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Accueil du site > Tribune Libre > Tous des victimes !

Tous des victimes !

Nous sommes tous des victimes ! La culture de la plainte est en train de s’installer durablement dans le paysage français. Infantilisation, victimisation et déresponsabilisation sont désormais les valeurs à la mode. Personne n’y échappe : ni Sarkozy ni le Tour de France ni les syndicats ni moi, non plus. Illustration...

Pascal Bruckner nous avait prévenu il y a plus de dix ans (La Tentation de l’Innocence, Grasset, 1995) : notre société est en train de tomber dans l’infantilisation et la victimisation. Elles sont loin les années 80, ces années fric avec le culte du golden boy et du winner magnifique ; aujourd’hui, la culture de la plainte est à la mode. Nous sommes tous des victimes en puissance, des spoliés ; chacun de nos petits malheurs est vécu comme une injustice, une "anomalie" du système, un préjudice que la société doit réparer. Etre une victime, c’est plus qu’un effet de mode ; c’est devenu la norme et personne n’y échappe. 

Lors de la dernière campagne présidentielle, quel était le point commun entre tous les candidats ? Le culte de la victimisation. Royal et Sarkozy affirment qu’ils sont salis, humiliés, traînés dans la boue. On veut faire taire Bayrou et l’empêcher par tous moyens d’exister. Le Pen est boycotté par les médias. Besancenot, Laguillier, de Villiers et tous les autres n’ont pas le même temps de parole et la même considération que les "grands" dans les médias. Bref, tous des victimes.

Plus étonnant encore, le 14 juillet dernier, le président Sarkozy - que l’on a trop souvent bêtement voulu réduire à un libéral pur jus à l’américaine - rend hommage à ceux qu’on pourrait qualifier de "victimes" lors de la traditionnelle garden party de l’Elysée. Il est loin le temps où on célébrait les grands champions, les artistes à la mode, les écrivains à succès, les entrepreneurs qui réussissent...

Autre exemple flagrant, qui dure depuis quelques années maintenant : les coureurs dopés du Tour de France. Contrôlés positifs, ils commencent toujours par nier. C’est une campagne de calomnie, ils n’ont rien fait, ils n’y sont pour rien, ce sont juste des victimes d’un lynchage médiatique et sportif organisé. La théorie du complot alors n’est jamais loin... Très vite, ensuite, devant un certain nombre de preuves irréfutables, débute la stratégie de l’infantilisation dite stratégie à la Virenque (tiens, tiens, un copain de Sarko). Je n’y suis pour rien, on me fait des injections, mais je ne sais pas ce qu’on met dans les seringues. C’est pas moi, je ne contrôle rien, je ne suis responsable de rien, c’est mon médecin qui me dope "à l’insu de mon plein gré".

Continuons avec les grands patrons... Si Messier se plante avec Vivendi Universal, ce n’est pas de sa faute, c’est le marché qui s’est retourné. Si Forgeat échoue avec EADS, c’est la faute à la conjoncture et à l’euro qui est trop fort par rapport au dollar. Chacun a oublié de se remettre en cause, c’est toujours la faute d’un autre.

Autre exemple frappant : l’attitude persistante des syndicats. Dans notre pays, peu importe que des élections aient eu lieu, il y a moins de trois mois et qu’un président ait été élu avec un projet clair soutenu par une large majorité de Français ; la vocation des syndicats (CGT, FO et CFDT en tête), c’est de se plaindre, de contester et de jouer les victimes. Faire valoir ses droits, réclamer toujours plus, refuser la réalité du monde dans lequel on vit, voilà encore et toujours leur crédo...

Alors moi aussi j’en ai eu assez d’être responsable, adulte et de vouloir toujours prendre mon destin en main. J’ai eu le déclic il y a quelques jours, à mon retour de vacances. Des vacances exécrables, à cause du temps pourri. "On voit plus de capuches que de maillots de bain par ici", me disait à juste titre une voisine qui aime bien se plaindre. Eh bien non, ça ne se passerait pas comme ça. Je suis victime du mauvais temps, en plein mois de juillet, rendez-vous compte, alors j’ai le droit à réparation.

