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Accueil du site > Tribune Libre > Théorie du PCRA (Plan Cul Régulier Affectif)

Théorie du PCRA (Plan Cul Régulier Affectif)

« Il y a dans ma génération une sorte de blase. L’absence d’idée du bonheur. La conscience des illusions. Le couple est un concept qui nous dépasse, l’amour une chose qu’on souhaite éviter. A Paris, comme ailleurs, mais dans toute la démesure dont cette ville est capable, il y a ces gens qui couchent ensemble, vont au resto ensemble, passent de bons moments ensemble, mais ne sortent pas ensemble. Factuellement, pourtant, c’est une relation ». Cette citation d’un beau post de stagedoor dessine parfaitement le contour de ce qui sera notre objet de réflexion : le PCRA ou Plan Cul Régulier Affectif.

Dans une émission de France Inter tout ce qu’il y a de plus convenable, j’ai entendu il y a quelques mois une animatrice évoquer une notion que j’ai pris comme une claque tant elle formule brutalement une réalité dont je n’avais pas mesuré ni l’acuité, ni l’étendue.
 
« Plan Cul Régulier Affectif », prononcé dans un grand éclat de rire par une belle voix féminine sur une radio officielle, il n’en fallait pas plus pour que je prenne la chose au sérieux et décide d’aller voir de quoi il retourne.
 
Mais je ne suis pas un journaliste, plutôt un théoriste. C’est-à-dire que je ne peux pas m’intéresser à quelque chose sans m’efforcer de le comprendre du mieux possible. Ce qui suit est donc une construction, un modèle, plutôt qu’une enquête à proprement parler.
 
La question à laquelle je vais m’efforcer de répondre c’est le « pourquoi ? » (tout cela) que stagedoor a laissé en suspens à la fin de son post. Je m’empresse de préciser que ce dernier me paraît beau en raison de la lucidité dont il fait preuve comme de son efficacité à cerner l’objet du problème. Il va de soi que la situation décrite n’est pas belle, elle est même un peu affligeante.
C’est pour cela que je tenterai ensuite de répondre à la question qui me paraît découler naturellement : « qu’est-ce qui manque ici ? » pour proposer une alternative au PCRA qui fera apparaître celui-ci pour ce qu’il est : une forme de résignation acquise qu’il s’agit de reconnaître en tant que telle pour se donner les moyens d’en sortir, comme on décide de sortir d’une dépression.
 
Essayons tout d’abord d’avoir une idée plus claire de ce qu’est le PCRA. Prenons la définition encore un peu brute de coffrage de Zara : « En gros un PCRA ce serait : on s’apprécie, on couche ensemble, on va au ciné ensemble, on se fait des câlins, on va au resto, on ne fréquente pas d’autres personnes, etc… MAIS, on ne forme pas un couple. »
 
Il y a plusieurs idées ici, essayons de les démêler. Tout d’abord, dans le PCRA, contrairement au PC (Plan Cul), l’autre n’est pas, comme le formule férocement ra7or, un simple objet de consommation sexuelle, un sex toy, verge ou vagin, avec éventuellement l’option bras. Les affects y sont bienvenus car légitimes. C’est l’ensemble de la personne qui est apprécié et pas seulement ses caractères sexuels.
 
Ensuite, ce qui distingue un PCRA d’une relation de couple, c’est l’accord (explicitement consenti ou non) sur le fait qu’il ne s’agit PAS d’une « relation » au sens de ce qui fait lien, qui attache. Il y a accord sur une « non relation » acté par le fait que les deux partenaires se rencontrent et échangent comme dans une bulle… :
1. En se gardant d’y introduire tout objet ou projet commun qui engagerait et ferait lien aux yeux de l’entourage. Ils partagent seulement des choses éphémères, consommables ou immatérielles qui ne feront pas trace, c’est-à-dire, ne deviendront pas le symbole d’une relation. Faire l’amour, aller au cinéma, au restaurant, à la plage, en promenade, ou même en voyage, tout cela peut, en principe, entrer dans le cadre du PCRA car une fois que les partenaires se donneront le kiss goodbye, ils pourront partir sans que rien ne les rattache à ce qui fut. Les « objets » stables et caractéristiques de la vie conjugale (maison, enfant, voiture, famille, amis, album photo, etc.) sont a priori exclus du PCRA.
2. Et en faisant comme si l’extérieur (de la bulle) n’existait pas :
o L’entourage est tenu à distance car il validerait la réalité de la relation.
o L’autre y fait ce qu’il veut. La rencontre ne tenant qu’à un consentement mutuel dans l’ici et maintenant. Ceci rend a priori illégitime toute demande de fidélité. Quel que soit le besoin éprouvé sous ce rapport par l’un ou l’autre des partenaires, s’il consent au PCRA, il ne peut que le taire. Si cela ne lui est pas possible, un PCRE, c’est-à-dire, un PCR Exclusif pourra toujours être proposé.
 
