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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées

Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées

La sphère médiatique une fois verrouillée par l'oligarchie, la liberté d'expression est un droit formel dont l'exercice effectif est réservé à ceux qui la servent. La liberté d’expression se résume dans cet univers orwellien à la dictature de la doxa, le procès en “complotisme”, version moderne du procès en sorcellerie, permettant de neutraliser les récalcitrants.

La liberté d'expression fait partie des nobles principes dont se prévalent les régimes qui se disent “civilisés” et se prétendent “démocratiques”. Pour l'idéologie libérale, les choses sont simples. Comme nous sommes libres et égaux, nous jouissons tous de la possibilité de nous exprimer comme nous l'entendons. Attachée à notre nature, cette liberté inaliénable serait à la portée de tous. Dans ce monde idéal où les libertés n'attendent que l'initiative individuelle pour s'accomplir, où chaque individu est un Robinson en attente d'une île déserte pour y bâtir un monde à son image, chacun serait libre de s'exprimer en toutes circonstances.

En réalité, il suffit de formuler clairement - comme nous venons de le faire - ce que devrait être la liberté d'expression pour s'apercevoir qu'elle est non seulement irréelle, mais absolument impossible sous le régime social qui est le nôtre. Elle est irréelle, en effet, pour la simple raison que tous les citoyens ne peuvent pas exercer cette liberté dans les mêmes conditions. Lorsqu'on vante la liberté d'expression qui régnerait dans les démocraties occidentales, on se contente en réalité d'une liberté abstraite, “formelle” comme disait Marx, et on raisonne comme s'il suffisait d'ouvrir la bouche pour jouir de cette merveilleuse liberté accordée à tous.

Or cette liberté tant vantée est un véritable conte de fées. Car son exercice effectif - et non la possibilité abstraite de cet exercice - suppose la possession de moyens dont nous ne sommes pas également dotés. Dans le monde féérique du libéralisme cette inégalité ne pose aucun problème, mais il se trouve que nous vivons dans le monde réel. Si je n'ai pas les mêmes idées que mon voisin, il n'est pas indifférent de savoir qu'il possède un journal alors que je n'en possède aucun. Sa liberté d'expression ne sera pas équivalente à la mienne. Dans une société où une minorité détient la majeure partie du capital, il est clair que certains sont “plus libres” que d'autres. Parce qu’ils monopolisent l'exercice de la liberté d'expression, les riches, en réalité, en privent les pauvres.

Envisagée de manière concrète, la question de la liberté d'expression, par conséquent, recoupe celle de la propriété des moyens d'expression. En France, une dizaine de milliardaires possède la quasi-totalité des titres de la presse écrite et audiovisuelle, nationale et régionale. Mais ce n'est pas par amour pour la “liberté d'expression” que ces détenteurs de capitaux ont pris le contrôle des médias. Si c'était le cas, la ligne éditoriale de ces organes de presse ne serait pas monolithique jusqu'à la caricature. Elle ne refléterait pas aussi crûment les choix idéologiques d'une caste qui entend imposer sa vision du monde. “La liberté de la presse, disait Marx, est la liberté que les capitalistes ont d'acheter des journaux et des journalistes dans l'intérêt de créer une opinion publique favorable à la bourgeoisie”. Le matraquage médiatique ayant conduit le godelureau de la finance à l'Elysée en est un bon exemple.

On objectera que malgré cette mainmise sur les médias on peut s'exprimer comme on veut sur la Toile. C'est vrai et faux à la fois. Heureusement, de nombreux sites animés par des bénévoles diffusent une information alternative qui bat en brèche le discours dominant. Mais ce n'est pas un combat à armes égales. Les médias officiels disposent de moyens colossaux qui proviennent non seulement de leurs actionnaires privés mais aussi de subventions publiques. Organe central du parti euro-atlantiste, le quotidien “Le Monde”, par exemple, perçoit 4 538 000 euros de la part de l'Etat (2015). Bien sûr, de tels subsides n'empêchent pas ce journal de publier des énormités. On peut même se demander s’il n’y a pas une relation de cause à effet. Chacun se souvient des nombreux articles dans lesquels le “quotidien de référence” annonçait la chute imminente de Bachar Al-Assad, conformément à la doctrine du Quai d’Orsay.

