies ont toutes été évaluées en dollar, lui-même échangeable contre de l’or.

Mais la nature humaine sait admirablement utiliser l’évidence que le papier est plus facile à imprimer que le travail à faire, l’or à être extrait, la Louisiane à rapporter ou les biens des puissants à être une source inépuisable. Le phénomène est toujours le même. On commence par en imprimer en toute bonne foi un tout petit peu plus que la richesse déjà reconnue en fondant la monnaie sur le rêve si agréable de la richesse qui sera créée grâce à la monnaie créée. Et une fois les bornes franchies, il n’y a plus de limite. On fabrique à la chaîne de la monnaie qui n’a plus comme valeur que celle que l’on accorde à leur imprimeur, et cette confiance ne dure évidemment jamais. Dans tous les cas arrive un moment ou le papier-monnaie cesse d’être monnaie pour redevenir simple papier, ce que Mirabeau avait pressenti en disant « qu’il faut bannir de la langue cet infâme mot de papier-monnaie ». Si ceux qui les impriment trahissent la confiance de leur peuple, le désastre n’est jamais loin. Pour le système de Law il a fallu 4 ans pour que Law fuie à Venise en 1720 après que le Régent ait payé les dettes de Louis XIV en monnaie de singe. Pour les assignats il a fallu 8 ans pour qu’ils ne vaillent plus rien en 1797 après que la bourgeoisie ait récupéré à bas prix les biens de la noblesse et du clergé et mis en place le Directoire ouvrant la porte au Consulat et à l’Empire.

Depuis près de 50 ans, depuis que Nixon a arrêté le 15 août 1971 la convertibilité du dollar en or, les monnaies ne valent objectivement plus rien et attendent la reconnaissance de leur non-valeur qui peut arriver à tout instant.

Ce qu’il faut observer avec intérêt ce sont les multiples méthodes d’enfumage utilisées par ceux qui s’enrichissent sur le peuple pour faire tenir le système de fausse monnaie. Ils le font artificiellement, et pour durer le plus longtemps possible, tellement il leur est agréable.

Il faut déjà remarquer que la pénalisation de la fausse monnaie s’allège régulièrement avec le temps. Si dès le début de la monnaie-papier la sanction est inscrite sur tous les billets, elle est la mort au début du XIXsiècle, puis les travaux forcés à perpétuité, puis la réclusion criminelle à perpétuité. Sur le billet de 20 francs de 1997 type Debussy il est encore écrit en toutes lettres : « La contrefaçon ou la falsification des billets de banque et la mise en circulation des billets contrefaits et falsifiés sont punis par les articles 442-1 et 442-2 du code pénal de peines pouvant aller jusqu’à trente ans de réclusion criminelle et trois millions de francs d’amende ».

Techniquement l’arrivée de la monnaie dématérialisée permet d’un seul clic à n’importe quelle banque de créer toute la monnaie désirée. Plus personne n’est responsable de la quantité de monnaie en circulation que l’on affuble des appellations absconses de masses monétaires M0 M1 M2 M3 M4… que les universitaires auscultent dans l’indifférence générale.

Mais c’est surtout intellectuellement que le travail est fait pour que personne ne comprenne plus rien à la monnaie qui est et qui restera une reconnaissance de dette d’un peuple sur lui-même.

On a changé le sens de l’inflation qui était il y a 50 ans l’augmentation de la masse monétaire et qui est devenue la conséquence de son augmentation incontrôlée à savoir la hausse des prix.

On a eu l’idée géniale d’inventer le PIB, somme de toutes les dépenses publiques et privées, en l’appelant Produit pour faire croire qu’il suffisait de dépenser pour s’enrichir. Cela permet de croire s’enrichir en s’endettant. On a appelé cette stupidité, investir (mettre un vêtement) ou financer (mener à bonne fin) et cela ne fait rire personne.

On a inventé le gagnant-gagnant en transformant le double contentement d’un moment en un double enrichissement durable. On a fait de la richesse un fait objectif alors qu’elle n’est qu’un regard.