Pour filer la métaphore philosophique, on pourrait donc dire que le PCRA est une sorte de relation « zombie » ou Canada Dry. Ça a le goût et la couleur d’une relation de couple, mais ça n’en est pas une.
 
La question est maintenant de savoir pourquoi il existe quelque chose comme le PCRA !?
 
Les principales raisons que l’on peut imaginer me paraissent être les suivantes :
1. Le PC ne peut être que rarement satisfaisant. Car pour cela, il conviendrait d’être sûr que l’autre est vraiment demandeur de cette situation où il/elle se trouve réduit au statut d’objet sexuel. Si cela n’est pas certain et, pire encore, si l’on sait que ce n’est pas ce que l’autre désire véritablement, l’acte satisfera un besoin physiologique au prix d’une violence psychologique faite à l’autre et, par effet boomerang, à soi-même. Seules les personnes à fort besoin physiologique et faible empathie peuvent se satisfaire longtemps d’un mode de rapport qui exploite la fragilité de l’autre pour se l’asservir sexuellement. Bien sûr, on peut, en principe, imaginer un PC entre deux personnes également désireuses de se limiter à l’instrumentalisation sexuelle réciproque, mais dans les faits il est probable que le consentement au PC d’un des partenaires sera basé sur une logique du « c’est mieux que rien » lui laissant espérer un changement dans l’attitude de celui qui, en définitive, impose, immoralement, le PC.
2. Dans le contexte du processus d’individualisation qui caractérise les sociétés occidentales, la fiction sociale du couple marital est en train de s’écrouler par la force même de l’idéalisation dont elle est porteuse et qu’elle a pu contenir seulement un temps, à présent révolu. Les institutions n’ont plus le pouvoir de cantonner l’individu à la place de simple rouage d’un processus de reproduction sociale. Ce dernier s’est progressivement affirmé comme sujet désirant jusqu’à la « toute-puissance » et, porté plus que jamais par l’idéal romantique, il espère l’âme-sœur avec une obstination proportionnelle à son narcissisme. Cette quête d’idéal — qui s’affirme paradoxalement et avant toute chose dans le nombre grandissant de divorces, c’est-à-dire, le refus d’un quotidien qui n’est pas à la hauteur de ses attentes — place le sujet de plus en plus à distance vis-à-vis du concret car, au travers de ses expériences, c’est-à-dire, de ses échecs passés, elle le rend de plus en plus expert dans le repérage de ce-qui-ne-me-va-pas-chez-l’autre et le maintient dans une attitude qui constitue un parfait obstacle à la réalisation de son rêve. Mille petits nons naissent en lui quand il ne vit que pour le moment où, de tout son être, jaillira un grand OUI. Mais comme l’individu idéaliste a lui aussi des besoins à satisfaire ici et maintenant, il est naturellement porté à s’inventer des solutions d’attente pour « vivre » quand bien même ce ne serait pas l’idéal. Le PCRA lui permet de se procurer des satisfactions sexuelles et affectives sans compromettre la réalisation de son idéal. Faute de grives, le libre sujet, désirant mais idéaliste, que nos sociétés produisent, se résout à croquer du merle. Mais en prenant toutes les précautions pour rester sans attache et disponible à l’espoir du « perfect match ».
3. Le PCRA peut être relativement satisfaisant car l’autre ne s’y trouve pas réduit à un sex-toy, un objet sexuel. Le partage de « bons moments » est beaucoup plus large que le simple coït et peut couvrir quasiment tout ce qui fait le meilleur de la vie de couple — à l’exception notable de ce qui constitue l’essence de la vie de famille, mais cela ne pèse guère car les vicissitudes de celle-ci font que souvent les couples se « retrouvent » quand ils en sont éloignés. Le soupçon d’instrumentalisation de l’autre à des fins sexuelles est levé par cette diversité et par un partage émotionnel qui semblent traduire une attention à la personne.
 
Bien que ceci dépeigne un tableau assez affligeant qui, comme l’écrit stagedoor, est source d’« une sorte de blase » dans les générations montantes, ce sont les raisons « positives » qui, me semble-t-il, contribuent à l’existence même du PCRA.
 
Il est d’autres raisons, que je qualifierais de « négatives » en ce sens qu’elles font obstacle à ce que, pour imager la chose, je propose de considérer comme un processus de traversée d’une rive à l’autre du fleuve de Tendre, le pays de l’amour.
Le PCRA, si vous voulez, apparaît comme le lieu où les personnes engagées dans cette traversée s’arrêtent parce qu’elles ne savent pas comment aller plus loin, de sorte qu’elles se retrouvent de plus en plus nombreuses, coincées au beau milieu du gué.
Cette situation ne peut, en aucun cas, se révéler satisfaisante. Il convient en effet d’achever la traversée. Mais pour cela, encore faut-il... :
(a) comprendre de quelle traversée il s’agit,
 et
(b)avoir une vision claire de la rive à atteindre.

C’est ce à quoi nous viendrons dans le prochain article.


