Les limites d'Internet - AgoraVox le m�dia citoyen

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Les limites d’Internet

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Article qui montre qu’Internet n’est pas forc�ment un outil capable d’apporter des changements politiques et �conomiques significatifs.

Internet est pr�sent� par beaucoup comme un atout, voire un sauveur potentiel pour la d�mocratie, et un outil formidable pour les entreprises de toute taille. Malheureusement des �volutions techniques et commerciales remettent en cause ces belles affirmations.

Dans les dictatures Internet facilite la diffusion des id�es des opposants politiques, cependant c’est une arme � double tranchant, puisque les dictateurs utilisent aussi ce m�dia pour diffuser � grande �chelle leur mani�re de penser, autrement dit Internet peut aider ceux qui combattent un r�gime tyrannique, mais aussi contribuer � renforcer l’influence des dictateurs. En outre Internet rend beaucoup plus vuln�rables � la r�pression les opposants politiques, car les ordinateurs reli�s � Internet sont de vraies balises indiquant tr�s pr�cis�ment la position de leurs utilisateurs. Gr�ce � eux les autorit�s charg�es de r�primer les opposants disposent d’un tr�s bon moyen pour localiser les « menaces » contre la stabilit� du r�gime. En plus Internet est un outil id�al pour v�hiculer en quelques jours des virus et, surtout, des programmes-espions comme les chevaux de Troie, les vers... dans des milliers d’ordinateurs. Les programmes-espions permettent aux milices sp�cialis�es dans la r�pression de conna�tre le contenu d’un ordinateur en quelques minutes, ou de d�couvrir en moins de dix minutes toutes les pages web par lesquelles est pass� un internaute, au cours des derni�res semaines ou mois. Il faut admettre qu’� cause d’Internet, dans des milliers de cas, les autorit�s des pays qui sanctionnent les citoyens pour leur opinion n’ont pas eu besoin de passer des semaines ou des mois � enqu�ter pour avoir des preuves qui appuient leur r�pression, mais seulement quelques minutes. En d’autres termes, Internet renforce consid�rablement les capacit�s d’action des services de r�pression des dictateurs. Les fameux programmes pare-feu ne prot�gent pas forc�ment des programmes-espions, en effet les vers et les chevaux de Troie poss�dent plusieurs fonctions, ils servent � espionner mais aussi � neutraliser les pare-feu.

Dans les d�mocraties, Internet aide les partis politiques et certaines associations sp�cialis�es dans le d�veloppement des valeurs civiques, comme SOS racisme, � r�pandre plus facilement leurs id�es. Cependant Internet apporte aussi aux organisations combattant les id�aux d�mocratiques une vitrine visible par des dizaines de millions de personnes. A titre d’information le nombre de sites vantant le nazisme, le fascisme, etc., accessibles en France se chiffre en milliers.

En th�orie Internet apporterait aux petites entreprises la possibilit� de disposer d’un rayonnement international, comme les grandes entreprises, vu qu’un site Internet d’une boucherie chevaline de la Sarthe par exemple, peut �tre consult� par des Bavarois d’Allemagne, des Esquimaux du Groenland, etc. Le probl�me est que les moteurs de recherche, comme Yahoo, Voil�, Google... attribuent les places dans leur classement de sites selon le principe de l’ench�re. Comme les grandes entreprises disposent de capacit�s � surench�rir bien sup�rieures aux petites et aux moyennes entreprises, cela leur permet de disposer d’un acc�s tr�s privil�gi� sur les moteurs de recherche. Ainsi quand une personne fait une recherche sur Internet, dans le but d’acheter un objet (livre, v�tement...), sauf cas particulier, elle aura acc�s sur les dix premi�res pages du moteur de Lycos, Orange, etc. pr�sentant les r�sultats de la recherche, surtout � des sites Internet cr��s par des grandes entreprises. Certes il existe d’autres espaces publicitaires que les moteurs de recherche, un site sur les jeux vid�o peut faire de la publicit� pour une marque de lessive, mais cela n’emp�che pas les grandes entreprises de s’av�rer tr�s avantag�es par rapport aux petites et moyennes entreprises. Les milliards d’euros de tr�sorerie d’une multinationale lui permet de louer des milliers, voire des millions d’emplacements publicitaires num�riques sur les sites Internet. Leurs moyens financiers �normes et la tr�s grande importance qu’elles accordent � la publicit� (ces 20 derni�res ann�es, les 500 plus grandes multinationales ont d�pens� plus de 1000 milliards d’euros dans des campagnes publicitaires) font que les multinationales ont les moyens de monopoliser les espaces publicitaires num�riques les plus porteurs, et de ne laisser aux petites et aux moyennes entreprises que les espaces publicitaires les moins int�ressants, ceux qui sont situ�s sur des sites Internet visit�s par moins de 100 internautes par an par exemple.

En outre, il est vrai qu’Internet peut aider s�rieusement les entreprises dans la recherche d’informations juridiques, de partenariats int�ressants, etc. Mais comme des dizaines de milliers de soci�t�s profitent des possibilit�s du r�seau, affirmer qu’ Internet offre des avantages particuliers � une entreprise vis-�-vis de ses concurrents est franchement optimiste.

Ce texte ne remet pas en cause l’utilit� d’Internet, qui s’av�re une mine d’informations. Il a seulement pour but de d�mystifier Internet, de montrer qu’il ne favorise pas sp�cialement les �volutions politiques positives (gr�ce � Internet la police chinoise a pu durant les ann�es 2000 localiser puis arr�ter des dizaines de chefs de groupes d’opposants au r�gime communiste et leur faire conna�tre les camps de r��ducation, ce genre de lieu o� soit on devient fou soit on perd tout libre-arbitre, etc.). Internet ne g�n�re par un regain de civisme dans les d�mocraties. Sous-estimer l’impact n�gatif des tr�s nombreux sites vantant des id�es antid�mocratiques est une erreur, un chef charismatique attire plus que des parlementaires au cr�dit limit�.

Internet ne provoque pas de changements �conomiques majeurs. Pr�senter Internet comme un moyen d’aider les petites et les moyennes entreprises (PME) � rivaliser avec les multinationales et les conglom�rats est audacieux, vu que l’espace publicitaire dans le monde num�rique comme dans le monde r�el est domin� par la pr�sence des multinationales. Quant aux possibilit�s du r�seau Internet, elles ne sont pas un outil d’�volution tr�s efficace ; il est tr�s difficile pour une entreprise de se distinguer de la concurrence avec un outil utilis� par la majorit� de ses rivales.


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