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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > La démocratie représentative est morte, vive la démocratie !

La démocratie représentative est morte, vive la démocratie !

Nous assistons en ce moment à une étrange confluence. D'abord, le Printemps arabe se prolonge en Europe : au sud de la Méditerranée on voulait la démocratie, comme au nord... mais au nord on la réclame aussi à présent, alors même qu'on croyait la posséder depuis longtemps... mais c'était un leurre. Ensuite, depuis la chute de DSK, les affaires de moeurs éclatent en série : les médias et les politiques se discréditent à vitesse accélérée, les uns pour leur omerta, les autres pour leur déni. Les citoyens agacés pointent du doigt un réflexe de caste et un mépris du peuple. Et ne savent plus à quel saint se vouer... Ils croyaient vivre en démocratie ; ils se rendent compte qu'ils ont rêvé. Ils croyaient encore parfois en la probité de leurs journalistes et politiques, et patatra, tout s'effondre : on leur parle de scandales sexuels infâmes dont "tout le monde", paraît-il, était au courant. Sales coups pour la démocratie, sales coups pour nos certitudes... Et voilà que, dans ce contexte où tous nos repères vacillent, un prof d'économie révélé en 2005 pour son cyber-combat contre le Traité Constitutionnel Européen nous offre une nouvelle perspective, totalement inattendue, sur l'avenir de notre démocratie... offrant par là même un contenu possible aux revendications des "Indignés" du Vieux Continent.

Il souffle un vent de révolution en ce beau printemps 2011. Les Espagnols montrent le chemin en réclamant une "démocratie réelle". D'autres peuples européens vont certainement suivre le mouvement, car il répond à un besoin profond. Ici même, sur AgoraVox, on assiste à une floraison d'articles dotés d'une même fraîcheur, et qui expriment tous les mêmes aspirations, les mêmes revendications : la participation citoyenne effective aux affaires de la cité, la fin de l'oligarchie, le dépassement du système représentatif, l'avènement de la démocratie.

Médias citoyens : le terreau démocratique

Ainsi, TommytheHerbs, dans son article "Campement revendicatif au cœur de Madrid : la puerta de la solucíon ?", écrit :

"Ce qui ressort de ces petits phrasés revendicatifs que l'on peut voir éclore un peu partout durant ces manifestations, c'est que tout d'abord les gens ne croient plus en l'efficacité du vote, d'ailleurs les taux d'abstention sont toujours plus forts d'élections en élections [...]. On assiste donc à une perte de confiance dans le rôle que les politiques peuvent jouer (« el bipartismo es dictatora », « le bipartisme c'est la dictature ») ou même des syndicats d'ailleurs [...].

« Yo no voto , Yo salgo a la calle » (moi je ne vote pas, je sors dans la rue). En se rendant compte que leur vote ne possède finalement pas une si grande influence sur leur environnement socio-politico-économique, les gens deviennent persuadés que la véritable action se trouve dans le rassemblement, dans les rues, sur la place publique en définitive, que ce soit celle d'internet ou bien celle de leurs villes. « Ni políticos,ni banqueros.¡Democracia Participativa Ya ! » (Ni politiques ni banques,la démocratie participative maintenant !), le peuple veut retrouver un rôle dans la vie politique et civique de son pays, de sa région et de sa ville, il revendique le droit à une démocratie qui impliquerait largement plus ses citoyens, et grâce à l'outil internet ce mouvement prend une forme participative intéressante et en plus bénéficie de l'avantage que de nombreuses idées peuvent être préalablement échangées pour asseoir le mouvement sur une base intelligente et organisée, riche en apport citoyen d' horizons variés."

Marc Jutier, dans son article "Nous voulons la Démocratie maintenant !", exprime le même élan :

"Nous en avons assez du petit groupe d'élus professionnels qui monopolisent la parole publique et des ces institutions nationales et européennes, voire mondiales, qui nous ôtent jusqu'au droit de proposer nos solutions aux difficultés de notre quotidien. Nous avons assez subi l'oligarchie politico-financière et son régime politique mièvre, qui déresponsabilise et infantilise les Peuples par devant, tout en les dépouillant par derrière. L'élection à échéances fixes de politiciens professionnels est une mascarade qui ne permet que l'entretien à grands frais d'un statu quo désormais intenable. Il y a urgence sociale, environnementale, économique, sanitaire, éducative, judiciaire, énergétique, …. Notre maison brûle, et ils nous ordonnent de regarder ailleurs ! Les besoins du Peuple seront bien servis par les décisions du Peuple ! Nous sommes assez forts et assez responsables pour gérer nous-mêmes notre vie !"

Erik Gruchet, dans son article "Extinction programmée de la caste politique", réclame la fin de la "démocratie représentative", qui infantilise les peuples, et son remplacement par une forme de démocratie directe et adulte :

"L’abrogation du monopôle législatif de la caste politique en place, quelle que soit son obédience, est une des revendications de la révolution citoyenne en cours en Europe. Nous sommes le peuple et nous ne voulons plus de représentants du peuple. Nous souhaitons nous exprimer directement, débattre sur des forums réels ou virtuels, choisir en âme et conscience, voter sur internet de façon sécurisée et accessible à tous et enfin accepter le verdict de la démocratie réelle. Nous voulons refonder entièrement la république et sa constitution pour y inscrire en lettre d’O.R « l’Obligation Référendaire » ainsi que le « Salaire Universel Citoyen », le S.U.C du nouveau monde à bâtir, soumis à la nécessaire participation individuelle à la bonne marche de l’Etat. Ce n’est pas en maintenant les citoyens en dépendance que l’on émancipe un peuple, c’est en leurs rendant leurs pouvoirs individuellement et en les impliquant directement dans des choix de société. Nous ne sommes plus des enfants que l’on guide par la main pour les conduire dans le « droit chemin » de la mafia capitalistique, bancaire et consumériste, nous sommes des êtres pensants qui exigeons notre droit souverain à l’expression sans intermédiaire. [...]

La réelle démocratie n’est pas une fantaisie d’utopistes illuminés, elle est la revendication déterminée de tous les peuples en éveil de conscience. Nous ne céderons plus aux sirènes des beaux parleurs professionnels qui nous conduisent vers l’écueil de leurs ambitions personnelles. La hiérarchie clanique du pouvoir politique est un reliquat d’anciens régimes autoritaires et violents qui se maintiennent par la ruse et la division. Elle ne correspond ni ne sert aucune civilisation durable et éclairée qui s’appuie sur tous ses citoyens. Cette hiérarchie de caste tombera comme tombent les feuilles mortes : elles cèdent par manque de sève devant la poussée des tendres bourgeons."

Enfin, Jean-Paul Foscarvel annonce, dans son article "Un bouleversement en marche", une possible nouvelle ère, celle de la démocratie auto-organisationnelle :

"Les récents événements sont le signe d’un bouleversement fondamental. L’actualité bousculée fait tourner l’histoire. Nous entrons peut-être dans une nouvelle ère. Celle de la démocratie auto-organisationnelle, succédant à la démocratie représentative. [...] La libération des peuples du joug ploutocrate passe par une prise de conscience collective face à des dirigeants dénués de tout scrupule et oeuvrant pour une minorité contre les peuples. Ce sont les crises réelles qui font devenir les peuples intelligents et les amènent vers l’autonomie."

Dans cette aspiration à une autre démocratie, plus directe, plus réelle, Internet joue un rôle moteur. Non pas seulement qu'il permette de coordonner les luttes et d'organiser les manifestations ; il permet surtout deux choses : rendre les citoyens conscients et actifs.

Conscients, car les sources d'information sont désormais démultipliées, chacun peut avoir un oeil sur le monde entier, l'omerta politico-médiatique est de plus en plus aisément contournée, les gens s'expriment directement et discutent entre eux, à grande échelle - sans être obligés de passer par des médiateurs, qui filtrent leurs propos et les formatent selon leurs exigences -, ils s'habituent à travailler l'information de manière collective, enfin une sorte d'empathie universelle est en train de naître, comme le relève Jeremy Rifkin.

