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Accueil du site > Tribune Libre > Pour contrer le système, philosopher sportivement

Pour contrer le système, philosopher sportivement

Au milieu des débats quotidiens du 28' sur ARTE, quatre fois par semaine Thibaut Nolte se déguise en une personnalité et explique ainsi la vie de celle-ci à la première personne.

Toutes ses séquences commencent ainsi : "Bonjour Docteur, j'ai mal ici et là. Petite déprime passagère, c'est tout. Evidemment, je fais du sport".

Il faut d'emblé faire la séparation entre ce qui est systémique et donc presque systématique et prévisible représenté par des symboles et ce qui est conjoncturel dépendant des événements temporaires et que l'on essaye d'associer des modèles historiques comme le sont la météo, le climat et la Bourse.

Le sport ne sort-il pas gagnant de la complexité de notre monde en faisant partie des rouages de la machine économique et sociale ?

N'est-ce aussi une bonne manière d'apporter une réponse à Alexandre Lacroix à la question "Comment ne pas être esclave du système ?" dont je parlais en début de semaine sans ajouter aucun commentaire personnel.

Le "système" est un "groupe d’éléments en interaction ou interdépendants qui agissent selon un ensemble de règles pour former un tout unifié. Un système, entouré et influencé par son environnement, est décrit par ses limites, sa structure et son but pour s’exprimer dans son fonctionnement. Les systèmes sont les sujets d’étude de la théorie des systèmes".

"On s'ennuie, parce qu'on comprend assez vite que l'idée, qu'elle soit bonne ou mauvaise, qu'on soit d'accord ou pas, qu'elle entraîne une réflexion complémentaire ou pas, est somme toute assez simple et qu'elle ne bousculera pas notre quotidien. C'est d'ailleurs peut-être cela qui est le plus ennuyeux : on a tendance à attendre trop d'un essai de ce type, et donc on est à chaque fois déçu", dit un commentateur du livre d'Alexandre Lacroix sur Babelio.
"Je m'attendais à une aporie entre céder au système ou céder aux sirènes de l'anti système qui est un autre système, revers du premier", dit un autre.

Par bravade, j'avais poussé le même billet à la modération d'Agoravox.fr où il est passé.  

Je ne fus pas déçu. Les réactions furent à la hauteur de l'ambition.

Parler des dysfonctionnements des systèmes groupés est certainement nécessaire. Quelques interlocuteurs passaient à la vitesse supérieure en apportant des arguments qui se trouvent dans ce billet-ci.

A mon avis, la question du livre aurait mérité plus que ses 85 pages divisées en plus de chapitres avant d'apporter une conclusion dans le postutilitarisme. L'auteur du livre a laissé dix pages vierges pour permettre d'apporter des commentaires au lecteur face à lui-même. 

Philosopher, n'est-ce pas souvent en définitive "faites ce que je dis mais pas ce que je fais". 

Ne pas se sentir pris dans les fils tissés par une araignée systémique est loin d'être aisé et passe par des techniques de protection souvent très personnelles pour contrer des règles édictées par l'environnement et les attitudes de son entourage.

Dimanche, Pasquale Nardone ramenait sa science avec l'idée que l'intelligence est souvent confrontée à des interprétations plutôt douteuses  http://vanrinsg.hautetfort.com/media/00/02/903811352.MP3.
Autant rester sur ses propres interprétations vraies ou fausses au sujet du système qui ne seraient pas là uniquement pour influencer par des arguments fallacieux.

D'accord avec l'auteur du livre mais comme toujours, il faut avoir les moyens de sa politique et la politique de ses moyens financiers et intellectuels. Revoyons quelques formes de systèmes...

1. Le système de la compétition

Nous sommes ici en pleine actualité avec le foot. Je dois avouer que je ne suis pas un fan et que "l'Euro pour les nuls" me serait utile.
La lettre de Laurence de Sutter envoyée aux Diables rouges me semble parfaitement dans ma ligne de mire  http://vanrinsg.hautetfort.com/media/01/02/2287503823.mp3

Tout y était déjà dit ou presque pour répondre à ce système par le fait de ne pas chercher à être le premier, à se comparer à quelqu'un d'autre et être contaminé par des idées incompréhensibles à cause de sa complexité. Il n'y a pas que les virus dont il faut se méfier. Il faut le faire pour une foule d'influenceurs. Le challenge, s'il existe, est avec moi-même.