J’ai écrit une lettre à Borloo (puisque c’est de sa responsabilité, désormais, les changements climatiques) : il m’a poliment aiguillé vers son prédecesseur. Lequel prédecesseur, Juppé, m’a répondu qu’il n’était pas resté suffisamment longtemps pour être vraiment responsable de quoi que ce soit. Il a donc fallu rechercher sur internet et j’ai alors découvert (ô surprise), qu’il y avait un ministre de l’Ecologie sous Chirac. Laquelle m’a éconduit fermement en m’assurant que désormais il fallait s’adresser aux personnes en charge de ce dossier. Bref, inutile de compter sur les politiques pour trouver un responsable...

Alors j’ai été porter plainte au commissariat. Contre Dieu, lui-même, en personne. Mais un drôle de gus ayant fait de même quelques semaines auparavant en Roumanie s’était vu éconduire devant les tribunaux au motif qu’on ne peut porter plainte contre "quelqu’un" qui ne serait pas un sujet de droit. Alors, j’ai dû abandonner...

Je resterai donc une victime des aléas climatiques, souffrant en silence (car j’ai ma dignité !), mais pas trop quand même, pour pouvoir susciter la compassion de mon entourage. Dans mon cas, il n’y a plus qu’une solution : épancher sur mes malheurs chez Evelyne Thomas, Jean-Luc Delarue ou Mireille Dumas. 

L’année prochaine, je ferai comme ces touristes américains (je vous jure que c’est vrai) qui contractent une assurance contre le mauvais temps. 

Le monde est devenu trop complexe, tout va trop vite, je ne comprends plus rien à l’économie, aux nouveaux rapports amoureux, aux relations au bureau, à la technologie, aux enjeux écologiques de demain, aux jeunes, aux vieux, aux médias, je suis complètement paumé. Alors, je veux qu’on s’occupe de moi, qu’on me chouchoute, qu’on me dorlote, qu’on m’assiste, qu’on décide à ma place, s’il le faut. Dans un monde ultra ouvert, où règnent la culture du zapping effrené et un éventail des possibles qui tend vers l’infini, mon luxe sera de ne plus choisir. Je ne veux plus être responsable de rien.
C’est bien simple, je me fiche de tout. Et si cet article ne rencontre aucun succès, ça m’est complètement égal. Ce ne sera pas ma faute (je ne vais quand même pas me remettre en cause !), mais celle des lecteurs qui n’ont rien compris. Je n’aurais alors qu’une seule joie, tellement simple et universelle : celle de pouvoir me plaindre.

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28 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 9 août 2007 11:14

    Cet article amusant a le fond de vérité de l’humour qui, lorsqu’il est vraiment drôle, fait réfléchir aussi. merci de nous l’avoir fait partagé. smiley


    • Gilles Louïse Gilles Louïse 9 août 2007 13:30

      L’homme est essentiellement dominateur, il trouvera tous les moyens pour que l’individu soit dans l’obligation de jouer profil bas. Si l’on aime tant les jeunes et les immigrés dans le monde professionnel, la raison n’est pas à chercher ailleurs. Le simple fait de regarder droit dans les yeux, à la loyale, de savoir écouter - ce qui est terrifiant pour une hiérarchie car elle pressent qu’elle devra à son tour se taire pour écouter la réponse - vous disqualifie. On aime donc cette racaille qui hante les tribunaux pour revendiquer ceci ou cela, qui quémande sans cesse du respect, qui pleurniche et qui est systématiquement la risée de ceux dont le QI dépasse la température anale.


      • tvargentine.com lerma 9 août 2007 14:00

        Non,il faut se battre et demander des comptes.

        J’ai personnellement déposer plainte contre le courtisan de l’usurpateur en 2005.

        http://www.usurpateur.com/plainte.html

        Et il semble que l’analyse que j’avais du personnage est rejointe par les articles de presse sur le personnage en 2007 !

        Un véritable manipulateur !

        Une plainte peut apporter beaucoup quand elle est vraiment justifiée mais la victimisation est souvent vendue par les « associations » qui recherchent une notoriété et des subventions publiques et qui sont bien loin des véritables préocupations des citoyens.


        • Barbathoustra Barbathoustra 9 août 2007 14:26

          « Je soussigné Michel LERMA, citoyen républicain Français, sans domicile fixe »

          Lerma, vous êtes en fait un SDF ? Moi qui vous pensais vieux bourgeois rentier aigri et anti jeunes près à balancer sa charentaise à la tronche du premier fonctionnaire venu ...