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69 réactions à cet article    


  • aloha aloha 28 mai 2011 09:55

    Bonjour LLS,


    Intéressante étude d’un de ces nouveaux concepts de vie qu’il faut absolument, je suppose, suivre pour être dans le « move ».

    Bof... Je trouve que tout ceci est en rapport direct avec une société se voulant individualiste au possible, axée sur la facilité et qui au final mène à perdre les valeurs essentielles du sens humain.

    C’est, tout compte fait, terriblement ennuyeux, sans relief, chiant à mourir...

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 10:27

      Bonjour aloha,

      « Intéressante étude d’un de ces nouveaux concepts de vie qu’il faut absolument, je suppose, suivre pour être dans le »move« .


      Je ne sais pas. Il y a bien un courant de fond, mais seul l’avenir dira s’il en a un (d’avenir). Pour ma part, je ne souhaite pas tant que cela devienne une tendance mode (car il y a côté désespéré dans le PCRA que tu as bien perçu) que de favoriser une révolution dans les relations amoureuses par la prise de conscience de leurs enjeux fondamentaux. L’idée qui apparaîtra avec les articles à suivre, c’est qu’il faut aller plus loin que le PCRA. Mais peut-être était-il nécessaire d’en passer par là ?

      Je vise ainsi clairement une stratégie du choc à la Naomi Klein et c’est pourquoi j’ai conçu un logo, le L’OVE, destiné à promouvoir cette révolution par la provocation, en révélant l’ »envers des choses" smiley.

      Il s’agit d’un coeur renversé qui, en révélant une nouvelle signification, suggère bien la somme de faux-semblants sur lesquelles sont basées les vies de couple actuellement.

      Ceux qui voudront soutenir ou militer pour cette stratégie du choc pourront trouver des supports dans ma boutique.

      On m’accusera d’être mercantile, mais lisez un peu, les révolutions ne se font pas sans biscuits. Donc j’assumerai les critiques sans broncher.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 10:29

      Je précise, ma boutique s’appelle L’OVE REVOLUTION. Tout un programme... smiley


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 mai 2011 10:34

      Bonjour,

      Posez vous donc la question pourquoi en pleine campagne du G20, vous faites ici votre G2, essayant ainsi de fixer avec vos commentateurs zétrices, les statuts du meilleur compromis...vous n’avez pas fini de vous justifier par écrit pour trouver la meilleure formule à vos yeux, sachant que vous devez vous ouvrir sur un site de rencontre au cœur qui cautionnera ce type de contrat, puis viendra le temps de la rencontre et l’échange oral stipulant l’accord et scellé par la pratique du lit. Mais méfiez vous quand même de l’amante religieuse.

      j’ai trouvé ce bout explicite sur le premier lien « On ne se dit pas je t’aime, ou tu comptes pour moi. » je trouve qu’il résume toute la problématique à lui seul. C’est Brel qui en parle le mieux,« chez ces gens là monsieur, on ne compte pas, on aime » http://www.frmusique.ru/texts/b/brel_jacques/cesgensla.htm d’ailleurs aujourd’hui on peut entendre « je te calcule » ou « tu m’intéresses », ce qui est un langage purement boursier ou banquier. C’est l’époque qui le veut !


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 10:53

        Bonjour Lisa SION 2

        Je sens un brin d’irritation dans dans ton ton. Me trompè-je ?

        Je suis d’accord qu’on calcule de plus en plus.
        Les zuniens sont les champions. Ils font même des films (avec Zeta-Jones et Clooney) centrés sur les « contrats de mariage ».

        Mais, précisément, dès l’origine, le mariage a été un contrat.

        Et jusqu’à preuve du contraire, ce qui fait tenir les gens en paix, c’est d’avoir un contrat (social ou autre) et d’en respecter les termes.

        Donc oui, je crois que les couples se libéreront du conflit permanent et de la violence associée quand ils sauront s’accorder pour construire, en conscience, un agréement mutuellement respecteux.

        C’est ce que je vais essayer de faire apparaître dans la mesure de mes moyens.


      • Ariane Walter Ariane Walter 28 mai 2011 12:11

        Quel adorable article ! Quel plaisir de lire ça ! je l’ai découvert en modé avec jubilation !
        Oui, un zeste de mélancolie parfume le tout , bien sûr...

        En fait en matière de rapports hommes -femmes ce que je préfère c’est la vie des Miaos.
        le sexe est libre.
        Les enfants appartiennent à la famille des femmes.
        ce sont les oncles qui sont les pères.

        Ainsi, jamais l’enfant ne vit dans une famille déchirée. (sauf chez l’oncle Sam !! mais c’est un autre problème !)

        Quant aux hommes et aux femmes ils se rencontrent quand ils veulent dans un éternel romantisme.
        Les pères ne sont pas pères ?
        Si !
        Quand ils sont oncles !!
        C’est le système qui protège le plus les enfants et la liberté amoureuse. Qu’attendons-nous ???

