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Accueil du site > Tribune Libre > Un discours prémonitoire ?

Un discours prémonitoire ?

Voici un discours historique, celui du Président Sékou Touré lors de la visite de De Gaulle dans son pays, prononcé le 25 Août 1958, il y a donc 60 ans !!!

 

Je me suis permis de souligner en gras certains passages qui méritent notre attention notamment au regard de deux phénomènes :

-le phénomène migratoire

-l’Union Européenne

 

http://www.webguinee.net/bibliotheque/sekou_toure/discours/25aout.html 

 

Monsieur le Président du Gouvernement de la République Française,

Dans la vie des Nations et des Peuples, il y a des instants qui semblent déterminer une part décisive de leur Destin ou qui, en tout cas, s’inscrivent au registre de I’Histoire en lettres capitales autour desquelles les legendes s’édifient, marquant de manière particulière au graphique de la difficile évolution humaine, les points culminants, les sommets qui expriment autant de victoires de l’Homme sur lui-même, autant de conquêtes de la Société sur le milieu naturel qui l’entoure.
Monsieur le Président, vous venez en Afrique précédé du double privilège d’appartenir à une légende glorieuse qui magnifie la Victoire de la Liberté sur l’asservissement et d’être Ie premier Chef du Gouvernement de la République Française à fouler le sol de Guinée. Votre présence parmi nous symbolise non seulement la « Résistance » qui a vu le triomphe de la Raison sur la force, la Victoire du Bien sur le mal, mais elle représente aussi, et je puis même dire surtout, un nouveau stade, une autre période décisive, une nouvelle phase d’évolution. Comment le peuple africain ne serait-il pas sensible à ces augures, lui qui vit quotidiennement dans l’espoir de voir sa dignité reconnue, et renforce de plus en plus sa volonté d’étre égal aux meilleurs ?
La valeur de ce peuple, Monsieur le Président, vous la connaissez sans doute mieux que nul autre, pour en avoir été juge et témoin aux heures les plus difficiles que la France ait jamais connues. Cette période exceptionnelle à l’issue de laquelle la liberté devait resurgir avec un éclat nouveau, une force décuplée, est marquée par l’homme d’Afrique d’une manière toute particulière, puisqu’il a, au cours de la dernière guerre mondiale, rallié, sans justification apparente, la cause de la Liberté des peuples et de la Dignité Humaine.
A travers les vicissitudes de l’Histoire chaque peuple s’achemine vers ses propres lumières, agit selon ses caractéristiques particulières et en fonction de ses principales aspirations sans qu’apparaissent nécessairement les mobiIes réels qui le font agir.
Notre esprit, pourtant rompu à la logique implacable des moyens et des fins, ainsi qu’aux dures disciplines des réalités quotidiennes, est constamment attiré par les grandes nécessités de l’Elévation et de l’Emancipation Humaines. L’épanouissement des valeurs de l’Afrique est freiné, moins à cause de ceux qui les ont façonnées, qu’à cause des structures économiques et politiques héritées du réginne colonial en désequilibre avec ses aspirations d’avenir.
C’est pourquoi nous voulons corriger, non par des réformes timides et partielles, mais fondamentalement, ces structures afin que le mouvement de nos sociétés suive la ligne ascendante d’une constante évolution, d’un perpétuel perfectionnement.
Le Progrès est en effet une création continue, un développernent ininterrompu vers le Mieux, pour le Meilleur. Etape après étape, les sociétés et les peuples élargissent et consolident leur droit au bonheur, leurs titres de dignité, et développent leur contribution au Patrimoine économique et culturel du monde entier.
L’Afrique Noire n’est pas différente en cela de toute autre société ou de tout autre peuple. Selon nos voies propres, nous entendons nous acheminer vers notre bonheur et cela avec d’autant plus de volonté et de détermination que nous connaissons la longueur du chemin gue nous avons à parcourir.
La Guinée n’est pas seulement cette entité géographique que les hasards de l’Histoire ont délimitée suivant les données de sa colonisation par la France, c’est aussi une part vive de l’Afrique, un morceau de ce continent qui palpite, sent, agit et pense à la mesure de son destin singulier. Mais aussi vaste que soit notre ère d’investigation, aussi étendu que soit notre champ d’action, cela est insuffisant en regard de nos propres exgences d’évolution.
