• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Sommes-nous tous des Hobbits ?

Sommes-nous tous des Hobbits ?

 En 1954, a paru le premier volume du grand roman de J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux. Cette œuvre monumentale a eu une postérité immense dans les domaines de la littérature, de la musique, du jeu vidéo, de la bande dessinée, du cinéma. De 2001 à 2003, la trilogie a été portée au cinéma par Peter Jackson, dans une série de films qui ont rencontré un grand succès populaire et critique, et qui ont renouvelé le lectorat de l’œuvre originale. Le Seigneur des anneaux est considéré comme une œuvre fondatrice de l’heroic fantasy, un monument de la culture populaire et de la littérature en général.

 Cet article s’intéressera au tout début du livre, au prologue consacré au peuple des Hobbits (« 1. À propos des Hobbits »). Ce prologue retrace en quelques pages, à la fois denses et agréables à lire, l’histoire du peuple hobbit, ses sous-espèces, ses mœurs, son caractère général. C’est donc un véritable petit traité d’anthropologie (ou plutôt d’« hobbitologie ») que Tolkien a placé au seuil de son récit. Il apparaît que le peuple hobbit est un peuple sédentaire, ami de la paix, qui franchit rarement les frontières du Comté et se tient à l’écart autant que possible des soubresauts de l’histoire tourmentée de la Terre du Milieu. C’est un peuple aux aspirations saines et concrètes, ami des plaisirs simples de l’existence : « Leur visage était d’ordinaire plus enjoué que joli, large, avec des yeux brillants, des joues rouges et une bouche qui se prêtait volontiers au rire, au manger et au boire. Et pour ce qui était de rire, de manger et de boire, ils le faisaient souvent et avec entrain, ne dédaignant pas une bonne plaisanterie, et six repas par jour (quand ils le pouvaient). Ils étaient accueillants et adoraient les fêtes, ainsi que les cadeaux, qu’ils offraient sans compter et acceptaient sans se faire prier. » Il semble donc que, en quelques pages, l’essentiel soit dit sur les Hobbits, sur leur mode de vie et leurs diverses traditions. Il y a pourtant un mot qui n’apparaît pas une seule fois dans ce texte, c’est le mot « dieu », que ce soit au singulier ou au pluriel. On ne trouve pas davantage les mots « culte », « rite » ou « sacrifice ». La principale festivité des Hobbits semble consister à organiser de grands banquets pour leurs anniversaires respectifs. Il y a là, malgré tout, quand on y pense, quelque chose de très étonnant. Et il ne s’agit pas d’un oubli de Tolkien, mais bien d’une donnée fondamentale de la psyché hobbit : on peut par exemple citer le fait que Frodo et ses compagnons, au moment de partir pour leur longue quête, regardent le ciel étoilé et la nuit tomber, mais ne procèdent à aucune prière, à aucun sacrifice. À ma connaissance, il n’y a pas d’exemple de société préindustrielle, comme l’est de toute évidence celle des Hobbits, qui puisse faire ainsi l’économie de toute transcendance. Cette caractéristique est propre à un autre type de civilisation, mais nous allons y revenir.

Avant cela, il peut être profitable de tracer un parallèle avec une autre célèbre épopée occidentale, avec la plus célèbre de toutes à vrai dire : L’Iliade d’Homère. L’Iliade débute sur une crise de nature proprement religieuse : Chrysès, prêtre d’Apollon, a été offensé par Agamemnon, qui a refusé de lui rendre sa fille Chryséis. La vengeance d’Apollon a déclenché la peste dans le camp achéen, et entraîné une réaction en chaîne qui conduira à la colère d’Achille (privé par l’Atride de sa captive Briséis), à son refus de combattre et à toutes les péripéties contenues dans l’épopée. L’Iliade tout entière est encadrée par deux grandes cérémonies religieuses : l’hécatombe offerte à Apollon en réparation de l’offense (chant I), et les jeux funèbres célébrés pour les funérailles d’Hector (chant XXIV). Dans l’intervalle, les interventions des dieux sont omniprésentes, au point qu’il serait fastidieux de les relever toutes.

On voit donc la distance considérable qui sépare ces deux textes. La société homérique est une société traditionnelle, au plein sens du terme, dans laquelle la vie quotidienne, les grands et les petits événements, sont strictement subordonnés à l’action des dieux, et dans lesquels le culte joue un rôle prépondérant (on peut citer ici la formule célèbre de la Bhagavad-Gîtâ : « Brahman qui pénètre tout a dans le sacrifice son fondement éternel »). Dans Le Seigneur des anneaux, en revanche, la quête de Frodo est déclenchée par des considérations purement pragmatiques : il s’agit tout simplement de détruire l’anneau pour empêcher Sauron de s’en emparer et d’étendre son pouvoir sur la Terre du Milieu. Ce sont des motivations que nous comprenons parfaitement, et qui ont pu être transposées dans l’univers hollywoodien sans la moindre difficulté, sans la moindre adaptation. Et ceci nous conduit à la thèse de cet article : les Hobbits, en réalité, c’est nous-mêmes. C’est nous qui sommes ce peuple pacifique, anti-héroïque, mais coriace, qui aime la fête, les petits objets matériels, manger et boire, et rire ensemble. L’œuvre de Tolkien – et sans aborder ici la question des convictions religieuses de l’auteur – est pleinement une œuvre du vingtième siècle, une œuvre où la guerre est totale mais dépourvue de motivation sacrée, une œuvre où l’idéal de l’existence est un bonheur petit-bourgeois et matériel (très british en somme), avec en plus un fort attachement à la nature, qui est aussi le nôtre (et qui était ignoré à la fois par Homère et par la Bible). Tolkien, en imaginant son monde fantastique, n’a nullement jugé nécessaire de lui attribuer une dimension rituelle, liturgique, laquelle était pourtant la dimension centrale de l’existence des peuples antiques et primitifs. Et personne ne s’en rend compte, tant nous avons intégré ce paradigme sécularisé, inédit dans l’histoire de l'humanité. Ce que Tolkien a imaginé, en réalité, c’est une société post-industrielle sans industrie, mue exclusivement par des motifs moraux ou matériels, bref, par des motifs pragmatiques. Son paradigme est un paradigme subjectiviste (l’anniversaire est la fête la plus importante chez les Hobbits) et matérialiste (d’où l’accent porté sur les petits cadeaux, les bons repas, la pipe, etc.). Ce n’est pas un idéal mesquin, du fait de l’ampleur du monde imaginé, de sa cohérence, du génie de l’écriture et de l’imagination. Mais c’est un idéal strictement enfermé dans l’immanence. C’est un monde peuplé de forces magiques, certes. Mais précisément ces forces magiques sont intra-mondaines, jamais transcendantes. La magie n’est ni plus ni moins que l’équivalent de la technique, mais la technique débarrassée de sa dimension artificielle, mécanique, déprimante. 

