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Accueil du site > Tribune Libre > Les Suisses, ces terriens qui ont l’air de venir de Mars

Les Suisses, ces terriens qui ont l’air de venir de Mars

L’histoire nous narre abondamment les exploits et les mérites à travers les âges de grands Rois, Empereurs, Généraux, Condottieri, Conquistadores, Hommes d’Etat, Révolutionnaires ou autres qui ont façonné le monde mais ne s’attarde pas à considérer la sagesse de certains peuples, ce qui est fort dommage.

Aujourd’hui je veux casser une lance en faveur de cette communauté de langues, religions, coutumes qu’est le peuple suisse.

Car, en plus d’une leçon permanente de l’art de vivre ensemble dans la Paix, il fait preuve souvent de bien plus de sagesse que les politiciens qui la gouvernent, ou qui veulent la gouverner.

Et dont ils rejettent les initiatives farfelues par cet instrument de vraie démocratie couramment utilisé, soit au niveau Fédéral que Cantonal, qui s’appelle le referendum.

Imaginez-vous un seul instant qu’un autre peuple que le suisse rejette dans un bel ensemble (au grand désespoir de Melenchon) la possibilité qui lui est offerte d’une période de vacances supplémentaires ou d’un revenu pour tous ?

Le suisse est un peuple de sage, mais ses dirigeants actuels sont ils vraiment à la hauteur ?

 

La réponse à cette question donne des résultats contradictoires. Car les politiciens suisses savent parfois prendre, avec un malin plaisir, des décisions fortes et imprévisibles quand on veut leur forcer la main.

A preuve, lorsque les suissesses ont réclamé à cor et à cri l’égalité de traitement avec les hommes vis-à-vis des conjoints étrangers (les épouses étrangères des suisses étaient naturalisées par le mariage, alors que les époux étrangers des suissesses pas), le législateur leur a donné raison en limitant les droits des hommes.

(Note : l’ancienne façon de faire n’était pas un acte de sexisme, n’en déplaise aux féministes. Le citoyen suisse n’a pas sur ses papiers d’identité un lieu de naissance, mais une commune d’origine qui est celle de ces ancêtres. En cas de nécessité (impécuniosité, maladie) sa prise en charge est effectuée uniquement par la commune d’origine même si le sujet n’y a jamais mis les pieds de sa vie, et ne parle pas la langue. Lors d’un mariage entre 2 citoyens suisses, l’épouse reçoit la citoyenneté de la commune de son époux et abandonne la sienne).

Et également quand l’UE a menacé la Suisse de sanctions estimant qu’elle faisait du dumping fiscal favorable aux entreprises étrangères, le législateur suisse, sans se laisser démonter, a aussitôt ramené le taux d’imposition des entreprises suisses à celui pratiqué envers les étrangères.

Deux victoires à la Pyrrhus des recourants (parler de 2 beaux bras d’honneur serait inconvenant).

 

Mais les politiciens suisses savent aussi feindre d’ignorer des problèmes d’un banal quotidien alors qu’il serait simple d’arranger les choses.

 

BNS

Soit la Banque Nationale Suisse (équivalente de la BCE en Europe). Ses dirigeants ont décidé à un moment donné de lier le franc suisse à l’euro (politique abandonnée depuis) : par cette mesure, à mes yeux funeste, ils ont abdiqué de la souveraineté nationale au profit de la BCE, à laquelle ils se sont volontairement inféodés. Et qui a coûté des milliards pour des résultats discutables.

Le franc suisse est à l’image de son économie et de son peuple : une monnaie forte. Et le restera aussi longtemps que son peuple restera fidèle à lui-même.

Donc il continuera à s’apprécier.

Comparaisons entre 1964 et l’entrée en vigueur de l’Euro

 01/01/1964  01/01/2001  difference 

Euro zone

100DM = 108.58 CHF  77.88 CHF -28% 

100FF = 88.04 CHF 23.21 CHF -74%

100LIT = 0.69 CHF 0,08 CHF -89%

100PES = 7.21 CHF 0.91 CHF -87%

Autres

100$ = 431.57 CHF 163.70 CHF -62%

100£ = 1206.82 CHF 244.06 CHF -79%

Comme on voit, si on exclut le DM, la parité entre les autres monnaies de l’euro zone n’a pas varié de beaucoup en 37 ans et reflète l’état de leurs économies.