        Ah ! Oui ! Les frères et les soeurs ne vivent plus ensemble ! Zut !!!
        je vais être obligée de me rabattre sur le P.C.R.S.E.H (plan cul, romantique, sensuel, esthète et humoriste ! tant qu’à faire ! )


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 13:59

          Bonjour Ariane

          Merci pour le compliment, ça fait plaisir.

          Mélancolie ? Pas au sens psychiatrique j’espère ! smiley
          Je pense qu’il y a en effet quelque chose de dépressif et de déprimant dans l’immaturité des relations de couple actuelles.
          Et je suis bien d’accord qu’un système matriarcal, parce qu’il est fondamentalement respectueux des femmes, offre bien des avantages.
          Notamment ce dégagement de la relation vis-à-vis de la charge parentale, qui ne disparaît pas, heureusement, et est assumée autrement.
          Mais comme, en effet, les frères et soeurs ne vivent plus ensemble (et ne le souhaitent pas sans doute), il faut trouver autre chose pour l’Occident.
          D’où ma tentative pour creuser la question.

          Le PCRSEH sera-t-il une solution intéressante ? Il faudra écrire à ce sujet ! smiley


        • easy easy 28 mai 2011 12:26

          Il y a les faits, et il y a le verbe qu’on met dessus. Et le verbe, à force de définir les faits, les fait.

          Même pour l’amour courtois, le fait qu’il y ait des mots dits à son propos, à son époque, influait sur sa forme. Il est sans doute né d’une brume et comme il avait semblé faire florès, des mots avaient été mis dessus. Et c’est ainsi qu’il avait été identifié, que les gens de l’époque ont pu en parler entre eux et que le phénomène a été inscrit dans l’Histoire.

          En l’occurrence, concernant l’amour courtois, à ce que j’en sais, le verbe qui était mis dessus était positif, admiratif ; louangeur, sublimant. La transcendance que créait ce verbiage positif à son sujet formait une transcendance pleine d’espérances. Et plus ce verbe se développait, plus il sur chantait la réalité de la chose, plus il incitait les gens à performer. Ainsi, des milliers de gens s’étaient efforcés d’explorer au plus loin possible cet espace devenu célèbre et médiatique qu’était l’amour courtois verbalisé.

          Les plus zélateurs du mouvement tentaient carrément l’assag absolu mais d’autres trouvaient à s’occuper rien qu’en verbaliser la chose. Certains en parlaient plus qu’ils ne le pratiquaient tant ils gagnaient en plaisir et autorité à le verbaliser. (L’histoire aura mieux retenu les noms des chanteurs de l’amour courtois que les noms de ses meilleurs pratiquants) 
           


          Plus ça va plus on s’éloigne de l’amour courtois et l’on se débrouille autrement. Dans les efforts que font les gens pour essayer de trouver une solution viable, se dessine un mainstream (peut-être du type PCRA) et dès que du verbe est posé dessus, dès que des gens peuvent mettre des mots sur ce qu’ils sont en train de faire, dès qu’ils peuvent se raconter, ils s’autorisent, ils paraissent sûrs d’eux et du coup ce mainstream attire du monde. 

          Si ce verbe est négatif, comme c’est le cas ici, quand il n’est en tous cas pas sublimant, quand il n’invente pas quelque transcendance, il relègue la tendance à la casse, il annonce déjà qu’elle ne survivra pas. Cette tendance va certes se marquer davantage grâce à ce verbe, (des gens ensemble diront aisément qu’ils sont en PCRA puisqu’ils seront alors compris en un éclair. Ce disant, ils se conformeront encore plus à la définition qu’en donneront Marie-Claire ou Doctissimo) mais elle sera alors déprimante (Punk, gothique, étaient des mouvements qui avaient aussi sollicité un verbe, lui aussi déprimant) 

          Les adeptes du PCRA vont à la fois se sentir autorisés et voués à n’être que les représentants d’une page désespérée de notre Histoire.



          Le sublime n’est pas facile à inventer. Bien des commissaires d’expositions s’échinent pour proposer des sublimes mais si certains s’y embarquent, la grande majorité refuse et dédaigne.
           
          Il me semble que le méta sublime, la matrice première d’où naîtraient les autres sublimes se situe au niveau de l’amour qu’on porte pour sa mère, pour son père. Si déjà envers eux on n’a pas éprouvé de sentiments sublimes, on a peu de chances d’en éprouver ensuite. Et on n’est donc pas porté à accomplir des gestes sublimes. (Mettre au monde un enfant, s’en occuper, s’inquiéter plus de lui que de soi, c’est aller au-delà de soi, c’est sublime)


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 14:20

            Bonjour easy,

            Je suis d’accord, il y a les mots et il y a les choses. Et mettre des mots sur ce que l’on vit est extrêmement rassurant... lorsque les mots en question permettent l’échange et surtout l’accord entre les partenaires.

            C’est pourquoi je pense que si une personne n’a pas son horizon limité au seul PCRA, ce dernier peut procurer les bénéfices de tout accord : la paix, infiniment préférable à la tourmente des relations basées sur le malentendu, le tacite et les non-dits qui à un moment ou un autre, ne manquent pas de ressurgir.