Si les sites d'information alternative percevaient le dixième de ce que touchent neuf milliardaires pour maintenir en vie leurs feuilles de chou, on imagine à peine ce qui se passerait. Mais cette répartition équitable de la manne publique ne risque pas de voir le jour. Le système médiatique des démocraties libérales, en effet, repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un bon journal est un journal qui dit ce qu'il faut dire - du point de vue de l'oligarchie - et à qui l'Etat donne les moyens d'éliminer la concurrence. Le summum a été atteint lorsque la ministre sortante de l'Education nationale a ordonné aux établissements d'offrir aux lycéens un accès gratuit à une dizaine de journaux tout en leur demandant de dissuader les élèves d'aller s'informer sur Internet. En les prenant au berceau, nul doute qu'on obtiendrait encore de meilleurs résultats.

La sphère médiatique une fois verrouillée par l'oligarchie, la liberté d'expression est un droit formel dont l'exercice effectif est réservé à ceux qui la servent. La liberté d’expression se résume dans cet univers orwellien à la dictature de la doxa, le procès en “complotisme”, version moderne du procès en sorcellerie, permettant de neutraliser les récalcitrants. Mais cela ne suffit pas. Non seulement l'espace médiatique est saturé par l'idéologie dominante pour cause d'actionnariat privé, mais on veille aussi à ce que l'espace public reste sous contrôle. On refuse alors à un intellectuel américain de l'envergure de Noam Chomsky l'entrée des locaux de l'Assemblée nationale où il devait faire une communication à caractère scientifique. Transformé en SDF, cet éminent linguiste coupable d’un obscur délit d’opinion (il eut le tort de critiquer Israël et les USA) trouva refuge au centre culturel belge.

Pour sauver ce qui reste de cette liberté d'expression moribonde, on pouvait alors espérer que le service public de l'information, hors de portée des affairistes et des lobbies, puisse faire contrepoids. C'était sans compter sur l'intervention du pouvoir. On a récemment pu voir une remarquable émission de la série “Un oeil sur la planète” consacrée à la Syrie. Avec un rare professionnalisme, l'équipe de France 2 dévoilait les aspects contradictoires du drame syrien, rompant avec la narration dominante de cette guerre par procuration. Mais le lobby qui défend les intérêts de l’OTAN et d’Israël a procédé au nettoyage. Après quinze ans de bons et loyaux services, l'émission “Un oeil sur la planète” vient d'être effacée des programmes de la chaîne. Aucun motif n'a été avancé. CQFD.

Pour défendre la liberté d'expression, il faut d'abord cesser de lui prêter une réalité qu'elle n'a pas. On fait comme si chacun était libre d’en jouir, alors qu'il s'agit d'une possibilité dont la réalisation dépend de moyens que le simple citoyen ne possède pas. Tant que ces moyens sont monopolisés par la bourgeoisie d'affaires, cette réalisation est chimérique. Dans les prétendues démocraties, la liberté de la presse est le manteau dont se drape la classe dominante pour formater l'opinion. “La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature”, disait Chomsky. Toute parole qui échappe à la censure de la classe dominante est une victoire, mais c'est l'arbre qui cache la forêt. La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l'expropriation sans condition des magnats de la presse. 