Actifs, car tout sur Internet nous pousse à l'action : la recherche d'information sur Google et ailleurs, la vérification de celles-ci, leur recoupement - habitude de plus en plus fréquente du fait de l'insécurité informationnelle (profusion de rumeurs, de hoax, etc.) dont nous sommes pleinement conscients -, l'évaluation constante des informations (par des votes ou des commentaires), la production de contenus (articles, vidéos, etc.), la conversation ininterrompue dans les forums, les recommandations et le partage...

Quand le mot "démocratie" désigne son strict contraire...

Or la "démocratie représentative", qu'il est sans doute plus juste d'appeler "gouvernement représentatif", dans la mesure où il a été historiquement conçu en opposition avec la démocratie, repose sur une certaine inconscience des masses et sur leur relative inaction - conditions de leur manipulation.

Rappelons, en premier lieu, cette vérité historique : dès son origine, le régime représentatif se pose en opposition au régime démocratique, comme le signifient clairement ces paroles de Sieyes, prononcées le 7 septembre 1789 : "Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet Etat représentatif ; ce serait un Etat démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants." [1] Dans La haine de la démocratie, le philosophe Jacques Rancière, favorable à la démocratie directe, rappelle que :

"la représentation n’a jamais été un système inventé pour pallier l’accroissement des populations. Elle n’est pas une forme d’adaptation de la démocratie aux temps modernes et aux vastes espaces. Elle est, de plein droit, une forme oligarchique, une représentation des minorités qui ont titre à s’occuper des affaires communes. […] Et l’élection n’est pas davantage en soi une forme démocratique par laquelle le peuple fait entendre sa voix. Elle est à l’origine l’expression d’un consentement qu’un pouvoir supérieur demande et qui n’est vraiment tel qu’à être unanime. L’évidence qui assimile la démocratie à la forme du gouvernement représentatif, issu de l’élection, est toute récente dans l’histoire. La représentation est dans son origine l’exact opposé de la démocratie. Nul ne l’ignore au temps des révolutions américaine et française. Les Pères fondateurs et nombre de leurs émules français y voient justement le moyen pour l’élite d’exercer en fait, au nom du peuple, le pouvoir qu’elle est obligée de lui reconnaître mais qu’il ne saurait exercer sans ruiner le principe même du gouvernement" [2].

Dans le système représentatif, les aspirations démocratiques doivent être logiquement contenues. Samuel Huntington l'a parfaitement exprimé dans une analyse produite en 1975 par la Commission Trilatérale, intitulée Crisis of Democracy [3], Huntington écrit : "La décennie 1960 a témoigné de la vitalité de l’idée démocratique. Elle a été une décennie de poussée démocratique et de réaffirmation de l’égalitarisme démocratique [4]. […] Plusieurs des problèmes de gouvernance aux Etats-Unis aujourd’hui découlent d’un excès de démocratie […]. Ce qui est nécessaire est un degré plus grand de modération dans la démocratie. […] Le bon fonctionnement d’un système politique démocratique requiert habituellement une certaine mesure d’apathie et de non-engagement d’une partie des individus et des groupes. […] Nous en sommes venus à reconnaître qu’il y a potentiellement des limites désirables à la croissance économique. Il y a aussi potentiellement des limites désirables à l’extension indéfinie de la démocratie politique." [5]

Il va sans dire que la télévision est l'instrument le plus performant pour développer cette apathie et ce non-engagement désirés par le pouvoir oligarchique. Le fondateur de la Trilatérale, Zbigniew Brezinski, n'hésita d'ailleurs pas en 1995 à se faire le promoteur du "tittytainment" - le mot est formé à partir de la contraction de "tit" (le sein maternel auquel le nourrisson s’allaite) et "entertainment" (le divertissement). Selon Zbig, "un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète." [6] Et Jean-Luc Mélenchon de commenter, dans un article de Technikart paru en 1999, ce nouvel opium du peuple : "Guy Debord aurait adoré. Nul doute que sa Société du spectacle© a pris, au cours des années 90, un envol sidérant. Télé, radio et presse ne nous apparaissent plus vraiment comme un contre-pouvoir. Au contraire : les médias modernes s’imposent comme les principaux collaborateurs du « titytainment » nouveau, escamotant la réalité vécue au profit d’une fiction lénifiante." Avec le "tittytainment", nous sommes très loin, chacun en conviendra, de la démocratie authentique...

Isègoria et tirage au sort : l'essence de la démocratie

Rancière voit dans le tirage au sort (en usage chez les Grecs) l’essence même de la démocratie dans sa forme authentique, c’est-à-dire directe. Il est, sur ce point, sur la même ligne qu'Etienne Chouard, qui vient de prononcer, le 24 avril 2011 à Marseille, une conférence des plus stimulantes sur ce sujet du tirage au sort, et que je vous conseille très vivement de regarder :

Dans sa conférence, Chouard décrit les modalités du tirage au sort à Athènes il y a 2500 ans, montre en quoi ce système est plus que jamais d'actualité, et répond aux objections qui ont pu être émises à son endroit.

Pour synthétiser à l'extrême, le principal objectif des Athéniens était d'imposer une véritable égalité politique. Le premier pilier dans les institutions de la démocratie athénienne était l’isègoria, droit de parole pour tous à tout moment et à tout propos : les Athéniens considéraient ce droit de parole comme une hygiène de base qui permettait à la démocratie de se protéger elle-même en faisant de chaque citoyen une sentinelle apte à dénoncer d’éventuelles dérives oligarchiques et à protéger la démocratie. Les Athéniens tenaient à l'isègoria plus qu'à toute autre institution. Conscients que le pouvoir corrompt, les Athéniens ont établi qu'il fallait garantir, de façon prioritaire, l'amateurisme politique, et donc la rotation des charges, grâce aux mandats courts et non renouvelables. Or, le seul moyen pour désigner les représentants en faisant tourner rapidement les charges était le tirage au sort, égalitaire et incorruptible. Selon Chouard, la différence fondamentale entre l'élection et le tirage au sort, c'est que l'élection repose sur la confiance en notre volonté individuelle (comme si elle ne pouvait pas être trompée), alors que le tirage au sort cultive la défiance pour, en quelque sorte, nous protéger contre notre volonté collective (toujours menacée de tromperie).

L'une des grandes craintes que suscite le tirage au sort, c'est de confier le pouvoir aux incompétents ou aux "affreux" (pour reprendre l'expression de Chouard) ; je vous laisse découvrir les réponses qui peuvent y être apportées, dans la vidéo ou, pour ceux qui préfèrent lire, sur le site de Chouard, où il a tout couché par écrit.

Révolution 2.0 : la fabrique du "bon citoyen"

Mais concernant spécifiquement la crainte de l'incompétence des citoyens, il faut garder à l'esprit que ce fut toujours l'argument des oligarques pour confisquer le pouvoir : "Cette idée que les citoyens sont incapables de saisir la complexité des problèmes dans une société moderne" est "le motif fondamental par lequel les oligarques légitiment leur domination", écrit Hervé Kempf dans L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie [6]. Le journaliste et théoricien de l'opinion publique Walter Lippmann l'invoquait au début du XXe siècle pour justifier que le peuple s'en remette à des "hommes responsables", et renonce à exprimer directement sa volonté. La fabrique du consentement - de masses auxquelles on donne le droit de vote mais que l'on juge incompétentes - est ainsi pleinement justifié. Edward Bernays en sera le premier praticien, dans la lignée des travaux théoriques de Lippmann.

Or, si les citoyens sont (en effet) souvent incompétents, c'est qu'ils sont mis délibérément à l'écart du débat public. Car c'est par le débat que l'on peut trouver le désir de s'informer et d'élever son niveau de conscience. C'est la réponse très pertinente que Christopher Lasch a adressé à Lippmann dans son livre La révolte des élites et la trahison de la démocratie :

"Les gens acquièrent facilement les connaissances dont ils peuvent faire usage. Puisque le public ne participe plus aux débats sur les questions nationales, il n'a aucune raison de s'informer des affaires civiques. C'est le déclin du débat public, et non pas le système scolaire (quelle que soit, par ailleurs, sa dégradation) qui fait que le public est mal informé, malgré toutes les merveilles de l'âge de l'information. Quand le débat devient un art dont on a perdu le secret, l'information aura beau être aussi facilement accessible que l'on voudra, elle ne laissera aucune marque. Ce que demande la démocratie, c'est un débat public vigoureux, et non de l'information. Bien sûr, elle a également besoin d'information, mais le type d'information dont elle a besoin ne peut être produit que par le débat. Nous ne savons pas quelles choses nous avons besoin de savoir tant que nous n'avons pas posé les bonnes questions, et nous ne pouvons poser les bonnes questions qu'en soumettant nos idées sur le monde à l'épreuve de la controverse publique.