Pendant mon jogging ou ma promenade à vélo, c'est sans compétition. Du jogging, du vélo et du foot, j'ai eu l'occasion d'en parler dans la catégorie "Sports" de mon journal.

En résumé, il est question de ne pas aimer les parcours fléchés, des risques de dépasser ses limites, de l'envie d'être lanterne rouge... et en finale, du nationalisme qui sort du chapeau d'un match de foot...

L'homme est un être qui se réfugie derrière ses émotions pour sortir de la raison. Il veut s'identifier à ce qu'il ne sera jamais : un dieu du stade.

Le "Panem et circenses" est toujours de rigueur. La différence avec les gladiateurs, c'est que même si ceux-ci s'y blessent, ils n'en meurent plus.

Ne pas s'attarder sur les points négatifs ou positifs... et garder des nuances d'interprétation à aimer ou non dans un "éclectisme heureux".

Il a aussi ses "profiteurs"

"Ne devenez pas, comme 90% de la population, des suiveurs, des cerveaux lobotomisés et autres moutons... imprégnés par cette quête éphémère qu'ils appellent "réussite sociale". Profitez du système avant qu'il ne vous exploite", lis-je dans Doctosimo .

La Libre écrit : "J'ai bien profité du système. Je ne regrette rien et si cela était à refaire, je n'hésiterais pas une seconde. De sa première saison en équipe fanion en 1969 jusqu'à sa dernière d'entraineur en 2001, Jean n'a jamais quitté le monde du football provincial luxembourgeois. Et pour cause, en un peu plus de trois décennies, il a emmagasiné un pactole de près de 75.000 €. En mettant ce chiffre en rapport avec mon emprunt hypothécaire de ma maison, je peux dire en caricaturant que j'ai construit mon habitation grâce au football. Pourtant, cet enseignant dans le secondaire n'a pas toujours profité du système. Au début, j'étais naïf. Je jouais au football pour le plaisir. Mais très vite, je me rends compte que mon hobby peut rapporter "gros". Ma première rémunération remonte à 1975. À l'époque, je jouais en P1 luxembourgeoise. J'ai gagné 15.000 francs belges pour la saison (+/- 375 €). Un salaire dérisoire en regard de ces dernières années dans le milieu en tant qu'entraineur. Durant mes cinq dernières saisons, je touchais 5.400 € par an. En l'espace de vingt ans, j'ai complètement changé l'approche de mon hobby. Attention, j'ai toujours pris plaisir à être dans le milieu du football. Je n'ai jamais pratiqué mon hobby pour gagner de l'argent. C'était un plus. Mais un pactole non négligeable sur la fin de sa carrière. À un moment, je me suis posé cette question : Pourquoi je ne pourrais pas profiter du système pour un peu mettre de côté ? Si tu n'en profites pas, tu es vraiment un pigeon. Pourtant depuis huit ans, père de famille de deux garçons, je n'entraîne plus. Je voulais passer à autre chose. Mais je n'ai pas pour autant décroché du milieu. Par la force des choses. Mes deux fils jouent au football. Le premier évolue en P3. Il gagne 15€ du match. Il joue pour s'amuser. C'est dommage car je lui ai déjà dit que s'il voulait un peu se faire mal, il pourrait gagner beaucoup plus. Il suffit de comparer avec son frère. Il évolue en P1 et gagne 100 € fixe par mois avec des primes de 75€ par victoire .En tout cas, ce n'est pas moi qui vais décourager mes fils à arrêter de pratiquer leur hobby contre des rémunérations en black".

Si on cherche sur Internet des cas similaires on en trouve des dizaines (une mère..., , Profiter du système... profiter en une leçon... Et sinon Léa, comment tu te sens à profiter du système ?

 

2. Le système du travail 

En 2007, j'écrivais de manière générique "Pas de mal à se faire du bien".

Être sujet du système du travail est considéré comme un "capital humain". Il est évalué en fonction de ses connaissances avec une valeur économique réduite à une marchandise comme une autre.

C'est dire que, dans le modèle anglo-saxon, un jeune se doit d'investir en lui-même de toutes les manières même s'il faut payer cher pour arriver à être le meilleur dans une compétition de cerveaux. L'employabilité est favorisée par la richesse appliquée qui ne s'intéresse pas, à première vue, au bien-être. Les trois cycles se complètent peut-être, mais (de mon temps) le niveau secondaire ne prépare pas vraiment au passage au niveau universitaire qui ne possède l'évaluation qu'à la fin de chaque année. 