        • finael finael 9 août 2007 14:04

          Il me semble que la déresponsabilisation rampante - bien qu’associée d’ailleurs à un discours de responsabilisation - comme l’augmentation du nombre d’obligations, d’interdits, d’assurance obligatoire, de soumission à .. ne peut qu’aller dans le sens du sentiment de victimisation : plus on est (télé)guidé, moins on est responsable et plus on peut être « victime ».

          Et comme le discours dominant est celui de la « responsabilité », on cherche toujours des boucs émissaires responsables de ... du temps qu’il fait par exemple !


          • L'enfoiré L’enfoiré 9 août 2007 18:00

            Finael,

            Tu as parfaitement raison. Il existe une chaine de responsabilités qui tournent en boucle.

            Cela me rappelle le dessin humoristique qui montrait son pouce vers l’arrière à la question « qui paye ? ». Chacun dans la file faisait le même geste. Le dernier, lui, pointait son doigt dans l’autre sens et répondait « c’est celui qui est tout devant ».

            L’article est une dose pouces et de doigts qui vont dans tous les sens.

            Mais comment l’Allemagne s’en sort-elle si bien ? Question bête et méchante... smiley


          • Le Curieux 10 août 2007 06:47

            @ L’enfoire

            Bonjour, votre remarque est pertinante, et votre question finale encore plus ! Apres avoir passe quelque temps en Allemagne, je puis vous dire qu il y a une chose qui explique en grande partie le fait que l Allemagne aille de mieux en mieux : la Mentalité..

            Il esixte d ailleur un proverbe allemand evocateur : ’’Les Allemands vivent pour travailler, et les Francais travaillent pour vivre’’... Ca ne semble pas si faux que ca, et cela montre la difference de perception que nous avons fasse a nos responsabilités, et a notre travail. En extrapolant un peu plus, on pourrait aussi dire que cela est du au faite que nous sommes un pays latin, tout comme l Italie et l Espagne, et que ces trois mentalités sont assez proches. mais ca c est un autre debats smiley

            Bien a vous.

            Le Curieux Australien


          • L'enfoiré L’enfoiré 10 août 2007 10:35

            Le Curieux,

            La question finale qui est en fait la principale, j’en connaissais la réponse.

            Et oui, la Mentalité.. Le « Arbeit mach frei », n’est pas encore mort. Il y a un problème qui se détache en Allemagne suite à cela : la population de souche allemande diminue. Le gouvernement (du moins jusqu’il y a peu) ne facilitait pas la procréation. Les crèches ne tiennent pas beaucoup de place. Les femmes veulent se faire une situation comme les hommes.

            Les responsabilités, c’est autres choses. Il ne faut pas mettre tout dans le même sac. Il y a un repli sur soi, général. On ne veut plus assumer ses actes. Courage : fuyons. Comme il n’y avait pas de commentaire à l’article « Les hommes en plastique » (url) j’en ai ajouté un à ma mode. smiley


          • Luciole Luciole 9 août 2007 14:05

            Merci pour cet article très juste et écrit d’une façon intéressante, sur un thème qui n’est pas nouveau cependant.

            Loin de moi l’idée de vous le reprocher ! En fait, je crois que c’est une question essentielle pour comprendre comment va et où va notre société moderne.

            Le droit des victimes à se plaindre est à la fois très ancien et nouveau.

            Très ancien, parce qu’il remonte au Livre de Job et aux Lamentations de Jérémie. Je ne dis pas cela pour faire un quelconque étalage d’érudition, j’ai mon idée en tête, mais si je l’énonce telle quelle, elle restera incompréhensible.

            Dans la tragédie grecque, le héros se plaint d’être puni par les Dieux mais à juste titre. Il a réellement commis une faute et ses malheurs sont mérités.

            Cette vision des choses a perduré au moins jusqu’en 1945.

            Dans l’Ancien Testament, il y a une nuance de taille. Job n’est pas coupable des malheurs dont il est affligé. Ses deux « amis » tentent de le persuader qu’il reçoit un châtiment divin bien mérité, mais Job est en désaccord avec eux : il pense que son malheur est injuste et que Dieu est son seul défenseur (mais s’il se pose la question).