Au premier janvier 2001, 100 euros valaient 152.31 CHF contre 112.87 ce 20 août 2017 où le dollar est à 96.14 et la livre anglaise est à 123.78

Mais un franc fort n’est pas ou ne devrait pas être pénalisant pour la Suisse, contrairement à ce que certains pensent. La conversion d’une monnaie à une autre c’est comme 2 unités de mesure, par exemple le pouce et le cm.

En principe donc on devrait trouver la même équivalence sur le prix de choses. Ce qui n’est pas le cas. Car le coût de la vie en Suisse est fort cher. Pourquoi ?

 

La cherté de la vie en Suisse

Le panier de la ménagère en Suisse, compte tenu du différentiel du taux de TVA, est de 50% plus couteux que dans les Pays limitrophes, soit par an environ 10 milliards de CHF plus cher, ou, si vous préférez, 1200 CHF par habitant.

Le coût du panier de la ménagère est dépendant de 2 facteurs : le protectionnisme sur les produits agricoles, et les cartels ou assimilés. Et en plus du panier, la politique de certaines taxes.

 

L’Agriculture

Le monde agricole est très aimé et apprécié en Suisse, où une très grande partie de la population vit à la campagne.

Autrefois les agriculteurs, bien que minoritaires, trustaient la quasi-totalité des mandats politiques et, bien entendu, ils ont su ne pas s’oublier. Cette suprématie politique a pris fin depuis. Mais le protectionnisme dont ils s'étaient entourés reste en vigueur.

Faut-il le maintenir ?

La réponse est franchement non. Voici pourquoi :

Dans la mesure où elles sont exactes, les statistiques fédérales indiquent un peu moins de 57000 fermes en Suisse pour un total d’un peu moins de 170'000 personnes, soit un peu plus de 2% de la population suisse. Cette donnée est conforme à la moyenne européenne. Un autre volet de la statistique montre que les agriculteurs produisent pour 10 milliards de francs suisses par an pour un prix de revient de … 10 milliards exactement !! Et que donc ils ne survivent que grâce aux subventions fédérales de 2.5 milliards. Et ce résultat est atteint après dirigisme, force contrôles, paperasserie et parfois vexations.

Si cela est vrai, c’est une situation absurde.

En premier lieu ça doit être frustrant de savoir qu’on travaille toute l’année pour rien et qu’on est dépendant des subventions comme un chômeur.

Une solution intelligente ce serait de leur augmenter fortement cette subvention (la Suisse en a les moyens) en leur imposant en contrepartie une certaine politique plus respectueuse de l’environnement (forte diminution des produits phosphatés par ex. ou autre, je ne suis pas un spécialiste) , au détriment d’une production effrénée. Et laisser tomber les contrôles et ce protectionnisme qui envoi le chaland suisse s’approvisionner de l’autre coté de la frontière.

 

Les cartels

Ca existe (lorsque je vois les prix de l’essence à la pompe de la Migros identique à celui des autres stations je suppose qu’il y a entente) mais ce ne sont pas les seuls responsables. Des fabricants étrangers créent des sociétés d’importation et distribuent leurs propres produits à des prix surfaits.

En Suisse on est partisan de la liberté de commerce et contre le contrôle de prix. A raison. Mais rien n’empêche les autorités suisses d’instituer un impôt et des sanctions vraiment dissuasives sur les superbénéfices en se basant non pas sur les factures d’achat figurant dans les comptabilités – qui peuvent être manipulés légalement à souhait – mais sur une analyse des prix et des marges réalisée dans les pays limitrophes.

Ce qui ramènerait à un peu de raison dans les prix de détail.

 

Taxes

Par sa politique incompréhensible de cherté des taxes sur les prix de carburants, la Suisse se prive d’une énorme recette fiscale et pénalise fortement sa population. En Luxembourg, où le prix de toutes les différentes qualités d’essence se situe en dessous d’1 euro le litre hors TVA, la vente aux étrangers – soit le tourisme à la pompe - représente le 90% de ses recettes. En Suisse, cet axe quasi incontournable du trafic Nord-Sud, pratiquement aucune des millions de voitures qui la traversent annuellement s’arrête pour faire le plein. Alors qu’autrefois, malgré la non existence des cartes de crédit (il fallait faire du change) les voitures traversant la Suisse faisaient régulièrement le plein à la frontière. A l’aller comme au retour. Et parfois même 2 fois – pour remplacer à bas prix le carburant utilisé pour traverser la Suisse. Et, évidemment, ça ne manquait pas d’acheter une plaque de chocolat, un couteau suisse ou simplement un café ou une boisson.