L'information qui est d'ordinaire conçue comme une condition préalable au débat se comprend mieux comme son produit dérivé. Quand nous nous engageons dans des discussions qui captivent entièrement notre attention en la focalisant, nous nous transformons en chercheurs avides d'information pertinente. Sinon, nous absorbons passivement l'information — si tant est que nous l'absorbions." [7]

Les médias traditionnels, télévision en tête, ne poussent pas au débat et à la participation citoyenne. Ils sont bien souvent, au contraire, des instruments de conditionnement et d'infantilisation du citoyen, qui ne favorisent pas la liberté d'expression, mais répriment, tel un nouveau clergé (dixit Régis Debray), les opinions dissidentes. Ils fabriquent de "mauvais citoyens", passifs, désintéressés, ignorants, oublieux de tout, et consommateurs d'infos comme de marchandises. Internet, tout à l'inverse, est l'instrument du débat et de la participation d'un nombre croissant de citoyens, il est le lieu où la liberté d'expression existe en acte. Il crée de "bons citoyens", actifs, curieux, dotés d'une mémoire d'éléphant, et refusant de considérer les informations comme de vulgaires marchandises à ingurgiter puis à évacuer à vitesse grand V. Alors que les anciens médias sont ceux de la démocratie des apparences (que fustige Kempf), les nouveaux peuvent être ceux de la démocratie réelle.

D'ailleurs, Etienne Chouard juge très pertinemment qu'Internet et les blogs réactivent l'isègoria des Grecs, qui est précisément la condition de possibilité des citoyens actifs : "Aujourd’hui, en pleine oligarchie, d'une certaine façon, l'Internet nous rend (un peu) l’isègoria que les élus nous ont volée depuis 200 ans. C'est l'isègoria qui rendait possible des citoyens actifs et à l'inverse ce sont les citoyens actifs qui donnaient vie à l'isègoria. Les deux se tiennent, vont ensemble." Ou encore, plus explicitement : "Je trouve que les blogs sont une réactivation de quelque chose qui était essentiel sous la démocratie athénienne, l’isègoria, le droit de parole pour tous à tout moment. Les Athéniens le considéraient comme le plus important de tous les droits dans la démocratie. Le fait que toutes les opinions dissidentes aient voix au chapitre protégeait la démocratie contre les erreurs, contre les dérives. Avec l’élection, on a renoncé au droit de parole pour chacun. Et Internet est un outil pour les humains qui ont toujours cette pulsion, ce besoin de s’exprimer, de protester, de résister. C’est l’isègoria qui revient sur le devant de la scène malgré les hommes politiques et je trouve ça très fort."

Du journalisme citoyen à la démocratie citoyenne

On peut certainement affirmer que la révolution médiatique sur Internet (avec les blogs, les médias participatifs, Facebook, Twitter...) précède et annonce la révolution politique que portent désormais dans leurs gènes les citoyens élevés au Web 2.0. Rappelez-vous les caractéristiques de la démocratie athénienne, répertoriées par Chouard : elle vise l'égalité politique, elle repose sur l'égal droit de parole pour tous, sur la liberté totale d'expression, les citoyens ont un rôle de sentinelles qui veillent à ce que la démocratie ne dérive pas vers une forme d'oligarchie, ils ont la possibilité de dénoncer une telle dérive, les fonctions politiques sont exercées par des amateurs, surveillés par leurs pairs, nul ne leur fait naturellement confiance, c'est au contraire la défiance qui règne et fonde tout le système, leur activité n'a pas pour vocation de les enrichir, et s'ils ont bien agi ils gagneront la simple reconnaissance de la communauté... Ne trouvez-vous pas que ces attributs de la démocratie athénienne ressemblent en tous points à ceux du journalisme citoyen tel qu'il se pratique sur l'agora numérique ? Ce qui peut nous faire penser que la suite logique du journalisme citoyen, c'est... la démocratie citoyenne, ou originelle, à faire revivre aujourd'hui.

De la même manière que le journalisme traditionnel est constamment contesté par les journalistes citoyens, la "démocratie représentative" ne correspond plus aux nouveaux citoyens qu'Internet forme, ou plutôt dont Internet libère certaines potentialités et aspirations essentielles : à la liberté, à l'égalité, mais aussi à la solidarité. Les médiateurs de l'information (les journalistes), comme les représentants élus du peuple (les politiques), ne parviennent plus à légitimer leur position de surplomb face à des citoyens de plus en plus actifs et conscients, qui expriment toujours plus fermement leur volonté de prendre collectivement en main leur destin et de contrôler les informations qui modèlent leurs consciences. Alors que depuis des décennies, les enquêtes d'opinion indiquent que les citoyens perdent inéxorablement confiance à la fois dans les politiques et les journalistes, on semble enfin assister au sursaut citoyen que cette défiance commandait naturellement depuis déjà longtemps. Mais tout vient à point à celui qui sait attendre... et je ne peux m'empêcher de citer de nouveau Erik Gruchet : "Cette hiérarchie de caste tombera comme tombent les feuilles mortes : elles cèdent par manque de sève devant la poussée des tendres bourgeons".

En à peine quelques semaines, le mouvement des Indignados en Espagne a fait prendre à l'idée de "démocratie représentative" un sacré coup de vieux. Le temps paraît subitement s'être accéléré. L'élection présidentielle de 2012, au centre de tous les débats politico-politiciens depuis des mois, voire... depuis la précédente élection, perd même de son attrait, tant l'enjeu ne paraît plus être de savoir pour qui nous allons voter, mais bien comment nous allons au plus vite changer de système et instaurer la démocratie réelle - telle qu'Etienne Chouard peut nous la laisser entrevoir, même si la réflexion est évidemment à poursuivre. L'élection de 2007 était peut-être la dernière à susciter encore de l'engouement, car rares étaient à l'époque ceux qui imaginaient sortir du système représentatif, qui paraissait être la forme ultime de la démocratie ; et puis de nouvelles figures (Sarkozy, Royal, voire Bayrou) laissaient augurer une autre manière de faire de la politique.

Pour 2012, Nicolas Sarkozy (candidat probable de l'UMP) ne suscite plus aucun intérêt, il a réussi à lasser jusqu'à ses partisans. Au PS, quel que soit le candidat, nul enthousiasme. C'est morne plaine au PS... et la soupe à la grimace depuis les déboires de DSK. Et personne ne croit plus que ce parti puisse constituer une réelle alternative à l'UMP. Pour dire la vérité, seule la montée de Marine Le Pen dans les sondages constituait ces derniers temps un sujet d'excitation : allait-elle éliminer Sarkozy ou DSK du 1er tour ? de qui allait-elle faciliter la victoire au 2nd tour ? allait-elle faire exploser l'UMP après la présidentielle ? Or, même Marine Le Pen semble passée de mode depuis quelque temps... du moins les sondages attestent d'un tassement. C'est bien que le principe même de l'élection est discrédité chez de nombreux citoyens, qui n'y croient plus.

Les jours de la démocratie représentative sont comptés...

Sur Internet, on pouvait voir, ces derniers temps, que les candidats les plus en vogue étaient, sinon des populistes revendiqués, du moins des contempteurs de l'oligarchie : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Eva Joly, Nicolas Dupont-Aignan, voire François Asselineau. La séduction qu'ils exerçaient venaient, entre autres choses, de cet au-delà de la "démocratie représentative" (oligarchique) qu'ils laissaient entrevoir dans leurs discours (sans s'y ranger pour autant). Le Printemps européen - et l'idée de démocratie directe qu'il porte en germe - suggère que les citoyens ne se contenteront plus pour longtemps de candidats professionnels, aussi "anti-système" soient-ils. C'est tout le système politique et médiatique qui va devoir se révolutionner, de par l'initiative même des citoyens enfin conscients. Comment ? Ce n'est certainement pas à un seul homme de le dire... Et la révolution ne se fera pas en un jour. C'est un long cheminement collectif qui se profile, et dont la Toile sera le support principal...

