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Accueil du site > Tribune Libre > Qu’est-ce que la réalité ?

Qu’est-ce que la réalité ?

Finalement, peut-être que Douglas Adams n’avait pas tort quand il écrivait que “The answer to the ultimate question of life, the universe and everything is 42“. Car 42 est un chiffre basé sur un concept que l’on appelle les nombres. Il aurait tout aussi bien pu écrire que “the answer…. is nothing“. Que la réponse est le rien. Ce à quoi Raymond Devos n’aurait pas manqué de répondre que le rien n’est pas rien vu que trois fois rien font déjà quelque chose…

Reprenons. Faisant pour le moment abstraction des approches spirituelles, chamaniques ou mystiques pour rester dans un réductionnisme bien rationnel et scientifique, la “réalité vraie” est l’élément ou la structure de base sur laquelle tout le reste est construit. Dans cette optique, la réalité que nous percevons est alors le fruit d’un processus à étages, avec en haut notre conscience et en bas… ce fameux élément ou structure fondamentale, cette “réalité vraie” d’où découlent toutes les autres. L’approche classique, fonctionnaliste, est alors de dire que notre conscience est fondée sur l’existence de notre cerveau, lui-même une entité biologique électro-chimique dont les éléments relèvent essentiellement de la chimie, qui n’est elle-même qu’une version spéciale de la physique, physique qui sonde la matière à la recherche de particules fondamentales qui ne sont elle-même que des condensats de l’espace-temps, lui-même un concept essentiellement mathématique qui n’existe… que dans notre conscience. Fâcheuse circularité.

Face à ceci on peut formuler plusieurs hypothèses : la plus simple, que tous ces étages font en fait partie intégrale de la “réalité vraie” qui n’a ni début ni fin, ni haut ni bas : c’est une boucle. Mais ce relativisme (tout se vaut) me paraît très insatisfaisant… Une autre hypothèse est que la “réalité vraie” se situe du côté des objets mathématiques, qui selon Platon déjà sont des entités fixes, hors du temps et de l’espace, au-delà de l’esprit et de la matière. Les mathématiques existant à partir de rien (le set vide étant un concept mathématiquement valable d’où tout le reste peut être construit), la réalité vraie c’est le rien. Zéro. Ce qui ne nous avance guère en termes classiques, mais peut se percevoir comme un appel du pied à certaines philosophies qui considèrent le vide comme l’essence de toute chose, par exemple le nirvāna bouddhiste étant « là où il n’y a rien, où rien ne peut être saisi ».

Une troisième hypothèse serait que la “réalité vraie” se situe au-delà de toute possibilité de notre part de la connaître, dans une dimension à laquelle nous n’avons pas accès, tout comme une tache d’encre sur le papier n’a aucune possibilité de connaître la verticalité. C’est, de manière très simplifiée, ce qui ressort de la théorie des cordes et de ses multiples dimensions supplémentaires aux quatre dimensions (largeur, longueur, hauteur et temps) qui nous sont accessibles.

Une quatrième hypothèse serait que nous prenons le problème dans le mauvais sens, et que l’idée qu’il existerait une couche physique fondamentale et objective est une pure illusion émanent d’une manière de penser cartésienne mais sans fondement dans le réel. Les problèmes philosophiques posés par la physique quantique sont à mon avis un indice en faveur de cette hypothèse : on applique les méthodes quantiques avec succès mais sans savoir pourquoi ça marche, un peu comme un élève qui applique avec succès une méthode de résolution d’un problème sans avoir aucune idée de la signification de l’exercice. Chose malheureusement courante dans un environnement pédagogique morbide où seul compte le résultat facilement mesurable, mais c’est un autre sujet. Un professeur en théorie de l’information quantique de Oxford, Vlatko Vedral, propose l’idée que la “réalité vraie” n’est finalement que l’augmentation de l’entropie, autrement dit la seconde loi de la thermodynamique. Il semblerait qu’il soit possible de démontrer que tous les principes physiques que nous rencontrons , y compris les notions de temps et de gravité (deux notions très mal comprises en termes de physique), sont en fait la résultante de l’obligation de croissance de l’entropie – ce qui met sur la tête ce principe entropique qui est généralement compris comme un sous-produit de tout évènement réel, et non pas comme sa cause !

