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Accueil du site > Tribune Libre > Rapport sur les langues : morceaux choisis

Rapport sur les langues : morceaux choisis

(Commentaires sur la nouvelle guerre des Gaules !)

Le récent rapport sur l'enseignement des langues étrangères est téléchargeable ici.

Les extraits étant nombreux, le lecteur pressé pourra aller directement aux conclusions.

« Le 23 février dernier, à l’occasion d’une intervention sur le commerce extérieur, le Premier ministre a ainsi souligné que la maîtrise de l’anglais était un levier culturel majeur et il a demandé aux ministres Blanquer et Vidal d’accélérer la transformation de son enseignement. »

« Oser affirmer que l’on peut à la fois maîtriser l’anglais et au moins une, voire plusieurs autres langues étrangères. »

« Recommandation : Inscrire l’anglais comme langue obligatoire dans le parcours de tous les élèves, en langue vivante 1 ou 2. »

La longue période d'hypocrisie touche à sa fin. Il s'agit d'améliorer le niveau d'anglais pour tous, et pour cela d'officialiser son caractère obligatoire (il l'est quasiment en pratique) Ce but premier est enrobé de mentions d'autres langues et de considérations diverses, mais le cœur des propositions est bien là, fort et clair ! Il est même suggéré d'enseigner certaines matières EN anglais au collège et dès le primaire, comme se sont empressés de le montrer nos télés et radios, tout récemment par des reportages sur des expérimentations en Savoie et en Essonne, unanimement enthousiastes ! Dans ce rapport, cela est seulement et prudemment suggéré :

"De loin, les résultats les plus spectaculaires que nous avons vus en France sont dans le cadre de cours en Langues en Savoie. Nous avons vu des élèves de milieux très différents apprendre des matières comme les mathématiques ou la géographie en d’autres langues (principalement de l’anglais ou de l’italien). Ils acquièrent un niveau et surtout une confiance sans commune mesure, non seulement dans la langue vivante mais aussi dans la matière enseignée. Des études montrent que, même si au début l’enseignement d’autres matières par le biais d’une langue vivante est pus difficile, l’attention requise augmente l’intérêt et la compréhension du contenu. Nous avons vu, notamment à Albertville, pendant un cours de géographie, une jeune élève de 10 ans, sans parent ni autre point d’attache anglophone dans son entourage, expliquer dans un anglais impeccable et le plus naturellement du monde, la différence entre « an eruptive volcano and an explosive volcano ».

Pour garantir l'objectivité du rapport sur "les langues étrangères", on a choisi un journaliste anglophone natif et une inspectrice générale d’anglais !

« Nous », ce sont donc deux approches, deux regards différents », écrivent-ils sans rire.

« Nous avons été satisfaits de constater que nous étions d’accord sur pratiquement tout ! Nous signons donc ce rapport avec nos recommandations communes, issues de nos regards forcément très différents. »

Comme disait Saint-Exupéry, aimer, c'est regarder ensemble dans la même direction, celle de l'anglais ! C'est un principe à généraliser. Par exemple, pour un rapport sur les pesticides, on choisira un cadre de Monsanto et un de la FNSEA !

La caution scientifique : une conférence sur la plasticité cérébrale et un article de Newsweek, tous deux traitant de l'âge « fenêtre » avant lequel on peut atteindre un niveau de langue maternelle (uniquement si on continue et si on est motivé).

Pourtant on peut tout à fait atteindre plus tard le niveau qui peut être nécessaire à quelques professions : « (…) qui a identifié l’âge de 10 ans comme celui où la fenêtre se ferme, même si pendant toute l’adolescence l’on garde une facilité à apprendre la grammaire d’autres langues. »

On comprend à nouveau que cet apprentissage précoce ne vise qu'à atteindre en anglais un niveau proche de celui du français !

Une phrase obscure et inquiétante : « Oser assumer que nos élèves ont changé, que le français n’est pas toujours la langue première, que cette diversité est une grande richesse collective et un atout individuel, non un obstacle à surmonter. »

Faut-il comprendre que le français n'est maintenant dans nos écoles qu'une langue parmi d'autres ? Chacun sa langue et l'anglais pour tous ?

Quelques mesures concrètes :

« en incitant tous les personnels à entrer dans le jeu des langues, »

Ainsi, une femme de ménage ne dira plus aux enfants « Poussez-vous de là que je nettoie », mais plutôt « Break yourself ! », « Get lost !! » ou « Get the fuck out ! » selon ses compétences et son humeur !

Les autres profs sont concernés :

« en s’appuyant sur les enseignants de langues en premier lieu, en mobilisant les compétences des enseignants d’autres disciplines »

« l’adoption d’une démarche dite interlangues, d’harmonisation entre toutes les langues enseignées, les programmes étant désormais communs et organisés autour de notions et de thématiques très larges, que chaque langue aborde ensuite selon ses spécificités. On parle désormais d’une seule discipline langues vivantes, atténuant, ce faisant, les différences entre les langues et les cultures pour insister sur ce qu’elles partagent. »

Un professeur se présentera ainsi : « Bonjour les enfants, je suis votre professeur de français, anglais, allemand, espagnol et serbo-croate. Et le prof d'histoire vous fera la révolution française en anglais. » Bonjour la transversalité et la polyvalence... Pour la prochaine rentrée scolaire : aspirine en libre-service dans toutes les salles de profs !

Et non, les langues vivantes ne forment pas une seule discipline : chaque langue est une matière différente, d'où la lourdeur du système, les difficultés structurelles (quelles langues, dans quel établissement). Cette présentation lyrique n'est qu'un écran de fumée.

« l’inspection pourraient constituer des attributions de cette mission particulière. Sans constituer un échelon hiérarchique supplémentaire, ce coordonnateur établirait un relais qui manque entre les enseignants et l’échelon académique. »

« Pour ses collègues, le professeur de langues acquiert de plus en plus une position de référent dans l’établissement dont la « culture linguistique » est amenée à s’étendre »

Et en plus, le prof d'anglais sera le chef !

« concilie l’amour de la langue de Molière, symbole fort de notre identité républicaine, et le choix politique du plurilinguisme, symbole fort de notre ancrage européen. »

Quelqu'un leur a dit que la GB n'était plus dans l'Union européenne ?