Concluons notre réflexion avec ces quelques extraits du manifeste de Badi Baltazar, "Twitter & Facebook : Armes de démocratie massives", paru le 30 mai 2011 sur AgoraVox :

"Les jours de la médiation - si chère aux milieux rédactionnels - sont comptés. Fini l’hégémonie journalistique postmoderne. [...] Il m'apparaît indiscutable que le monopole d’une élite relève de tout sauf de la nature humaine. [...] Aujourd’hui c’est le partage, l’échange qui priment. Fini l’unilatéralité de l’information. [...] Les volontés politiques de revoir la structure même d’internet, parce qu’elle menace leur capacité de contrôle sur les masses, est tout simplement inhumain. Voilà pourquoi le 4è pouvoir devrait s’atteler à rédiger son testament. Twitter et Facebook, ce sont des milliards de vérités que par essence révèlent des milliards de voix. C’est l’anti pensée unique par définition. De par son pouvoir de partage de visions, de savoir, d'émotions, de témoignages, internet a paradoxalement des vertus, c'est une sorte de réseau en mouvement relatif permanent. Le symbole de l'anti inertie de notre siècle. [...] Twitter, les médias participatifs, les blogs, Facebook et autres supports contribuent à la naissance d’une intelligence collective. [...] Rien ne pourra y faire, la voix du peuple et les milliards de connexions se renforcent et s’organisent un peu plus à chaque seconde qui passent, de telle sorte qu'aujourd'hui un retour en arrière est impossible. La preuve en est l’ampleur des mouvements dans le monde Arabe, en Espagne à présent et, qui sait, en France et ailleurs plus tard. S’agit-il vraiment des prémices d’une révolte envers le projet de nouvelle gestion mondiale de l'ordre du même nom ? Je l’espère. Mon intime conviction est qu’aucun homme, aucun groupe, aucune alliance n’arrivera jamais à dominer l’humanité car la voix du peuple est par essence insaisissable."

Il n'est nul besoin d'avoir le culte d'Internet pour reconnaître ses effets, non tant sur l'homme, dont il ne fait que libérer les potentialités (bonnes ou mauvaises), que sur la société et, demain sans doute, de façon très profonde, sur la politique. "Nous sommes tous Américains", clamait Jean-Marie Colombani dans Le Monde au lendemain du 11-Septembre. Je me permets à mon tour, au début du Printemps européen, de suggérer cette autre formule, non pas compassionnelle celle-là, mais d'espérance : "Nous sommes tous Athéniens" - du temps de Socrate comme de celui de DSK...


Notes :

[1] SIEYES, « Sur l’organisation du pouvoir législatif et la sanction royale », in Les orateurs de la Révolution française, La Pleïade, 1989, p. 1026-1027.

[2] Jacques RANCIERE, La haine de la démocratie, La Fabrique éditions, 2005, p. 60.
 
[3] Michel CROZIER, Samuel HUNTINGTON, Joji WATANUKI, The Crisis of Democracy, Report on the Governability of Democracies to the Trilateral Commission, New York, New York University Press, 1975.
 
[4] Huntington, op. cit., « Chapter III. The United States », p. 60.
 
[5] Ibid, p. 113-115.
 
[6] La scène est rapportée par le journaliste allemand Hans-Peter Martin en introduction de son ouvrage Le Piège de la mondialisation (Solin/Actes Sud).
 
[7] Hervé KEMPF, L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie, Editions du Seuil, 2011, p. 88.
 
[8] Christopher LASCH, La révolte des élites et la trahison de la démocratie, Editions Flammarion, 2007 (édition originale : 1995), p. 168-169.
 
Crédit photo : Emilio Morenatti / AP

 


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123 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 3 juin 2011 11:27

    D’où l’importance primordiale de ne pas lâcher la bride aux élus de tous poils, sortes, obédiences et chapelles. L’exercice d’un contrôle sur leurs décisions et activités s’impose par le biais de comités d’aide et d’assistance auprès d’eux, lesquels pourraient par exemple être désignés par tirage au sort parmi les électeurs.


      • le poulpe entartré 3 juin 2011 14:35

        «  » Il faut noter que ce type de culture peut également être fait verticalement pour encore plus de rendement … 20 m² : ca peut faire 2m² au sol x 2m² en hauteur ( dans ce cas là cela consomme de l’électricité, mais des panneaux solaire ca existe )«  »

        On dirait bien que Jean Claude Vandham intervient sur le forum, toujours aussi bon en mathématiques et même que :

        http://www.youtube.com/watch?v=XUjKha1avXE&feature=related

        et puis aussi :

        http://www.youtube.com/watch?v=ru4u1dVL-Ms

        Jean Claude on t’a reconnu ! Enlève ce sac à patates Haré chrisna style.


      • Ariane Walter Ariane Walter 3 juin 2011 12:12

        Très intéressante synthèse.
        Ce sont justement les possibilités d’internet qui permettent d’arriver à un tel travail.
        dans quel médias mainstream verra -t-on autant de lignes, autant de témoignages, de photos, de vidéos. Chaque article est presque une revue à lui tout seul !

        je dois avouer que j’ai eu peur à un moment qu’un effroyable attentat amène pour conséquence la suppression d’internet tel que nous le connaissons.
        Mais ils n’ont pas été assez vifs. les gens ,maintenant se rencontrent dans la rue. Et là...
        Certes ils peuvent toujours appliquer la constitution de Maastricht, qui permet la peine de mort en cas d’insurrection dans tt l’Europe.
        Ils peuvent encore nous surprendre.
        Mais à mon avis certains sont déjà en train d’abandonner le navire amiral, le fameux Titanic, pour des transfuges de première bourre.
        ce que nous vivons est historiquement immense.
        C’est comme, en rugby, lorsqu’une ligne se déploie et fait voler le ballon de main en main.

        A quand le premier essai ?
        En sachant que cette partie se joue sur les terrains du monde...
        Notre avenir, c’est maintenant !


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 juin 2011 01:26

          @ Ariane Walter


          Ne criez pas victoire trop vite. C’est une course serrée pour savoir si c’est la gouvernance actuelle ou l’Internet qui sera supprimé. Quant à l’article, c’est du Taïké Eilée, donc du 5 étoiles, comme d’habitude. Ici, toutefois, je me dois d’ajouter un élément qui me semble indispensable au moment de la conclusion. 

          La démocratie ne me semble possible que si on comprend que : 

          1) Au palier du processus global de gouvernance, le peuple ne peut avoir qu’un droit de veto ; il n’a pas la compétence d’en définir les paramètres au niveau où celle-ci devient opérationnelle.

          2) La consultation populaire pourra donc être d’autant plus déterminante qu’on la scindera en plusieurs segments, dont la compréhension de chacun deviendra alors plus accessible au citoyen. Le citoyen doit voter sur la santé, la justice, l’éducation, etc.





        • gaijin gaijin 4 juin 2011 09:20

          la démocratie demande pour fonctionner un élément qui manque cruellement pour l’instant :
           des citoyens responsables
          tant que chaque personne ne regarde que son intérêt individuel a court terme ( ce qui est la définition de notre mode actuel de société ) la démocratie restera une utopie


        • lanatur lanatur 4 juin 2011 14:08

          Je vais dans votre sens Gaijin, moi même je me suis enflammé aux premières heures du mouvement espagnole, j’y voyait là un réel espoir mais quand je suis allé à bastille dimanche dernier, mes pensées ont commencé à se troubler, puis lors de mon retour chez moi je suis allé à pied chercher mon RER à ST Michel ND , je suis ainsi passer à travers , les rues et sur les parvis de l’hotel de ville puis de Notre Dame, une foule hétéroclite, plus nombreuse encore qu’à mon point de départ, s’agglutinait loin de l’état d’esprit de mes « co-révolutionnaires »,devant l’hotel Sully pour ça visite,des rollers en dilétantes,à la mairie un grand écran et du festif,à Notre Dame des touristes en admirations, aux terrasses des cafés bondées une pause consommation tout comme dans les rues du bas ST Michel où les rabatteurs des restos variés haranguaient le chaland pour qu’il vienne s’installer au milieu de tables déjà bien remplies,il ,n’était pourtant que 18H30.