Nul doute qu’il existe d’autres hypothèses, et qu’il faille à un moment donné sortir du réductionnisme et de la pensée réflective pour avancer vers une compréhension plus complète de la réalité de ce monde. L’idée même de notre capacité à avoir une pensée rationnelle et objective, que notre cerveau serait une forme d’ordinateur et la pensée l’équivalent d’un calcul, est battue en brèche par les travaux de chercheurs tel George Lakoff, pour qui notre pensée est structurée par des métaphores, des cadres et des narratifs qui nous sont propres. Que devient alors la notion de “réalité vraie” dans ce contexte ? A-t-elle encore le moindre sens ? On peut aller plus loin en posant la question de ce que signifie la notion d’”état modifié de conscience” que l’on retrouve notamment dans le chamanisme. Etat qui permet d’accéder à une réalité parallèle, un monde caché à nos sens “normaux” mais tout aussi réel. Le travail de l’anthropologue Jeremy Narby dans “Le Serpent à Plumes” illustre très bien la possibilité d’un accès ancien et détourné (via cette réalité parallèle) à des notions spécifiques, et notamment l’ADN que la science occidentale n’a découverte que récemment.

Peut-être alors ne pouvons-nous espérer répondre à la question de “qu’est-ce que la réalité ?” qu’au travers du prisme de la réponse à “qu’est-ce que la conscience”, ce qui constitue un renversement de la logique scientifique occidentale basée sur l’objectivité et la dissociation observateur/sujet de l’observation. L’observateur devient le sujet de sa propre observation, technique qui d’ailleurs porte un nom : la méditation.

A méditer…


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27 réactions à cet article    


  • magma magma 17 octobre 2012 16:06

    la vérité n’est pas ici


    • robin 17 octobre 2012 16:55

      Il semblerait par la mécanique quantique qu’on commence à s’apercevoir que l’espace-temps lui même est quantifié comme .....pixelisé, et que le concept suprême serait celui d’information, mais qu’est-ce que l’information à ce stade suprême ça ne vous rappelle rien ?

      Une matrice informatique....matrix, mais une matrice redéfinie en permanence par l’ensemble des consciences qui la peuplent de sorte que si il existe des objets ou des lieux auxquels l’immense majorité cesse de penser ils redeviennent ......des ondes ou cessent d’exister.


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 17 octobre 2012 18:58

        Comme le disait si bien, je crois, Pirandello dans une de ses pièces...

        « La vérité est telle que nous la croyons » (merci à qui pourrait me donner la référence)

        La vérité, c’est quand notre représentation correspond la réalité

        Donc, la réalité est telle qu’on la croit.
        Donc... faisons bien gaffe à ce que nous croyons...
        Car ça va se réaliser.
        La réalité de la réalité, c’est d’abord ça : le fait qu’elle est psychosocialement construite.

        Le Talmud ne dit-il pas ?
        « Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont mais telles que nous sommes ».


        • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 17 octobre 2012 19:58

          Oui, mais construite avec quoi, sur quoi ? Notre corps physique jour t-il sur notre notion de réalité ? Je pense que oui. 


        • BlackMatter 18 octobre 2012 12:51

          Bien évidemment que notre corps physique jouent sur notre perception de la réalité.

          Imaginez que nos yeux physiques soient sensibles aux infra-rouge ou aux ultraviolets. Notre vision du monde seraient franchement différente. La nuit, le ciel nous éblouirait. Nous pourrions même voir en partie à travers les vêtements. Je pense que notre vie serait franchement différente.

        • Montagnais Montagnais 17 octobre 2012 19:17

          AVE Vincent


          Tu te mets en compétition avec Hegel ? Phénoménologie de l’Esprit ?

          Phénoménologie de la réalité.. Seuls les Dieux seraient comptables in fine..

          Bel exercice en tout cas.. à quand sur le marché aux fromages de chèvres, ou pour la célébrissime brocante les 3 et 4 novembre ? J’y proposerai mes livres anciens et rares, missel de St Antoine de Padoue 1922, Bloy en version d’origine, histoire des Romains de Duruy, The German occupation of Jersey - A complete diary..

          NB : je suis passé devant l’ancienne échoppe à l’instant, je pensais à toi justement.

          Que penses-tu du rapport dialectique entre réalité (« la manifestation » au sens de Siddartha Gautama), et le Google Tao ?

          Tchuss

          • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 17 octobre 2012 20:05

            C’est que je suis à 700 bornes dudit marché ces derniers temps... 