            Peut-être que je devrais réviser mon texte en ce sens, mais je ne voudrais vraiment pas que l’on pense que les adeptes du PCRA seraient forcément sur un versant dépressif ou n’importe quoi de cet ordre là.

            Je pense simplement que le PCRA ne peut être une fin en soi. Il est donc déprimant comme il serait déprimant de devoir se tenir sur le pas de la porte plutôt que d’avancer dans le nouvel espace sur lequel elle ouvre.

            Et cet espace peut contenir du sublime, c’est sûr. Mais il ne faut pas rester sur le pas de la porte.

            Ce sublime, j’en suis bien d’accord, se retrouve le plus souvent dans la relation parent-enfant, dans l’aban-don de soi qu’elle incarne.

            Mais autant il faut se garder de placer son enfant dans la toute-puissance sans garde-fou, autant il faut convient de penser les conditions de possibilité d’un (sublime) aban-don de soi dans le couple.

            C’est ce que je me propose d’examiner.


          • easy easy 28 mai 2011 16:47



            Le don de soi (dans l’amour conjugal, dans l’amour patriotique, dans l’amour humanitaire) consiste en réalité en une projection de soi dans quelque chose qui a plus de chance de vivre plus longtemps que soi. Le sublime est surtout la seule solution métaphysique et psychologique à l’angoissante perspective de notre mort (à laquelle on ne pense plus trop quand on est ivre de sublime)

            Sans solution de sublimation, nous ne savons pas étouffer notre angoisse de mort. Mais comme le sublime est fou et conduit à bien des folies, il crée une angoisse secondaire « serais-je capable de tout donner à mon enfant, à mon amour ? Serais-je capable d’aimer l’Autre éternellement et plus que moi ? » (Les moines de Tibhrines eurent à se poser cette question quelques jours avant leur mort car, la menace étant très forte, il leur avait été proposé et même ordonné de fuir)

            Le sublime étouffe une angoisse de mort primordiale (même si je ne fais rien, quoi que je fasse, je meurs donc j’échoue) et engendre une angoisse de performance qu’on appelle pression de la réussite (dans tous les domaines). Là il ne s’agit plus de ne pas mourir physiquement, il s’agit surtout de ne pas échouer à la performance du dépassement de soi dans sa relation aux autres. L’angoisse du sublime est alors plus sociale.



            Le PCRA représente un havre possible entre ces deux angoisses. Une sorte de point mort ou plutôt de point neutre. Et ce point de repos étant autorisé par le verbe, il peut sédentariser.

            Avec le PCRA, on n’est plus seul face à la mort, on n’est pas complètement abandonné, on peut être aidé, mais on n’est pas non plus dans un engagement infini, irréversible envers un Autre (Saint Exupéry affirmait qu’on est responsable à tout jamais de ce qu’on a apprivoisé)

            Le PCRA peut donc plus facilement conduire ses adeptes au désespoir mais pas à de folles et souvent très dangereuses performances conjugales, familiales, sociales.

            Avec le PCRA, pas de guerre de Troie, pas de meurtre familial, pas de kamikaze.


            D’autre part, le PCRA permet une stratégie de vie inédite.
            Jusqu’alors, face à la problématique de la vieillesse, chacun s’assurait à la fois de la piété filiale de ses enfants et de l’attachement de son conjoint (qui vieillissait aussi)
            La vieillesse était donc aidée par elle-même et par la jeunesse de ses propres enfants (le tout dans un esprit de reconnaissance et de chaîne intergénérationnelle, parfois d’héritage

            Désormais, chacun semble moins compter sur son conjoint vieillissant, moins compter aussi sur ses propres enfants, mais davantage sur la Force Sociale pour les problèmes lourds et sur des conjoints plus jeunes pour les problèmes plus bénins.
            Les Cougouars montrent que des femmes vieillissantes préfèrent avoir un compagnon jeune (renouvelable), plutôt que des enfants et un conjoint vieillissant.

            Le PCRA s’inscrit dans cette tendance. Bien qu’il convienne à des couples de jeunes, il convient encore mieux à des couples vieux / jeune qui ne peuvent en aucune manière accéder au sublime du « A toi pour toujours ». Pablo Picasso et Françoise Gilot auraient disposé du verbe qui en supporte désormais la formule, ils auraient été enchantés d’autoriser leur relation sous couvert du PCRA.

            La formule PCRA aurait été verbalisée plus tôt, Liliane Bettancourt se serait facilement autorisée sa relation spéciale avec Banier et sa fille Françoise n’aurait pu que ronger son frein.

            Ah ouichhhh c’est que dans tout ça, dans les choix que nous faisons, il y a aussi la question du pactole, de la succession qui joue. Sans officialisation de la relation, pas de droits automatique au pactole du défunt. 