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73 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 18 septembre 09:06

    Excellent article, merci.J’ai relevé le passage suivant qui me semble particulièrement pertinent :


    « ...cette liberté tant vantée est un véritable conte de fées. Car son exercice effectif - et non la possibilité abstraite de cet exercice - suppose la possession de moyens dont nous ne sommes pas également dotés. Dans le monde féérique du libéralisme cette inégalité ne pose aucun problème, mais il se trouve que nous vivons dans le monde réel. »

    Cette réflexion peut s’appliquer à d’autres pseudo-libertés comme la liberté d’entreprendre, mais également à d’autres « droits » : les conditions d’exercice d’un droit sont aussi déterminantes que le droit lui-même. L’éducation est un « droit », mais selon la culture du milieu dans lequel vous naissez, le quartier où vous habitez et les moyens économiques de votre famille, ce « droit » ne s’exercera pas sur la même échelle.

    Ne parlons pas du doit à une justice équitable, pensons seulement au couple Balkani...

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 07:21

      @Jeussey de Sourcesûre
      La corruption nécessite deux partenaires : les corrupteurs et les bénéficiaires...

      On ne peut pas comprendre que des élus corrompus soient réélus, si on ne comprend pas qu’ils « arrosent » des tas de bénéficiaires...


    • Trelawney Trelawney 18 septembre 09:34

      La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l’expropriation sans condition des magnats de la presse. 

      J’ai bien l’impression que ça ne suffise pas. 
      Lorsque Libération avait titré à propos de Bernard Arnault « casse toi riche con ! » On avait demandé à Rothschild (actionnaire de Libération) ce qu’il en pensait. Il avait dit : « Je suis actionnaires et ne m’intéresse qu’à la rentabilité du journal et en tant qu’actionnaire je suis contant du buzz et de ce que ça va rapporter en terme de ventes ».
      Lorsque LVMH a annulé tous ses contrats publicitaires avec Libération, ça a obligé Libération à s’excuser le lendemain.

      A partir du moment où un média a besoin d’argent pour vivre, sa liberté est compromise

      • François Vesin François Vesin 18 septembre 11:43

        @Trelawney
        «  J’ai bien l’impression que ça ne suffise pas. »


        Vous avez raison, mais cela y contribuerait fortement !
        Par ailleurs, peut-être faudrait-il s’interroger sur les journalistes
        qui rendent possible l’existence et la pérennité de ces torche-culs !


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 07:28

        @François Vesin
        Je crois qu’il faut cesser de taper sur les journalistes.
        Ce sont des salariés, souvent mal payés d’ailleurs.
        Ils ne décident pas de la ligne éditoriale de leur média.
        Ils savent ce qu’il ne faut pas dire, les sujets qu’il ne faut pas aborder.
        Sinon, c’est la porte, et 50 attendent leur place.


      • François Vesin François Vesin 20 septembre 09:32


        « Je crois qu’il faut cesser de taper sur les journalistes »

        Vous avez raison...le gros mot dans la phrase, c’est « journalistes » 

        Par ailleurs, si l’on doit exonérer de critiques
        tous ces professionnels qui renoncent à leur déontologie
        sous prétexte qu’ils collaborent pour assurer l’alimentaire
        ce ne sont plus des « journalistes » mais des « agents de propagande » !!!




      • Charly83 26 septembre 08:18

        @Trelawney Lorsque des aristocrates se battaient en duel, ils n’étaient pas pour autant pour l’abolition des privilèges... Mais bon, admettons que cette comparaison ne soit pas totalement pertinente. Elle sert néanmoins mon propos : le fait qu’il y ait des égos, et donc des tensions et des disputes, ne contredit pas l’idée que ces tensions et conflits ont lieu dans le cadre de la doxa qui, elle, n’est pas remise en question. Les propos de Rothschild le confirment : loin de mettre en danger l’idéologie dominante, ces disputes qui ont l’air de polémiques la confortent au contraire en donnant l’illusion de la liberté d’expression.


      • Jacques_M 18 septembre 09:49

        Merci pour cet article indispensable !

        Juste une réflexion : tout à la fin de votre article, vous écrivez : 
        «  La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l’expropriation sans condition des magnats de la presse. »
        Je crains que ce ne sera jamais possible, par contre, supprimer toutes les subventions et avantages accordés à tous ces médias serait plus profitable..
        La même chose pour les entreprises et groupes privés, une partie des aides et subventions se retrouve dans les paradis fiscaux.
        Puisque toutes ces élites prônent l’ultra libéralisme, qu’ils suivent leur logique jusqu’au bout !