On a transformé l’emprunt qui de toute éternité avait toujours été un emprunt sur gage réservé aux riches. On en a fait un emprunt sur richesse future pour justifier la création de fausse monnaie, faire monter tous les prix et fabriquer à la pelle des faux milliardaires que l’on peut envier ou détester et qui dépensent tous de la fausse monnaie que les banques leur prêtent. Faux milliardaires car leurs fortunes ne consistent qu’en immobilier, en actions et en œuvres d’art qui ne valent cher que parce qu’ils se les rachètent entre eux à des prix faux et hallucinants payés avec des emprunts. Les riches sont ceux qui peuvent s’endetter en faisant croire qu’ils créent des richesses. Le vrai prix de l’immobilier est celui qui serait obtenu si tout devait être payé cash dans un monde sans fausse monnaie. Si l’immobilier devait être payé comptant en or, de combien de dizaines de fois moins cher serait-il et ne serait-ce pas son vrai prix ?

Bien sûr, les banques créant en continu de la monnaie pour survivre, les dettes explosent. La dette publique française est d’environ 100 % du PIB et la dette privée française de l’ordre de 130 % du même PIB que l’on prétend être notre fabrication annuelle de richesses alors qu’il n’est que notre dépense annuelle, ce que les médias ne veulent pas entendre. Ne parlons pas des dettes de la Chine, des États-Unis, de l’Angleterre ou de l’Allemagne !

Mais le pire est la justification intellectuelle de la création d’argent pour créer de la richesse, justification martelée dans les grandes écoles et à l’université par des professeurs malheureusement souvent de bonne foi.

Certains professent en effet qu’il est intelligent de créer de la monnaie pour financer la fabrication, la construction ou l’achat de quelque chose qui sera reconnu comme une richesse. C’est en effet techniquement possible puisque toutes les banques le font en expliquant que la monnaie artificiellement créée sera détruite lorsque l’emprunteur la remboursera. Mais c’est économiquement dramatique car si la monnaie créée disparait effectivement des comptes de la banque quand elle est remboursée, elle ne disparait pas pour autant car personne ne la détruit. Cette fausse monnaie va circuler ou être épargnée et se confondre avec la bonne monnaie et donc la dévaloriser. La bonne monnaie est créée postérieurement à la création de richesses alors que la fausse monnaie est créée pour créer une richesse sans être jamais détruite.

Si l’on emprunte pour construire un viaduc que tout le monde appréciera ou une voiture dont quelqu’un a besoin, la banque oubliera tout dès qu’elle sera remboursée mais la collectivité en macroéconomie se retrouvera en possession d’un cumul. Elle aura le viaduc ou la voiture mais elle aura aussi l’argent qui a servi à les obtenir et qui a été disséminé sans être détruit. Comme il a fallu rembourser la banque, l’argent nécessaire n’a pu être trouvé que par un appauvrissement des citoyens pris individuellement ou collectivement. Depuis 50 ans, depuis que les monnaies ne sont plus que des assignats, nous ne remboursons les banques qu’en nous appauvrissant. Ne pas vouloir le comprendre c’est ne pas vouloir comprendre pourquoi un seul salaire suffisait il y a 50 ans dans toutes les classes sociales pour qu’une famille vive correctement avec au moins trois enfants alors qu’aujourd’hui dans toutes les classes sociales le niveau de vie diminue et l’on a même peur de faire des enfants, même avec deux salaires.

Quel parti politique aura le courage de prendre vraiment le parti du peuple en le remettant au travail de vraie production ou dans des emplois de vrais services à cette production pour qu’il soit à nouveau payé correctement sur ce qu’il est capable de faire sans être déformé ou formaté à Dieu sait quoi ? Mais l’immense cohorte des emplois actuels ne sert qu’à donner des soins palliatifs au système tout en prétendant l’améliorer. Cette cohorte est malheureusement majoritaire et elle nous donne la classe politique assez déboussolée que nous avons et qui ridiculise la démocratie.

Les élections européennes vont permette d’exprimer la défense du système avec l’Union européenne ou le réveil des peuples dans toutes leurs sensibilités. D’un côté des Européistes sans enfants nous parleront puissance économique, compétition, innovation, investissement, financement et populisme de ceux qui ne les admirent pas. De l’autre une multitude d’approches complémentaires cherchent à comprendre mais savent toutes que la vraie puissance est la cohérence d’une nation et que la nôtre a malheureusement aujourd’hui par notre faute des dirigeants qui ne la comprenne plus.

