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Accueil du site > Tribune Libre > Quand le système capitaliste multiplie les « jobs à la con »

Quand le système capitaliste multiplie les « jobs à la con »

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« Bullshit jobs » (que l’on peut traduire par « jobs à la con »), tel est le qualificatif qu’a donné l’anthropologue étasunien David Graeber a ces emplois sans utilité sociale qui se multiplient dans les entreprises et dont il a théorisé l’existence en 2013 dans un pamphlet publié sur le site britannique Strike ! Un manifeste auquel de très nombreux médias et sites du web de tous bords ont donné un écho international induit par le mal-être vécu par un nombre croissant d’employés du tertiaire qui se reconnaissent dans le constat de Graeber...

La caractéristique d’un bullshit job, c’est, en schématisant, la quasi-impossibilité pour son titulaire de définir en quoi consiste le poste qu’il occupe et quelle est la finalité de son boulot. Comment le pourrait-il, entre obscur intitulé de poste, objectifs nébuleux, taches vides de sens, courriels hermétiques truffés de novlangue, et bien entendu réunions – aussi creuses que récurrentes – où chacun joue à se donner de l’importance sans connaître les règles du jeu ? Jamais les grandes entreprises n’ont été, à un tel point, normatives et procédurales. Avec cette conséquence : jamais leur gestion n’a engendré autant de structures complexes qui, à la manière de tumeurs malignes, engendrent insidieusement la création de nouveaux postes tout aussi vides de sens, pour ne pas dire absurdes. Ubu n’est plus roi, il est devenu manager !

L’absurdité règne en effet dans notre société moderne où s’impose un étonnant paradoxe. La logique capitaliste voudrait en effet que tout soit mis en œuvre pour abonder toujours plus les profits, et cela semble devoir passer par une priorisation absolue de la production sur l’administratif. Or, que se passe-t-il ? « Les véritables travailleurs productifs sont sans cesse mis sous pression et exploités. Le reste est divisé entre les sans-emplois, universellement méprisés, et une strate plus large de gens payés pour, grosso modo, ne rien faire, dans une position telle qu’ils s’identifient aux perspectives et aux sensibilités de la classe dirigeante  », souligne Graeber. Faut-il en conclure que les top-managers se conduisent comme des idiots ? Non, répond l’anthropologue qui nous apporte la clé de cette apparente énigme : « La classe dirigeante a compris qu’une population heureuse et productive qui dispose de temps libre à sa guise est un danger mortel. »

L’absurdité n’est donc qu’apparente si l’on en croit Graeber, et force est de reconnaître que le chercheur fait preuve d’une rare lucidité : Le système tient en effet les salariés productifs dans une poigne d’acier en leur assurant de quoi survivre dans les pays émergeants, et de quoi vivre dans un relatif confort dans les pays développés, mais dans une société de plus en plus précarisée où chaque emploi peut disparaitre à tout moment, tué par l’automatisation ou par une délocalisation porteuse de profits accrus pour les actionnaires et qui renforce dans l’opinion le sentiment d’insécurité sociale. « En même temps » dirait l’un des plus zélés serviteurs du grand capital, le système enferme les employés non productifs dans un carcan administratif qui prend des apparences toujours plus kafkaïennes du fait du développement sans fin de normes et de procédures interdépendantes (de décision, de qualité, de sécurité) dont quasiment plus personne ne comprend les arcanes.

Renforcer le personnel affecté aux pensums administratifs

Or, rien de tel que des boulots incompréhensibles et ennuyeux – des « jobs à la con » – pour neutraliser les employés tertiaires diplômés, objectivement inutiles à la création de richesses. Résultat : la plupart des salariés qui occupent ces postes s’étiolent, et les plus fragiles au plan mental sont poussés par le bore-out – état dépressif lié à l’ennui au travail – à choisir d’autres formes de vie dans une mutation que d’aucuns assimilent à un « syndrome de la chambre d’hôtes ». Ces employés déprimés sont rejoints dans leur démarche de changement radical d’existence par les plus clairvoyants ; lucides, ces derniers pourraient s’engager dans une démarche rebelle, mais dans une société de plus en plus individualiste, ils ne veulent pas être les dindons d’une lutte très incertaine du pot de terre contre le pot de fer, persuadés qu’il convient de tirer le meilleur de la vie dans l’instant présent, pas dans d’hypothétiques lendemains qui chantent. Carpe diem ! est leur nouveau credo.

Et c’est ainsi que, contrairement à la prévision de l’économiste Keynes, les salariés ne travaillaient pas « 15 heures par semaine » à la fin du siècle dernier. Et force est de constater que leur temps de travail ne s’est pas réduit en ce premier quart du 21e siècle, malgré les progrès technologiques qui auraient normalement dû les libérer d’une grande partie de leurs tâches et augmenter de manière significative leur temps de loisirs. 5 ans après la publication du manifeste de Graeber, rien n’a changé : le monde de l’entreprise continue de produire, et de multiplier ici et là, les mêmes types d’emplois inutiles. Au point parfois d’être contraint par la pensée dominante de retirer de ses effectifs des vrais créateurs de richesse (ingénieurs, techniciens qualifiés, pédagogues) pour renforcer le personnel affecté aux pensums administratifs tentaculaires imposés par la certification des processus, les chartes de qualité, les contrôles de gestion et autres carcans administratifs dont l’intérêt est loin d’être toujours démontré et dont les besoins s’autoalimentent !