Des innovations pédagogiques remarquables :

« l’élève étant désormais considéré comme locuteur d’une langue qu’il apprend à maîtriser progressivement, d’abord de façon élémentaire (niveau A), puis autonome (niveau B) et enfin indépendant (niveau C). »

Désormais, on ira de débutant à perfectionnement, et non l'inverse !

« L’élève est défini avant tout comme un futur citoyen porteur d’un bagage culturel et langagier qu’il enrichit en passant d’une langue à l’autre, en s’appuyant sur l’une pour apprendre l'autre »

Un mystère est résolu : si les élèves n'apprennent plus maintenant le saut d'obstacle et le monter à la corde, c'est pour mieux sauter d'une langue à l'autre ! Mais au primaire, ils ne sauteront que de l'anglais à l'anglais...

Dans l'introduction on lit : « « La France arrive bien au dernier rang des pays européens quant à la maîtrise des langues étrangères enseignées à l’école, que ce soit en première ou en deuxième langue. »

Quand l'étude a été faite, la GB était dans l'UE et bon dernier en langues étrangères (même plus obligatoires).

Une démarche scientifique de qualité... Outre le dispositif CEDRE (cf.) et l'étude Survey de 2012, le rapport se fonde sur... du vent, comme il est longuement expliqué ! (Saluons quand même cette honnêteté, que nos médias ne sont pas allés jusqu'à imiter.)

« Cette connaissance des résultats de nos élèves rencontre cependant actuellement des limites, essentiellement au niveau du lycée. Les mesures dont nous disposons sont en effet encore très partielles. Les notes obtenues par les élèves aux épreuves du baccalauréat n’ont pas fait l’objet d’analyses systématiques depuis la mise en œuvre du Plan de rénovation et il n’est donc pas possible, à l’heure où ce rapport est écrit, de connaître le pourcentage de lycéens qui atteint le niveau attendu du CECRL que ce soit en en LV1, LV2 ou LV3. Les seules données disponibles sont fournies par l’enquête européenne Surveylang de 2012 et par les résultats des élèves aux certifications de Cambridge, de l’Institut Cervantes et de la Conférence permanente des ministres de l’éducation des Länders (KMK), dont on sait qu’elles ne concernent à ce stade qu’une faible partie de nos élèves. »

« Il n’existe pas cependant d’analyse au niveau national des notes obtenues, ce qui rend difficile l’établissement d’un diagnostic et d’un suivi ciblé. »

En résumé : l'enseignement des langues dispose depuis à peine quelques années d'un bon outil d'évaluation (le CECRL, une échelle), mais faute de nous en servir, nous manquons de données objectives !

Un peu de bon sens émerge parfois des clichés en pédagol dans le texte, par exemple sous la plume d'Alex Taylor :

« Certes, les jeunes Néerlandais grandissent avec des émissions sous-titrées à la télévision. Les chercheurs montrent néanmoins qu’écouter de façon passive une émission de télévision n’est pas un moyen très efficace d’apprendre des langues. En plus, comme nous a confié un enseignant sur place : « Il ne faut pas croire, quand le film Paddington est sorti, que mon fils de 7 ans s’est précipité vers moi exigeant de le voir en VO ! »

« On a pu entendre que l’enseignement de la grammaire et du lexique étaient désormais interdits comme on a observé dans les classes des contenus trop souvent éloignés de l’aire linguistique étudiée »

« Ce flou se ressent notamment au niveau du rôle de la grammaire. Les éditeurs de manuels scolaires ont tenu à nous rencontrer pour le signaler. Ils ne savent plus s’il faut mettre de la grammaire dans les livres et si oui, quelle est sa place ? »

Encore une angoissante question résolue : oui, il faut de la grammaire pour apprendre une langue, un alignement de mots ne suffit pas !

« Les travaux des chercheurs concordent en effet pour montrer que les langues n’entrent pas en concurrence les unes avec les autres, »

Si l'anglais est seul au primaire, ce n'est plus de la concurrence mais un monopole !

Une remarque d'Alex Taylor :

« Chaque élève doit enseigner et apprendre un mot, une expression dans toutes les langues représentées dans la salle. La remarque d’une élève montre tout l’intérêt de cet exercice. Sa langue maternelle est le farsi. Elle nous a confié à la fin de cette expérience : « c’est la première fois que je ne me suis pas sentie différente des autres. »

Or, c'est tout à fait notre suggestion : au CM1 et CM2, une initiation non spécialisée à divers alphabets et langues, européens et non-européens. Que ne s'est-il inspiré de cet exemple dans leurs propositions ! Pourquoi persister dans le tout-anglais ?

Un mensonge classique, colporté de média en média :

« De nombreuses études internationales tendent par ailleurs à démontrer que l’enfant bilingue ou multilingue développe des savoir-faire et des capacités cognitives particulières et obtient des résultats positifs dans les autres disciplines. »

On admirera la formulation prudente « tendent à montrer », précaution bienvenue car des études sérieuses ont montré l'absence de différence des résultats scolaires. Ils ne citent d'ailleurs pas leurs sources...

« La demande sociale s’exprime partout haut et fort en faveur de la langue de Shakespeare transformée pour les besoins de la mondialisation en lingua franca »

Ah ! c'était le souhait du peuple ! À se demander pourquoi depuis dix ans la France et l'UE ont agi en faveur de l'anglais dans la plus grande discrétion, et sous couvert de multilinguisme.

« La place de l’anglais dans le système scolaire au regard des autres langues, voire des autres disciplines, est devenue un sujet de débats d’autant plus compliqué, parfois douloureux, que la question des langues est fortement liée à celle de l’identité, individuelle et nationale.« 

Un sursaut d'honnêteté ! Lesdits débats étant soigneusement gommés dans les reportages...

"Certains lecteurs de ce rapport se souviendront sans doute des foudres que s’était attirée la commission Thélot qui avait affirmé en 2004 la nécessité d’intégrer l’anglais dans le socle commun en reconnaissant par là son statut de langue de communication internationale."

