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Accueil du site > Tribune Libre > Sprogø : avortées de force et stérilisées à leur insu

Sprogø : avortées de force et stérilisées à leur insu

Ce n’est que le 1er avril 1961 qu’a été fermé le centre d’internement de femmes présumées asociales sur l’île de Sprogø, en réalité quelques simples d’esprit et surtout des filles aux mœurs libres ainsi que des victimes de viols qui heurtaient les consciences bourgeoises ou prétendaient demander des comptes à leurs prédateurs. Réputée tolérante, la société danoise ne l’a pas toujours été : le sort scandaleux qui, sous couvert de psychiatrie hygiéniste, a été réservé aux internées de Sprogø le démontre de manière édifiante...

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Filles « perdues » de Sprogø

Sprogø, une petite île de 38 ha à l’époque des faits, est située au milieu du Storebælt, le détroit qui sépare les îles danoises de Fionie – son chef-lieu Odense est la 3e ville du pays – et du Seeland où est implantée Copenhague, la capitale du Danemark. Ce n’est qu’en 1997 que Sprogø a cessé d’être isolée grâce à l’ouverture du pont routier et ferroviaire qui, en prenant appui sur l’île, a permis de relier facilement la Fionie au Seeland en voiture ou en train. Depuis, Sprogø – dont la superficie a été portée à 154 ha lors de la construction des ouvrages d’art – est tout à la fois une base logistique pour la compagnie qui exploite les ponts, Sund & Bælt, et une réserve naturelle. L’île ne compte plus aucun habitant permanent.

Cela n’a pas toujours été le cas, et la charmante petite île dominée par son vieux phare, garde le secret d’agissements barbares qu’ont subis de nombreuses femmes et jeunes filles, le plus souvent issues de milieux très modestes ou de familles minées par l’alcoolisme et le dénuement. Déportées à Sprogø, sur la foi d’expertises psychiatriques orientées, par décisions judiciaires émanant de magistrats complices ou instrumentalisés, ces femmes et ces jeunes filles ont, de fait, été internées de manière abusive et arbitraire ; et, pour nombre d’entre elles, victimes d’actes criminels.

À l’origine de ces pratiques, l’on trouve le Pr Christian Keller, un médecin convaincu par les doctrines hygiénistes promues aux États-Unis et adepte de l’idéologie eugéniste qui prévaut alors dans les milieux scientifique danois. Le psychiatre est persuadé de la nécessité de stériliser les criminels et les hommes rendus dangereux par leur agressivité. Il pense également nécessaire d’agir de même avec les femmes caractérisées par une déficience intellectuelle et par une sexualité débordante, signe à ses yeux d’un déséquilibre pathologique. À cet égard, dès 1919, Keller parlait de « femmes simples d'esprit dont l'érotisme présente pour une société libre un important danger de propagation des maladies sexuellement transmissibles ».

Après avoir ouvert en 1911 à Livø un centre de traitement psychiatrique des hommes, l’Institut Keller, où seront pratiquées de très nombreuses castrations, Christian Keller ouvre un centre analogue pour les femmes à Sprogø en 1922. Officiellement, pour traiter les cas de prétendues attardées mentales travaillées par une libido exubérante. Mais dans les faits pour empêcher la venue dans la société danoise d’enfants considérés comme « dårligt afkom » (mauvaise progéniture), et par conséquent réputés « uønskede » (indésirables).

Dans un excellent article publié le jeudi 16 novembre 2017 dans Zapping décrypté (Sprogø, l’île de la honte), la blogueuse Tris Acatrinei dresse un terrible constat : « Il ne faisait pas bon être jeune, libre et malade mental à l’époque. En réalité, les personnes qui étaient enfermées à Sprogø n’étaient pas des malades mentaux, ce n’était que des femmes qui avaient eu le tort de tomber enceintes hors mariage, d’avoir été violées, de s’être livrées à la prostitution, qui avaient eu une liaison avec le fils d’un notable ou qui étaient encombrantes pour les familles qui en avaient la charge. Les femmes ayant été victimes d’incestes n’étaient pas considérées comme des victimes, mais au contraire, comme des ʺclientesʺ, bonnes à être enfermées à Sprogø. L’inceste était vu comme une légitimation du diagnostic. »

Tout est dit dans ces quelques mots. Et c’est en s’appuyant sur une politique sanitaire hypocrite, conjointement mise en œuvre par les psychiatres et les magistrats, qu’environ 700 « fraekke piger » (vilaines filles) considérées par la société danoise comme « moralsk defekte » (moralement défectueuses) ont été déportées sur Sprogø. Âgées de 17 à 31 ans selon Jens Eskildsen, l’actuel président du Kellers Minde Museum (Musée du souvenir des Institutions Keller), les jeunes femmes n’étaient pas informées de la durée de leur internement sur l’île. On estime cependant que la durée moyenne de leur déportation a été de 7 ans. 