Pour y répondre, nous devrons engager non seulement l’ensemble de nos potentialités propres, mais encore tout ce qui constitue les biens et les connaissances universels, lesquels chaque jour se développent et s’accroissent de manière inappréciable.
A travers le désordre moral dû au fait colonial et à travers les contradictions profondes qui divisent le monde, nous devons taire les pensées idéales afin de serrer au plus près les possibilités réelles, les moyens efficaces et imrnédiatement utilisables ; nous devons nous préoccuper des conditions exactes de nos populations afin de leur apporter les éléments d’une indispensable évolution, sans laquelle le mieux-être qu’elles prétendent légitimement obtenir ne pourrait être créé. Si nous ne nous employions pas à cette tâche, nous n’aurions aucune raison de vouloir remplir les fonctions dont nous avons la charge, aucun droit à la confiance de nos populations. C’est parce que nous nous interdisons de confisquer à notre profit la souveraineté des populations guinéennes, que nous devons vous dire sans détour, Monsieur le Président du Conseil, les exigences de ces populations pour qu’avec elles, soient recherchées les voies les meilleures de leur Emancipation totale.
Le privilège d’un peuple pauvre est que le risque que courent ses entreprises est mince, et les dangers qu’il encourt sont moindres. Le pauvre ne peut prétendre qu’à s’enrichir et rien n’est plus naturel que de vouloir effacer toutes les inégalités et toutes les injustices. Ce besoin d’égalité et de justice nous le portons d’autant plus profondément en nous, que nous avons été plus durement soumis à l’injustice et à l’inégalité. L’analyse logique et une connaissance de plus en plus grande de nos valeurs particulières, de nos moyens potentiels, de nos possibilités réelles nous laissent cependant exempts de tout complexe et de toute crainte : nous sommes uniquement préoccupés de notre avenir et soucieux du bonheur de notre peuple. Ce bonheur peut revêtir des aspects multiples et des caractéristiques diverses selon la nature de nos aspirations, de nos désirs, selon notre état propre ; il peut être aussi bien une chose unique qu’un faisceau de mille choses, toutes également indispensables à sa réalisaton. Nous avons, quant à nous, un premier et indispensable besoin, celui de notre Dignité. Or, il n’y a pas de Dignité sans Liberté, car tout assujettissement, toute contrainte imposée et subie dégrade celui sur qui elle pèse, lui retire une part de sa qualité d’Homme et en fait arbitrairement un être inférieur. Nous préférons la Pauvreté dans la Liberté la Richesse dans l’esclavage. Ce qui est vrai pour l’Homme l’est autant pour les sociétés et les peuples. C’est ce souci de Dignité, cet impérieux besoin de Liberté qui devait susciter aux heures sombres de la France les actes les plus nobles, les sacrifices les plus grands et les plus beaux traits de courage. La Liberté, c’est le privilège de tout homme, le droit naturel de toute société ou de tout peuple, la base sur laquelle les Etats Africains s’associeront à la République Francaise et à d’autres Etats pour le développement de leurs valeurs et de leurs richesses communes.
Monsieur le Président, ous me permettrez de rappeler un passage du discours que j’ai prononcé à l’occasion de la visite récente d’un Représentant du Gouvernement Français, M. Gérard Jaquet, ancien Ministre de la France d’Outre-Mer.
Notre option fondamentale qui, à elle seule, conditionne les différents choix que nous allons effectuer, réside dans la décolonisation intégrale de l’Afrique : ses hommes, son économie, son organisation administrative, et, en vue de bâtir une Communauté Franco-Africaine solide et dont la pérennité sera d’autant plus garantie qu’elle n’aura plus dans son sein des phénomènes d’injustice, de discrimination ou toute cause de dépersonnalisation et d’indignité.
En effet, le monde évolue rapidement et les impératifs de la vie moderne posent avec brutalité le problème du choix entre la stagnation et le progrès, entre la division des peuples et leur union fraternelle, entre l’esclavage et la liberté, enfin entre la guerre et la paix.
Pour l’Afrique Noire d’influence française, ces problèmes doivent être abordés avant tout avec un esprit réaliste, compréhensif. Notre coeur, notre raison, en plus de nos intérêts les plus évidents, nous font choisir, sans hésitation, l’interdépendance et la liberté dans cette union, plutôt que de nous définir sans la France et contre la France. Et c’est en raison de cette orientation politique que nos exigences doivent être toutes connues pour que leur discussion soit facilitée au maximum.