À nouveau, A.Taylor fait preuve de bon sens :

« L’une des raisons pour lesquelles les Français ont eu du mal à s’approprier avec passion les langues vivantes, et surtout l’anglais, tient au rôle que joue leur propre langue, qui diffère nettement de ce que l’on constate ailleurs. Il s’agit d’un obstacle très particulier à la France, responsable des nombreux bâtons que les Français se mettent eux-mêmes dans les roues lorsqu’ils se tournent vers d’autres langues. »

C'est ce que nous disons depuis longtemps : les locuteurs d'une langue largement répandue, et depuis longtemps, ex-langue-diplomatique, sont moins enclins que d'autres à apprendre une langue étrangère, particulièrement celle du rival, l'anglais ! La question est bien politique, et non pédagogique !

Le rapport n'ignore pas les dangers du tout-anglais, et les effets secondaires néfastes sur la langue du pays dans les pays nordiques (que les médias cachent, bis, ter...)

« Alison Edwards, linguiste à l’université de Leiden, a pu dire que l’anglais n’est plus une langue étrangère aux Pays-Bas, dans la mesure où elle est présente « dans la rue, chez votre coiffeur ou dans votre taxi » (,,,) Les études supérieures se déroulent majoritairement en anglais dans les universités du pays. Cette imprégnation est telle qu’elle soulève depuis quelque temps des craintes d’universitaires sur le recul du néerlandais constaté chez les élèves et surtout les étudiants, crainte d’autant plus sensible que la population est de plus en plus diverse et plurilingue. »

Plusieurs recommandations auront comme conséquence d'augmenter ce qu'on a pu appeler l'impôt linguistique, une manne considérable reçue par la GB grâce aux années d'étude des autres pays et au bizness de l'anglais :

« Intégrer dans le parcours de formation des enseignants du premier degré et de disciplines dites non linguistiques une période de mobilité dans le pays de la langue étudiée. »

« par le biais d’une certification externe de moins de trois ans produite pas le candidat. »

« Mettre en place un plan de montée en charge des compétences des professeurs des écoles sur cinq années, en développant notamment le recours aux locuteurs natifs formés à la pédagogie » (Tout ceci rien que pour l'école primaire ! Le second degré faisant l'objet de recos similaires, et spécifiques.)

Restons pédants :

« Trois scenarii sont envisageables » Un spaghetto, des spaghettis ? Un forum, des fora ?

Les mots étrangers passés en français prennent le pluriel en « s » : un scénario, des scénarios.

Reco : introduire de nouveaux anglicismes !

« On pourrait s’inspirer de l’exemple irlandais. Le ministère organise deux fois par an des cluster meetings réunissant jusqu’à 600 enseignants d’une même région »

Jadis, on appelait ça de la formation continue, ou un séminaire.

Reco : utiliser les réseaux et la communication type Skype. Nous l'avons déjà proposé comme possibilité de choisir librement ses deux langues parmi toutes celles existant, y compris latin-grec, en utilisant les technologies de communication (TICE) pour les langues rares, sur le plan régional, voire national pour les très rares, sachant que la majorité choisirait de toutes façons l'anglais, l'espagnol ou l'allemand.

Le mythe de l'anglais facile en prend un coup :

L’une des raisons principales du retard pris dans l’enseignement de l’anglais en France résulte du fait que l’on n’enseigne pas du tout le rythme très spécifique de cette langue, rythme qui est diamétralement opposé à celui du français. Nous avons même eu l’impression que certains professeurs ignorent ce fait ! « 

« Il faut donc établir le rythme spécial de la langue anglaise dès le départ et cesser d’indiquer aux jeunes français que les voyelles anglaises sont prononcées à valeur pleine. »

Il y aurait un "secret si fondamental" que des professeurs semblent ignorer, et que nos élèves ne découvrent que dans le supérieur, celui de « la musique de l'anglais «  ! En gros, les voyelles des syllabes non accentuées changent de prononciation (le même phénomène existe en russe paraît-il.)

Et les professeurs n'expliquent jamais ce qu'est l'accent tonique, ça les obligerait à dire qu'il est mobile en anglais, irrationnel sur le plan phonétique – pardon. qu'il a une musique particulière !

Un aveu ?

« Des études montrent que, même si au début l’enseignement d’autres matières par le biais d’une langue vivante est plus difficile, l’attention requise augmente l’intérêt et la compréhension du contenu »

En clair, l'histoire enseignée en anglais au primaire, les gosses y pigent que dalle mais c'est super parce qu'ils doivent se concentrer !

Quelle étude a bien pu inventer un tel non-sens pédagogique de 6 à 11 ans ? (Sources non mentionnées...)

Last but not least, on augmentera la paperasse et la bureaucratie :

« C’est pourquoi nous allons introduire, dès le lycée, une logique d’attestation de niveau en langues étrangères. Une attestation qui fait l’objet d’une reconnaissance internationale. En clair, à terme, chaque étudiant à la fin de son lycée et au plus tard en fin de licence aura passé un test de type Cambridge ou IELTS, financé par l’État, et qui donnera donc un niveau reconnu partout à l’étranger. »

La pensée magique est très en vogue dans ce milieu :

« Augmenter le niveau attendu des élèves en anglais oral, à la fin des cycles 3 et 4. »

Il suffit de le décréter ! Yaka.

Coucou les revoilà !

« On pourra également soutenir des initiatives originales comme celle proposée par les Franco-British Young Leaders, » (…) Ils proposent une expérimentation dans les zones où les anglophones sont les plus nombreux, comme à Paris ou en Dordogne. »

On connaît la présence envahissante des Young Leaders en politique... voilà qu'ils viennent dans nos écoles !

Conclusion

Un rapport sur "les langues" à l'école mais qui ne porte que sur l'anglais, deux autres langues faisant de la figuration - au sens propre elles ne font que figurer dans le texte ici ou là sans aucune vision d'ensemble du système.

Un rapport sur l'anglais donc, rédigé par deux anglophones...

Il est clairement recommandé de rendre son obligation officielle dans tout le cursus, comme il est suggéré d'enseigner parfois EN anglais dès le primaire... L'ensemble des recos constituerait une débauche de moyens mis au service de l'anglais.