Des 1,25 million des trains routiers qui traversent la Suisse aucun ne s’arrête.

Or souvent ces engins ont des réservoirs supplémentaires leur permettant une autonomie aller-retour. Total du réservoir permis : 990l. Faites le calcul.

Sans parler des 340'000 frontaliers qui journellement vont en Suisse travailler. Et qui feraient au moins 1 plein par semaine (je dis au moins, car ils pourraient s’y rendre en alternance avec les voitures de leur entourage). Actuellement mêmes les suisses vont faire les courses et le plein hors des frontières.

Le législateur suisse s’auto punit en faisant supporter au peuple les nocivités d’une pollution aux particules générées par le trafic sans en tirer les bénéfices financiers auxquels il pourrait prétendre. 

Allez savoir pourquoi.

J’ai parlé du Luxembourg. Mais il y a eu également le cas contraire en Suisse.

Il y a une constante avec tous les gouvernements du monde, c’est l’utilisation de la règle de 3 à mauvais escient. A savoir : je vends 100 à 1 et je fais 100 francs, j’augmente le prix à 2 et je fais 200 francs. Calcul qui ne tient pas compte du marché.

Au début des années 70 le Conseil Fédéral (G-A Chevallaz aux finances) avait instauré une taxe, limitée à 15 ans, de 5 centimes de franc sur l’essence pour financer les autoroutes.

Cette taxe avait fait chuter drastiquement les ventes, et porté à la faillite des nombreuses stations services tessinoises frontalières avec l’Italie. Et en définitive le peuple suisse s’était financé les autoroutes tout seul.

Pour la petite histoire, et c’est là où on reconnait le sérieux suisse, ponctuellement après 15 ans la taxe des 5 centimes avait été supprimée. Et immédiatement remplacée par une de 7 centimes. Faut quand même pas pousser !

Autrefois quand on allait en Suisse on n’oubliait jamais de rapporter aux amis quelques paquets de cigarettes ou de cigarillos. Terminé ! Plus cher qu’en France.

Il y a un institut privé international présent également en Suisse qui s’appelle Nielsen, et qui est depuis plus d’un demi siècle spécialisé dans les études de marché.

Un appel à leurs services fournira au gouvernement une estimation très précise du retour économique auquel on peut s’attendre suite à une baisse substantielle de la taxe pétrole. Mais même si la baisse de la taxe se traduisait par des recettes stables, cette taxe serait partagée entre étrangers et suisses au bénéfice de tout le monde.

Les bistrots

En Suisse les faillites des cafés-restaurants, pizzeria ou autres sont quotidiennes, les fermetures aussitôt remplacées par d’autres ouvertures, même plus nombreuses.

Pourquoi ?

A cause de la politique aveugle des sociétés de cafetiers restaurateurs qui se gargarisent en prônant une marge brute de 70-80%. Mais, et tout directeur de discount vous le dira, ce qui compte n’est pas la marge mais le chiffre d’affaires. Qui ne suit pas. La marge peut être énorme, mais si son montant ne suffit pas à couvrir les frais vous plongez.

Un petit noir est vendu en Suisse entre 3 et 5 francs. Or son prix de revient n’a pas changé depuis plus de 50 ans, alors qu’il était vendu 60 centimes. Ce prix de revient est très exactement 22.1 centimes et tient compte de tous les ingrédients, amortissements, fonds de renouvellement, vue sur le lac et les Alpes et de l’âge du capitaine. Car en 50 ans les différents ingrédients ont subi des variations de prix qui se sont annulées. Avec un kilo de café on en fait 125, soit 3 centimes la tasse (en fait on en fait quelques un de plus, la portion de machines automatiques est de 7.5 grammes mais on compte 8 grammes).

Dans le plus abordable des bistrots, pour une assiette, une boisson normale et un café comptez au minimum 20 CHF, sans vraiment assouvir votre faim. Et sans toucher au vin.

En terre romande, le petit coup de blanc était plus qu’une tradition, une véritable religion.

Mais à 18-21 francs le pot de 3 dl c’est devenu un doux souvenir.

La dernière fois que j’étais à Lausanne j’ai déjeuné dans une brasserie de vieille réputation de la Place Ste-François, soit en plein centre-ville. Normalement le coup de blanc était à la fois l’apéritif et la boisson principale des plats tels que les filets de perche, la cervelle au beurre noir, la fondue et même la charcuterie.