        • JC_Lavau JC_Lavau 18 septembre 09:50

          Arrivé depuis peu à Saint-Quentin (1973), je fus bientôt éberlué que les discussions sur la liberté dans la section P.S. de cette ville soient aussi stériles et emportées.

          Fin du mystère : à Rome, « LIBERTAS » est un terme strictement juridique, désignant la condition de celui qui n’est pas esclave.
          Tandis que « LIBERI » désigne d’une part les jeunes pousses, les feuilles nouvelles d’un arbre, d’autre part les enfants non esclaves.
           
          Ultérieurement la traduction en « liberté » peut avoir un un usage ou plutôt des usages, mais jamais de définition, jamais de sens défini.
           
          C’est toute la ruse...

          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 18 septembre 20:50

            @JC_Lavau
            Liberté, pour les Américains, c’est la liberté de commercer sans entrave.


          • Ruut Ruut 19 septembre 14:03

            @Fifi Brind_acier
            Qu’ils nous donnent alors la liberté de leur faire des procès non pipés et des amendes sans entraves et nous y gagnerons tous.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 18:54

            @Ruut
            Les USA sont construits sur le modèle de l’ Empire romain.
            « 1812 Andrew Jackson : Nous allons nous prévaloir de notre droit au libre échange et ouvrir le marché aux produits de notre sol, afin d’égaler les exploits de Rome ».


          • Croa Croa 18 septembre 10:19

            Les médias libres sont extrêmement minoritaires mais ils existent, « Fakir » par exemple. Le Diplo est pas mal non plus...
            Ces titres sont toutefois dans le collimateur. L’oligarchie n’aiment pas les exceptions. Généralement le retour dans les clous se fait en douceur, le plus souvent par rachat du média tout simplement. Ça intrigue aussi dans les conseils d’administration et un changement de patron a forcément un effet sur la ligne éditoriale (Cas de Charlie). La fin peut aussi être très violente comme le montre l’Histoire de « L’Idiot International » ! 


            • Ar zen Ar zen 18 septembre 12:54

              @Croa
              Le diplo ? MDR


              Le diplo c’est : « jusqu’où ne pas aller trop loin ». 

              Il appartient à qui ce journal ?


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 07:30

              @Croa
              Le Canard enchaîné, mais je ne sais pourquoi, vous n’y trouverez jamais le moindre article contre l’ Europe. Silence radio.


            • Croa Croa 19 septembre 09:46

              À Fifi Brind_acier
              Normal, ce canard est enchaîné.


            • Zolko Zolko 19 septembre 16:33

              @Fifi Brind_acier : tandis que pour vous, tout est prétexte contre l’Europe. Même quand ce sont les politiciens Français qui abusent le peuple Français grâce aux médias Français qui sont la propriété de milliardaires Français – c’est le sujet de cet article – vous arrivez à mettre ça sur le dos de l’Europe. Balèze.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 19:05

              @Zolko
              C’est ça, reprochez- moi d’informer les incultes ! Le pouvoir n’est plus à Paris depuis le Traité de Maastricht en 1997, qui a introduit dans les Traités l’UE, l’euro et l’ OTAN. Faudrait voir à vous réveiller !


              Et si vous n’étiez pas aussi ignorant, vous sauriez que tout cela était déjà prévu dans le Traité de Rome de 1957, qui a commencé par le Marché Commun.
              Voici ce que disait la CGT dans les années 50-60 du Marché Commun.
              Tout s’est passé exactement comme l’analysait la CGT, il n’y a pas un mot à retirer.

              "- La libre circulation des marchandises, donc le déchaînement de la concurrence fondée sur l’infériorité des salaires et de la législation sociale, l’harmonisation par le bas des conditions sociales dans les différents pays, l’opposition renforcée à toutes les revendications des travailleurs. (...)

