Bonjour l’auteur,
J’ai fait l’expérience de la Guyane mais pas de Maripasoula. Cependant dans ce que vous écrivez rien ne me surprend, rien ne m’étonne.
En fait la Guyane c’est la France décomplexée, comme au temps des colonies. A Cayenne, à Kourou il reste un semblant de normalité, en remontant les fleuves on s’écarte des standards, tout petit élu, tout petit fonctionnaire devient un ’seigneur de la guerre’. Tout ce bordel est supporté, entretenu, pour ne pas dire voulu par la puissance ’coloniale’ (j’hésite ici à employer ce mot car les ’locaux’ sont des citoyens français à part entière bénéficiant dans cet environnement (ici Amérique du Sud, ici Océan indien, ici Pacifique) d’un traitement de faveur lié à l’efficacité du couple allocs+sécu. La corruption généralisée, des esprits et des portefeuilles, semble à la France éternelle le moyen le plus sûr d’assurer son maintien. Pour avoir la paix on paie et on ferme les yeux. Je crois que nulle part mieux qu’ici cette énigmatique parole d’évangile prend tout son sens ’malheur à celui par qui le scandale arrive". Le résultat c’est ce que vous décrivez.
Mais on peut être heureux en Guyane en acceptant la règle du jeu. Perdre de vue sa ’mission’ est pour un fonctionnaire une condition sine qua non. Picoler et fumer n’est pas indispensable mais ça aide beaucoup pour l’insertion. J’ai tenu quelques années mais j’ai aussi fini par craquer. J’éprouve cependant un peu de nostalgie pour un pays où une vie presque sauvage est encore possible avec la sécu comme garde-fou.