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Maripasoula en Amazonia

… Je pensais être de Fer… Et ne suis que de Faire !

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60 jours dans un collège d’Amazonie – Comme professeur d’anglais et d’espagnol - Gran Man Difou - Mari-Pasoula – Guyane - 2012

  1. – Le recrutement

Il se trouve que j’ai comparé avec 3 autres de mes collègues contractuels les modalités et les moyens de recrutement par le rectorat.Ce sont à peu de choses près des copiés collés.

Nos dossiers sont parvenus au mois du juillet ou début aout 2012 au rectorat de Guyane, nous avons reçus un accusé de réception, puis… Plus rien jusqu’à la mi-septembre. Tous ! Avons envoyé des mails afin de savoir ce qu’il se passait, mais sans réponse.Enfin, un message nous a fait savoir que « nous n’étions pas enregistrés », ou que le rectorat ne « possédait pas de dossier à nos noms », ou, que « l’inspecteur académique de notre matière n’avait toujours pas statué ». Nous avons envoyé encore nos dossiers complets… Enfin, on nous a fait savoir que tous les postes étaient pris, mais qu’il restait des postes à pouvoir à Maripasoula, Papaï-Chton ou autres villages d’Amazonie sur le fleuve… Où personne ne veut aller !

Comme déjà nous avions attendu à Cayenne et dépensé beaucoup d’argent, chacun d’entre nous sans trop y réfléchir acceptait les postes.

Personnellement, je suis venu au rectorat pour collecter des informations sur cette affectation, mais personne ne voulu me recevoir, j’ai téléphoné ; Une personne me dit qu’il n’y avait aucun problème à Maripasoula concernant le logement, les vols aériens, et surtout les modes de communication, particulièrement l’Internet. J’ai bien demandé si le collège avait Internet, car c’était le seul moyen d’être en contact avec ma famille. Il est évident que si j’avais connu ce qu’il allait m’arriver, 2 mois sans Internet, sans fax, sans téléphone…Je ne serais jamais parti à Maripasoula.

  1. – L’arrivée

Monsieur le Principal vint me chercher à l’aéroport, pendant le trajet il me parla surtout de l’Internat « d’excellence »… Qui en fait s‘avère décrépie, où les vélos et les ordinateurs ont disparus/volés et les élèves vivent comme ils peuvent… Puis, me laissa entre les mains de Madame Montooth et ses « explications » bien à elle.(Apparemment le rite est bien rodé, car, c’est aussi l’accueil d’autres de mes collègues, presque mot à mot)

Je fus chanceux de trouver le jour de mon arrivé à louer une petite maison, vide de tout, sans rien ; Même pas une étagère, une assiette, mais je fus chanceux comparé à mes autres « Co-légionnaires » qui eux pendant 1 ou 2 semaines se retrouvèrent dans le « confort » crasseux et spartiate du bâtiment de l’internat d’excellence des garçons.

J’arrivais un mercredi 3 octobre, et dès le lendemain, avec ce jour là 5 heures de cours, j’étais jeté dans l’arène…

Mon 1er cours fut suivi par une classe de 6 ème FLS, personne ne pris la peine de ce que voulait dire ce « FLS » : (Français en langue seconde) ; Des élèves français, comprenant avec difficulté la langue française, ne l’écrivant pas et ne la lisant pas… Et moi donnant un cours d’anglais…Ce premier cours est symbolique de tout ce qui allait suivre.« Marcher sur la tête  »

  1. – Vie au collège
  2. La course du canard à la tête coupée.

Comme nous n’avons pas de salle de classe définie, nous devons courir d’une heure à l’autre d’un bâtiment à l’autre sous de grandes distances et sous un soleil de plomb ou sous des trombes d’eau selon la saison. Personnellement et jusqu’à ma démission début décembre, soit 2 mois - j’ai toujours rencontré des problèmes d’assignation de mes salles de classe, en plein soleil, 40° sans ventilateur. J’arrivais à l’heure, mais la salle était prise, je devais retourner au bureau de la principale adjoint suivit de mes 25 ou 30 élèves pour demander une autre destination… (Ce qui est une de des responsabilités de cette dame) Cela pendant deux mois, et des dizaines de fois car, avec mes classes de + de 30 élèves, le collège ne peut les loger ; et la dame adjointe y perdait son latin… Souvent, j’avais des élèves assis par terre…Alors, organiser une discipline ? J’avais 1 classe de 3ème de 7 élèves en espagnol et une autre de 32 élèves de 3ème en espagnol en même niveau… Du n’importe quoi !

