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Accueil du site > Tribune Libre > Michel Onfray : L’insurrection, et après ?
#41 des Tendances

Michel Onfray : L’insurrection, et après ?

Le 6 décembre, dans un texte intitulé "L'insurrection, et après ?", Michel Onfray salue les gilets jaunes qui continuent le mouvement et propose une méthode girondine et libertaire pour déjouer les récupérateurs et les provocateurs. A lire absolument (en complément des propositions d'Étienne Chouard) !

Pour l'heure, ce qui advient avec les gilets-jaunes ressemble à s'y méprendre aux prémices d'une révolution. L'histoire de la Révolution française, mais aussi celle des autres révolutions, intéresse le libertaire que je suis parce qu'on peut y pointer le moment où la générosité qui préside à un mouvement pour plus de dignité et d'humanité se trouve récupéré par quelques autoritaires qui détournent l’impulsion originelle afin d'assurer leur pouvoir personnel. Ils évincent alors les auteurs ayant initié la dynamique : les gens modestes, les pauvres, les petits, les sans-grade, les "sans-dents", comme il fut dit un temps par un qui se disait "socialiste" et -hélas !- suivant la jurisprudence 1983, l'était bel et bien ! 

  Prenons 1789. La Révolution française ne s'effectue pas tout de suite, contrairement aux résumés distribués par le catéchisme laïc, avec une revendication républicaine d'abolition de la monarchie dans l'objectif avoué de réaliser la Liberté, l'Égalité et la Fraternité ! Pour la vulgate, il y aurait eu un "avant 14 juillet", avec les ténèbres, un roi faible, une reine frivole et vendue à l'étranger, un régime esclavagiste, puis, après la Révolution, un moment de lumière avec des dirigeants républicains ayant offert la dignité à tous ! Lors de la prise de la Bastille, rappelons-le, Robespierre, Marat et Danton sont monarchistes et ils vont le rester deux bonnes années ! L'insurrection de 1789 ne s'effectue pas pour les idées de Liberté, d'Égalité et de Fraternité, mais pour des revendications concrètes portées par ceux qu’on appelle "les Enragés" -les gilets-jaunes de l'époque... Ils veulent du pain pour leur famille, du lait pour leurs enfants et du savon pour se laver. Les prix sont trop élevés, les accapareurs et les agioteurs profitent du désordre pour les augmenter, les Enragés veulent les plafonner. Ils n'ont aucun souci de faire chuter la monarchie ou d'en penser les modalités constitutionnelles, ni même de proposer un changement de régime ! La démocratie directe avec le contrôle des représentants proposés par les Enragés ne datent pas de juillet 1789.

  A cette époque, les sans-culottes, une autre modalité de la revendication populaire, évoluent eux-aussi sur des terrains très concrets et nullement idéologiques. Ils n'ont que faire des débats intellectuels et de savoir s'il faut préférer le Contrat social de Rousseau à L'Esprit des lois de Montesquieu : ils veulent améliorer leur vie quotidienne qui est faite de misère et de pauvreté, de faim et de froid, de chômage et de précarité.

  Il n'est d'ailleurs pas sans raison que ce petit peuple révolté soit lui aussi qualifié avec un attribut vestimentaire : ils ne portent pas la culotte et les bas des bourgeois (ou de l'aristocrate Robespierre qui est le grand homme de la bourgeoisie et n'oublie jamais de porter la perruque poudrée de sa caste...), mais le pantalon à rayures bleues et blanches. Les gilets-jaunes eux-aussi arborent un attribut vestimentaire qui, certes, est celui des automobilistes en détresse, mais aussi, on a tendance à l'oublier, celui des travailleurs de l'extérieur qui ont besoin de signaler leur présence sur les chantiers ou dans les rues afin de ne pas se faire tuer par des engins de travail ou des automobilistes. Le gilet jaune, c'est le costume du travailleur qui ne porte pas de cravate : le maçon et le balayeur, le menuisier et l'employé de la voirie...

  Au commencement, toute révolution est insurrection. La prise de la Bastille est emblématique de cette vitalité révolutionnaire : on attaque le symbole du pouvoir. Qui niera que les Champs-Élysées, lieu de parades des puissants, soit un lieu éminemment symbolique pour ceux qui regardent à la télévision le pouvoir y passer, s'y montrer, s'y exhiber et qui le subissent sans jamais l'exercer ? On y voit en effet, au choix, les défilés militaires lors de la parade anniversaire de ce fameux 14 juillet ; la tribune des chefs d'État invités par la France -jadis Kadhafi ou Bachar el Assad, et récemment, pour le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale : Trump, Erdogan, Merkel ou Poutine et un paquet d'autres huiles ; les bus de l'équipe de football quand elle décroche la coupe du Monde ; le convoi funéraire de Johnny Hallyday, fiscalement domicilié aux États-Unis ou en Suisse, mais néanmoins salué par les trois derniers présidents de la République, le quatrième n'étant plus en état de le faire mais qui, sinon, y serait également allé. C’est aussi l'artère qui conduit le chef d'État nouvellement élu de la place de la Concorde, où ont été décapités le roi et la reine, ce qui marque la fin de la monarchie, à l'Arc de triomphe, un bâtiment qui est d'abord là pour signifier les victoires de Napoléon, certes, mais aussi et surtout, la fin de la Révolution française sifflée par ce jacobin corse avec son coup d'État du 18 Brumaire. Avec ce putsch, Napoléon assure aux bourgeois que la Révolution est finie et qu'ils peuvent désormais jouir tranquillement des biens confisqués au clergé, devenus biens nationaux, et achetés par eux parce qu'ils avaient de quoi les acquérir -au contraire des pauvres... Les Champs-Élysées racontent en raccourci comment naît, vit et meurt une Révolution : de la guillotine robespierriste, en bas, où le sang a été versé par les jacobins de 1792 et 1793 pour abolir la royauté, à l'Arc de l'empereur, en haut, qui a mis fin à la Révolution et renvoyé les petites gens à leurs conditions de misérables (quand ils ne mourraient pas sur les champs de bataille de ses guerres de conquête par centaine de milliers...). C'est un résumé de ce qui ne doit pas arriver mais qui menace si d'aventure les gilets-jaunes ne se structurent pas.

  Car, s'ils ne s'organisent pas, d’autres organiseront pour eux et, c'est certain, les gilets-jaunes deviendront les Plaideurs de la fable de La Fontaine, ils n'auront plus que leurs yeux pour pleurer : l'insurrection aura fait le jeu de Mélenchon ou de Le Pen, autrement dit de ces gens du système, car, même s'ils font carrière dans la critique du système, ils en font partie -le très longtemps sénateur socialiste Mélenchon ayant voté "oui " à Maastricht, qui est le péché originel expié ces temps-ci dans les rues ; et Marine Le Pen ayant hérité de la boutique paternelle qu'elle fait fructifier de façon familiale entre Montretout et bamboula. L'un et l'autre avec leurs troupes dirigeantes sont gens à cravate, même et surtout quand ils affectent de n'en pas porter ! 

  Comment s'organiser ? Il faut éviter la solution jacobine car, pour cette engeance centralisatrice et parisienne qu'est le jacobin, tout pouvoir procède d'une figure unique qui elle-même s'inspire du roi. Précisons que, lors des dernières présidentielles, tous les candidats étaient jacobins ! Ceux qui parlaient de girondinisme le faisaient pour rire -Raffarin ou Juppé par exemple...- dans la perspective que, dans leurs régions gouvernées comme des fiefs féodaux, ils pourraient continuer à disposer d'un pouvoir semblable à celui des monarques. Or, la Gironde n'est pas multiplication des rois en région ou dans les départements, voire dans les communes, ce serait pure sottise, mais réellement pouvoir régional en région, départemental dans les départements, communal dans les communes. En revanche, c'est le pouvoir exercé par ceux sur lesquels il s'exerce avec révocabilité des élus. En effet, ces derniers ne devraient pas être des titulaires du pouvoir de droit divin mais des mandataires auxquels l'électeur peut reprendre sa délégation à tout moment dans le cas où la parole est peu, pas ou mal portée. Le pouvoir ne doit plus être une sinécure personnelle et doit redevenir une obligation contractuelle. L'élu est l'obligé de qui le mandate et non son parasite.

