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Accueil du site > Tribune Libre > Paradoxes du glyphosate et confusions entre les glyphosates et un procès (...)

Paradoxes du glyphosate et confusions entre les glyphosates et un procès concernant le Roundup et le Ranger Pro et l’industriel Monsanto

Ma dernière production sur Agoravox date du 30 septembre dernier (il y a plus de 10 mois) et avait pour titre « Les paradoxes du glyphosate ».

Je n’ai rien à en retirer. En revanche, un nouveau titre avec un texte actualisé pourrait être ainsi libellé : « Paradoxes du glyphosate et confusions entre les glyphosates et un procès concernant le Roundup et le Ranger Pro et l’industriel Monsanto »

 

Entre les déclarations des politiques, les appels à pétitions sur les réseaux sociaux, les articles de presse plus ou moins bien informés -plutôt moins bien, disons-le- et très souvent partiaux, il se dit nombre de bêtises (l’écrivant, je pense à un autre substantif, plus trivial, mais reflétant mieux la réalité), parfois tout et son contraire…

En Californie, il ne s’est pas agi du procès du glyphosate (très nombreuses déclinaisons commercialisées par un assez grand nombre d’industriels et de sociétés) mais bien de celui de la firme Monsanto, notamment à travers ses tentatives de non-information voire de désinformation, et de deux de ses herbicides commercialisés aux USA : Roundup et Ranger Pro (qui associent au glyphosate des molécules dont la toxicité a souvent échappé au contrôle des autorités lors des processus de ‘’registration’’) à travers une utilisation contestable de l’aveu même du plaignant dont la peau a été en contact fréquent avec ces formulations.

Le grand public en France confond glyphosate et produits herbicides formulés dont l’ancêtre et toujours produit phare est le Roundup de Monsanto. Passé dans le domaine public depuis plus de vingt ans, le glyphosate est la substance herbicide la plus utilisée au monde depuis quarante ans, aussi bien en désherbage total qu’en utilisation modérée et ‘’vertueuse’’ (en lieu et place du pâturage d’antan) en ‘’agriculture de conservation’’ (des sols sous-entendu : conservation physico-chimique et restauration de l’activité biologique).

Sur sa toxicité intrinsèque, plus exactement sa cancérogénicité, la polémique n’est pas éteinte mais, même si l’on donne raison au CIRC-OMS qui le classe au tableau 2A, il y rejoint les échappements diésel, le travail de nuit, la viande rouge, etc… Mais le lièvre est soulevé : il appartient aux autorités scientifiques et décisionnelles de n’autoriser les produits herbicides à base de glyphosate que sur l’examen toxicologique et écotoxicologique des formulations proposées, donc des coformulants.

 

Le grand public, les ‘’écolos’’ et bien des politiques, croient combattre Monsanto (Bayer) en s’attaquant à l’utilisation ‘’agricole’’ (oui, précision, parce qu’il y a les surfaces de ballasts des voies ferrées qu’il faut, c’est une nécessité, maintenir hors enherbement) du glyphosate. Or, à la limite, Monsanto (mise à part sa réputation) n’en a finalement rien à cirer : ses vrais marchés sont liés aux cultures OGM résistantes au glyphosate qu’on peut désherber en les aspergeant de… Roundup (en fait un kit semences+herbicide). Nos pays interdisent ces cultures (la France depuis 2008)… C’est ailleurs que Monsanto va faire son beurre…

 

Dernier point à soulever : l’absence de l’interdiction à trois ans du glyphosate dans la loi sur l’alimentation. Ah !... que d’encre, que de logorrhées verbales et diatribes enflammées !... Mais, réfléchissons : inscrire cette interdiction dans la loi, c’est aussi formaliser les peines à infliger aux contrevenants…

Or, on l’a compris, il y a des usages respectables du glyphosate (j’avais cité la dévitalisation préalable à toute lutte contre le court-noué de la vigne) et même vertueux (l’agriculture de conservation). Les chercheurs, les techniciens et nombre de professionnels cherchent et tentent de mettre au point les solutions alternatives : si ce n’est pas au top au bout des trois ans, doit-on… les considérer comme délinquants ? Si oui… alors interdisons à trois ans la viande rouge, le travail de nuit, l’utilisation du formol et, bien sûr, les moteurs diesel !!!