  1. – La vie dans les classes sur…

Il serait bien que les néo-arrivants, professeurs soient avertis de ceux qu’ils vont rencontrer… Deux publics. Des enfants Aluku et des enfants Amérindiens. SI différents 

Une seule heure d’information aiderait à ne pas dès le départ se « griller » par des erreurs grossières telles que j’ai pu en commettre. Là, je vais parler de mon expérience personnelle.

Les enfants Aluku très exubérants, très bruyants, très « vivants » et attachants… Mais si le professeur parle en haussant la voix, dès qu’ils se sentent accusés ou pointés du doigt baissent la tête et il devient impossible d’obtenir un seul mot. Devant vous un bloc silencieux qui ne parlera pas et ne réagira pas. Rien ! Venant d’un poste en métropole, d’une ZEP de Marseille, ce comportement me parut irrespectueux et provocateur, car, ne pas répondre à une question aussi simple que « as-tu entendu ce que je te dis ? » et ne rien obtenir eu pour conséquence le début de situations conflictuelles qui aboutirent par des incompréhensions mutuelles ; qui... L’élève se sentant agresser par son professeur et le professeur agressé par un élève irrespectueux… Quant aux élèves Amérindiens ; Eux furent source de surprises… Aucun soucis de disciple mais plutôt un comportement de grande soumission en apparence : parler d’une voix inaudible, ne pas regarder son professeur dans les yeux, mettre sa main devant sa bouche lorsque l’on parle… En classe de langue vivante… Ayant eu la chance d’enseigner en Thaïlande, assez rapidement je retrouvais ce que j’avais vécu 10 ans avant. Y aller doucement, ne pas brusquer et me faire accepter. Je crois que j’y suis arrivé avec ceux-ci. Mais ai échoué avec l’autre groupe par ignorance.

  1. Mes « chers » Collègues d’une autre planète

Ce collège est ce que j’ai vu de pire en ce qui concerne la non- interrelation entre personnes pratiquants le même métier. Chacun pour soi – chez soi ! Vraiment une ambiance délétère, VRAIMENT !

Ya en minorité et c’est unique les « titulaires », ces « Maréchaux » à sceptre suffisant.

Ya les « vieux de la vieille » là depuis des lustres qui savent « nager » à contre- tous courants.

Ya ces supers malins, qui sans avoir fait aucune étude, se retrouvent propulsés à des postes et des salaires jamais rêvés dans le « vrai monde ».

Ya les « djeunes » qui viennent ici et c’est bien, vivre une expérience de vie et « d’aventure ».

Ya, et ils sont très nombreux ceux qui ont un penchant pour le « destroy » La bouteille et la fumette et qui peuvent s’enivrer/s’éclater presque chaque jour sans aucune différence sur les résultats de leur vie professionnelle, et le top du top conduire leur véhicule bourré comme des coings sans aucune perte de point sur le permis. Cette catégorie inclus toutes celles susnommées…

Ya, encore les plus malins que les plus malins qui tout en étant professeur montent des business d’épicier, location de maison, élevage de poulets… GREAT !!! Orpailleurs

  1. « L’Indirection » des 4 giratoires

Ce collège est dirigé par un « Shiva » à plusieurs têtes, à plusieurs queues : Le principal, Barbin qui serre les mains le matin en demandant et espérant entendre « Tout va bien ! » ; Son adjoint Bergson qui parle sec, mais qui a du mal à organiser ; les CPE, qui ménagent la chèvre, le choux et la prairie où tout cela se passe ; les « surveillants, surveillantes » une grande famille qui, si proches des élèves ne peut sévir, et le personnel du collège dépendant complètement des décisions de la direction qui elle-même dépend de la bonne entente de la base… Ce collège devrait s’appeler Gran Man Ubu Difou.

C’est surtout numéro 1 et numéro 2 qui sont intéressant. C’est comme au commissariat lorsqu’en garde à vue, « cuisinez », vous avez le « gentil » et le « méchant »… Douche Ecossaise, salée…

Le 2eme jour de ma modeste présence, au matin à 7heurs 45, des habitants, des élèves ? Avaient déversés devant les grilles coulissantes de l’entrée du collège des poubelles, des détritus éparses, des bouteilles cassées pleines de tessons, et avaient peinturluré d’excréments les poignées des portes et grilles de l’entrée… Monsieur Barbin avait beau demander à son personnel d’entretien de nettoyer et laver ; aucun ne bougeait. C’est seulement le jeune homme rasta des photocopies, qui d’ailleurs est le seul à bien faire son travail qui accepta de laver les souillures… Les autres regardaient sans bouger… Et ils ne bougent pas beaucoup ; Ces « autres » de manière générale…

Ce matin là, je comprenais combien mon « patron », grand buveur de vin rouge dominait la situation… J’étais là depuis 2 jours. Cette situation s’est répétée 4 fois en 2 mois ! Un succès !