Sprogø n’était rien d’autre, sous couvert de psychiatrie, qu’une sorte de « goulag » à la scandinave pour ces réprouvées affectées sur place à des travaux domestiques ou à des tâches agricoles. Certes, elles étaient libres de leurs mouvements dans cet espace restreint bordé de tous côtés par les eaux du Storebælt, mais sans espoir de pouvoir s’évader. Et tout manquement au règlement pouvait valoir enfermement en cellule disciplinaire, voire camisole ou électrochocs. Qui plus est, les dizaines de jeunes femmes de Sprogø suscitaient les fantasmes, et quelques pêcheurs ayant pris l’habitude d’accoster discrètement ont eu avec des déportées des relations sexuelles libres ou rémunérées. De même, il semble que des filles aient été victimes d’abus de la part de membres masculins du personnel médical.

Des agissements qui, en différentes occasions, ont débouché sur des grossesses. Avec pour conséquence, comme pour les nouvelles arrivantes enceintes, des avortements imposés, le plus souvent accompagnés de stérilisations non révélées aux déportées. Des actes odieux notamment pratiqués sur les présumées simples d’esprit – en fait des filles illettrées – et sur les plus rétives à l’ordre social. Comble de l’idéologie eugéniste qui régnait naguère au Danemark, une loi de 1929 a autorisé les stérilisations des « handicapés mentaux » avant qu’un nouveau texte législatif de 1934 étende cette pratique aux « volontaires » sur prescription médicale. Au total, l’on estime à 11 000 le nombre d’hommes et de femmes qui ont été stérilisés jusqu’à l’abrogation de ces textes dans les années 60. Combien de véritables « volontaires » parmi eux ? La question reste sans réponse.

Dans un thriller de 2010 intitulé « Les enquêtes du département V : Dossier 64 », l’écrivain Jussi Adler-Olsen dénonçait, au travers de l’enquête menée par un trio de policiers sur un « cold case », ce qu’ont été les conditions de déportation puis de rétention de ces femmes et de ces jeunes filles sur le territoire rude et isolé de Sprogø. L’auteur savait de quoi il parlait : son père avait travaillé plusieurs années dans cet Institut Keller et lui avait raconté ce qu’il y avait observé et vécu. Le roman, au contenu aussi angoissant que révoltant, fait actuellement l’objet d’une adaptation au cinéma. Le film, réalisé par le Danois Chritoffer Boe, devrait normalement sortir sur les écrans le 4 octobre 2018.

Note : Birgit Kirkebæk, docteur en Sciences sociales, a consacré en 2005 un livre à l’Institut Keller de Sprogø : Leftfærdig og løsagtig – Kvindeanstalten Sprogø 1923 – 1961. Ce livre n’a malheureusement pas été traduit en français.

 

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Le roman inspiré par l’histoire des filles de Sprogø

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53 réactions à cet article    


  • Tall Tall 7 août 2018 12:31

    @velosolex

     
    C’est encore d’actualité, l’arbitraire psychiatrique. En justice, il y a la notion de « responsable de ses actes » qui le permet toujours, en remplaçant la prison par l’internement.
    Et mis à part les cas évidents, genre entonnoir sur la tête, il existe une foule de cas qui ne sont pas objectivables

  • JC_Lavau JC_Lavau 7 août 2018 12:48

    @velosolex : « toxique sociale », non, ça n’est pas leur truc.

    Leur truc c’est qu’ils sont supérieurs, et pis c’est tout.
    Notamment ils ne se font jamais superviser par un sénior.
    Supériorité, qu’on vous dit !
    Cela dure comme cela depuis les négociations qui ont mené à la loi de 1838, le contrat de corruption.


  • velosolex velosolex 7 août 2018 13:01

    @Tall
    La médecine, et la psychiatrie ne sont pas des sciences exactes. Les notions de responsabilité comme vous le dites, avec l’exemple de l’entonnoir (mais la souffrance et la folie n’ont pas forcément un gyrophare, et certains hystériques, voir affabulateurs potentialiseront ces signes) font parfois désaccord chez les spécialistes. 