D’aucuns en parlant des rapports franco-africains situent leur raisonnement dans le domaine économique et social exclusivement, et concluent fatalement, compte tenu du grand retard des pays sous-développés d’Afrique, par l’apologie de l’action coloniale de la France. Ces hommes oublient qu’au-dessus de l’économique et du social il y a une valeur autrement plus importante, qui oriente et détermine le plus souvent l’action des homrnes d’Afrique ; cette valeur supérieure réside essentiellement dans la Conscience qu’apportent les hommes d’Afrique à la lutte politique, tendant à sauvegarder leur Dignité et leur Originalité et libérer totalement leur Personnalité. Qui ne sait aujourd’hui que les drames douloureux enregistrés dans l’histoire coloniale française en Indochine et en Afrique du Nord sont interprétés aussi différemment selon que l’on donne la suprématie à l’économie, ou que le Droit à l’indépendance, le respect de la Dignité des peuples sont considérés comme les bases les plus solides de toute association de peuples différents !
Aujourd’hui, en raison de l’évolution de la situation internationale et surtout du gigantesque progrès du mouvement de décolonisation dans les pays dépendants, nous pouvons affirmer que la Force Militaire dirigée contre la Liberté d’un pays ne peut plus garantir ni le prestige, ni les intérêts d’une Métropole. Le rayonnement de la France, la garantie et le développement de ses intérêts en Afrique ne sauraient désormais résulter que de l’association libre des pays d’Outre-Mer. L’action économique et culturelle de la France demeure encore indispensable à l’évolution harmonieuse et rapide des Territoires d’Outre-Mer.
C’est en fonction de ces leçons du passé et des impératifs de cette évolution nécessaire, de ce progès général irréversible déjà accompli, de la ferme Volonté des peuples d’Outre-Mer à accéder à la totale Dignité Nationale excluant définitivement toutes les séquelles de l’ancien régime colonial, que nous ne cessons, dans le cadre d’une Communauté Franco-Africaine égalitaire et juste, de proclamer la reconnaissance mutuelle et l’exercice effectif du Droit à l’indépendance des peuples d’Outre-Mer. Certains attributs de Souveraineté qui seront exercés au niveau de cette Communauté devront se résumer en quatre domaines :

  • Défense
  • Relations diplomatiques
  • Monnaie
  • Enseignement supérieur

Un pays qui exclut toute interdépendance dispose de quatre Pouvoirs essentiels :