En imaginant un univers vide de dieux, Tolkien est en réalité très proche de son quasi contemporain, H. P. Lovecraft. La cité cyclopéenne des Montagnes hallucinées aurait sans difficulté sa place dans la topographie de la Terre du Milieu, et Cthulu n’est pas très différent de Sauron.

On peut alors se poser la question : qu’est-ce qui a entraîné cette sécularisation radicale du monde ? Réponse : le christianisme. Comme l’ont soutenu de nombreux auteurs, notamment Jacques Ellul (dans L’Éthique de la liberté et La Subversion du christianisme), le christianisme a vidé l’univers de ses dieux, a désacralisé le monde jusqu’à la racine, à un tel point que si l’on supprime le Christ (et c’est ce que notre époque a fait), il ne reste plus rien, plus rien que le jeu des forces antagonistes de l’intérêt et de la matière. Les Hobbits n’ont pas de dieux, pas de rites, parce qu’en réalité le christianisme est passé par là, et qu’il a tué les génies des sources et des forêts. En cela, et sans en avoir conscience peut-être, Le Seigneur des anneaux est une œuvre caractéristique de notre Âge sombre, l’âge sans dieux, où l’homme est seul face à la nuit.


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

55 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 27 mai 10:05

    S’il fallait donner un père à l’heroic fantasy, ce serait sans doute Robert E Howard avec son personnage Conan, qui n’est hélas, plus beaucoup lu aujourd’hui, personnage abîmé par le cinéma et la bande dessinée.

    Le Dieu Eru est omniprésent dans l’œuvre de Tolkien par l’intermédiaire des Maiar et des Valar qui veillent constamment sur la Terre du Milieu à la préservation de leur création et de leur créatures dans la limite de leur volonté propre.

    Et l’homme moderne est l’antithèse des Hobbits, nous sommes plutôt les descendants des nains et des hommes de lignée ordinaire, englués dans la matière, le business et la guerre.


    • Albert123 27 mai 11:09

      @Clocel

      les hobbits sont indolents, froussards, sans ambitions et individualistes à défaut d’être individués, 

      ils sont de parfait mougeons qui n’auraient jamais mis Sauron en difficulté si celui ci avait souhaité les vacciner de force.


    • Clocel Clocel 27 mai 11:15

      @Albert123

      Lis le Silmarillion, ça t’éviteras d’écrire des conneries...


    • Clocel Clocel 27 mai 11:17

      @Clocel

      évitera...


    • Laconique Laconique 27 mai 12:29

      Merci Clocel pour cet éclairage.


    • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 27 mai 10:08

      Un hobbit a des grands pieds, mais qu’en est-il des hopieds ?


      • Étirév 27 mai 10:10

        L’histoire du Hobbit c’est l’histoire du « Héros au mille et un visages » de Joseph Campbell :
        Tout d’abord hésitant, puis déterminé à relever le défi, un homme décide d’entreprendre une aventure qui le conduit à quitter son monde ordinaire pour un territoire extraordinaire et mystérieux. Endurant des épreuves multiples, rencontrant des ennemis, mais aussi des alliés, il parvient à atteindre l’endroit le plus périlleux de son voyage, le lieu le plus éloigné de son point de départ, celui où l’objet de sa quête est caché. Alors survient l’épreuve suprême, celle dans laquelle il devra affronter la mort. Sorti vainqueur de ce combat, il s’empare de sa quête et prend le chemin du retour. Revenu de cette mystérieuse aventure et transformé par l’expérience, cet « Aventurier de la Vie », devenu un héros, voire un héraut, obtient la faculté de conférer des pouvoirs à son prochain, et ainsi d’améliorer le monde.
        Du symbolisme de la « Terre du Milieu »
        Toutes les expériences, toutes les choses extérieures qui l’entourent ne sont pour l’homme qu’une occasion pour l’aider à prendre conscience de ce qu’il a en lui-même. Cet éveil est ce que Platon appelle anamnésis, ce qui signifie « réminiscence ». Si cela est vrai pour toute connaissance, ce l’est d’autant plus pour une connaissance plus élevée et plus profonde, et quand l’homme avance vers cette connaissance, tous les moyens extérieurs et sensibles deviennent de plus en plus insuffisants jusqu’à perdre finalement toute utilité. S’ils peuvent aider à approcher la sagesse à quelque degré, ils sont impuissants à l’acquérir réellement, quoiqu’une aide extérieure puisse être utile au début, pour préparer l’homme à trouver en lui et par lui-même ce qu’il ne peut trouver ailleurs et particulièrement ce qui est au-dessus du niveau de la connaissance rationnelle. Il faut, pour y atteindre, réaliser certains états qui vont toujours plus profondément dans l’être, vers le centre qui est symbolisé par le cœur et où la conscience de l’homme doit être transférée pour le rendre capable d’arriver à la connaissance réelle. « Ainsi, dit Ibn Arabi, il n’y a de Connaissance de la Vérité Suprême provenant de la Vérité même que par le cœur ; ensuite cette connaissance est reçue par l’Intellect, de la part du Cœur. »
        Ces états qui étaient réalisés dans les mystères antiques étaient des degrés dans la voie de cette transposition du mental au cœur.
        Ceux qui se font initier, assure Aristote, apprennent moins quelque chose, qu’ils ne font l’expérience de certaines émotions et ne sont plongés dans un état d’esprit particulier ; « Ne pas apprendre mais éprouver », dit-il à propos des Mystères d’Eleusis.
        Il faut se souvenir que le pèlerinage est une figure de l’initiation, de sorte que le pèlerinage en Terre Sainte est, au sens ésotérique, la même chose que la Recherche de la Parole perdue ou la Queste du Saint Graal ; il s’agit d’atteindre ce Centre spirituel auquel tous les autres centres sont subordonnés ; différents noms lui sont donnés : on l’appelle Paradis en Occident, Pardes chez les chaldéens ou Paradêsha en sanscrit ; un autre terme le désigne, c’est « Thulé », la « Tula » des Toltèques ; précisons que « Tulâ », en sanscrit, signifie « Balance », terme qui renvoie par sa désignation à un Centre suprême en parfait équilibre, un lieu de plénitude et de perfection. Dans la poésie scandinave ce Centre mystique est « As-gard » (ou « Mid-gard », « Mid », milieu), que l’on retrouve dans les poésies sanscrites sous l’appellation « As-gartha ». De plus, René Guénon nous rappelle qu’au moyen âge, une expression faisait référence à une contrée mystérieuse qu’on appelait le « Royaume du prêtre Jean »... le Saint « Pôle ».
        Précisons également que le mot sanscrit « Chakra » désigne des « centres spirituels » localisés dans le corps humain. Aussi, il est dit que le septième (et dernier) Chakra, appelé « Coronal », correspondant au niveau de conscience le plus élevé, c’est-à-dire au « Soi », permet une connexion avec la « partie éternelle présente en chacun de nous ».
        Situé dans la « contrée suprême », ce Centre est la représentation symbolique de ce retour au « centre du monde » en son « Cœur » ; « Terre du Milieu » pour J.R.R. Tolkien, il figure ce cheminement permettant de retrouver et de se réapproprier ce « sens de l’éternité », cet État que toutes les traditions nomment « État primordial », ou « État édénique », et dont la restauration constitue le premier stade de la véritable initiation.
        Julius Évola définit l’initiation comme une réalisation de la Connaissance au moyen d’une sorte de dessillement, tout comme si, à la suite d’une opération chirurgicale, l’œil aveugle se rouvrait et se mettait à voir.
        Ne serait-ce pas cela « Voir avec les yeux de l’Amour » ?