Avoir un « patron » qui ne veut entendre que : « tout va bien » ; son adjoint qui veut s’imposer que par un langage sec, humiliant et contre-productif ; et cette petite garde prétorienne de profs fayots qui pour diverses raisons sont ses garants, ses « observateurs » un peu mouchards, ses « tampons » contre cette piétaille de contractuels indisciplinée, grande gueule qui ne veut accepter ce refrain « à Maripasoula, tout va bien !!! », Sans aucun problème : « Des enfants si agréables ! » et puis…C’est ce que le rectorat veut entendre ? Et le ministère aussi ? Ah ! Ce monde éducatif si beau… De MENSONGES !!!

Je me souviens qu’un élève en me croisant hors du collège et accompagné de son frère ainé et de son père m’insultât de « sale enculé de zeter  » La seule conséquence fut que l’adjointe, Madame Bergson m’envoya ce mot rédigé ainsi : « les problèmes extérieurs au collège ne relèvent pas de notre autorité  »… Je m’inquiète lorsque Madame Bergson sera nommée principale ; De par son manque de discernement.

  1. Une CPE des 6èmes absolument « Incroyable »

Madame Montooth, avec qui j’ai dû composer pendant deux mois : signalée depuis des années comme étant déséquilibrée mentale. Mais toujours fidèle au poste ; invirable car personnel en titre de l’éducation nationale malgré les tentatives du Gran Man Barbin…

Je fus le témoin d’une scène dans le bureau de cette femme avec comme victime un de mes élèves de 6ème C : Lama Benisie qui se fit insulter « d’enfoiré » ; Madame Montooth était assise derrière sont bureau, elle avait mis très fort de la musique rock sur son ordinateur, les stores de son bureau étaient tirés, tout était sombre presque « gothique » sous sa frange de cheveux teint en noir corbeau elle éructait ! Le pauvre Lama, pleurait, et elle criait « t’es une merde ! T‘es une merde d’enfoiré ! Qu’ajouter suite à de telles méthodes éducatives ?

  1. – La vie hors du collège

Là, je dois dire que cela vient de ma considération personnelle de ce que dois être « ma vie ».

Par culture, j’ai toujours très bien divisé ce qu’est ma vie professionnelle et ma vie privée. Sauf, qu’à Maripasoula cela est impossible ! Sans arrêt croiser ces collègues du collège et parler des soucis de travail du collège ; des habitants qui eux aussi dépendent de l’économie du collège… LE COLLEGE !!! 

Je n’étais pas préparé à ça. Vivre, manger, dormir avec mon travail. D’autant que la majorité de la population Aluku dépend de notre présence à nous ; les « Métros ». Ce sentiment réel de se faire sans arrêt racketter, plumer par des gens se balançant dans un hamac et pratiquant des prix hors norme, par des loyers « parisiens » non déclarés, par le fait de ne pouvoir acheter un deux roues sans se le faire voler et ne pouvoir rien dire. Je me souviens d’avoir demandé à un parent d’élève de me raccompagner (1 km) et d’avoir à payer 5 euros… Rien n’est gratuit, alors que nous prenons soin de leurs enfants…

C’est certainement le seul endroit au monde où les noirs roulent en 4x4 et les blancs cheminent à pied sous la cagna.

Le plus drôle c’est que nous les professeurs allons payer des impôts sur nos revenus, alors, que la population locale à qui nous payons des loyers, des achats d’aliments ne paiera rien, car tout est au « black »… Drôle ne trouvez vous pas ?

Des maisons furent construites sur un contrat HLM et furent vendues aux habitants, qui, étaient supposés vivre sous ces toits… Aujourd’hui, elles sont louées à des 600 euros par mois aux « métros » par ces « propriétaires ». L’or, l’OR a amoindri ce qui faisait les Aluku ! Le RSA aussi. J’aurais voulu apprendre d’eux !

Et puis, cette solitude de vie culturelle, sentimentale, sexuelle et surtout cet alcoolisme rampant qui touche presque tout à chacun. Voir à chaque sortie des personnes que j’apprécie, saoul de bière, de whisky ; ces couples qui titubent et se séparent. Maripasoula à le syndrome de l’assommoir. L’abrutissement Zola.

