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René

 

Nous sommes mardi 18 janvier, un homme âgé, René 84 ans, chute et tombe sur un trottoir.

Il est 21 heures, il fait nuit noire.

René va mourir ce soir, de froid, car personne ne se sera penché sur lui pour l'aider ou lui demander un simple "est-ce que tout va bien monsieur ?".

René va mourir seul, seul sur un trottoir.

Combien de personnes seront passées à côté de lui ? Combien de regards auront regardé ailleurs ?

La mort de René est un avertissement.

Un avertissement pour nous tous.

Nous participons chaque jour à renforcer cette indifférence. Celle qui nous tue, celle qui fait qu'on peut tomber sur un trottoir, un soir, et mourir de froid, seul, seul dans le noir.

Nous avons été tellement conditionnés, tellement maltraités, que nous avons peur, peur de l'autre, peur de tout perdre, peur de tout, peur de, peur, peur...

Cette indifférence face à la chute d'un homme âgé, tombé sur un trottoir, c'est un écho, une résonnance.

Nous sommes indifférents face à ces enfants que nous masquons semaines après semaines, et qui étouffent sous nos peurs d'adultes traumatisés.

Nous sommes indifférents face à ces petits vieux qu'on laisse crever dans des mourroirs, mal nourris, mal soignés, mal lavés, mal changés, qu'on colle devant la télé.

Nous sommes indifférents car nous sommes malmenés, bringuebalés par des récits atroces qu'on nous serine à longueur d'antennes depuis tant d'années et qui nous isolent et nous renfrognent, nous poussent à fuir la vérité.

On pourra toujours se trouver des excuses. Bidons ou non.

Reste que...

L'indifférence c'est notre silence face à l'injustice.

L'indifférence c'est notre obéissance crasse, complice.

L'indifférence c'est le regard que l'on détourne sans même s'en rendre compte.

Je vous demande pardon René. Pardon... parce que normalement, dans une société, des êtres humains auraient dû vous sauver.

Vous n'en avez croisé aucun ce mardi 18 janvier.

Vous avez croisé des corps malades cachés sous des masques d'humanité.

Pardon René.

Adieu René.

 


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20 réactions à cet article    


  • charclot charclot 26 janvier 19:00

    ça fait longtemps que j’avais pas eu ce pincement quand j’ai lu ça...La rue n’est pas la même pour tous !


    • lepetitquébec lepetitquébec 26 janvier 19:16

      Encore heureux que quelqu’un n’ait pas appelé la police pour se plaindre de la présence d’un sdf affalé sur le trottoir. 

      Le soucie c’est pas juste l’indifférence, mais l’inconscient collectif qui a une drôle de façon de prioriser les choses dans l’État.

      Un grand humoriste de chez moi disait dans l’un de ses monologues : …un vrai Québécois, 
c’t’un communiste de cœur, 
c’t’un socialiste d’esprit, 
pis c’t’un capitaliste de poche. – Yvon Deschamps

      Nos choix sociaux, notre style de vie, notre façon de consommer etc. amène une priorisation des gestes posé par l’État. Tant qu’il n’y aura pas de réel volonté politique, des René ta pas fini dans voir défiler.

      C’est pas normal de dormir dehors, pas normal de pas bouffer a sa faim, pas normal de pas avoir accès a un logement décent etc, mais c’est encore plus injuste de pas avoir accès à la communauté.

      Y a des gens qui sont mal outillé, mal agencé et sans possibilité d’avancer sans être encadré solidement. Nos choix sociaux font que l’ont laisse plein de gens hors piste pour qui ont a omis de faire une place en communauté.

      Alors ont les ignore, les contournes et au pire on appel la police pour nettoyer les rues.

      C’est triste, mais tant que la collectivité aura pas pris conscience qu’elle fait parti du problème y aura jamais de réel volonté politique de faire en sorte d’intégrer René et tout les autres, de leur faire une place dans TA communauté.


      • amiaplacidus amiaplacidus 27 janvier 11:30

        @lepetitquébec

        Mais René Robert n’était pas SDF, c’était un photographe connu et reconnu. Il était parti de son domicile pour se promener en début de soirée, il a chuté, et personne ne l’a jamais relevé.
        C’est une SDF qui, au petit matin, a alerté les secours.
        René et son épouse donnait régulièrement des secours (vêtements et autres) à cette SDF et à son compagnon.