        • @Étirév et le signe de la balance, c’est Vénus et Saturne. Vénus, l’aimée de Saturne. SENARD. Personne n’arrive à TRANCHER : SATURNE est-il de sexe féminin ou masculin ? Je vous renvoie à M. SENARD : les dieux des anciens ne sont pas mort, AU FOND DE TOI-MEME, ils sommeillent, Et en tes Rêves ils s’éveillent. Qui interprétait les rêves à part JUNG, FREUD, Joseph, le prophète Daniel...serpentaire. ET HERMES.


        • Laconique Laconique 27 mai 12:30

          Merci Etirev. La plus ésotérique de tous les ésotériques, c’est bien vous.


        • @Laconique Pas tout à fait. Elle a descendu HERMES...


        • @Étirév. Ce que vous appelez CENTRE d’amour est le centre galactique. Ou voie lactée.....


        • zygzornifle zygzornifle 27 mai 11:04

          Hobbite-bourg est un village de nudistes ?


          • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 27 mai 11:34

            @zygzornifle

            Hobbite-Bourg-la Reine ?


          • Gollum Gollum 27 mai 11:22

            Ouch ! Sidérant…  smiley


            Vous avez l’art de souvent (toujours ?) comprendre de travers…


            Le sacré est omniprésent chez Tolkien.


            La société moderne se caractérise par une attitude quasi désinvolte vis à vis du Mal (Satan n’existant pas), tout le monde il est gentil - et Tolkien remet au Centre un Mal quasi métaphysique en un être - il ne s’agit même pas d’un être mais d’un Vide - dont le but ultime est la destruction.


            Le message subliminal de Tolkien est même que notre société industrielle est entièrement aux mains de Sauron - on le voit avec la destruction inhérente de la nature, et bien d’autres détails..


            Les quatre castes traditionnelles sont présentes dans l’œuvre.


            La caste sacerdotale avec les Elfes. Immortels. La caste royale avec Aragorn. On a droit d’ailleurs au mythe de la royauté brisée et qui doit revenir pour mettre fin aux forces du Mal. Pas très démocratique et moderne comme vision…

            Chez les humains Gandalf est le sacerdotal humanisé (l’équivalent de l’Eglise ou du Druide)..


            Les Hobbits sont la classe des Sudras ceux que les Orques, au service du Mal, doivent exploiter et jusqu’à anéantir leur être intime..


            Quant au christianisme Tolkien serait en phase avec un christianisme ésotérique pas avec celui de Rome.


            Le parallèle avec Lovecraft est foireux car chez Lovecraft seul le Mal existe et est abyssal. Il n’y a pas de Bien chez Lovecraft, sa mythologie n’est en rien Traditionelle alors que celle de Tolkien l’est..


            Misère de misère…  Comme peut-on se fourvoyer à ce point ?  smiley


            • Laconique Laconique 27 mai 12:34

              Bonjour Gollum,

              Merci pour votre message. Vous connaissez bien mieux l’œuvre de Tolkien que moi. Ce que vous écrivez est très intéressant, très pertinent, tout à fait justifié. Deux choses :

              - Je m’attendais à des réactions de ce genre et j’ai bien circonscrit mon domaine d’observation (le prologue sur les Hobbits). Rien de ce que j’ai écrit n’est faux. Force est de constater que dans sa description liminaire du peuple hobbit, Tolkien ne se réfère à aucun moment à un quelconque sacré, à de quelconques rites, lesquels sont omniprésents dans toute l’Antiquité classique grecque, notamment chez Homère. Il met l’accent sur d’autres activités, ce qui est à mon avis caractéristique.

              - Tout le sacré que vous décrivez est un sacré d’ordre ésotérique, « Traditionnel », qui n’a rien à voir avec le sacré classique occidental tel qu’on le trouve dans le Lévitique, chez Homère, etc., et qui est à base de rites (le sacrifice). Ce sacré occidental exotérique a été entièrement assimilé en Christ, qui en a rendu caduques les manifestations extérieures (cf. l’Epître aux Hébreux), et qui a été transmué (non annulé) en Vie nouvelle dans l’Esprit saint. C’est de la théologie chrétienne de base, que vous rejetez, je le sais bien. Et c’est ce processus de désacralisation et de transmutation en impératifs moraux que je vois précisément à l’œuvre au début du Seigneur des anneaux. Dans l’Antiquité préchrétienne il aurait été inconcevable de décrire un peuple sans évoquer ses rites et ses sacrifices. Dans LOTR le christianisme est passé par là. C’est la thèse de mon texte. Il vous manque un terme de la comparaison, puisque le sacré exotérique ne vous intéresse pas. Quant au sacré que vous évoquez, c’est un sacré Traditionnel, et là pour le coup c’est moi qui suis dépassé, pas de souci, je le reconnais, je suis dans le camp d’en face. Mais précisément, cela n’a rien à voir avec le sacré vécu, exotérique, des peuples antiques auxquels je compare ici les Hobbits.