1) – Tout n’est pas si mal…

Je cite G. « Je suis venu ici il y a longtemps, car j’ai le sentiment d’avoir pu réaliser tout ce que je voulais, tout ce qui est possible. Construire un monde avec en son sein mes aspirations pour la liberté de circuler en des terres vierges de loi, le fleuve, la forêt ; savoir chasser et pêcher pour me nourrir, ne pas être emmerder par des règlements impossibles, construire ma maison, très belle et me réaliser. Etre un homme entier, ma famille !

Merci G. Cher ami ; Je suis heureux de t’avoir croisé, tu m’as apporté.

2) – Concluzion

Bien !

Je n’ai pas l’impression d’avoir été le mec le plus intelligent, j’ai accepté un contrat qui ne convenait pas ; j’ai subit à cause de mon âge, de mon manque de souplesse et mes limites le rejet « Maripasoula ». Le syndrome de ceux qui ne peuvent s‘adapter. Pourtant à ma décharge j’ai vraiment essayé, très « hard » ; j’aurais vraiment aimé-aimer… Apprendre l’artisanat des Aluku sur le bois, la langue qui pour moi est de racine Engloise… J’aurais aimé aimer le fleuve jaune… J’aurais aimé pouvoir… Et je n’ais.

Alors, je vous présente toutes mes plus plates excuses mes amis pour vous avoir saoulé de mes « je ne sais pas comment vous pouvez vivre là ! » Sorry from the deepest of my heart !!!

Le rectorat devrait arrêter de « gérer » les contractuels comme une « masse » sans âme de « viande » de povres cons venant. Oui ! Sur 500 nouveaux contractuels. Ils savent bien que 10% vont péter un câble, vont partir, vont donner leur démission… Et un très petit nombre qui comme moi vont « foutre le Bazard-bordel », comme aller dans vos murs bunker, vous défier, gueuler…Alerter le plus haut ! Ecrire dans les médias.

Je voudrais dire au Rectorat de ne pas envoyer comme ça au « feu » des personnels absolument pas préparés à ce qui va arriver : Une chaleur d’enfer ; Des élèves très difficiles à gérer - du à leur histoire culturelle et familiale. Ya plein d’incestes et plein d’abus de petites enceintes dès 13 ans. Un contexte presque impossible de par les difficultés à se nourrir correctement, à se loger, à communiquer, à vivre, se déplacer, à accepter une société sans pitié, de survie ; une vie sans but ; Un fleuve trop bas… Trop haut. Accompagné de moustiques plein de Dengue, de Palu, de grattages, de trucs allergiques qui démangent, de chiasses et d’intestins en berne… De toux, et de raies qui piquent ??? Et la moustiquaire au dessus de l’âme.

Le rectorat sait cela depuis très longtemps…Tout cela comme moi, Pour ceux qui ne font que passer !

Adieu Maripasoula, j’ai appris une chose : J’ai pris un coup de vieux salutaire. A chaque moment de sa vie il faut réaliser les choses de « son » instantané ; Nous ne sommes là que pour un instant très bref, vif ! Alors vivons à fond sans bousculer le doigt qui montre la Lune…

… Merci à vous mes amis (es)

Yours sincerely,

George L. Zeter/décembre 2012

J’ai voulu être un Chêne, et je ne suis qu’un gland

(Pierre Dac) 


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24 réactions à cet article    


  • jymb 10 décembre 2012 13:11

    « L’élève se sentant agresser par son prof... »
    Effectivement le niveau scolaire est limite ...

    Sorti de la plaisanterie facile, cela semble aussi folichon qu’à Mayotte.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 décembre 2012 13:18

      Il y aurait de quoi faire un bouquin .....
      Certains des portaits me rappellent des perconnels de l’EN ou d’autres administrations balancés au fin fond de la Polynésie ...


      • Camille69 Camille69 10 décembre 2012 14:07

        faut être fou pour aller dans ses endroits reculés isolés comme Maripasoula, Saint-Élie,
        Saül quand on sait que c’est par avions ou pirogue qu’on y va, bon maripasoula il doit y avoir une piste en latérite qui la relie a saint-laurent mais par temps de pluie c’est impraticable.

        tu touches un peu aux réalités des départements outre-mers ou la vie est cher et ou on manque de tout .

        quand on manifeste parce que la vie est trop cher qu’il faut qu’on baisse les prix sur les produits alimentaires sur l’essence ect..
        ce que les gens nous sortent c’est que nous sommes des racistes anti-blancs.

        en Guyane on lance soyouz et ariane mais par rapport aux autres départements la guyane est loin derrière pour tout. a part si tu aimes les arbres et les petits animaux.
        pour le touriste ou quelqu’un qui débarque comme ça, ya rien, il se démerde tout seul.