  Le marxisme-léninisme est la forme aboutie du jacobinisme. N'oublions pas que cette idéologie reste l'horizon intellectuel de Mélenchon et de sa garde rapprochée. La dictature du prolétariat, préconisée par Marx dans le texte, a été réalisée par Lénine, puis Trotski, puis Staline. Je ne fais pas de distinctions entre ces trois modalités d'une même dictature. Elle a été dictature sur le prolétariat plutôt que dictature du prolétariat. Le nier c'est prendre le parti du Goulag.

  Dans l'aventure des gilets-jaunes, les néo-marxistes-léninistes sont embusqués : ils sont passés à côté des débuts de l'insurrection qu'ils ont même, pour tel ou tel, je songe à Clémentine Autain, regardé avec un certain mépris. Depuis qu’ils sont arrivés quatrièmes aux présidentielles et très mauvais perdants, ils ont raté la convergence des luttes ; ils n'ont pas réussi à fédérer lors de manifestations qu’ils voulaient grandioses ; ils perdent des points dans les sondage ; ils accumulent les scandales d'argent et d'affaires, de népotisme et de passe-droits, qui touchent tel ou tel ou tel dans leur camp.

  Or, ce grand petit peuple a réalisé tout seul ce que ces politiciens professionnels ne sont pas parvenus à faire avec beaucoup d'argent, des communicants, des experts, des salariés, et même des autoentrepreneurs... Aujourd'hui, disons-le de façon métaphorique, les néo-robespierristes remontent la foule en direction des premières places du cortège...

 A droite, Marine Le Pen offre une version de ce même jacobinisme. Elle croit au chef charismatique, certes, elle sollicite le référendum sur les questions sociétales mais, sans la pédagogie qui le prépare, le référendum, auquel je tiens comme exercice de démocratie directe, est un plébiscite du chef plus qu'une expression démocratique. En nos temps d'inculture politique et civique généralisée, la démocratie plébiscitaire s'avère l'une des modalités de la tyrannie -celle de l'opinion que ne construit plus l'École qui fut jadis républicaine, mais que fabriquent aujourd'hui les médias dominants et les contre-médias tout aussi insoucieux de vérité, de réalité, de justice et de justesse les uns que les autres. Condorcet a déjà expliqué en son temps combien la démocratie sans éducation rendait toute élection problématique. 

  Ces deux modalités du jacobinisme que sont Mélenchon et Le Pen n'ont pas été plus clairs l’un que l’autre sur la question de la souveraineté nationale : on les comprend car ces professionnels de la politique sont obsédés par leur boutique et il s'agit toujours pour eux de ne pas effrayer les électeurs potentiels. Or, les choses sont simples : faut-il oui ou non rester dans la configuration de l'Europe libérale qui empêche les décisions nationales en faveur des citoyens les plus pauvres ? Doit-on garder l'euro, monnaie unique, en sachant qu'il ne permet pas de mener une politique économique autonome, ce qu'en revanche permettrait une monnaie commune ? En fait, si l'on y regarde de plus près, l'un et l'autre ont déjà tranché à leur manière : Mélenchon en évinçant il y a peu de son staff Djordje Kuzmanovic et François Coq qui défendaient une ligne clairement souverainiste ; et Marine Le Pen en agissant de la même manière avec Florian Philippot qui campait sur des positions semblables.

  Dès lors, faute de recouvrer notre souveraineté politique, on ne peut pas dire qu'on soutient les revendications des gilets-jaunes puisque celles-ci ne pourraient être satisfaites tant que la France resterait dans la configuration de l'État maastrichtien.

 La souffrance de ce peuple en jaune explose après un quart de siècle de privations imposées à ces laborieux qui n'en peuvent plus de la misère et de la pauvreté qu'on leur inflige au nom des critères de l'Europe, qu’ils soient économiques, fiscaux, monétaires ou écologiques.

  Car, dans cette aventure, Macron mène la politique de l'Europe et non celle de la France, ce qui, de facto, lui interdit toute marche de manœuvre politique nationale. Il y a peu, dans Les Terriens du dimanche (2 decembre 2018), Aurélien Taché, député La République en Marche, a dit tout haut ce que Macron pense tout bas : "Le fait de transférer une grande partie de la souveraineté nationale au niveau européen, c'est le cœur de ce qu'on proposera aux élections européennes, ça c'est très clair" -c'est très clair en effet...

  Macron prend prétexte de sauver la planète pour serrer la ceinture des pauvres (tout en desserrant celle des riches dispensés d'impôts sur la fortune) afin de les soumettre à la règle maastrichtienne des 3%. Mais il s'agit moins pour lui de sauver la planète que de sauvegarder l'Europe libérale, une espèce en péril -sinon, pourquoi ne pas taxer les supertankers, les avions de ligne, les aéronefs commerciaux, les paquebots de croisière, les entreprises qui polluent, les constructeurs automobiles ayant fraudé sur leurs émissions de carbone, plutôt que l'infirmière qui effectue ses visites en campagne ? 

  Dès lors, quiconque croit pouvoir répondre favorablement aux demandes des gilets-jaunes sans envisager une sortie de l'Europe maastrichtienne ment éhontément : Les Républicains et le Parti Socialiste, La France insoumise et le Rassemblement national, le Modem et le Parti communiste français sont à mettre dans le même sac. Il n'y a donc aucune raison de faire confiance à cette classe politique jacobine, parisienne, mondaine, partidaire qui se trouve à l'origine du malaise qu'elle prétend désormais vouloir combattre... si on l'installe à nouveau au pouvoir ! On ne peut créer les conditions du chaos depuis des décennies puis vouloir y mettre fin avec la politique qui a causé ces dégâts !

  Par ailleurs, je comprends que les gilets-jaunes aient des réactions épidermiques avec les porte-paroles autoproclamés, qu'ils évincent tel ou tel parce qu'il est journaliste ou bien parce qu’il est encarté dans un parti ou un syndicat, qu’ils réprimandent celui ou celle qui ne s'autorise que de lui-même pour parler au nom des autres : ceux qui ont fait profession de justifier le système depuis un quart de siècle ne sont pas crédibles pour guérir la maladie qu’ils ont consciencieusement inoculée. Qu'ils laissent la place ! Qu'un authentique dégagisme voie le jour qui renvoie à la retraite les professionnels de l'État maastrichtien -partis politiques et syndicats, journalistes et intellectuels du système, ainsi que tous les voyageurs de commerce de cet idéal populicide qui a mis tous ces gens dans la rue quand l'épuisement s'est pour eux trouvé maximal.

  Que faire ? S'il faut éviter la solution jacobine il faut également éviter la solution spontanéiste : du chaos il ne sort que plus de chaos encore, mais jamais un ordre nouveau. Ceux que l'on nomme les "casseurs" et qui signent leurs forfaits avec des slogans sans ambiguïtés, notamment avec des sigles comme celui du "A" dans un cercle qui est clairement la signature anarchiste, ne partagent pas les intérêts de ce petit peuple malheureux. Leur sociologie est celle des urbains cultivés et sur-diplômés, politisés et organisés. La source de leur révolte est bien plutôt dans le gauchisme culturel de Giorgio Agamben ou de Toni Negri (un fervent partisan du "oui" au Traité constitutionnel européen d'ailleurs...), que dans l'impossibilité d'acheter des jouets à leurs enfants ou à leurs petits-enfants au prochain Noël...

  J'ouvre une parenthèse pour signaler que j'ai entendu une journaliste commenter le "A dans son cercle" de l'anarchie, tagué sur l'Arc de Triomphe, en disait qu’il était la signature des "antifas". Parfait ! Tout va bien, car ce sont donc des amis politiques des médias du système, puisqu'ils sont censés lutter contre le fascisme casqué, armé, botté, militarisé -celui de Marine Le Pen bien sûr ! Or, pour l'heure, s'il est bien des gens armés, casqués, bottés, militarisés, ils semblent bien plutôt se trouver chez ces prétendus antifascistes que du côté des gilets-jaunes dont il est facile de revêtir le vêtement pour commettre des forfaits, d’autant plus que le pouvoir et les médias de l'État maastrichtien n'attendent que cela pour stigmatiser le mouvement. 

  Cette "anarchie" là n'est pas la mienne. C'est celle de l'idéaliste hégélien Bakounine qui croyait (comme un libéral dans sa candeur...) que la liberté de la révolte accoucherait naturellement de la révolution comme en sortant de la cuisse de Jupiter ! Laissez faire les repris de justice et les artistes, les poètes et les fous, les chômeurs et les clochards écrit-il dans L'Empire knouto-germanique, et de leur colère naîtra comme par enchantement un nouvel ordre révolutionnaire ! Il faut sacrément ignorer la nature humaine pour penser l'anarchie d'une façon aussi simple, sinon simpliste, pour tout dire infantile ou adolescente... La violence n'est pas accoucheuse de l'Histoire : elle l'est surtout de la violence ! L'Histoire est ensuite construction, et l'on peut construire ailleurs sans avoir besoin de détruire ici.