            • Gollum Gollum 27 mai 14:00

              @Laconique

              Bonjour. smiley Nous voilà encore à ferrailler. 

              Je ne sais pas si l’absence de rites est quelque chose de fondamental.

              Vous voyez de la morale chez Tolkien ? Moi non. Je n ’y vois que de la métaphysique. Au sens le plus haut.

              J’ai d’ailleurs été surpris du portage de cette saga  et de son succès  au cinéma tant la philosophie sous jacente est anti-moderne. J’avais lu l’œuvre bien avant la saga de Peter Jackson.

              Mais le moderne est un idiot congénital capable d’applaudir à ce qui le dénonce. Vous connaissez le mot de Lénine sur cet état d’esprit : Les bourgeois (donc les modernes puisque l’esprit bourgeois a tout envahi) nous vendront même la corde avec laquelle on va les pendre.

              Vous parlez de sacrifices. Mais ils sont omniprésents dans l’œuvre au titre de sacrifice de soi.

              Sur la Tradition : on peut rajouter la notion de Terre du Milieu qui est typiquement traditionnelle, la terre du Milieu étant celle de la Transcendance. Voir la Chine.

              Le fait que la guérison soit alléguée à la caste sacerdotale  les elfes ou encore Gandalf  comme dans toute société spirituelle traditionnelle où la médecine a toujours été liée au religieux.

              L’aspect cyclique des manifestations des forces du Mal  en phase avec Guénon  avec une progression toujours plus forte de celles-ci jusqu’au basculement inattendu et proprement miraculeux du retour de la Lumière. 

              Rien que de très classique. Et rien que de très chrétien au fond et apocalyptique.

              Tolkien était catholique et fort pratiquant. Je suppute qu’il aurait été fort en désaccord avec votre opinion à son sujet.

              Quelques liens : https://viveleroy.net/pour-une-lecture-traditionnelle-du-seigneur-des-anneaux-1/

              https://www.cairn.info/revue-etudes-anglaises-2009-1-page-73.htm

              https://fr.aleteia.org/2019/11/07/philippe-verdin-tolkien-etait-un-reveur-catholique-ecolo-conservateur/


            • @Gollum Il me semble bien au contraire que Guénon situe la spiritualité au Pôle NORD. 


            • 8 avr. 2021 — L’étude indique que le pôle Nord se déplacerait vers l’Est, en raison de la fonte accélérée des glaces depuis les années 1990. Ce changement n’ ...


            • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 27 mai 15:12

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.
               
               le pôle nord ne peut se déplacer que vers le Sud. En revanche, on peut dire qu’il se déplace vers les pays de l’est. Ou d’autres.


            • nono le simplet nono le simplet 27 mai 15:22

              @Francis, agnotologue
               le pôle nord ne peut se déplacer que vers le Sud

              farpaitement ! et du coup il n’est plus au nord mais presque ...


            • Mainteant, c’est moi qui vous reprend Gollum. La chine est bien associée au Pôle, car l’Empereur incarne le Pôle. Et peu de personne ont compris le titre du film : « le huitième jour » avec l’acteur DANIEL AUTEUIL et un mongolien belge. Huitième jour, jour de la circoncision mais aussi attribué à HERMES. Robert GRAVES. 

              Robert Graves · 2011 · ‎Self-Help
              On peut découvrir de quel matériau était fait le sac d’Hermès d’après le mythe ... le tropique du Cancer jusqu’au cercle arctique et vice versa, deux fois par an. ... dû les faire rattacher au culte hyperboréen en qualité de messagères volant vers ...

            • Gollum Gollum 27 mai 15:56

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              Mainteant, c’est moi qui vous reprend Gollum.

              Ah on sent qu’elle est contente la Mélu... Elle a trouvé de quoi faire un reproche au Gollum..

              Sauf que : Pôle Milieu ou Centre sont des équivalents en symbolique traditionnelle. On sent bien que vous n’en avez même pas perçu la profonde connivence entre ces termes  mais ça, c’est pas un scoop...

              En lien avec l’Axis Mundi. L’Axe du Monde. Le Pôle est Milieu car traversé par l’axe terrestre...

              Tout cela est lié à l’idée d’Origine  aussi bien au sens spatial que temporel. Et donc de Paradis originel.

              D’où le fait que l’Arbre de Vie soit situé pile poil au milieu du Jardin.

              L’homme perd la Vie (au sens spirituel) quand il se décentre. Et, d’une certaine façon, perd le Nord. Et se trouve donc déboussolé.

              La Genèse n’est donc rien d’autre qu’une allégorie d’un point de vue initiatique traditionnel.


            • Laconique Laconique 27 mai 16:21

              @Gollum

              Oui, tout cela est passionnant. Inépuisable. L’article de Cairn est très instructif. Je ne nie pas la richesse conceptuelle de l’œuvre de Tolkien, sa pertinence en tant que dénonciation de notre société. Quant à son rapport au catholicisme, c’est un domaine que je n’ai absolument pas voulu aborder dans l’article, précisément pour éviter ce genre de débat. C’est pourquoi j’ai pris Homère comme point de comparaison.

              Dans tout ce que vous écrivez, je retrouve vraiment le point de fracture entre vous et moi. Vous relevez – à juste titre – une continuité dans le monde de Tolkien entre la nature et la société, continuité qui a été brisée par le monde moderne corrompu. Mais précisément, toute la Révélation biblique vient briser cette continuité à laquelle aspiraient les civilisations traditionnelles. Et Tolkien, en voulant rétablir cette continuité « traditionnelle » se démarque en réalité de la Révélation biblique. Je vous cite un passage vraiment fondamental de L’Ethique de la liberté de Jacques Ellul :