            Pour la question euhhh... :) Disons que je me raccrocherais à ceci : l’ami Siddartha avait bien compris que le but est d’arriver au nirvana et que le nrivana c’est le rien à partir duquel tout est possible. Pour le reste, no idea et je ne sais même pas ce qu’est le Google Tao :)

            A bientôt j’espère

          • frugeky 17 octobre 2012 21:42

            L’ADN que la science occidentale n’a découverte que récemment et par l’entremise du LSD, son état modifié de conscience et sa réalité parallèle...vive la révolution psychédélique.


            • hopeless 18 octobre 2012 00:07
              « Qu’est-ce que la réalité ? »

              Bonne question !

              Il semble évident maintenant que l’approche scientifique traditionnelle ne pourra pas y répondre, sans faire une concession majeure au « tout matérialiste ». Il faut être sacrément orgueilleux, voir stupide, pour persister à défendre l’idée qu’il n’existe rien d’autre qu’une énergie qui se transforme sans cesse, selon des processus physico-chimiques régis par des lois rigides et immuables, et quand on voit le résultat prodigieux obtenu, simplement en regardant autour de nous, et surtout en nous regardant nous mêmes. 

              Pour ma part, je me sens un peu moins frustré depuis que j’ai admis l’existence d’un quelque chose qu’on pourrait appeler « esprit », sans connotation religieuse, et qui peut inter-agir avec cet autre quelque chose qu’on appelle matière. Tout le domaine du « paranormal » en particulier, retombe d’un seul coup dans le domaine du « normal », ce qui n’est pas rien, et sans doute plus réaliste que le rejet en bloc de tout ce domaine, sous prétexte qu’il entre en contradiction profonde avec le paradigme scientifique en vigueur. Le chamanisme et le mysticisme prennent également un sens nouveau qui ouvre des perspectives phénoménales.

              • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 18 octobre 2012 11:19

                Bonjour Hopeless,

                La question de la dualité esprit-matière est vraiment posée aujourd’hui. La matière se révèle n’être qu’une vague probabiliste, de l’information pure, le domaine de l’esprit. Comment dans ce cas encore dissocier les deux ?

              • Gemini5 Gemini5 18 octobre 2012 12:45
                @hopeless

                Il semble évident maintenant que l’approche scientifique traditionnelle ne pourra pas y répondre, sans faire une concession majeure au "tout matérialiste".

                hum.... smiley à la lecture de la suite de ton post, je pense qu’il y a un contresens dans cette phrase : pour plus de cohérence, je dirais plutôt : "sans faire une brèche majeure au "tout matérialiste".

                A part ça, j’approuve totalement ton 2è paragraphe smiley


              • Wierko 18 octobre 2012 15:16

                Pourquoi faudrait-il être stupide de ne pas croire en l’esprit ?


              • gaijin gaijin 18 octobre 2012 15:42

                wierko
                sans esprit qui peut ne pas croire en l’esprit ?


              • hopeless 18 octobre 2012 16:02
                bonjour Vincent,

                tu dis : « La matière se révèle n’être qu’une vague probabiliste, de l’information pure ... »
                Pas d’accord la-dessus, il y a autre chose que de l’information, il y a l’Energie. Elle est partout, et il existe bien un Univers spécifique dans lequel nous vivons, et dans lequel circule cette énergie.

                « l’information pure, le domaine de l’esprit ... »
                Non, pas d’accord non plus la-dessus. L’Esprit dont on parle ici, et dont parle la cosmologie bouddhiste en particulier et le chamanisme en général, est bien « quelque chose » qui existe de lui-même, et n’est pas conditionné par quelque chose d’autre qui existe dans notre univers physique, notre cerveau par exemple. En allant jusqu’au bout de cette idée, on peut dire qu’après le « big crunch », lorsque l’univers aura disparu, il restera l’Esprit, et sans doute aussi l’Energie, sous une autre forme que celle d’atomes ou d’ondes électromagnétiques, une Energie qu’on peut qualifier de « non manifestée », parce que « en dehors » de l’univers, et non conditionnée par son existence. 

                En passant, on vient de démontrer que les 2 constituants de base à l’origine de notre Univers sont :
                1. l’Esprit
                2. L’Energie, sous sa forme « non-manifestée »
                Dans la cosmologie bouddhiste, ces 2 constituants font partie du monde absolu, alors que notre univers ordinaire est qualifié de monde relatif.

                à Gemini

                Hum, j’ai beau me relire, je ne vois pas le contresens dont tu parles, la « concession majeure » étant l’acceptation de l’idée qu’il existe « quelque chose » qui parait piloter tout ça et qui ne semble pas matériel, en contradiction totale avec l’approche communément admise.

              • hopeless 18 octobre 2012 16:16
                à Wierko 
                « Pourquoi faudrait-il être stupide de ne pas croire en l’esprit ? »

                Je n’ai pas dis ça, j’ai dit qu’il était, à la limite, stupide de croire que notre univers, avec sa sophistication prodigieuse, n’était que le résultat de la simple application de lois rigides, le fait du hasard en somme. L’Esprit c’est ce qu’on a trouvé de mieux pour l’instant, mais si quelqu’un a une autre idée ...

              • slipenfer 18 octobre 2012 06:42

                bien l’bonjours vincent

                un petit lien sympa sur une vidéo

                What the Bleep Do wE (k)now !? (1:48:34) version sous-titrée en français
                Que sait-on vraiment de le réalité !?

                un nouveau genre de film, qui combine un documentaire, une histoire fictive et un dessin animé avec des effets visuels.

                Amanda (Marlee Matlin, qui a gagné un Oscar pour Children of a Lesser God), le personnage principal de l’histoire fictive, se retrouve dans un monde qui est appelé la physique quantique par les scientifiques. Des événements et des rencontres chaotiques la mènent à une connaissance plus profonde et cachée, dont elle ne savait rien. Les animations et les effets visuels dans le film soulignent que la science moderne a connu un grand progrès pendant les dernières années. Quatorze scientifiques célèbres et mystiques donnent leur vision sur la réalité et agissent dans le film comme un choeur grec qui commente ce qui se passe dans le monde « fictif ».

                La suite
                Que sait-on vraiment de la réalité !? - Dans le terrier du lapin 

                Ce film vous propose une version allongée de 2 heures et demi avec de nouvelles animations, nouveaux entretiens, et de nouveaux concepts afin de développer toutes les splendeurs de la physique quantique et de ses infinités. Le film rend compte de nouvelles compréhensions scientifiques importantes qui montre une liaison de plus en plus solide entre la mécanique quantique, la neurobiologie, la conscience humaine et la réalité quotidienne. Des parties du film sont égayées par des animations qui expliques de façon simple des concepts scientifiques complexes. L’humour et l’efficacité des animations contribuent au caractère unique du film.


                • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 18 octobre 2012 11:03

                  Salut Slipenfer,


                  Merci pour le lien, très bien ce film ! A diffuser largement.

                • lionel 18 octobre 2012 08:44

                  Excellent article !!!


                  • JL JL 18 octobre 2012 09:33

                    Bonjour Vincent V,

                    oui, à méditer comme vous dites. Cet essai qui mélange un peu les genres ne me déplait pas, mais comment peut-on, dans un tel contexte, passer à coté du solipsisme ?

                    Je crois quant à moi, qu’il y a deux réalités : ce que voit le solipsiste dans un premier temps ; et ce qu’il voit augmenté de ce qu’il ne voit pas , dans un second temps, cet inconnu qui fait qu’il voit.

                    La première est du domaine de la physique, de l’entropie ; et la seconde, celui de la philosophie : la néguentropie.


                    • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 18 octobre 2012 11:24

                      Bonjour JL,


                      Peut-on encore penser que la philosophie existe de manière désincarnée, indépendamment du monde physique ? Pourtant tout ce que nous sommes capables de penser est enraciné dans notre réalité physique, notre expérience de vie. 

                    • JL JL 18 octobre 2012 11:45

                      @ Vincent V,

                      je me suis probablement mal exprimé en disant philosophie, métaphysique conviendrait mieux.

                      Disons que l’entropie et la néguentropie sont les deux faces du Rien. Le monde physique est celui de l’entropie. L’autre est ce que le solipsiste - nb. nous sommes tous des solipsistes quelque part, je veux dire, à des degrés divers - ne voit pas.


                    • picpic 18 octobre 2012 09:50

                      « Je ne sais pas » : ça, c’est la seule vérité et encore, je ne sais pas.


                      • ddacoudre ddacoudre 18 octobre 2012 12:11

                        bonjour vincent

                        j’ai lu avec plaisir ton article, je doute qu’un jour nous sachions définir la réalité qui est le temps infinitésimal qui s’écoule nous vivons de notre passé mémorisé, de notre mémoire analogique qui en réponse à l’impact environnemental suggère au cerveau la réponse consciente que nous observons qui aussitôt émise se trouve dépassé mais à généré ses effets ainsi de suite dans un enchaînement infini.
                        la thermodynamique me convient bien comme définition de la réalité « vrai », j’ai écrit en son temps que c’était plutôt le chaos, cette chose insaisissable à notre esprit qui la élaboré preuve de notre propre incompréhension à saisir le Tout dont nous sommes un élément
                        .Depuis lors j’ai opté pour l’information, la vérité serait de l’information, une information, cette information que l’on retrouve au bout d’un accélérateur de particule et qui conduit toute chose à disparaitre a notre regard incapable de suivre ,au minimum, la vitesse de la lumière.
                        sur cette base la vérité ne serait en fait que la perception de cette information à tout instant et il n’y aurait pas lieu d’opposer comme vraies ou fausses les différentes perceptions.elles sont.
                         Le monde quantique qui n’est que celui de notre cerveau nous ouvre une dimension philosophique qui n’était abordé qu’empiriquement par tous ceux qui se sont penchés sur l’essence de l’existence. nous accédons seulement à une dimension que les bouddhistes avaient déjà défini à leur manière. Il est d’ailleurs toujours intéressant de lire les ouvrages ou la science et le bouddhisme échangent leurs point de vue.
                        en fait la mécanique quantique ouvre l’éventail énorme de nos possibilités cérébrales pour décoder toutes les informations qui nous constituent et rend notre présent défini par nos connaissances passées un peu plus rétrograde, voire réducteur, d’un être heuristique et ésotérique dont la seule terre à conquérir est l’incertitude.
                        Pour tant loin d’être un poids cela nous indique que nous disposons de possibilités dont nous ignorons la mesure, et dont l’accès dépend des rétroactions avec l’environnement que nous modifions sans cesse lentement en accédant au magasin de la méconnaissant ou de notre ignorance qui fait de chaque savoir un jalon de plus dont nous savons qu’il n’est pas indispensable pour vivre, mais qu’il s’impose par notre activité culturelle qui le génère dans une fuite ou le terme visible est la mort qui est un terme fondateur d’un passé plus ignorant que celui d’aujourd’hui où nous savons que cette mort n’est qu’un changement d’état.
                        Par analogie nous pouvons regarder le monde comme un puzzle dont les limites nous sont inconnues et dans lequel chaque pièce infinitésimale se trouve une place qui modifiera sa forme et sa couleur en se posant au côté d’autres dans une rétroaction infini pour donner une image sans cesse changeante dont nous ne pouvons percevoir que celle limité par nos sens qui se sont élargies à notre intelligence par l’usage de technologies qui portent notre regard à vers l’infiniment petit et l’infiniment grand qui ne peuvent être saisi que par un psychique ouvert ou la raison ou l’intelligence comme nous disons.
                        Il est donc impensable de pouvoir envisager d’être au dessus du puzzle pour en voir l’image, mais nous en avons le désir et la compréhension, ce sont nos dieux, la nature ou pour moi l’indéfinissable ou l’information, car si nous pouvions mettre un humain dans un accélérateur de particule il n’y aurait au bout qu’une information.
                        Cela est la porte qu’ouvre le monde quantique, il va invalider certain de nos mots comme dépassés, tel la mort dont nous savons aujourd’hui qu’elle n’est qu’un changement d’état (ce qu’avaient compris depuis fort longtemps les bouddhistes).
                        mais ceci va exiger de une gymnastique psychique ou il sera nécessaire de formater notre cerveau au monde réel perçus, puis l’ouvrir a ses possibilités insoupçonnés, en fait apprendre puis désapprendre. Ceci imposera un enseignement, mais également de savoir que tout ceci commande d’être convaincu qu’il y a un absolue où tout ce que nous concevons s’écroule. Il est donc nécessaire de comprendre que quelqu’un qui disposerait d’une certitude absolu devrait se suicider car en fait il est déjà mort. C’est un mort vivant qui ne pourra plus rien apporter au monde, hormis sa destruction, car pour vivre il ne développe que la mort qu’il porte.
                        Or notre cerceau à peur d’ l’incertitude, et nous le voyons tous les jours, c’est pourtant la seule terre à conquérir comme je l’ai érit et nous le faisons contre notre propre entendement, conduit par la totalité de nos actions quotidiennes qui s’agrégeront pour nous faire élaborer demain sur le mode échec car nous n’en saisissons qu’une infime partie, mais nous avons une idées des possibilités existantes et de nos « capabilités ». Il ne reste à attendre que ces « pièces » modifient lentement les autres comme toujours sous la pression de l’environnement.
                        cordialement.ddacoudre.over-blog.com .


                        • Greenman Greenman 18 octobre 2012 14:33

                          Bonjour Vincent,

                          Lors de la lecture de cet article, j’ai pensé fortement à un certain A. Korzybski et au seul de ses ouvrages disponibles en français, « La Carte n’est pas le Territoire ». Il avait conceptualisé la Sémantique Générale dans les années 30. L’objectif était de réapprendre à appréhender le monde en prenant en compte l’avancée des sciences (psychologie, mais aussi neurologie dont s’était les débuts) dans notre mode de réflexion, d’échanges et d’action.
                          Il me serait compliqué de m’étendre sur le sujet ici, mais je vous invite a découvrir si ce n’est déjà fait le concept de la sémantique générale via livre ci-dessus ou encore le cycle des Non-aristotéliciens ou Non-A de A.E. Van Vogh ou cet auteur de SF explore les pistes proposées par Korzybski dans un roman de SF (La traduction française étant de Boris Vian et de bonne qualité).

                          Simplement, attention si vous recherchez en amont sur le net, il y a eu beaucoup de dérivés de la Sémantique générale car de nombreuses personnes ou entreprise se sont servi de ces réflexions pour créer des aides au développement personnel en détournant plus ou moins les concepts de base établi par Korzybski quand ce n’est pas simplement pour le coup de pub que pouvait et peut peut être encore procurer le terme de Sémantique générale sur une plaquette publicitaire...

                          Merci pour cet article !


                          • gaijin gaijin 18 octobre 2012 15:38

                            gars d’affi
                            la carte n’est pas le territoire
                            mais ceci n’est que l’axiome de base de la sémantique générale et a ce stade il serait dommage de laisser l’arbre cacher la forêt non ?
                            ( un truc en rapport avec le doigt et la lune ? )

                            cela étant je ne peut qu’approuver : les chinois ont des millénaires d’avance sur nous
                            dans la même rubrique on peut aussi citer wang pi ( 226-249 )
                            « Les idées s’expriment par des images
                             Les images s’expliquent par des mots
                             Si on s’attache aux mots
                             On perd la compréhension des images
                             Si on s’attache aux images
                             On perd la compréhension des idées »


                          • Zobi Aldo Rifort 18 octobre 2012 15:24

                            Tout dépend du point de vue pour répondre à cette question.
                            Une même « réalité » pourra être interprétée très différement selon le point de vue.
                            Je rejoins ici l’idée que c’est notre perception personnelle qui définit notre réalité, qu’il existe donc autant de « réalités » que de points de vue et donc que chaque point de vue est, en ce sens, valable. C’est donc une réalité partagée, relative et éphémère dans laquelle nous baignons.
                            La question se situe donc dans le rapport éphémère / éternel (relatif / absolu si l’on préfère).


                            • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 18 octobre 2012 19:06

                              Merci pour toutes ces intéressantes contributions !


                              @Hopeless ci-dessus (16:02) : je ne pense pas que vous puissiez différencier l’énergie de l’information, car d’où provient-elle ? L’énergie est ce qui permet à quelque chose de passer d’un état à un autre. Autrement dit, de modifier l’information relative à cette chose, mais qu’est ce qui pourrait modifier une information sinon une autre information ? Taper dans un ordinateur n’en modifie pas le contenu. 
                              Idem pour l’Esprit, que je traduirais par la Conscience. La conscience est ce qui permet de donner un sens à l’information. Un sens pour nous, qui n’est pas nécessairement le même pour d’autres formes d’existence. Le chamanisme fonctionne par la modification de l’état de conscience, donnant accès à une interprétation augmentée de l’information disponible. 

                              L’univers est quantique, tous ses états possibles existent en même temps mais la conscience est ce qui permet de ne voir qu’un état stable à la fois et donner au monde une apparente cohérence. C’est ce qui est derrière la théorie des univers multiples : comme il n’y a pas de raison particulière de choisir un état final plutôt qu’un autre, l’univers se divise à chaque choix quantique afin d’accommoder toutes les possibilités. 

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