              La libre circulation des capitaux, le danger d’évasion des capitaux, de dévaluation et même de remplacer la monnaie nationale par une monnaie commune. (...)"

              Et en 1957, avant la ratification par la France du Marché commun, la CGT, par la voix de Jean Duret, directeur du Centre d’études économiques de la confédération déclare :

              "L’enjeu est énorme : le Marché commun conduit infailliblement, à plus ou moins brève échéance, à la disparition des souverainetés nationales, à la création d’un super-État européen, réduisant à sa plus simple expression tout ce qui pourrait subsister d’individuel, de politiquement et économiquement indépendant chez les membres de la Communauté.

              Ce super-État sera dominé par le pôle d’activité économique le plus puissant : la Ruhr ; par la puissance la plus énergique et la plus dynamique : l’Allemagne de l’Ouest. [...] Pour la France, la réalisation du Marché commun c’est l’acceptation de l’hégémonie allemande. Son industrie ne pouvant lutter contre la concurrence d’outre-Rhin tombera sous la coupe des konzerns de la Ruhr."(...)



              • Elixir Elixir 18 septembre 10:42

                bon article. Je pense cependant que le terme « expropriation » pourrait faire peur et donc déservir le propos chez certaines personnes.

                Pour changer la presse il faudrait changer tout le système.
                Mais je pense qu’on est plus dans le cas de figure inverse actuellement, c’est le système qui nous change.

                Les ploutocrates s’en amusent et viendra le jour ou il nous « couperons l’eclectricité », quand ils en auront marre de nos beuglements.


                • Albert123 18 septembre 13:29

                  @Elixir

                  « le terme « expropriation » pourrait faire peur »

                  la peur des petits bourgeois (de gauche ou de droite) qui aiment à ce point le consensus mou que rapidement quand quelqu’un apporte des solutions concrètes se retournent vers le très abstrait et donc irréalisable « il faudrait changer tout le système ».

                  et au final se rendre compte eux même dans une prise de conscience temporaire et surtout fugace que par manque de radicalité : « c’est le système qui les change. »

                  l’oligarchie ou les ploutocrates n’ont jamais gagnés que parce que nous avons arrêtés de nous battre et ce entre autre en adoptant les valeurs lénifiantes et lâches de la bourgeoisie.

                  le constat est surtout que tous ceux et celles qui ont refusés ces anti valeurs ont été ostracisés par leur pairs, trop attirés par le confort matérialiste bourgeois, au grand plaisir de la ploutocratie trop ravie de voir les idiots utiles faire le sale boulot à leur place.


                • Zolko Zolko 18 septembre 13:52

                  @Elixir : « Pour changer la presse il faudrait changer tout le système »
                   
                  en fait non, il y a pleins de petites choses qui assainirait le problème. Sauf que, ça arrêterait le pouvoir de propagande es magnats milliardaires, et donc ils abattent toute idée qui irait dans ce sens. Par exemple :
                   
                  1) arrêter les subventions à la presse. Le Canard Enchaîné fonctionne sans pub et sans subventions, les autres n’ont qu’à faire pareil.
                   
                  2) interdire à l’état de faire des affaires avec tout groupe médiatique : Boygues, Dassault, Lagardère ... sont autant de conglomérats qui reçoivent des milliards en financement de l’état pour divers marchés publiques (autoroutes, enseignement, militaire...), et font de la propagande sur leurs réseaux médiatiques. Ben non : la collusion est trop dangereuse.
                   
                  Vous voyez, pas la peine de changer tout le système, juste couper la manne de financement directe.


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 07:38

                  @Albert123
                  C’est le Conseil National de la Résistance qui a nationalisé à la Libération.
                  Gaullistes et Communistes réunis.

                  "3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable."