            En 1945, Auschwitz et Hiroshima nous ont forcé à voir l’évidence : ce qui sont victimes de malheurs ne l’ont pas forcément mérité. Un malheur peut donc être injuste.

            Cette idée va se diffuser dans l’intelligenstia au cours des années 50-60, puis rapidement se démocratiser.

            Dès lors, cette bonne idée va devenir un instrument dans les mains des démagogues et autres vendeurs de savonettes. Promouvoir l’idée que tout malheur est injuste, donc inacceptable et se poser comme unique sauveur ou remède. Et pour forcer l’identification, le sauveur présumé prend une posture christique et se déclarant lui-même victime.

            Le chaland que vous décrivez d’ailleurs fort bien souffre au quotidien des ravages de la modernité, de la compétition qui détruisent les liens ancestraux et noient l’individu dans une angoissante lutte sans merci pour la réussite sociale.

            Le malheur ne peut plus s’exprimer au sein d’un groupe, puisqu’il n’y a plus de groupe, seulement un entourage de rivaux.

            Alors, faut de pouvoir s’adresser à Dieu comme le fait Job, l’individu s’adresse « aux puissances » qui nous gouvernent à qui l’ont prête le pouvoir divin des mythologies grecques : récompenser et punir, lever le châtiment non mérité et punir les vrais coupables.

            L’omniprésence de la victime est donc liée à une confusion totale sur la nature des mythes qui structurent notre société.

            L’individu ne peut se résoudre à faire le choix entre deux visions du monde qui ne peuvent cohabiter.


            • aurelie 9 août 2007 20:21

              Je suis entièrement d’accord avec vous, et vous exprimez très bien vos idées. La nécessité d’une raison à leurs souffrances est vitale pour bien des gens. Ca a longtemps été l’arbitraire de la volonté divine, maintenant c’est l’incompétence d’un individu.

              Les Français sont particulièrement réticents à se sentir moralement justifiés, au contraire par exemple des Américains. Il n’y a qu’à voir les propos de Bush : « l’Axe du mal », c’est assez clair comme façon de désigner les ennemis du moment, par conséquent le Bien est du côté des Etats-Unis.

              Les Français ont longtemps vécu dans une société culpabilisante et ne peuvent s’en défaire. La victime a longtemps été stigmatisée, mais personne ne se serait posé en vainqueur.


            • Luciole Luciole 10 août 2007 09:38

              Merci beaucoup (mais j’aurais dû me relire avant de poster !).

              Il est vrai que lorsque l’on a le goût de la gloire, comme les Français et les Américains, on a tendance à surestimer son mérite lorsque l’on obtient une forte réussite sociale.

              Au contraire, celui qui échoue ou qui subit un malheur se sent stigmatisé et peut se sous-estimer gravement.

              Une partie des revendication des victimes (quel que soit leur degré) relève d’une révolte contre cette perception du mérite en fonction du résultat.

              Mais il est absurde de demander aux gouvernants de changer cette mentalité (d’autant qu’il font partie de ceux qui ont réussi et qui se surestiment beaucoup). Il faudrait commencer par la changer en soi-même et ne plus envier la réussite des autres.


            • Barbathoustra Barbathoustra 9 août 2007 14:10

              Tiens en fait j’aurai du poster ça ici finalement :

              La spécificité de la France selon moi c’est qu’il y’a trop de bergers pour pas assez de moutons ; voilà pourquoi une idéologie n’a jamais réussie à s’imposer clairement.

              En ajoutant que chaque berger se plaindra bien évidemment de ce que le berger voisin refuse d’enfiler le costume de mouton qu’on lui tend. Solution effectivement envisageable pour certains comme explique Gilles Louïse ; à défaut de pouvoir s’expatrier dans le cheptel voisin : importer du mouton.

              L’erreur généralement commise par les libéraux entre autre est de penser que les Français sont des abrutis de collectivistes alors que c’est exactement le contraire. C’est parce que les Français ont des individualités fortes que l’individualisme comme idéologie dominante a du mal à s’imposer.


              • CT 9 août 2007 16:35

                Exellent article, plein d’humour qui nous offre une prise de conscience salutaire !...j’aime beaucoup et j’en redemande !