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 décembre 2012 17:47

          Je cherchais ou j’avais senti cette ambiance coloniale années 30 ,vous avez trouvé ...
          Merci le Suisse .


        • Abou Antoun Abou Antoun 10 décembre 2012 21:15

          Bonjour l’auteur,
          J’ai fait l’expérience de la Guyane mais pas de Maripasoula. Cependant dans ce que vous écrivez rien ne me surprend, rien ne m’étonne.
          En fait la Guyane c’est la France décomplexée, comme au temps des colonies. A Cayenne, à Kourou il reste un semblant de normalité, en remontant les fleuves on s’écarte des standards, tout petit élu, tout petit fonctionnaire devient un ’seigneur de la guerre’. Tout ce bordel est supporté, entretenu, pour ne pas dire voulu par la puissance ’coloniale’ (j’hésite ici à employer ce mot car les ’locaux’ sont des citoyens français à part entière bénéficiant dans cet environnement (ici Amérique du Sud, ici Océan indien, ici Pacifique) d’un traitement de faveur lié à l’efficacité du couple allocs+sécu. La corruption généralisée, des esprits et des portefeuilles, semble à la France éternelle le moyen le plus sûr d’assurer son maintien. Pour avoir la paix on paie et on ferme les yeux. Je crois que nulle part mieux qu’ici cette énigmatique parole d’évangile prend tout son sens ’malheur à celui par qui le scandale arrive". Le résultat c’est ce que vous décrivez.
          Mais on peut être heureux en Guyane en acceptant la règle du jeu. Perdre de vue sa ’mission’ est pour un fonctionnaire une condition sine qua non. Picoler et fumer n’est pas indispensable mais ça aide beaucoup pour l’insertion. J’ai tenu quelques années mais j’ai aussi fini par craquer. J’éprouve cependant un peu de nostalgie pour un pays où une vie presque sauvage est encore possible avec la sécu comme garde-fou.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 décembre 2012 21:37

            Ia Orana Abou ,pour le couple alloc + sécu ,faut mettre à part les territoires du Pacifique ...
            Ce ne sont pas les memes protections qu’en France ,voir inexistantes ......autonomie .


          • Hervé Hum Hervé Hum 11 décembre 2012 00:43

            Salut

            J’ai fait l’expérience de la Guyane mais pas de Maripasoula.

            Tout comme la grande majorité des créoles vivants sur le littoral et principalement sur Cayenne. Les yeux tournées vers l’océan, soit Miami soit Paris. Car en fait, très peu connaissent l’intérieur et ne veulent pas en entendre parler.

            Mais l’auteur décrit bien ce qu’est Maripasoula... Mieux vaut aller exercer dans les villages amérindiens sur le fleuve.


          • Abou Antoun Abou Antoun 11 décembre 2012 08:05

            Bonjour Aïta,
            Je ne connais pas le statut des TOM en Polynésie. La Guyane est un département donc la loi française s’y applique avec quelques restrictions sur le plan fiscal et douanier (octroi de mer).
            Pour le reste, alors que le pays, grand comme la Belgique, et pratiquement pas peuplé peut facilement nourrir tout le monde, toute la bouffe est importée par avion depuis la France et les prix s’en ressentent. Le problème est réglé par une augmentation de salaire des fonctionnaires au lieu d’une politique d’instauration d’une agriculture. Seuls les Hmongs se consacrent avec succès à cette activité. Pour ce qui concerne « l’argent braguette » en Guyane je maintiens mes affirmations.
            Amicalement.


          • keila keila 12 décembre 2012 01:20

            salut à tous.

            cet article m’as particulièrement touchée car j’ai vécu à maripasoula quatre ans. je suis loin d’être guéri de cette expérience de vie. j’ai vécu des choses difficilement acceptable pour le commun des mortels mais je ne regrette absolument pas d’avoir souhaité rester car j’ai essayée à mon échelle de faire changer les choses. je suis arrivé la bas avec mon enfant de 1 ans et demi pour un premier poste en tant que contractuelle. bizarrement, avoir un enfant à maripasoula facilite beaucoup de choses. j’ai donc été facilement acceptée par la population . durant ces quatre ans, j’ai fait des courriers au rectorat, au procureur de la république, j’ai participé à des manifs, j’ai alerté les services sociaux mais effectivement tout le monde sans fout. alors, après un énième suicide de colllégien , je me suis décidée à partir pour sauver ma peau (mon équilibre mental) et celle de mon enfant. maripasoula me laisse un goût amer, une frustration qui me suivra longtemps.