    Les délirants ont comme des problèmes d’accommodation de l’esprit.... Transitoires parfois. Qu’un myope retire ses lunettes, et tente de dire ce qu’il voit de l’autre coté de la rue, lui donnera un petite idée de ce qui se passe dans la tête d’un psychotique. En quelques secondes, j’en ai vu basculer dans l’autre monde, tout comme dans l’histoire du docteur Jykell, ou ce film « shinning » ....Mais on a beaucoup écrit de conneries à ce sujet. Les fous sont rarement de grands fous à temps complet
            
    Dans la forêt - Edna O’Brien - Babelio
            Mais aussi : « Riven rock » de TC Boyle....Ces deux romans étant des chefs d’oeuvre sur la description clinique la schizophrénie, mais aussi sur les répercussions sociales. 
    Riven rock - T.C. Boyle - Babelio
          
     

  • Tall Tall 7 août 2018 14:15

    @velosolex


    ... et la psychiatrie ne sont pas des sciences exactes
     
    C’est le moins qu’on puisse dire .. et si je ne conteste pas la volonté d’améliorer les connaissances, ce contre quoi je m’insurge, c’est le déni d’ignorance, ou sa large minimisation.

    Et là, ce ne sont même pas les individus qui sont en cause, mais le système avec ses universités qui vendent des diplômes qu’on ne gagne qu’en bossant durement pendant 4 à 8 ans. Comment le gars qui a réussi ses études à la sueur de son front et qui a fixé sa plaque dorée à sa porte va-t-il expliquer à ses clients, que, tout compte fait, ce qu’il a appris, ça ne les aidera qu’avec de la chance ?
     
    Et c’est ainsi que la minimisation de l’incompétence d’une discipline, d’un métier, devient systémique. N’oublions pas qu’à l’époque où l’on sciait encore une jambe pour une simple infection, les écoles délivraient déjà des diplômes de médecin. On ne connaissait même pas encore l’existence des microbes et des cellules vivantes ... bref, on ne savait rien ! Mais les diplômes étaient déjà là.

  • velosolex velosolex 7 août 2018 15:44

    @Tall
    « L’incompétence d’une discipline » ?...Il ne faut pas faire amalgame entre la discipline, et certains médecins. Que certains soient incompétents, sans empathie aucune et arrivistes, ne doit pas occulter le fait que d’autres sont à l’exacte opposition.

     Il en est des psychiatres que comme les plombiers, et des professeurs, et de toutes professions...J’entend que celle ci est un exercice de pouvoir, et qu’à ce titre elle déchaîne facilement les passions et les partis pris...Depuis Ambroise Paré, la chirurgie a fait des progrès, la médecine et la psychiatrie aussi...Mais je respecte ceux qui il y a quelques siècles se sont coltinés la souffrance du monde, avec les moyens dérisoires dont ils disposaient et qui nous ont sorti de la sorcellerie et des ingrédients à base de bave de crapaud. . 
    Actuellement la psy est prise dans des injonctions contradictoires : On lui reprochera par exemple d’avoir sorti un malade qui passera à l’acte sur un tiers ; Les mêmes gens lui faisant le reproche de pratiquer une hospitalisation arbitraire, devant le témoignage « éloquent » d’un parano affabulateur se montrant comme une victime, devant les médias crédules, ne connaissant rien à l’affaire
    Le monde actuel veut à tout prix des réponses. Il faut parfois du temps, et de la modestie. Du repos et aussi des échanges. Les maladies psy sont à la fois une production du patient, et situés à l’entrecroisement des problèmes de la famille, et des injonctions de la société.
     Nous portons en fait toutes les maladie à minima en nous, et les développons à un moment de faiblesse, de malchance,et d’opportunité. Depuis quelques temps, il est devenu tendance, comme le film de Depardon, dont je vous encourage à lire la video, assez critique) de faire le procès de la psy, de façon caricaturale, en oubliant que pour beaucoup cela reste un refuge, une aide, avec des gens tout de même formés pour assumer ce grand désordre qui fait de vous une cible dans la rue....Mais cela coûte, à un système libéral qui caricatura facilement, et prônera « la liberté » de l’individu, et son droit à disposer de lui, sans entrave, en toute démagogie, même quand l’individu n’est plus en capacité d’assumer la moindre de ses libertés. Le but étant de fermer les hôpitaux, l’aide, et d’envoyer les malades se faire pendre ailleurs, ce qui ne manquera pas, soyez en assuré....La psy étant un modèle à ce titre, mais les soins généraux tout autant

  • Tall Tall 7 août 2018 16:36

    @velosolex


    Il en est des psychiatres que comme les plombiers ...
     Pas du tout... la plomberie est basée sur des connaissances physiques très fiables
    Il peut y avoir de mauvais plombiers, mais les connaissances en la matière sont fiables.
    Le cerveau, par contre,est encore très largement inconnu.
    Mais comme vous l’avez dit vous-même : Le monde actuel veut à tout prix des réponses.
    Et c’est bien la motivation du systémisme que je dénonçais dans mon com’ précédent.
     