 

PDF - 1.1 Mo

 


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133 réactions à cet article    


  • gueule de bois 21 août 18:37
    A la marge de votre article, fort intéressant, comme le précédent, je signale ceci.
    Monsanto commercialisait sous la marque roundup un désherbant à base de glyphosate.
    Il commercialise maintenant avec le même nom et le même emballage un autre produit
    Si ce n’est comme je le crois que du vinaigre c’est le vinaigre le plus cher jamais vendu.
    En tout cas j’ai déjà essayé le mélange vinaigre+sel et même dans l’eau bouillante. Effet instantané mais très limité dans le temps (repousse après quinzaine) .

    • Bella Ciao 21 août 20:48

      @gueule de bois


      Bonsoir GdB, Bayer commercialise effectivement l’acide pélargonique (un acide gras qui perturbe le fonctionnement des organismes chlorophylliens et qui, en tant qu’acide a des effets dessiccants) formulé sous le nom de Dévatol. Cette substance étant produite dans la nature par les géraniées (mais loin de la concentration du Dévatol), elle est considérée comme contribuant au « biocontôle » mais n’est pas encore au cahier des autorisations de l’agriculture biologique. C’est un produit chimique corrosif : précautions d’usage évidemment.

      Quant à l’acide acétique (personnellement j’utilise du vinaigre blanc dilué auquel j’ajoute une cuillerée au litre d’huile végétale ou une cuillerée de savon noir pour l’adhésion au feuillage), rien à voir avec Monsanto-Bayer : Scotts France commercialise deux formulations jardin, la plus connue étant le Naturen. Action dessiccatrice assez rapide mais sans grande persistance : on peut avoir à intervenir jusqu’à six fois dans l’année. Avantage : issu de la dégradation oxydative de l’alcool éthylique lui même issu de la fermentation de glucides, il poursuit la chaîne de biodégradation en donnant de l’eau et du dioxyde de carbone...

    • gaijin gaijin 21 août 18:43
      il y a bcp de choses cancérigènes
      raison de plus pour ne rien interdire de ce qui est cancérigène
      ou bien ?

      • vesjem vesjem 21 août 19:32
        bella ciao
        ton article est d’un humour fou !

        • Bella Ciao 21 août 20:52
          @vesjem

          Vous savez, les tenants du tout glyphosate comme les anti-glyphosate ne font pas preuve d’un humour fou smiley et les agriculteurs qui tentent au maximum de réduire leurs intrants chimiques et de trouver des alternatives sont suffisamment stipendiés et stressés pour ne pas verser non plus dans l’humour.

        • vesjem vesjem 21 août 22:03
          @Bella Ciao
          c’est pour çà qu’on les trouve (ces agriculteurs) à 55ans entre 6 planches à force d’intoxication douce ou massive due aux pesticides
          mais le glyphosate, mon bon bella ciao, c’est certainement excellent pour la santé ;
          note qu’aucune statistique sur l’espérance de vie des agriculteurs, ne parait dans les merdias ;
          je constate par contre que toi, apprenti sorcier qui ne manipule jamais ces excellents produits et qui en vante même les bienfaits, tu encourages de façon criminelle les utilisateurs à en user, et tu tentes de polluer les esprits par ta propagande infecte

        • Attila Attila 21 août 22:27

          @vesjem
          "

          c’est pour çà qu’on les trouve (ces agriculteurs) à 55ans entre 6 planches à force d’intoxication douce ou massive due aux pesticides
          mais le glyphosate, mon bon bella ciao, c’est certainement excellent pour la santé  « 