Ce but explicite, que divers chapitres essaient de justifier, est pourtant habillé de fioritures, maquillé, saupoudré de considérations sur la diversité, le multilinguisme européen, l'éducation plurilingue et pluriculturelle, la citoyenneté nouvelle, le changement de paradigme, une pédagogie réinventée, tout un fatras en pédagol dans le texte, démagogique, limite pédant – un écran de fumée comme si la vérité brute était honteuse, trop dangereuse. Néanmoins, l'aspect délicat, politique, du sujet est avoué et même explicité.

La justification principale, et la seule pour laquelle quelques sources (2) sont indiquées, est de profiter de l'aptitude des enfants à apprendre une autre langue au niveau maternel (un âge contesté, aux environs de 11ans), dans l'illusion d'imiter l'apprentissage familial/ethnique qui, lui, associe émotion, permanence et motivation. Que tous les Français visent un niveau native english !

Il est pourtant reconnu l'absurdité de nous comparer sans cesse aux nordiques (Suède et Danemark souvent cités), car les locuteurs d'une langue de grande diffusion, langue de travail de l'UE (et plus encore depuis le Brexit) sont forcément moins enclins à apprendre l'anglais. Les Français le considèrent moins comme LA langue de communication que, par exemple, des Néerlandais ou des Maltais.

Le mythe de l'anglais facile est abattu, puisque un certain « grand secret » de la « musique de l'anglais » est méconnu des élèves - comprendre sa phonétique irrationnelle. Ajoutons que cette irrégularité (relation entre graphèmes et phonèmes) en fait une des langues les moins adaptées à la communication européenne ou mondiale – mais le rapport ne va pas jusque là, on s'en doute !

L'ensemble des propositions forme une usine à gaz, une ultraspécialisation en anglais qui rapportera beaucoup à la GB et nous coûtera beaucoup (recrutement massif de natifs comme assistants, séjours d'un an des futurs PDE, labellisations, certifications etc.) pour, au final, peut-être augmenter légèrement le niveau en anglais d'une partie des élèves, les plus motivés. Tout ça pour ça ?

Cette évolution créerait un sentiment d'injustice sociale vis-à-vis d'écoles les mieux dotées en anglais, comme si notre société avait besoin d'aggraver le sentiment d'injustice ! Pour pallier ce problème, il est proposé d'utiliser Internet en rase campagne (nous avions proposé une réforme où les mêmes technologies permettraient le libre choix des deux langues étrangères mais que vaut la liberté face aux délices de l'anglais de la maternelle à la fac, en passant par les dessins animés et les films en VO sous-titrée ?

Pourquoi faire simple quand on peut faire complexe ? Rappelons modestement notre propre proposition : au CM1 et CM2 initiation aux prononciations de diverses langues européennes et à divers alphabets, plus quelques idéogrammes (nécessitant un seul enseignant formé par établissement, aidé de matériel pédagogique et par quelques intervenants itératifs), puis libre choix de deux langues parmi toutes, vivantes ou mortes, en mutualisant et en utilisant les technologies de la communication (comme recommandé dans le rapport pour les zones isolées). Trop simple, trop souple, trop libre, pas assez paperassier, pas assez coercitif, et surtout pas assez anglophone !

On fera votre bonheur pour et par l'anglais, que vous le vouliez ou non et, si vous ne le voulez pas, vos impôts le paieront et vos enfants y auront droit quand même !


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59 réactions à cet article    


  • Chourave Gwynplaine 17 septembre 08:59

    Rome a imposé l’usage du latin pour les actes juridiques et les échanges commerciaux sur le territoire de son empire. L’église, organisée sur les structures administratives de l’empire romain (diocèses) a généralisé l’emploi du latin dans les monastères et les abbayes d’Europe pour diffuser les connaissances admises par l’autorité et consolider un réseau permettant le contrôle des masses. 


    Aujourd’hui, le globish a pris la place du latin, Washington a pris la place de Rome et les réalisateurs d’Hollywood celle des évêques. 

    Le préfet des Gaules a missionné ses vicaires et se gouverneurs pour qu’ils fassent cesser le recours aux patois, supports des vieilles croyances paiennes et des incivilités.

    • nenecologue nenecologue 17 septembre 15:40

      @Gwynplaine


      à l’époque :vae victis !
       
      et maintenant : Woe betide the defeated !

    • Chourave Gwynplaine 18 septembre 08:24

      @nenecologue

      Sauf que l’adage latin a été prononcé par un Gaulois, Brennus, et non pas un Romain !

      Après un long siège de Rome, les Gaulois avaient accepté de se retirerermoyennant le versement d’une rançon de 1 000 livres d’or (soit 327,45 kg).

      Une grande balance avait été installée sur une place de Rome et, pour alourdir encore la rançon, les Gaulois avaient utilisé des poids truqués.

      Devant les protestations des Romains qui s’étaient rendus compte de la supercherie, Brennus avait jeté son épée sur le plateau en ajoutant « Vae victis ».

      L’équivalent aujourd’hui voudrait que la formule anglophone que vous suggérez soit prononcée par Poutine ou Bachar !


    • nenecologue nenecologue 18 septembre 12:49

      @Gwynplaine
      Merci de vos précisions.


      Mais l’important dans ma réponse est là : peu importe qui prononce ces sentences elles sont dans la langue du dominant.

    • Paul Leleu 18 septembre 19:28

      @Gwynplaine

      en tous cas, il faudra nettoyer toute cette racaille de traitres en col-blanc à l’occasion de la prochaine révolution... Ca nous détendra... 

      la défense des identités culturelles est un droit humain fondamental inscrit dans la Charte des Nations Unies. Les citoyens français sont donc fondés juridiquement à dégager leurs « élites », et les condamner pour trahison devant un tribunal populaire... 

      je suis sûr que face à un « jury du peuple » nos « élites » retrouveront leur français... comme par hasard. 

      Quant à la putréfaction anglaise, cette sous-culture de haine, qui n’a ammené que guerre, inculture et arriération sur le Continent... je ne vois pas ce qu’on peut en faire... les anglophiles sont toujours des traitres relativistes... 