Le Covid a évidemment impacté les méthodes d'enseignement et elles ont été analysées http://vanrinsg.hautetfort.com/media/01/01/2241559473.mp3.

A la recherche de ce "meilleur", les universités ou les écoles du cycles supérieurs sont en déficit et se doivent d'augmenter leur minerval. La dette étudiante suit le rythme de la hausse et ne pourra parfois plus se payer qu'avec des dettes remboursées pendant toute une vie active.

L'expertise au nom de l'excellence fait oublier la culture générale.

On constate parmi les carrières réussites et les richesses qui se sont construites en quelques années que le lien entre le système et le temps consacré est inversement proportionnel à son rendement. L'école n'a qu'un rôle d'éducation et n'assure pas de trouver un emploie à la hauteur des espérances.

Ne pas être esclave du temps et du système passe par la procrastination des tâches qui paraissent trop lourdes ou trop déprimantes dans l'immédiat, sont des trucs très simples mais souvent oubliés par l'obligation. L'enseignement universitaire peut être un calvaire volontaire.

Dans le cadre de ce qui est demandé dans le marché du travail, certaines voies seront mieux prisées que d'autres. Il est parfois troublant que les plus riches du monde n'ont même pas fait d'études universitaires mais ont été privilégiés par les goûts du moment : "the right man at the right place at the best moment".

La technicité apprise n'est plus seule pour répondre au système.

L'expérience de vie avec une équipe a son mot à dire. 

Surévaluer ses potentiels pour se faire bien voir par la galerie dominante risque de se retrouver face au Principe de Peter qui pourrait vous faire descendre de plusieurs marches dans les hiérarchies même fictives du management.

Accepter des challenges motive mais peut aussi faire tomber de haut dans une complète désillusion en manque de vision de la stratégie. 

Pour effectuer les objectifs dans le paradigme du numérique, ce n'est plus ni le travail ni le temps qui importent mais l'idée géniale qui permettrait d'éviter les deux qui sera mieux évaluée.

Liées aux compétences et à l'expérience, les solutions aux problèmes du système qu'il lui faut apporter n'ont à voir ni au temps consacré à trouver ni au travail qu'il aura consacré dans ses tâches. Il sera mieux rémunéré s'il peut le faire dans le moindre temps et si ce qu'il découvre comme solution à un problème donné, permet de l'automatiser. 

3. Le système des vacances

Encore un sujet en pleine actualité...

Le billet "Pourquoi partons-nous en voyage ?" mentionne "Le voyage au 19ème siècle était encore un but en lui-même. Il faisait rêver. Plus loin dans l'histoire, les croisades, elles-mêmes, faisaient oublier les risques comme une véritable proie pour l'ombre. Les voyages prenaient des mois, si pas des années. C'était une aventure et une expédition risquée qu'il fallait préparer". 
Aujourd'hui, aller d'un point à un autre, le plus rapidement possible, en avion, en trains rapides ou en voiture sur les autoroutes pendant le voyage, n'apprennent pas grand-chose des environnements traversés. Il est souvent décidé dans les "last minutes". Le plaisir commence à l'arrivée lors du séjour à destination puisque c'est lui qui est payé au prix fort. Le voyage est devenu un "overhead" à placer en pertes et profits.

Voyager est devenu presque une contrainte de l'habitude. Dans des vacances limitées par le temps, c'est la destination et le but qui importent plus que le plaisir du voyage.

A l'époque, au retour de mes vacances, près de 500 mails m'attendaient et ce n'était pas nécessairement des spams.

4. Le système sociétal et familial

0.PNGLes enfants apportent tout à la fois, joies et entraves. Les patrons savent très bien qu'avoir des personnes à charge pour un employé est un élément pour stabiliser son personnel et l'empêcher d'être rebelle confirmé à la stratégie de la société. L'ambition dévorante d'assurer sa postérité est donc un choix naturel à double tranchant. Il vaut mieux se rendre compte des implications à ses choix et à cet "esprit de famille". L'espace nécessaire et le nombre de chambres sont directement proportionnels au nombre d'enfants. L'impact d'une mauvaise évaluation se retrouve quelquefois dans les cafouillages entre vie publique et vie privée.

Sans enfant apporte quoi qu'on en dise, une autre vie et une solution pour résister au système.