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 18:42

            Là encore, on est bien d’accord.
            Pas de sublime dans le PCRA, pas de meurtre passionnel, etc.
            Le PCRA c’est du Canada Dry, de la douce instrumentalisation de l’autre pour satisfaire des besoins physiques et psychologiques immédiats sans projection dans l’avenir, sans sublime aban-don à l’autre.
            De fait, j’essaierai de le montrer par la suite, l’autre n’existe pas dans le PCRA.
            Il est « instrumentalisé ».
            Il importe qu’il garde son statut d’objet.
            Sinon, c’est la porte ouverte aux douloureuses dérives de la passion smiley

            Pour toutes ces raisons, je pense que la relation Picasso / Gilot ne peut rentrer dans ce cadre. C’est une relation libertaire, pas un PCRA. Il y a eu relation, rencontre avec photos et plein d’autres éléments de trace. Bref, beaucoup plus d’engagement que dans le PCRA.
            Il n’y a pas de raison qu’ils n’aient touché au sublime.


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 18:47

            Non, un PCRA n’a rien à voir avec les couples banals,
            ne serait-ce que parce qu’il est convenu de NE PAS FAIRE COUPLE.

            Les tenants prennent plus que des verres.
            Ils prennent aussi leur pied, on le leur souhaite.

            Ne serait-ce, en effet, parce que la relation à l’autre est limpide, claire, convenue, circonscrite.
            Pas de prise de tête, de crise de nerfs.

            Pour beaucoup cela fait déjà des verres pleins qu’ils n’ont pas bus depuis longtemps.

            Le problème du PCRA, c’est que si on prend des verres, même pleins, surtout pleins, on les prend seul au final.

            On ne partage pas. C’est chacun pour soi.


          • guymaupa 28 mai 2011 16:01

            Vous avez défini le PCRA comme « Ils partagent seulement des choses éphémères, consommables ou immatérielles qui ne feront pas trace, c’est-à-dire, ne deviendront pas le symbole d’une relation. » Ils n’ont pas de projet en commun.
            D’après vous, « les personnes engagées dans cette traversée s’arrêtent parce qu’elles ne savent pas comment aller plus loin, de sorte qu’elles se retrouvent de plus en plus nombreuses, coincées au beau milieu du gué. »
            Vous écrivez que « Cette situation ne peut, en aucun cas, se révéler satisfaisante. Il convient en effet d’achever la traversée. »

            Pourquoi voudront-elles aller sur l’autre rive ? Cela s’inscrirait-il dans un projet commun ?
            Si cela était le cas, les personnes ne seraient plus dans le PCRA.
            Je trouve qu’il y a quelque arrogance quand vous jugez le PCRA comme non satisfaisant. Peut-être devriez-vous préciser que vous, vous ne vous satisferiez pas de cette relation.


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 19:11

              Désolé si j’ai pu sembler arrogant. Je ne suis pas à l’abri de ça. En effet, mes positions sont souvent délibérement provoc et je peux donner cette impression.

              Concernant la question très pertinente : « pourquoi voudront-elles aller sur l’autre rive », il me semble que la poser, c’est y répondre. En effet, il n’y a pas de raisons pour que ces personnes veuillent rejoindre l’autre rive, dès lors qu’elles ne la conçoivent pas.

              Mais le fait qu’elles ne la conçoivent pas ne veut pas dire qu’elles sont satisfaites. En la matière il suffit d’écouter les adeptes du PCRA que j’ai cité. Ce n’est pas moi qui invente. La meilleure preuve de cela vient du fait que ces personnes n’ont pas renoncé à l’idéal amoureux, elles sont toujours à sa recherche. Il s’avère que le partenaire PCRA, s’il comble un certain nombre de besoins immédiats, laisse complètement en suspens, en attente, le besoin d’ennamoration qui porte au sublime (voir plus haut échanges avec easy). Pour cette raison, il est possible de dire qu’il ne donne pas entière satisfaction.

              Maintenant on peut concevoir une personne ayant décidé de n’être jamais amoureuse, pour quelque raison que ce soit. Celle-ci pourra alors être complètement satisfaite par le PCRA.


            • Annie 28 mai 2011 17:28

              « la fiction sociale du couple marital est en train de s’écrouler par la force même de l’idéalisation dont elle est porteuse et qu’elle a pu contenir seulement un temps, à présent révolu. »
              Si le taux de divorce augmente, il est quand même resté relativement stable depuis plus de 10 ans. On parle d’un couple sur deux qui finira par divorcer, cela fait quand même un couple sur deux qui restera ensemble. Sans compter les divorcés qui se remarient ou les couples qui se pacsent. Et qui ont tous choisi un modèle différent du PCRA.
              Je me demande si ce modèle est répandu et s’il ne correspond pas à un type de relations qui existait autrefois sans avoir pour cela un nom.
              Cela me fait penser à la crise de l’immobilier qui s’est produite il y a quelques années en GB lorsque le nombre de femmes souhaitant vivre seules a explosé. Depuis ce chiffre s’est stabilisé, et la moitié des femmes vivant seules ont quand même une relation de couple, ou peut-être PCRA, comment savoir. Tout cela pour dire que l’assouplissement des lois et la promotion de l’individualisme ont certainement eu un impact sur la nature des rapports, mais il semble qu’il soit limité et ne dépasse pas un certain plafond. Mais je peux me tromper. 