            • Hervé Hum Hervé Hum 12 décembre 2012 09:39

              Je comprend votre malaise. Une chose n’est pas dites, c’est que les populations amérindiennes détiennent le triste record des suicides en % de la population.

              Ce qu’il faut comprendre c’est que la France n’a jamais eu de politique sociale envers les amérindiens. La France s’est occupé d’eux uniquement lorsqu’elle a pris conscience qu’ils représentaient une menace potentielle en cas de revendication de leur terre. La technique a alors consisté à leur vendre la nationalité française qui équivalait à l’achat de leur terre par la reconnaissance de la souveraineté de la France.

              Ensuite, ils ne représentent qu’une minorité et politiquement peu active et influente, ce sont les créoles qui détiennent le pouvoir et ces derniers considèrent les amérindiens avec condescendance, voir mépris. le gouvernement français joue simplement le statu quo avec les créoles et les différentes communautés et les peuples amérindiens en sont les victimes car le gouvernement français ne prendra pas le risque de favoriser les amérindiens pour ne pas s’aliéner les autres communautés.

              D’autant qu’en imaginant une indépendance de la Guyane, le chaos s’abattrait sur ce pays et les amérindiens en seraient sûrement les 1eres victimes.

              Bref, sauf à faire évoluer les mentalités sur le littoral, la situation pour les amérindiens ne s’améliorera que par des actions individuelles agissant de l’intérieur de la communauté d’une part et par le long travail naturel de renouvellement des générations.


            • Feron 13 décembre 2012 14:26

              Personnellement, ce qui à été dit dans cette article m’équerre, je souhaiterais notamment dire que ce qui a été dit sur Maripasoula est complètement faux. De plus, vous décrivez les élèves comme des illettrés et comme des gens non civilisé, or que moi-même j’ai vécue à Maripasoula et jamais les choses auxquelles vous avez allusion ne sont arrivés. Je suis consciente de la difficulté adaptation mais l’absence de difficulté n’existe pas.

              En outre, ce n’est pas parce que vous avez eu une mauvaise expérience (selon vous) que tout le monde vivra la même expérience. Je suis outré de votre façon de dénigré la commune, Maripasoula est une commune tranquille, la vie est peut être cher là bas, mais il y a aussi de bonne chose. La preuve certaine personne ont dû mal à quittez la commune.


              • George L. ZETER George. L. Zeter 19 décembre 2012 23:26

                ... ne serais tu pas un des nervis ??? Feron ; curieux, aucun article ecrit et seulement 1 commentaire... je reconnais bien le courage de certains !
                gz


              • Alexi 19 décembre 2012 20:20

                Bonsoir à tous,


                 Je suis ulcérée ! Soyons sérieux deux secondes...
                Je respecte et comprends la frustration de mr Zeter au point qu’il décide de partager son expérience désastreuse dans ce petit bout de la France oublié ; mais honnêtement la description de la commune est digne d’un mauvais film.

                Existe-t-il un endroit sur terre où tout est parfait ? Je ne pense pas.
                Est-ce uniquement à Maripasoula qu’enseigner requière un certain équilibre mental ? Je ne crois pas non plus.
                L’herbe est-elle plus verte ailleurs ? Certainement... alors pourquoi avoir attendu tout ce temps que le rectorat vous contact ? 

                Plus je lis l’article et plus j’ai l’impression que vous y avez été en grand conquérant prêt à mettre un peu de plomb dans la tête de ces « pauvres amazoniens » et vous vous êtes cassé les dents ! Oui mr, vous donnez l’impression que les élèves sont tous des sauvages illettrés ayant besoin d’être éduqué... mais c’est faux ! Les difficultés que l’on rencontre dans l’enseignement ne sont pas inhérentes à la Guyane. Votre article aurait eu plus de valeur si vous aviez fait remarquer qu’un enseignement calqué sur celui de la métropole n’était pas adapté car la réalité de ces enfants est toute autre.

                Quand un enseignant démissionnaire va à Maripasoula, sa première motivation c’est l’argent et non découvrir, pas d’hypocrisie s’il vous plait. Le système est laxiste, ok mais plus de la moitié des enseignants y apporte leur contribution. Vous même l’avez dit, quand des enseignants passent des journées à boire et fumer devant des élèves ; comment voulez-vous que ces mêmes élèves respectent ces enseignants qui après tout sont censés être des modèles ?