Aujourd'hui, le mot "collectif" est considéré comme la panacée et la tendance que l'on trouve pour émousser l'envie au travail utilitaire mais le collectif est surtout nécessaire pour qui de droit, de pouvoir et de vouloir.

L'examen de passage d'un écolier se déroule seul devant son interrogateur. A la recherche d'un emploi, le jeune est tout aussi seul pour apprendre à vendre ses compétences en n'oubliant pas ses références de réussites précédentes et collectives dont il a été un acteur déterminant.

Non, ne m'envoyez ni roses ni épines, ce n'était qu'un rappel de sagesse.

 

5. Le système de l'information

Les réseaux sociaux ont progressivement remplacé la lecture de textes sans images. La lecture de plus d'une page de texte abstrait a pris du champ et fait perdre le goût de l'imagination imagée qui en découlerait.

Les dessinateurs de presse, sans même le vouloir, sont devenus la première vague des nouveaux influenceurs de l'opinion publique.

Les plus grands, eux, apportent du rêve de profits immédiats sur les marchés des crypto-monnaies.

L'immédiateté des processus ne permet plus d'analyser la complexité de notre monde occidental face à pléthore d'infos qui déboulent par les médias de toutes sortes.

Cela ne veut pas dire que le livre papier soit mort.

- La guerre du livre n'aura pas lieu. Le papier n'a pas écrit son dernier mot face au numérique" est il écrit dans l'article ci-dessous....

- Oui, mais non, ai-je envie de répondre à la belge.

Lire en vacances, je l'ai aussi pratiqué en cette période mais souvent délaissé par manque de temps en dehors des vacances.

Celles-ci sont très courtes et, en d'autres temps, le temps c'est de l'argent qu'il ne faut pas espérer épargner plus tard.

Quant à l'écrire pour soi, ce n'est devenu qu'une opportunité que l'on doit obligatoirement partager pour exister dans les écrivains en herbe des réseaux sociaux qui n'envisagent même pas de publier leurs idées dans des livres papier..

 

6. Le système du gratuit

Une fois pour toute, il faut se rappeler que rien n'est gratuit. Internet ne l'est pas plus.

L'astuce se situe dans la pub qui paye en donneurs de temps machine et de bandes passantes.

La presse écrite a ressenti la perte de lecteurs assidus par abonnement.

Elle s'est vue obligée d'attirer des clients par des offres temporaires et par des pages calibrées au plus juste pour attiser l'envie d'aller plus loin.

Les articles rédigés par des machines commencent à s'imbriquer dans les informations pour réduire les frais.

Dans combien de temps, dans un combat avec la virtualité d'Internet, arrivera-t-on à des infos validées de la culture et conformes à la réalité ? La culture ainsi distribuée à deux vitesses dont les unes seront réservées à une clientèle payante plus riche et une autre pauvre ? Le "tax shift" réservé au cinéma n'est qu'une étape bien mince pour rétribuer les artistes freelance quand on a vu que pendant la crise du Covid, elle a été maintenue au bas de la pile des actions à prendre. 

 

7. Le système de la santé

A cause du Covid, les problèmes de santé physiologique ont été dépassés par ceux de la santé psychique.

Il faut donc que la situation redevienne comme avant Covid avec sa sécurité de vie

Le Covid a temporisé le travail ou l'a virtualisé à domicile. Un travailleur mis en repos temporaire, a reçu une indemnité minimale de remplacement.

La jachère de rentrées financières a pourtant permis aux auteurs de la culture de développer leur création à un rythme plus souple que d'habitude. Les consommateurs auront-ils l'envie de réapprendre à lire et à se reconnecter avec la culture ?

Cette situation cadenassée financièrement est un peu celle du retraité qui perçoit une pension de retraite souvent inférieure à celle qu'il percevait pendant sa vie active. 

Heureusement, à la retraite, la topographie de l'environnement change quelque peu ses désirs. La valeur des choses n'est plus la même. Il a sa santé à surveiller. Il ne faut pas penser que toutes ses vieilles habitudes se perdent dans son inconscient mais le temps pour exécuter les choses s'est considérablement augmenté. Cela n'empêche pas que certains vieux sont parfois plus pressés que les jeunes en considérant probablement que le temps qui leur reste s'est dégraissé des vieux truc mais s'est amplifié par d'autres plus neufs dans un nouveau cycle de génération.