                • Darkfox 9 août 2007 16:52

                  article clair et sincère. D’ailleurs nous sommes tous des chipoteurs... l’exemple le plus frappant reste pour ma part l’automobiliste... 1 ère réaction quand il est pris en infraction : « merde me suis avoir , méchant policier.. » Puis mais « monsieur l’agent c’est pas moi .. ou je suis pressé » ..etc etc... Mais à la base de tout, la personne qui a fait la connerie c’est le chauffeur... Quand déjà nous aurons compris ça , on aura fait un pas en avant !

                  Bref, moins philosophe que certains et pas plus malin , pour ma part nous devons accepté nos erreurs et passer de l’avant , ce sont la les vrais gagnants. Savoir dire « oui c’est moi »comprendre et assimiler ... et pas raler , raler , raler ...


                  • lyago2003 lyago2003 9 août 2007 19:40

                    Si je suis victime d’une victime que dois-je faire ?


                    • Luciole Luciole 11 août 2007 13:33

                      @ Lyago2003

                      Je ne dis ne dis pas que c’est impossible, les bourreaux sont sans doute souvent aussi des victimes ou anciennes victimes, mais pouvez-vous préciser ?


                    • nos 9 août 2007 20:02

                      bon article, mais pour l’allusion à la garden party, il me semble que des handicapés étaient invités, et à mes yeux on peut moins les qualifier de victime (victime de qui, la nature ?) que de héros, il est en effet héroïque de vivre dans de telles conditions, de dépasser son handicap ...


                      • lyago2003 lyago2003 9 août 2007 20:44

                        Notre perception des risques n’est pas en rapport avec la probalité d’un accident. Sont considérés dangereux les événements dans lesquels plusieurs personnes décèdent, comme l’avion. Les médias s’en font alors largement l’écho. NON, les souffrances des personnes blessées, des personnes décédées, des familles en deuil, cette souffrance n’est pas une fatalité. On ne doit pas l’accepter pour éluder des questions fondamentales qui remettent en cause le comportement et l’engagement de chacun.

                        Le terme de fatalité est ainsi défini ( Larousse) : du latin fatalitas : .1. Force surnaturelle qui semble déterminer d’avance le cours des événements.2. Suite de coïncidences inexplicables, cause de malheurs continuels.

                        1.Il s’avère que la force surnaturelle a bon dos. 2.L’accident a toujours des causes, qui sont un ensemble de facteurs.

                        Pour changer la perception naïve des gens, seule une éducation pertinente sera à la hauteur des effets attendus. Ce sont des mères, des pères, des frères, des soeurs, des enfants, des amis que l’on nomme « personnes victimes par ricochet » et qui souffrent de traumatismes et de blessures, qui bien que non apparents ont des conséquences lourdes.

                        - Conséquences psychologiques :

                        Perdre un être cher, parfois en pleine jeunesse, ou assumer de le voir gravement et définitivement handicapé, est une souffrance indicible. C’est toute une vie bouleversée, réduite à un point de douleur, parfois à la colère, souvent au désespoir.

                        L’assistance de psychologues peut permettre de ne pas sombrer dans l’immédiat, la participation à des groupes de parole peut aider à se reconstruire.

                        Il est également regrettable de constater les conséquences psychologiques créées par l’entourage et parfois la famille : éloignement, indifférence, voire agacement et même rupture, comme si le malheur était indécent et contagieux.

                        - Conséquences physiologiques :

                        L’extrême douleur, si elle bouleverse l’âme, n’épargne pas le corps : longues nuits d’insomnie, cauchemars, anorexie ou boulimie, prise de tranquilisants et autres médicaments, angoisses répétées, inattention, pertes de mémoire...Jusqu’à parfois rendre impossible l’exercice de sa profession.

                        On a constaté que les personnes victimes par ricochet, avaient souvent un potentiel de vie réduit, et développaient plus de pathologies ( coeur, estomac, intestins ...)


                        • Luciole Luciole 10 août 2007 09:32

                          Vous avez raison, mais le rôle de l’entourage me semble crucial.

                          J’ai lu récemment dans un article que l’acteur Francis Perrin avait un enfant autiste. Lorsqu’il l’a annoncé, beaucoup de ses amis ont coupé le contact avec lui en lui disant « qu’ils ne pouvaient pas assumer ».