 


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20 réactions à cet article    


  • Pascal L 26 mars 15:14

    « les monnaies ne valent objectivement plus rien » Mais si ,il y a toujours une contrepartie à la circulation monétaire (difficile de parler de création monétaire aujourd’hui avec la monnaie scripturale). C’est la dette qui est créée en contrepartie de cette circulation. Ainsi la valeur de la monnaie est basée sur la confiance que les financiers ont dans le remboursement de cette dette. Et si les financiers ne s’inquiètent pas, c’est qu’il y a encore assez de richesse à confisquer dans notre monde. Les Etats peuvent toujours mettre les impôts à un niveau tel que vous soyez obligé de revendre le peu que vous avez au prix que l’on voudra bien vous proposer. Le système qui a été mis en place est un outil parfait de prédation, il a détourné la monnaie de l’économie réelle vers les produits dérivés.

    Ls financiers ont confiance dans ce système, mais nous savons qu’il ne sera pas possible de rembourser toutes les dettes. Le système s’effondrera avant que la prédation soit devenue totale et c’est la bonne nouvelle. Il nous restera encore un peu de richesse que nous pourrons gager pour créer une monnaie tournée vers l’économie réelle.

    « elle ne disparait pas pour autant car personne ne la détruit » C’est le miracle de la monnaie scripturale, mais ce qui est créé est bien détruit. Lorsque vous empruntez 1000€, on se contente de faire +1000 sur votre compte sans rien changer ailleurs. Pour la banque l’opération est transparente, car l’argent est sur votre compte, donc remis dans ses actifs. Ce n’est que lorsque vous utilisez cette monnaie qui part vers une autre banque que l’on se pose la question des ratios de solvabilité des Accords de Bâle. Donc, comme la banque a fait +1000 à la création du prêt, elle fait -1000 au remboursement et c’est toujours transparent pour la banque. Elle a juste modifié la quantité de monnaie qui peut circuler. Le drame, c’est que la monnaie permanente qui pouvait préexister à disparue et toute la monnaie qui circule provient des dettes. Rembourser les dettes revient à supprimer la circulation monétaire et donc à la faillite du système. Un autre effet de ce mode de circulation est l’aspect dynamique. Au temps de l’étalon or, la monnaie était inaltérable. Il fallait trouver un épargnant pour pouvoir emprunter. Aujourd’hui l’épargnant ne sert plus à rien et surtout, il faut que la monnaie ait permis un retour sur investissement en un temps très court pour suivre le cycle de la dette, le plus souvent incompatible avec le cycle de création de richesse. Avec la bulle des produits dérivés qui est pour l’instant plus rentable que la création de richesse, la possibilité de créer de la richesse n’existe plus. Seule la prédation des richesse existante permet de s’enrichir. C’est un système parfait pour creuser l’écart entre les riches et les pauvres qui de plus ne servent plus à rien. Nous avons maintenant des robots et les pauvres peuvent donc disparaître dans l’indifférence générale.


    • Marc Dugois Marc Dugois 26 mars 15:50

      @Pascal L

      Nous disons la même chose avec des mots différents. Pourquoi le formuler comme si nous étions en désaccord ? Nous ne vivons que sur l’emprunt qui ne peut être remboursé que par notre appauvrissement.


    • Areole 26 mars 22:28

      @Marc Dugois et @ Pascal
      Désolé d’interrompre votre discussion sur le sexe des anges... 
      Dans une société ou les femmes se monnayerait en quantité de chameaux ou en nombre de chèvres et, où, dans ce pays nomade, une maison n’aurait aucune valeur, la monnaie ne servirait qu’à s’éviter la peine de déplacer ses chameaux pour obtenir une femme. 
      Le problème n’est pas la création monétaire mais la valeur qu’on attribue aux choses.
      Notre société contemporaine accorde plus d’importance au logo à la marque et aux intermédiaires qu’à la qualité ou l’utilité d’une marchandise, allant jusqu’à valoriser en millions de dollars un simple tableau immaculé.
      La monnaie n’est qu’une fiction, simple reflet de notre débilité mentale.
      Marx attribuait la valeur d’un bien à la quantité de travail nécessaire pour le produire. Avec une telle théorie on ne risquait ni crise monétaire, ni inflation seulement une belle prise de tête pour organiser le système. 