  Comment faut-il s'y prendre pour construire ailleurs sans avoir besoin de détruire ? En tournant le dos à l'idéalisme allemand du russe Bakounine et de ses émules qui croient aujourd’hui que le pavé lancé sur les forces de l'ordre et l’incendie des voitures, le cocktail Molotov balancé sur les CRS et la fronde pour leur envoyer des boulons, le taguage des bâtiments historiques et le pillage des boutiques de souvenirs, la destruction des vitrines des magasins de luxe ou le ravage des terrasses de café, la barre de fer et la batte de base-ball, tout cela sert à accélérer l'instauration de la justice sociale ! C'est une pensée courte, simpliste et simplette, car cette violence ne contribue pas à l'avènement du Grand Soir, mais juste à la riposte violente du pouvoir qui s'en trouve d'autant légitimé qu’il invoque la protection des citoyens, sans parler de ses grandes invocations médiatiques de la République, de la démocratie et de la liberté en danger...

  Pour trouver une issue politique à cette insurrection inédite, il faut réactiver quelques propositions du socialisme libertaire de Proudhon : il estimait que la Révolution française avait accouché de beaux principes, certes, bien sûr, évidemment, mais de rien qui soit utile à ceux qui voulaient du pain pour leur famille ; il détestait le sang et la Terreur, le Tribunal révolutionnaire et Robespierre, la guillotine et le gouvernement révolutionnaire ; il n'aimait pas Marx et avait prévu que son système déboucherait sur un régime autoritaire -ce qui fut le cas quelques décennies plus tard ; il n'était pas communiste et refusait d'ailleurs cette idée avec vigueur, car il souhaitait étendre la petite propriété privée au plus grand nombre ; il ne se gargarisait pas de grands mots et de belles idées, car ce fils de tonnelier qui fut bouvier savait ce qu'était le peuple, il en venait, au contraire de Marx dont le père était avocat ; il a construit son socialisme libertaire de façon pratique et concrète, antiautoritaire et non-violente.

  Nulle cité radieuse ou nul lendemain paradisiaque chez lui : il souhaite réaliser un ordre libertaire et, pour ce faire, il invite à une organisation rigoureuse : son anarchie est le contraire du désordre ! C'est un autre ordre : celui de la justice. Dans Théorie de la propriété, un ouvrage de sa fin de vie qui fut courte, il théorise cette organisation libertaire et pense la nécessité d'un État libertaire. Pour éviter le double écueil du capitalisme sauvage qui crée les inégalités et l'exploitation, et du socialisme autoritaire qui produit l'oppression et la misère (n'est-ce pas notre actualité ?), il propose l'autogestion, le mutualisme, la fédération, la coopération le tout dans l'organisation et sans violence. 

  L'organisation non-violente : voilà c'est ce que les gilets-jaunes devraient faire pour éviter les écueils qui se profilent : à savoir la récupération par les jacobins et les professionnels de la politique, ou bien le basculement dans le chaos spontanéiste, le tout signifiant à coup sûr la mort de cette énergie insurrectionnelle. 

  Proudhon ne donne pas les clés du pouvoir aux intellectuels -il ne le faut jamais ! Robespierre en était un, Lénine, Staline et Trotski aussi, Mao et Pol-Pot également -il avait étudié à la Sorbonne, aimait Rousseau et Sartre... Il les donne à ceux sur lesquels il doit s'exercer : la démocratie représentative française, chacun l'a constaté depuis des années, ne représente plus que les intérêts d'une bourgeoisie qui a détourné la lettre de la Cinquième République au profit de l'esprit maastrichtien -quinquennat, cohabitation, usage du 49.3, refus de la proportionnelle... Le verrouillage idéologique et politique fait désormais de l'Assemblée nationale et du Sénat deux chambres d'enregistrement de la volonté du chef de l’État. Si ce dernier est au service du peuple, c'est la meilleure des choses ; s'il veut le peuple à son service, c'est la pire ! Ces deux instances extrêmement coûteuses en impôts perdent leur temps dans d’infinis amendements qui dénaturent les projets afin de parvenir à un statu quo : droite ou gauche, peu importe, il faut que les libéraux de droite et de gauche gouvernent chacun leur tour -Mitterrand & Chirac, Sarkozy & Hollande, puis Macron, qui, peu ou prou, question de style, ont mené la même politique... Pendant ce temps, la droite et la gauche non libérales font de la figuration, ils protestent, ils se font voir et entendre, ils existent médiatiquement, ils tombent la cravate et la veste en estimant qu'ils ont ainsi tout dit, puis roulent carrosse et mènent la belle vie aux frais du contribuable !

  Les gilets-jaunes gagneraient à réactiver cette démocratie directe à laquelle Proudhon aspirait : c'est une question de vie ou de mort pour eux car ils sont nombreux, pas forcément là où on le croit, les charognards qui attendent le pourrissement, la décomposition, la fin, la disparition, la mort de ce mouvement sur lequel ils ne peuvent rien. Il n'est qu'à regarder les commentaires de la classe politique, médiatique et intellectuelle... 

  Concrètement : le principe susceptible d'être activé est celui de la coordination et de la coopération. A l'ère d'internet et des réseaux sociaux, le dispositif est facile à mettre en place. Il permet à la base, sur le lieu de chaque présence des gilets-jaunes, rond-point et route, bretelles d'accès ou parking de supermarché, dépôts ou entrée de magasins, lycées ou usines, villages et communes, de constituer un collectif qui s'exprime là où il est. Ces collectifs doivent se fédérer et ces fédérations doivent se fédérer elles-aussi afin d'élire des représentants. Chaque délégué est un élu soumis au mandat impératif : il porte le message d'un groupe et ne parle pas pour lui ; il donne voix au collectif dont il formule la parole : il est le ventriloque du groupe. Là où il est, quand il parle, il doit être vu et entendu par ceux qui, en regard de sa faculté à représenter véritablement, ou pas, lui conserveront ou lui retireront son mandat.

  Le principe est simple, la mise en œuvre plus difficile : il ne faut pas sous-estimer les effets pervers de ces logiques -l'activation de la testostérone de quelques-uns qui accèdent à la lumière médiatique et les risques de dérapages ; le rabattage du problème politique général sur une histoire particulière, fut-elle émouvante et touchante, concrète et pourtant pédagogique ; la stratégie médiatique qui consiste à choisir le moins déluré des gilets-jaunes pour en faire une figure emblématique du mouvement et le mettre en lumière pour générer du discrédit ou de la pitié ; le mandat donné à qui n'est pas capable de porter la parole collective intellectuellement ou verbalement, psychologiquement ou humainement ; le danger du noyautage par tel ou tel beau parleur qui roulerait en sous-main pour des syndicats ou des partis politiques, sinon pour le pouvoir qui a intérêt à installer le ver dans le fruit -il existe des gens dont c'est d’ailleurs le métier et qui sont depuis toujours payés par l'État pour effectuer ce genre de travail...

  Voici donc un dispositif, une machine : elle ne peut fonctionner sans se mettre au service de revendications dignes de ce nom -il faut viser plus de justice sociale. Toutes sont légitimes pourvu qu'elles visent à rendre leur dignité aux victimes de l'État maastrichtien.

  Le principe du cahier de doléances est une bonne chose : il faut élire des rédacteurs capables de mettre en mots les revendications esquissées et remontées en réseau sur l'intranet des gilets-jaunes. On néglige trop les leçons données par les cahiers de doléance de la Révolution française : mieux que les États généraux, ils parlaient de choses très concrètes, ce qui est le fond de toute politique digne de ce nom -et comme c'est le cas avec les gilets-jaunes... 

  Enfin, il ne faut pas se tromper d'adversaires : les blocages qui mettent en péril d'autres travailleurs pour lesquels la vie n'est pas facile non plus, je songe aux petits patrons, aux artisans, aux commerçants, aux employés, aux personnels de santé, et tant d'autres qui relèvent eux aussi d'un genre de condition néo-prolétarienne, ne doivent pas payer une dette qui n'est pas la leur. La faillite des gens modestes, la fermeture de petites unités industrielles ou commerciales, de production ou d'artisanat ne sont pas souhaitables. C'est se tromper d'adversaires.