           Portail d’information des publics Cancer Environnement du Centre Léon Bérard
           » En France, l’InVS a analysé la mortalité par cause et par secteur d’activité de 1968 à 1999 dans le cadre de la mise en place d’une étude de cohorte pour la surveillance de la mortalité par profession (programme Cosmop) : il s’agit d’une première analyse de ce type qui n’a pas permis d’observer de surmortalité par aucun cancer chez les agriculteurs (InVS, 2006). « 
          .
           » Les premiers résultats, publiés en septembre 2011, montrent que, de manière générale, la santé des salariés et des exploitants agricoles est meilleure que celle du reste de la population française "

          .


        • cassini 21 août 23:56

          @vesjem


          Quelle honte ! On verra bientôt sur ce site défendre le nucléaire et les vaccins. 


        • joletaxi 22 août 00:42

          @cassini


          c’est une honte, et la presse, soudoyée par bigpharma est remet une couche


          pourtant, c’est charmant un bambin tout plein de pustules

        • Bella Ciao 22 août 00:48

          @vesjem


          Compte-tenu de la prégnance des suicides chez les agriculteurs, je trouve déplacée l’allusion aux 6 planches. Allez visionner https://www.facebook.com/brutnatureFR/videos/2108328676083435/?t=9

          Si vous lisiez certains médias, effectivement spécialisés vous trouveriez ces statistiques, issues entre autre de la MSA et des Inspections du Travail. Hors suicide, rassurez-vous le taux de morbidité pathologique n’est pas plus élevé chez les agriculteurs que dans l’ensemble de la population française, le taux de survenues de cancers y est inférieur (moins de tabagisme, mode de vie plus sain), du moins en métropole et Corse (il semble que le taux de cancers de la prostate, entre autres, soit plus élevé en Martinique et Guadeloupe ; on n’a peut-être pas fini de parler du chlordécone)…

          En restant factuel, j’ose tout de même espérer que je ne fais pas de « propagande » (« infecte » qui plus est, et de façon « criminelle » ; comme vous y allez ! smiley ). Sérieux : avant ma retraite, je n’encourageais pas à l’usage des pesticides et travaillais même à la réduction de leur utilisation ; depuis ma retraite, sur mon petit territoire végétal, en particulier mon modeste potager, je suis en « bio+ 2.0 » smiley

          i.e. : (1) Plus bio que bio puisque je n’utilise même pas les pesticides chimiques autorisés en bio (soufre, cuivre, extraits de pyrèthre…) d’où « bio+ ». Le coût : cette année j’ai perdu tous mes raisins (aussi bien merlot que muscats de table) décimés par un black-rot foudroyant (là en bio, rien à faire, hélas !) puis par le mildiou (aucune protection préventive au cuivre) ; j’ai perdu la moitié de mes oignons et échalotes (mouche de l’oignon)… Quant aux pucerons sur divers végétaux, les rosiers entre autres : au jet d’eau ! Cette année je n’ai pas utilisé de vinaigre blanc pour désherber : j’ai utilisé la binette et… le soleil.
           (2) Et 2.0 parce que tout est sur le compost que j’élabore (un andain de feuilles mortes, végétaux divers et tontes d’un voisin ; et évidemment le composteur ménager).

          Ah, reste le glyphosate… car il m’arrive d’en utiliser. Si, si : dilué dans des pots profonds dans lesquels je plonge les pousses de ronces qui m’embarrassent, un couvercle et le tour est joué...





        • Hecetuye howahkan 22 août 08:36

          @Bella Ciao


          Salut pour le mildiou, ici en Irlande on utilise une solution diluée d’ huile essentiel de tea tree + vinaigre..

          super pour les tomates, on badigeonne au pied..on n’a pas de raisins ici...

          mais bon pourquoi continuer à cultiver ce qui pourrit... ??

          pour les pucerons une solution d’ail dilué...feuilles de rhubarbes etc etc etc etc etc ....

          plus on soigne , plus on est malade...c’est rempli de gens malades partout de plus en plus ,...pareil pour les végétaux, le docteur fol amour ne savait pas et ne sait toujours pas ce qu’il fait...

          il s’en tape , ça rapporte du blé..