                          Mais il s’est rapproché d’autres personnes qui le comprenaient mieux.

                          L’essentiel est de savoir que l’on n’est pas coupable du malheur qui est survenu et que cela aurait pu arriver à n’importe qui. Je crois que la douleur reste, mais que l’on retrouve une dignité qui nous aide à vivre.


                        • Boileau419 Boileau419 10 août 2007 04:46

                          Si seulement tous les rédacteurs pouvaient utiliser une police de caractères aussi claire et un style aussi limpide !


                          • JL JL 10 août 2007 10:01

                            « Infantilisation, victimisation et déresponsabilisation sont désormais les valeurs à la mode ».

                            Bien que sur un ton plaisant, tout est dit là : VALEURS à la mode.

                            Dans une société où tout le monde se déclare victime, les vraies victimes ne sont pas entendues. Dans un monde infantilisé, les enfants n’ont aucun avenir.

                            Et les faux plaignants sont coupables moralement, à ce titre.

                            PS. Quant à l’assurance contre le mauvais temps : il ne faut pas confondre, il s’agit là de commerce. Les règles du commerce n’ont pas à voir avec la morale.


                            • Luciole Luciole 10 août 2007 10:22

                              Entièrement d’accord avec vous.

                              La morale consiste à se sentir responsable pour les autres et non pas de considérer que les autres sont responsables pour nous.


                            • aurelie 11 août 2007 10:55

                              J’ai eu une idée : puisque nous sommes plusieurs à être d’accord, que diriez-vous de mettre nos idées en commun pour rédiger un texte collectif sur le même sujet ? Avec les newsgroups, il est facile de faire un travail collectif. Qu’en pensez-vous ?

                              Aurélie


                              • Luciole Luciole 11 août 2007 13:31

                                Bonne idée Aurélie, mais quel est le mode d’emploi ?

                                Et où sera diffusé ce texte ?

                                P.S. : J’espère que tout le monde restera à peu près d’accord jusqu’au bout...


                              • aurelie 11 août 2007 14:13

                                Salut, ce sont de bonnes questions. Je pensais qu’on pouvait procéder par étapes :

                                1) se mettre d’accord sur un sujet et une façon de l’aborder

                                2) réunir toutes les idées pertinentes sur le sujet

                                3) écrire un plan

                                4) rédiger le texte.

                                Comme tu le fais remarquer, il est extrêmement probable que tout le monde ne soit pas d’accord jusqu’au bout ; mais je pense qu’il serait très profitable pour tout le monde d’échanger des idées et des points de vue sur un sujet qui nous intéresse. Même si ça n’aboutit pas immédiatement à la création de quelque chose, l’intérêt est important pour tous les participants. Quand au texte (si texte il y a, à la suite de ce débat ou plutôt de ce « brainstorming »), je pensais qu’on pouvait tout simplement le diffuser sur Agoravox. Les grands médias (journaux ou magazines) prendront peut-être ou peut-être pas en compte un article écrit par des gens du commun n’ayant pas autorité en la matière. On peut essayer.

                                Aurélie


                              • JL JL 12 août 2007 18:53

                                Pourquoi pas ! à suivre ?


                              • ddacoudre ddacoudre 12 août 2007 21:12

                                bonjour bien sympathique ton article, même avec ses amalgames. La seule responsabilité que nous avons est celle d’acteur de l’existnce. Quand aux actes que nous effectuons ils sont le résultat d’événements sur lesquels nous n’avons aucun controle. Heureusement car nous ferions comme l’empeureur jaune.

                                La pensée Taoïste l’exprime dans la réponse d’un sage Kouang-tch’eng-tseu répondant au désir de l’empereur Jaune de connaître le principe parfait pour assurer le bien être de tous. Il répondit : Ce sur quoi vous voulez m’interroger, est la substance même du chaos ; ce que vous voulez régler est la diversité des choses. Si vous gouverniez le monde suivant votre propre désir... la lumière du soleil et de la lune serait vite éteinte. Mais dans notre monde occidental il nous fait plaisir de dire que nous sommes responsable de notre destin, mais bien sur nous parlons d’autre chose que de cette réalité. Nous définissons seulement une imputabilité des événements à la mesure de la limite de notre cerveau.