    Enfin, quant au fait de remplacer l’internement par la prison, c’est bien mieux pour le sujet.
    Car son image sociale en sera moins dégradée, et à ses propres yeux aussi.
    Enfin, en prison, rien n’empêche la camisole chimique ou la consultation d’un psy

  • Tall Tall 7 août 2018 16:53

    ( suite du com précédent ) Sans oublier la condition n°1 d’une psychothérapie réussie : le volontariat du sujet.

    Or, en prison, rien ne l’oblige à consulter un psy et ça ne raccourcira pas sa peine. C’est donc du volontariat de sa part.
    Tandis qu’en HP, comme il y a été mis de force, le jeu est faussé : on peut le soupçonner de ruser pour sortir + vite.

  • velosolex velosolex 7 août 2018 18:05

    @Tall
    L’image du plombier était une image générique évidemment qu’on aurait bien tort de prendre au pied du mur. Faut il dire plus simplement que dans tous métiers, on trouve des bons et des mauvais professionnels....En prison, c’est vrai, on trouve pas mal de malades mentaux. Le problème, c’est que ceux qui ont un traitement, peuvent le refuser, arguant de leur liberté alors qu’en hôpital, on peut leur imposer. Voilà la loi. 

     Evidemment le médicament n’est qu’un aspect de la prise en charge. Les prisonniers adressés parfois en séjour psy, ( pour diagnostic ou évaluation, voir séjour de rupture, en cellule fermée bien qu administration, en son absence, poussera la démagogie d’affirmer que ce sont ds patients comme les autres, même si vous ignorez tout de leur CV et qu’en l’occurrence de les accueillir à coté de la chambre d’une gamine n’offre aucun risque de fugue ou autre passage à l’acte sur les autres pour un pro comme vous ...) sont ceux qui présentent souvent le plus de problèmes de comportement, surtout en terme de violences, pour les matons. 
    On comprendra aisément que des psychotiques ne seront jamais adressés, s’ils ne sont pas violents... Qu’en à l’image dégradée par un séjour psy, je vois que vous datez un peu, et que vous ne connaissez pas le terrain. Les clichés ont la vie dure. 
    Une réalité : Entre les gens qui viennent d’eux mêmes, et qu’on met à la porte le lendemain, et les familles pensant qu’on peut interner facilement un de leur proche, car les dérangeant, et qui sont très déçus, et les autres pensant qu’on va les garder à vie, il n’est pas facile de parler de cet espace où les pathologies les parcours sont si différents les uns des autres, et il faut faire sans cesse de la place pour l’accueil..
    Sur le pavillon accueillant 21 patients où je travaillais en accueil, la moitié des patients était renouvelée chaque semaine, et seuls les cas de psychose profonde ou avait une durée de deux à trois mois d’hospitalisation environ. Un téléphone dans une main, une perf dans l’autre, avec des risques de suicide à tous les étages et autant de pétage de plomb, voilà souvent la réalité de la psy, loin des bouquins de Foucaud....Une fracture, deux ou trois blessures, au cours de ma carrière, et pas mal de frayeurs, une blaguer. Le pire ce sont les suicides... En dehors de cela un métier que je ne regrette pour rien au monde, comme la majorité des soignants qui travaillent dans ce domaine, où l’on apprend énormément sur soi, et sur les autres. L’hopital de fous n’est simplement pas celui qu’on croie

  • velosolex velosolex 7 août 2018 18:20

    @Tall
    « Tandis qu’en HP, comme il y a été mis de force, le jeu est faussé : on peut le soupçonner de ruser pour sortir + vite. »

    Le patient qui a un problème avec la justice retourne en prison s’il relevait auparavant de celle ci. L’hospitalisation psy n’étant pas décompte de sa peine à purger. Parfois il arrive que certains simulent la folie, croyant échapper à la loi...C’est comme si vous tentiez de convaincre un mécanicien que vos freins font du bruit, en sifflant....Ca ne trompe personne dans ce milieu. Il n’y a pas de « donc » dans ce domaine. Juste des évaluations pertinentes et des expertises croisées ; de même ce n’est pas parce qu’un patient demande une psychothérapie et y est fidèle qu’il est sincère. 
    Tentative récurrente chez les pervers et les paranoïaques qui adorent manipuler leur monde, c’est le premier de leur plaisir, pour tenter d’obtenir des bénéfices et regonfler leur ego. 
    Une hospitalisation en psy ne change donc rien à la rigueur de la loi. C’est l’avis d’un expert qui est déterminant, indépendamment d’une hospitalisation. Faut il rappeler que la palette des personnes hospitalisés en psy est très large, puisqu’elle va des troubles du comportements liés à l’adolescence, à celles liées aux toxiques, à la dépression, et aux psychoses. Les maladies dégénératives genre Alzheimer ne sont plus pris en charge en psychiatrie maintenant. 