        • Attila Attila 22 août 13:19

          @JulietFox
          Le sujet de l’article, c’est l’herbicide à base de glyphosate. Vous nous mettez un lien vers un article de catéchisme qui parle de l’ensemble des produits phytosanitaires.
          Pour le glyphosate, les études scientifiques citées prouvent qu’il n’est ni toxique ni cancérigène. Certains produits phytosanitaires actuels peuvent sans doute poser des problèmes de santé, encore faut-il le prouver : avez vous des études scientifiques validées ?
          A mon tour de mettre un lien :

          Vignobles et mildiou : le bide du bio

          .


        • vesjem vesjem 22 août 14:06
          @Bella Ciao
          cesse de t’offusquer comme un freluquet ; vas te faire engraisser par monsanto avec des cuillères de glyphosate ou d’agent orange, au choix

        • Bella Ciao 22 août 15:19
          @vesjem

          Vous êtes d’une courtoisie exemplaire et je vais me faire… euh… empapaouter par qui ? Ah non : « engraisser » par… -drôle compte tenu de la teneur de mon papier- par Monsanto… dont j’ai dit que c’était le procès : la société et ses deux produits Roundup et Ranger Pro.

          Le mot freluquet m’a amusé vu mon âge canonique smiley Cela dit : JE NE M’OFFUSQUE PAS (faut me relire cher vesjem…).


        • Bella Ciao 22 août 15:25
          @JulietFox

          Bonjour. Je connais non seulement ce docu, mais aussi les cas dont il est question. Bien qu’on déborde du seul sujet glyphosate, vous me donnez l’occasion justement… d’écrire qu’il y a d’autres pesticides autorisés à l’usage, dont certains sont autrement plus préoccupants que le glyphosate.

          Ce dernier est devenu un emblème, un symbole, un marqueur sociétal et idéologique. Et souffre des politiques commerciales agressives de son « inventeur », Monsanto (entre autres les kits ’’semence OGM résistant au glyphosate + Roundup’’), lequel (« Monsanto papers ») a en outre joué au c.. !

        • Alren Alren 22 août 17:56
          @Attila

          L’utilisation massive de produit aussi dangereux que ceux qui déciment les abeilles est relativement récente.

          Les agriculteurs âgés qui entrent dans les statistiques de décès, n’ont pas reçu les doses des agriculteurs âgés actuellement de quarante ans qui n’ont pas pris de précaution pour utiliser ces produits à vingt-trente ans.
          Ce sont eux, dans trente quarante ans, qui pourront avoir statistiquement une vie abrégée.

        • Bella Ciao 22 août 18:38
          @cassini

          Il n’y a pas de « défense » mais seulement un post factuel qui fait le point. J’appelle cela raison garder : ni lobbyisme industriel, ni lobbyisme syndical, ni idéologie, ni lobbyisme écolo, ni populisme, ni conspirationnisme…


        • Bella Ciao 23 août 00:31

          @Alren


          Alren, il faut que vous soyez conscient de ce que les pesticides d’antan étaient autrement plus toxiques, ou dangereux à manipuler, et étaient utilisés à des doses parfois massives. Songez que le sulfure de carbone a longtemps été un désinfectant du sol (traduisez : un stérilisant) ; songez qu’on a longtemps désinfecté les semences de blé (pas seulement) avec des organo-mercuriques (ou mercuriels), qu’on longtemps utilisé l’acide sulfurique comme défanant des pommes de terre, qu’on jusqu’à la fin du XXème siècle des fumigations des sols (maraichage, replantation d’une vigne, etc) aujourd’hui évidemment interdites, qu’on a jusqu’il y a peu utilisé les colorants nitrés pour désherber les céréales à paille, détruire les mousses et les cochenilles et autres vermines sur les troncs et ramures des arbres fruitiers en hiver, utilisé des insecticides organo-chlorés (famille du DDT) et des organophosphorés, utilisé en bio la roténone (extraite de racines de plantes tropicales), insecticide architoxique dont la DL50 de 2,8 mg/kg pour la souris mâle en faisait (interdite depuis 2008) un pesticide 1000 fois plus toxique (toxicité aiguë) et écotoxique que… le glyphosate, utilisé massivement les phytohormones ou auxines de synthèse (défoliants lors de certains conflits), etc, etc...