Un mot encore sur Graeber : certains ont pu le trouver excessif dans son constat ; et sa participation militante engagée au mouvement Occupy Wall Street, de même que le soutien qu’il a apporté aux participants de Nuit debout en 2016, n’ont pas manqué, depuis la publication de son manifeste en 2013, d’apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs qui ne voient en lui qu’un « provocateur altermondialiste ». Or, Graeber est loin d’être un bouffon radical porteur d’une idéologie fumeuse, mais un anthropologue aux compétences reconnues comme le démontre son poste d’enseignant au sein de la prestigieuse London School of Economics and Political Science, une institution rigoureuse d’où sont sortis 19 prix Nobel et 52 chefs d’état peu suspects d’utopie gauchiste.

Graeber et ceux qui lui ont emboîté le pas sont-ils dans l’erreur, ou ont-ils au contraire posé les vraies questions ? À chacun d’y réfléchir en fonction de sa propre expérience professionnelle et de ses constats personnels sur l’évolution du monde du travail. 

David Graeber : On the Phenomenon of Bullshit Jobs


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181 réactions à cet article    


  • malitourne malitourne 16 mai 08:46

    Exemple de bullshit job : le trollage européiste


    • Fergus Fergus 16 mai 09:01

      Bonjour, malitourne

      Dans le genre trolls (pratiquant de surcroit le matraquage et le harcèlement), les militants UPR ne sont pas mal non plus : qu’il pleuve sur Rolland Garros, que le loup gagne du terrain dans les Alpes, ou que le beaujolais nouveau soit imbuvable, c’est la faute à l’UE ! smiley


    • malitourne malitourne 16 mai 09:15

      @Fergus
      Mon bon Fergus, il n’y a pas de matraques à l’UPR, et ce sont plutôt les européistes qui harcèlent les Français depuis des décennies.


    • Paul Leleu 16 mai 16:22

      @malitourne


      Asselineau affirme avec une juste malice que « 165 pays sur 193 ne sont pas dans l’UE »... certes... mais faudrait quand même aller faire un tour dans ses prétendus « paradis souverainistes », avant de croire sur parole tout ce que dit Asselineau... 

      Certes Macron n’est que le valet de l’UE... mais l’UE n’est que le valet momentané du capitalisme... donc, sortir de l’UE ne nous fera pas sortir du capitalisme... ni de ses méfaits... faut aussi réfléchir à cela. Combien de pays ont leur propre monnaie mais ne sont pas souverains en vérité ? 

    • V_Parlier V_Parlier 16 mai 17:08

      @Fergus
      Mais ce n’est pas un travail salarié et obligatoire de militer à l’UPR, que je sache.


    • malitourne malitourne 16 mai 17:34

      @Paul Leleu
      Ceux qui veulent sortir du capitalisme mais ne veulent pas sortir de l’UE, ils ont qui comme maître à penser ? Sinon, si vous avez une solution rapide et clé en main pour installer le paradis communiste sur terre je suis preneur. 


    • malitourne malitourne 16 mai 17:42

      @V_Parlier
      En effet, c’est du temps qu’on donne librement, comme Fergus et d’autres ici quand ils passent leur temps à nous expliquer que l’UE est une chance pour la France


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 mai 18:13
      @Fergus

      " ... le 16 janvier 2015, l’OTAN a déclassifié et rendu accessibles sur Internet plus de 23 000 documents qui avaient été gardés secrets en leur temps. Cette déclassification – rendue obligatoire par les lois américaines – s’est déroulée dans une discrétion certaine et dans une relative indifférence.

      Cependant, une école privée supérieure de Valence, « GBN Gobernatia », spécialisée dans la formation des décideurs politiques et économiques, a eu l’idée de s’intéresser, à travers son blog, à ces documents rendus publics.

      Elle a notamment analysé l’un d’entre eux, qui prône ouvertement la création d’un festival de musique de l’Atlantique nord.

      [En photo : l’article paru dans Gobernatia et son titre qui signifie : « Le Festival de l’Eurovision : l’outil de communication le plus important créé par l’OTAN pendant la guerre froide ». (...)


      Régulièrement, la Maison Blanche, la CIA et l’ OTAN déclassifient des documents, il ne semble pas que nos journalistes soient très curieux de savoir ce qu’ils contiennent...


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 mai 18:28

      @Paul Leleu

      Remarque intéressante, mais comment faites-vous pour combattre le capitalisme en étant dans une colonie de l’ Empire américain ?

      Tous les peuples du monde colonisés ont toujours eu comme priorité l’indépendance et la souveraineté. Il serait peut-être temps que la Gauche européenne sorte de ses rêveries. On ne peut pas demander un Etat souverain pour les Palestiniens et refuser aux Français l’indépendance et la souveraineté. Tous les acquis sociaux ont été obtenus quand les lois étaient faites en France.

      L’Europe apparaît pour ce qu’elle a toujours été, une colonie de l’ Empire américain.« Après la fin de l’accord nucléaire avec l’ Iran, et maintenant ? » 

      L’Europe a été obligée de soutenir le coup d’ état américain en Ukraine, et les sanctions contre la Russie. Cela a aggravé les difficultés des agriculteurs européens, français en particulier.
      L’Europe a perdu des marchés, donc des emplois.
      On va voir comment elle va se sortir de ce pétrin ...