  1. La Défense
  2. La Monnaie
  3. Les Relations extérieures et la Diplomatie
  4. La Justice et la Législation

Nous acceptons volontairement certains abandons de Souveraineté au profit d’un ensemble plus vaste parce que nous espérons que la confiance placée dans le Peuple Français et notre participation effective au double échelon législatif et exécutif de cet Ensemble sont autant de garantie et de sécurité pour nos intérêts moraux et matériels.
Nous ne renonçons pas et ne renoncerons jamais à notre droit légitime et naturel à l’indépendance car, à l’échelon franco-africain nous entendons exercer souverainement ce droit. Nous ne confondons pas non plus la jouissance de ce droit à l’indépendance avec la sécession d’avec la France, à laquelle nous entendons rester liés et collaborer à l’épanouissement de nos richesses communes. Le projet de Constitution ne doit pas s’enfermer dans la logique du régime colonial qui a fait juridiquement de nous des citoyens français, et de nos Territoires, une partie intégrante de la République Française Une et Indivisible. Nous sommes Africains et nos Territoires ne sauraient être une partie de la France. Nous serons citoyens de nos Etats africains, membres de la Communauté Franco-Africaine. En effet, la République Française, dans l’Association Franco-Africaine, sera un élément tout comme les Etats Africains seront également des éléments constitutifs de cette grande Communauté Multinationale composée d’Etats Libres et Egaux. Dans cette Association avec la France, nous viendrons en peuples libres et fiers de leur Personnalité et de leur Originalité, en peuples conscients de leur apport au patrimoine commun, enfin en Peuples Souverains participant par conséquent à la discussion et à la détermination de tout ce qui, directement ou indirectement, doit conditionner leur existence.
La qualité ou plutôt la nouvelle nature des rapports entre la France et ses anciennes colonies devra être déterminée sans paternalisme et sans duperie. En disant NON de manière catégorique à tout aménagement du régime coloniaI et à tout esprit paternaliste, nous entendons ainsi sauver dans le temps et dans l’espace les engagements qui seront conclus par la nouvelle Communauté Franco-Africaine. En dehors de tout sentiment de révolte, nous sommes des participants résolus et conscients à une évolution politique en Afrique Noire, condition essentielle à la reconversion de tout l’acquis colonial vers et pour les populations africaines.
Le nom de notre Association nous importe peu, ce qui importe sera le contenu de notre Association, la somme des possibilités nouvelles d’évolution qu’elle offrira aux Territoires Africains actuellement engagés dans le grand mouvement d’émancipation qui exige la disparition totale du phénomène colonial et l’établissement d’une ère de liberté vraie, d’égalité et de fraternité agissante.
Monsieur le Président, nous savons que vous vous êtes donné pour mission de sauver l’Unité de la Nation Française. Cette noble ambition, l’effort qu’elle suppose seront à la mesure de votre pouvoir si elle comprend et sait respecter également les points de sensibilisation de l’action des peuples associés à la Nation Française.
En effet, les Territoires actuels d’AOF et d’AEF ne doivent pas être des entités définitives.
L’immense majorité des populations intéressées veut substituer aux actuelles entités AOF-Togo et AEF deux Etats puissants fraternellement unis à la France.
Des considérations humaines et sociales autant qu’économiques et politiques plaident en faveur de la constitution de ces Etats qui seront dotés de Parlements et de Gouvernements démocratiques.
Ces grandes perspectives qui vont pouvoir accélérer l’histoire de nos pays, en leur permettant de transcender les particularismes et les égoismes ou plutôt leurs contradictions internes, demeurent pour notre génération la voie la plus s&ucir ;re, la plus directe qui aboutit à la Paix et au Bonheur.
Ces mêmes perspectives, positives pour les Territoires d’Outre-Mer et pour la Grandeur de la France dans le monde, exigeront de nous, Africains, Malgaches et Français, des efforts pIus grands, à la fois plus nobles et plus exaltants que ne l’aurait exigé la solution destructive d’une séparation.
Je rappelle souvent que la vie de l’homme va de zéro à cent alors que çelle de nos peuples est éternelle.
Nous sommes quant à nous Africains de Guinée, sûrs que notre courage et notre loyauté, notre communion d’action créatrice de biens, et notre amour de la Justice et du Progrès sauront conduire, à travers le temps, notre future Communauté avec toujours plus de Puissance, et dans la Prospérité et la Liberté. Pour résumer la position guinéenne vis-à-vis du projet de Constitution qui fera l’objet du Référendum du 28 septembre, nous affirmons qu’elle ne sera favorable qu’à condition que la Constitution proclame :

  1. Le Droit à l’indépendance et à l’égalité juridique des peuples associés, droit qui équivaut à la liberté pour ces peuples de se doter d’institutions de leur choix et d’exercer dans l’étendue de leurs Etats et au niveau de leur ensemble, leur pouvoir d’autodétermination et d’autogestion ;
  2. Le Droit de divorce sans lequel le mariage franco-africain pourra être considéré, dans le temps comme une construction arbitraire imposée aux générations montantes ;
  3. La Solidarité agissante des peuples et des Etats associés afin d’accélérer et d’harmoniser leur évolution.

Dans l’intérêt bien compris des peuples d’Outre-Mer et de la France, nous osons penser, Monsieur le Président, que votre Gouvernement saura proposer au Référendum un projet de Constitution tenant compte, non pas des conceptions juridiques basées sur un régime impopulaire, mais seulement des exigences exprimées par des peuples mûrs, tous solidairement et fermement décidés de se construire un Destin de liberté, de Dignité et de Solidarité fraternelle pour la Communauté Multinationale que sera l’Association de nos Etats, pour l’Unité et l’Emancipation de l’Afrique :

Vive la Guinée !
Vive la France !

 


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22 réactions à cet article    


  • JL JL 6 février 15:14

    Je ne sais pas si l’on peut parler de prémonition, quand je lis ceci : ’’Nous sommes quant à nous Africains de Guinée, sûrs que notre courage et notre loyauté, notre communion d’action créatrice de biens, et notre amour de la Justice et du Progrès sauront conduire, à travers le temps, notre future Communauté avec toujours plus de Puissance, et dans la Prospérité et la Liberté. ’’
     
    Le courage, la loyauté, la communion d’action créatrice de biens, et l’amour de la Justice et du Progrès ne suffisent plus dans ce monde devenu fou de profits ; bien au contraire.
     