                Si vous aviez chercher réellement à connaitre vos élèves en dehors du fait que celui-ci ait des parents qui vivent des allocs ou que celui-là ait des parents étrangés ; vous auriez su que l’éducation d’un enfant à la guyanaise requière quelques codes. Je ne vous en citerai qu’un : quand un adulte te parle tu l’as boucle et tu baisses la tête car tu ne peux pas te permettre de le regarder dans les yeux (synonyme de provocation). Alors oui il existe des enfants plus farouches que d’autre et ???? Ces enfants se trouvent-ils uniquement à Maripasoula ?

                Alors pour équilibrer un peu cet article sur l’enfer vert, j’ajouterai que c’est une commune tout à fait charmante, oui certaine choses sont en décalage, oui beaucoup reste à faire, oui il y a des élèves difficiles comme partout mais il y en a de si charmants et attachants. Oui il a des parents qui vivent des allocs mais des cas socs il y en a aussi en France métropolitaine.
                Tout n’y est pas rose mais tout n’y ai pas gris non plus.


                • George L. ZETER George. L. Zeter 19 décembre 2012 23:25

                  ... ne serais tu pas un des nervis ??? Alexi ; curieux, aucun article ecrit et seulement 1 commentaire... je reconnais bien le courage de certains !
                  gz


                • katy 20 décembre 2012 02:06

                   smiley tu as oublié de lui dire k’il n’était kun vieux rasiste a ki ca a fait mal de voir les noirs en voiture et les blancs a pied. en plus zeter l’enfer ke tu as décrit c celui ke ton gouvernement francais et véreux a mis en place. c sure ke marseille est bien plus important ke maripasoula alors il s’occupe de vous avant de regarder ver le bas, le bas c chez nous et on nous envoi des merdes et de la crasse comme toi. tu as raison va donc dire au gens bien comme toi dans kl etat de précarité et de délabrement se trouve une commune pseudo francaise, en 2012.


                • Alexi 20 décembre 2012 01:27

                  Moi ? « [...] un des nervis ???? S’il vous plait... je sais que tous les malades ne sont pas derrières les barreaux mais quand même...


                  ll n’ y a aucun article parce que j’ai découvert Agoravox aujourd’hui suite à la réaction de plusieurs personnes concernant votre article sur un réseau social. J’ai donc voulu y jeter un coup d’ oeil et honnêtement ça valait le détour.
                  Oui, j’ai du courage de m’être inscrite tout de suite après la lecture de votre article pour y laisser ces quelques petits mots.

                  votre article reflète sans aucun doute votre pensée, votre expérience mais vos propos sont quelques peu exagérés. Vous ne vous en rendez certainement pas compte mais dire que » C’est certainement le seul endroit au monde où les noirs roulent en 4x4 et les blancs cheminent à pied sous la cagna.« c’est GRAVE. Êtes-vous raciste ? Bref là n’est pas le problème. Vous oubliez quand même que Maripasoula est une très grande commune composée de petits villages qui jalonnent le fleuve ici et là. Au bourg il y a majoritairement des noirs (on ne va pas refaire l’histoire ce soir) alors qui d’autre voulez-vous au volant des voitures ? Parce qu’ils sont noirs il n’ont pas le droit d’avoir des 4X4 ? Juste pour information, dans les 4x4 il y a de pauvres gens qui travaillent et cherchent à se faire plaisir dans ce petit bout d »Amazonie". Vous imaginiez peut-être que c’était les allocs qui les avaient payé ?! Il y a quand même des travailleurs là-bas, respectez les un peu tout de même, c’est grave ! 
                  Vous ne le saviez sans doute mais je crois ne pas me tromper en disant que des personnes de race blanche se baladent dans des voitures qu’ils se sont payées. Après ils ne sont que de passage et font des économies pour le fameux retour chez soi ; alors pourquoi voulez-vous qu’ils investissent dans de grosses voitures ?

                  Vous avez refusé de composer avec de telles conditions (ce qui est tout à fait compréhensible) mais est-ce pour autant une raison de dénigrer la commune et les gens qui y habitent ? Non je ne pense pas.