    • Paul Leleu 16 mai 21:36

      @Fifi Brind_acier


      L’UPR apporte des éléments très intéressants au débat... notamment sur les actions cachées des USA... d’ailleurs je pense que ça va très loin : les USA ont complètement supplanté notre culture naturelle par leur « tapis de gazon en plastique » produits par leur industrie du divertissement, depuis le jazz, le rock et le cinéma, jusqu’aux conneries de la télé-poubelle et de facebook. On ne pourra pas faire face, tant que nous n’aurons pas anéanti et erradiqué cette « culture » de pure propagande, qui fait préférer sincèrement le fast-food au terroir, le bruit à la musique, le divertissement à l’art, le sport à la télé à la pratique réelle, etc. Nos cerveaux, nos imaginaires, nos coeurs ont été complètement irrigués par cette putréfaction américaine... L’oiseau ne sortirait même si on ouvrait la cage. 

      Maintenant, je réitère mes questionnements à l’UPR : sortir de l’UE n’est pas sortir du capitalisme. Je ne caricature pas vos positions, essayez de ne pas caricaturer celles des autres. Ca n’apauvrit que vous. 

      Pour info, je ne revendique pas d’état pour les Palestiniens... je pense que la Palestine est un os à ronger pour occuper les opinions publiques arabes, et les détourner des vraies questions. C’est la « ligne bleue des vosges »... Personne ne se demande pourquoi Sadate et Rabin ont été assassinés (ni pourquoi les islamistes et les faucons ont les mêmes sponsors). 

      Je pense que les « luttes nationales », notamment les décolonisations ont été savament organisées pour déboucher sur une impasse. De Gaulle y a bien joué son rôle, en refilant l’Algérie au FLN (et non au MNA), ou bien en faisant assassiner Ben Barka au profit de Mohamed 5. Comme le disaient les socialistes algériens avant l’indépendance : « il ne faut pas que le maitre arabe remplace le maître européen ». De même que le « gaullisme » a finalement conduit la France dans l’impasse actuelle, en désaisissant grâce à un « sauveur suprême » le Peuple français de son héritage réel, de sa conscience, et aussi de ses responsabalités. De Gaulle a dés-incité les français à s’engager dans la politique, laissant de facto le chemin pour les banquiers de Pompidou et cie. 

      Je pense que les prolétaires (car c’est la vérité, pour nous qui n’avons pas de capital à faire valoir, et sommes les plus ordinaires des citoyens), nous avons intérêt à nous battre sur nos propres bases politiques, en faisant valoir nos intérêts de classe. Hors, nos intérêts ne sont pas ceux de la moyenne bourgeoisie française, qui s’est simplement fait doubler par la grande bourgeoisie mondialisée. Je vous demande si cela vaut la peine de se battre pour remettre la Banque de France aux 200 familles ? 

      Plus largement, beaucoup de pays ont une monaie et une armée, mais ça n’empêche nullement l’impérialisme de faire pression sur eux. On spécula sur le Franc français pour faire plier Mitterrand. Inutile de vous dire les pressions qui s’exercent sur Cuba, le Venezuela, l’Iran ou la Corée du Nord. On peut étouffer un pays. La France elle-même, dont les chars interviennent régulièrement en Afrique (sous couvert d’humanitaire ou d’anti-terrorisme, bien-sûr) n’est pas exempte de cet impérialisme : n’avons-nous pas tué Patrice Lumumba et Thomas Sankara ? Pour ne citer qu’eux... Comment Monsieur Asselineau prétend-il nous sortir de l’emprise américaine par en-haut, et de l’emprise que nous faisons subir aux autres par en bas (et qui est LE MOYEN par lequel nous finançons notre train de vie, et notre contrat social) ? 

      Le Royaume-Uni a gardé sa Livre Sterling, et il a connu le même sort que la zone euro. La misère est galopante là-bas comme ici. Je vois mal Thérésa May, Boris Johnson et Nigel Farrage (ex-trader spéculateur) redistribuer le PIB britanique aux ouvriers anglais que Mme Thatcher a laissé mourrir dans les années 1980... Et vont-ils fermer la City, les paradis fiscaux de Jersey et des Iles Vierges ? Je ne crois pas... D’ailleurs le RU continue de piloner dans le monde, de faire partie de l’OTAN et de provoquer les russes. Quant à la Russie de Poutine, elle n’est un mieux que par rapport à la Russie d’Elstine, ce qui n’est pas très difficile. Et tous les autres pays du monde, quels sont les exemples ? La Suisse, dont l’économie est basée sur la banque occulte ? La Norvège basée sur la rente pétrolière ? 

      Le pouvoir est entre les mains du Capital... je trouve que Monsieur Asselineau expédie vite cette question... ce qui est logique, puisqu’il est quand même de culture bien anticommuniste (ne manquant jamais d’étaler sa condescendance et les clichés éculés vis-à-vis de l’URSS). 

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 17 mai 07:10
      @Paul Leleu :
      Au passage, je vous signale que le MNA en Algérie a été laminé par le FLN.

      Ceci dit, personne ne peut empêcher un peuple de faire la révolution, et personne ne peut la déclencher par un claquement de doigt. Il faudrait que la majorité des Français ait encore confiance dans la Gauche pour faire une révolution et sortir du capitalisme, vous pouvez toujours attendre ...

      Depuis Mitterrand, la Gauche, y compris le PCF, ont trahi les Français. Plus européiste que la Gauche, on fait pas ! Même pour Mélenchon, la priorité est de sauver l’ Europe  ! Les syndicats, n’en parlons pas, ils sont inféodés à Bruxelles par la CES...

      Vous vous imaginez que les Français vont faire confiance à cette bande de traitres et de bras cassés pour faire la révolution ? Rêve !
      Et si la révolution n’arrive pas, votre Plan B, c’est quoi ?

      Pourquoi la finance serait active et nocive pendant le Frexit et moins pendant une révolution ? Le Brexit a été pacifique, expliquez plutôt aux lecteurs ce qu’est Eurogendfor !

      La sortie de l’ UE est une décision juridique, qui relève du Droit International. L’article 50 peut être activé par n’importe quel gouvernement. Aux salariés ensuite de s’organiser pour imposer leurs revendications.

      Le programme de l’ UPR est certainement le programme social et démocratique le plus abouti du moment. Si ensuite, les Français veulent aller plus loin, il y aura la mise en place du référendum d’initiative populaire. Et s’ils veulent faire la révolution, ils la feront, je ne vois pas d’opposition entre souveraineté et révolution. L’UPR n’est pas un Parti politique, c’est un outil de libération nationale, elle sera ensuite dissoute.


    • Paul Leleu 17 mai 20:43

      @Fifi Brind_acier


      vous êtes un peu simpliste. Et vous ne répondez PAS à ma question : qu’est-ce qui a changé clairement pour le peuple en Angleterre ? En quoi la Brexit a-t-il amélioré le sort du peuple ? Les « guerres de libération nationale » au 20ème siècle ont montré toutes leurs limites, et même leur échec sur bien des points. Je ne suis pas sûr que le peuple a intérêt à se placer à la suite de gens comme Asselineau, qui revendiquent l’héritage de De Gaulle. C’est pas un bon signe. 

      L’UPR a une vision figée et formelle du droit, et ne croit pas aux rapports de forces. C’est méconnaitre La Fontaine « le raison du plus fort est toujours la meilleure ». A mon sens, le droit reste d’abord la formalisation d’un rapport de force à un moment donné. Quand le rapport de force change, nul ne peut forcer le puissant à respecter la lettre du droit. Il n’y aurait pas eu d’URSS sans missiles pour la protéger de la voracité haineuse des génocidaires yankis. 

      Par exemple (un exemple parmi beaucoup d’autres), à quoi bon une indépendance nationale dans un contexte où le jus mental des français, jusqu’au trognon, est américain ? C’est l’industrie du divertissement yanki qui fabrique les rêves des français. Que comptez-vous faire contre cela ? De Gaulle n’a rien pu contre cela... Il faut des mesures beaucoup plus radicales. 


    • Legestr glaz Ar zen 17 mai 21:31

      @Paul Leleu

      D’une part, le peuple britannique peut reprendre les manettes. Il ne tient qu’à lui maintenant de décider de la couleur du gouvernement à chaque échéance électorale. L’UE ne dirige plus le navire GB. Mais, évidemment, les puissances de l’argent sont à l’affut avec leur moyens extraordinaires capables de fausser les règles du jeu et de manipuler le peuple. 

      D’autre part, la plus forte croissance salariale en 10 ans est annoncée. C’est déjà une première chose, ne trouvez vous pas ? Nous ne pouvons pas dire la même chose en France n’est-ce pas ? Par ailleurs le taux de chômage est au plus bas depuis 1975 ! Ce n’est pas tout à fait comme en France où les travailleurs galèrent à trouver un emploi.




    • Legestr glaz Ar zen 17 mai 22:54

      @Paul Leleu

      Je ne peux pas être d’accord avec vous sur le « rapport de force ». S’il existe une loi indépassable en France, c’est la loi fondamentale de notre pays : la Constitution. Le cadre de la Constitution est indépassable. Personne ne parle jamais de violer la Constitution !

      Ainsi, aucun Président nouvellement élu ne pourra désobéir à la Constitution et dire, par exemple : « je suis élu maintenant pour 10 ans » !

      Il n’existe aucun rapport de force avec la Constitution qui fixe un cadre aux institutions. Comme les traités européens ont été introduits dans la Constitution il est « impossible » d’y désobéir. Aucun rapport de force ne peut se mettre sur le chemin tracé par la Constitution. Toute loi contraire aux traités sera recalée par le Conseil Constitutionnel. Mais des choses aussi simples ne sont pas communiquées aux Français qui pensent, comme vous Paul Leleu, qu’il est possible de désobéir aux traités, d’engager un rapport de force avec l’UE. Il vous suffit de lire les articles 55, 61,62 et 88-1 pour le comprendre.


    • Paul Leleu 18 mai 17:36

      @Ar zen


      je ne suis pas contre le Frexit par l’article 50... je me demande simplement ce qu’il va changer, si de toutes façons nos cerveaux et nos coeurs sont entièrement imbibés de saloperie américaine... et que nous sommes dirigés par Moscovici comme Ministre bis-repetita et non plus comme Commissaire Européen... franchement... 

      sur le rapport de force... je vous prie de regarder comment Donald Trump peut déchirer le traité iranien, ou comment les USA peuvent faire des lois extraterritoriales... que nous respectons !!! 

      Quant à la Consitution, il suffit de la changer pour s’en affranchir... Sarkozy l’a fait en supprimant ce qui le gênait et en rajoutant ce qui l’arrangeait... la loi ecrite est donc bien l’expression d’un rapport de force dans la société... et les traités l’expression de l’état du rapport de forces entre les états... 





    • Paul Leleu 18 mai 17:42

      @Ar zen


      essayez de vous rendre compte que l’Allemagne et le Royaume-Uni au cours des années 2000 ont fait une contraction salariale que nous n’avons pas fait en France... job à 1 euro en Allemagne, et job à 0 heure en Angleterre... il s’agit simplement d’un début de rattrapage par rapport à la France... 

      quant à au taux de chômage, ça prête à sourire... faut regarder comment sont faites les statistiques par ces états vermoulus... les USA affichent 4,1% de chômage officiel, mais c’est au moins 20% de la population apte à travailler qui est « privée d’emploi »... cherchez l’erreur... 

      Les Anglais ont inventé le « job à 0 heure » pour faire baisser leurs statistiques : c’est à dire que tu taffes 0 heures, et tu es payé 0 euro... mais tu n’es pas chômeur... 

      Soyez cohérents... comment expliquez vous le vote du Brexit (ou Trump) par la colère populaire, et en même temps nous faire croire aux statistiques merveilleuses du plein emploi ??? 

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 mai 18:41
      @Paul Leleu
      D’abord, quand on est de Gauche, la priorité n’est pas de sortir du capitalisme, mais de préserver les acquis sociaux. Tous les acquis sociaux ont été obtenus par des luttes sociales, traduites dans des lois, du temps où les lois étaient faites en France.

      Après le Brexit, la différence, c’est que les lois seront faites en GB.
      Reste aux Britanniques à se bouger les fesses, à avoir les Partis de Gauche et les syndicats qu’il faut pour s’organiser.

      Aujourd’hui, vous pouvez voter pour qui vous voulez, cela ne change strictement rien. C’est ce qui explique le grand nombre d’abstentionnistes.

      Voilà comment les choses se passent : Les décisions sont prises par Bruxelles, transmises à un service du 1er Ministre, « le SGAE - Secrétariat Général aux Affaires Européennes - » qui transmet aux Ministres concernés, lesquels traduisent les directives européennes en Droit français.

      Passant outre le Parlement, ça fonctionna ainsi depuis Maastricht, et quel que soit les résultats des votes des électeurs. Ce qui se passe à l’ Assemblée et au Sénat, c’est du cinéma pour les mougeons.

      Sans sortie de l’ UE, comment faites-vous pour que les lois soient à nouveau décidées en France, en fonction des luttes sociales et de l’avis des électeurs français ?  Les Grecs ont fait plus de 20 000 manifestations, ils sont ruinés, et la Grèce est à vendre à la découpe.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 mai 18:54

      @Paul Leleu

      Justement, le fait que les USA violent sans cesse les Traités qu’ils signent, et cela depuis les Traités avec les Amérindiens, aboutit au fait qu’ils apparaissent comme pas fiables du tout. Personne n’a plus envie de leur faire confiance. Seuls ceux qui respectent le Droit international apparaissent comme dignes de confiance.

      Il ne peut pas y avoir de « rapport de force » au niveau européen, les Traités n’ont pas été signés avec Bruxelles ou avec Merkel, mais avec chacun des 27 pays, et ils sont dans la même panade que nous ! Pourquoi faudrait-il engager un rapport de force avec des pays qui ne nous ont rien fait, et qui sont nos principaux alliés commerciaux ?

      Quant à la Constitution, on ne peut en changer qu’en sortant de l’ UE.
      Le Droit européen est supérieur aux Droits des Etats, y compris dans le domaine constitutionnel. Toutes les Constitutions européennes ont été modifiées pour les soumettre au Droit Communautaire.

      " La primauté du droit européen sur les droits nationaux est absolue. (...) La Cour de justice a estimé que les constitutions nationales sont également soumises au principe de primauté. Il revient ainsi au juge national de ne pas appliquer les dispositions d’une constitution contraire au droit européen."

    • Croyant 8 juin 18:58

      @Paul Leleu

      Sortir de l’UE permettrais d’être moins prisonnier des traités qui imposent les restrictions budgétaires. Cela impliquerait que les gouvernement ne puissent plus avoir comme seul objectif la réduction des déficits, réduction qui entraîne la chute du Service Publique et de la Sécurité Publique. Certains prétendent que la SNCF coûte trop cher. Moi, je constate qu’elle coûte moins cher que la pornographie généralisée, les femens, la future PMA, la future GPA. Il faudrait une bonne dose d’optimisme pour croire que la Civilisation Française pourrait se rebâtir et renouer avec des siècles de puissance. Avant tout, il me paraît nécessaire de détruire tout l’héritage de Mai 1968, qui correspond à une gigantesque arnaque créée de toute pièce par les marchés financiers.

    • eric 16 mai 09:29

      "renforcer le personnel affecté aux pensums administratifs tentaculaires imposés par la certification des processus, les chartes de qualité, les contrôles de gestion et autres carcans administratifs« 

      Bonjour Fergus ; Votre auteur est prof. A mon avis, il ne fait pas de différence entre secteurs privés et public.
      C’est pourquoi il arrive à la contradiction d’affirmer que le capitale est à la recherche du profit , mais qu’il assume des dépenses inutiles, pour éviter que ses employés deviennent des consommateurs riches et disponibles...qui seraient justement un moteur efficace de la croissance de l’économie et des profits.
      Du reste, il a des collègues qui affirment la même chose et s’étonnent  » en même temps« que des boites fuient à l’étranger, notamment dans des pays ou la main d’œuvre est tenue d’une main de fer et payée des clopinettes. D’autre qui prétendent que le capital fait venir des migrants pour diminuer le coût de la production, alors qu’ils bossent essentiellement dans les services à la personne et qu’il est moins coûteux d’envoyer les machines l’étranger que de financer les travailleurs pauvres ici.

      Ce qu’il décrit existe. C’est la fonction publique et para publique en France ; C’est le secteur qui a le plus recruté depuis 40 ans. C’est le secteur ou on a créé le plus de postes de cadres » tertaire dilpômés comme vous dites...Qui sont aussi la couche la plus revendicatrice. Toutes les gauches en sont issues. C’est le secteur ou la productivité est en chute libre. Hors tout, de l’ordre de 2 millions de postes, 10 points d’un PIB croissant en plus, des cadres de plus en plus formés, et, syndicats dixit - mais les usagers ne démentent pas trop-, une baisse continue de la qualité des services publics.

      Un excellent exemple est celui de la RATP. Je ne sais plus ou j’ai lu cela, mais ils ont développé les chargés de com. d’évènementiel, de qualité, etc.. ; et diminué le nombre de chauffeurs, de techniciens etc...A l’agriculture, à une époque le nombre de collaborateur au ministère augmentait proportionnellement à la baisse du nombre d’agriculteur.

      Dans mon boulot en Russie, j’avais un produit vendu à 1 et j’avais un type pour dédouaner. Au bout des 10 ans de bureaucratie poutinno-eltsinienne, j’avais un service douanier complet, le prix de vente du produit était passé à 3 sans aucune utilité sociale pour qui que ce soit.


      • Fergus Fergus 16 mai 09:40

        Bonjour, eric

        Il n’y a pas tant de différences que cela entre public et privé dès lors que l’on observe les grandes entreprises - notamment du secteur tertiaire - qui ont des modèles de gestion relativement proches.

        « Un excellent exemple est celui de la RATP. Je ne sais plus ou j’ai lu cela, mais ils ont développé les chargés de com. d’évènementiel, de qualité, etc.. ; et diminué le nombre de chauffeurs, de techniciens »

        On retrouve cela même dans des entreprises privées de taille modeste. Un exemple : lorsque j’étais responsable de formation, j’ai travaillé avec des boîtes de langues, d’informatique ou de marketing à une époque où se généralisait la course à la certification ISO ; dans la plupart de ces boîtes, il a fallu abandonner des postes de formateurs pour affecter des employés aux tâches administratives liées à la certification !


      • Aristide Aristide 16 mai 10:04

        @Fergus
         il a fallu abandonner des postes de formateurs pour affecter des employés aux tâches administratives liées à la certification !


        On comprend déjà mieux votre rancœur envers ces travaux. 

        j’étais responsable de formation

        La formation, en voilà un bon sujet, combien de formation en anglais pour des personnes qui ne le pratiqueront jamais, des formations ... assez creuses que l’on est obligé de suivre pour satisfaire un quota de formation. Vous connaissez ? De là à accuser la formation en général, et d’arguer de son inutilité est bien évidement complètement faux. 

        Essayez d’appliquer cette méthode au travaux de normalisation, démarche qualité, ... vous verrez que ces jobs à la con ne le sont pas tant que cela.





      • Fergus Fergus 16 mai 11:09

        Bonjour, Aristide

        « On comprend déjà mieux votre rancœur envers ces travaux »

        Vous êtes à côté de la plaque ! Je n’ai aucune « rancœur » contre ces tâches. Bien au contraire, je les considère comme des progrès.

        Le problème survient lorsque les entreprises se laissent déborder en en sachant pas bien évaluer le point d’équilibre entre les tâches administratives et les métiers opérationnels !

        « des formations ... assez creuses que l’on est obligé de suivre pour satisfaire un quota de formation »

        On peut gérer la formation en « notaire » pour simplement dépenser le budget alloué comme l’a dit naguère une DRH. Ou, au contraire, mettre sur pied des plans de formations ciblés sur les vrais besoins des personnels dont on a la charge, et c’est comme cela que j’ai exercé mes fonctions ; si tel n’avait pas été le cas, j’aurais changé de job !


      • Aristide Aristide 16 mai 11:19

        @Fergus


        C’était simplement pour essayer de vous faire réagir sur le fond. Visiblement j’ai perdu.

        Mon propos consiste simplement à dire que ces situations sont exceptionnelles, personne ne peut nier la tendance bureaucratique de toutes les organisations. C’est justement les taches que vous citez comme « à la con », analyse de processus, démarche qualité, controle de gestion ... qui limitent cette tendance naturelle des organisations à complexifier sans raisons l’organisation du travail.

        Mon message plus bas vous donne un autre éclairage.




      • Fergus Fergus 16 mai 13:20

        @ Aristide

        Je vous invite à lire les témoignages de Buzzcocks, Hunter, _Ulysse_ et quelques autres : tous font le même e constat, et cela pour l’avoir vécu en entreprise.


      • V_Parlier V_Parlier 16 mai 17:16

        @eric
        Vous écrivez : "Ce qu’il décrit existe. C’est la fonction publique et para publique en France ; C’est le secteur qui a le plus recruté depuis 40 ans.« 
        -> Je ne dirai pas non. En revanche je ne suis pas du tout d’accord sur l’exclusivité. Ayant travaillé dans plusieurs grosses boites privées je vois bien dans quel sens ça dérive ! C’est exactement tel que décrit dans l’article. Le »process« , la »démarche", je ne supporte plus ces mots qui me donnent envie de distribuer des baffes. Ajouté à cela que la médiocratie se généralise à tous les niveaux et ça devient vite insupportable.


      • V_Parlier V_Parlier 16 mai 17:18

        @Fergus
        "On peut gérer la formation en « notaire » pour simplement dépenser le budget alloué comme l’a dit naguère une DRH. Ou, au contraire, mettre sur pied des plans de formations ciblés sur les vrais besoins des personnels dont on a la charge"
        -> Exact. Les meilleures formations (les plus utiles et intéressantes) que j’ai eues dans ma vie sont déjà bien loin. La dernière doit dater de plus de 15 ans...


      • V_Parlier V_Parlier 16 mai 17:19

        @Fergus
        Vous pouvez m’ajouter à la liste.


      • Parlez moi d'amour Parlez moi d’amour 17 mai 21:53


        @Aristide
        Je la connaissais attribuée à l’ENA mais j’aime bien cette version « imagée »


      • Aristide Aristide 16 mai 09:56

        Voilà que les entreprises emploieraient des salariés à des travaux inutiles. Bon. On peut facilement admettre que ici et là, il existe des ... planqués volontaires et des mis au placard ... involontaires. Bon !!! Mais alors qui sont ces travailleurs qui ne font rien ou ne savent pas ce qu’ils doivent faire. Aucun exemple donné, en place des formules assez ... vaseuses sur l’inutilité du travail, quel travail ? Il faut chercher plus loin dans l’article :


        « la certification des processus, les chartes de qualité, les contrôles de gestion et autres carcans administratifs ... »

        Mais alors là, posez comme hypothèse que ce genre de travail serait à la con et que les taches seraient inutiles me semble tenir de l’affirmation gratuite. Pour l’avoir vécu la mise aux normes, la mise en place d’une démarche qualité, le controle de gestion ... ont des résultats tangibles. Mais bon, il est nécessaire d’avoir mis en place ce que l’on appelle l’évaluation, encore une tache à la con, pour mesurer les résultats de ces actions. Personne ne nie que ces travaux dont l’objectif est de se center sur l’organisation du travail, que ces travaux n’apportent toujours des résultats fabuleux. Mais de là à les faire passer pour des manies de bureaucrates ...

        Il est assez paradoxal de parler du capitalisme qui se caractérise tout de même par une constante dans la recherche de la rentabilité et affirmer que c’est cette logique qui pousse à la « dépense inutile ». D’ailleurs pour d’obscures raisons tout aussi contestables.

        • gruni gruni 16 mai 10:35

          @Aristide

          « On peut facilement admettre que ici et là, il existe des ... planqués volontaires et des mis au placard ... involontaires. »



        • Aristide Aristide 16 mai 10:57

          @gruni

          30% des travailleurs ne foutraient rien ou presque !!! Allons, aucune étude sérieuse, aucune source. En fin d’article cela passe à 10 % qui s’ennuie. 


          Le but ? avancer sans rougir que le capitalisme emploie des inactifs pour dissimuler des chômeurs !!!


          L’essai d’un obscur chercheur qui répond par ailleurs « En France, ce sont essentiellement les collectivités territoriales qui ont banalisé l’ennui au travail. ». Attaquant entre autre le taux de prélèvement sur les salaires, etc, ... en fait un ultra libéral de plus.

          PS : Je pouffe en publiant ici un extrait du CV du bonhomme :« Il est à l’origine de l’introduction de critères de sélection intégrant l’activité du « cerveau droit » des candidats (créativité, intuition et affectif) et d’un programme d’apprentissage comportemental sous forme de séminaires émotionnels.  »

          Non, ne riez pas .... Et pis l’introduction de critères de selection intégrant l’activité du cerveau droit des candidats, mon copain de la boite de recrutement ne sait pas comment il s’en sortirait sans cette invention géniale.

        • Fergus Fergus 16 mai 11:33


          @ Aristide

          « posez comme hypothèse que ce genre de travail serait à la con"

          Ben non, justement, j’ai parlé dans l’article de « certification des processus« , de »chartes de qualité« , de »contrôles de gestion« , et je suis persuadé que ces tâches ont utiles ! Là où se situe le problème, c’est lorsque les entreprises se laissent déborder et mettent en place des usines à gaz très consommatrices d’emplois dont un certain pourcentage est inutile. A titre d’exemple, il existe des entreprises qui fonctionnent avec un tel niveau de détail dans leur comptabilité analytique que cela en devient aberrant, de l’aveu même de personnes affectées à ces tâches.

          Quant à exécuter des tâches inutiles, je l’ai constaté également lorsque j’étais informaticien. Un exemple : cet employé à qui il a été donné à écrire un programme de rappel de prime pour affecter une somme dérisoire (variant de de 20 ou 30 centimes à un maximum de 2 euros) à une trentaine de personnes ; entre les coûts de personnel de saisie des données et de traitement en machine, il eût coûté moins cher de distribuer directement 2 euros à tout le monde, mais c’eût été contraire aux procédures ! Or, des exemples comme celui-ci, j’en ai connu pas mal d’autres.

          En 2013, sur la base d’un document que m’avait fourni un camarade syndiqué, j’ai écrit un article intitulé Quand « retraites RATP » rimait avec « usine à gaz ». Certes, le document datait de 1978, mais il illustrait bien la manière dont était géré l’administratif dans les grandes entreprises, la RATP n’étant en la matière pas très différente des grandes banques ou compagnies d’assurance. Je vous invite à le lire et à vous renseigner pour savoir si de telles « usines à gaz » ne perdurent pas aujourd’hui. Si j’en crois les échos qui me reviennent aux oreilles de la part d’actifs ou de jeunes retraités, tant des services publics que du privé, la réponse est à l’évidence OUI.


        • V_Parlier V_Parlier 16 mai 17:21

          @Aristide
          Vous écrivez : Il est assez paradoxal de parler du capitalisme qui se caractérise tout de même par une constante dans la recherche de la rentabilité et affirmer que c’est cette logique qui pousse à la « dépense inutile ».

          -> Ca s’explique simplement parce le fait que les capitalistes peuvent être AUSSI hors sol quand ils planent dans les hautes strates. Les gauchistes n’ont pas le monopole.


        • V_Parlier V_Parlier 16 mai 17:31

          @Aristide
          Vous écrivez : "30% des travailleurs ne foutraient rien ou presque !!! Allons, aucune étude sérieuse, aucune source. En fin d’article cela passe à 10 % qui s’ennuie« .

          -> Quels que soient les chiffres, la quantité n’est pas négligeable et ne touche pas forcément à 100% la totalité des activités d’un poste. Mais même pour les postes traditionnels, les activités »à la con« phagocytent de plus en plus le travail normal, au point qu’on appelle maintenant ce dernier »deep working«  ! (sans blague)

          Quant à votre illusion du privé remède à tout : Depuis déjà longtemps, l’Etat et des boîtes privées parasites ne se privent pas pour dilapider ensemble l’argent des contribuables en »innovation" (entendre par là : projets bidons sur des choses qui existent déjà mais qui n’aboutiront même pas, sans obligation de résultats !) et en grands travaux cosmétiques inutiles (communes, collectivités, conseils machins-bidules inclus), à l’époque où on n’est même plus capable d’entretenir correctement le pont de Gennevilliers et de financer les hôpitaux. La synthèse de la gauche et de la droite tant promise : La privatisation des profits, la nationalisation des dettes, plus de taxes pour moins de service. Tradition assez française, il est vrai, mais pas que.


        • Fergus Fergus 16 mai 17:33

          @ V_Parlier

          Il est même assez effarant de constater à quel point certains managers sont « hors-sol » comme vous le soulignez. Et comme leurs subordonnés immédiats sont des courtisans, cela ne fait qu’encourager ce management « hors-sol » qui se développe d’autant plus. Bref, l’on est dans une fuite en avant.


        • V_Parlier V_Parlier 16 mai 17:34

          @V_Parlier
          J’ajouterais enfin que les activités à la con peuvent être stressantes et demander un temps consacré astronomique, au point que les gens consciencieux peuvent être débordés et finir à la fois par s’ennuyer (au sens de l’intérêt) et par être crevés. Je suis entouré de gens comme ça qui n’osent pas l’avouer car ils occupent des postes à responsabilités. Certains sont à la limite du burn-out... et pour rien !


        • V_Parlier V_Parlier 16 mai 18:07

          @Fergus
          Fuite en avant, je confirme en effet. Et quand les courtisans sentent qu’ils risquent de devenir responsables de quelque chose de concret, ils changent de boîte en prétextant que c’est parce-qu’ils ne « peuvent pas s’épanouir ». (En général ils ont un savoir faire pour pipeauter les RH aux entretiens, ils font du pipeau tous les jours donc bénéficient d’une vaste expérience en la matière). Mais il faut reconnaître que par ces temps ça devient plus difficile, même pour eux.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 mai 18:41

          @Fergus

          Il est possible qu’il y ait des emplois de ce genre dans les entreprises publiques aussi bien que privées, mais il me semble qu’on a plutôt un développement de vrais boulots, mais pas payés...

          La précarité, c’est plutôt ça le problème majeur : des vrais emplois, travailler plus pour gagner peu. C’est le modèle allemand, « les mini jobs », 15 heures pour 450 euros", conséquence des lois Hartz, que Hollande et Macron appliquent désormais en France.

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