        • fatallah 23 août 12:33

          @Attila

          > Pour le glyphosate, les études scientifiques citées prouvent qu’il n’est ni toxique ni cancérigène.

          Ce produit est en outre un détergent puissant, qui nettoie bien les cuves. Et les rivières, on voit bien la mousse sur les petites cascades juste après les épandages.

          Si la molécule est peu toxique, son usage est catastrophique sur l’environnement : plus d’adventices (c’est le but) et donc plus d’oiseaux et plus d’insectes. Et les campagnes sont propres ! Les pare-brises aussi !

          Individuellement, chaque paysan n’est pas responsable de l’état de la nature, de l’environnement, n’est pas responsable de la disparition de la faune et de la flore. De la disparition de la vie ... Chacun veut gagner sa vie sur un marché libre et faussé (TAFTA et autres facilités de commerce mondial). Mais la somme des actions individuelles est toxique pour nous tous.

          Ce n’est pas la molécule qui doit attirer l’attention mais ce sont les pratiques agricoles qu’il faut revoir et il faut interdire les biocides ....

        • Bella Ciao 23 août 13:31
          @fatallah

          Bonjour fatallah ; je me permets d’entrer dans votre échange smiley

          Lorsqu’il y a épandage et qu’un bassin versant concentre, ce n’est pas la molécule glyphosate seule qui est transportée, mais le produit commercial avec son ou ses tensio-actifs. De bons tensio-actifs : le savon noir, le Teepol©, les liquides vaisselles. Tous des liquides moussants…

          Le Bassin versant recueille de tout (et donc d’autres pesticides). La rivière va trimballer ces molécules, les médicaments évacués par les urines, les rinçages divers…

          Vous avez raison… sauf que la frange d’agriculteurs ayant adopté, ou expérimentant, d’autres itinéraires, d’autres pratiques… augmente fortement. Je conseillais à quelqu’un la lecture d’un « magazine » agricole tel que La France agricole (des reportages et interviewes souvent passionnants et… inattendus). Mais il y a la lettre d’Ecophyto-PIC avec entre autres les résultats des expérimentations des fermes Dephy-Ecophyto.

        • fatallah 24 août 13:55

          @Bella Ciao

          Je suis d’accord avec vous, les rivières charrient pas mal de choses .... et beaucoup trop de terre, puisque les sols dégradés sont peu cohésifs.

          Ce que je voulais dire, c’est que l"herbicide soit du vinaire ou une molécule de synthèse légèrement toxique, l’usage généralisé et intensif fait qu’il n’y a plus rien dans les campagne : ni fleurs sauvages, ni insectes, ni oiseaux, ... C’est ça qu’il faut aussi changer. Cela fait combien de temps que vous n’avez pas vu une hirondelle ?

          Le député Françcis Ruffin a publié ses reportages sur les agriculteurs. Sans parti pris. Et c’est très intéressant à lire, la présentation des différents points de vue, les rappels historiques ...