 Il faut au contraire s'appuyer sur le savoir-faire technique ou fiscal, commercial ou juridique, intellectuel ou informatique de ces catégories socio-professionnelles afin d'augmenter la puissance du mouvement par l'effet dynamique de son organisation. Des coordinations sont nécessaires afin d'éviter que des travailleurs modestes occasionnent la chute et la mort de travailleurs un tout petit peu moins modestes qu'eux. Dans la logique de la lutte des classes, l’ennemi n'est pas dans le camp des plus ou moins modestes que soi, mais dans celui d'en face où se trouvent les véritables puissants dont la peur et la haine sont palpables. Il y a peu, Emmanuel Macron travaillait dans une banque d'affaires qui est la leur.

  A défaut d'organisation, les gilets-jaunes auront été un feu de paille. L'histoire des révolutions l'enseigne -il n'est qu'à lire ou relire La Ferme des animaux d'Orwell : l'énergie rebelle des premiers temps insurrectionnels risque de se faire capter, détourner et renverser par les professionnels de la politique et du pouvoir.

  On peut ainsi se référer aux révolutions du Printemps arabe qui, faute d'organisation, de coordination, de programme commun, mais surtout d'unité et, pour tout dire, de fraternité, ont bien mis à bas des régimes tyranniques, mais pour laisser la place à des régimes autoritaires d'un autre style.

  Macron en appelle aux corps intermédiaires afin qu’ils invitent les gilets-jaunes au calme -les syndicats, les partis politiques et le patronat. Le masque tombe. Le chef de l'État qui est de moins en moins chef d'un État de plus en plus résiduel, prouve ainsi deux choses : le pouvoir lui échappe et le Président se retourne vers ses alliés naturels que sont les officiels de la représentation du système -les ficelles de la très vieille politique politicienne... Le pouvoir qu'il a perdu se trouve désormais dans la rue. Ce président de la République ne peut plus sortir, il est hué dans la rue, son convoi officiel est bloqué au Puy-en-Velay où il est pourtant venu incognito. Sa légitimité est contestée. Peut-être sont-ils désormais plus nombreux les citoyens qui auraient enfin compris l'utilité d'instrumentaliser la famille Le Pen pendant des années afin de la faire parvenir au second tour tout en la criminalisant, de sorte que l'élection du second tour soit jouée le soir du premier et que, comme par hasard, l'électeur berné ait le choix entre le diable prétendument fasciste et le bon dieu libéral réellement maastrichtien ! Ces derniers temps ce genre de bon dieu est subclaquant.

  Le roi est nu. La chose est désormais vue et sue. Elle l'est même, sue et vue, de façon planétaire grâce aux télévisions du monde entier. Jupiter a vécu. Qu'on se souvienne de ce que j'ai jadis nommé dans un livre "le principe de Gulliver" : Gulliver peut être terrassée et anéanti par les Lilliputiens. Autrement dit : les nains peuvent avoir raison d'un géant. Disons-le d'une autre façon encore : les gilets-jaunes ont potentiellement les moyens d'abolir "Macron" qui n'est que le faux-nez du système : il suffit pour ce faire d'un programme commun, d'une fraternité d'action, d'une méthode avec une stratégie (que veut-on ?) et une tactique (comment s'y prend-t-on pour y parvenir ?), enfin d'une volonté.

 Le programme commun s'élabore avec les comités fédérés ; la fraternité d'action surgit à l'occasion de la mise en place de ces comités ; la méthode est celle de la coopération libertaire qui suppose le mandat impératif afin de désigner des représentants, puis une fédération de ces représentants avec une fédération de fédérations afin de disposer d'un comité directeur révocable lui-aussi ; la stratégie vise l'alternative à la démocratie représentative par l'instauration d'une démocratie directe ; la tactique pour y parvenir consiste à ne rien lâcher dans l'action revendicative, puis à multiplier les actions de façon ciblée, tout en se désolidarisant des violences et en les empêchant. La volonté est là : elle est jaune vif.

 Macron qui, non sans arrogance juvénile, voulait tous les dégager et a cru y parvenir semble lui aussi prendre la vague qu’il a initiée. C'est la jurisprudence du boomerang... Ironie du sort, il voulait faire de la politique autrement : ce pourrait bien être le programme de ceux qui ne veulent plus de lui et de ses semblables. Ce si jeune Jupiter nous apparaît dès lors vraiment pour ce qu'il est : vieux, terriblement vieux... 

Michel Onfray

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En complément, dans une logique constructive, Étienne Chouard, Philippe Pascot et Jean Lassalle sur BTLV le 5 décembre 2018.

 

Les gilets jaunes : un mouvement révolutionnaire ?


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183 réactions à cet article    


  • rogal 8 décembre 18:40

    Déclaration des droits de 1789, article 2 : Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

    Le droit au pain avait été ’’oublié’’.


    • Arogavox 8 décembre 19:11

      Les intellos récupérateurs ou étouffeurs de colère vont encore vouloir nous promettre toujours plus de leur « pédagogie »

      mais quelqu’un saura bien leur traduire ceci :

       Those who can do. Those who can’t teach 

      - George Bernard Shaw, Maxims for Revolutionists


    • Arogavox 9 décembre 18:09

      « Pour savoir qui vous dirige vraiment il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer. »

       Voltaire


      Après l’insurrection ?
       C’est dès maintenant que dores et déjà tout est en train de se jouer 

       a priori s  police de la pensée  fonctionnement actuel des institutions publiques 
       interdits diplomatiques y compris entre proches ...







    • JBL1960 JBL1960 10 décembre 12:08

      @Arogavox = Et pourtant je ne peux croire que Michel Onfray n’est jamais lu « La Pédagogie des opprimés de Paulo Freire » 1970 car Freire explique ceci, en français bien sûr ;

      Toute situation ou un individu A exploite objectivement un individu B ou entrave sa poursuite d’auto-affirmation en tant que personne responsable, est une situation d’oppression. Une telle situation en elle-même constitue un acte de violence, même si édulcorée par une fausse générosité, parce que cela interfère directement avec la vocation historique et ontologique individuelle d’être plus humain.


      Avec l’établissement d’une relation d’oppression, la violence a déjà commencé. Jamais au cours de l’histoire la violence a-t-elle été instaurée, initiée par les opprimés. Comment pourraient-ils en être les instigateurs, s’ils sont eux-mêmes le résultat d’une violence ? Comment pourraient-ils être les promoteurs de quelque chose dont l’inauguration objective définit leur existence en tant qu’opprimés ? Il n’y aurait pas d’opprimés s’il n’y avait pas eu au préalable une situation de violence pour établir et maintenir leur soumission.

      La violence est initialisée par ceux qui oppriment, qui exploitent, qui ne reconnaissent pas autrui en tant que personne et non pas par les opprimés, exploités et reniés. Ce ne sont pas ceux qui sont mal-aimés qui commencent le processus de désaffection ; mais ceux qui ne peuvent pas aimer parce qu’ils n’aiment qu’eux-mêmes. Ce ne sont pas les sans-défenses, soumis à la terreur, qui mettent en place la terreur, mais les violents qui avec leur pouvoir créent la situation concrète qui impose les “rebuts de la vie”. Ce ne sont pas ceux qui sont tyrannisés qui mettent en place le despotisme, mais les tyrans. Ce ne sont pas les haïs qui génèrent la haine, mais ceux qui haïssent. Ce ne sont pas ceux à qui on refuse l’humanité qui nie celle-ci, mais ceux qui refusent de reconnaître cette humanité, niant par là même la leur. La force n’est pas utilisée par ceux qui sont devenus faibles par la prépondérance des forts, mais par les forts qui les ont émasculés.

      Par contre, pour les oppresseurs, ce sont toujours les opprimés (qu’il n’appellent jamais du reste “les opprimés” bien entendu, mais  selon qu’ils soient leurs propres concitoyens ou pas : “ces gens-là” ou “les masses aveugles et envieuses” ou “sauvages”, “natifs”, “indigènes”, ou “subversifs”), qui sont “violents”, “barbares”, “vicieux” ou “féroces”, lorsqu’ils osent réagir à la violence des oppresseurs.

      Et sur lequel je m’appuie dans cette publication = Un peuple d’opprimés se lève et se met en marche... Et en section commentaires, j’ai intégré un certains nombres d’articles, mais surtout la vidéo de L’HeureDeSeRéveiller, dans laquelle Onfray explique à raison que Macron De Rothschild a été programmé pour nous « tuer »...