  • Tall Tall 7 août 2018 18:59

    @velosolex

     
    En prison, c’est vrai, on trouve pas mal de malades mentaux

    Faux : la haine, la misanthropie ou + généralement le conflit avec autrui ne relève pas de la maladie mentale. Il suffit de bien taper sur la tronche de n’importe quel jeune cerveau biologiquement normal pour en faire un adulte haineux. Et là je simplifie, car il existe bien d’autres types de conditionnements affectifs précoces qui peuvent pousser au rejet de l’autre. Et souvent, ces conditionnements précoces ne sont que les détonateurs de cycles d’actions-réactions auto-aggravantes. Et l’internement n’arrange rien.
    En prison, le salopard reste un homme ... tandis que traité de « malade mental » il devient un sous-homme ... « untermensch » comme disaient les nazis qui ont justement expérimenter le gazage de masse sur eux, bien avant les juifs
     
    Vous ne faites que justifier le choix de votre job.


  • Tall Tall 7 août 2018 19:10

    Vous ne faites que répéter tout ce qu’on vous avez appris sur la psy à l’école, et c’est très largement de la couille en boîte. Désolé.


    A votre décharge, vous n’êtes pas responsable que l’on vous ait enseigné des tas de couillonnades sur le sujet, vu l’ignorance qui règne encore sur le fonctionnement du cerveau en ce début de 21e siècle.
     
    D’ailleurs, vous en avez donné le motif profond : la société veut des réponses ...même et surtout quand on n’en a pas.
     
    J’arrête ici .... sans rancune

  • Tall Tall 7 août 2018 20:22

    Allez, juste un dernier pour la route : s’il y a bien quelque chose d’essentiel dans le cerveau, ce sont les neurones ...or, pendant plusieurs générations, on a répété dans toutes les universités du monde que les neurones mourraient et ne repoussaient jamais.

    Or, on a appris il y a quelques années que non : c’est tout faux. des neurones peuvent renaître et se multiplier comme des petits lapins.
     
    Bye

  • alinea alinea 8 août 2018 20:26

    @Tall
    mais la maladie mentale n’est pas innée ni héréditaire ; elle est exactement comme tu dis : un trop plein de bons traitements en des temps où le sujet n’a guère de moyens de défenses ! Du reste on peut rendre quelqu’un fou même à un âge avancé !


  • V_Parlier V_Parlier 7 août 2018 09:40
    J’espère que sur ce coup là des tordus ne vont pas trouver le moyen d’invoquer des « principes judéo-chrétiens » dans ces procédés on ne peut plus païens, en partie très « modernes »(*) si j’extrapole les discours de NVB qui ne rentrait en extase que si le nombre d’avortements augmentait dans le pays.

    • Fergus Fergus 7 août 2018 10:53

      Bonjour, V_Parlier

      En l’occurrence, les « principes judéo-chrétiens » n’étaient pas en cause, bien que le père de Christian Keller, lui-même psychiatre et fondateur du premier Institut Keller à Brejning, ait porté sur la médecine mentale un regard fortement influencé par sa culture théologique.

      Ce n’était pas le cas de son fils qui croyait à la nécessité d’une approche hygiéniste, sans rapport avec la religion. Mais il est évident qu’à l’époque la pression de la société et de la classe bourgeoise dominante ne pouvait pas être totalement indépendante de la pensée induite par les principes religieux. Une pression qui valait également pour les magistrats appelés à statuer sur la déportation des jeunes femmes concernées (et des hommes à Livø).


    • Gisyl 7 août 2018 11:46
      Dans les foyers actuels pour femmes handicapées mentales, on ne stérilise plus et on n’avorte pas mais c’est uniquement dû au progrès de la pharmacopée moderne. On introduit des batonnets contraceptifs dans le bras des filles, qu’elles le veuillent ou non.


      • Fergus Fergus 7 août 2018 12:16

        Bonjour, Gisyl

        Je ne connaissais pas cette pratique. Y a-t-il un encadrement juridique ?


      • eric 7 août 2018 12:41

        @Gisyl

        Tout a fait. Et à priori, heureusement. J’ai une parente trisomique, peu autonome, mais à la sexualité très épanouie. Je ne la vois pas trop élever ses enfants avec le papa ayant le même degré de dépendance. Et ce, quel que soit leur propre état de santé.