        • Bella Ciao 25 août 11:26

          @fatallah


          Fatallah, vous venez de me faire découvrir un…« journal fâché avec tout le monde, ou presque » smiley smiley smiley

          Il y a de plus en plus de terroirs dans lesquels ou sur lesquels (et pas seulement en « bio ») fleurs sauvages, insectes, oiseaux et même petits gibiers (pour peu que la mécanisation les épargne) sont présents, sont de retour [*]. Un indicateur : la présence et les vols de rapaces diurnes (buses notamment). L’identification des causes et leur hiérarchisation des effets que nous observons est toujours très difficile. Je vais vous donner deux exemple qui concernent les insectes butineurs, notamment ceux qui restent en activité l’hiver : les abeilles domestiques.

          (1) Assez généralement les cinq premiers mois de 2018 ont été pluvieux, en outre plutôt froid en avril et mai. Dans un paysage floral appauvri (ou plutôt monotone), quelle est la part du climat subi dans l’effondrement de colonies (manque de nourriture pour le couvain) par rapport à d’autres causes, en particulier pesticides ? Pour ces derniers, au-delà des enquêtes, on va analyser les ruches (les cadres, les aires d’atterrissage, etc) et faire une recherche d’insecticides en priorité…

          (2) Cette dernière recherche va mettre en évidence un apport à la ruche de tel ou tel insecticide. Provient-il de cultures proches ou provient-il de la lutte contre le Varroa entreprise par l’apiculteur ? OK, enquête. Combien d’apiculteurs reconnaîtront avoir par exemple déposé des petits papiers-buvards imbibés à l’entrée de la ruche ?

          Vous devez vous douter que ce propos trouve des racines dans des choses vécues et n’est pas le produit d’une dissertation.

          [*] Ne serait-ce qu’en raison de l’obligation des bandes enherbées et des règles de « verdissement » de la PAC...

        • Attila Attila 21 août 20:41

          Bella Ciao,

          Votre objectivité sur ce sujet est bienvenue.
          Ceci dit, une petite précision : « Sur sa toxicité intrinsèque, plus exactement sa cancérogénicité, la polémique n’est pas éteinte »
          Il ne faut pas confondre toxicité et cancérogénicité :
          — la toxicité est l’aptitude du produit à provoquer la mort. Elle est évaluée par l’observation de la mortalité du groupe de rats de laboratoire auxquels on injecte le produit. Plus la dose provoquant la mort est faible, plus le produit est toxique. On utilise une procédure scientifique normalisée, universellement reconnue. Le résultat porte le nom de dose létale médiane, en abrégé DL 50. Les résultats de cette procédure scientifique permettent de comparer la toxicité des produits entre eux.
          — La cancérogénicité est l’aptitude à provoquer des cancers chez les personnes exposées. Elle s’évalue en comptant le nombre de cancers déclaré dans deux groupes de personnes exposées et non-exposée. On suit médicalement les deux groupes dans leur vie quotidienne pendant un certain temps, on appelle cela une étude clinique et, plus précisément dans ce cas, une étude de cohorte.
          .
          La toxicité du glyphosate est connue depuis longtemps, le chiffre de sa DL 50 est de 4 ou 5 grammes suivant les article. La DL 50 du sel de cuisine est de 3,3 grammes, légèrement inférieure au glyphosate, donc. Le glyphosate est légèrement moins toxique que le sel


          Pour la cancérogénicité, les résultats d’une étude de cohorte ont été récemment publiés. Quand ce type d’étude utilise mille participants, c’est déjà une grosse étude dont les conclusions sont fiables. La dernière étude scientifique sur le glyphosate et cancer a réuni 89000 (quatre vingt neuf mille) participant : c’est un chiffre énorme, probablement un record. Ils ont été suivis pendant vingt ans ce qui est également extrêmement long. Cette étude a été validée, c’est-à-dire que d’autres scientifiques ont examiné si les règles de cette procédure scientifique ont été scrupuleusement respectées, ce qui est le cas. Dans ces conditions, les résultats de cette étude constituent une preuve, quels que soient ces résultats.
          Conclusion : même au bout de 20 ans, les scientifiques n’ont trouvé aucune augmentation des cas de cancers chez les personne exposées par rapport à celles qui n’ont pas été exposées. Le glyphosate n’est pas cancérigène.