      • lepetitquébec lepetitquébec 27 janvier 17:57

        @amiaplacidus
        lol j’ai jamais dit que René était SDF. Puis-je te rappeler qu’en plus de René elle dénonce les mauvais traitement des personne âgées en centre et l’indifférence collective. Ma réaction a son texte vise cette indifférence a bien des niveau et a la responsabilité collective des priorités de l’État. Ma référence a SDF vise plus le passant qui soit contourne en fermant les yeux et/ou lourd de ses préjugés appel la police. Faut lire entre les lignes mon ami smiley


      • ETTORE ETTORE 26 janvier 20:53

        Triste l’état humain, en cours d’élaboration.

        Ce sont des évènements qui marquent le mental, des vivants, d’une impuissance sans temps de fin.

        Que ce soit un homme mort, ou des agréssions filmées par une mulitude de smart phones, brandis par des reporters sans frontière de compassion ( je ne dirai même pas« intervention » car certains répliqueront « allez y ».

        Il y a un arc en ciel de cas, qui peuvent vous alpaguer pour le restant de votre existence, et qui peuvent paraître ridicules à certains, mais qui pèsent un poids certain, pour vous....

        Voyez, j’ai toujours un souvenir précis, de cette très vielle femme, habillée de noir, qui vendait du miel sur une petite route de Crête, et qui halait les automobilistes de la main....Et je n’ai pas été foutu de m’arrêter, pour lui acheter un pot, pour le respect de son travail, et son sacrifice de rester, ainsi, sous le cagnard, d’un jour d’été !

        Comme quoi, cela peut revêtir, d’autres formes de « mort », que l’on porte en soi !


        • Staniszewski Staniszewski 26 janvier 22:06

          Reposez en paix René

          Honneur à vous Madame

          Souvenons-nous des hommes qui savaient d’être les hommes.

          Quand l’humanité été resplendissante


          • nono le simplet nono le simplet 27 janvier 07:20

            c’est triste en effet...

            mais que dire de ces millions de français qui, pour de multiples raisons qui vont de la peur à l’égoïsme, ont laissé mourir des dizaines de milliers de français ... au nom de leur liberté de ne pas baisser les yeux sur ces « René » ...


            • Joséphine Joséphine 27 janvier 07:40

              @nono le simplet

              Du parle du Rhume 19 dont la moyenne d’âge des décès est de 79 ans ? C’en est fini de votre covidémence, tous les pays mettent fin à cette supercherie, seul le poudré de l’Elysée maintient le mensonge pour des raisons évidentes. 


            • Joséphine Joséphine 27 janvier 07:42

              TU parles du rhume 19....


            • voxa 27 janvier 08:15

              @nono le simplet

              Encore une communication gouvernementale....


            • nono le simplet nono le simplet 27 janvier 08:20

              @voxa
              Encore une communication gouvernementale....
              ça te rassure ? faut pas avoir honte d’être égoïste ... et trouillard ...
              assumez les gars ... assumez !


            • tashrin 27 janvier 12:41

              @nono le simplet
              Trouver le moyen de poser votre petite bouse collabo sous un article qui parle de cette mort horrible, c’est d’un niveau de bêtise et de degueulasserie à l’image de ce que vous donnez régulièrement à lire ici
              Les memes qui l’ont toisé en le laissant crever sont probablement les premiers à se revendiquer responsables et soucieux de leur prochain. 
              Vous etes vraiment, mais vraiment... à vomir


            • ETTORE ETTORE 27 janvier 22:13

              @nono le simplet
              Dites le punk a chien....
              Vous pouvez me citer des nom de français qui ont déposé des seringues de Rivotril dans les Ehpad ? Posée sur les tables de nuit ?
              Pas le nom de celui qui a injecté, mais le nom du « signataire » de la décharge  !
              Un cousin pas si lointain à vous, je présume ?
              Pauvre c(H)ancre !


            • voxa 27 janvier 07:38

              Sensiblerie... sensiblerie...

              Sur le trottoir, dans un lit, en dormant pour les plus chanceux, c’est tout à fait normal de mourir à 84 ans... 

              Ce sera bientôt mon tour, et c’est absolument dans l’ordre des choses.

              Cette société, aussi critiquable ou vertueuse, soit elle, c’est notre œuvre, à nous les vieux. 