        D’un autre côté, pour les progressistes, il y aurait une piste interessante pour faire face à la pénurie d’enfants adoptables et de volontaire pour GPA « gratuites » dans le contexte de leur droit à l’enfant pour tous.

        En effet, l’état des impétrant ferait qu’ils seraient immédiatement déchu de tous droits parentaux. Leur progéniture serait alors disponible.

        Chantal Delsol a raison : le progressisme est un retour à la barbarie. Avant Jésus, toutes les sociétés connaissaient en gros l’élimination des enfants pas aux normes, l’euthanasie « volontaire » des vieux, l’esclavage, la transformation des « fous » en boucs émissaires et les droits des plus riches et des plus forts dans les domaines sexuels et procréatifs.

        Eugénisme, mariage des tous, GPA pour tous, immigration massive mais clandestine ( c’est à dire avec le moins de droit possible pendant le plus longtemps possible dans la plus grande dépendance possible des services publics et para publics). Confusion entre genres, normalité et anormalité, etc... Le tout aux frais des contribuables ( le mariage des tous est essentiellement une nouvelle niche fiscale).

        Dans nos hôpitaux psy. des agents assez médiocres, mettent en pratique les idées de Foucault mal comprises. « Il n’y a pas de fous, c’est la société qui est malade ». La société ? Sauf eux ...Et le droit d’une trisomique à mettre au monde des enfants dont elle ne peut s’occuper, le droit des schizophrène à un max de liberté sans égard pour les risques, et hardi petit. J’ai encore un cas récent. Ouai, on et tous « malade ». Mais on ne tente pas tous de jeter des gens par la fenêtre, et les psy qui ont insisté sur la liberté du malade se gade bien d’assumer leur responsabilité.

        Les pensée de gauche changent perpétuellement mais restent toujours cohérentes dans leur résultats totalitaires.


      • zygzornifle zygzornifle 7 août 2018 14:20

        @Gisyl


         On introduit des bâtonnets contraceptifs dans le bras des filles, qu’elles le veuillent ou non.

        Des bâtonnets dans le bras pour pouvoir introduire des saucisses ailleurs ....

      • velosolex velosolex 7 août 2018 16:07

        @eric
        Où avez vous péché de telles absurdités ?.....Je doute assez que les idées fumeuses de Foucaud sur la psychiatrie soient reprises par le personnel des hôpitaux psy. 

        Car eux ont la promiscuité de la maladie mentale, tiennent les théories absconses des philosophes issues des années 70, passées depuis longtemps de mode déjà dans le grand public, en auraient eu à leur apprendre. 
        L’apprentissage de la maladie au travers du réel fait référence et loi...
        C’est cela qui vous structure. : La pratique, le contact, la responsabilité de ceux qui dépendent de vous, comme les parents le font envers leurs enfants.... Ce n’est pas un sociologue qui va apprendre à un marin d’où vient le vent et à tirer des bords. C’est le breton qui vous parle !
        Qui serait assez fou et irresponsable pour laisser une gamine psychotique plus ou moins nymphomane au contact d’un pervers ?...
        Il en serait de sa responsabilité évidente devant les tribunaux, tout simplement..La simple non assistance à personne à danger précise ce genre de pratique.
        .Le danger vient le plus souvent de l’administration qui considère parfois qu’un malade en vaut un autre, et qu’il n’y a pas lieu de les différencier, dans une belle hypocrisie soutenue par l’économie,. stricte, celle qui vise à fermer des lits, des services, des hôpitaux, pour revenir à l’asile d’autrefois. 
        Plus d’hopitaux, plus de malades.....

      • eric 7 août 2018 16:31

        @velosolex

        Que dalle ! C’est le médiateur de l’hôpital, région Paris, ancien patron, qui nous a annoncé triomphalement comment il avait introduit Foucault. On lui a signalé que notre expérience comme famille, et le diagnostics des médecins précédents était que le patient était incapable de suivre son traitement de façon autonome, que ses collègues nous avaient affirmé que « pas de problème, qu’il vive seul, nous suivrons », et qu’il a finit, lors d’une crise, en rupture de traitement, par tenter de jeter deux personnes par la fenêtre, avant de fuir à poil en ville et d’être ramassé par la police pour être débarqué à Sainte Anne aux urgences.
        Et c’était il y a deux ans.
        On a fait appel à lui car le médecin traitant nous proposait des rendez vous dans les 6 mois pour des questions urgentes concernant directement le tuteur légal..
        Et quand j’ai émis l’idée qu’un tentative de meurtre, cela relevait de la justice, il nous a clairement affirmé que leur politique était de rompre tout contacte avec la famille, le tuteur, en cas de recours à des la justice pour faire valoir les droits de la tutelle.
        Et je vous en passe.
        Aujourd’hui, pour avoir été confronté aux deux système, je constate que le réceptif est meilleur en France, mais l’approche médicale supérieure en Russie.