    • Marc Dugois Marc Dugois 27 mars 08:40

      @Areole

      La monnaie est un intermédiaire entre les énergies des êtres. Cela explique aussi bien l’approche de Marx que les effroyables difficultés qu’il y a à gérer un système qui se veut énergétique en laissant les hommes au repos.


    • Pascal L 27 mars 12:26

      @Areole
      Désolé, mais votre vision statique de la monnaie-troc n’a plus cours aujourd’hui. L’irruption de la monnaie scripturale et l’utilisation de la dette comme contrepartie ont totalement modifié le rôle de la monnaie qui doit être pensé dynamiquement. Aujourd’hui, nous pouvons tracer une relation entre le chômage de masse et la variation de la dette (en math, la fonction dérivée). Nous ne pouvons plus analyser l’économie sans faire appel aux équations différentielles. Votre vision de la monnaie de Marx est marxiste et non marxienne. Heureusement, Marx ne limitait pas la valeur de la monnaie au seul travail. Les systèmes économiques marxistes n’ont pas survécu aux systèmes capitalistes, ce qui ne veut pas dire que le capitalisme est meilleur, mais plutôt qu’il a su préserver des zones de liberté qui ont permis le développement économique et donc une redistribution des surplus de richesse. Malheureusement ces zones de liberté sont aujourd’hui mises à mal par une certaine pensée financière et le capitalisme que nous connaissons finira aussi par disparaître. 
      Ce n’est pas une idéologie qui va résoudre les problèmes actuels ; il faut commencer par se mettre d’accord sur les objectifs (création de richesse ou pas, redistribution ou pas...) et les solutions techniques découlent de ces objectifs. Le système mis en place à Bretton Woods était bien plus redistributif que le système actuel, car il limitait les spéculations et donc l’usage de la monnaie pour un objectif qui ne fait pas l’objet d’un consensus. Malheureusement, ceux qui voulaient spéculer ont trouvé des failles et personne n’a redressé le système pour revenir sur les objectifs. La monnaie est un mauvais maître mais un très bon serviteur.


    • Matlemat Matlemat 26 mars 17:21

      D’où peut être l’intérêt des crypto monnaies déflationniste décentralisées qui appartiennent à leurs utilisateurs.


      • Marc Dugois Marc Dugois 27 mars 08:46

        @Matlemat

        Les cryptomonnaies ont compris ce que les monnaies officielles ont oublié : une monnaie ne peut se créer qu’après le constat d’une nouvelle richesse par la collectivité. Mais elles ont oublié qu’elles sont totalement liées à une collectivité qui a des devoirs régaliens. Seul un pouvoir globalement responsable peut créer de la monnaie. En l’état les cryptomonnaies exploseront comme les monnaies officielles mais pour des raisons différentes.


      • Hervé Hum Hervé Hum 26 mars 18:41

        Manifestement, vous ne comprenez pas grand chose à la monnaie !


        • Marc Dugois Marc Dugois 26 mars 20:16

          @Hervé Hum

          C’est en effet visiblement le cas de l’un de nous deux.


        • Hervé Hum Hervé Hum 26 mars 21:31

          @Marc Dugois

          nous sommes bien d’accord. Reste à savoir lequel !

          je vous donnerai mon point de vue demain...


        • soi même 27 mars 00:36

          @Marc Dugois, c’est claire que vous comprenez rien à l’argent


        • Hervé Hum Hervé Hum 27 mars 10:01

          Oui, la monnaie ne doit pas être déconnecté de la création de richesse, car c’est cette dernière qui conditionne sa valeur et non l’inverse. Mais cela veut dire que la monnaie est crée concomitamment de la création de richesse, pas postérieurement !

          Oui, tout est fait pour que très peu de personnes comprennent le système monétaire, surtout d’ailleurs ceux qui sont censé l’apprendre dans les universités. Toutefois, tout n’est pas mensonges, il s’agit donc de séparer le bon grain de l’ivraie.

          Oui, la création et gestion de la monnaie ne peut pas être confiée à des groupes d’intérêts particuliers, mais uniquement sous le contrôle strict de la collectivité.

          Jj’ai écris trois articles traitant spécifiquement de la monnaie.sur agoravox, que vous pouvez donc lire.

          Toutefois, je vais vous dire, ici, pourquoi de mon point de vue, vous avez une mauvaise compréhension de ce qu’est la monnaie. Sachant que son usage et définition, dépend du système économique de référence.