                                Ceci dit souviens-toi, 68 tous voulaient assumer leur destin, prendre leur responsabilité. Puis avec le ministère de R Barre ce fut le début de « on individualise la responsabilité ».

                                Ensuite nous sommes entrés dans une espèce de privatisation de l’Etat providence. L’Etat providence était discrédité au bénéfice de mêmes services rendus par des groupements privés à but lucratif. Depuis lors le slogan ressemble à ceci, vous avez un problème, une difficulté, rassurez-vous contre quatre sous la société tartan pion s’en charge.

                                Même les adhésions aux associations participatives synonymes d’un volontaire engagement sont devenues des adhésions de client, on y adhère nous pour y donner de son temps mais pour recevoir un service.

                                Bien sur les politiques n’y ont pas échappé, vous avez un problème une difficulté, le candidat, le ministre, le président s’en occupera, pire ils sont à l’origine de l’intolérance zéro, Cette notion de sécurité absolue touche tous les secteurs de la société ; au principe républicain de la sécurité des personnes et des biens, viennent s’ajouter la sécurité dans le domaine de la santé, des transports, sécurité dans le domaine de l’énergie, sécurité alimentaire, etc. Tout doit être sécurisé, et il en va de la responsabilité politique. Avec cette demande de la société, le politique a introduit un concept dans le but de s’exonérer de la responsabilité : le principe de précaution. Ce principe qui fait, par exemple, qu’au moindre signe de maladie de la vache folle, on abat tout le troupeau. Principe qui conduit les citoyens devant une catastrophe naturelle à faire à l’État le reproche de l’imprévision, mais qu’ils se retiennent de le dire conscients d’être sur le point de dire une énormité. Principe de précaution qui pousse à fermer des sites industriels, naturels, publics, simplement présumés dangereux. A quand l’idée de nous empêcher de naître pour ne pas prendre le risque de mourir ? Pour l’instant il semblerait que nous transformons les réalités des périls de l’existence en phobie.

                                Cette infantilisation n’est donc pas surprenante, c’est un peu comme si l’on demandait aux citoyens de n’être que consommateurs de tous produits qui soulageront tous les maux et les mots dont ils se plaignent.

                                Nous sommes dans une société hédoniste qui demande à l’inverse une grande connaissance de nos comportements pour trouver le juste à propos.

                                Et parfois cela donne l’impression de grands enfants plaintifs auxquels les parents répondent :"joue (consomme)on s’occupe du reste.

                                Alors tu as eu bien raison d’essayer d’intenter un procès à Dieu, mais la seule erreur que tu as commise, est de t’adresser à un tribunal laïque. Il ne te reste vraiment que les compagnies assurances. Un jour j’ai voulu m’assurer contre le risque de dire des conneries, mais la cotisation était trop élevée, du coup je ne sais pas à qui me plaindre de pas être assez intelligent. Cordialement.


                                • lyago2003 lyago2003 15 août 2007 22:44

                                  Pour un brin d’angoisse, et la faucille de l’humour pour tenter d’y couper court. Avec le martèlement du rythme en 5 pour bien marquer que le cœur bat de travers : toi qui prévoyais , entraînements,katas , parmi la nature , avec la trempette , en iode chez les crabes , au bout du parcours. Ne pas effacer l’illusion de pouvoir l’appeler à tout moment. Nous avons gardés son numéro dans la mémoire de notre téléphone. Nous devons juste nous convaincre chaque jour que n’aurons aucune envie de le faire. Afin de ne pas être déçus du manque de réponse. Stop. Le webmaster me dit qu’au-delà de 5 lignes le visiteur moyen ne lit plus. Tant pis : je poursuis pour les pas moyens. « Je continue à vivre, donc à perdre... ». On peut toujours encore perdre au-delà de la perte . Mais justement je veux être là quand je perds ; je ne veux pas perdre la perte. Et voici que je découvre que cela aussi il faut le perdre. (Le passage des frontières) A la fin la mort gagnera. Mais jusqu’à la fin on ne sait pas qui gagne. C’est la peau du temps. On se demande alors si la littérature recoud la perte ou si elle laisse passer des jours dans le tissu du temps. Dédié à mon fils Eric et à ma belle fille Cindy VICTIME d’un chauffard de la route.

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