      Il a été choisi par ses Maitres, car il a été jugé le meilleur pour être incapable d’empathie envers le peuple, puisque l’objectif du 0.00001% de tout temps, c’est Être pour (nous)AVOIR, nous sommes leur chose, c’est la classe possédante / dominante nos oppresseurs, nous sommes les possédés / dominés / opprimés...

      Et on se lève et on se met en marche, en Gilet Jaune, pourquoi pas, mais pas que, et surtout, on n’attend pas que Macron nous parle en Père de la Nation ! Surement pas, la solution pour les Compas de Commercy dans la Meuse et pour les invisibles dont je fais partie est HORS ÉTAT & SES INSTITUTIONS sans rien casser, juste en appelant à la grève générale, illimitée de la CONSOMMATION !

      Consommons le minimum vital, ceux qui peuvent (surtout les sans le sou) déplacez-vous au minimum et comprenez que le C.A. de Noël c’est 68 Milliards qui ruissellent dans les poches des gros industriels ! Offrez à vos rejetons la détermination à nous rendre libres...

      De Jo la Fourmi et des mouches du coches R71...

      P.S. : Pour les amateurs, le tout dernier PDF de l’année 2018, à paraitre prochainement et gratuitement sur mon blog est sur Paulo Freire...



    • Vera Mikhaïlichenko Vera Mikhaïlichenko 8 décembre 19:01

      Michel Onfray est décidément très productif. Son texte de ce samedi 8 décembre : LE POUVOIR AUX ABOIS. Extraits :

      Le pouvoir a usé et abusé de plusieurs stratégies pour disqualifier le mouvement des gilets-jaunes. Il y a d’abord eu le traitement par le mépris : "Ca leur passera, c’est un genre d’éruption cutanée, ils finiront par rejoindre le rang ! Il suffit de laisser pourrir, d’attendre, de tabler sur la fatigue." (...)

        Il y a eu ensuite le traitement par le mensonge. Le ministre de l’Intérieur, ancien joueur de poker naguère très au fait des habitudes du milieu marseillais, y est allé fort : il a livré à la presse, qui s’est empressée de les reprendre et de les diffuser largement, des chiffres fantaisistes concernant les participations aux manifestations à la décimale près en expliquant que ce n’était rien, peu de chose, pas grand-chose. Les images avaient beau montrer le contraire à jet continu, rien n’y faisait : le pouvoir disait que c’était quantité négligeable -donc gens négligeables.

       Dans la foulée, il y a eu le traitement par la criminalisation. On a ainsi vu ce fameux Castaner posant dans un PC sécurité, avec des fonctionnaires aux ordres, en leur demandant devant les caméras de confirmer qu’il y avait bien eu un mort. La conversation ressemblait à ça : "Un mort, oui, c’est ça, j’ai bien entendu, il y a eu un mort, vous pouvez me confirmer qu’il y a donc bien eu un mort à cause des gilets-jaunes ? C’est bien ça ?" Or, s’il y a bien eu des morts, ils ne l’ont pas été du fait des gilets-jaunes, mais du fait de ceux qui, comme Castaner, refusaient les gilets-jaunes, et fonçaient dans le tas...

        Puis il y a eu le traitement par la diabolisation : on a parlé de fascisme, de vichysme, de poujadisme, de lepenisme, de populisme, de peste brune, d’antisémitisme, d’homophobie, de racisme. Libération et Le Monde, France-Inter et le service public audiovisuel dans sa totalité, ainsi que les journaux subventionnés par l’argent du contribuable, y sont allés comme un seul BHL ! Mais cette technique qui a fait mouche pendant quelques années ne marche plus. Le peuple a compris les ficelles. (...)

       Ajoutons aux forfaits déjà listés le traitement par l’attaque ad hominem : les journaux du système sont allés chercher des poux dans la tête de tel ou tel dont on cherchait le spécimen le plus à même de servir de repoussoir. Il y eut cette femme qui avait fait un tabac avec sa vidéo, tout au départ du mouvement, et dont on a vidé les poubelles afin de savoir s’il n’y avait pas chez elle quelque chose qui réjouirait la basse police intellectuelle. On a trouvé de l’hypnose (comme chez Freud...), de la croyance à des propos assez peu scientifiques (comme chez Freud...), du complotisme (comme chez Freud...), mais comme elle ne se réclamait pas du docteur viennois, les journalistes parisiens qui habituellement souscrivent aux fictions de la psychanalyse trouvaient que, chez elle qui vivait en province et n’était pas diplômée en pensée magique freudienne, il n’y avait aucun crédit et que, de ce fait, c’est tout le mouvement qui cessait d’être crédible (...).

         Il fallut également compter avec le traitement par l’essentialisation. De sorte qu’un propos raciste tenu ici par un gilet-jaune qui bloque une voiture conduite par un non-blanc (on ne sait plus comment dire sans risquer la prison...) bien décidé à forcer le barrage, et voilà que c’est tout le mouvement qui est raciste ! Et l’on fait de même avec un gilet-jaune qui a tenu un propos homophobe après avoir estimé que le conducteur énervé d’un autre véhicule ne lui semblait pas hétérosexuel (toujours la crainte de la prison...), et voilà que tout le mouvement devient homophobe ! (...)

       Pour suivre, il y a eu aussi le traitement par la déconsidération : il fallait absolument assimiler le mouvement aux casseurs. Consignes furent donc données aux forces de l’ordre de laisser casser : sinon, pourquoi aurai-je vu pendant si longtemps sur BFM des manifestants desceller des pavés de l’avenue des Champs-Élysées ? Ce que les journalistes pouvaient filmer sans problème, en prenant leur temps, ce que les téléspectateurs pouvaient voir, bien assis dans leur fauteuil, les services de police pouvaient eux-aussi le voir, ils pouvaient donc agir, donner des ordres et empêcher que les pavés soient descellés. Auquel cas, sans pavés descellés, il n’y aurait pas eu de forces de police attaquées, pas de vitrines de magasins défoncées, et rien de ce qui a permis aux journalistes de s’apitoyer longuement sur le spectacle déplorable, sur la violence des gilets-jaunes, sur leur vandalisme, sur leur sauvagerie... Qui était sauvage. Qui était vandale ? Le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur qui avaient les moyens d’empêcher la violence et qui s’y sont refusés afin de pouvoir ensuite l’instrumentaliser à des fins de déconsidération.

        De même a-t-on eu droit à un traitement par la dramatisation. Avec l’un d’entre les gilets-jaunes qui disait qu’il fallait marcher sur l’Élysée afin de pouvoir y être reçu pour présenter ses doléances, on fit une scène médiatique formidable : les gilets-jaunes voulaient faire un « putsch » fut-il dit. Un « coup d’État » ont ajouté d’autres ! Il a suffi qu’on sorte le propos d’un autre qui voulait qu’on confie Matignon au général de Villiers pour que la presse effectue une nouvelle variation sur le thème du fascisme des gilest-jaunes. Il n’est pas venu à l’esprit de ces journalistes qu’un réel putsch a vraiment eu lieu en France il y a quelques années : c’était le 29 mai 2005 et on le devait aux libéraux maastrichtiens, de droite et de gauche, quand ils ont jeté aux ordures le référendum par lequel 54,68 % des Français ont fait savoir qu’ils ne voulaient plus de cette Europe maastrichtienne libérale, qui a créé la paupérisation générant ce mouvement des gilets-jaunes. 

        Mépris, mensonge, criminalisation, diabolisation, attaque ad hominem, essentialisation, déconsidération, dramatisation : Emmanuel Macron ne recule devant rien quand il s’agit d’attaquer le peuple afin de défendre l’Europe maastrichtienne.

         L’image des blindés de la gendarmerie stationné en haut des Champs-Élysées renseigne bien sur ce qu’il en est désormais du pouvoir personnel d’Emmanuel Macron... Mais ce ne sont pas des véhicules militaires, a dit une crétine de BFM le samedi matin parce qu’ils n’étaient pas équipés de mitraillettes -des « sulfateuses » a même surenchéri un consultant expert de la chaîne ! Il y avait presque un regret chez ces gens-là qu’on ne sulfate pas le peuple qui se contente de demander du pain.

      Michel Onfray


      • izarn izarn 8 décembre 20:01

        @Vera Mikhaïlichenko
        Comme blindé il s’agit du VBRG
        A l’origine, il a bien une mitrailleuse 7,62 mm.


      • gueule de bois 8 décembre 22:16

        @Vera Mikhaïlichenko
        Onfray, on aime ou on n’aime pas, mais il est toujours très perspicace.
        Oui il y a bien eu, le plus souvent concurremment, tous les traitements dont il est fait état.
        Sans succès !


      • Garibaldi2 9 décembre 08:34

        @Vera Mikhaïlichenko

        Faut pas confondre attaque ad hominem avec l’attaque ad personam.


      • Gilet 9 décembre 10:20

        @Garibaldi2
        oui c’est comme le vrai Garibaldi et le faux , la gauchiasse propagandiste de comptoir.


      • L'Astronome L’Astronome 9 décembre 11:01

        @Vera Mikhaïlichenko
         
        « Emmanuel Macron ne recule devant rien quand il s’agit d’attaquer le peuple afin de défendre l’Europe maastrichtienne.

         »
         

        J’ajouterai — détail anecdotique — que c’est à Maastricht qu’est mort le véritable chevalier d’Artagnan (Charles de Batz de Castelmore, dit d’Artagnan). Et puis « Europe maastrichienne » peut se lire : chienne d’Europe.
         


      • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 8 décembre 19:09

        La logique du journaliste n’est pas forcément celle des manifestants dont il parle. Je n’ai pas remarqué la moindre revendication des gilets jaunes à propos du Frexit ou de la sortie de l’UE. Il est évident qu’un parti politique qui le proposerait se suiciderait, ile suffit de jeter un coup d’œil au score d’Asselineau.

        La logique veut que l’on récupère sa notre souveraineté, c’est un fait, mais les gens sont réalistes et savent que cela ne peut pas se faire immédiatement.


        • Sozenz 8 décembre 21:13

          @Gilles Mérivac
          ce qui est possible de faire c est par contre mettre macron et ses nuisances sur sur off . pour ceci , il faut continuer à montrer en plus des recommandations d onfray , que les casseurs ne sont pas les gilets jaunes ; et que macron veut étouffer le mouvement des gilets jaunes par la force ;
          il faudra donc couper l herbe sous le pied des casseurs . les bloquer , ce qui permettrait de dévoiler qui sont les casseurs .
          ils sont comme les voyous qui font la loi dans un quartier , ils sont minoritaires.

          les revendications pourraient se faire dans l ordre . et tout ce que met en place macron pour faire taire les gilets jaunes par la force serait cassé ; car n oublions pas que les pays du monde entier regarde le mouvement des gilets jaunes et le comment agit macron ;
          Macron ne pourra pas faire autrement que de montrer sa methode dictatoriale pour faire passer des mesures que le peuple ne veut pas ou se mettre sur off . et l UE le poussera a faire des fautes ; et les personnes verront que les décisions viennent de l UE et que macron ne protège donc pas les intérêts de la France et des Français .
          =>destitution de macron et demande du frexit .

          puis quand la france aura les mains libres , tout passer par referendum populaire

          .


        • zak5 zak5 9 décembre 10:13

          @Sozenz
          il faudra donc couper l herbe sous le pied des casseurs . les bloquer , ce qui permettrait de dévoiler qui sont les casseurs

          est-ce que les gilets jaunes ont vraiment le courrage de le faire ? Les casseurs ne sont pas des flics qui vous lance des lacrymos, et quand vous êtes blessé, appellent l’ambulance pour vous expédier a l’hopital. Les casseurs vous défoncent la tronche si vous vous mettez en travers de leur chemin et vous laissent sur le pavé agonisantr, et ils n’ont pas de casseurs de casseurs pour faire l’enquête
           


        • izarn izarn 8 décembre 19:31

          Voila Onfray qui nous indique la solution : Copier le mode d’élection en ex-URSS !

          A la place de « fédération » on mettait « cellule »...

           "...On peut ainsi se référer aux révolutions du Printemps arabe qui, faute d’organisation, de coordination, de programme commun, mais surtout d’unité et, pour tout dire, de fraternité, ont bien mis à bas des régimes tyranniques..."

          Il pourrait remercier la CIA et Soros, tant qu’il y est !


          • Jason Jason 8 décembre 19:31

            Excellent. Le parallèle Bastille-Arc de triomphe est très bien vu. Les GJ doivent impérativement faire le siège de Bruxelles, source de nombreux maux et excuses du gouvernement. Déchirer les traités et les renégocier éventuellement, sans oublier d’envoyer au diable (ou pire) les 20000 lobbyistes qui veillent au grain du Capital.

            P.S. Petite coquille : la monarchie n’a pas été abolie avec la mort de Louis XVI, elle a continué sous différentes formes jusqu’au 4 septembre 1870, proclamation de la III ème République.


            • gueule de bois 8 décembre 22:24

              @Jason
              Sans qu’ils ne fassent rien le mouvement des Gilets Jaunes s’exporte en Europe (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Bulgarie, Serbie).
              Il faudrait donc maintenant qu’ils s’occupent activement de cette exportation, un peu d’agitprop quoi ...
              La bataille de Paris se gagne peut-être à Bruxelles.


            • Vera Mikhaïlichenko Vera Mikhaïlichenko 8 décembre 20:44

              Encore du Michel Onfray, plus « populiste » et révolutionnaire que jamais, publié il y a moins d’une heure : GRANDEUR DU PETIT PEUPLE

              J’ai dit quels moyens le pouvoir utilisait pour salir et discréditer le mouvement des gilets-jaunes -mépris, mensonge, criminalisation, diabolisation, attaque ad hominem, essentialisation, déconsidération, dramatisation. On peut en ajouter un autre : le procès en immaturité politique -la dévalorisation. Ces gens-là sont trop bêtes, trop provinciaux, trop incultes, trop illettrés, trop débiles, trop « beaufs », fut-il dit un peu partout, ils sont trop sous-diplômés. (...)

                 Depuis Maastricht (1992), ce sont les mêmes éléments de langage avariés qui sont servis par les dominants afin de discréditer quiconque ne souscrit pas à l’Europe libérale, non pas parce qu’elle est « Europe », ce que personne ne refuse plus, mais parce qu’elle est « libérale », ce que beaucoup repoussent. Ce sont les mêmes insultes qui ont été sorties pour les partisans du Brexit (...).

                Le système maastrichtien a son clergé. Il est formé à l’École nationale d’administration, à Sciences-Po, dans les écoles de journalisme, à Polytechnique, à l’École normale supérieure. Pendant leurs années d’études, on gave les impétrants d’une idéologie qu’ils rabâchent, répètent, réitèrent, reproduisent, ressassent ensuite dans tous les endroits où ils sont embauchés : grands corps d’État, haute administration, université, journalisme, édition, direction des médias, conseil d’État, sans oublier la politique politicienne qui est le prolétariat de ces gens-là. 

                Tout ce petit monde a la tête extrêmement bien pleine, mais très mal faite. Cette engeance est formée comme des commandos de rhéteurs et de sophistes, de beaux-parleurs et d’enfumeurs, de dialecticiens et de casuistes, d’orateurs et d’ergoteurs. Elle produit son meilleur effet dans un conseil d’administration, dans un comité de rédaction ou de lecture, dans un amphithéâtre, dans les colonnes d’un éditorial ou dans les réunions des patrons de médias, à l’Assemblée nationale ou au Sénat, dans un conseil des ministres ou dans les palais de la République, sur un plateau de télévision ou comme « consultants » ou « experts » sur les chaînes d’information continue -ou dans « Le Siècle », un club très fermé où l’on mange du gilet-jaune à tous les repas... (...)

                Bien sûr, ces gens-là estiment que les gilets-jaunes ne sont pas habilités à faire de la politique sous prétexte qu’il faut laisser ces choses-là, trop sérieuses pour le peuple, aux experts que sont les instances dirigeantes des syndicats et des partis (...), et aux élus de tous les échelons de la politique politicienne. La démocratie doit être représentative, disent-ils, et non pas directe. Nous, oui ; eux, non.

                Or, chacun a pu voir comment le référendum sur le Traité européen qui était l’expression de la démocratie directe, bien que largement gagné, a été jugé comme nul et non avenu par les députés et les sénateurs qui étaient l’expression de la démocratie indirecte. (...) Ce coup d’État fut une leçon que le peuple a mis dans un coin de sa tête (...).