          C’est ainsi que dans le train j’ai essayé de rassembler mes idées et idéaux. Ma réflexion a aboutit sur ce message que je viens d’envoyer à quelqu’un avec qui je devisais sur facebook :

          Quand à la révolution,douce utopie,il me semble qu’elle ne peut-être qu’intérieur, toutes, même celle de Gandhi,ont été récupéré.

          La démocratie, Rousseau nous rappel qu’elle ne peut exister dans « le grand nombre ».

          (A prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut imaginer que le peuple reste incessamment assemblé pour vaquer aux affaires publiques, et l’on voit aisément qu’il ne saurait établir pour cela des commissions sans que la forme de l’administration change. En effet, je crois pouvoir poser en principe que quand les fonctions du gouvernement sont partagées entre plusieurs tribunaux, les moins nombreux acquièrent tôt ou tard la plus grande autorité ; ne fût-ce qu’à cause de la facilité d’expédier les affaires, qui les y amène naturellement.
          D’ailleurs que de choses difficiles à réunir ne suppose pas ce gouvernement ? Premièrement un Etat très petit où le peuple soit facile à rassembler et où chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres ; secondement une grande simplicité de moeurs qui prévienne la multitude d’affaires et les discussions épineuses ; ensuite beaucoup d’égalité dans les rangs et dans les fortunes, sans quoi l’égalité ne saurait subsister longtemps dans les droits et l’autorité ; enfin peu ou point de luxe ; car, ou le luxe est l’effet des richesses, ou il les rend nécessaires ; il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion. Voilà pourquoi un auteur célèbre a donné la vertu pour principe à la République ; car toutes ces conditions ne sauraient subsister sans la vertu : mais faute d’avoir fait les distinctions nécessaires, ce beau génie a manqué souvent de justesse, quelquefois de clarté, et n’a pas vu que, l’autorité souveraine étant partout la même, le même principe doit avoir lieu dans tout Etat bien constitué, plus ou moins, il est vrai, selon la forme du gouvernement.
          Ajoutons qu’il n’y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le démocratique ou populaire, parce qu’il n’y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement à changer de forme, ni qui demande plus de vigilance et de courage pour être maintenu dans la sienne. C’est surtout dans cette constitution que le citoyen doit s’armer de force et de constance, et dire chaque jour de sa vie au fond de son coeur ce que disait un vertueux Palatin dans la Diète de Pologne : Malo periculosam libertatem quam quietum servitium. S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes.

          ROUSSEAU
          Du Contrat Social, Livre III, Chapitre IV)

          Il faudrait donc envisager un exode citadins, inverse au précedent qui nous a aliéné, une réoccupation du territoire et de petites communautés qui interagiraient et échangeraient entre elles, je verrai bien dans cette « utopie » une espèce de service civique et initiatique où les jeunes adultes devraient, à la manière des compagnons du tour de France, pendant une periode d’un à deux ans aller à la rencontre des autres communautés en quête de savoir et savoir faire, les échanges y seraient riches et les rencontres variées.
          Mais je ne pense pas que nous soyons prêt.


        • Emmanuel Aguéra LeManu 4 juin 2011 14:18

          Très bien les palabres. Le net c’est bien (sous-entendu : nous sommes des gens bien). Ok, très bien le net, très bien l’information, excellent, la diffusion, si pratique, le militantisme... en fauteuil. Bravo.
          Mais si les Tunisiens n’étaient pas au final descendus dans la rue, Ben Ali serait encore là. Alors sachez éteindre vos ordis et créez vous-même l’évènement ou participez à ceux en cours... d’autres « commentateurs engagés » sauront bien le relayer, va... Alors, rendez-vous là où ça se passe. Question d’honnêteté, vous comprenez ?

          http://www.reelledemocratie.fr/?cat=4

          Vite !!


        • Emmanuel Aguéra LeManu 4 juin 2011 14:19

          ON A BESOIN DE VOUS !


        • gaijin gaijin 5 juin 2011 09:16

          le manu
          quoi que je comprenne votre point de vue n’oubliez pas que la révolution dont nous avons besoin n’est pas sur le modèle des évènements passés ( c’est a dire une masse de suiveurs qui suivent un leader providentiel )
          ce modèle a démontré qu’il ne faisait que perpétuer le système en place sous une forme ou sous une autre ....
          merci donc de laisser chacun agir a sa manière et en fonction de sa perception et de ses opportunités propres .....ça ce sera une vraie révolution
          ceci dit vous avez raison il y a urgence

          lanatur
          oui il nous faut accomplir la révolution en nous même avant qu’elle se produise a l’extérieur c’est une condition préalable a tout vrai changement
          cela n’a rien d’insurmontable en fait le principal obstacle est de comprendre que c’est nécessaire ensuite le reste se fait simplement


        • JL JL 5 juin 2011 09:30

          @ PJCA,

          vous dites en gros que « le peuple n’a pas la compétence d’en définir les paramètres au niveau où celle-ci (la gouvernance) devient opérationnelle, et qu’il ne faut l’interroger que sur la santé, la justice, l’éducation, etc ».

          Dans « etc », y mettez-vous aussi la manière de régler les déficits ?

          Hier, Arnaud Montebourg était invité à débattre sur France Culture, il en appelait à la démondialisation. Son interlocuteur lui reprochait de ce que « la démondialisation n’est qu’un moyen, pas une fin en soi ! Qu’on attend d’un politique qu’il définisse une fin en soi » ! Dans cette optique, et puisque les tenants de l’establishment prétendent que les politiques n’ont pas à s’occuper des moyens (pouf pouf), admettrez vous qu’on interroge les peuples sur la démondialisation ?

          On est là, avec ces gens-là, en plein sophismes !

          Vous l’aurez compris : A. Montebourg est dans son rôle quand il préconise « sa » démondialisation : il appartient aux politiques de proposer des moyens (ce sont des décideurs), et aux peuples de voter pour ou contre ces moyens. Personne ne refusera de voter pour une société meilleure (une fin en soi), ce n’est pas la peine de se déterminer là-dessus. A l’opposé, ne laisser aux peuples que le soin de décider « après coup », de dire où il veut qu’on mette les ordures, qu’est-ce quon fait du juge d’Outreau, et autres conséquences de la turpitude des dirigeants et possédants ne me paraît pas relever d’une haute estime de ses semblables.


          Désolé !


        • Croa Croa 5 juin 2011 17:15

          à Gaijin : si « chaque personne ne regarde que son intérêt individuel a court terme » c’est parce que l’oligarchie actuelle règne à la manière d’un marchand. Cette fausse démocratie en laquelle nous croyions vivre nous avait été vendue tout simplement, et ce en flattant les intérêts individuels a court terme, CQFD !

          Les sujets redevenus citoyens auront évidemment une vision plus large, obligatoirement !


        • gaijin gaijin 5 juin 2011 17:25

          j’espère que vous avez raison
          je crains néanmoins que les dégats soient plus profonds que ça


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 5 juin 2011 21:35

          @ JL


          Les « fins en soi » que veut le peuple sont généralement incompatibles. Le cas emblématique est le désir universel d’augmenter les dépenses, de diminuer les impôts et de réduire la dette. Les mécanismes qui permettent de concilier au mieux ces désirs irréconciliables constituent divers scénarios : des programmes.

          Ce doit être le rôle des politiques de créer ces divers scénarios, en s’assurant que l’ensemble - le Programme du parti - répond aux exigences de la cohérence et n’est pas pur mensonge. Il faut pour ça pondérer des variables que des experts (fonctionnaires) vont évaluer techniquement, mais c’est au politique d« ajouter à SON programme - qui exigera toujours des sacrifices -l’idéal, le charisme, qui convaincront le citoyen d’accepter de préférence le sacrifice que lui propose plutôt que celui que suggère son adversaire. 