              « Il y a une unité de l’homme à la nature, l’homme est dans cette nature. Il lui appartient. Il est dans la lignée des animaux – et de la même façon l’homme est inclus dans la société : il ne se distingue pas d’elle. (…) Il y avait une continuité entre Nature-Société-Homme. Or, ce qui est annoncé dans l’Ancien Testament, c’est précisément la négation de cette continuité. Ce qui est annoncé, c’est que le monde dont l’homme s’est entouré est destiné à s’effondrer parce que ce n’est pas à cela que Dieu a appelé l’homme. (…) Or, tout ce que l’Ancien Testament annonçait a été accompli, réalisé, vécu une fois pour toutes par le Christ. Il est alors vraiment le signe de contradiction qui provoque toutes les ruptures. L’unité créée par l’homme dans sa société est rompue, parce qu’elle est rétablie avec Dieu. La continuité entre la nature et l’homme est brisée, parce que l’homme retrouve sa place de créature unique destiné à diriger cette création qui lui est remise comme objet. La souffrance et la mort ne sont plus ou niées ou mythisées, mais regardées en face, assumées par Dieu même ; acceptées comme grâce et promesse. (…) Christ est vraiment la présence du Dieu terrible dont on dit que s’il met le pied sur la terre, les montagnes éclateront, les fleuves se tariront, les collines s’effondreront, la terre se fendra… Ces images sont réelles : la présence du Christ au milieu des hommes a littéralement fait éclater les relations humaines, les institutions, les États, les groupes. Tout ce que l’homme avait civilisé, normalisé, unifié (dans la séparation d’avec Dieu) est remis en question, tout apparaît esclavage là où on disait ordre, contrainte là où on disait paix, injustice là où on disait droit, mensonge là où on disait religion, faux-semblant là où on disait nature, illusion là où on disait dieux. Ainsi la présence du Christ rend la vie de cet homme parfaitement invivable, la civilisation radicalement viciée, la société complètement intenable. Une seule chose subsiste, c’est l’amour. »

              Il en résulte que, pour un chrétien, il n’y a pas d’équilibre à trouver avec le monde, avec la nature. La vie chrétienne est proprement invivable, et vous n’avez pas fait faute de me le rappeler ici lors de nos nombreux échanges. C’est un paradoxe auquel le chrétien est confronté, et lui seul, puisque le non-chrétien s’intègre toujours dans une morale mondaine qui lui sert d’oreiller et qui l’intègre à la société : par exemple l’écolo-socialisme à la Cabanel. Bref, tout cela nous entraîne bien loin du propos de l’article. Mais c’est vraiment ce qui distingue, selon moi, le monde de Tolkien tel que vous me le décrivez – le monde traditionnel – d’une position authentiquement chrétienne basée sur la Révélation biblique.


            • Gollum Gollum 28 mai 10:05

              @Laconique

              Intéressante la prose de Ellul. Bien évidemment je suis totalement contre.

              Si j’ai bien compris, la réconciliation avec Dieu entraine une dévalorisation totale du monde.

              C’est bien ce qu’avait compris et vilipendé Nietzsche  à juste titre  de cette mentalité barbare et folle.

              Et qui a fait que pendant très longtemps les chrétiens refusaient la culture, ne voulant connaitre que les Écritures, et rien d’autre.

              D’où le côté superstitieux de l’âme chrétienne. Je renvoie aux ouvrages de Ramsay MacMullen là dessus. (on peut y rajouter ceux de Delumeau qui montrent la névrose chrétienne, tant qu’à faire..)

              Puis cela a évolué et l’Église s’est emparé d’Aristote, de Platon, faisant un virage à 180°...

              C’est bien là le problème c’est que le chrétien n’a cessé de se contredire et de faire des virages à 180°, le dernier en date étant Vatican 2.

              Je ne vois dans la prose de Ellul rien d’autre qu’un point de vue fou dont je doute fort d’ailleurs qu’il soit l’apanage de la majorité des chrétiens...

              Je reprends une phrase : Tout ce que l’homme avait civilisé, normalisé, unifié (dans la séparation d’avec Dieu) est remis en question, tout apparaît esclavage là où on disait ordre, contrainte là où on disait paix, injustice là où on disait droit, mensonge là où on disait religion, faux-semblant là où on disait nature, illusion là où on disait dieux. Ainsi la présence du Christ rend la vie de cet homme parfaitement invivable, la civilisation radicalement viciée, la société complètement intenable. Une seule chose subsiste, c’est l’amour. 

              Donc tout est mensonge, le Christ fait tout éclater, bla, bla, bla...

              Sauf que quand on regarde les faits, le monde tel qu’il est, si le mensonge est bien omniprésent, la révélation christique, elle, a fait un bide. 

              Je sais c’est dur à avaler pour vous mais c’est un fait.

              Quant à l’amour s’il devait se répandre collectivement, il impliquerait une attention accrue à la nature. Le contraire donc de cette dévalorisation toute biblique (et qui est de l’AT de façon spécifique). C’est ce que l’on observe chez nombre de mystiques à commencer par St François jusqu’à St Séraphin de Sarov dont on dit que les animaux s’approchaient de lui.

              Sur la mentalité biblique rappelons les ouvrages salvateurs de Jean Soler.

              Alors si je suis très critique sur le biblisme je ne jette pas pour autant le bébé avec l’eau du bain, il y a, selon moi, des choses initiatiques cachées dedans  et c’est ce qui fait de la Bible un signe de contradiction, un truc empoisonné recelant une amende en son sein.

              On peut garder de Ellul sa critique forte de la technique, mais bon il ne fut pas le seul, bien d’autres avaient compris aussi..


            • Laconique Laconique 28 mai 14:32

              @Gollum

              J’ai cité le passage d’Ellul car il illustre parfaitement en quoi le christianisme est incompatible avec la tripartion traditionnelle de Dumézil, ou ses équivalents, que vous dites trouver chez Tolkien. Pour le christianisme il ne peut pas y avoir de répartition ontologique entre une caste sacerdotale, une caste royale, etc. Il n’y a que des hommes, le roi est jugé comme un autre, les fonctions sont extérieures à l’être et ne préjugent en rien de sa nature, c’est la célèbre phrase de Paul dans Galates 3:28. On peut juger ça bien ou mal, stupide ou libérateur, là n’est pas la question, je voulais juste mettre en évidence qu’une telle vision de l’ordre de la société n’est pas chrétienne.