          Ainsi, l’or, n’est pas une monnaie et son usage en tant que support monétaire, nécessite aussi fondamentalement, la confiance. Ainsi, avant de s’imposer comme support monétaire pour les raisons que nous connaissons, sa stabilité quantitative et qualitative dans un monde où seuls les propriétaires économiques consommes et épargnent, ceux qui l’utilisent ont dû aussi apprendre à faire confiance à échanger de l’or contre des biens consommables et définir une valeur d’échange. Sur le principe, aucune différence entre monnaie or, papier ou numérique, toutes nécessitent la confiance, autant dans l’émetteur que le récepteur. L’avantage de l’or et dans une moindre mesure de l’argent et bronze ou cuivre, c’est qu’il ne peut être reproduit à l’infini et donc, modifier sa valeur d’échange rapidement et surtout, de manière négative, puisque la création de richesse va plus vite que la découverte d’or. Mais l’or n’est pas une monnaie, c’est un support monétaire ! C’est surtout le pire des supports pour la raison de sa rareté, car la monnaie n’a pas à être rare ou surabondante, elle doit être adapté aux besoins, car la création de richesse répond aux besoins. Mais c ela entraîne des conséquences logiques que vous ne voyez visiblement pas.

          La monnaie n’est pas une marchandise, c’est un contrat d’échange de valeur au porteur. C’est à dire, que celui qui détient la monnaie, déteint la partie droit ou crédit et celui qui n’en dispose pas, mais en exprime la nécessité, détient la partie devoir ou dettes. Car, pour avoir une valeur réelle, indépendamment de sa quantité (cas actuel), est que la monnaie comporte en elle même une partie crédit et dette ou plus parlant encore, une partie droit et devoir.

          Donc, celui qui déteint la monnaie, détient la partie droit de la monnaie et celui qui n’en détient pas ou trop peu, détient la partie devoir. La monnaie perd sa valeur lorsque la partie devoir n’existe plus, car elle entraine de facto, la fin de la partie droit. les deux sont liées, la perte de l’un, entraine l’autre. Il n’existe pas de droits sans devoirs, ni de devoirs sans droits, sauf dans le monde de mensonge qu’est le notre.

          Bon, plutôt que de poursuivre ici, je vous invite à lire mes articles et y apporter la contradiction ou approbation.

          La monnaie expliqué aux nuls, mais surtout aux experts

          l’origine des crises systémiques monétaires du capitalisme

          monnaie de crédit ou de dépôt ?

          Vous verrez que je défend, comme vous, le fait que la monnaie doit être crée uniquement en fonction de la création de richesse, où c’est alors tout un chacun qui est le créateur de la monnaie et les banques, seulement des organes de gestions, mais sans pouvoir de création monétaire. Bref ; où le banquier n’est qu’un fonctionnaire.


          • Marc Dugois Marc Dugois 27 mars 10:52

            @Hervé Hum

            J’apprécie votre commentaire et je vais aller lire vos articles. Réciproquement allez lire sur mon site l’exposé que j’ai fait pour ouvrir un colloque à l’Assemblée Nationale sur la monnaie http://www.surlasociete.com/la-monnaie-vehicule-denergie-humaine

            Évitons de nous dire réciproquement que nous ne comprenons rien, cela facilitera le dialogue. Deux points ont retenu mon attention dans votre commentaire. Le premier est que je ne vois pas la différence que vous faites entre monnaie et support monétaire. Qu’est-ce qui les différencie ?

            Le second est beaucoup plus profond et part de votre phrase "la monnaie n’a pas à être rare ou surabondante, elle doit être adapté aux besoins, car la création de richesse répond aux besoins". J’élargirais d’abord les besoins aux sentiments et à la raison car l’homme est dirigé tant par son cœur et sa tête que par son ventre. Cela écrit, nous sommes entièrement d’accord sur le lien entre la monnaie et la richesse qui n’est qu’un regard que porte l’homme sur son être et sur son avoir. Mais le problème est de savoir si la monnaie doit être créée avant la richesse ou en être le constat. Vous éludez le problème en disant que tout doit être fait concomitamment ce qui est rigoureusement impossible.

            La plupart des experts affirment qu’il faut créer la monnaie pour créer des richesses. J’affirme l’inverse et pour moi la monnaie ne peut être créée que comme le constat d’une richesse créée, ce qui met le travail en valeur.