Dans tout le restaurant, à midi, avec plus de 100 convives, à part moi il n’y avait qu’une autre table où on a servi du vin. Les restes : bières, minérales, thés.

On assiste en Suisse à une montée en flèche des MacDo parce que moins chers (et pourtant le MacDo suisse coûte 61% de plus que le français).

Mais les responsables du secteur des restos classiques préfèrent éviter l’analyse et regarder ailleurs.

 

Tourisme

Conséquence directe à ce qui est écrit plus haut, une baisse de prix dans l’hôtellerie, en rapport avec la réalité, serait la bienvenue.

Mais ce ne sera jamais le prix du car-tour roumain pour Venise.

Par ailleurs la Suisse est un petit Pays et il y a de plus en plus de millionnaires dans le monde qui peuvent s’y payer un séjour.

Import Export

Pour revenir au franc suisse : un franc fort facilite, et c’est compréhensible, les importations.

Mais pénalise les exportations bien évidemment.

Le gouvernement suisse ne peut pas donner des aides directes aux exportateurs, ce serait une subvention, interdite par la communauté internationale car cela fausserait la concurrence.

Mais tant que ça ne coûte pas un sou, directement ou indirectement, on peut aménager ou faciliter la vie de ces entreprises. Une suggestion : pourquoi ne pas le faire profiter seulement dans une certaine mesure (pour ne pas concurrencer les banques) des taux d’intérêt privilégiés (et pourquoi pas négatifs ?) auquel le gouvernement a accès ? Ce n’est pas une aide, ça ne coûte rien à la Confédération.

 

Conclusions

Ce qui précède ce n’est qu’un verbiage à bâtons rompus de l’auteur, qui ne se targue pas d’avoir la solution à tout. Juste pour lancer quelques réflexions qui pourront être contredites ou améliorées par les intervenants.

Je n’ai pas la science infuse non plus. Tout complément sera le bienvenu.

Merci à tous

 


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24 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 21 août 10:43

    L’historien politique suisse Olivier Meuwly raconte que les femmes des cantons d’Appenzell Rhodes-Extérieures et d’Appenzell Rhodes-Intérieures avaient le droit de s’exprimer sur les objets de votations de niveau fédéral, mais pas pour un projet de loi qui ne touchait que leur propre canton.

    Ce n’est qu’en 1989 et 1990 que les femmes de ces deux cantons ont pu voter sur les deux échelons de la vie politique suisse (fédéral et cantonal) après une décision judiciaire du tribunal fédéral suisse. Bel exemple de démocratie directe.


    • Ar zen Ar zen 21 août 13:53

      @Jeussey de Sourcesûre

      Cela concernait quelques milliers de personnes. Ces cantons primitifs avaient pris un peu de retard sur les autres nations, pour des raisons culturelles. Cette manière de voter, l’épée au côté, les femmes étaient donc exclues, était une forme de démocratie « primitive » qui n’existait nulle part dans le monde. 


      Le droit de vote des femmes dans notre grande patrie à la démocratie « représentative » date de quand ? Bel exemple de démocratie représentative la France.

    • Doume65 21 août 11:55

      « A cause de la politique aveugle des sociétés de cafetiers restaurateurs qui se gargarisent en prônant une marge brute de 70-80%. Mais, et tout directeur de discount vous le dira, ce qui compte n’est pas la marge mais le chiffre d’affaires »

      Ce fragment démontre une méconnaissance profonde du milieu CHR.
      Par exemple, un des premiers critères dans l’achat d’un bar, c’est le nombre de cafés vendus (on ne parle pas de celui qui est déclaré...). Petit dans le chiffre d’affaire (déclaré), ce critère est pourtant prépondérant dans la décision d’achat.


      • barbarossa 21 août 13:08

        @Doume65

        Ce fragment démontre une méconnaissance profonde du milieu CHR.

        Que je sache, ce n’est pas la société des Cafetiers-Hôteliers-Restaurateurs qui achète un bar. Ce dont vous parlez c’est un extrait des cours que le CHR donne aux candidats à la patente, pour la gestion. Et ce n’est que de la pure théorie. Quand à ma connaissance du milieu, il y a quelques années on me connaissait aussi bien à l’Ecole Hôtelière de Lausanne qu’à l’institut de Glion.
        bien à vous

      • Doume65 26 août 13:05

        @barbarossa
        « Que je sache, ce n’est pas la société des Cafetiers-Hôteliers-Restaurateurs qui achète un bar. »
        Ce deuxième fragment prouve définitivement la profonde méconnaissance du milieu CHR dont je parle. Le milieu CHR n’a rien à voir avec une quelconque société, c’est simplement l’ensemble du secteur regroupant les cafés, hôtels, restaurants.
        Bien le bonjour à Lausanne que j’imagine être une très jolie ville.