    Quant à cela : ’’ Aujourd’hui, en raison de l’évolution de la situation internationale et surtout du gigantesque progrès du mouvement de décolonisation dans les pays dépendants, nous pouvons affirmer que la Force Militaire dirigée contre la Liberté d’un pays ne peut plus garantir ni le prestige, ni les intérêts d’une Métropole.’’
     
    Le prestige de la France, Macron y croit peut-être encore, et pour ça compte beaucoup sur lui-même, Jupiter incarné ; mais il est probable que les intérêts de la France sont dans les limbes de son esprit de Young Leader, confondus avec ceux de Wall Street.


    • foufouille foufouille 6 février 16:21

      Alors qu’il est encore admiré dans beaucoup de pays en Afrique et dans le mouvement panafricain, de nombreux Guinéens, des militants de gauche et de droite en Europe deviennent très critiques envers le régime de Touré en particulier quant à son échec à instituer une véritable démocratie.

      Dans les années 1960, il est le premier président africain à se rendre en visite officielle en Chine, qui apporte des aides financières à la Guinée1.

      En visite en Yougoslavie en 1961

      À la fin des années 1960, Mamadou Ghaly Sow, opposant, est arrêté, emprisonné, puis exilé. Au fil du temps, la paranoïa croissante de Sékou Touré conduit à l’arrestation de nombreux opposants politiques présumés. Selon Amnesty International, quelque 50 000 personnes auraient été assassinées sous le régime de Touré, de 1958 à 1984. Le Camp Boiro reste le symbole de cette répression violente où, selon une estimation, 5 000 personnes sont exécutées parfois après des tortures inhumaines dénoncées alors par Amnesty International. À travers la police secrète et les exécutions dans les camps de détention, Sékou Touré fait régner sur le pays un régime de terreur, contraignant des milliers de Guinéens à fuir la répression. Des dizaines de milliers de dissidents guinéens cherchent à fuir le pays.

      De 1965 à 1975, il rompt toutes ses relations avec la France, ancienne puissance coloniale. Les frictions entre la France et la Guinée sont fréquentes. Aux tentatives de renversement du président guinéen, dont il accuse les autorités françaises, la Côte-d’Ivoire ou le Sénégal d’être l’auteur6, Sékou Touré répond par des provocations et une répression contre l’opposition. Craignant une intervention militaire pure et simple de l’ancien colonisateur, le chef d’État se range dans le camp socialiste, oscillant entre le maoïsme pour bénéficier des aides chinoises et l’orthodoxie soviétique pour rentrer dans les bonnes grâces de l’Union soviétique.


      • Gérard Luçon Gérard Luçon 6 février 16:24

        @foufouille
        bref, le président guinéen est le premier président africain à se rendre en Chine et De Gaulle est le 1er président européen de l’ouest à reconnaitre la Chine , non ???


        c’est compliqué les relations internationales .... pour ne pas dire « c’est un vrai foutoir »

      • foufouille foufouille 6 février 17:06

        @Gérard Luçon
        les 50 000 cadavres étaient dans son discours ?


      • Gérard Luçon Gérard Luçon 6 février 17:17

        @foufouille
        apparemment il a aussi oublié la mort de Louis XVI .... c’est désolant, non ?


        en même temps je suis assez satisfait de votre réaction, vous stagnez, c’est bien de ne pas perdre des neurones trop rapidement !!!

      • foufouille foufouille 6 février 17:23

        @Gérard Luçon
        inscris toi sur wikipédia pour changer la bio de ton héros.


      • Gérard Luçon Gérard Luçon 6 février 17:33

        @foufouille
        merci de garder le « vous » dans nos échanges, même si votre mère était pute je ne suis pas certain de l’avoir montée, vos filles non plus .... ceci étant, rien n’est impossible avec ces familles désunies  !!!