          • Hervé Hum Hervé Hum 27 mars 13:53

            @Marc Dugois

            Je viens de lire votre lien et ma fois, vous verrez à la lecture de mes liens que nous sommes d’accord sur l’essentiel, mais différons sur l’analyse. Je pense qu’on doit finir par se mettre d’accord !

            Pour répondre à votre question, la réponse est sur ce point académique et ne porte pas à polémique. C’est à dire, que le papier par exemple, peut servir autant à imprimer des billets pour faire de la monnaie, qu’à faire du dessin, du papier peint pour le mur, des documents, des livres, etc. Idem pour l’or ou pour le numérique. Autrement dit, l’or n’est pas une monnaie de manière naturelle, mais dérivé à cet usage. De fait, la monnaie n’étant pas une matière physique, mais un concept lié à l’activité humaine, peu importe le support. L’or bénéficie seulement d’un statut spécial dû à sa rareté et à sa longue histoire en tant que support monétaire, mais pour le capitaliste, pour celui qui vit de la rente, c’est assurément le meilleur support qui soit, très en dessus de tout autre support, alors que pour le citoyen lambda, c’est le pire de tous à cause de sa rareté.

            Sauf que cela ne va pas du tout dans le sens de votre pensée, mais tout le contraire !

            Ensuite, j’ai juste écris « besoin » pour faire court. Sinon, à la lecture de mes articles, vous verrez que j’élude qu’en apparence la question de savoir à quel moment créer la monnaie, même si j’avoue ne pas l’avoir traité directement. C’est toujours prévu, mais comme dit le proverbe, on ne fait pas boire un âne qui ne veut pas boire. Il faut attendre qu’il réclame à boire, car je n’ai pas la prétention ni surtout l’ambition de me faire le leader de quoi que ce soit !

            Disons ici, que comme vous le rappelez dans votre discours, c’est l’énergie ou temps de vie dédié à la production de marchandises qui crée la richesse, même avec les robots ! Mais ne pas le faire voir, le dissimuler participe pleinement du conditionnement nécessaire à la manipulation des cogito et permettre ainsi la prédation humaine, c’est à dire, sur le temps de vie des êtres. Car ce que l’on échange fondamentalement, ce ne sont pas des marchandises, mais le temps de vie dédié à leur réalisation. Ce que vous martelez aussi. Sauf que cette distinction change absolument tout sur la manière de concevoir l’économie !

            Cela dit, créer la monnaie à postériori, concomitamment ou avant la création de richesse n’est pas le problème, tant que cette création reste totalement indexé à la production de richesse. Le problème est seulement dû à sa séparation pour permettre l’accumulation de monnaie, donc, permettre l’accumulation du temps de vie de ceux qui sont en besoin de monnaie et en faire un usage exclusif à ses seuls intérêts (et ainsi, faire construire un yacht privé de 100m de long par exemple) : Le système capitaliste est un système fait par et pour la prédation humaine et dans ce seul but inavouable. Pour comprendre le développement, il faut lire l’article « essai sur la société des citoyens responsables de la prédation humaine ». Dans une société fondé sur l’état dit de droit, c’est celui qui capitalise la monnaie, qui capitalise les droits et celui qui n’en dispose pas ou trop peu, qui capitalise les devoirs. C’est une règle inviolable tant qu’elle perdure et explique l’action politique et qui fait qu’aucun politicien ne peut y déroger, quelle que soit sa volonté et honnêteté, tant que le système reste le même, c’est impossible à changer... Sauf dans son imaginaire !

            Bon, cela vous oblige à me lire beaucoup, mais seulement si vous trouvez la lecture intéressante !


          • Jason Jason 27 mars 10:17

            Bonjour,

            Vous avez en grande partie raison, ce me semble.

            En ce qui concerne les Assignats, Lally-Tollendal dans une longue adresse avait à l’époque de leur création mis en garde l’assemblée (constituante ou convention ?) contre la fragilité de cet instrument. Il n’a pas été écouté et l’émission des assignats a très vite dépassé les valeurs des biens saisis auxquels ils étaient adossés. De plus, il y avait deux monnaies en cours, la monnaie métallique ancienne et les nouveaux papiers. L’échec était programmé.