      • barbarossa 26 août 17:57

        @Doume65
        En Suisse il y a une telle société. C’est de cela que je parlais. Mon billet concerne la Suisse.


      • Zolko Zolko 21 août 12:47

        Ca commençait bien, mais ensuite ... vous semblez vouloir leur proposer des améliorations pour leur économie, mais franchement, ils vont très bien comme ils vont, non merci pour eux.


        • barbarossa 21 août 13:09

          @Zolko
          grande jalouse smiley 



        • Petit Lait 21 août 13:43

          ça commençait bien en effet, mais ensuite... qui êtes vous pour prétendre donner des leçons aux Suisses sur ce qu’ils devraient faire ? Commencez donc par expliquer au Français ce qui ne va pas chez eux, il y a largement plus de travail !


          • barbarossa 21 août 13:51

            @Petit Lait
            les bases économiques n’ont pas de frontière ... je ne donne pas de leçons à personne, j’émets des suggestions. Quant indiquer aux français ce qui ne vas pas chez eux, pour l’économie vous avez déjà lu mes billets sur la tva et l’accès à la propriété pour tous ...

            bien à vous 

          • baldis30 21 août 18:36

            bonjour,

            la Suisse n’a pas hésité à lancer ses hordes vertes largement imprégnées de convictions religieuses contre le nucléaire français à commencer par Superphénix.

             Mais tous les jours la Suisse importe de France toute l’électricité d’origine nucléaire qu’elle y fait fabriquer .. notamment en plein hiver ...

             De plus le mercure utilisé en Suisse pour divers traitements dont celui du papier est largement récupéré dans les fleuves qui arrosent la France ...

             A leur décharge rappelons que l’entreprise Sandoz, implantée dans un petit trou près de Bâle a nettoyé très correctement le Rhin par ses déversements.. Mieux que de l’eau de Javel ...

            Rappelons aussi que la Suisse par des forages intempestifs destinés à exploiter les roches chaudes de la vallée du Rhin a induit une séismicité anthropique certaine.

            Quant au chocolat suisse il y a de bien meilleures adresses à Turin par exemple chez Baratti et Milano (piazza del Castello) ou chez Stratta ( sur la place derrière la galerie) ou à Lyon chez Bernachon ...


            • barbarossa 21 août 19:41

              @baldis30
              c’est toujours le problème avec les verts, ils profitent largement de tout puis ils font semblant de culpabiliser .. ou culpabilisent les autres ...

              Rappelons que les verts (Grüne) c’est un parti créé par la STASI (RDA) pour emm..der la RFA (et elle y a réussi au delà de tout espoir), parti qui s’est répandu ensuite en France via l’Alsace (Antoine Wechter) puis a essaimé en Europe.
              C’est à cet encadrement du départ et aux techniques de communications transmises qu’il arrive encore à faire parler de lui malgré un nombre d’adeptes plus que confidentiel. 

              Pour ce qui est du nucléaire, mieux que ça : la Suisse et l’Allemagne sont des actionnaires de l’usine de Fessenheim, et ils en réclament la fermeture immédiate : en ce cas elles seront indemnisée par la France. Ce n’est pas beau l’écologie ?

              Les pires sont les italiens : les verts ne veulent absolument pas du nucléaire mais ce sont les premiers importateurs.

              Partiellement vrai pour le mercure - vallée du Rhône (on l’a découvert 20 ans après, un peu comme l’amiante en France) mais les stations d’épurations en Suisse, très performantes, datent d’au moins 40 ans.
              Pour le séisme ce n’est pas vrai, c’était en grande partie naturel et il est prouvé que les forages sont sûrs.
              Les chocolatiers suisses, parlons-en : Suchard était français et Nestlé allemand ... là ce sont des chocolatiers industriels et vous parlez de chocolatiers artisanaux ; la Belgique a aussi de très bons chocolatiers.
               Et les plus grands marchands de cacao sont les Hollandais.

              sympa de discuter avec vous.

            • baldis30 22 août 23:02

              @barbarossa
              bonsoir,

              bien d’accord avec vos propos et notamment sur Fessenheim ... 