      • foufouille foufouille 6 février 18:16

        @Gérard Luçon
        encore une fois, le tutoiement est de rigueur sur internet depuis le début.
        tu peut imposer le vouvoiement sur ton site si tu veut.
        je ne t’ai pas insulté que je sache.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 6 février 20:56

        @Gérard Luçon
        Merci pour ce texte que je ne connaissais pas, mais vous dites en introduction :
        « .. certains passages qui méritent notre attention notamment au regard de deux phénomènes :-le phénomène migratoire et -l’Union Européenne ».


        Quels rapports avec la choucroute ?? C’est de Gaulle qui est responsable du boxon que les pays de la Coalition de l’ OTAN, dont la France, met en Afrique et au Moyen Orient ??

        « Wesley Clark : 2011 - l’origine des guerres ».
        En 2011, la Maison Blanche a décidé d’envahir 7 pays : la Somalie, le Soudan, l’Irak, la Liban, la Libye, la Syrie et l’ Iran.

        De nombreux pays africains sont attaqués par des terroristes, sous des noms divers et variés. Mais qui a créé Al Qaïda et Daesh ? Les USA.

        La Libye fournissait du travail a des milliers d’Africains et combattait les Islamistes. Kadhafi avait prévenu les pays occidentaux en cas de destruction de la Libye et de la Syrie.

        Mais Sarkozy & Juppé, puis Hollande & Fabius n’en n’ont tenu aucun compte. En 2010, Sarkozy & Juppé ont signé « les accords de Londres », ou accords de Lancaster House" avec Cameron, pour soumettre et coloniser la Syrie et la Libye.

        Hollande & Fabius ont continué le travail de colonisation.
        What else ??


      • nono le simplet nono le simplet 8 février 17:45

        @Gérard Luçon
         même si votre mère était pute je ne suis pas certain de l’avoir montée, vos filles non plus

        sans vouloir être désagréable je pense qu’il faudrait supprimer le terme « éducateur » dans ton profil, il semble qu’il ne t’en reste aucun souvenir ...

      • titi 6 février 19:38

        « Nous préférons la Pauvreté dans la Liberté la Richesse dans l’esclavage »

        Ils en disent quoi les « migrants » ?


        • microf 7 février 21:02

          @titi

          Très bonne question @titi.
          Aux migrants á qui cette question vient d´être posée, ils ont répondu ceci, « nous migrants, ne venons pas chez vous pour votre argent, pour vos Allocations ou parcequ´on aime, on vient chez vous parcequ´on fuit vos bombes.
          Car avant que vos bombes ne tombent en Lybie, nous y vivions tranquillement, gagnant bien notre vie, mais depuis que vos bombes y pleuvent , nous avons fuit pour venir chez vous, car une chose est sûre, chez vous nous sommes en sécurité, car jamais, vous n´allez pas vous bombarder ».

          Comment trouvez vous cette réponse mon très cher @titi ?.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 6 février 20:23

          Hélas pour les anciennes colonies africaines, de de Gaulle jusqu’à aujourd’hui, je crains que les choses n’aient guère changées...

          Sa conférence en livre : « De la Françafrique à la Mafiafrique »


          Vershave : « Françafrique, le crime continue »

          « Afrique - Conférence, l’envers de la dette »

          Livres de Xavier Vershave sur l’Afrique.

          • microf 6 février 22:53

            Merci @Gérard Lucon d´avoir fait paraitre ce chef d´oeuvre du Discours de Sékou Touré qui avait vu juste, dommage qu´il n´ait pas été entendu, un peu de sagesse aurait fait avancer les deux parties comme le demande Sékou Touré dans ce Discours mémorable, hélas, c´est le contraire qui s´est produit, et les résultats négatifs sont bien lá, et la France, et l´Afrique en souffrent.

            Quant aux commentaires de certains, c´est très dommage, il ne faut pas les en vouloir, ce n´est pas de leurs fautes, ils sont tout simplement incapables
            d´ analyser, de réfléchir, d´approfondir.
            Vous devez alors comprendre pourquoi et comment il est difficile d´apporter les améliorations dans ce monde, mais qu´á celá ne tienne, changements, il y aura, car le mouvement du monde multipolaire qui est entrain de se dessiner, jamais ne s´arrêtera plus. 


            • covadonga*722 covadonga*722 6 février 22:57

              @microf
              « il y aura, car le mouvement du monde multipolaire qui est entrain de se dessiner, jamais ne s´arrêtera plus. »


              yep , pas d’enthousiasme débridé mon cher , si l’Occident doit disparaître qu’il le fasse en beauté et vous offre un hiver nucléaire ainsi tout ne sera que silence .......

            • microf 7 février 00:19

              @covadonga*722

              Ne vous en faites pas mon cher @covagonda*722, je n´appele ni ne souhaite la disparition de l´Occident, et l´Occident n´offrira jamais un hiver nucléaire, ce temps est revolu.
              L´ Occident n´ayant jamais crée le monde, ne pourra jamais le faire disparaitre, l´Occident se détruira lui même, sa destruction est déjá amorcée ceci par la décadence très avancée dans laquelle est plongée cet Occident, ce n´est plus que question de temps.


            • rugueux 7 février 11:45

              Sekou était un tyran mégalomane doublé d’une franche crapule qui s’est laissé aller aux pires excès en matière de totalitarisme.
              Il n’y a que la pègre humanitaro-tiersmondiste bien-pensante pour encenser ce fou furieux qui a réduit en esclavage une bonne partie de sa population, exterminé des milliers d’opposants réels ou imaginaires et ruiné totalement un des pays les plus riches d’Afrique de L’Ouest, et inventé la célèbre « diète noire »qui est un régime maigrissant bien plus efficace que Comme J’aime !
               
              Il est mort en 1984 et plus de trente ans après le pays ne s’est toujours pas remis de 25 années de marxisme sauce gombo !
              Aujourd’hui à Conakry il n’y a ni eau, ni électricité, le franc guinéen est une monnaie de singe, Rio Tinto s’est barré, la bauxite ne se vend pas très bien, les asiatiques pillent les ressources halieutiques et les conakrykas vivent dans la misère la plus grande...Sans oublier Ebola...

              Le seul truc de bien accompli par Sékou c’est qu’il est le seul chef d’état africain à avoir tenu ses promesses au-delà des aspirations les plus folles de son peuple...
              Il a dit : « Nous préférons la Pauvreté dans la Liberté la Richesse dans l’esclavage. » Et bien ce voeux magnifique a été exaucé au-delà de toute mesure !!!!

              Bien avant Trump c’est le premier chef d’état à avoir réalisé ce qu’il avait promis !


              • HELIOS HELIOS 7 février 13:50

                @rugueux

                Merci pour ce commentaire... ceux qui ont mis le nez en Afrique ne peuvent qu’approuver, à sa lecture !

              • microf 7 février 21:05

                @HELIOS

                Exactement mon très @HELIOS... comme ceux qui ont mis le nez en France, au vu de ce qu´est devenue la France, ne peuvent qu´approuver ce Discours de Sékou Touré.


              • covadonga*722 covadonga*722 7 février 23:10

                comme ceux qui ont mis le nez en France, au vu de ce qu´est devenue la France, ne peuvent qu´approuver ce Discours de Sékou Touré.


                vous pensez au milliers de maliens , sénégalais ect....qui toute honte bue tendent la main en France pour toucher la manne que verse la géhenne racistes française.
                Vous pensez aux milliers d’africains qui meurent ou risque de mourir pour venir s’installer en France .

                est ce que le mot chancre vous évoque quelque chose , allez je vous aide prenez un miroir ...voila vous y êtes 

                • microf 8 février 11:56

                  Comme ceux qui ont mis le nez en France..., France qui est devenue la risée du monde entier.
                  France qui est paralysée parceque 2 centimètres de neige sont tombées et qu´on n´arrive pas á faire face á la situation.
                  Pendant ce temps, les Canadiens regardent la France en se gaussant en disant que avec quelques jours de neige, la France n´arrive pas á faire face, certainement parcequ´elle est plus occupée á s´occuper des Sénégalais, des Maliens et autres immigrants, charité bien ordonnée, commence par soi même, et celá lui dépasse, pauvre France. 


                  • covadonga*722 covadonga*722 8 février 19:06

                    yep , les canadiens je les plains des que les exotiques seront au pouvoir ça donneras l’actuelle RSA espérance de vie en chute libre taux d’alphabétisation en chute libre mortalité infantile en hausse ,

                    personnes sous le seuil de pauvreté en hausse , sida ravageant les town ship criminalité a la hausse , policiers noir massacrant les mineurs noirs grévistes corruption touchant jusqu’au président du bien ethniquement homogène parti au pouvoir.
                    yep hé hé le plus sur moyen de dégringoler c’est d’intégrer de l’exotique 

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