              Le christianisme est une religion de la fin des temps. Un ordre de la société est nécessaire pour vivre. Or le chrétien doit toujours vivre comme si l’Epoux allait revenir cette nuit même, « à l’heure où l’on s’y attend le moins ». Il n’y a dans la doctrine chrétienne aucune théorie de la société, ce n’est pas un édifice projeté sur des siècles comme les admirables constructions sociales indiennes ou égyptiennes. Et c’est ce que vous ne comprenez pas. On ne peut pas reprocher au christianisme de n’avoir pas donné naissance à une société harmonieuse, puisque ce n’est absolument pas le but qu’il s’est fixé. On en revient toujours là avec vous, c’est votre point Godwin. Le christianisme répond à des apories propres aux écritures juives, et dont les textes les plus récents de l’Ancien Testament se font l’écho (Job), il ne dialogue pas avec la société, il ne considère pas les problèmes sous un angle social, tout cela est venu ensuite. Le christianisme historique est autre chose, il a été très souvent en avance sur son temps, il ne s’est jamais totalement confondu avec le pouvoir pour lequel il a souvent représenté un « caillou dans la chaussure », mais c’est là une tout autre question. Vous, comme Evola, comme Guénon, vous placez le christianisme en concurrence avec l’hindouisme, etc., en tant que spiritualité, en tant que modalité d’organisation de la société, en tant que matrice pour un homme accompli. Le christianisme n’est ni l’un ni l’autre. C’est dire à quel point le propre de la Révélation chrétienne vous est devenu étranger. Le Christ libère du péché, c’est tout. Il est évident que quand on n’a pas le sens du péché tout cela est complètement absurde...


            • Gollum Gollum 29 mai 10:17

              @Laconique

              Pour le christianisme il ne peut pas y avoir de répartition ontologique entre une caste sacerdotale, une caste royale, etc. Il n’y a que des hommes, le roi est jugé comme un autre, les fonctions sont extérieures à l’être et ne préjugent en rien de sa nature, c’est la célèbre phrase de Paul dans Galates 3:28.

              Oui je suis au courant. Le problème est que Paul contredit la liturgie romaine qui dit que Christ est Roi et Prêtre selon l’orde de Melkitzédeq... 

              Autrement dit le Christ endosse les deux premières castes, les plus prestigieuses.

              Les castes sont aussi omniprésentes dans l’Apocalypse pour qui sait voir en parlant d’un temps où la troisième caste  celle des marchands  sera au pouvoir.. (toute ressemblance avec la modernité est pur coïncidence, bla, bla, bla et bla bla bla...)

              Et c’est ce que vous ne comprenez pas.

              Je comprends très bien au contraire.

              Je ne reproche pas au christianisme de ne pas avoir créé la société idéale je lui reproche d’avoir été un poison sur bien des plans ce n’est pas tout à fait pareil.. Il aurait été neutre bon ben basta...

              Le christianisme historique est autre chose, il a été très souvent en avance sur son temps,

              Ben non. Mac Mullen montre que les élites chrétiennes, superstitieuses, ont remplacé les élites antiques cultivées et qu’il y a eu régression... Pour le dire franco de port : c’était des Talibans.

              Après, une fois que le christianisme fut majoritaire aucun point de comparaison ne fut plus possible.

              il ne s’est jamais totalement confondu avec le pouvoir pour lequel il a souvent représenté un « caillou dans la chaussure »

              Tu parles. Il avait le pouvoir idéologique, le plus important qui soit.

              comme Guénon, vous placez le christianisme en concurrence avec l’hindouisme

              Pas du tout. Pour Guénon il n’y a pas de concurrence. Je suis d’ailleurs beaucoup plus sévère que lui sur la mentalité chrétienne de masse sur laquelle d’ailleurs il s’est très peu exprimé.

              C’est dire à quel point le propre de la Révélation chrétienne vous est devenu étranger. Le Christ libère du péché, c’est tout. Il est évident que quand on n’a pas le sens du péché tout cela est complètement absurde...

              Non. J’en sors, donc j’ai connu cela. Sauf que je percevais bien que tout ceci était de la méthode Coué. Si vous n’avez pas la foi que Christ libère du péché cette simple phrase ne veut rien dire.

              Vous n’êtes pas plus libéré que moi en fait, vous croyez l’être. Mais vous êtes exactement le même que moi avec les mêmes tares et imperfections...

              C’est pour cela que le christianisme est en train de s’évaporer. Parce qu’un tel discours a pu marcher pendant des siècles en raison même de l’inculture globale.. cela ne marche plus désormais : il en faut beaucoup plus.

              Il faut une nouvelle révélation. On est dans un entre-deux aujourd’hui.


            • Laconique Laconique 31 mai 09:42

              @Gollum

              Oui, ok, vous êtes très fort, vous avez réponse à tout. Ceci n’était pas un article sur le christianisme, donc on va en rester là. On continuera le débat une autre fois peut-être. Vous restez obstinément sur un plan mécanique et fonctionnel (« ça marche, ça ne marche pas »), ce qui est très révélateur. Maybe next time...


            • Tiens Gollum est aux abonnés absents. Le parfait pervers narcissique : https://bonheuretamour.wordpress.com/2018/11/26/le-pn-comme-smeagol/ Quand on oublie le FEMININ SACRE....


              • C’est l’utérus qui est entouré de nerfs SACRES. 



                  • Comme le livre : BELLE DU SAIGNEURS. Libé de se fâcher parce que le héros est assimilé à un pervers-narcissique. Tous pervers-narcissique est un homosexuel qui se ment.


                    • J’avoue ne pas avoir lu ni vu le film. Peut-être effectivement y-a-t-il un sens hermétique...CF ETIREV


                      • Ah, j’avais pas vu, il a écrit. Voyons sa VERSION,...


                        • Il serait temps de séparer catholicisme et christianisme. La traversée du désert par le Christ qui dura quarante jours est claire. SATAN , le mal existe bel et bien.... Alors que pour les catholicisme, tous le monde ira au paradis, même la mafia. Ils ont plein de christ chez eux. Avant de sortir avec des flingues, il se signent. Tirent sur ceux qui leur déplaisent, font un détour par une église : bla, bla, bla. Vous me ferez un pâté et deux ovaires. Dieu aime tout le monde....Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Tiens celui jouait à merveilles les rôles de salauds est entré un jour dans une boutique de bondieuserie. Jean YANNE (le bien-nommé) et a demandé au vendeur en achetant un crucifix : l’aviateur est-il compris dans le prix ??? Son coffre était remplie de scies électriques. Pneu matique bloqués par les sabots de la police ;


                          • Trois types d’humains : les iliaques (les instincts de survie animales), les psychiques (rationnels, "scientifiques, BIG-PHARMA) et les pneumantiques (spirituels, connectés avec le tout, la terre et le cosmos). 