              Pour les italiens et l’aspect nucléaire je serais un peu réservé ... c’est un pays secoué ... et bien secoué comme on vient de le voir encore à Ischia ...certes les accélérations constatées ne sont pas incompatibles avec des techniques de construction ... pour ce cas ... En fait l’Italie ne possède que peu de terrains qui ne soient pas soumis à la dynamique interne du globe la plus violente (séisme et volcanisme ) ... exception peut-être de la zone de Livourne ... et de la Sardaigne .. mais c’est une île éloignée de la côte !

               En ce qui concerne la séismicité du rift rhénan elle existe .. mais aller en plus l’exciter avec des injections d’eau alors qu’on a des exemples dans la littérature ( dont Denver) , il fallait le faire ... !

              Et actuellement c’est aussi ce qui se passe journellement dans le Kansas et l’Oklahoma ( disons sur une aire comprise entre Wichita au Nord et Oklahoma-city au sud ) avec les injections pour l’extraction du gaz de schiste .... Et je pourrais aller bien plus loin avec d’autres cas ...

               nota : rift rhénan reconnu de Cologne à Valence ( Espagne) avec des doutes de prolongement plus au Sud ... bien visible en France....


            • JP94 21 août 18:36

              Si on parle de Suisse, et qu’on veut en savoir plus ... il y a le fameux bouquin de Jean Ziegler : Une Suisse au-dessus de tout soupçon ( Seuil).


              On verra que c’est bien gentil de donner des conseils aux Suisses, ou de refuser qu’on « leur » en donne... apparemment certains Suisses ont déjà trouver pas mal de choses qui n’y vont pas... mais la Démocratie suisse permet-elle vraiment de changer ce qui ne va pas en Suisse ? 

              Un Suisse parlait aussi du coup exorbitant de la Santé en Suisse. Pas de Sécu ( bien mise à mal ici).
              C’est un pays inégalitaire, derrière ses aspects de votation qui font illusion. 

              On ne peut faire abstraction du système bancaire qui a changé beaucoup de choses, car auparavant, la Suisse était très pauvre , donc en soi, est-elle un Etat viable sans ce régime bancaire ( une sorte de manne pétrolière ,mais d’or blanc où la main est gantée de velours ...)

              Je me rappelle quelques épisodes douaniers et policiers parfois cocasses, parfois révoltants comme celui-ci une famille de médecins malgaches, donc Noirs - là est le hic - bloqués une journée à la frontière avec un nourrisson et l’interdiction par les douaniers de simplement avoir de l’eau pour le nourrisson. Une garde à vue, comme ça, à la tête du client. Ces médecins travaillaient en France à 10 km de la frontière et voulaient simplement montrer le pays voisin aux parents en visite...
              A présent ils ont plein de sous et seraient certainement bien mieux accueillis dans ce pays...

              • barbarossa 21 août 20:08

                @JP94

                Non, les votations en Suisse ne font pas illusion ... même s’il est arrivé que le gouvernement suisse triche un peu. Mais rarement.
                Lorsque le peuple suisse a dit non à l’Europe, à Berne, siège du gouvernement, on a continué à œuvrer pour rendre les lois suisses euro-compatibles. 

                C’est vrai que les assurances sur la santé en Suisse sont hors de prix et à la tête du client. Avec des franchises astronomiques.
                 Pour une assurance basique comptez CHF 650,00 par mois si vous n’avez pas de précédents. Mais ça peut facilement doubler.

                La Suisse n’est pas gangrenée (au moins elle ne le semble pas) par la corruption. N’empêche que, comme partout, les prix des marchés publics grimpent aux étoiles.
                 Et le gaspillage est là. Il suffit de se promener à travers les couloirs des bâtiments publics, poste, chemin de fer, hôpitaux pour tomber sur des cartons de matériel informatique jamais déballé, et qui partira bientôt à la poubelle, non pas parce qu’il est périmé, mais parce qu’on a demandé et obtenu un crédit pour le renouvellement.
                Dans les années 90 j’ai eu en main les comptes du CHUV (Centre hospitalier universitaire vaudois - Lausanne). Le prix hôtelier (donc sans les soins et services relatifs) de revient d’un lit de salle commune - genre chambrée de caserne militaire - était de CHF 500 (€450) par jour.
                 Alors qu’à la même époque je payais pour une spacieuse chambre individuelle au Lausanne Palace dans les CHF 300. Et si au milieu de la nuit j’étais pris par une petite fringale on ne me répondait pas que la cuisine était fermée.