    • bob14 17 septembre 09:05
      langue de boeuf à la vinaigrette..un régal..sauf qu’en france le peuple préfère la langue de bois.. smiley

      • aimable 17 septembre 10:58

        @bob14
        j’aurais plutôt tendance a croire que vous préférez la langue de vipère . smiley


      • rogal 17 septembre 09:09

        Nous approchons donc du moment décisif de l’affaire. Y a-t-il un de nos mouvements politiques qui y soit partie prenante ?


        • Alren Alren 17 septembre 19:11

          @rogal

          Y a-t-il un de nos mouvements politiques qui y soient partie prenante ?

          Bonne question. La réponse est évidente : LREM soutient - du moins ses décideurs"- cette politique de la haine de tout ce qui est français, y compris la langue.

          Mais plus et mieux que les organisations politiques, je suis convaincu que c’est le peuple lui-même qui fera échouer cette ignominie.

          Bien sûr la révolte démarrera doucement comme pour le compteur Linky car le grand nombre est long à réaliser qu’on l’attaque.


        • L'Astronome L’Astronome 17 septembre 10:08
           
          La soumission à l’anglais — à savoir à l’anglo-américain — outre le masochisme linguistique propre à nos gouvernants, c’est la complicité avec l’esprit vénal et criminel des Anglo-Américains.
           

          • Paul Leleu 18 septembre 19:31

            @L’Astronome


            oui... la « culture » anglo-saxonne c’est l’esclavagisme camouflé sous des préceptes « libéraux »... une langue et une culture de racaille racistes et spéculateurs... 

            vous avez remarqué ? chaque fois que vous entendez parler un anglophile, il tient des propos relativiste de traitre... je crois que l’anglais est bien pire que l’arabe pour l’avenir de la France. 

          • aimable 17 septembre 11:09

            l’ anglais comme 2éme langue , il serait plus judicieux d’y mettre le chinois qui est si je ne trompe est la langue la plus parlée sur notre planète , c’est la langue de l’avenir car il va remplacer l’anglais , pour qui c’est le début de la fin comme langue commerciale , ce qu’il a commencé a faire depuis un moment déjà .


            • Fergus Fergus 17 septembre 11:36

              Bonjour, aimable

              De plus en plus de gamins apprennent le mandarin.

              De là à dire que cette langue remplacera l’anglais, j’y crois d’autant moins qu’en Chine, l’anglais est devenu la langue étrangère la plus enseignée, et de loin ! N’oublions pas non plus que Hong-Kong, ville bilingue mandarin-anglais, est désormais la 4e place financière internationale derrière Singapour, autre ville bilingue mandarin-anglais, 3e place financière internationale. Deux villes en passe de ravir les deux premiers rangs à Londres et New York ! 


            • skirlet 17 septembre 13:00

              @Fergus
              Que de caractères en gras, vous y allez un peu fort smiley Oui, l’anglais est enseigné en Chine. En France aussi, et depuis plus longtemps. Et alors ? Le français est certes parasité par une énorme flopée d’anglicismes, mais ce n’est pas (encore, je l’espère) un pays anglophone. La Chine n’a pas subi le plan Marshall, contrairement à la France, et je doute fort qu’elle devienne un pays anglophone. Si les financiers ont besoin de cette langue, soit. Mais aucune raison d’étendre ce besoin à toute la population. Quant au commerce, on vend dans la langue du client. La preuve : les sites chinois ont beaucoup amélioré leurs versions linguistiques.


            • Fergus Fergus 17 septembre 13:39

              Bonjour, skirlet

              Vous devriez parler de cela avec mon fils et ma belle-fille qui ont passé l’année dernière 3 mois et demi à Hong-Kong et cette année 5 semaines à Taïwan. Cela après avoir vécu 18 mois à Singapour (et pas du tout dans les milieux commerciaux !). Curieux, ils sont sur la même longueur d’ondes que moi !

              A Hong-Kong et à Singapour, la langue du vendeur comme celle su client est l’anglais ! Et comme indiqué ci-dessus, ces deux places sont en voie de rafler la mise !


            • skirlet 18 septembre 01:17

              @Fergus
              Oui, dans certains pays les gens parlent anglais. Mais n’allez pas me dire que la quasi-totalité de vendeurs-acheteurs est concentrée dans ces trois lieux que vous citez. Il est facile de donner un contre-exemple : l’une de mes anciennes compatriotes, polyglotte (anglais, allemand, polonais, français, russe langue maternelle), traductrice-interprète de métier est allée voir une amie installée au Mexique. L’amie l’a prévenue qu’elle devrait apprendre un brin d’espagnol, l’autre avait pensé : j’ai plusieurs langues à mon actif, dont l’anglais, je me débrouillerai. Eh bien, celle installée au Mexique passait son temps à servir d’interprète... La liste d’exemples serait longue.
              Actuellement, plusieurs pays font les échanges commerciaux dans leurs monnaies nationales respectives, sans passer par le dollar. Et ils emploient les personnes bilingues pour les échanges bilatéraux.
              Les rudiments d’anglais peuvent servir pour voyager (en encore...), mais pour ça nul besoin de commencer à la maternelle et apprendre des matières scolaires en anglais.


            • Fergus Fergus 18 septembre 10:52

              Bonjour, skirlet

              Je répondais sur l’Asie. Cela dit, vous avez raison de citer cette anecdote mexicaine qui va dans le sens de ce que j’ai écrit à Krokolido, à savoir que dans de nombreuses écoles du sud de la France, l’espagnol est très demandé, ce que l’auteur semble nier tant il est concentré sur son aversion de l’anglais. Et cette forte demande d’espagnol - même si elle est moindre que la demande d’anglais - se comprend très bien, tout à la fois par la proximité avec l’Espagne et par les projections professionnelles en direction de l’Amérique latine. 


            • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 12:22
              @skirlet

              Si les financiers ont besoin de cette langue, soit

              Les informaticiens aussi, un secteur qui n’est pas prêt de ralentir.
              On va pas faire traduire tous les termes techniques informatiques à nos vieux débris de l’académie française.
              C’est un coup à finir avec des mots comme « bolidage »...