            Il faudra attendre Cambon et la création de la banque de France en 1802 pour que naisse plus tard le franc-or qui vécut jusqu’en 1914. Cela n’empêcha pas les crises économiques d’arriver.

            Mais, au dire de certains, tout l’or du monde (si j’ose dire) ne peut suffire à garantir la fluidité des échanges mondiaux. Il a fallu créer de nouveaux instruments de règlement des échanges.

            Ce système marche mal et est sujet à des effondrements réguliers, effondrements qui se produisaient aussi aux époques de l’adossement-or. La monnaie est un produit qui se crée, s’achète, se vend , s’emprunte et est régulièrement en partie détruit. Elle a un cycle de vie et renaît tout le temps, sous une forme ou une autre. Pourquoi ? C’est toute la question.

            Je ne suis que spectateur.

            • Marc Dugois Marc Dugois 27 mars 11:07

              @Jason

              Votre question est fondamentale et on ne peut à mon avis avancer vers la réponse sans avoir d’abord défini la monnaie ce que l’on se refuse à faire pour pouvoir continuer à rêver. On ne en ne voit que ses trois utilités fondamentales définies par Aristote et on se chamaille pour savoir si c’est une marchandise, un symbole, un signe ou une institution.

              C’est tout cela mais ce n’est tout cela que parce que la monnaie est d’abord un véhicule d’énergie humaine et qu’il est dérisoire de véhiculer quelque chose qui n’existe pas encore. C’est le refus de voir que l’énergie monétaire n’a comme source que l’énergie humaine, qui nous fait manipuler les monnaies pour jouir aujourd’hui du travail des autres dans l’espace avec le mondialisme, dans le temps avec la dette et ici et maintenant avec l’immigration. 


            • Jason Jason 27 mars 14:04

              @Marc Dugois

              Pour ce qui est de l’immigration, renseignements pris, il ne s’agit actuellement en France que de 6 immigrés pour 10000 habitants. Pas de quoi fouetter un chat !


            • Marc Dugois Marc Dugois 27 mars 15:54

              @Jason

              Je crains que vos renseignements n’aient pas été pris à la bonne source qui est d’ailleurs interdite car la vérité ferait peur. Mais le problème est beaucoup plus qualitatif que quantitatif.


            • Jason Jason 27 mars 13:59
              Pour continuer...

              « la monnaie est d’abord un véhicule d’énergie humaine ». Pouvez-vous élaborer ce point ?

              Pour moi, elle est concomitante à la valeur donnée aux choses, objets ou droits, fonctions, etc., donc le concret ou l’abstrait. Sans la notion de valeur et la création d’un véhicule qui la représente, il n’y a que le troc. D’ailleurs, les Celtes ne connaissaient ni la monnaie (ni l’écriture), mais échangeaient sans problèmes. Bien que sans monnaie, ils étaient bien conscients de la valeur des choses.

              La notion d’énergie humaine fait entrer un réseau d’activités complexes : le besoin, le désir, l’image donnée, le travail, l’utile et le superflu ; et enfin la raison qui lui permet de les exercer.

              Beaucoup font du travail l’énergie de base des économies. Cette notion est incomplète : il faut y ajouter la spéculation et le désir d’accéder à des biens dont la valeur ne comporte que très peu de travail, ou en est largement détachée.

              • Marc Dugois Marc Dugois 27 mars 16:13

                @Jason

                Je vous invite puisque cela vous intéresse, à lire le document sur mon site sur la monnaie véhicule d’énergie humaine http://www.surlasociete.com/la-monnaie-vehicule-denergie-humaine .

                La monnaie n’est que le substitut du donner-recevoir-rendre bien connu dans tous les groupes comme la famille ou la tribu qui sont suffisamment petits pour que la mémoire permette seule d’éviter les prédateurs.
                N’oublions jamais que monnaie et monument viennent de moneo forme latine causative de la racine grecque men de la mémoire. La cause du monument comme de la monnaie est de se souvenir.

                La spéculation est une énergie mais une énergie tournée exclusivement vers soi-même pour accaparer à son profit l’énergie des autres. La nature a le coucou, nous avons les spéculateurs. Ce serait en être fiers qui poserait problème.
                 
                Comprendre que la monnaie est une énergie qui a une source est un premier pas trop mal connu vers l’économie.

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