              • JP94 21 août 22:44

                @barbarossa
                Si je comprends bien en Suisse on est mieux soigné à l’hôtel qu’au CHU !! j’imagine que même le menu est meilleur ....


                Ce que je veux dire au sujet de la votation, c’est que, certes l’issue doit en être mieux respectée que par exemple le NON au référendum de 2005 - et heureusement, !- mais que la votation , pas plus que le vote ici, ne changera le système. L’argent garde tout son poids de pouvoir.

                Pour la question de l’Europe, mais même les pays voisins de la Suisse ne souhaitent nullement voir disparaître ce paradis bancaire , autrement dit ce qu’ils nous interdisent ici , à savoir exister en dehors de l’UE, ils le souhaitent en Suisse, non pas dans l’intérêt des Suisses, mais dans leur intérêt - pas celui naturellement de la Nation ...

                En ce sens la votation, qu’on nous présente comme le nec plus ultra de la Démocratie ici, fait illusion et puis le pays n’a pas la même taille ..La votation permettrait-elle un système de Santé public gratuit ? ( ce n’est pas l’argent qui manque dans ce pays ) ... apparemment non, et il faut analyser pourquoi.
                ( je vous remercie des chiffres que vous donnez.

                Il y a quelques années, j’étais assesseur lors d’une élection, peut-être les Législatives. A un moment passe un électeur avec un ami Suisse, bien sympathique ( pas un banquier) et qui observe notre élection puis discute avec nous et nous parle des élections en Suisse, notamment des Municipales. Et effectivement, le système qu’il décrivait avait un caractère démocratique, nous semblait-il à nous Français , avec un système de rotation des pouvoirs ( si j’ai bien compris)..
                C’est très intéressant d’échanger ainsi , nous n’imaginions pas un tel système et il est incroyable de méconnaître autant un pays si voisin ..
                Je pense même que dans un cours d’Instruction Civique, une étude comparative des modes électoraux serait très formatrice ( là c’est plutôt du formatage à « c’est nous la Démocratie, et on ne discute pas cette idée dans les rangs »)

              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 21 août 23:18
                @JP94

                « Si on parle de Suisse, et qu’on veut en savoir plus ... il y a le fameux bouquin de Jean Ziegler : Une Suisse au-dessus de tout soupçon ( Seuil). »

                En savoir plus ??? Ce bouquin est tout sauf une référence, il sent vraiment le ranci, tout comme son auteur d’ailleurs !

              • JP94 21 août 23:37

                Ah ? ah ? auriez-vous quelques économies subrepticement placées dans un coffre numéroté à Genève ? 

                et à propos de ranci, c’est votre photo de première communion ? 

              • Petit Lait 22 août 09:47

                @JP94
                Soit c’est un coffre, soit c’est un compte numéroté, qui n’existe d’ailleurs plus depuis des lustres...

                Sinon, oui, Ziegler a sans doute le mérite de secouer un peu le cocotier, mais comme souvent les extrèmes-gauchistes, il est quand même de très très mauvaise foi.... sans compter qu’il crache bien dans la soupe, après s’en être largement servi... 
                Vous avez Mélanchon, nous on a Zigler... c’est un peu pareil, le fond est inexistant, par contre, ça gueule pour la forme.... 

              • barbarossa 22 août 10:02

                @JP94

                « j’imagine que même le menu est meilleur .... »

                Vous portez atteinte à ces deux incontournables monuments internationaux de la haute gastronomie hospitalière que sont la compote de pomme et la purée de pomme de terre !!! smiley 

                « L’argent garde tout son poids de pouvoir. »
                Personne ne travaille ou se bat pour la seule gloire. Sexe, argent et pouvoir ce sont 3 mots interchangeables, (la sacro-sainte trinité en quelque sorte). 

                quant à Ziegler .... mais je m’interdis d’être grossier.

              • barbarossa 22 août 18:22

                @Petit Lait


                « Vous avez Mélanchon... »

                Et M.Hulot. Dont on aime que les vacances smiley 

              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 22 août 22:25
                @JP94

                Ah décidemment, les clichés ont la vie dure en France, surtout lorsqu’ils sont servis par des gens tels que Jean Ziegler, accueilli en héros sur les plateaux des chaînes hexagonales où l’on adore les clichés éculés qui entretiennent les mythes, surtout lorsqu’on parle d’argent, et qui fonctionnent à l’audimat. Malheureusement pour vous, Jean Ziegler n’a aucune crédibilité en Suisse où l’homme a été démasqué depuis longtemps, tant sa mauvaise foi et son absence de rigueur intellectuelle sont grands. Pour votre information, Jean Ziegler est devenu un peu sénile et je ne suis même pas sûr qu’il vous reconnaitrait sur la photo qui vous sert d’avatar ...