            • skirlet 18 septembre 13:15

              @Fergus
              Ah bon, l’Asie = Taïwan, Hongkong et Singapour ? Faut que j’aille réviser ma géo smiley

              dans de nombreuses écoles du sud de la France, l’espagnol est très demandé

              Sans blague ? Il se trouve que j’habite justement au sud de la France. Seule ma fille aînée a pu avoir un peu d’allemand à l’école primaire. Une classe d’espagnol a été promise (il y avait même une prof bilingue), mais ça ne s’est jamais fait « à cause des difficultés structurelles », comprenne qui voudra... Depuis, il y a l’anglais, l’anglais et l’anglais, le choix est vaste. De même, quand ma fille aînée est entrée au collège, l’espagnol première langue a été supprimé. J’étais présente à la réunion parents-profs et j’ai vu l’indignation dans la salle. N’empêche : c’est soit l’anglais première langue, soit une espèce de vente liée, alias « classes bilangues » 3 heurs d’anglais + 3 heures d’espagnol. Quelques années plus tard, les classes bilangues ont été supprimées, car elles faisaient la sélection prématurée de bons élèves, dixit le nouveau principal. Au lycée local, on peut (enfin !) choisir l’espagnol première langue, mais on fait comprendre à ceux qui l’ont choisie (sans le dire directement) que c’est une solution pour les nuls en langues. Alors pour le libre choix dans l’âme et conscience, il faut repasser...


            • skirlet 18 septembre 13:23

              @Nobody knows me
              Les maçons ont besoin d’une bétonneuse, faut-il que tout un chacun s’en procure une ?

              Au sujet des termes : il y a peu, j’ai décidé de trier un amas de revues informatiques. Mais comme c’est impossible de trier sans lire un peu, je suis tombée sur un article d’il y a 15 ans à peu près, qui se moquait méchamment de certains termes traduits en français. Hahaha, quel mot ridicule - « courriel », ça ne prendra jamais !

              Une chose en faveur des anglophones : ils sont tellement narcissiques qu’une pensée dans le style « notre langue est ringarde » ne les effleure même pas. Pour donner le noms aux choses, ils n’hésitent pas à piocher dans leur propre vocabulaire (qui n’est, soit dit en passant, nullement supérieur aux autres langues). En France, la soumission est telle que, non contents d’attendre l’arrivée de nouveaux anglicismes plutôt que faire travailler un p’tit peu son imagination, on en crée ! De faux anglicismes, je veux dire.


            • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 14:14
              @skirlet

              Les maçons ont besoin d’une bétonneuse, faut-il que tout un chacun s’en procure une ?

              Moi je dis ça c’est pour aider les gens à avoir un boulot pérenne et qui corresponde à leurs attentes.
              Sinon c’est direct la plonge avec un diplôme d’horticulteur...
              Tout ça en traversant simplement la rue...

            • skirlet 18 septembre 14:33

              @Nobody knows me
              Bon, d’accord, être maçon pour vous n’est pas un boulot pérenne et ne peut correspondre aux attentes. Alors je repose la question : tous les dentistes ont une installation avec un microtour, faut-il que tout un chacun s’en procure une ?


            • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 14:52

              @skirlet


              Et bien j’ai entendu ce matin que dans de nombreux métiers allaient voir leur main d’œuvre car il sera désormais possible de la remplacer par des machines, y compris dans le bâtiment et la médecine, le notariat, la comptabilité, .... C’est de cette pérennité dont je parlais.

              Donc pour l’informatique inhérente à ces machines, il y a des chances que la maîtrise de la langue anglaise soit bénéfique.
              C’est marrant car je suis justement en train de lire Asimov qui aborde ce thème dans le cycle des robots.

            • Nobody knows me Nobody knows me 18 septembre 14:57
              @Nobody knows me

              Erratum : que de nombreux métiers allaient voir leur main d’œuvre...

            • Paul Leleu 18 septembre 19:36

              @Fergus


              Hong-Kong, Taïwan et Singapour ? Vous me faites marrer... c’est juste trois enclaves que la Chine a (ou va ) récupérer... 

              heureusement pour la culture chinoise classique, les communistes ont dégagé à la baillonnette la racaille anglo-saxonne et « occidentale »... Grâce au communisme, la Chine est devenue la 1ère puissance mondiale... alors que sinon ils auraient été un vague protectorat sous-culturé de l’amérique. 

              On ne peut pas en dire autant de la France. 

            • skirlet 18 septembre 20:07

              @Nobody knows me
              Moi aussi, j’aime bien la SF, mais faut quand même raison garder et ne point confondre la réalité et la fiction. J’ai lu Asimov, mais jusqu’à la preuve du contraire, les robots comme dans ses livres n’existent pas encore, alors je vois mal comment remplacer même un maçon, aussi insignifiant (selon vous) soit-il... Sans parler des autres métiers que vous mentionnez ci-haut. Je doute que si une femme de ménage... pardon, une technicienne de surface apprend l’anglais, ça lui permettra de sauver son emploi. Dans tous les cas, tout le monde ne peut pas devenir financier ou informaticien - kiséki va construire les maisons et rédiger les contrats notariaux ?

              Ceci dit, vous n’avez rien répondu à ma question. Ne déviez pas la conversation, je vous prie.


            • Nobody knows me Nobody knows me 19 septembre 10:36
              @skirlet

              les robots comme dans ses livres n’existent pas encore, alors je vois mal comment remplacer même un maçon, aussi insignifiant (selon vous) soit-il..

              Ne déviez pas la conversation, je vous prie.

              Commencez pas, c’est vous qui détournez mes phrases et tentez de me faire passer pour je sais pas quoi. Je n’ai jamais affirmé que certains métiers étaient insignifiants ou méprisables.
              J’ai dit avoir entendu que certains métiers pourraient bientôt être remplacés par une intelligence artificielle. Je n’ai évoqué aucune satisfaction ou réjouissance de ma part vis à vis de cette perspective, bien au contraire.
              D’ailleurs, ce ne sont pas forcément les métiers qu’on peut imaginer (le pauvre entrepreneur ou la femme de ménage qui va devoir fermer boutique et vendre sa famille...) et on n’est pas si loin d’Asimov que ce que vous croyez, puisqu’on opère déjà à distance, avec une assistance informatique et robotique fort répandue. Ainsi un chirurgien situé aux USA peut charcuter un patient sur une table d’opération à l’autre bout de la planète.
              Les boursicoteurs sont déjà dépassés par les calculateurs qui achètent/vendent des actions par millions à la seconde, les voitures autonomes se répandent, etc...
              On n’a pas encore l’aspect androïde certes, mais on est déjà largement dépassé par la technologie.