          Le politique qui propose le programme devrait avoir la compétence requise pour faire la synthèse nécessaire. Qu’une assemblée de ciitoyens choisis de façon aléatoires se prononce sur le programme, pourquoi pas ? Mais pourquoi ne pas utiliser alors les capacités de l,Internet et des réseaux interbanque, pour consulter démocratiquement tout le monde en forme référendaire sur des programmes sectoriels plus facile a comprendre ?. Il faut être conscient, toutefois, qu’a ce niveau on parle d’un VETO. Le peuple dit oui ou non. Les propositions constructives ont déjè eté faites au palier de »celui qui a la competence" 



          PJCA


        • Tristan Valmour 3 juin 2011 12:39

          Excellent article Taïke, comme d’habitude.

          J’ai juste une idée à soumettre à ces révolutionnaires qui aspirent à un monde meilleur.

          1.  Ils mettent chacun dans une besace commune 2 € par jour. Ceux qui peuvent mettre davantage, eh bien, ils mettent davantage. Plus, c’est mieux.

          2.  Avec cette besace, ils créent une, voire des associations dont l’objet est de vendre des produits et services. Bref, ils deviennent patrons, puisque c’est ce qu’ils veulent. Aucune loi ne va les en empêcher. Au sein de cette association, ils peuvent se donner la même rémunération, ils peuvent même créer une autre association pour faire du bénévolat, bref, il existe de nombreuses combinaisons possibles, des synergies à mettre en place.

          3.  Ils achètent les produits et services de cette association, ce qui va de fait diminuer le CA des « capitalistes exploiteurs ». En plus, comme ces « capitalistes exploiteurs » sont tous pris par le crédit (crédit auprès des banques, mais aussi paiement à 90 jours), une baisse importante de leur CA, et c’est la faillite. Faillites en cascade, tout s’écroule. Les indignés n’auront plus qu’à racheter les meilleures entreprises pour travailler différemment.

          4.  Ils créent un label, genre : « nos produits et services sont produits selon des normes éthiques : tout le monde a le même salaire, on respecte la nature… »

          5.  Ce label attirera non seulement les consommateurs qui n’adhèrent pas forcément au mouvement, mais aussi les travailleurs qui veulent travailler dans de meilleures conditions.

          6.  Lorsque leur capital sera suffisamment important, ils pourront créer leur propre banque, assurance (…) et poursuivre la révolution. Aucun CRS ne va les en empêcher.

          7.  Avec une force de frappe financière, ils compteront sur le plan politique. Ils pourront dire à tel maire : « nous nous installons dans votre ville, si vous faites ceci, cela… », car c’est ainsi que les choses se passent. La révolution s’inscrira donc sur le plan politique.

          8.  Ils ne passeront pas pour des oisifs aux yeux d’une partie de l’opinion publique.

          9.  Il va y avoir de nombreuses entreprises à racheter, il y a de nombreuses compétences disponibles. C’est le moment !

          10.  S’ils sont 5000, cela fait déjà 10000 € par jour. En 30 jours, ils ont de quoi monter une belle PME sous forme d’association. Ils commencent par ce qui est indispensable.

          11.  Tout peut aller très vite grâce à Internet. La Révolution est faite légalement en moins de 20 ans.

          12.  Une association n’émet pas de parts sociales, on ne peut pas la racheter. Tous les produits et services peuvent être vendus sous forme d’association. Une association pourra ester en justice pour concurrence déloyale lorsqu’elle met en lumière les magouilles entre l’Etat et les entreprises privées qui appartiennent aux copains des gens de l’Etat.

          13.  Avec une clientèle captive, les Indignés, il n’y aura pas besoin de publicité. Il n’y aura pas de versement de dividendes, ni de rémunérations hors normes. Par conséquent, ils pourront vendre leurs produits et services moins cher et/ou investir pour accélérer le mouvement.


          • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 3 juin 2011 14:17

            L’argent....
            Non, tu n’as pas compris, on n’est pas du tout une association de consommateurs mais un rassemblement de citoyens qui veulent se réapproprier la rue et la parole.
            Qui veulent se voir yeux dans les yeux et échanger leurs idées, trouver des solutions aux problèmes de l’humanité.


          • perlseb 3 juin 2011 16:57

            @ Tristant Valmour,

            Il y a quelques incohérences dans votre commentaire, même si en lecture rapide, cela peut sembler révolutionnaire.

            D’un côté vous dites « Bref, ils deviennent patrons, puisque c’est ce qu’ils veulent » et de l’autre « tout le monde a le même salaire ». A votre avis, pourquoi les gens veulent diriger les choses et prendre les responsabilités ? Parce que dans notre oligarchie, ce sont les métiers de décideurs qui sont les mieux rémunérés.

            Une vraie démocratie doit tenir compte de cette nature humaine à vouloir commander et diriger les choses. D’une part, une démocratie doit chercher à supprimer toutes les pyramides (elle doit être installée aussi bien en entreprise qu’au niveau de l’état). D’autre part, dans une démocratie qui plus est égalitaire, il n’y a justement pas égalité des salaires, mais des salaires qui viennent contrebalancer l’intérêt du travail. Par exemple, un décideur (un patron, un chef, un manager, ...) doit être sous-rémunéré : la demande pour ce genre d’emploi est plus forte que l’offre, donc le salaire doit être faible (cela doit aussi permettre d’éviter le plus possible ce genre d’emplois propres à un système pyramidal oligarchique : on doit toujours pouvoir s’en passer dans une structure démocratique). Pour d’autres métiers risqués ou sans intérêt mais qu’il faut faire de toutes façons (femme de ménage dans les lieux publics, ouvrier à la chaîne, ...), il faut au contraire augmenter la rémunération, car personne ne rêve de faire ce genre de métiers (cela permettrait aussi de favoriser la recherche pour augmenter la productivité de ces emplois et réduire leur nombre à un strict minimum). Quant aux étudiants, ils doivent avoir la meilleure rémunération possible : cela permet à la population d’être éduquée, productive, interchangeable,...

            Je suis pour l’égalité la plus parfaite qui passe forcément par une inégalité des revenus preque inversée par rapport à celle que nous connaissons.


          • JL JL 6 juin 2011 08:17

            Tristan Valmour ou Bouvard et Pécuchet réunis en une seule personne !

            A moins que ce ne soit Perrette, celle du « pot au lait » !

             smiley


          • PhilVite PhilVite 3 juin 2011 13:42

            Très intéressant.
            Vous citez Chouard, ce type fait un boulot incroyable.
            J’invite tout le monde à aller explorer son site, voir ce que réfléchir sur le système veut dire.
            C’est un prof qui a une bonne aptitude à faire comprendre des choses complexes. Commencer par voir les vidéos avant de passer aux écrits est sans doute une bonne façon de procéder.
            Au-delà de la dénonciation de l’iniquité du système, des propositions pour avancer...


            • kemilein 3 juin 2011 15:19

              peut être mais y’a confusion des genres.

              l’auteur annonce la mort de la démocratie représentative, certes, je suis depuis longtemps déjà sur la même pente.
              E.Chouard avec tout mon respect sincère et tout, prône une démocratie tiré au sort qui représenterait le peuple...
              alors oui, les tirés au sort seraient de beaucoup, beaucoup plus représentatif puisque du peuple même.

              néanmoins il y a un paradoxe a annoncer la mort d’une oligarchie dite démocratie-représentative et vouloir la remplacer a par une autre démocratie-représentative.
              Toutes deux différentes ça oui, mais toutes deux ayant selon moi trop de pouvoir-de-nuisance.

              de mon côté comme l’internet en fait la démonstration la DèmosArchie me convient largement mieux.

              le peuple écrit les lois
              le peuple vote les lois


            • zelectron zelectron 3 juin 2011 16:15

              @ PhilVite & kemilein
              Lire de Gilles d’Argyre (Gérard Klein) le Sceptre du Hasard, excellent exemple de stochastie.