                            • Laconique Laconique 27 mai 12:31

                              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                              Vous savez que le flood entraîne normalement un blocage. Don’t make me do this...


                            • @Laconique non, la mémoire AKASHIQUE me défend...


                            • Définition exacte du troll (qui n’a rien à voir avec FLOOD ou flux continu) : 

                              En argot Internet, un troll caractérise un individu ou un comportement qui vise à générer des polémiques. Il peut s’agir d’un message (par exemple sur un forum), d’un débat conflictuel dans son ensemble1 ou plus couramment de la personne qui en est à l’origine. Ainsi, on désigne sous le néologisme troller le fait de créer artificiellement une controverse qui focalise l’attention, aux dépens des échanges et de l’équilibre habituel de la communauté2.

                              Désigner un « troll » est un jugement subjectif.

                              L’argumentation caricaturale et récurrente d’un troll est une « empreinte typique du troll ». Elle est la preuve d’une mécommunication et d’une impossibilité à échanger dans la compréhension mutuelle. Le « trollage »3 présume en plus des provocations intentionnelles et le but de nuire. Perso j’informe...mais c’est vous qui me percevez comme une nuisance


                              • Pour clarifier : différence entre ésotérisme (qui rejoint l’occulte) et hermétisme. CE QUI EST EN HAUT EST COMME CE QUI EST EN BAS. L’ésotérisme est d’ordre matriarcal. L’HERMETISME est HERM-APHRODITE. c’est l’alchimie des opposés (homme et femme, lune-soleil). L’hermétisme ne rejette pas la matière, il la sublime, la spiritualisé (exemple : la construction des églises,...). Le 8. 


                                • Ausir 27 mai 14:39

                                  Au contraire l’oeuvre de Tolkien est empreinte de christianismes et des valeurs chrétiennes même si Dieu n’est pas cité :

                                  le Bien et le Mal , les héros luttent contre le Mal 

                                  la notion de Providence :quand tout est perdu rien n’est perdu 

                                  Le Bien gagne toujours au final , 

                                  Le Seigneur des anneaux est l’oeuvre chrétienne initiatique par excellence au contraire de la guerre des étoiles .


                                  • Laconique Laconique 27 mai 16:17

                                    @Ausir

                                    C’est précisément le propos de l’article : Le Seigneur des anneaux fait la part belle aux oppositions morales, et néglige les rituels sacrés (sacrifices), parce que le christianisme est passé par là.


                                  • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 28 mai 12:47

                                    @Laconique,
                                     C’est le premier paragraphe de l’expo que j’ai vue récemment.


                                  • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 27 mai 15:32

                                    ’’Ce que Tolkien a imaginé, en réalité, c’est une société post-industrielle sans industrie, mue exclusivement par des motifs moraux ou matériels, bref, par des motifs pragmatiques.’’

                                     Des motifs hédonistes peut-être ?

                                     

                                     ’’La magie n’est ni plus ni moins que l’équivalent de la technique, mais la technique débarrassée de sa dimension artificielle, mécanique, déprimante.’’

                                     Tolkien avait peut-être fait sienne cette pensée d’Oscar Wilde : « L’industrie est la cause de toute laideur »

                                     


                                    • Xenozoid Xenozoid 27 mai 15:35

                                      @Francis, agnotologue

                                      tolkien avait été en europe pendant la grande guerre The author of the trilogy, J.R.R. Tolkien, was an officer for the British army during World War I. But when he came down with “trench fever,” he was taken out of the action before his battalion went into battle on May 27, 1918—a terrible battle where nearly all of the battalion’s men were killed or taken prisoner. Therefore, trench fever may very well have saved Tolkien’s life, writes Joseph Laconte in his new book, A Hobbit, a Wardrobe, and a Great War.


                                    • Xenozoid Xenozoid 27 mai 15:47

                                      @Xenozoid

                                      il n’y a d’ailleur qu’un village de hobbit, en nouvelle zelande, alors qu’il y a des monuments a la boucherie partout en france


                                    • zygzornifle zygzornifle 28 mai 07:43

                                      Macron reçoit des ho bite le soir dans sa citadelle de l’Elysée ....


                                      • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 28 mai 09:20

                                        Bonjour Laconique,

                                         Bien aimé votre billet.

                                         Que du bonheur de vivre entre Hobbits... J’adore. Etre un Jedi...

                                         Nous vivons dans un monde parallèle qui n’a rien de celui du Hobbit.

                                         Vous poursuivez votre texte assez bizarrement, je l’avoue, par l’Iliade et l’Odyssée qui n’ont pas beaucoup de ressemblance avec des pacificateurs.

                                         Mais, c’est aussi ce que j’ai fait récemment sous trois formes.

                                         « L »Iliade« , »L’Odyssée" et plus moderne celle de l’Odyssée sous les mers 


                                        • Laconique Laconique 28 mai 14:28

                                          Merci Mirror’s reflexions

                                          Le parallèle avec l’Iliade d’Homère est précisément le cœur du propos puisqu’il s’agit d’étudier les usages liturgiques du peuple hobbit (ou plutôt leur absence), en comparaison avec les cultes antiques classiques.

                                          Pour votre lien, il faut se méfier des adaptations modernes de l’Iliade et l’Odyssée. C’est bien pour les jeunes, pour se familiariser, mais c’est presque toujours une trahison de l’œuvre originale, devenue incompréhensible ou scandaleuse, au profit des morales contemporaines – ici le romanesque.


                                        • velosolex velosolex 29 mai 09:41

                                          Homère a influencé bien des récits. « Simbad le marin » dans les 1001 nuits, ainsi que bien d’autres récits de ce livre, sont liés à l’expérience du voyage initiatique, et de la confrontation avec l’inconnu. Tous ces récits commencent souvent au moment où le voyageur, comme Ulysse , se retrouve projeté sur la plage d’une île, dont on ne sait si elle est déserte. 

                                          Un autre récit fondamental et qui compte pour moi parmi les quelques chefs d’œuvre, c’est celui de Jonathan Swift, et de son « les voyages de Gulliver ».