                Les gilets-jaunes sont dans la rue parce qu’ils savent que l’Assemblée nationale et le Sénat sont leurs ennemis puisqu’ils ne les représentent pas sociologiquement ni politiquement. Le système représentatif, tant qu’il ne sera pas intégralement proportionnel, générera une oligarchie, une aristocratie, une caste, une tribu qui disposera de tous les pouvoirs : ce ne sera jamais une démocratie. (...)

                Avec les gilets-jaunes dans la rue, toute cette aristocratie maastrichtienne se trouve mise à mal, critiquée, menacée. (...) elle voit d’un très mauvais œil ce surgissement de velléités de démocratie directe.

                 « Ça n’a jamais marché », pérore Christophe Barbier sur BFM le samedi 8 décembre : ça marche pourtant en Suisse... La notice Wikipédia de ce normalien pas agrégé ayant fait une école de journalisme nous apprend ceci : En 2017, il déclare notamment au Journal du dimanche : "Se confronter au terrain pollue l’esprit de l’éditorialiste. Son rôle est de donner son opinion, d’affirmer ses certitudes, par essence improuvables. Afficher avec force ses convictions permet aux lecteurs de s’y frotter pour former les leurs.«  Et plus loin : »L’éditorialiste est comme un tuteur sur lequel le peuple, comme du lierre rampant, peut s’élever." On comprend qu’il n’ait pas besoin de se confronter au terrain des gilets-jaunes, ce « lierre rampant », afin d’éviter de se polluer l’esprit et de pouvoir affirmer et toute objectivité ses certitudes improuvables ! En passant, on apprend également qu’il a composé un rap en l’honneur d’Emmanuel Macron... Christophe Barbier est l’un des personnages emblématiques de cette aristocratie qui enjambe le peuple.

                Or, quand on va sur le terrain (...), on se l’éclaire et l’on peut obtenir un certain nombre de certitudes susceptibles d’être prouvées. J’en veux pour preuve ce tract ramassé dans une rue de Paris et envoyé par un ami. Il dit ceci :

              Titre : Nos 8 doléances

              "Nous rentrerons chez nous quand ces mesures seront appliquées

              1. Nous voulons de la démocratie directe à tous les niveaux. Nous voulons un gouvernement d’union nationale avec une régence d’exception pour éviter que les partis politiques, qui sont disqualifiés, n’instrumentalisent notre détresse et notre colère.

              2. Nous voulons une baisse de 20% de toutes les taxes et les charges touchant la classe moyenne, les travailleurs pauvres et les entrepreneurs. Baisser ces taxes, c’est monter nos salaires. Nous voulons une action immédiate pour taxer ce qui vaut la peine d’être taxé : les GAFA et les transactions financières.

              3. Nous voulons que la France arrête de vivre au-dessus de ses moyens et arrête d’accueillir la misère du monde parce qu’elle et déjà dans la misère avec ses millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Nous voulons une immigration choisie, qui ne nous détruise pas culturellement. Nous demandons ainsi un retrait du pacte de l’immigration de l’ONU.

              4. Nous voulons une relocalisation de toutes les décisions dans les régions, les villes et les communes. L’Etat et ses fonctionnaires à Paris ne sont pas qualifiés pour décider de l’avenir de nos communes.

              5. Nous voulons une sortie de la PAC qui corrompt nos agriculteurs en n’allouant ses aides qu’aux productivistes et aux empoisonneurs répandant le cancer en France. Nos impôts ne doivent en aucun cas servir à financer Bayer-Monsanto.

              6. Nous voulons la création de barrières commerciales pour empêcher l’Allemagne de nous vendre des produits fabriqués en Roumanie, sous le label « Deutsche Qualität » et d’ainsi détruire nos emplois.

              7. Nous voulons le retrait de toutes les aides à la presse pour une vraie séparation des pouvoirs médiatiques et politiques.

              8. Nous voulons une action immédiate pour arrêter l’intégration dans l’Europe car elle ne se construit que sur la ruine des petites gens.

                 Qui dira qu’il n’y a pas là d’intelligence pratique ? C’est un véritable programme politique. Il est anonyme, aucune signature, aucune de ces propositions ne ressemblent à quoi que ce soit de connu chez les jacobins. Il est débarrassé du verbiage technocratique ou qui relèverait de la politique politicienne.

                C’est simple, clair, net, direct et programmatique : la démocratie directe ; un gouvernement d’union nationale constitué en dehors des partis politiques parce qu’ils sont discrédités et qu’ils guettent la récupération ; une baisse des taxes et des charges pour la population la plus éprouvée ; une augmentation des salaires ; une taxation des GAFA et de ceux qui font de l’argent avec l’argent ; une politique migratoire rationnelle qui ne soit ni celle de la passoire ni celle du mur ; un communalisme et un régionalisme effectifs ; une autre politique agricole que celle du productivisme qui fait le jeu des multinationales, détruit la planète et intoxique les consommateurs ; l’instauration de barrières commerciales qui empêcheraient la concurrence entre les États de droit et les États voyous en matière de protection sociale ; le retrait des aides à la presse, subventionnée par le contribuable afin de l’endoctriner et de le mépriser quand il refuse l’endoctrinement ; une séparation des pouvoirs médiatiques et politiques ; l’arrêt de l’intégration dans l’État maastrichtien...

                J’aurais pu écrire ce tract auquel je ne retranche rien ! Il est la feuille de route de la démocratie directe. C’est sur ce projet positif, concret, dynamique, qu’il faut désormais travailler. (...)

              Michel Onfray


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 8 décembre 21:05

                @Vera Mikhaïlichenko

                Je signe .


              • Gilet 8 décembre 21:17

                @Aita Pea Pea

                M’étonne pas , toi tu signerais ton arrêt de mort si c’est une belle gonzesse qui la rédigeait . Je vais te signaler comme prétendant à Christophe Chaud Croupion.


              • #NCC-1701-A-Bois-Bandé #Shawford 8 décembre 21:21

                @

                Ça sent la pastèque en propre ou par proxy par ici !

                Ça puirrrrre mes princes !!!! Beurkkkkk !


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 8 décembre 22:12

                @Gilet La tarlouze Chaud Croupion c’est pas mon truc ...mais une belle gonzesse j’avoue...je suis faible a la bite dure .


              • gueule de bois 8 décembre 22:25

                @Vera Mikhaïlichenko
                Tu nous sers l’Onfray des grands jours. T’es sa copine ?


              • #NCC-1701-A-Bois-Bandé #Shawford 8 décembre 22:43

                @Aita Pea Pea

                Sûr que ça c’est chaud à comprendre !!!

                - >

                https://youtu.be/JDG2m5hN1vo


              • L'Astronome L’Astronome 9 décembre 11:17

                 
                @Vera Mikhaïlichenko
                 
                « Ces gens-là sont trop bêtes, trop provinciaux, trop incultes, trop illettrés, trop débiles, trop « beaufs »,
                 
                Cela rappelle les paroles d’Hervé Morin, alors ministre de la Défense, qui, interrogé sur l’intervention militaire de la France en Afghanistan, répondit qu’il était difficile d’expliquer à des cons... heu aux Français les enjeux de c ette guerre. (interview d’Oumma . com 23.10.2010)
                 


              • gueule de bois 9 décembre 16:14

                @L’Astronome
                Ne vous moquez pas, Hervé Morin sait ce qu’il dit et voyage dans le temps. Né en 1961 il a assisté au débarquement de Normandie en 1944.
                Lien.


              • L'Astronome L’Astronome 10 décembre 10:15

                 
                 @gueule de bois
                 
                HM a été un mauvais élève (il a redoublé plusieurs classes, a été renvoyé de son lycée avant le bac). Ceci explique sans doute sa méconnaissance de l’histoire. Autre conclusion : les cancres ont toutes leurs chances pour parvenir au pouvoir.
                 


              • seken 8 décembre 22:26

                Vous entendez ?

                C’est le bruit des bottes.


                • lloreen 8 décembre 22:32

                  Et maintenant, c’est la transition. Et après, ce sont les français qui décideront...