              • Petit Lait 22 août 10:01

                L’auteur oublie une ou deux petites choses : le prix du serveur qui va lui amener son café est d’environ EUR 4’000/mois, voilà qui explique en partie le prix élevé du café et du reste... Le coût de l’assurance maladie, certes très cher, ne fait que refléter le coût des soins. Ce coût est énorme, pourquoi ? A cause du prix de l’infirmière et du médecin bien sûr, des gaspillages qu’il mentionne (je me suis déjà fait exactement la même réflexion sur le prix d’une nuit dans un palas et une à l’hôpital... ) et aussi à cause de la qualité des soins prodigués et des installations. Notre système de santé est cher, mais il est au top.... ça se paie. Et je ne crois pas que les assurés suisses soient prêts à voir cette qualité de soins remise en question... 




                • barbarossa 22 août 11:03

                  @Petit Lait

                  non justement je n’oublie rien ... et le coût du serveur est compris dans le 22.1 centimes de prix de revient. (3 cts de café plus tout le reste. soit 7 fois et des broutilles de plus)

                  Lorsque le café coûtait 0.60 ct le serveur gagnait environ 1500 CHF par mois (il avait un petit fixe autour de 300 CHF mais il se faisait de bonnes-mains de 20% sur sa caisse - moins dans un restaurant et plus dans des bars à cafés ; cotisations et fisc prenaient 10% de référence) Mais il y avait des barmans et des serveurs qui se faisaient dans les 3500-4000 CHF, alors qu’un directeur d’une agence bancaire gagnait 2000 CHF. (quand par exemple le café est passé à 0.80 ct. on laissait 1 CHF, soit une bonne-main de 25%).

                  Si on rapporte les 0.60 centimes aux 3 francs (minimum et rare) le serveur devrait gagner 7500 CHF.

                  Quant au prix de la santé je n’ai jamais compris l’explosion soudaine des coûts. Dans les années 60, lorsque j’ai fait des études en Suisse, j’’étais affilié à une caisse (La Chrétienne Sociale) pour une cotisation de 22 CHF par mois. L’argument de toutes les caisses maladie à l’époque était : « les cotisations dépendent de l’âge d’entrée. et vous garderez toujours le même taux ».
                  Et le tube de vaseline n’a jamais été remboursé.
                  J’ai une très grande estime pour tous les médecins et personnel de santé du monde car ils font un métier que je ne pourrais jamais faire : coutoyer au quotidien la souffrance et la mort sont très au dessus de mes forces. Et ça se paie aussi et méritent leurs salaires et leurs honoraires.

                  Mais il y a les coûts annexes qui se justifient beaucoup moins. Voire pas du tout.

                  2 exemples :
                  A l’époque en Suisse j’avais une petite amie qui était dentiste (cursus : 1er et deuxième propé de médecine, 3 ans de mécanique dentaire dans une école genevoise). Examens réussis, elle a eu, pour monter son cabinet, un prêt à taux 0 de 300’000 CHF - une véritable fortune à l’époque - remboursable sur 5 ans et concédé par une association professionnelle de fournisseurs de matériel et consommables dentaires avec pour seule condition l’obligation morale de se fournir chez eux.
                  Pendant cette période j’ai eu le loisir de consulter sa compta. Elle pratiquait les mêmes tarifs que tous ses confrères. Lorsqu’elle devait poser une prothèse, elle en confiait la confection à un atelier de mécaniciens-dentistes. Coût : 25 à 40 CHF. Prix au client : 800 CHF. Et les frais dentaires n’ont pratiquement jamais été remboursés en Suisse.

                  En France : il y a quelques années on m’a découvert une hépatite C, contractée lors d’une transfusion que j’avais subi lorsqu’on ignorait même l’existence de cette pathologie.
                  Coût total des médicaments à charge de la sécu (6 mois de traitement) : €50’000. 
                  Par curiosité j’avais calculé le coût du principe actif : 1.250 milliard le litre. 
                  Prix de revient du traitement des labos : €250. 

                  voilà ....

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