                  • lili973 20 décembre 2012 14:07

                    il est bien beau de de critiquer ça je le conçois cependant il faut parler de ceux qui blessent dans son ensemble, auriez vous oublier de dire que certains(es) acceptent d’être contractuels(elles) dans les communes éloignées parce qu’ils n’ont pas mieux ailleurs et que l’on envoie, des pauvres métros dérangés pour la plupart et raciste par dessus. ayant travailler au collège de maripa-soula j’ai côtoyer des gens comme vous juste la pour le fric, alcoolique et fumant des pétards arrivant déchirés au travail pour soit disant enseigner alors qu’eux même on besoin d’enseignement et plus absentéiste que les élèves eux même. critiquer vos semblable avant et ensuite critiqué les autres, vous êtes blessant en prenant votre mauvais expérience (cause de votre inadaptation) en en faisant une généralité. et sachez que l’esclavage est fini depuis bien longtemps juste pour info au cas ou vous n’êtes pas au courant.


                    je suis née là bas et j’en suis fier. j’ai construis par la sueur de mon front et pas par les alloc. comme vous le supposé.

                    • George L. ZETER George. L. Zeter 21 décembre 2012 02:26

                      ... MINABLE !!!


                      • George L. ZETER George. L. Zeter 21 décembre 2012 02:38

                        Les Axi’s ( et tous les « outres ») signataires sur Internet ne savent depuis des années à Maripasoula descendre le niveau de vos élèves... Vous êtes ce qui est le pire de l« éducation ».

                        Des ânes à....

                        Transmetre votre sale mentalité de petits cons minables !

                        George Zeter 


                        • Alexi 21 décembre 2012 17:00

                          Tout ça me fait sourire... des ânes à... ??? « Mentalité de petits cons minables »... Votre attitude n’est guère plus intelligente, tout de suite les insultes. Je pensais que ce forum était « un espace de débat civique et civilisé qui a pour but d’enrichir cet article. » smiley

                          Vous semblez être sorti de Maripasoula plus atteint que prévu. J’espère que là où vous vous trouvez, vous réussirez à vous faire soigner afin de retrouver votre équilibre mental. smiley

                          Bon rétablissement smiley

                          • Franziño 21 décembre 2012 21:55

                            Il paraît qu’il y a un mec intelligent ici, bon... Je doit être aveugle. Si je comprend bien ce qui fait chier à monsieur zeter c’est de voir des noirs avec de l’argent alors que son compte en banque de blanc fait le yoyo dans la zone rouge ? Soyez pas jaloux monsieur zeter, rouler en 4*4 c’est la seule liberté qu’on a depuis l’abolition de l’esclavage et bien qu’il n’y ai aucune égalité entre mon compte en banque et le votre on aurai pu s’assoir sur matelas de fraternité si votre article ne l’avais pas enterré.

                            Au fait il n’y a pas d’article car l’homme intelligent que vous êtes n’arrive même pas à intéresser un journaliste amateur.

                            Ps : je demande à tous mes frère et sœur noir de Maripasoula d’arrêté les commentaires car il a besoin de ça pour que quelqu’un s’attarde sur son cas.


                            • mariposoula 24 janvier 2014 17:20

                              bonjour.
                              J’ai lu tout à fait par hasard l’article de ce prof.
                              C’est d’une tristesse à mourir.
                               un fonctionnaires assistés qui sans téléphone sans Internet il est complètement perdu
                              si ce sont ce type de profs qui font l’éducation de nos enfants, où va-t-on pauvres France.
                              j’ai vécu a maripasoula il y a bien longtemps dans les années 1973 à 75 J’ai participé à la construction de la piste d’aviation
                              .il n’y avait pas de téléphone un avion de temps en temps.
                              Il faisait bon vivre a Maripasoula
                               j’en garde un magnifique souvenir .
                              bien sûr les choses ont sûrement changé.
                              J’avais une amie amérindienne que j’aimerais retrouver mais je ne sais pas si elle est encore vivante.
                              Amicalement
                              daniel


                            • katy 22 décembre 2012 02:01

                              pauvreeeee zeter ! tu as besoin d’un medecin. quand c gaté c gaté, si tu veux je t’envoie les sous, pour toi c cadeaux !!! yes papa ! LOOOL mad man, a chaque fois ke j’ai envie de me taper une barre je lis t commentaires. tu me fait délirer ! i LOVE YOU zézé !!!


                              • mariposoula 24 janvier 2014 17:38

                                tu es triste à mourir pour un prof.
                                tu devrais être rayé de l’éducation nationale.
                                Aucune capacité à s’adapter et surtout, tu n’as pas fait l’effort pour adapter.
                                Les profs comme toi j’en ai vu partout dans les écoles françaises à travers le monde.
                                J’en ai même vu à Pondichéry faire la grève parce que en métropole les profs étaient en grève.
                                Pauvre France.

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