      • velosolex velosolex 7 août 2018 17:38

        @eric
        Je comprend mieux. Mais qui c’est ce charlot de médiateur ?...Un médecin qui flirte avec toutes les instances préfectorales ?...Un démagogue qui participe à l’entreprise de démolition de la psy...Une réalité : On ferme des services, on met des malades à la rue, quand on ne les met pas en tas dans les couloirs. Les infirmiers du Rouvray, se sont mis en grève de la faim il y a quelques mois pour protester contre ces aberrations....

        Foutre un patient dehors qui a besoin de soins, en citant Foucaud, c’est se foutre du monde. Se faire passer pour un humaniste alors qu’on est un beau salaud, un apparatchik mandaté par les instances. 
        Les appartements thérapeutiques, le suivi au domicile, pour les cas évidemment auxquels cela pouvait s’intéresser ont été abandonné. 
        Souvent ce sont des infirmiers libéraux maintenant qui donnent les medoc aux patients, sans les connaitre, et même parfois sans les voir...Une réalité en psy comme pour le reste : On fout les patients dehors, et ensuite on légitime, sous un vernis humaniste et démagogue, transforment le mépris du patient, en liberté retrouvée...



      • eric 7 août 2018 17:48

        @velosolex
        Oaui, en revanche, ils sont tous très à gauche, le seul journal disponible dans les services aux frais de la princesse est libération. Quand au fric, ils se déplacent par trois ou 4 un peu partout pour toute démarche. Les aides au malade lui même permettent aux fonctionnaire de travailler énormément compte tenu de la paperasserie nécessaire.
        Todd l’a montré. Un euro transféré dans le social, a un coût de fonctionnement de un euro. On Paye un euro de fonctionnaire pour parvenir à donner un euro à un pauvre. Et c’est le plus mauvais ratio d’Europe.
        Vous remarquerez que oui, il y a moins de place, mais le nombre d’agents à statut lui, reste stable, abondé par les précaires et intermittents de plus en plus nombreux ; Je me souviens d’une nuit aux urgence à Saint Anne ou le service était assuré par un Roumain médecin de formation, mais relégué au salaire et conditions de travail d’infirmier sans statut.
        Le moyens augmentent, mais les possibilités se limitent. Pas celles des personnels.

        La révolution immobilière en France depuis 1891, c’est que ces gens ont pue devenir propriétaires de leurs logements. En revanche, oui, il n’y a pas beaucoup d’appartements médicalisés.


      • velosolex velosolex 7 août 2018 18:31

        @eric
        Il n’y a rien à répondre à ces élucubrations. Juste un article du « point », journal très à gauche comme chacun sait. Credit en berne, fermeture d’unités entières.....

        La grande misère des hôpitaux psychiatriques - Le Point

        La seule réalité est celle des chiffes, et la ligne de crédit de la psy parent pauvre de la santé, qui est elle même le parent pauvre de l’état, sont révélateurs.

        Et qu’est ce Todt , avec sa blouses blanche de pied nickelé vient foutre la dedans ? 

        A t’il seulement vidé un urinoir de sa vie ?


      • Gisyl 7 août 2018 19:31
        C’était juste un constat sans jugement de valeur.

        Vous vous montrez un peu trop venimeux et hors sujet dans votre réponse

      • eric 8 août 2018 16:36

        @velosolex

        Le rapport du Sénat, c’est qu’on a supprimé 35 000 places en hôpitaux, depuis les années 60. L’explication théorique est justement le « dés-enfermement », tellement mieux.... Le résultat pratique est qu’avec un pourcentage croissant d’un pib croissant, et des lits en moins - ce qui coûte le plus cher- la qualité, de l’avis des syndicats, n’a pas arrête de se dégrader.
        La charge est reportée sur les patients ou les familles. Le nombre de Psy, toujours d’après le rapport n’a pas baissé. le nombre de pathologies prise en charge a explosé : peur d’avoir le sida, addiction aux jeux, et prise en charge des pathologies « parfois présentes depuis plusieurs génération » spécifiques aux migrants..."

        Compte tenu de la part du coût des hospitalisations dans le total des coûts, les moyens disponibles de la psychiatrie se sont accrus considérablement par patient traité.