                  Les Gaullistes ne sont plus gaullistes depuis Pompidou.
                  Et les Communistes ne sont plus communistes depuis Mitterrand et la chute du mur de Berlin.
                  Ceux qui restent sont des fantômes du passé sans aucune consistance.
                  Ils remuent de l’air pour faire du vent.

                  Quand l’ UPR leur propose un CNR 2.0, silence sur la ligne .... !!


                • Ar zen Ar zen 20 septembre 08:26

                  @Zolko

                  l’Union européenne c’est la volonté depuis 60 ans de mettre en place les « 4 » libertés : de circulation, des capitaux, des services et des personnes.

                  Votre idée « d’interdire ». de faire certaines choses est « interdite » par les traités européens. Vous n’avez pas compris que la France n’a plus aucun pouvoir puisque les décisions la concernant sont prises à l’étranger par des étrangers. 

                  Examinez, je vous prie, l’article 55 de la constitution française actuelle.

                  Puis examinez ce qui suit concernant la primauté du droit européen. Que voulez vous que décide la France ? Les transferts de souveraineté de la France vers l’UE vous ont échappé. Vous pensez que le gouvernement français peut encore prendre des décisions. Hélas, hélas, hélas, trois fois hélas, seulement à la marge.

                  « La primauté du droit européen sur les droits nationaux est absolue. Ainsi, tous les actes européens ayant une force obligatoire en bénéficient, qu’ils soient issus du droit primaire ou du droit dérivé.

                  De même, tous les actes nationaux sont soumis à ce principe, quelle que soit leur nature : loi, règlement, arrêté, ordonnance, circulaire, etc. Peu importe que ces textes aient été émis par le pouvoir exécutif ou législatif de l’État membre. Le pouvoir judiciaire est également soumis au principe de primauté. En effet, le droit qu’il produit, la jurisprudence, doit respecter celui de l’Union. »


                  Est-ce que vous comprenez ce que cela veut dire ? Il faut arrêter de vous bercer d’illusions. 


                  http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=LEGISSUM:l14548



                • Cateaufoncel 18 septembre 10:50

                  « La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l’expropriation sans condition des magnats de la presse. »

                  Et la suite, ça se présentera comment ? Concrètement !

                  Les rédactions se transformeront en Soviets de journalistes, d’où seront exclus ceux qui ne seront pas dans la ligne éditoriale ?

                  Un truc rigolo, ce serait de d’attribuer un titre à chacun des grands courants du paysage politique français. Les invendus seraient innombrables et le titre qui marcherait le mieux, ce serait celui qui parlerait le plus de sport et de people, et le moins de politique.


                  • Croa Croa 18 septembre 11:18

                    À Cateaufoncel,
                    Les invendus sont déjà innombrables. Ça ne peut pas être pire.
                    Sinon les journaux de sport ne se vendent pas mieux et les « people » n’intéressent personne car ils sont dans la salle d’attente du docteur. C’est là que tout le monde les lit car il n’y a rien d’autre que ça à y lire !  smiley


                  • Christian 18 septembre 11:22

                    C’est en tout cas une bonne chose de soulever la question. On se fait une fausse idée de la liberté d’expression pour la simple raison que l’on oublie simplement qu’elle peut devenir un redoutable outil pour propager la venue des pires dictatures. Vous voulez un exemple ? Très simple : le nazisme ne s’est pas construit sous le régime impérial mais sous la première république allemande...
                    Il faut aussi connaître ce qu’a été la guerre psychologique entre intellectuels nazis et communistes pour comprendre qu’à ce moment s’est mis en place des techniques d’influences du peuple hyper efficaces. Par exemple un mensonge proféré par une personne dont le titre est respecté, professeur d’uni, exemple :
                    Lors de l’interview de George Steiner par Guillaume Chenevière (excellent ici) ancien directeur de la TV suisse romande. (pris sur Agoravox)

                    […] j’ai eu en Chine des élèves qui avaient été estropiés par les tortures des gardes rouges…dont l’échine avait été cassée…ils se promenaient inclinés en avant…ils m’ont dit, mais sans rancune…avec le calme chinois millénaire… « Oui on a fait passé à M. Sartre des lettres disant au Voltaire de notre siècle, dites un mot, protestez, aidez-nous…  » il y avait parmi eux, je crois ceux qui avaient été ses élèves à Paris…je ne sais pas… et c’est Sartre qui avait déclaré que toutes les nouvelles que l’on nous donnait sur les sévices des Gardes rouges c’était des inventions de la CIA américaine.