            • kemilein 4 juin 2011 01:14

              je m’oppose a la hiérarchie. quelque soit sa forme.

              il n’existe selon moi (en l’état des connaissance sur le développement humain et neuronal) qu’une seule entorse : le développement des enfants, qui pour des raisons de « structuration des schémas et comportements sociaux » (en gros apprendre les coutumes) et de tressage-dressage neuronal on besoin de se voir imposer une autorité.

              cette autorité n’est pas totalitaire ou autoritaire, mais un enfant n’ayant pas de « choix » de ce qu’il veut apprendre ou « doit » apprendre (par exemple respecter ses semblables plutôt que vouloir leur mort) parce que lui même n’est pas en état de le choisir, nous lui imposons, pas de force, mais, de fait une éducation et une instruction.

              au nom de quoi ? vaste question... mieux vaut il laisser les enfants tel quel sans éducation, ne pas leur apprendre a parler, a lire écrire ? ou bien leur imposer une éducation, bâtie sur quelle légitimité ? pour moi dans le doute, l’éducation est préférable pour leur propre survie/adaptation ainsi que pour cette même survie/adaptation du groupe dans son environnement.
              c’est une vue pragmatique concrète, pas forcément légitime, mais on a rien trouvé de mieux pour éviter aux hommes d’être des animaux plus bestiaux que sociaux, et leur évité aussi d’être du bétail.


            • Le Canard républicain Le Canard Républicain 3 juin 2011 13:58

              @l’auteur
              Citoyen,
              Il existe un merveilleux petit livre de Monique et Roland Weyl : Démo-cratie pouvoir du peuple, Le Temps des Cerises, 1996.
              Je vous communique un lien qui vous permettra d’écouter l’intervention de Roland Weyl (Une condition de la démocratie) lors du colloque « REFUSER LA SERVITUDE VOLONTAIRE, la souveraineté populaire, parlons-en ! », le 28 mars 2009, ainsi que celle de l’historienne Florence Gauthier (Souveraineté populaire, de quoi parle-t-on ?) : http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article243

              De plus, le projet de déclaration des droits de l’homme et du citoyen présenté par Robespierre le 24 avril 1793 (« Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement, et révoquer ses mandataires ») devrait vous intéresser : http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article378

              Quant à l’idée du tirage au sort d’Etienne Chouard, je vous donne un extrait de l’article d’André Bellon, Le paradis du hasard, publié par l’Association pour une Constituante : « Le tirage au sort des députés est, si on y regarde de plus près, le rêve de la classe dirigeante. Des citoyens isolés, sans identités politiques, sans liens avec les citoyens, sans mandats et sans responsabilités devant les électeurs sont, en effet, une proie idéale pour toutes les technocraties. Il est d’ailleurs révélateur que les tenants de ce système évoquent subrepticement la nécessité de conseillers qui donneraient leurs précieux conseils aux nouveaux délégués, sortes de Robinsons politiques ».
              André Bellon a écrit en 2007 son manifeste pour une Assemblée Constituante.

              Je vous rappelle que l’élection de la Convention en 1792 s’était faite pour la première fois dans l’histoire nationale au suffrage universel.

              Cordialement.
              J.G.


              • Étienne Chouard Étienne Chouard 4 juin 2011 12:36

                Bonjour,

                Je vais rappeler au « Canard républicain », ce que je lui ai déjà répondu il y a quelques jours sur le même sujet, sur ce même site :

                Je connais personnellement André Bellon, que j’ai rencontré plusieurs fois, et avec qui je suis d’accord sur presque tout… sauf sur le tirage au sort, à l’évidence, mais c’est un débat, voilà tout.

                 Pour comprendre le point de vue de l’Association pour une Constituante, je signale qu’ANDRÉ BELLON EST UN ÉLU (il a été président de commission à l’Assemblée nationale), ce qui permet de prévoir sans difficulté qu’il va naturellement détester l’idée du tirage au sort (puisque cette idée le mettrait mécaniquement au chômage, ou lui retirerait la plupart de ses chances d’être désigné). 

                 On peut donc comprendre cet homme.

                 Mais sans confondre son intérêt personnel avec l’intérêt général.

                 

                Relisez les FAITS de 200 ans de pratique quotidienne du tirage au sort (avec des tirés au sort amateurs qui remplissent une charge, temporaire, qui rendent des comptes et qui sont révocables, etc.) : c’est infiniment plus convaincant — à mon goût — qu’une (fumeuse) théorie (inversant le sens des mots à la manière de Big Brother) selon laquelle "le tirage au sort serait le rêve de la classe dirigeante" (sic) : si c’était le cas, si le tirage au sort était le rêve de la classe dirigeante, le tirage au sort serait évidemment advenu... Or, il n’en est rien. Cela n’est pas sérieux.

                André Bellon nous prédit : « Des citoyens isolés, sans identités politiques, sans liens avec les citoyens, sans mandats et sans responsabilités devant les électeurs sont, en effet, une proie idéale pour toutes les technocraties.«  Mais cette prédiction est un cauchemar monté de toute pièce pour faire peur, mais qui n’a rigoureusement RIEN à voir avec la démocratie (et son moteur indispensable qu’est le tirage au sort) ; relisez mon texte : en démocratie, tous les représentants sont responsables et révocables à tout moment... Cette prévision d’absence de mandat et de responsabilité est donc farfelue. Et cette prédiction d’André Bellon fait, d’ailleurs, comme si les élus n’étaient pas, eux, de fait, une proie idéale pour toutes les technocraties... Cet article ressemble à une blague...

                Selon moi, la position d’André Bellon n’est nullement démocratique : c’est un élu qui défend (naturellement) un régime d’aristocratie élective, voilà tout. Il suffit de le savoir.


                On ne peut pas se prétendre démocrate et défendre l’élection, c’est incohérent.

                Amicalement.

                Étienne.

                http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tirage_au_sort.php

                PS  : je signale que j’avais préparé (et posté sur son site) un commentaire critique au billet d’André Bellon, mais que ma réponse n’a jamais été publiée, probablement pour éviter toute « polémique » par trop « antirépublicaine »  smiley

                PPS  : merci à Taïké Eilée pour son article, très intéressant : j’y ai trouvé de nouvelles sources de réflexion. On est plus forts ensemble, c’est sûr.

                 


              • Le Canard républicain Le Canard Républicain 4 juin 2011 16:04

                Citoyen Chouard,

                Est-ce de la malveillance de votre part d’écrire de nouveau qu’André Bellon est un élu ?
                Cela fait 20 ans qu’André Bellon n’est plus un élu et qu’il a renoncé de lui-même à l’être.

                Ce n’est pas à travers un commentaire que je vais répondre (ou d’autres personnes...) sur un débat de fond concernant la démocratie et votre idée de tirage au sort. Cela ne serait pas sérieux.

                Bien évidemment, moi-même ou d’autres personnes, publierons prochainement un texte pour répondre à votre argumentation.

                A bientôt citoyen.
                Cordialement.
                J.G.

                P.S. : je redonne aux lecteurs d’Agoravox deux liens permettant de bien recadrer le débat :
                - Une condition de la démocratie de Roland Weyl (conférence en ligne)
                - Souveraineté populaire, de quoi parle-t-on ? de Florence Gauthier (conférence en ligne)


              • Étienne Chouard Étienne Chouard 4 juin 2011 16:06

                Pour info, voici le message censuré par André Bellon, message que j’ai envoyé le 19 mars 2010 sur son site, en réponse à son billet, commentaire qui n’a jamais été publié :

                ************************************************************************

                Qui est légitime pour décider du mode de désignation des représentants du peuple ? Est-ce le peuple ou ses représentants ?

                _________________

                Bonjour.

                Il est naturel qu’un élu déteste la procédure qui le mettra probablement au chômage.

                 smiley

                De même pour un candidat.

                Pas de surprise, donc, à voir ici discréditer la seule procédure authentiquement démocratique.

                Pourtant, si l’on veut bien dépasser le point de vue de l’élu (ou du futur élu, ce qui revient au même), force est de constater que, depuis 200 ans, C’EST L’ÉLECTION QUI NE TIENT PAS SES PROMESSES, et c’est donc plutôt l’élection qui mérite d’être qualifiée de « fantasme ».

                À l’évidence, toujours et partout, L’ÉLECTION A PERMIS AUX RICHES D’ACHETER LE POUVOIR.

                Ainsi, prolongeant ce qui s’est toujours passé de cette façon, une Assemblée constituante ÉLUE ne sera toujours composée QUE de membres des PARTIS ayant supporté des candidats et, une fois de plus, ce seront encore des hommes de pouvoir qui écriront —pour eux-mêmes— les règles du pouvoir… et on n’en sortira pas.