        A nouveau, le principal résultat est que comme les autres catégories de personnel du service public, ceux de la psychiatrie sont devenus propriétaires de leurs logement ; Salaires corrects, garantie de l’emploi, accès privilégié à l’emprunt et aux bonnes locations.


      • alinea alinea 8 août 2018 20:50

        @eric
        Permettez-moi de vous interrompre sur un détail : libération, à gauche ? Vous parlez d’il y a cinquante ans ?


      • Ciriaco Ciriaco 8 août 2018 22:09

        @velosolex
        « Ce n’est pas un sociologue qui va apprendre à un marin d’où vient le vent et à tirer des bords. C’est le breton qui vous parle ! »


        La bretagne est une très belle région et si je pouvais choisir ma retraite c’est assurément là-bas que j’irais !

        Mais, pour parenthèse, on ne peut pas dire cela de Foucault. Non pas que je veuille vous taper sur les doigts (lol), juste rehausser l’intérêt de son analyse. C’est d’abord sûrement plus une approche d’historien qui l’anime, plutôt que de sociologue. Elle peut être mal comprise par quelques gauchistes affolés épris de libertarisme radical, c’est certain. Mais Foucault, qui a passé plusieurs années dans les hôpitaux et les prisons et qui n’était pas un imbécile, disait sans hésitation que sa critique ne pouvait être une réponse morale. La distance temporelle permet maintenant de saisir l’important, d’autant que son écriture est d’une clarté exceptionnelle.

        Foucault fournit des outils qui permettent de mieux percevoir les mécanismes du pouvoir. Non pas centralisé comme on a coutume de le penser, mais institutionnalisé, dans le sens de ce qui régule les rapports et les situations.

        Ce sont des éléments de culture générale extrêmement pertinents - je dirais de citoyenneté - si on veut mieux comprendre certaines implications, comme par exemple le rapport des institutions aux sciences dans la question de la normativité d’une société. Ce qui est on ne peut plus d’actualité dans un siècle qui s’annonce très savant, très technologique et très fracturé.

        Une connaissance qui permet de voir venir et de se positionner pour faire des choix politiques, à l’heure où une technocratie d’élites tendrait à décider tout en haut, en tout, et pour tout. On peut avoir une idée de ce que peut devenir un pouvoir normatif (employabilité, éducation, justice, ...) armé d’une connaissance incroyablement précise en feuilletant par exemple le DSM-5.

        Foucault nous tient en vigilance. Je referme la parenthèse, en revenant à votre généreux article, témoignage d’une époque terrible où le « fou » n’avait pas même le statut lié à la maladie. Combien de souffrances ont dû être endurées !!

      • eric 9 août 2018 12:24

        @alinea
        Exactement ! Et comme l’essence même de toutes les gauches est un conservatisme extrême, et bien cl reste le « lieu » d’expression de toutes leurs nouvelles théorisations de l’ancien.
        Ainsi, il y a eu récemment un article sur la « vallée des saints », digne de celui des intermittents du spectacle il y a genre 15-20 ans, ou ces gens se définissaient comme « ceux qui donnent du sens » à la société... ,et qui donne l’état de l’art de l’anticléricalisme betassous, de l’immense prétention intellectuelle et culturelle de ces milieux.
        Il ne faut pas oublier qu’avec le Monde, et le Nouvel Obs. les inrocks, et autres machins subventionnés en direct et indirect, ce sont les organes de ceux qui octroient subvention, intermittences et RSA choisit aux « vraiment à gauche »...


      • jaba 7 août 2018 13:15

        Vite ! une cellule psychologique !



        • Fergus Fergus 7 août 2018 13:25

          Bonjour, jaba

          Pour qui ?


        • jaba 7 août 2018 14:22

          @Fergus

          Pour tout ceux qui ont été explosé a des propos franchement eugéniste sans protection opérateur ni aucune forme de balisage, mise en garde, avertissement. Touuut vas bieeeen, il n’y a aucuuuune stérilisation de masse. Vous êtes toutes ou presques stériles par hasard. On n’extermine pas les trisomique, on ne tue pas a 8 mois pour des becs de lièvres ou des doigt manquant.

          ++


        • zygzornifle zygzornifle 7 août 2018 14:18

          Bah Macron a bien stérilisé le cerveau des mougeons pour se faire élire et ça a marché , ils sont encore prêts a recommencer .....


          • Fergus Fergus 7 août 2018 14:46

            Bonjour, zygzornifle

            Ne soyez pas pessimiste, vous êtes là pour réveiller les consciences. smiley


          • Jelena Jelena 7 août 2018 14:37

            Si en France, on mettrait tous les fous sur une ile, il n’y aurait plus grand monde sur Avox.

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