            • skirlet 19 septembre 11:56

              @Nobody knows me
              Les procédés de discussion, je connais, Karel Čapek ne s’est pas limité à inventer le mot « robot »

              Moi je dis ça c’est pour aider les gens à avoir un boulot pérenne et qui corresponde à leurs attentes.
              Sinon c’est direct la plonge avec un diplôme d’horticulteur...

              Selon vous, c’est valorisant, ces phrases ? Et où précisément dans mon message que j’ai parlé d’une réjouissance de votre part ?

              Pour moi, les « bientôt » et « pourrait » n’ont pas tellement de valeur. L’opération à distance n’a rien à voir avec l’intelligence artificielle : c’est un humain qui a pratiqué l’intervention à l’aide des bras robotisés, perfectionnés certes mais totalement dépourvus d’intelligence propre. Les calculateurs, les voitures autonomes ne sont que des programmes informatiques - perfectionnés certes mais totalement dépourvus d’intelligence propre. Un robot pourrait éventuellement remplacer la femme de ménage en ce qui concerne certaines tâches, mais actuellement ce n’est point rentable.

              Mais bon. Ce que je vous reproche, c’est une tentative d’étendre les besoins de quelques métiers à l’ensemble de la population. Et vous n’avez toujours pas répondu à ma question.


            • Nobody knows me Nobody knows me 19 septembre 14:37
              @skirlet

              Selon vous, c’est valorisant, ces phrases ?

              Vous avez dû ne pas comprendre mon sarcasme ou rater la dernière « bonne phrase » de notre poète-philosophe-roi-président, qui assure trouver un travail de plongeur en cuisine à un chercheur d’emploi diplômé en horticulture... smiley

              Et où précisément dans mon message que j’ai parlé d’une réjouissance de votre part ?
              -> aussi insignifiant (selon vous) soit-il...

              Il n’est pas question de réjouissance en effet, mais vous semblez vouloir m’attribuer un mépris par rapport à certains métiers « insignifiants » que je n’ai absolument pas.

              Les calculateurs, les voitures autonomes ne sont que des programmes informatiques - perfectionnés certes mais totalement dépourvus d’intelligence propre.

              Le fait de pouvoir effectuer très vite des calculs complexes, prendre une décision ou déplacer un véhicule de manière autonome (parfois dans un camion ou sur un piéton, j’en conviens...) est déjà une présence d’intelligence artificielle non ?

              Ce que je vous reproche, c’est une tentative d’étendre les besoins de quelques métiers à l’ensemble de la population.

              Effectivement on aura toujours besoin de tel ou tel métier, qui lui n’a pas besoin d’une connaissance de l’anglais. Mais si on n’enseigne aux élèves que les notions qui leurs seront utiles dans leur métier, on n’aura pas besoin de creuser plus avant le concept de robot...

              Pour ma part, je suis heureux d’avoir appris des choses dans ma scolarité qui ne me servent pas forcément dans le cadre de mon boulot. Par exemple l’anglais, qui me permet de comprendre tous les films anglophones en VO.

            • skirlet 19 septembre 22:05

              @Nobody knows me
              Vous avez dû ne pas comprendre mon sarcasme ou rater la dernière « bonne phrase » de notre poète-philosophe-roi-président, qui assure trouver un travail de plongeur en cuisine à un chercheur d’emploi diplômé en horticulture...

              Ah bon, ceci explique cela smiley En effet, j’ai raté cette magnifique phrase de not’cher président. Décidément, il nous étonnera toujours smiley

              Bon, admettons que c’est un malentendu et que certaines expressions ont été mal comprises.

              Le fait de pouvoir effectuer très vite des calculs complexes, prendre une décision ou déplacer un véhicule de manière autonome (parfois dans un camion ou sur un piéton, j’en conviens...) est déjà une présence d’intelligence artificielle non ?

              Chuis pas d’accord. La vitesse de calculs - c’est comme une voiture (ordinaire) qui va plus vite qu’un piéton, mais elle n’est pas intelligente. De même, un capteur envoie les données sur la présence d’un obstacle vers le programme d’une voiture autonome, et celui-ci prévoit une (ou quelques-unes) action(s) précise(s) à effectuer dans ce cas. Certes, on peut utiliser le mot « intelligence », tout comme appeler les téléphones « smartphone », mais ça ne reflète pas la réalité.

              Effectivement on aura toujours besoin de tel ou tel métier, qui lui n’a pas besoin d’une connaissance de l’anglais.

              Ces métiers sont plutôt nombreux smiley

              Pour ma part, je suis heureux d’avoir appris des choses dans ma scolarité qui ne me servent pas forcément dans le cadre de mon boulot. Par exemple l’anglais, qui me permet de comprendre tous les films anglophones en VO.

              Loin de moi l’idée de faire enseigner aux élèves uniquement les notions utiles dans leur métier, d’autant plus qu’ils ne savent pas encore eux-mêmes quel sera ce métier. Nous sommes donc d’accord là-dessus : l’école doit donner des connaissances nombreuses et variées. Donc, faire la spécialisation en enseignant l’anglais (et en anglais) dès la maternelle - c’est une aberration. Dire que tout le monde aura besoin de l’anglais dans leur vie, surtout à un niveau élevé, est faux. Il serait bien plus logique de présenter aux enfants plusieurs langues, plusieurs alphabets pour les initier à la diversité linguistique...

              Moi aussi, j’ai étudié pendant ma scolarité des choses dont je n’ai pas eu besoin au boulot. C’est tant mieux smiley Chez nous, on diffusait des chansons en plein de langues (c’est pas le cas en France), et au moment de choisir la langue étrangère à étudier (vers l’âge de 11 ans environ), j’ai choisi le français juste parce qu’il me plaisait (le choix était entre l’allemand, l’anglais et le français). Personnellement, je peux suivre la VO en 5 langues, l’anglais n’en fait pas partie, mais j’en ai un peu marre des films anglophones, c’est comme manger le seul et même plat trois fois par jour. Souvent, je devine sans faire exprès à quel moment il y aura une blagounette, ou une discussion « psychologique », etc...


            • Fergus Fergus 17 septembre 11:25

              Bonjour, Krokodilo

              « Un rapport sur »les langues« à l’école mais qui ne porte que sur l’anglais »

              C’est faux ! Et encore une fois, vous ne lisez que ce qui sert votre discours.

              Il suffit à cet égard de se référer aux polémiques qu’ont suscitées les propos - pourtant mesurés et de bon sens - de Blanquer sur l’enseignement de l’arabe.

              Qui plus est, ce même Blanquer a - encore ce matin sur France-Inter - mis en avant l’enseignement de l’allemand dans la région Grand Est. Tout comme évidemment celui de l’espagnol dans tout le midi !!!

              Enfin, persister à ne pas admettre que la connaissance de l’anglais - principale langue des relations internationales depuis des décennies - est devenu une nécessité pour toux ceux qui envisagent d’exercer un métier d’échanges avec les ressortissants d’autres pays sur la planète n’est pas sérieux.

              L’anglais - notamment sous sa forme globish - n’est plus un vecteur colonialiste, mais un outil de communication d’usage relativement facile et plébiscité partout sur la planète.

              Cela n’enlève rien aux qualités de la langue française et au plaisir que l’on peut avoir à l’utiliser et à militer pour sa pérennité !


              • Krokodilo Krokodilo 17 septembre 11:40

                @Fergus Je vous retourne le compliment : quand on ne veut pas voir, on ne voit pas. Je parle essentiellement du primaire : il est évident qu’il n’y aura nulle part un enseignement systématique de l’allemand et de l’espagnol du CP au CM2. De plus, si on pousse les instits à améliorer leur niveau par des séjours linguistiques obligatoires, la grande majorité le fera en anglais, c’est un cercle vicieux - ou vertueux selon les convictions - mais qui aboutit automatiquement à l’absence de choix au primaire. Il s’agit donc bien de l’anglais au primaire, je l’ai écrit il y a des années lors de l’introduction de la réforme hypocritement appelée « introduction DES langues au primaire », le reste n’étant qu’habillage radiophonique. Les télés ne s’y sont pas trompées puisque elles ont immédiatement montré des classes enseignant EN anglais dans diverses écoles primaires...
                L’enseignement de l’arabe n’a rien à voir avec le sujet. Coincidence qu’un rapport soit sorti peu avant, mais l’enseignement des langues ethniques (culture familiale) est un programme marginal, plus ou moins expérimental, qui existe depuis des années (ELCO) , j’en ai parlé dans d’autres articles.


              • Fergus Fergus 17 septembre 13:44

                @ Krokodilo

                « si on pousse les instits à améliorer leur niveau par des séjours linguistiques obligatoires, la grande majorité le fera en anglais »

                Bien sûr ! Mais par choix personnel assumé, ce que vous leur déniez en déformant la réalité pour servir votre cause.

                Et je persiste à affirmer qu’en primaire, de très nombreuses écoles du sud de la France proposeront (certaines le ont déjà) un cursus complet d’espagnol, de même qu’en Alsace pour l’allemand !


              • Krokodilo Krokodilo 17 septembre 15:13

                @Fergus les nombreux parents d’élèves qui sont allés jusqu’à l’Académie de Montpellier pour réclamer de l’espagnol (au collège je crois) seront contents de l’entendre. Où est-vous allé chercher que je leur dénier le droit de choisir ? relisez. Naturellement, vous pensez, vous affirmez, mais ne citez aucune source, aucun chiffre ni référence. De toute façon, quand on ne veut pas lire, on ne lit pas, ce rapport est suffisamment clair. la notion de vision globale de l’enseignement des langues et de choix vous échappe autant qu’au Ministère, mais eux au moins, font semblant.


              • Fergus Fergus 17 septembre 16:25

                @ Krokodilo

                Précisément, j’ai lu ce rapport, et je n’en tire pas du tout les mêmes conclusions que vous.

                Il est vrai, qu’à la différence de votre personne, si je suis tout aussi attaché que vous à la langue française, c’est sans exclusive, et surtout sans être engagé dans un militantisme anti-anglais dépassé tant cette langue doit être vue de nos jours comme un outil pratique d’échanges et non comme un élément de colonisation culturelle : nous ne sommes plus au temps du plan Marshall ! Qui plus est, les Anglais eux-mêmes portent un regard critique sur un langage qui leur échappe et se démarque de plus en plus de la langue littéraire enseignée dans les secondary schools britanniques !


              • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 17 septembre 17:43
                @Fergus

                « ... les Anglais eux-mêmes portent un regard critique sur un langage qui leur échappe... »

                Il faut bien s’adapter aux nouveaux Britanniques :




              • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 17 septembre 17:52
                @Fergus

                RECTIFICATION

                Ci-dessus, c’est Burton on Trent,

                Voici Londres




              • Krokodilo Krokodilo 17 septembre 19:11

                @Fergus Justement, s’il ne s’agit que d’un globish, commencer en 6e suffit largement à ceux qui auront besoin de ce niveau, et même très au-delà s’ils en ont la motivation. Mais un globish ne peut être la langue de l’UE. Si l’on raisonnait sur des critères techniques, une langue régulière serait plus adaptée comme langue européenne, espagnol ou italien. Toujours dans une perspective européenne et citoyenneté multilingue (en vieux français : polyglotte)-multiculturelle dont se gargarisent tous les rapports du genre, l’initiation linguistique que je propose au primaire est plus adaptée. mais non, l’obsession, c’est le niveau native english pour le plus grand nombre possible !


              • skirlet 18 septembre 01:06

                @Fergus
                engagé dans un militantisme anti-anglais dépassé

                Le militantisme pro-anglais devient dépassé lui aussi. Vous défendez l’anglais comme si c’était votre langue maternelle... ou ce n’est pas « comme » ?

                nous ne sommes plus au temps du plan Marshall

                De jure, non. De facto, oui.

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