              Nous l’avons acceptée, nous l’avons faite, activement ou le plus souvent passivement, par pure lâcheté, fainéantise ou caprice.

              On a les enfants que l’on mérite.

              Cette société, ce sont nos enfants, cet égoïsme, c’est le notre.

              Moi, ce qui m’attriste c’est ce que ma génération a fait de cette planète et de cette société.

              Juste en consentant.


              • Joséphine Joséphine 27 janvier 07:41

                @voxa

                Bravo ! Une société qui a peur de mourir est une société qui a peur de vivre. 


              • zygzornifle zygzornifle 27 janvier 11:59

                René n’est pas ministre, député, sénateur, voire préfet donc il peut crever dans l’indifférence, en plus il n’est pas vacciné ....


                • ZenZoe ZenZoe 27 janvier 14:34

                  Combien de personnes seront passées à côté de lui ?

                  Justement, je voudrais dire à l’auteur et à tous ceux qui ont écrit à ce sujet que personne n’en sait rien en fait. Au coeur de l’hiver, entre 21h et 6h du matin, il est fort possible que personne ne soit passé à côté de lui. Il faisait nuit noire dites-vous, et, avec les ombres portées, il est fort possible que même si quelqu’un était passé, il ne l’aurait pas vu. Voilà, c’est juste pour remettre un peu de perspective à cette triste histoire.


                  • ETTORE ETTORE 27 janvier 23:35
                    ZenZoe 27 janvier 14:34

                    Combien de personnes seront passées à côté de lui ?

                    Justement, je voudrais dire à l’auteur et à tous ceux qui ont écrit à ce sujet que personne n’en sait rien en fait


                    ZenZoe..

                    Vous êtes sûrement déjà passé, à côté d’une voiture qui a basculé dans le bas côté de la route, ou dans un ravin, d’où vous pouvez la voir, en passant avec votre voiture ?

                    Vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir, si il y avait encore quelqu’un dedans, qui agonisait, pendant que les centaines de conducteurs, des voitures qui défilaient devant, se disaient tous  : « t’as vu la caisse dans le fossé, mais comment il a fait ça , encore un bourré, j’te jure,,il y en a quand même, qui sont de sacrés danger sur la route ».

                    Et le gars qui a fait un malaise cardiaque, ben lui, le bénéfice du doute......

                    C’est ça qui est le plus traumatisant, c’est la lecture de notre échec de compréhension immédiate, qui est à l’oeuvre.

                    J’en parle, par expérience, de ce que les gens ne savent pas, et pourtant, cela existe, dans toute son impuissance ; Malheureusement !


                    • ZenZoe ZenZoe 28 janvier 15:35

                      @ETTORE
                      Et vous, vous êtes passé à côté de ce que j’ai dit.
                      C’est pas grave, on est déjà passé à autre chose...


                    • eddofr eddofr 31 janvier 12:05

                      Je ne peux pas sauver tous les vieux de la Terre.

                      D’autant que l’âge aidant, c’est comme écoper une barque percée, ça ne finit que quand la barque coule.

                      Mais mes frères et moi avons fait en sorte que nos parents ne finissent Jamais en EPAD.

                      Nos parents ont vécu chez eux, tant que possible, puis avec leur enfants, jusqu’au bout du bout. Ce fut coûteux, laborieux, exténuant, pénible parfois, paradoxalement infiniment gratifiant, affectivement obligatoire.

                      Il m’eut été impossible qu’il en fut autrement.

                      Jamais, pour quelque raison que ce soit, il ne m’est arrivé de ne pas porter attention à une personne étendue sur le sol.

                      Il m’en coûte parfois, du temps ou un peu de monnaie, parce que la personne s’accroche à celui qui lui montre un peu d’intérêt et d’humanité.

                      Une fois ou deux, j’ai craint, face à la réaction exaspérée d’un qui s’est senti offensé que je puisse croire qu’il avait besoin d’aide.

                      Mais jamais je ne me sens coupable de ne pouvoir les sortir de leur misère et de ne pouvoir leur offrir qu’un geste d’humanité et un peu de menue monnaie.

                      Je ne peux pas sauver toute la misère du monde.

                      Et je n’ai certainement pas à m’en excuser.

                      Repose ne paix René.

                      Je ne me sens coupable ni de ta mort, ni de la façon dont c’est arrivé.

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