          .


          • Attila Attila 21 août 20:42

            @Attila
            J’ai oublié le lien :
            Glyphosate, le nouvel amiante ?

            .


          • Bella Ciao 21 août 21:19
            @Attila

            Bonsoir Attila.

            D’abord merci d’avoir décelé une certaine objectivité derrière le raison garder dont j’ai voulu témoigner.

            Effectivement, toxicité et cancérogénicité sont des notions totalement indépendantes. J’ai utilisé à dessein l’amalgame tant sont souvent pauvres, du moins éloignés de toute réalité scientifique, les
            arguments développés, y compris par les politiques, et tant la confusion entre les deux est généralisée ; je suis resté dans un volet « vulgarisation ». Aux valeurs des DL50 on nous opposera (avec pertinence) la question des effets cocktail ainsi que celle de l’exposition…

            Dans mon premier article j’avais parlé du métabolite AMPA, produit au cours de la dégradation biotique du glyphosate. En fait, nous rejoindrions, à nous apesantir, la biochimie des phosphonates... 

            J’ai -évidemment- eu à connaître l’étude américaine portant sur le très large échantillon (89 000 sujets) suivi durant deux décennies. Et je sais que tout a été fait pour que le CIRC n’en dispose pas.

            Pour sortir des arguments scientifiques et agronomiques, j’ai choisi d’accepter ce classement au tableau 2A des cancérogènes probable pour rappeler qu’au même niveau de cancérogénicité « probable » (supposée), il y a notre mode de vie tout simplement : aliments et boissons avalés trop chauds, travail de nuit, utilisation du formol, travail de nuit, et… ce que nous respirons dans les embouteillages des échappements diésel (et essence au tableau 2B) !!!...

          • Bella Ciao 21 août 21:55

            @Bella Ciao


            J’ajoute à ma réponse que la DL 50 admise est de 4900 mg/kg (rat par ingestion) avec une DJA de 0,3 mg/kg/jour (sels d’ammonium, sels de potassium, sels de di-ammonium, sels d’isopropylamine. Mais là encore, la réalité vient de ce que ne sont pour le moment pas donnés ces éléments pour l’ensemble des coformulants. Que sait-on de la tox des surfactants utilisés ? A quoi s’ajoutent les désherbants associant deux molécules herbicides (dont par exemple l’oxadiazon…).

            Cela montre qu’on se trompe de cible lorsque l’on fait référence au récent procès californien pour stigmatiser LE glyphosate : il s’agit de produits formulés, utilisés à main (et plus) nue (j’ai en tête le témoignage utilisé par des sites écolos-radicaux de l’ouvrier agricole argentin disant « on traite à dix fois la dose recommandée et on marche pieds nus dans les champs traités »...)

            Un chauffard tue quelqu’un à bord d’une, au hasard, conduite intérieure... « Tartempion GtD » . Qui est coupable : la voiture Tartempion GtD ou le conducteur ?

          • vesjem vesjem 21 août 22:09
            @Attila
            je suppose que monsanto vous paye grassement, et que chaque matin vous avalez à la petite cuiller votre dose de glyphosate, bien plus délicieuse que le sel de guérande
            minables créatures

          • Attila Attila 21 août 22:31

            @Bella Ciao
            « Que sait-on de la tox des surfactants utilisés ?  »
            Pour la toxicité, je ne sais pas, mais pour le cancer c’est le produit complet qui est testé.

            .


          • Attila Attila 21 août 22:46

            @vesjem
            "

            je suppose que monsanto vous paye grassement, et que chaque matin vous avalez à la petite cuiller votre dose de glyphosate, bien plus délicieuse que le sel de guérande
            minables créatures "
            Minable argumentation. Rien que le fait de s’en remettre aux conclusions d’études scientifiques validées qui ne vont pas dans le sens de vos délires, et hop ! On est catalogué comme agent de Monsanto. C’est de la folie furieuse !
            Par votre comportement, vous révélez que vous êtes incapables d’accepter la réalité, vous n’êtes que de pov’petits n’enfants perdus dans vos rêves. Grosse colère d’un gosse de dix ans.