              • Dominitille 28 mai 2011 19:22

                Si j’avais été un homme, j’aurais adoré ce concept.


                • Popov 28 mai 2011 20:21

                  Ah si j’étais un homme, je serais romantique.

                  Quelque soit ce que l’on échange, on echange de l’affectif, un PC n’existe pas.


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 20:42

                  Oui, je pense que pour un certain nombre d’hommes (aussi sans doute de femmes, mais probablement moins), le PCRA est un pur bijou qu’ils apprécieraient de voir reconnu ou, disons, « de sens commun » car il sert bien la tendance aux amours « distribuées » des mâles.
                   Mais ce ne sont que suppositions et creuser la question nous mènerait trop loin


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 20:44

                  Bien sûr qu’il y a de l’affect partout.
                  Mais là n’est pas la question.
                  La question est juste de savoir sur quoi les deux partenaires sont d’accords.

                  Si les affects de l’un ne sont pas censés être exprimés, communiqués verbalement à l’autre, tout est dit : la relation est un PC. Point barre.


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 20:45

                  Bien entendu, des deux messages ci-dessus, le premier était pour Dominitille, le second pour Popov


                • guymaupa 28 mai 2011 20:46

                  Si j’étais une femme, je voudrais un PCRA : un Plan Coeur Rempli d’Amour...


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 20:49

                  @ guymaupa

                  Rempli d’amour et d’illusions, oui, ça colle bien tant qu’on ne se ramasse pas.
                  Après, en mille morceaux, c’est difficile de tout recoller ;-(


                • Dominitille 28 mai 2011 21:09

                  Vous comprenez donc pourquoi j’aurais aimé être un homme, les femmes ne savent pas être indépendantes et amoureuses. l’amour est un truc qui gâche tout ;


                • guymaupa 28 mai 2011 21:16

                  J’ai dit un PCRA et non un PCRAI !
                  Vous m’avez répondu ceci à ma première intervention :
                  « Maintenant on peut concevoir une personne ayant décidé de n’être jamais amoureuse, pour quelque raison que ce soit. Celle-ci pourra alors être complètement satisfaite par le PCRA. »

                  Je ne faisais que vous suivre !

                  Il me semble que d’après vous le PCRA tel que vous le définissez présente moins de risque que le PCRA (plan coeur rempli d’amour !).
                  Quand les partenaires du PCRA se disent au revoir, rien n’est brisé !


                • guymaupa 28 mai 2011 21:33

                  Vous comprenez donc pourquoi j’aurais aimé être un homme, les femmes ne savent pas être indépendantes et amoureuses. l’amour est un truc qui gâche tout ;

                  Vous vous trompez ! Les femmes, je dirai, savent être libres et amoureuses !
                  Ce n’est pas l’amour qui gâche tout ! C’est l’usage qu’en fait souvent les hommes et les femmes dans leur relation qui le galvaude.


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 22:02

                  @guymaupa

                  « Quand les partenaires du PCRA se disent au revoir, rien n’est brisé ! »

                  exactement. Car rien n’est construit. Tout est laissé et défait dans l’instant.
                  Il n’y a qu’un présent de jouissance ou de « satisfaction » immédiate


                • Popov 28 mai 2011 21:26

                  Il faut dire que les temps ont changé. De nos jours, c’est chacun pour soi.

                  Non je connais des femmes non romantiques independantes et qui ne veulent pas d’enfants a 30ans ! ( une en fait... rare mais en progression ? je n’y croyais pas au debut je croyais que c’etait une strategie d’attachement/engagement/distance mais non !). Bref en fait une PCRA et bien c’est comme un PC cela n’apporte rien de positif sur le long terme et il faut prendre sur soi et son courage pour terminer la relation ASAP... pour en effet éviter les morceaux. Mais je vois que LL tu nous feras une suite la dessus.. ?
                  Sinon comment on appelle un plan non cul, où

                  l’on partage un restau. un cine, une promenade, un bbq ?(entre un H et une F et pas forcement célibataire) l’amitié ?


                  • guymaupa 28 mai 2011 21:48

                    Ces histoires d’amour démodées n’arrivent qu’au cinéma.

                    Moi aussi, je me demande ce que c’est un plan non cul, regulier ? affectif ?
                    ou peut-être faudrait dire plan non cul irrégulier et non affectif ?

                    Et que font les partenaires de ce nouveau plan ?

                    Ils jouent à quel jeu ?



                  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 22:05

                    @ Popov

                    D’aucun disent que l’amitié homme femme n’existe pas. Le coeur/cul est toujours présent d’une manière ou d’une autre.
                    Ce n’est pas insensé.

                    Un plan non cul ? Chez les personnes qui ont fait voeu de chasteté ?