                    • Croa Croa 18 septembre 11:31

                      À Christian
                      .
                      FAUX, la liberté d’expression est le meilleur garant du pluralisme au contraire. Les idées les plus cons se verraient tailler en pièce. C’est donc bien le meilleur rempart contre toute dictature.


                    • Christian 18 septembre 12:36

                      @Croa
                      Vrai...à condition que chacun dispose des mêmes outils, en particulier radio/tv, on en est loin. Quel impact ont ces lignes, ici sur AV par rapport aux discours d’une personne continuellement invitée par les médias ? Aucun.


                    • Croa Croa 18 septembre 14:53

                      À Christian,
                      Nous sommes d’accord ! Actuellement il n’y a pas de liberté d’expression sauf complètement à la marge, par exemple un peu ici (« un peu » parce que même AV tri et choisi ce qui peut passer ou pas.)
                      C’est d’ailleurs pour ça qu’un régime « Macron » est possible en France (en fait celui de l’UE, lequel est ploutocrate et totalitaire.)


                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 07:48

                      @Christian
                      Vous oubliez de dire que la montée du nazisme a été financée par Wall Street, qui voulait une guerre contre l’ URSS pour la détruire. Il a fallu attendre la bataille de Stalingrad pour que les USA se bougent les fesses et entrent en guerre.

                      Pas pour libérer l’ Europe, mais pour la soumettre et arriver à Berlin avant les Russes... Détruire la Russie est l’obsession des USA depuis le début du 20e siècle.
                      Rien n’a changé depuis chez les va-t-en guerre de Washington.


                      Mais vous avez raison, les Communistes occidentaux ont eu longtemps des illusions sur ce qui se passait en Chine et en URSS.

                    • Christian 19 septembre 11:39

                      @Fifi Brind_acier
                      Il faut distinguer le nazisme de l’armée allemande pour ce qui concerne le financement. Vu ce qui se passait en URSS on ne peut pas totalement condamner le monde occidental, pas seulement les EU d’avoir eu peur et en conséquence de vouloir compter sur une puissance qu’ils pensaient être des leurs, malgré 14-18. Le nazisme c’est autre chose et ce fut l’affaire uniquement d’un Autrichien et d’Allemands. D’ailleurs dès l’instant ou les Anglos américains se sont enfin rendus compte de ce qu’était le nazisme, ils l’ont combattu.
                      Quand on dit : Wall street a financé le nazisme il faut désigner des noms ainsi que leurs allégeances à l’idéologie nazie, donc à l’Holocauste. Cela je ne l’ai jamais vu.
                      Par contre ce qui est encore mal connu c’est qu’en même temps que le monde industriel et financier capitaliste finançait l’Allemagne, cette dernière collaborait activement à son réarmement avec l’URSS et vice versa. On se demande ce que foutaient les services de renseignements occidentaux ou les politiciens qui ne voulaient rien savoir ?


                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 19:09

                      @Christian
                      Si vous regardiez la vidéo avant de commenter, cela vous éviterait de dire des sottises. Sutter est historien, il travaille sur les archives des entreprises américaines.