                  Le programme de la transition.

                  https://www.conseilnational.fr/transition-programme/

                  Le message du porte-parole du conseil national de transition aux français.

                  https://www.youtube.com/watch?v=9F8L_ICBEwg

                  Dans la mesure où les vidéos sont systématiquement censurées et le site du conseil national de transition régulièrement piraté, il vaut mieux sauvegarder les vidéos et aider à les diffuser pour réinformer les français sur la réalité de cette alternative salvatrice à laquelle ils peuvent tous participer.

                  https://www.youtube.com/watch?v=9F8L_ICBEwg


                  • lloreen 8 décembre 22:33
                    Par Conseil National de Transition Pétition adressée à CITOYEN DU PEUPLE DE FRANCE

                    MANDAT D’ARRÊT

                    Pour haute trahison, atteinte à la sûreté de l’Etat et crime contre l’humanité,

                    La « Cour Suprême » de justice de France, créée pour représenter la « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen », et animée exclusivement par des citoyens non professionnels, délivre ce jour, 10 novembre 2018, au nom du peuple de France représenté par tous les signataires, ce mandat d’arrêt concernant Emmanuel Macron, né le 21 décembre 1977 à Amiens, fils de Jean-Michel Macron et Françoise Noguès pour,

                    - « Haute trahison » : violation de l’article 9 du préambule de 1946 du bloc de constitutionnalité, en raison de la vente illégale de biens du patrimoine national. Tentative d’établissement d’une dictature absolue par la loi n° 2017-1510 du 30 octobre 2017 visant à supprimer les droits « sacrés, inaliénables et imprescriptibles » pourtant garantis par la plus haute instance juridique de France : La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

                    - « Atteinte à la sûreté de l’état » : organisation d’un programme d’immigration mettant tous les Français en état d’insécurité, en danger de guerre civile, et ce, en violation du « droit à la sûreté » dont toute association politique est pourtant garante (article 2 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen).

                    - « Crime contre l’humanité » : le Décret n°2018-42 du 25 janvier 2018 obligeant à la vaccination annule le « Droit Parental », fondement de la civilisation humaine. De plus, les études préalables révélaient que les produits injectés affecteraient gravement l’état de santé mental et physique des enfants, c’est donc en toute conscience qu’Emmanuel Macron a usé de son pouvoir pour préjudicier à la vie de centaines de milliers d’enfants français.

                    Ce mandat d’arrêt est étendu à Edouard Philippe, Agnès Buzyn, Jean-Michel Blanquer et Annick Girardin, co-signataires du décret relatif à la vaccination obligatoire ; et à tous les autres membres de ce gouvernement dont il est avéré qu’ils ont participé activement à trahir la France et les droits fondamentaux et inaliénables des Français.

                    Pour exécution dudit mandat, nous mandons et ordonnons à tous officiers ou agents de la Force publique de rechercher, arrêter et conduire chacun de ces individus à la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis pour être mis à la disposition de la justice, comme l’état de droit l’exige.

                    Compte tenu du fait que ces individus disposent de nombreux complices dangereux et sont soupçonnés d’appartenir à des réseaux occultes ayant phagocyté plusieurs services des institutions nationales, il est expressément recommandé aux agents de la force publique d’intervenir en collaboration avec les services des forces armées de l’état, civiles ou militaires, respectueuses de l’état de Droit et fidèles à la Constitution.

                    Pour que la Force serve la Justice, le Peuple et la Souveraineté de la Nation Française.

                    https://www.mesopinions.com/petition/justice/approuver-mandats-arret-delivres-cour-supreme/52273?fbclid=IwAR3ggAnjaFWgeoeVNHJV1adlhySgO0W5fmPZek8tmoiKbBdFpLPq2r9WUIg


                    • kalachnikov kalachnikov 8 décembre 22:43

                      J’ai lu les textes d’Onfray, lequel, aux dernières nouvelles, se roule dans la démagogie.

                      Je vais être concret, pour ma part. Voici les issues qui s’offrent au peuple :

                      1.céder et être broyé ;

                      2.sortir de lui-même de l’Ue ;

                      3.entraîner l’implosion de l’Ue ;

                      4.l’Ue se réforme pour faire plaisir aux Français.

                      L’option 4 me semble impossible pour la simple raison que, parmi les 27, beaucoup n’ont pas interêt à modifier les règles de l’Ue.

                      Il apparait évident que dans l’option 3 l’Allemagne finira par mettre un terme à cette aventure si la France ne collabore plus.

                      Puis, il y a l’option 2, le frexit. Qui ne peut être comparé au brexit car le frexit, lui, entraîne mécaniquement la fin de l’Ue.

                      Là-dessus, en plus d’être concret, il faut être direct, Michel, et dire la vérité au peuple : les options 2 & 3, c’est du sang et des larmes en perspective. Après cette charmante aventure, on repart en slip.

                      Et puis quand on est bienveillant avec le peuple et qu’on ne se contente pas de lui frotter le pelage, on se fait lyrique : ’tu n’as rien à craindre, peuple, il te suffit de te retourner et de regarder ta merveilleuse histoire, tu renaîtras vite de tes cendres si tu as foi en toi.’


                      • kalachnikov kalachnikov 8 décembre 22:45

                        Taxer les Gafa. L’Etat a voulu le faire, mr Onfray. Retoqué par le Conseil Constitutionnel au nom de l’Egalité.


                      • #NCC-1701-A-Bois-Bandé #Shawford 8 décembre 22:45

                        @kalachnikov

                        Running in the shadow !!! smiley smiley smiley smiley


                      • kalachnikov kalachnikov 8 décembre 22:50

                        Même si c’est toujours agréable de s’entendre dire ’mais non tu ne pues pas, peuple, mais oui, tu sens bon’, on lira des trucs sérieux pour prendre connaissance des plans de la prison et de là prendre une résolution (à savoir les 4 possibles donnés dans mon premier com).

                        http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/12/06/31001-20181206ARTFIG00209-gilets-jaunes-macron-a-les-pieds-et-les-poings-lies-par-l-union-europeenne.php


                      • #NCC-1701-A-Bois-Bandé #Shawford 8 décembre 22:55

                        @kalachnikov

                        Un troll, ça pue vraiment, indecrotablement, et sur le long terme, c’est un avantage certain !

                        Tu devrais commencer à prendre exemple ! ^^


                      • #NCC-1701-A-Bois-Bandé #Shawford 8 décembre 22:57

                        @kalachnikov

                        À tout le moins, t’as le bulbe qui gonfle, gonfle, gonfle énormément ces derniers temps.

                        Je crois que je vais de nouveau opter pour une alliance furtive anti Ténia !


                      • kalachnikov kalachnikov 8 décembre 23:02

                        J’habite Paris, mr Onfray, et aujourd’hui je me suis rendu au centre commercial qui était blindé. Ces gens-là sont-ils du peuple, mr Onfray ? Ont-ils droit d’existence, font-ils partie de la Nation ? Tous bobos, tous méchants ?

                        Le premier problème à régler est le cas Macron. Il n’est pas possible que ce type demeure à la tête de l’Etat s’il ne représente plus les Français et même est contre les Français. La légalité n’est pas la légitimité. Que va-t’il se passer pour les trois ans qui viennent ? S’il continue sa politique, contre peut-être les Français, c’est le cirque continu assuré ; et s’il mène une politique contraire à l’idéologie dont il se revendique, ça confine à la farce. Donc, mr Macron, imitant en cela De Gaulle, doit faire un referendum ayant valeur de plébiscite et en tirer les conséquences.

                        Et je ne puis qu’être étonné que pas un des pseudo opposants, intellos, etc ne propose ce qui me semble évident. Il faut dire qu’ils préféreraient une dissolution, tablant sur l’extension de la gamelle.


                      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 8 décembre 23:06

                        @#Shawford

                        Lol ...kalach est un des seuls gars intéressants ...bonjour à lui.


                      • #NCC-1701-A-Bois-Bandé #Shawford 8 décembre 23:10

                        @Aita Pea Pea

                        Et regarde ce qu’il a lâché après mon scud... encore plus punchy !

                        Il a le faible... très très dur lui... aussi !? smiley


                      • #NCC-1701-A-Bois-Bandé #Shawford 8 décembre 23:16

                        @Aita Pea Pea

                        Bref, si tu « voyais » bien, c’est une vraie divinité à mes yeux qui s’assume sans s’appesantir sur mes œillades, pour se forger par lui même son propre paradis, avec ses cibles bien 🎯 !


                      • #NCC-1701-A-Bois-Bandé #Shawford 8 décembre 23:21

                        @Aita Pea Pea

                        Mais j’ai encore qques éons à lui ponctionner pour que je puisse in fine le distinguer en toutes circonstances de mon frérot Beber !

                        Besause, business as usual pour l’asticot :

                        https://youtu.be/1Wp-SZSBkjk

                        Yes je can ! smiley

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