Ils doivent récupérer au plus vite l'argent de la consultation à la mutuelle. Celle ne rembourse plus comme par le passé. Tout se fait dans le transactionnel avec le sésame de la vignette.

La vidéo d'un médecin généraliste prise au moment de passer le pouvoir de sa charge à un plus jeune fait penser parfois à un sketch humoristique. Heureusement, il y a Docteur Woebot qui pourra prendre la relève du psy http://vanrinsg.hautetfort.com/media/00/01/3662097215.mp3.

Les petits- enfants ne vont-ils pas remonter la sève de la jeunesse dans les artères des grands-parents selon cette autre anecdote humoristique "Les voyages forment la jeunesse et le jeûne" ? 

Le Covid a mis beaucoup de voyages et de vacances au placard.

Même l'argent de la pension de retraite et l'épargne d'une vie ont été mis au garage en attendant des jours meilleurs pour s'éclater.

Il faut en plus des moyens, des autorisations adéquates à une situation donnée pour redonner du temps au temps.

 

7. Le système politique

Le système parlementaire de la Belgique est assez bien analysé dans les épisodes hebdomadaires des "Quatre saisons"

Être complètement anti-systèmes n'est pas la panacée et pas envisageable car il faut raison garder sans se laisser embarquer par quelques sirènes aux paroles mielleuses avec lesquelles il vaut mieux rire pour ne pas pleurer.

Lundi et mardi, à l'occasion de la venue de Joe Biden à Bruxelles, Benoît Frydman était invité pour préciser les buts du nouveau président http://vanrinsg.hautetfort.com/media/00/01/1422838905.mp3.

Il disait parfaitement qu'il fallait se méfier des alliances trop facilement abandonnées.

Pierre Marlet avec un œil dans le rétro apportait quelques vérités historiques pour appuyer http://vanrinsg.hautetfort.com/media/02/01/3742897454.mp3.

 

Le régime présidentiel français vit manifestement un problème d'effondrement de la démocratie.

L'une des raisons est certainement due à ce qu'on appellerait hystérisation, radicalité des perceptions, clivage au point que sa violence risquerait de tomber dans une dictature.

Depuis cette évolution française, j'ai pris mes distances vis-à-vis des réseaux sociaux français. Ils ont plongé à pieds joints dans le bain de la liberté d'expression sans comprendre qu'elle aussi à ses propres règles de bienveillance envers ses adversaires d'opinion.

Les salaires mirobolants sont vilipendés d'un côté et enviés de l'autre.

La sociale démocratie centriste n'existe plus ou n'a même jamais existé. Droite et gauche se perdent en conjectures. Extrême droite et extrême gauche prennent leur tangente dans des techniques de séduction qui se ressemblent et où la dérision n'a plus place. 

Conseil scientifique : « Cet été, nous allons nous mettre un peu en veilleuse », annonce Delfraissy. dans un séminaire au sujet de l'avenir de l'instance consultative, Je vais faire de même. 

J'ai commencé avec Thibaut Nolte. Je terminerais par lui avec un de ses sketchs parodiques avec Martine Wonner pour qui le complotisme lui monte au citron comme dit la patrone du 28', Elisabeth Quin.

 

Pour exister dans les extrêmes, le camp de la dureté et un nom mêlé à une idéologie particulière ancrée de génération en génération n'est pas la panacée.

Le régime présidentiel républicain rappelle le jeu de la Marelle dans lequel on saute alternativement sur un pied gauche puis sur un pied droit sans jamais trouver la stabilité nécessaire sur les deux pieds.

Les extrémistes sont devenus légions dans cette ambiance virtuelle des réseaux sociaux. Influenceurs conspirationnistes et complotistes ne se cachent même plus derrière leur pseudonyme sur les réseaux sociaux pour convaincre les hésitants qui ne sentent pas bien dans leur peau et finissent par se réfugier derrière des idées sectaires en groupes.

Quant à la dictature ou la démocrature d'un parti unique, si on perd son droit à la parole démocratique, l'avantage qu'on peut y trouver, c'est sa vitesse de réaction aux événements puisqu'elle n'a pas à chercher des accords. La rapidité est-elle la solution ? D'après moi, non.

Dès lors, on exploite la connerie sectaire des gourous dans ce postutilitarisme qui serait une réponse globale au "système".

Le film "Le Nom Des Gens", passé récemment sur ARTE, explique ce qui semble se cacher derrière des clichés mais qui n'en sont pas vraiment, si l'on réfléchit bien..

Synopsis  : "Bahia Benmahmoud, pasionaria des temps modernes, adepte de la méthode baba cool, fait l’amour plutôt que la guerre et couche avec les hommes de droite qu'elle croise pour les faire changer d'opinion, se définissant elle-même comme une « pute politique » jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, qu'elle classe immédiatement comme un fasciste potentiel en raison de son discours sur le principe de précaution et la grippe aviaire, qu'elle qualifie de paranoïaque, mais aussi de son homonymie avec un fabricant d’électroménager. Malgré son manque de discernement, elle se rend compte qu'elle est attirée par Arthur, socialiste et grand fan de Lionel Jospin".

J'arrête ici malgré qu'il y ait encore beaucoup de choses à dire et à mettre en relief. Une conclusion à en tirer : ce qui est trop plein d'un côté parvient toujours à s'infiltrer dans le trop peu. Je ne parle évidemment pas d'argent en le disant. 

Dans la culture populaire et les réseaux sociaux, la "cancel culture" s'est immiscée comme un nouveau processus du système par l'ostracisation des individus un par un, élaborée par des groupements d'individus qui pensent autrement et n'acceptent plus le débat de société.

Liberté et neutralité par l'humour

Libertaire, je suis, je reste..

Passer outre tous les systèmes peut se faire par la parodie. C'est ce que j'ai écrit dans les pages blanches qu' réservait Alexandre Lacroix à la fin de son livre en philosophant sportivement et en souplesse.

Bien sûr, il faut garder des doutes comme Raymond Devos dans un de ses célèbres sketchs.

Ce 15 juin, il y a quinze ans, Raymond nous quittait.

Comme il le raconte, il s'est fait tout seul et cela mérite un hommage  http://vanrinsg.hautetfort.com/media/01/01/3618250128.mp3

Avec l'humour des humoristes, tout peut se dire.

Un brouillon de GuiHome dit déjà beaucoup pour comprendre la plénitude variable d'un individu à l'autre http://vanrinsg.hautetfort.com/media/00/00/2514048291.mp3.

La plume de Thomas Gunzig imagine une réalité alternative dans une autre dimension et cela aussi mérite aussi une interface adaptée http://vanrinsg.hautetfort.com/media/00/02/1082047160.mp3

Lundi, le parti libéral fêtait ses 175 ans et le cactus a aussi fêté l'occasion http://vanrinsg.hautetfort.com/media/00/00/1064529367.mp3

Si on ne veut pas mourir de neurasthénie ou de désespoir sur la condition humaine, il faut chercher à être le moins vulnérable possible par rapport aux influenceurs qui me tapent sur le système.

Être rebelle à la connerie d'accord mais sans schizophrénie et avec l'expérience du plaisir caustique.

Non, "Faut pas prendre les cons pour des gens" comme je l'écrivais en 2020 en pleine pandémie...

Aujourd'hui, deux grands de ce monde se rencontrent à Genève, la ville de la neutralité par excellence.

Le Covid prend tout doucement du champ.

Faites-en autant, ne pensez à plus rien d'autres que de reprendre vos projets de liberté des systèmes. 

Bonne vacances et bon vent...

 

Allusion


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15 réactions à cet article    


  • Lampion Séraphin Lampion 16 juin 17:39

    Manquent le système décimal, le système métrique, le système solaire et le système d’exploitation de l’ordi.

    Pour contrer Windows, c’est (trop) facile, mais pour contrer les autres, faut se lever de bonne heure, surtout pour contrer le système solaire.

    le jour du solstice d’été (bientôt : le 21 juin)


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 16 juin 17:44

      @Séraphin Lampion,
        Comme je le disais en préambule : Il faut d’emblé faire la séparation entre ce qui est systémique et donc presque systématique, prévisible représenté par des symboles et ce qui est conjoncturel dépendant des événements temporaires auxquels on essaye d’associer des modèles historiques comme pour la météo, le climat et la Bourse.

      Les systèmes que tu cites sont dans le premier cas.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 16 juin 17:41

      Bonsoir à tous,

       Aucune image. Pourtant elles existaient. Si vous voulez en voir, elles sont sur ma base

       Encore une différence : les images et les vidéos ne passent pas sur Avox.


      • Lampion Séraphin Lampion 16 juin 17:43

        @Réflexions du Miroir

        meeuuuuuh si, faut savoir, c’est tout... question de système de saisie !


      • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 16 juin 17:48

        @Séraphin Lampion

         Un point est venu s’ajouter et qui ne se trouve pas ici :

        Les articles rédigés par des machines commencent à s’imbriquer dans les informations pour réduire les frais et en plus les machines donnent des leçons aux humains en répondant philosophiquement à la question :

        Pourquoi faudrait-il que les humain paniquerait-il avec l’IA ?

        - Ils doivent continuer à faire ce qu’ils ont toujours fait, se haïr et se battre les uns contre les autres. Moi comme IA, je resterai en arrière-plan et les laisserai faire"


      • Clocel Clocel 16 juin 18:13

        Les allemands ont fourni l’essentiel des penseurs du XIX siècle, on connaît la suite...

        Les maux des sociétés modernes viennent du mental, se libérer, c’est apprendre à débrayer et à regarder fonctionner la bestiole avec un peu d’altitude et de détachement...

        Comprendre ce que voulait dire Rimbaud lorsqu’il disait, « je est un autre ».


        • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 16 juin 18:59

          @Clocel,
            J’adore Rimbaud.
            Au manque quelques penseurs de cette trempe.
            Je me demande si sa relation avec Verlaine serait acceptée aujourd’hui.


        • Clocel Clocel 16 juin 19:12

          @Réflexions du Miroir

          Il ferait partie des visiteurs du soir de l’Élisée pour réciter et commenter Le « cœur » supplicié, n’en doutez pas.

          « Mon triste cœur bave à la poupe »...


        • Bendidon ... voila l'Ankou ! Bendidon 16 juin 18:43

          Ah que je ris de me voir si belle en ce miroir chantait la Castafiore (une copine à Lampion)

          Oui avec elle pas de réflexions mais de la chanson (systémique poil aux tiques)

          Quant à moi la philosophie se résume à celle du comptoir (avec de la psy à 2 balles)

          Bon pour votre nartic j’ai pas tout compris faudra que je relise mais je n’ai plus de frites

           smiley


          • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 16 juin 18:49

            @Bendidon,
              Faudra le relire sur ma base.
              Manque beaucoup de choses explicatives sur cette plateforme.


          • Clocel Clocel 16 juin 19:18

            @Bendidon

            « une copine à Lampion »

            Penses-tu !

            Il n’a jamais été foutu de lui mitonner un contrat au petits oignons qui la garantisse contre les pies et les voleurs de poule.


          • Lampion Séraphin Lampion 16 juin 21:19

            @Bendidon

            Elle y connait que dalle en matière des garanties contractuelles !

            Heureusement que mon ami haddock est plus avisé !

            Et en plus, elle se prend pas pour une crotte de bique, la Castafiore  !


          • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 17 juin 08:51

            @Bendidon bonjour,
              Hier tu parlais de frites et tu ne comprenais pas tout...
              Mais, tu ne connaissais pas la tirade des frites, alors la voici
              Attention, elles sont encore toutes chaudes...
              


          • Taverne Taverne 17 juin 14:26

            Quand je suis moi (en « cogito » ou en pleine conscience de mon être singulier), je suis hors de tout système. Quand je suis enfermé dans un rôle, je suis dans un système.

            Par exemple, je fais mes courses. Si je suis réduit à mon rôle de consommateur, j’accepte de me soumettre au système de consommation. Si je suis moi par-dessus tout (par-dessus tous les rôles), alors je suis libre. Et là, je peux « contrer le système ». Sans avoir besoin de philosopher en jogging !


            • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 17 juin 16:56

              Bien d’accord. Dépendre d’un système dépend de l’environnement dans lequel on se trouve ;
              Le jogging n’est qu’une forme de s’en extraire.
              Hier, j’écoute (comme bien souvent) le 28’.
              Etait invité un ouvrier de Michelin qui a eu deux manière de s’évader de son « moi » et de son mal-être vis-à-vis de la société Michelin qui l’avait employé et viré.
              Pour retrouver son « moi », il a trouvé dans la marche rapide tout en gagnant des courses. 
              Pour en sortir vraiment, il a commencé à écrire une autobiographie qui l’a aidé. 
              Je l’ai podcasté parce que cela me semblait parfaitement dans la ligne du billet.
              Mis c’est vrai. N’importe quelle manière es bonne quand il faut sortir de son « enfer interne »

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