                    • Christian 20 septembre 07:46

                      @Fifi Brind_acier
                      Vous voulez parler de Sutton, sans doute
                      https://www.google.ch/search?client=firefox-b&dcr=0&q=Antony+Sutton&stick=H4sIAAAAAAAAAOPgE-LRT9c3zEguLCkssChW4tTP1TcwzchJydWSyU620k_Kz8_WLy_KLClJzYsvzy_KtkosLcnI LwIA91IKdzkAAAA&sa=X&ved=0ahUKEwjV0uDzhLPWAhVJ5SYKHQ7YDjsQmxMIgwEoATAM&biw=1120&bih=571&dpr=1.5

                      Antony Cyril Sutton est un économiste, historien et écrivain britannique, et l’une des principales figures historiques du conspirationnisme américain. Wikipédia

                      Il y a longtemps que je connais cette video, mais vous remarquerez qu’il est considéré comme un conspirationniste, ce qui ne veut pas dire qu’il a tort !
                      La collaboration germanosoviétique dès le traité de Rapallo en 1922 et jusqu’à la guerre est une réalité et connue des historiens, si c’est cela que vous considérez comme des sottises.





                    • Ar zen Ar zen 20 septembre 07:59

                      @Christian
                      Vous écrivez : « D’ailleurs dès l’instant ou les Anglos américains se sont enfin rendus compte de ce qu’était le nazisme, ils l’ont combattu. ». 


                      Je ne pense pas que se soit exact. Le livre de Sutton montre combien les cartels des USA et les banques US étaient impliqués par leur commerce dans le soutien à l’Allemagne nazie. 
                      Ce n’est qu’après la bataille de Stalingrad, gagnée par les Soviétiques, que les USA vont faire le choix d’entrer en guerre. La raison est simplement qu’ils savaient que l’Allemagne nazie avait d’une manière certaine perdu la guerre contre les Soviétiques. Il ne s’agissait, après Stalingrad, qu’une question de temps. La bliztkrieg avait échoué. Les USA ne voulaient pas concéder aux Soviétiques la suprématie sur une Allemagne vaincue ni sur les autres pays du continent européen dans certains desquels l’idéologie communiste était très en vogue.

                    • Christian 20 septembre 08:32

                      @Ar zen
                      Le livre de Sutton montre combien les cartels des USA et les banques US étaient impliqués par leur commerce dans le soutien à l’Allemagne nazie.

                      Est-ce que j’aurais écrit quelque chose expliquant le contraire ? C’est un fait avéré, la seule chose que j’ai voulu montrer c’est que l’anticommunisme ayant provoqué ce soutien aux Allemands ne signifiait pas une adhésion aux idées nazies. J’espère que je me fais comprendre cette fois.



                    • François Vesin François Vesin 20 septembre 17:55

                      @Ar zen
                      « Ce n’est qu’après la bataille de Stalingrad, gagnée par les Soviétiques, 

                      que les USA vont faire le choix d’entrer en guerre »

                      C’est confirmé par l’ouverture « partielle » des archives de l’ONU :


                    • Marignan Marignan 18 septembre 11:57

                      A l’auteur.

                      En effet, je fréquente souvent les gares et depuis l’invention de Macron avant les présidentielles, et il est remarquable de vérifier la constance des organes de propagande dans le choix de leurs couvertures. Si c’était drôle, on pourrait s’amuser du fait que ce sont les mêmes supports qui raillent le leader Nord-Coréen, tandis qu’une revue de presse chez nous rend facilement compte de ce qu’est véritablement un culte de la personnalité organisé. A défaut de pensées, la presse distribue des images. Iconodules dénués de tout esprit et d’âme.


                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 septembre 07:49

                        @Marignan
                        Macron a bénéficié de 17 000 couvertures de magazines.


                      • Raymond75 18 septembre 12:27

                        Bon article, mais vous semblez omettre un point important : l’importance de la publicité dans l’équilibre financier de la presse. Pour prendre un exemple hors du champs politique ou social, imagine t’on une revue spécialisée informatique critiquer Microsoft ou Apple ? Impossible : ils coupent immédiatement les flux publicitaires, et la revue est à genoux ... A t’on vu les revues automobile dénoncer la nature des tests de consommation ? les a t’on vu anticiper les trucage des logiciels qui gèrent le moteur ? La liste des exemples pourrait être infinie ...

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