                                          Voilà un récit hallucinant, sans doute la première œuvre de science fiction moderne, qui est tout autant un récit d’héroic fantasy. Il aborde, comme Montesquieu le fait dans « les lettres persanes » la critique politique de deux pays, sans cesse en conflit l’un contre l’autre, pour exister, et où l’on reconnaitra la France et l’Angleterre. D’étranges extravagances parcourent le récit, non seulement sur le relativisme culturel et les notions simples de grandeur et de petitesse, tant les échelles changent d’une ile à l’autre( géant sur l’une , nain sur une autre) les modèles de philosophie qui président à l’organisation des pays, et même la supériorité d’une espèce sur l’autre, changent du tout au tout.

                                          Sur l’Ïle des Houyhnhnm, les hommes sont des animaux primitifs, placés en servitude par les chevaux, avec lesquels, Gulliver après avoir appris leur langage, philosophe, et aborde des notions élevées de pacifisme et de philosophie. ( le roman de pierre Boule, la « planète des singes » en est directement inspiré...)

                                          « Gulliver », marquera énormément Orwell, dont « 1984 » est en relation. Mais Gulliver date de la première partie du dix huitième. 

                                          Swift s’est beaucoup intéressé à la langue et à la manipulation. Les professeurs essayent aussi de changer la communication du pays de Balnibarbi en supprimant la langue. ( la novlangue d’Orwell , et son ministère de la mémoire sans cesse revisité n’est elle pas apparenté) Gulliver visite alors la partie de l’Académie désignée pour les études de gouvernement. Les professeurs particulièrement fous. Ils proposent de telles choses comme étudier l’excrément pour trouver le peuple perfide et le peuple de taxation basé sur la beauté et l’esprit. 

                                          Sur « Laputa », le peuple possède un temps d’attention terriblement court. (pourtant le smarphone n’est pas encore né) C’est la raison pour laquelle des jeunes filles délurées les accompagnent ( comme des avatars de réseaux sociaux) . Elles les aident à rester concentrés, en les frappant. 

                                          Tolkien et son univers est totalement en concordance avec ses prestigieux auteurs. Mais ne viennent ils pas tous du même moule. Celle d’une angleterre impériale, dont les écrivains s’interrogent sur les peuples à conquérir, comme les Grecs le faisaient avant eux


                                          • Laconique Laconique 31 mai 09:41

                                            @velosolex

                                            Merci pour votre message.

                                            Je n’ai pas lu Swift, mais j’aime beaucoup Voltaire, qui est peut-être un peu son équivalent en France. 1984 est un chef-d’œuvre, je l’ai lu plusieurs fois, le livre ne vieillit pas, même si les transpositions qu’on veut en faire par rapport à la situation actuelle sont souvent tout à fait stupides (Orwell visait le totalitarisme politique à la Staline, et pas le désarroi de boomers qui ne sont plus en phase avec leur époque. Bref…). Oui il y a une tradition caustique anglo-saxonne, en France on se prend plus au sérieux, et Tolkien réussit à merveille à mêler l’humour, la légèreté, et le souffle épique. Il n’y a pas d’humour chez Hugo par exemple, ou alors une autre forme d’humour. Merci à vous, see ya.


                                          • @velosolex AH, SIMBAD et les quarante voleurs. Mes films préférés dans mon enfance.... Comme le film : PANDORA inspiré des tableaux de Dali... Ce type de cinéma a totalement disparu. Lire ADO KYROU. https://www.youtube.com/watch?v=N2hogf6M23k


                                          • Velosolex, vous êtes une perle sur AGORA. Tous les films de John Borman sont aussi des oeuvres initiatiques. La forêt d’Emeraude, EXCALIBUR. 

                                            Cinéma

                                          • velosolex velosolex 1er juin 18:46

                                            @laconique
                                            Oui, c’est bien cette causticité et cette façon de se moquer d’eux même, qui permet aux anglais souvent de débrider à la fois leur imagination, et leurs limites.
                                            Leur optimisme compte aussi dans leur talent. Car les anglais n’aiment pas se plaindre, et on tendance à voire toujours le verre à moitié plein, contrairement aux Français !
                                            Cela leur donne le gout de l’aventure, de l’entreprise, et leur permet d’extraire des situations les plus rocambolesques, et ultimes, qu’ils doivent inconsciemment recherchés, un regard fait d’ironie, et de fatalisme.
                                            Enormément de récits anglais d’aventures tiennent dans ce ton d’engagement et d’humour , qui tient peut être à la magie de l’enfance et à l’acceptation du vieillard observant la vanité des choses, après avoir mené bien des combats. Le thème d’un très beau tableau de Turner. « Le dernier voyage du Téméraire »https://bit.ly/2SMORYq
                                            . Ce n’est pas pour rien que des récits comme « Alice » de Lewis Caroll, mais aussi « Peter Pan », sont à la fois des récits pour les enfants, mais peuvent être tout autant vu comme des livres d’initiation, ou des métaphores philosophiques.
                                            En tout cas la drôlerie, voir la farce, communes à Dickens et à Thackeray avec toujours une certaine touche d’élégance sont les points communs de ces œuvres. L’anglais emmène toujours un petit bout d’Angleterre avec lui, même s’il sait que c’est stupide, et qu’il n’a d’ailleurs aucune envie de retourner dans ce fucking country.
                                            J’ai toujours été étonné de voir la détestation de certains anglais vis à vis de leur pays. Par contre, ils n’apprécient pas que vous l’alimentiez. Les non dits dans leur culture sont omniprésents, et sans cesse il faut tricoter les rapports avec des subtilités de suggestion, plutôt que d’affirmation. 
                                            Les récits de Tolikien, sont envoutants. Une œuvre extraordinaire qu’on peut lire à différents niveaux, comme tous les grands récits. Aventure dans le temps, dans l’espace, dans la connaissance de soi même. C’est le fil rouge de tous ces récits
                                            Je pense à ces deux larrons de ce chez d’œuvre de Kipling « l’homme qui voulait être roi » ( A mon avis la nouvelle la plus forte, avec peut être « au cœur des ténèbres » de Joseph Conrad)
                                            Se mettre à l’épreuve du pire, c’est le propre de la vie d’Orwell, dont j’ai tout lu, y compris sa correspondance, très intéressante sur les ressorts de sa vie et de ses engagements. 


                                          • velosolex velosolex 1er juin 18:50

                                            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                            Regardez ce petit régal : Un série anglaise pleine d’humour qui fait du bien 

                                            Detectorists - Séries et fictions | ARTE

                                            https://bit.ly/3g2zgvW


                                          • ZARDOZ qui préfigure un univers géré uniquement par l’I.A. https://fr.wikipedia.org/wiki/Zardoz

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité