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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Au-dessus des lois, l’Etat massacre les bouquetins

Au-dessus des lois, l’Etat massacre les bouquetins

En Haute-Savoie, l'Etat massacre des bouquetins. Peu importe que cette espèce soit protégée, que les citoyens et les scientifiques soient ignorés, que le Code de l'Environnement ne soit pas respecté... car, de toute façon, la justice est plus lente que les fusils ! Bouquetins, on ne vous lâchera pas ! Nous sommes déjà 14 000 à vous soutenir !

 Suite à la découverte d’un foyer de brucellose, le Préfet de la Haute-Savoie, déjà connu pour son implication dans la psychose de la grippe A, a ordonné, dans le massif du Bargy, l’abattage de la totalité des bouquetins de cinq ans et plus, sans faire de distinction entre les individus sains et les individus contaminés. Les tirs ont actuellement lieu. Emblématiques des Alpes, ces animaux de montagne sont protégés par la loi française et par la Convention de Berne. Il est interdit de les abattre depuis 1962.

 Chez l’Homme, la brucellose est une maladie sérieuse qui peut se compliquer, notamment d’une atteinte articulaire. Toutefois, dans la majorité des cas, les antibiotiques sont efficaces. La maladie se transmet à l’homme essentiellement par le lait. Cependant, la pasteurisation inactive la bactérie. En 2012, la brucellose a été transmise d’un bouquetin à une vache. Suite à la consommation, lors d’un même repas, d’un produit laitier issu du troupeau bovin, deux personnes ont été atteintes de brucellose. Aux yeux des experts, cette contamination, survenue après plus de 12 ans de présence de la maladie chez les bouquetins, paraît « accidentelle » et « exceptionnelle ». Ainsi, en automne 2012, plus de 12 000 vaches, moutons, chèvres, cerfs et chevreuils ont été testés, aucun d’entre eux n’était positif ! Se transmettant surtout par voie sexuelle, la maladie est circonscrite aux bouquetins du Bargy. Les experts estiment que le risque de transmission de la brucellose aux autres espèces est extrêmement faible et maîtrisable. Pour le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) et pour l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES), il n’y avait pas d’urgence à mettre en œuvre un plan d’action drastique ; et, compte tenu d’un flagrant manque de connaissances, il était nécessaire de recueillir plus d’informations avant de prendre une décision.

 Malgré l’avis des scientifiques, sous la pression de fédérations de chasse et d’agriculteurs, l’Etat a décrété l’urgence en négligeant la loi et les citoyens. Pour éviter toute remise en cause citoyenne, la décision d’abattage massif n’a été rendue publique qu’au tout dernier moment ; ce qui constitue une grave atteinte à la démocratie. Ainsi, l’Etat n’a pas respecté la procédure de participation du public avant la prise d’une décision ayant une incidence sur l’environnement ; ce qui est contraire à l’article L. 120-1-1 du Code de l’Environnement.

 En un éclair, prenant de vitesse les journaux, l’arrêté ordonnant l’abattage a été signé le 1er octobre 2013. Un jour plus tard, l’Etat avait abattu 197 bouquetins, soit potentiellement 68% de la population du Bargy. Dans un délai aussi court, il était impossible de saisir la justice. L’Etat a donc ignoré les citoyens. En tant qu’initiateur de la pétition Stop à l’abattage des bouquetins du Bargy, j’ai déjà écrit deux lettres tout à fait courtoises au Ministre chargé de l’Ecologie. Il n’a répondu à aucune d’entre elles. Ce silence est désespérant, mais pas étonnant chez un ministre pointé plusieurs fois du doigt par des associations protectrices des animaux. Dans ma première lettre, j’évoquais les 5693 signataires de la pétition ; dans la seconde, les 7049 signataires. Aujourd’hui, nous sommes plus de 14000. Contrairement à l’actuel Ministre de l’Ecologie, qui a, par le passé, appelé au boycott des vins californiens (pour des raisons économiques, et absolument pas éthiques), certains ont la sagesse de ne pas utiliser ces méthodes pour se faire entendre ; ce n’est toutefois pas une raison de les ignorer.

 Face à l’opacité du dossier, les journalistes n’ont pas relevé que la décision prise par l’Etat n’était pas conforme à la loi. En effet, le Code de l’Environnement stipule que les dérogations aux interdictions encadrant le statut de protection du Bouquetin des Alpes ne peuvent être délivrées que s’ « il n’existe pas d'autre solution satisfaisante ». Or, une autre solution plus satisfaisante, plus éthique existe ; le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) l’a d’ailleurs préconisée ; la décision de l’Etat est donc contraire à l’article L. 411-2-4° de ce code. L’abattage des seuls animaux malades ou la vaccination étaient et sont encore les alternatives les plus pertinentes.

 Très hasardeuses, les statistiques préalables à l’abattage ont été fournies par l’Office National de la Chasse (et de la Faune Sauvage), dont la partialité est remise en cause par la Cour des Comptes et par des fédérations de chasseurs. On peut sérieusement douter de la neutralité de ces derniers observateurs, surtout lorsqu’on lit sur un blog de chasseurs : « les bouquetins mâles sont vendus selon la longueur des cornes. (…) il est anormal de passer à côté d’une telle activité économique. (…) exigeons que l’on ouvre la chasse du Bouquetin des Alpes en France. » Autre point noir : l’Etat indique n’abattre que des bouquetins de cinq ans et plus, alors que l’âge d’un bouquetin ne peut pas être déterminé à distance de tir. De nombreux bouquetins âgés de 3 ou 4 ans ont vraisemblablement été tués, ce qui n’est pas conforme à l’arrêté ordonnant l’abattage. Les citoyens n’ont aucun moyen de contrôler ce qui se passe. L’Etat ne rend pas public la liste des animaux tués, leur âge et leur sexe. Pire, à la stupeur des scientifiques, l’Etat aurait omis de faire cette liste !

 Durant plusieurs jours, le massif du Bargy a été bouclé par plus d’une centaine de gendarmes. L’Etat a incinéré des bouquetins sans réaliser de prélèvements sanguins, alors que ces prélèvements étaient cruciaux, car ils auraient permis aux scientifiques de mieux comprendre la dynamique de l’infection et de faire face à d’éventuels nouveaux foyers de brucellose ! Pourquoi une telle opacité ? Tout simplement parce que, contre l’avis du CNPN, de très nombreux bouquetins non contaminés ont été abattus : aucun tri n’a été fait, et au moins 65% des bouquetins n’avaient pas la brucellose. Tout est fait pour que le dossier ne fasse pas l’objet d’une enquête scientifique indépendante.

 L’Etat a opté pour la solution la plus expéditive, la moins éthique et la plus périlleuse pour l’écosystème. L’abattage massif des bouquetins du Bargy n’est pas justifié puisque le risque de transmission aux autres espèces et à l’Homme est extrêmement faible. Il y avait d’autres solutions, le CNPN l’a affirmé.

 La psychose doit cesser. Il y a autant de raisons d’abattre les bouquetins du Bargy que d’abattre les chats, les chiens, les oiseaux sauvages ou que de déverser des tonnes de chlore dans les étangs (pour lutter, respectivement, contre la brucellose, la toxoplasmose congénitale, les septicémies, les grippes aviaires ou les parasitoses). Non, les bouquetins ne sont pas des variables d’ajustement, ce sont des êtres sensibles, et il est inhumain de les traiter de la sorte. Il suffit de croiser leur regard pour s’en convaincre. À l’heure actuelle, les abattages continuent, et pourraient prochainement s’étendre aux bouquetins les plus jeunes.

 Il y a encore de nombreux bouquetins à sauver, diffusons la pétition :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Petition_Stop_a_labattage_des_bouquetins_du_Bargy

 

 Pour plus d’informations, vous pouvez consulter un dossier complet sur l’affaire soutenu par des associations reconnues d’utilité publique : http://lebruitduvent.overblog.com/bouquetinsdossier.html

 


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41 réactions à cet article    


  • Txotxock Txotxock 21 décembre 2013 10:59

    On croirait voir les émissions merdiques de la TNT. La même recherche du sensationnel et de la larmette. Peut-être encore plus d’articles sur Agoravox que de bouquetins dézingués.


    • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 21 décembre 2013 13:10

      Je vous fais remarquer, d’une part, qu’Agoravox est le seul média à parler de cette affaire, et que de nombreux journalistes ne font pas leur travail ou se contentent simplement de rapporter les propos officiels de l’Etat sans chercher à être critique ; d’autre part, que les différents articles postés sur Agoravox apportent tous un éclairage nouveau sur cette affaire.


    • Croa Croa 21 décembre 2013 23:08

      « de nombreux journalistes ne font pas leur travail »

      Que si : Ils font ce que demandent leurs patrons et ce qu’on leur a apprit à faire dans les écoles de journalisme... Ils savent notamment taire ce qui doit être tu.
       
      Ils font carrière !


    • MdeP MdeP 21 décembre 2013 12:49

      Pourquoi un tel article puisque vous ne pouvez ignorer que la vaccination n’est pas possible puisqu’elle est interdite en France « car elle fausse le dépistage par sérodiagnostic (ce sont les anticorps vaccinaux qui sont décelés) ». Le lien, bien sûr, ci-après.


      • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 21 décembre 2013 13:06

        Si vous aviez lu la synthèse soutenue par la FRAPNA et la LPO, vous seriez que la vaccination n’est pas interdite chez les caprins, car la France n’a pas le statut « indemne de brucellose chez les petits ruminants ». Actuellement, il y aurait un autre foyer de brucellose caprine en Corse, et la vaccination est également une solution pertinente. La vaccination chez les caprins est encore pratiqué chez des chèvres en PACA.

      • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 21 décembre 2013 13:15

        « vaccination des petits ruminants parfois encore pratiquée en PACA. » Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des maladies professionnelles : http://www.inrs.fr/eficatt/eficatt.nsf/(allDocParRef)/FCBRUCELLOSE


      • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 21 décembre 2013 13:27

        Avec une orthographe plus correcte, moins emprise de précipitation, ça donnerait :



        Si vous aviez lu la synthèse soutenue par la FRAPNA et la LPO (ou les articles précédents d’Agoravox sur cette affaire), vous sauriez que la vaccination n’est pas interdite chez les caprins, car la France n’a pas le statut « indemne de brucellose chez les petits ruminants ». Actuellement, il y aurait un autre foyer de brucellose caprine en Corse, et la vaccination est également une solution pertinente. Par ailleurs, la vaccination chez les caprins est encore pratiquée chez des chèvres en PACA.

        Ensuite, je fais également remarquer que la vaccination n’est pas le centre de l’article, et qu’il me semble que les irrégularités vis-à-vis de la loi suffisent, à elles seules, à justifier la pertinence du texte.

      • MdeP MdeP 21 décembre 2013 14:01

        Je ne manquerai pas de lire le dossier. Mais pas aujourd’hui.

        Simplement, prendre la décision d’abattre ces animaux a dû être extrêmement pénible. Je ne pense pas que cette décision ait été prise à la légère.
        Au niveau de la Santé publique, il y a toujours ceux qui sont pour ceci et ceux qui sont contre.
        Si l’on parle de la vaccination des enfants, il y a des parents qui sont contre à cause des sels d’aluminium. Par contre, ces mêmes parents comptent bien que les autres enfants seront, eux, vaccinés, histoire de ne pas contaminer les leurs. Et cela, ils se gardent bien de le dire.
        La vaccination de la variole ne se fait plus car la maladie a été éradiquée : grâce à la vaccination.
        Quand il y a des décisions difficiles à prendre, il faut avoir du courage et non pas faire preuve de sensiblerie pour de pas dire d’égoïsme en n’envisageant le bénéfice/risque que pour soi-même.
        Râlez pas, je vais lire votre dossier.

        • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 21 décembre 2013 14:36
          Si le vaccin n’est actuellement pas autorisé chez les bovins, c’est pour des raisons de dépistage massif, pas pour des histoires de dangerosité relatives aux sels d’aluminium. C’est un choix stratégique de dépistage ; auparavant, lorsque la politique et le contexte de santé étaient différents, le vaccin était d’ailleurs obligatoire chez les bovins.

          Les experts du CNPN n’ont pas opté pour l’abattage total des animaux de cinq ans et plus, mais pour l’abattage des animaux malades après test de dépistage ; et ce, dans l’attente d’avoir plus d’informations, notamment sur la vaccination ! L’Etat aurait dû écouter ces experts, et la loi des mammifères protégés n’a pas été respectée puisque les experts ont bien précisé qu’il existait une autre solution plus satisfaisante !

          Compte tenu de la gravité de la décision prise, on peut dire que l’Etat a pris la situation à la légère en omettant d’organiser une consultation publique que la loi impose, et en omettant de rendre des comptes (aux citoyens et aux scientifiques) sur les abattages massifs ! Cinq jours avant les abattages, personne ne savait ce qui se tramait (à savoir une opération éclair en 2 jours début octobre), pas même les biologistes impliqués dans l’étude !

          Quand il y a une décision qui n’est pas conforme à la loi, il ne faut pas preuve de sensiblerie langagière envers ceux qui sont responsables de cette prise de décision, surtout si cette décision a un impact important et irréversible ! La violence des abattages est réelle, surtout avec des balles de fusil en bismuth.

          Dans ces conditions, ne pas râlez serait mal venu !

        • Croa Croa 21 décembre 2013 23:31

          « prendre la décision d’abattre ces animaux a dû être extrêmement pénible. »

           smiley Forcément FAUX smiley

          Cette décision est celle d’un lâche croyant ainsi ouvrir un énorme parapluie ou celle d’un taré issus du milieu cynégétique connu pour ses fantasmes pervers et peut-être d’un peu des deux !


        • HELIOS HELIOS 21 décembre 2013 16:30

          ... les prefets sont les « barons » de la republique, ils s’arrogent tous les droits... comme celui de decider qu’une autoroute dans son departement sera limitée a 110 km/h... le fait du prince (non, du baron, ici).

          Alors, les bouquetins, comme il n’y a pas de radar a brucellose, on les tue tout simplement.
          Plus ce sera rapide, et plus le fait accompli sera irreversible, mieux cela sera.

          Il fut un temps ou le prefet representer l’etat, donc la France. Aujourd’hui, c’est un petit dictateur qui s’arroge tous les droits sans se preoccuper de rien et le ministre lui, n’existe que pour la parcelle de pouvoir personnel qu’il detient.

          Etonnez vous ensuite de ce qu’il s’est passé en corse et de l’etat de deliquescence dans lequel se trouve notre pays.


          • MdeP MdeP 21 décembre 2013 17:37
            Je n’ai jamais écrit que la vaccination des bovins ou animaux était interdite ou dangereuse à cause des sels d’aluminium !
            Je viens de lire votre dossier.
            35 % d’animaux contaminés sur le massif du Bargy. Mais « L’incertitude même sur la taille de la population concernée est rappelée.
            Les statistiques officielles comportent vraisemblablement des biais importants... il n’est pas précisé dans le rapport du groupe d’experts si les 76 bouquetins testés sérologiquement (c’est-à-dire par prise de sang) étaient représentatifs de la population globale du massif ou s’ils ont été choisis, au moins partiellement, parce qu’ils présentaient des signes cliniques évocateurs....un bouquetin affaibli par une arthrite brucellique est plus facilement accessible qu’un bouquetin retranché sur une paroi quasi verticale ; ce qui peut également fausser les statistiques.

            Il existe un vaccin bovin et la vaccination de toutes les vaches aurait éliminé le risque de transmission du bouquetin à la vache... le vaccin bovin est actuellement interdit mais n’est-il pas envisageable de demander une dérogation cantonnée au massif du Bargy ?

            Les bouquetins sont des caprins et un vaccin pour les caprins existe. Jean-Marie Gourrau, vétérinaire, membre du Conseil national de protection de la nature, a écrit : il est tout à fait possible, dans l’état actuel de nos connaissances et moyennant une extension de l’AMM, d’envisager en nature une vaccination... »

            Ma question : en supposant qu’une vaccination des bouquetins puisse être cantonnée au seul massif du Bargy, comment vacciner un bouquetin retranché sur une paroi quasi verticale ?


            • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 21 décembre 2013 20:28
              Un détail. Votre reprise du texte est incorrecte : les paragraphes ne se suivent pas, et l’un d’eux est tronqué ; mais peu importe. Je précise que l’avant dernier paragraphe cité concerne la vaccination chez les bovins, et j’insiste sur le fait que la vaccin caprin n’est pas interdit.

              Pour vacciner un bouquetin retranché sur une paroi quasi verticale, étaler les opérations sur une longue période peut être une stratégie efficace, car, en général, les bouquetins ne restent pas éternellement « retranchés ». Ce sont les experts de l’ANSES qui font allusion à la vaccination et qui souhaitaient qu’une nouvelle saisine soit ouverte pour approfondir le sujet.

              De plus, la pénibilité d’une décision n’excuse pas son illégalité. Ajoutons que les conséquences de l’abattage sont plus pénibles pour les protecteurs de l’environnement et pour les bouquetins que pour les promoteurs de l’abattage.

            • MdeP MdeP 22 décembre 2013 12:48

              « Les 1 et 2 Octobre 2013, 197 bouquetins du Bargy ont été abattus, ce qui pourrait représenter 68 % de la population de bouquetins du Bargy.... Le 24 octobre, un randonneur a observé aux jumelles l’abattage de 27 bouquetins...

              Cette décision d’abattage est consécutive à la découverte, en avril 2012, d’une souche de

              Brucella, bactérie responsable de la brucellose, dans le lait d’une vache. Depuis cet

              événement, des investigations ont été conduites, et ont permis de détecter la présence de

              brucellose chez une minorité de bouquetins. L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de

              l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) émet l’hypothèse que les

              bouquetins aient pu jouer le rôle de réservoir et assurer un relais silencieux entre le dernier

              foyer domestique de brucellose (1999) et le foyer de 2012...

              des prélèvements sanguins ont été effectués sur 44 chevreuils, 30 cerfs et 55 chamois. Sur les 129 animaux, un seul était positif : un chamois... la prévalence de la brucellose chez les chamois

              avoisinerait les 2% après plus de 14 ans de contamination chez les bouquetins...

              Durant de longues années, les bouquetins n’ont pas été suivis ; ce qui est étonnant pour une

              espèce protégée ayant fait l’objet d’une réintroduction. L’examen des photothèques a

              permis de retrouver une photographie, datant de 2004, d’un bouquetin cliniquement suspect.

              Si les bouquetins du Bargy avaient été régulièrement observés, l’épidémie aurait pu être gérée à la racine ! Le suivi de la population de bouquetins a seulement démarré en septembre 2012...

              il n’est pas précisé dans le rapport du groupe d’experts si les 76 bouquetins testés

              sérologiquement (c’est-à-dire par prise de sang) étaient représentatifs de la population globale

              du massif ... D’après l’ONCFS, en 2013, 65% des bouquetins du Bargy n’étaient pas contaminés. En réalité, compte tenu des probables biais statistiques, ce chiffre pourrait être plus élevé... Un jeu de réthorique... »

              C’est effectivement à un jeu de réthorique auquel vous vous livrez. Vous donnez les chiffres qui vous arrangent. Ainsi, vous tenez pour vrai que 197 bouquetins puis 27 autres ont été abattus en octobre 2013. Que les 197 pourraient représenter 68 % de leur population. Vous tenez pour vrai, toujours, que 129 animaux ont été testés dont 44 chevreuils, 30 cerfs, 55 chamois. Vrai, toujours, que la prévalence de la brucellose est de 2 % chez les chamois sur 14 années.

              Par contre, vous réfutez la prévalence de 35 % de brucellose chez les bouquetins, sur 14 ans aussi alors, en arguant, notamment, que cette population n’aurait pas été suivie  !!! Mais en exhibant toutefois une photo de 2004 d’un « bouquetin cliniquement suspect ».

              Etes-vous sûr de ne pas oublier de nous dire qu’un comptage de ces animaux protégés est effectué par les techniciens de l’ONC. SUR LE TERRAIN.

              Je vous cite à nouveau :

              « l’Organisation Mondiale de la Santé Animale écrit : « Chez les animaux, la maladie se manifeste par des avortements ou par un échec de la reproduction. Généralement, les animaux guérissent et réussiront à donner naissance à une descendance vivante après un premier avortement ». «  Généralement, la maladie est bénigne, l’animal infecté présentant peu de signes avant l’avortement.  » L’ANSES et le Ministère de l’Agriculture valident ces données ».

              Attendre que la maladie s’éteigne toute seule, comme vous le préconisez, n’est apparemment pas la meilleure solution. Je vous cite à nouveau : « Les alternatives  : laisser faire la Nature Il y a déjà eu un précédent. Un foyer de brucellose a été identifié dans une population de bouquetins du Grand Paradis (Italie). Ce foyer s’est éteint de lui-même sans qu’aucune mesure de maîtrise n’ait été entreprise. Certes, la prévalence de la maladie était plus faible que dans le Bargy ».

              Avec la constatation d’un foyer infectieux explosé à 35 % de bêtes malades, quoique vous en disiez... et en considérant rationnellement que, dans une telle urgence, une hypothétique vaccination n’était même pas envisageable, l’abattage s’est avéré être la seule solution.

              Le préfet a pris la décision qui s’imposait. 


              • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 25 décembre 2013 21:48

                 http://lebruitduvent.overblog.com/bouquetinspresident.html La décision du Préfet n’est pas conforme à la préconisation du Conseil National de Protection de la Nature ; le Préfet n’a pas pris la décision qui s’imposait, et sa décision nuit gravement à la Nature !


                Ma préconisation n’est pas d’attendre que la maladie s’éteigne toute seule ; j’invite tous les lecteurs de ces commentaires à lire l’intégralité du dossier : http://lebruitduvent.overblog.com/bouquetinsdossier.html 

                Dans le dossier en question, je parle bien évidemment du comptage de l’ONCFS (qui a commencé en 2012...).

                Bien cordialement

              • toine 15 avril 2014 21:03

                Bonjour 297 bouquetins de tuer une partis pourrisse a même le sol , certain récupère les cornes et les vendes en suisse , on nous die pas tous : provenance de la maladie : la chèvre , il vont tuer encore c’est prévus pour octobre 2014 , a la place :des moutons en pagaille sa rapporte en masse avec eux on est sur de rencontrer + de problème je vous laisse deviner ou vas cette vente de viande de moutons + les dégâts sur la montagne au nom du profit ,je vous invite a regarder ce qui se passe .


              • MdeP MdeP 22 décembre 2013 18:58

                Je suis allée sur le site de l’ONCFS et j’apprends que le comptage de ces animaux est, finalement, aisé. Je mets le lien et voici ce que j’ai lu :

                « L’indice de reproduction, nombre de cabris par rapport au nombre de femelles adultes, varie suivant les populations : dans les colonies jeunes à fort taux d’accroissement, il est de 0,8 à 0,9 ; les femelles adultes mettent bas en moyenne un cabri par an (des naissances gémellaires sont parfois observées dans ce type de population) ; par contre, dans les colonies originelles (populations de haute Maurienne ou du Grand Paradis), l’indice de reproduction est voisin de 0,4 à 0,5 (Toïgo et al. 2002).


                Dans certains massifs, il existe de véritables corridors de circulation entre les quartiers utilisés en été-automne, au printemps ou en hiver. Ce sont presque toujours les crêtes rocheuses, principales ou secondaires, qui assurent cette continuité. La qualité d’un site à posséder une bonne potentialité d’expansion en dépend. Lorsque les quartiers saisonniers sont proches les uns des autres, sans obstacles entre eux, les animaux sont alors placés dans un contexte favorisant leurs capacités d’expansion démographique et géographique. »


                http://www.oncfs.gouv.fr/Connaitre-les-especes-ru73/Le-Bouquetin-des-Alpes-ar1527


                Le comptage des bouquetins peut donc se faire aux jumelles, par l’observation des corridors de circulation lors de leurs migrations saisonnières. Ce comptage peut être recoupé et très affiné à partir de l’indice de reproduction par comptage des bouquetins derniers nés de la population.


                Concernant le pourcentage des animaux malades, là aussi, deux méthodes de comptage qui se recoupent. De leurs quartiers saisonniers, celui d’été/automne est à l’altitude la plus élevée du massif. Il est donc facile d’évaluer le pourcentage d’animaux absents des crêtes abruptes pour cause d’arthrite.

                Comptage recoupé et affiné par le test sérologique (c’est-à-dire par prise de sang, comme vous l’avez précisé dans votre dossier) sur 76 bouqetins. Le chiffre avancé par l’ONCSF de 35 % de bêtes malades ne peut être réfuté.


                Concernant l’abattage, il n’est pas possible en hiver à cause de la neige. Il n’est pas possible non plus en avril/mai et mai/juin à cause des derniers nés. Il n’est donc possible qu’en automne.

                Le préfet a donc bien pris la bonne décision au bon moment.


                Vous dites que les jeunes bouquetins ne survivront pas. Je ne partage pas du tout votre avis, non plus.

                Lorsque l’ourse Melba a été tuée le 27 septembre 1998 (par un chasseur) dans les Pyrénées, il était certain qu’elle avait mis bas trois oursons repérés par les homologues espagnols de l’ONCFS. L’un des oursons a rapidement disparu conformément, si je puis dire, au taux de mortalité observé chez les ours. La question du devenir des oursons l’hiver suivant s’est posée.

                Les oursons ont survécu et sont apparus au sortit de leur tannière au printemps.

                De tous les petits bouquetins, tous ne mourront pas. 


                • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 25 décembre 2013 21:56

                  Le comptage a beau être aisé, les experts de l’ANSES et l’ONCFS ne savaient pourtant pas, le 1er octobre 2013, s’il y avait 300 ou 500 bouquetins dans ce massif. Le comptage d’animaux sauvages n’est jamais aisé.


                  Le Préfet n’a pas pris la bonne décision (puisqu’elle est contraire à l’avis du CNPN) ; et il l’a pris dans l’urgence, alors que le CNPN écrit qu’il n’y a pas d’urgence ; et l’ANSES ne confirme également pas l’urgence !

                • MdeP MdeP 22 décembre 2013 23:31

                  Non seulement les bouquetins du massif du Bargy sont suivis mais, en plus, ils sont géolocalisés par GPS depuis fort longtemps. Je mets le lien que je viens de trouver :

                  www.parcnational-vanoise.fr/.../289-application-de-la-technologie-gps-au


                  Cet article est un tissu de mensonges. C’est scandaleux.

                  • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 25 décembre 2013 21:38

                    Vous racontez n’importe quoi ! Les bouquetins du Bargy - du Bargy ! - n’ont pas été suivis entre 1999 et 2012. Et si dans quelques massifs, certains portent des colliers GPS, ce ne sont que quelques individus ; et ce suivi GPS n’est pas un suivi biologique impliquant prélèvements et observations physiopathologiques !


                  • MdeP MdeP 25 décembre 2013 22:12

                    Je suis un observateur tout à fait indépendant, un internaute comme un autre. J’ai juste lu votre dossier et je dis que vous mentez honteusement par omission en retenant les chiffres qui vous arrangent, déjà, et en racontant les choses à votre façon. Vous avez le culot de dire que la brucellose se serait éteinte d’elle-même. Or, je lis dans le pdf que j’ai trouvé sur le web « application de la technologie gps au suivi du déplacement de bouquetins des alpes » que les bêtes se déplacent du massif italiien Gran Paradiso au massif français de la Vanoise et inversement ! Ca craint un max.

                    Votre dossier est complètement bidon, complètement trafiqué.
                    Face à une catastrophe sanitaire, face à une catastrophe écologique, face à une catastrophe économique, l’Etat, fort heureusement n’a pas attendu après un allumé de votre espèce pour prendre et appliquer les décisions qui s’imposaient.

                  • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 26 décembre 2013 20:44

                    On sait depuis longtemps que les bouquetins de la Vanoise et du Grand Paradis se rendent visite, car ce sont des massifs frontaliers qui se touchent ; et ce n’est pas ce fait qui change quoi que ce soit à l’argumentaire développé dans le dossier en question. Le massif du Bargy ne communique absolument pas avec celui de la Vanoise ou celui du Grand Paradis ! Aucun scientifique spécialiste de l’affaire ne parle d’une communication contemporaine, à l’échelle de quelques décennies, entre les bouquetins du Bargy et les bouquetins de la Vanoise ou du Grand Paradis !


                    Ce sont les experts de l’ANSES et des biologistes spécialistes des bouquetins qui affirment que la brucellose s’est éteinte d’elle-même dans le massif du Grand Paradis (de mémoire, entre 1995 et 2005). Ensuite, le dossier prône de nombreuses autres alternatives.

                    Mon dossier n’est pas absolument pas bidon. Il a été relu par des vétérinaires spécialistes de l’affaire. Je donne toutes mes sources, et j’ai confiance en leur fiabilité. Le dossier est soutenu par la FRAPNA et la LPO, associations reconnues d’utilité publique, qui l’ont attentivement étudié.

                  • jacques 1er février 2014 12:20

                    Les premiers gps ont été posés au printemps 2012, après la pseudo découverte de la maladie, et le bargy ne se trouve pas en Vanoise


                  • jacques 1er février 2014 12:25

                    quelle catastrophe ? vous avez des données ? des chiffres ? moi j’en ai, plus de deux cents bouquetins abattus, pour des raisons politiques et pas sanitaires, je suis retourné sur le massif trois jours après que les autorités ont abattus 197 animaux, des moutons se trouvaient encore dans les alpages, des vaches aussi, et quelques semaines plus tard des chèvres, le risque de contamination semble inquieter plus l’état que les eleveurs !


                  • MdeP MdeP 23 décembre 2013 10:53

                    Le document est un Pdf et pour y accéder sûrement, tapez simplement dans votre barre de rechercher : 

                    application de la technologie gps au uivi du déplacement de bouquetins des alpes


                    • Hervé Hum Hervé Hum 26 décembre 2013 10:20

                      Cher auteur, l’Etat n’est pour rien dans cette histoire, le seul coupable c’est le gouvernement.

                      L’etat c’est une machine et le préfet le machiniste, seul le conducteur en est responsable.


                      • MdeP MdeP 26 décembre 2013 11:06

                        Sur le site de l’ONCFS, il est fait mention de « corridors de passage » des bouquetins et une image illustre les différents alpages (colorisés) où ils peuvent se nourrir selon les saisons.

                        Les bouquetins sont on ne peut plus « suivis ». D’une part.
                        D’autre part, il est évident que les recommandations de l’OMS animale sont à revoir. 
                        On n’attend pas d’avoir 35 % de bêtes malades pour bien vouloir reconnaître que l’on s’est légèrement trompé (ce qui n’est pas votre cas... ). Quand une politique comme celle-là oblige, au final, à boucler un massif entier pour un abattage désespéré et l’incinération des dépouilles, je pense qu’il faut envisager autre chose.
                        Bref, changer de stratégie. Je pense que vous êtes largué depuis longtemps. 

                        • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 26 décembre 2013 20:53

                          Sur le site de l’ONCFS, le schéma donne des indications sur les comportements de l’espèce en général. Il ne donne pas d’indications sur les mouvements des bouquetins du Bargy. Les bouquetins du Bargy n’ont pas été suivis entre 1999 et 2012 : ils n’ont pas subi de prélèvements (selle, urine, sang), ils n’ont pas été étudiés, observés, alors que cette espèce protégée aurait dû l’être.

                           

                          D’autre part, le dossier s’appuie sur les recommandations du CNPN et de l’ANSES. Ces recommandations n’obligent pas à boucler un massif entier pour un abattage désespéré.


                          • MdeP MdeP 26 décembre 2013 23:42

                            Cela, c’est ce que VOUS racontez et ce n’est pas conforme à la réalité. Il est bien question des différents quartiers saisonniers des bouquetins et de corridors de passage. Ce que vous vous abstenez bien de signaler. Votre dossier étant tronqué d’informations majeures et orienté, il est évident que la suspicion à votre endroit ne peut que vous discréditer et condamner particulièrement votre action indélicate dans le recueil de signatures que vous auriez obtenues par le biais de la manipulation. 

                            Faire un procès d’intention et jeter une personne en pâture à l’opinion publique, c’est bien de la diffamation. Personne n’est au-dessus des lois. Ni le préfet dans ses missions. Ni même vous. Ne n’oubliez pas. 
                            Enfin, pour conclure, je vais vous donner mon sentiment intime : ne me dites pas que les écolos du coin se seraient « amusés » à rabattre les bouquetins d’un massif à l’autre, histoire qu’ils ne soient pas détectés séropositifs ? 


                          • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 27 décembre 2013 13:57

                            Le fait que les bouquetins aient des quartiers saisonniers ne change rien à la pertinence de mon argumentaire. Les mouvements peuvent être internes au massif (c’est d’ailleurs souvent le cas), tout dépend de la configuration du massif. L’ANSES estime que les bouquetins du Bargy ne se déplacent pas ou très peu vers les autres massifs. En tous les cas, depuis la mise en place du suivi en 2012, aucune donnée ne permet d’affirmer qu’un bouquetin du Bargy s’est déplacé vers d’autres massifs. (L’Almet est inclus dans le périmètre d’abattage et est rattaché au Bargy.)

                            Critiquer un haut responsable en s’appuyant sur des faits avérés et des textes de loi est un acte de libre expression.
                            Concernant la pertinence de ma synthèse, je rappelle que : « Le texte de la présente synthèse et les positions qu’il formule ont reçu le soutien des associations reconnues d’utilité publique FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) et LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), tant au niveau départemental en Haute-Savoie qu’au niveau de la région Rhône-Alpes. » Je cite mes sources, et je crois en leur fiabilité.

                          • MdeP MdeP 27 décembre 2013 17:57

                            Il est évident que les Ligue, Fédération, Association de protection des animaux ne peuvent que se ranger à votre côté. Ce qui devait être protégé, les bouquetins en ce qui vous occupe, ne l’a pas été. Paradoxalement. Le jusqu’au boutisme de cette protection s’est retourné contre l’animal et de façon vraiment terrible. Il est trop tard.

                            Vous êtes furieux de vous être fait courcircuiter. Mais le contenu et les limites, également, de la protection de l’animal sont-ils vraiment clairs dans votre esprit ? Fallait-il attendre que les chamois tombent aussi comme des mouches pour réagir ? Fallait-il attendre que les agriculteurs de montagne perdent leur label ? Fallait-il donc attendre d’autres cas de brucellose dans la population ? 
                            Vous avez un coup de retard. Actuellement, il faudrait prévoir un peu de fourrage pour que les petits bouquetins passent l’hiver ??? 

                          • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 28 décembre 2013 13:19

                            Pour les experts, il n’y avait pas d’urgence à agir ; la brucellose est quasi exclusivement circonscrite aux bouquetins du Bargy depuis 14 ans ; et le risque de transmission aux autres espèces est extrêmement faible, chamois inclus.

                            La LPO et la FRAPNA sont des associations reconnues d’utilité publique ; et elles ne soutiennent pas un dossier sans vérifier la pertinence du contenu de celui-ci. Il faut aussi prendre en compte que ces associations sont subventionnées, notamment par le département, et que soutenir un tel dossier est une position courageuse pour ces associations.
                            L’article L-411-2-4° et l’article L-120-1-1° du code de l’environnement doivent être respectés par tous les citoyens.

                          • MdeP MdeP 28 décembre 2013 15:04

                            Les experts, VOS experts font partie de ces fédérations, associations, ligues de protection des animaux. Prétendre encore aujourd’hui qu’avec 35% de bouquetins touchés par la brucellose il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, le bilan de vos expertises est vite fait : à ce stade-là ce n’est plus de l’incompétence mais une clownerie. Vous devriez vous faire embaucher dans un cirque : les enfants sont bon public.


                          • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 28 décembre 2013 20:07

                            Les experts dont je parle sont ceux de l’ANSES, Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail. L’ANSES met en œuvre une expertise scientifique indépendante et pluraliste. L’ANSES n’a aucun intérêt à être partial, car des responsables prennent des décisions en s’appuyant les expertises de cette agence. Les experts savent que toute erreur d’expertise peut leur être reprochée. L’ANSES n’est absolument pas connue pour être une agence militante. D’autre part, je mets en avant les solutions alternatives, et je ne dis pas que la situation sanitaire n’est pas à prendre au sérieux.


                          • MdeP MdeP 29 décembre 2013 19:04

                            AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif aux « mesures à prendre sur les bouquetins pour lutter contre la brucellose sur le massif du Bargy, Haute-Savoie »

                            Avis de l’Anses du 4 septembre 2013

                            Saisine n° « 2013-SA-0129 »


                            L’Anses a été saisie le 9 juillet 2013 par le ministère chargé de l’Agriculture et le ministère

                            chargé de l’Ecologie pour la réalisation de l’expertise suivante  : saisine relative aux mesures à prendre pour les bouquetins pour lutter contre la brucellose sur le massif du Bargy, Haute Savoie.


                            la présente saisine en urgence


                            Le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie et le ministère de

                            l’agriculture de l’agroalimentaire et de la forêt proposent un protocole d’abattage des

                            bouquetins dans le but de : «  Maîtriser la brucellose dans la faune sauvage en Haute-Savoie où le bouquetin semble jouer le rôle de réservoir primaire pour abaisser significativement le risque de transmission aux animaux domestiques notamment sur le massif du Bargy, et cela dès le début de l’automne, mais aussi pour protéger les autres massifs et maîtriser le risque de décantonnement ».


                            L’expertise collective a été réalisée par le groupe d’expertise collective d’urgence (GECU)

                            «  Brucellose bouquetin Bargy », multidisciplinaire, regroupant des compétences complémentaires : épidémiologie et analyse de risque, biologie du bouquetin et de la faune sauvage de montagne, maladies de la faune sauvage, microbiologie, brucellose à Brucella melitensis, méthodes de diagnostic, méthodes de lutte contre les maladies infectieuses.

                            Le GECU a disposé de plusieurs documents liés au foyer de brucellose du massif du Bargy (Et notamment) :

                            _ la lettre et le dossier de « demande d’avis au CNPN relatif à une autorisation d’abattage des bouquetins du massif du Bargy (74) préalable à une réintroduction de l’espèce, dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques, pour prévenir des dommages importants à l’élevage, pour des raisons économiques majeures et pour assainir l’enzootie de brucellose au sein de cette population  », émanant de la préfecture de Haute-Savoie, reçus le 19 juillet 2013 ;


                            Le suivi de la population de bouquetins du massif du Bargy a permis de dégager les éléments suivants pour l’année 2013 :

                            une population âgée, avec pour les mâles 68% d’individus de plus de 5 ans, 14% d’individus de 4 et 5 ans et 16% d’individus de 2 et 3 ans ;

                            un succès de reproduction apparemment très faible  : un maximum de 16% de femelles observées était suitées.

                            Ces éléments sembleraient indiquer que la population de bouquetins du Bargy est âgée et que ses performances reproductives sont très basses. A titre de comparaison, le taux de femelles suitées dans d’autres populations alpines est plus proche, également en 2013, de 30% (32% en Belledonne, 36% en Vanoise).

                            Il est cependant difficile d’interpréter la dynamique de cette population. Les auditions n’ont pas permis de dégager de jugement majoritaire permettant d’expliquer cette situation.


                            La séroprévalence apparente des bouquetins du massif du Bargy semble très élevée (de l’ordre de 38%) et touche toutes les classes d’âge de 2 à 15 ans. Toutefois, la classe d’âge la plus touchée semble être celle des animaux de 6 ans et plus.

                            Les femelles semblent plus touchées que les mâles (47% versus 24%) et il semble y avoir un effet cumulatif de l’âge


                            Sur la base seule des résultats de séroprévalence, un abattage ciblé sur certaines classes d’âge peut s’envisager, notamment celle des animaux de plus de 5 ans (mâles et femelles) pour laquelle la séroprévalence apparente est proche de 55% (contre 15% chez les bouquetins de moins de 5 ans).


                            L’abattage ciblé laissera intacte une partie de la population qui comprend des animaux infectés, certes en moindre proportion (15% des animaux de moins de 5 ans sont séropositifs).

                            Conclusions et recommandations des experts

                            En préambule, les experts s’interrogent sur la réalité de l’urgence

                            Pour atteindre l’objectif, fixé dans la saisine, de réduction rapide et significative du risque de transmission du réservoir constitué par la population de bouquetins aux cheptels domestiques, les experts s’accordent sur la nécessité de réduire de façon importante et rapide la taille du réservoir par des abattages envisagés par le GECU selon deux modalités :

                            - l’abattage massif aléatoire avec un objectif d’élimination des bouquetins (selon la définition des experts et non de la saisine) ;

                            l’abattage ciblé de tous les individus âgés de plus de 5 ans. Néanmoins cette option aurait un impact important sur la dynamique de la population restante, dont une fraction est infectée.

                            L’évolution de l’infection dans un tel cadre est imprévisible et nécessiterait un suivi sanitaire et populationnel, voire d’autres mesures de maîtrise pour aboutir à un résultat équivalent à la 1ère option. Les experts n’ont pas disposé de suffisamment de temps pour évaluer tous les scénarios possibles. Ils en ont toutefois envisagé deux : un abattage sanitaire (séropositifs et suspects cliniques) des jeunes animaux restant ; des campagnes de vaccination, selon des modalités qui resteraient à définir

                            Les experts ne peuvent, dans l’état actuel des connaissances et compte tenu du délai imparti, estimer si une de ces méthodes sera plus efficace que l’autre pour maîtriser le risque de transmission de la brucellose des bouquetins aux cheptels domestiques

                            CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS DE L’AGENCE

                            L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail endosse les conclusions de son groupe d’expertise collective d’urgence.

                            http://www.anses.fr/sites/default/files/documents/SANT2013sa0129.pdf *


                            • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 30 décembre 2013 17:27

                              Le paragraphe suivant des conclusions de l’Agence est :


                              « L’Agence souligne, avec ses experts, que le présent avis s’inscrit dans un paysage de connaissances très incomplet, en raison de la mise en place récente du suivi de la population de bouquetins et qui resterait donc à conforter par la poursuite des efforts engagés en 2012. Elle souligne également les circonstances exceptionnelles et la nature vraisemblablement accidentelle de la transmission de la maladie à un cheptel bovin en 2011 dans le secteur du Bargy. Cette analyse ne permet pas de confirmer la nécessité de mettre en oeuvre dans l’urgence les actions d’abattage envisagées, compte tenu en particulier de leur ampleur et de leur nature. »

                            • MdeP MdeP 29 décembre 2013 19:04

                              Le 11 septembre 2013, soit 7 jours après l’Anses dont il prend en compte son rapport 2013-SA-0129 en date du 30 août où aucune solution exposée n’est retenue, le Conseil national pour la protection de la nature (CNPN) rend, à son tour, son avis au sujet des bouquetins.


                              Avis dU CNPN sur une demande de dérogation portant sur une espèce soumise au titre 1er du livre IV du code de l’environnement

                              Commission Faune du 11 septembre 2013

                              Avis sur la demande d’abattage des bouquetins du massif du Bargy du 12 septembre 2013

                              Avis défaborable pour l’abattage total

                              Avis favorable pour un abattage partiel selon les conditions définies dans l’avis ci-joint.

                              Compte tenu du rapport de l’ANSES n° 2013-SA-0129 en date du 30 août 2013...si l’éradication du foyer de brucellose chez les bouquetins des alpes dans le massif du Bargy s’avère indispensable, elle n’a nullement besoin d’être réalisée dans l’urgence...

                              Deux options ont été envisagées et étudiées ...

                              d’une part, l’abattage total des animaux de plus de cinq ans car il semblerait que ce soit eux qui soient les plus affectés par la maladie, les femelles notamment....

                              d’autre part, l’abattage des seuls animaux séropositifs...c’est cette solution qui a été retenue par les membres de la commission...

                              Il avait été envisagé, en parallèle à l’abattage des animaux contaminés, la vaccination des jeunes bouquetins séronégatifs. Au fil de la discussion, il s’est avéré que cette vaccination à l’aide du vaccin vivant Rev1 n’était pas envisageable dans l’immédiat...

                              http://www.lpo.fr/images/actualites/2014/Avis_CNPN_11sept2013.pdf


                              Les experts du CNPN reprennent les préconisations de l’ANSES et retiennent l’option de l’abattage partiel des seuls animaux séropositifs. En repoussant obligatoirement l’option de la vaccination des jeunes bouquetins séronégatifs.

                              Ces experts rendent bien un avis favorable pour un abattage d’une espèce protégée.


                              D’autre part, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie est bien co-auteur d’une saisine de l’ANSES :

                              « Le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie et le ministère de l’agriculture de l’agroalimentaire et de la forêt proposent un protocole d’abattage des bouquetins dans le but de : « Maîtriser la brucellose dans la faune sauvage en Haute-Savoie où le bouquetin semble jouer le rôle de réservoir primaire pour abaisser significativement le risque de transmission aux animaux domestiques notamment sur le massif du Bargy, et cela dès le début de l’automne, mais aussi pour protéger les autres massifs et maîtriser le risque de décantonnement ».

                              Les opérations d’abattage sont prévues de la façon suivante :

                              1. « Opérations « flash » (sur un temps court, 5-20 jours maximum) avec pour objectif l’abattage d’un maximum d’animaux (de 80 à 95%) avec des agents en poste sur les zones de transit identifiées suite aux études populationnelles pour éviter les fuites vers les autres massifs »

                              2. « Phase de surveillance jusqu’à l’hiver pour éliminer les derniers bouquetins.

                              Les questions posées à l’Anses, au regard de ce protocole, sont :

                              1. « Ces opérations d’abattage ainsi menées seront-elles efficaces et permettront-elles d’atteindre l’objectif recherché ? »

                              2. « Au regard des résultats dont on dispose, pourrait-on définir une typologie d’animaux les plus à risque d’infection et consécutivement orienter l’abattage sélectif de ces animaux ? Cette alternative à l’abattage total apporterait-elle les mêmes garanties ? »

                              3. « Hormis l’abattage total et l’abattage sélectif, d’autres solutions alternatives à ces scénarii permettraient-elles une maîtrise égale, sinon meilleure, de la maladie, de sorte que la population de bouquetins du massif du Bargy ne constitue plus une menace pour la santé publique et pour les cheptels domestiques ? »


                              Enfin, il existe bien, émanant de la préfecture de Haute-Savoie et reçus le 19 juillet 2013, la lettre et le dossier de « demande d’avis au CNPN relatif à une autorisation d’abattage des bouquetins du massif du Bargy (74) préalable à une réintroduction de l’espèce, dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques, pour prévenir des dommages importants à l’élevage, pour des raisons économiques majeures et pour assainir l’enzootie de brucellose au sein de cette population ».


                              Monsieur Stelvio, arrêtez de raconter n’importe quoi. Rien ne pouvait sauver les bouquetins du massif du Bargy.

                              En effet :

                              « l’abattage ciblé de tous les individus âgés de plus de 5 ans... pour aboutir à un résultat équivalent à la 1ère option. »

                              La première option étant :

                              « l’abattage massif aléatoire avec un objectif d’élimination des bouquetins (selon la définition des experts et non de la saisine).

                              Dans la saisine il est question d’« Opérations « flash  » (sur un temps court, 5-20 jours maximum) avec pour objectif l’abattage d’un maximum d’animaux (de 80 à 95%)....

                              Les experts proposent une seconde lecture à l’intitulé de la saisine :

                              «  Une opération « flash » d’abattage massif ayant pour objectif l’abattage de 80 à 95% de la population de bouquetins suivie d’opérations d’abattage des bouquetins restants qui seront stoppées lorsque aucun bouquetin ne sera plus visible ou lorsque aucun bouquetin brucellique n’aura été dépisté pendant un certain temps.  » Cette deuxième version paraît plus réaliste aux experts qui précisent ainsi que l’objectif ne serait atteint qu’après un délai bien supérieur à quelques semaines... »


                              Enfin, il n’y avait pas de solution alternative avec la vaccination impossible à envisager ou des mesures de biosécurité extrêmement contraignantes et difficiles à appliquer.

                              Car il semblerait que la harde était engagée dans un quasi processus d’extinction.

                              population  : entre 300 et 500 individus

                              L’ONCFS estime, d’après ces comptages, que le massif compte au minimum 300 bouquetins et que ce chiffre est très probablement une sous-estimation...

                              Des méthodes de comptage plus complexes, notamment basées sur la fréquence d’observation d’individus marqués (techniques de capture-marquage-recapture) donnent des chiffres plus variables et plus élevés. Ces estimations seraient plus proches de 450 à 500 individus. (avis de l’Anses - annexe 1 - Page 40)

                              population âgée et performances reproductives très basses

                              « Le suivi de la population de bouquetins du massif du Bargy a permis de dégager les éléments suivants pour l’année 2013 :

                              une population âgée, avec pour les mâles 68% d’individus de plus de 5 ans, 14% d’individus de 4 et 5 ans et 16% d’individus de 2 et 3 ans ;

                              un succès de reproduction apparemment très faible  : un maximum de 16% de femelles observées était suitées.

                              Ces éléments sembleraient indiquer que la population de bouquetins du Bargy est âgée et que ses performances reproductives sont très basses. A titre de comparaison, le taux de femelles suitées dans d’autres populations alpines est plus proche, également en 2013, de 30% (32% en Belledonne, 36% en Vanoise). » (avis de l’Anses - annexe 1 - pages 40 et 41)

                              prévalence de la brucellose à 38 % et atteignant même 73% chez les femelles de 6 ans et plus

                              La séroprévalence apparente des bouquetins du massif du Bargy semble très élevée (de l’ordre de 38%) et touche toutes les classes d’âge de 2 à 15 ans. Toutefois, la classe d’âge la plus touchée semble être celle des animaux de 6 ans et plus.

                              Les femelles semblent plus touchées que les mâles (47% versus 24%) et il semble y avoir un effet cumulatif de l’âge

                              Femelles, 5 ans et moins : séropositif s : 2 - effectif total : 16 – prévalence de l’échantillon : 12%

                              Femelles, 6 ans et plus : séropositif s : 16 - effectif total : 22 – prévalence de l’échantillon : 73%

                              (avis de l’Anses - annexe 1 - page 37)



                              • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 30 décembre 2013 17:14
                                Je ne conteste pas le fait que le Préfet et le Ministère cautionne l’abattage actuel.

                                Comme évoqué dans les articles précédents, le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) a opté pour l’abattage progressif des seuls animaux contaminés. Il y avait donc bien une alternative à l’abattage ordonné par le Préfet. L’alternative en question aurait sauvé les vies de nombreux bouquetins. L’irrégularité vis-à-vis de l’article L-411-2-4° du code de l’environnement me semble donc réelle (tout comme celle vis-à-vis de l’article L-120-1-1° de ce même code).

                                D’autre part, le CNPN indique que la vaccination n’est pas possible dans l’immédiat, mais le CNPN et l’ANSES indiquent également qu’il n’y a pas urgence à agir. En conséquence, il était possible de laisser le temps à l’ANSES d’ouvrir une saisine sur la question de la vaccination ; saisine à laquelle l’ANSES faisait allusion dans son rapport du 04/09/13. La vaccination n’est pas possible dans l’immédiat, mais il n’est pas exclu qu’elle soit possible dans un avenir proche.

                                Concernant la dynamique de la population, les experts précisent également : « Il est cependant difficile d’interpréter la dynamique de cette population. Les auditions n’ont pas permis de dégager de jugement majoritaire permettant d’expliquer cette situation. Des résultats plus complets permettraient une meilleure connaissance de la dynamique de population, et peut-être d’évaluer si B. melitensis a un impact sur cette dynamique (avortements, stérilité, mortalité d’animaux atteints cliniquement…). Ce suivi a d’ailleurs été envisagé sur une période allant au-delà de l’été 2013 par l’ONCFS. » En somme, la population des bouquetins du Bargy est mal connue. D’autre part, les bouquetins peuvent vivre jusqu’à 20, voire 25 ans ; et que 68% des bouquetins aient 5 ans ou plus n’est pas forcément le signe d’un vieillissement de la population. Concernant, les 16% de femelles suitées, l’ONCFS précise également que l’hiver 2013 a été rude, ce qui a également eu une influence sur la reproduction des bouquetins. Ensuite, l’OMS animale indique qu’en général, après un premier avortement, un animal contaminé par la brucellose redevient fertile. « Des résultats plus complets permettraient une meilleure connaissance de la dynamique de population, et peut-être d’évaluer si B. melitensis a un impact sur cette dynamique ». Les experts de l’ANSES parlent d’un « paysage de connaissances incomplet », et avaient besoin d’autres observations avant de se prononcer ; d’où l’absence d’urgence et la nécessité d’attendre ou de procéder à des abattages progressifs et de faible envergure.

                                Toutes les sources de ces informations sont citées dans le dossier auquel je fais allusion depuis le début de cet échange.

                              • Matthieu Stelvio Matthieu Stelvio 30 décembre 2013 17:23

                                Vous écrivez : « Ces experts rendent bien un avis favorable pour un abattage d’une espèce protégée. »


                                A cela, je réponds : Oui, mais absolument dans les conditions ordonnées par l’Etat (à savoir : 197 bouquetins abattus en 2 jours sans faire de distinction entre les individus contaminés et les individus sains). Les conditions définies par le CNPN sont les suivantes : « l’abattage des seuls animaux séropositifs, à l’instar de ce qui a été fait jusqu’à présent, en demandant au Laboratoire National de référence qu’un effort particulier soit porté sur la mise au point d’un test sérologique utilisable sur le terrain le plus rapidement possible, ce afin d’éviter une seconde intervention destinée à l’abattage des animaux séropositifs. Bien que longue à mettre en œuvre – elle devra être échelonnée sur trois ans – c’est cette solution qui a été retenue par les membres de la commission par 13 voix, contre 6 pour la première option, et 1 abstention. Cette solution éviterait outre une déstabilisation de la population, l’essaimage d’animaux, en particulier infectés, vers les massifs avoisinants, une réintroduction trois ans plus tard coûteuse et controversée, et l’élimination de cadavres qui, en petit nombre, pourraient être abandonnés aux prédateurs naturels. »

                              • MdeP MdeP 31 décembre 2013 13:12

                                Avant d’aller plus loin, il y a une chose que vous devez savoir : c’est que vous vous trompez de terrain juridique. La clé de l’histoire tient à une subtilité juridique, en effet, relative au changement de statut des bouquetins du massif du Bargy. Vous ne pouvez pas le savoir si vous n’avez pas fait de droit. Voici ce qu’il en est.

                                De Capra ibex, avec le statut d’espèce protégée du massif du Bargy de Haute-Savoie, les bouquetins ont, malheureusement pour eux, endossé un autre statut juridique : celui d’un risque sanitaire majeur car porteurs de la brucellose qui est une « maladie, due aux bactéries zoonotiques du genre Brucella (hormis Brucella ovis), un micro-organisme classé dans le groupe III de risque biologique pour l’Homme ou l’animal (échelle de I, niveau de risque le plus faible, à IV, niveau de risque le plus élevé) et est inscrite sur la liste des agents potentiels de bioterrorisme. » Avis Anses du 4 septembre 2013 - Saisine n° « 2013-SA-0129 – page 15

                                Ce n’est donc pas juridiquement à l’abattage des bouquetins du massif du Bargy (même si le bouquetin n’a jamais perdu son statut d’espèce protégée) que le préfet a fait procéder mais à l’éradication (enfin, tentative car il aurait fallu vider entièrement le massif de TOUS les bouquetins avec vide sanitaire) de la brucellose.

                                Et ce sont 35 agents de l’ONCFS qui ont été chargés des tirs ciblés.

                                Vous n’ignorez pas que le préfet est le représentant de l’Etat dans le département et qu’il a des missions à remplir et notamment :

                                « Veiller au maintien de l’ordre public et à la sécurité des personnes et des biens. Le préfet a pour charge d’assurer la sécurité de ses concitoyens, notamment en traitant les situations d’urgence, en établissant des plans de protection des populations contre les catastrophes naturelles et les risques technologiques (tel que les problèmes pouvant survenir dans une usine chimique par exemple).

                                • Veiller à la santé environnementale de son département en contrôlant l’installation des industries dangereuses ou polluantes et la délivrance des permis de construire (bien qu’il n’en ait pas la charge exclusive). Il doit veiller aussi au respect du patrimoine culturel du département et protéger lesmonuments historiques et les sites remarquables.

                                Mettre en œuvre et coordonner à l’échelon local les politiques du Gouvernement : emploicohésion socialeaménagement du territoire, développement économique, environnement... » Source Wikipédia

                                Ce qui signifie en clair que l’Etat est responsable si le préfet ne remplit pas sa mission correctement. Ce qui n’est pas le cas ici.

                                Sur ce, je vous souhaite une très bonne fin d’année. Passez un excellent réveillon !

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