                  • aloha aloha 28 mai 2011 21:44

                    Mais enfin ! Quel intérêt d’une relation comme ça où tout est quasi planifié et entendu à l’avance ?


                    En dehors de la facilité, pardon, je me répète, mais c’est voué à un ennui mortel !

                    Où se situe la passion, l’émotion, le manque, la pointe de jalousie, les nuits qui durent 3 jours dans un lit commun, etc., etc. ?

                    Peut-être la suite de cet article donnera-t-elle plus de détails dans l’approfondissement de ce qui est le fond de ce PCRA. En attendant, je dois être une fichue réac, mais ça ne me convient pas...

                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 22:13

                      @ aloha

                      Planifié et entendu à l’avance, cela poserait-il problème ?

                      Que font les amants adultères si ce n’est se donner un rendez-vous (planifié et entendu à l’avance) en quelque lieu discret ?

                      Cela porte-t-il atteinte à leur passion, leurs émotions, l’intensité de leur désir, leur fébrilité, leur éventuelle jalousie même si nécessaire ?

                      Certainement pas !

                      La planification, la répétition même (des rendez-vous), tout cela est simplement non problématique dès lors que chacun y trouve le plaisir attendu.

                      Il y a une mythologie du « spontané » qui crée bien des automatismes de pensée smiley

                      J’en parlerai dans un prochain article


                    • aloha aloha 28 mai 2011 22:19

                      LL,


                      Plus que le « spontané » (qui me semble connoté d’un sens presque naïf), je parle plus de l’improvisé, de l’inattendu.

                      Voyez-vous, ce « je ne sais quoi » qui fait qu’à un instant donné les choses basculent. Et là, pfouïïït... !!!, tous les contrats ou les ententes préalables, s’effondrent. :: :smiley

                      C’est l’absence de ce possible qui fait que je considère ce « pacte tranquille » comme quelque chose d’affreusement triste, désespérant, déprimant, comme vous le disiez vous-même d’ailleurs.

                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 22:29

                      aloha

                      On peut faire confiance à l’humain. L’improvisé et l’inattendu sont, comme l’aventure, au coin de la rue.

                      Lorsqu’on se donne rendez-vous pour une balade en nature en prévoyant le jour, le lieu, l’heure, l’équipement, l’itinéraire, la nourriture, le gite, peut-on raisonnablement penser que l’improvisé et l’inattendu ne seront pas au rendez-vous ?

                      On ne le peut pas. Lorsque deux humains se retrouvent ensemble, c’est pareil, l’improvisé et l’inattendu seront présents à chaque microseconde. Toute la question est de savoir ce qu’on en fait.
                      Le PCRA n’interdit pas cela mais il en limite la portée qui ne doit pas dépasser le cadre imparti.


                    • aloha aloha 28 mai 2011 22:32

                      Votre dernière phrase représente très exactement tout ce qui me dérange, et énormément, dans ce concept.


                      C’est l’image d’une contrainte quelque part imposée par l’autre, même pas par soi-même. Je considère ceci comme désolant.

                      C’est définitivement comme un message qui dirait : « Vite !! Vite ! Pars en courant ! » smiley

                    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 22:44

                      @ aloha,

                      Il n’y a pas de « contrainte » unilatérale, seulement des limites convenues, et donc probablement comprises, voulues.
                      Maintenant l’un peut avoir plus de réserve que l’autre. C’est généralement le cas. Peu importe. La rencontre ne se fera toujours que sur le dénominateur commun.
                      Je ne vois pas le problème dès lors que c’est en conscience et en concorde que la chose est décidée


                    • Dominitille 28 mai 2011 21:55

                      Vivement la suite !!


                      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 22:18

                        Merci !
                        ça arrive très bientôt j’espère smiley


                      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 21:58

                        @ Dominitille

                        Ce n’est pas l’amour qui gâche tout. Ce n’est même pas la perte d’indépendance. C’est le fait que celle-ci ne comblera jamais le partenaire.
                        Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument.
                        C’est vrai en politique, c’est vrai en amour, c’est vrai pour l’humain en général quoi smiley


                        • aloha aloha 28 mai 2011 22:05

                          LL,


                          Pardonnez-moi si j’ai mal saisi. Lorsque vous dites :

                           Ce n’est même pas la perte d’indépendance. C’est le fait que celle-ci ne comblera jamais le partenaire.
                          Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument.


                          De quel pouvoir parlez-vous ?

                          Selon ce que j’en vois, la dépendance de l’un à l’autre sous le prétexte d’un amour incontrôlé donne du pouvoir à cet autre, un pouvoir immense. Est-ce ce que vous vouliez dire ?

                        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 mai 2011 22:17

                          @ aloha

                          Oui, c’est exactement ça.
                          L’abandon sans réserve de l’un est souvent exigé par l’autre, le conjoint que le tient comme preuve indispensable de l’amour préalablement déclaré.
                          Une somme incroyable d’abus et de manipulations va pouvoir commencer avec cette déclaration.

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