            .Moi, je n’accepte pas qu’on accuse sans preuve. Surtout lorsque des preuves scientifiques innocentent le glyphosate sur la toxicité et le cancer.
            Accepter des accusations sans preuve, c’est ne pas voir plus loin que le bout de son nez. Car chacun d’entre nous peut se voir, à son tour, être accusé de n’importe quoi.
            Vos accusations sur le glyphosate, c’est un procès en sorcellerie.

            .


          • Bella Ciao 21 août 22:58

            @Attila Raison de plus pour ne pas stigmatiser le seul glyphosate... Non ?


          • Bella Ciao 21 août 23:44

            @Bella Ciao


            Je rectifie, l’étude épidémiologique américaine portait sur près de 55 000 sujets (Farmers, travailleurs agricoles) dont une partie n’avait jamais été en contact avec un glyphosate et l’autre (en gros quatre fois plus nombreuse) avait permis une segmentation en quatre quartiles d’exposition croissante. Variance quasiment égale à 1/1 des cinq groupes quant aux survenues de cancers…


          • Bella Ciao 21 août 23:53
            @ Attila :

            « Pour la toxicité, je ne sais pas, mais pour le cancer c’est le produit complet qui est testé. »

            Raison de plus pour ne pas stigmatiser le seul glyphosate, non ?

          • Attila Attila 22 août 00:14

            @Bella Ciao
            C’est bien 54000 agriculteurs, mais j’avais lu quelque part que leurs conjoints avaient été suivis aussi, ce qui ferait bien 89000 personnes. Mais si c’est pas ça, c’est pas ça.
            Sur le fond, ça ne change rien.

            .


          • Attila Attila 22 août 10:37

            @Bella Ciao
            « Raison de plus pour ne pas stigmatiser le seul glyphosate, non ? »
            L’ANSES avait interdit certains additifs au glyphosate utilisés chez des concurrents de Monsanto.

            .


          • vesjem vesjem 22 août 13:56
            @Attila
            la question est :« monsanto te paye bien ? »
            tu réponds où tu la fermes

          • vesjem vesjem 22 août 14:02

            @Attila

            t’es sûr que c’est pas 54825,31 agriculteurs , mon bon ?


          • Attila Attila 22 août 16:50

            @vesjem
            « a question est :« monsanto te paye bien ? »tu réponds où tu la fermes »
            Vous êtes vraiment complètement cinglés, les zécolos. On demande des preuves scientifiques des accusations, ce qui est une demande normale chez un adulte digne de ce nom, et vous ne voulez pas en démordre : on est payés par Monsanto !
            Prouvez-le. Ce n’est pas à « l’accusé » de prouver son innocence, c’est à l’accusateur d’apporter la preuve de son accusation.

            .


          • Bella Ciao 22 août 18:43

            @vesjem


            Non seulement le sous-entendu adressé à Attila est peu sympathique, sinon détestable, mais par rapport aux échanges il passe « à côté ». Si vous lisez bien (1) personne ne « défend » ni n’excuse Monsanto ; (2) en l’occurrence Monsanto va chercher de la tune ailleurs que dans nos pays qui ont proscrit les OGM et donc le tiroir-caisse OGM aspergé au Roundup…


          • Attila Attila 22 août 21:34

            @vesjem
            « la question est :« monsanto te paye bien ? »tu réponds où tu la fermes »

            Cette obsession à accuser ceux qui ne sont pas d’accord avec vous d’être à la solde de Monsanto est révélatrice : vous n’avez rien de sérieux pour accuser le glyphosate, rien de rationnel.
            Votre opposition au glyphosate est idéologique et religieuse. C’est votre droit mais vous devez respecter ceux qui ne partagent pas vos croyances.

            .

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