                Une Assemblée constituante ÉLUE est donc un piège politique, c’est même LE piège original, la source principale de notre impuissance politique, celui-là même qui nous enferme depuis des siècles, le piège qui permet aux partis —et surtout à leur chefs— de confisquer la politique et d’organiser l’impuissance populaire.

                _____

                À l’inverse, le tirage au sort est une procédure égalitaire, impartiale et incorruptible…

                Qualités plutôt rares et appréciables, de nos jours, on en conviendra.

                _____

                Je vous suggère de lire ces contributions que j’ai produites depuis quelques années sur ce sujet fondamental (au sens strict) :

                • Lisez d’abord cette synthèse :
                « Élection ou tirage au sort ? Deux questions :
                1) Aristocratie ou démocratie ?
                2) Qui est légitime pour faire ce choix de société ?
                Le peuple lui-même ou ses élus ? »
                http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Tirage_au_sort.pdf

                • Voyez ensuite cette vidéo :
                « Faut-il tirer au sort nos députés ? »
                Un débat télévisé sur LCP (La Chaîne Parlementaire) dans l’émission Impertinences avec Bruno Masure (en deux parties) :
                http://www.dailymotion.com/relevance/search/chouard/video/x22dxw_etienne-chouard-11-le-tirage-au-sor

                • Voyez aussi cette autre vidéo, plus détaillée :
                « Pour une Assemblée Constituante tirée au sort »
                http://blog.tcrouzet.com/2007/03/04/pour-une-assemblee-constituante/

                • Voyez aussi ces trois lieux de débat ciblés sur le tirage au sort :

                - « Le tirage au sort, d’Étienne Chouard à Ségolène Royal. Wiki-enquête sur un revival athénien »
                un débat sur le Big Bang Blog :
                http://web.archive.org/web/20070620232350/www.bigbangblog.com/article.php3?id_article=457

                - « Et si la 6ème République venait de commencer ? Le BBB s’autoproclame jury-tiré-au-sort de Royal »
                http://web.archive.org/web/20070620231153/www.bigbangblog.com/article.php3?id_article=459

                - « Désignation des représentants politiques : élections (et avec quel mode de scrutin) ou tirage au sort ? »
                http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=20

                • Et voyez enfin cette autre vidéo, qui relie entre elles les deux problématiques essentielles : Constitution et Monnaie : « Le processus constituant et la création monétaire »
                Extrait (20 min.) de la conférence que j’ai donnée à l’IEP d’Aix, en compagnie de Raoul Marc Jennar, le 15 janvier 2008.
                http://www.youtube.com/watch?v=gtyqbfhXnIE&feature=related 

                En tout état de cause, comme la Constitution elle-même, pour être LÉGITIME, le mode de désignation de l’Assemblée constituante devrait être établi par RÉFÉRENDUM.

                Cordialement.

                Étienne Chouard
                http://etienne.chouard.free.fr/Europe

                ________________

                (à suivre...)


              • Étienne Chouard Étienne Chouard 4 juin 2011 16:26

                .
                @ Citoyen Canard smiley

                Ce serait commode, en effet, que je ne sois mû que par malveillance, n’est-ce pas ? Cela vous dispenserait d’une argumentation, pas forcément facile compte tenu des FAITS de dépossession politique du peuple par les mécanismes du gouvernement représentatif.

                Mais détrompez-vous : loin d’être malveillant, je suis d’accord et solidaire avec presque toutes les valeurs et tous les combats d’André Bellon (ceux que je connais, au moins).

                Cependant, quelle que soit la proximité intellectuelle que je ressente à son égard, j’estime que les élus, tous les élus, devraient mettre EUX-MÊMES UN POINT D’HONNEUR à ne pas se mêler du processus constituant où ils sont, par construction, à la fois juges et parties, donc en situation de conflit d’intérêts.

                Je n’ai pas d’autres discours avec TOUS mes amis élus.

                Rien à voir avec une quelconque malveillance.

                Quand à l’argumentaire serré que vous me promettez, je l’attends avec sérénité : en effet, on ne progresse jamais tant que dans la contradiction, et je ne souhaite pas avoir raison : je souhaite mettre au point des institutions robustes contre tous les abus de pouvoir, calmement, rationnellement.

                Donc, si vous me démontrez que j’ai tort, je changerai volontiers d’avis, content d’avoir fini de me tromper.

                Mais cela reste à démontrer smiley

                Cordialement.

                Étienne Chouard.


              • Étienne Chouard Étienne Chouard 4 juin 2011 18:10

                @ Citoyen Canard,

                Vous avez bien voulu, pour finalement « recadrer le débat » (sic), nous signaler ceci :

                -  Une condition de la démocratie de Roland Weyl (conférence en ligne)

                Je vous remercie chaleureusement car vous apportez de l’eau à mon moulin. Je cite quelques passages, que je pourrais signer moi-même :

                (Minute 3:54) "Tout le 19e siècle va être une bataille pour donner le contenu de souveraineté populaire à une confiscation de la démocratie par la doctrine de Tocqueville : les élus sont les élus de la Nation et la Nation est une globalité ; à partir du moment où ils sont élus, ils assument la souveraineté de la Nation (non pas la souveraineté du peuple)."

                (Minute 5:22) "La fiction de la souveraineté va jusque-là. La souveraineté populaire devient alors une caution ; les élus tirent leur légitimité de ce qu’ils sont élus, mais le peuple ne vient là que légitimer un pouvoir qui lui est confisqué. C’est une bataille fondamentale aujourd’hui."

                (Minute 6:37) "Aujourd’hui, nous vivons dans la caricature la plus sublimée de la souveraineté populaire par ce qui est sans doute un des plus grands fléaux de la crise de société qui est la délégation de pouvoir."

                Je n’invente rien, je retranscris mot pour mot la conférence que vous me signalez pour me « recadrer »…  :)

                Citoyen Canard, comment pouvez-vous être d’accord à la fois avec cet auteur que vous signalez comme utile et qui dénonce l’escroquerie politique que renferme le principe même de la représentation politique par élection et, en même temps, prôner l’élection comme seule technique raisonnable de désignation des membres de l’Assemblée constituante ? Moi, ça me paraît incohérent, mais c’est peut-être un malentendu.

                Plus loin (minute 8:58) : "La souveraineté populaire, ce n’est pas celle qui est déléguée, c’est celle qui est exercée en permanence. (…) La souveraineté populaire doit être une souveraineté exercée. (…) La représentativité ne doit pas être délégataire, mais instrumentale."

                Il est bien, ce Roland Weyl, en effet : je signe tout ça, sans problème, Citoyen Canard :)

                -------------

                Cher Canard Républicain, j’ai envie de vous proposer une technique intermédiaire entre l’élection et le tirage au sort, une astuce intelligente qui permet d’habitude de rapprocher les points de vue (car je suis sûr, en effet, qu’au-delà de quelques frictions polémiques entre militants, nous cherchons au fond la même chose, le bien commun) :

                Que pensez-vous, Citoyen Canard, de L’ÉLECTION SANS CANDIDATS ?

                Il s’agit de se déprendre de ceux qui veulent le pouvoir (depuis Platon, on sait que ce sont le derniers à qui il faut le donner), tout en gardant la liberté de choisir nos représentants, mais en prenant bien garde à ce que ce choix reste RÉEL, LIBRE, sans nous trouver enfermés comme aujourd’hui dans les faux choix imposés par les grands partis politiques, toujours servilement vendus aux plus riches.

                Procédure : chacun d’entre nous désignerait autour de lui quelques personnes de son choix qu’il considère comme « valeureuses », dignes de le représenter. Et ensuite, on peut imaginer de, soit tirer au sort parmi ces valeureux (méthode égalitaire et incorruptible), soit retenir ceux qui sont les plus souvent élus (ce qui donnerait une prime peut-être discutable aux citoyens médiatisés, pas forcément les meilleurs).

                Comme avec le tirage au sort (ou presque), il me semble que ce mode de désignation (libre) permettrait au peuple de composer une Assemblée constituante DÉSINTÉRESSÉE.

                Car, selon moi, c’est précisément ce désintéressement réel des députés constituants qui est LA condition sine qua non pour sortir de ce que j’appelle « la préhistoire de la démocratie ».

                Qu’en pensez-vous ?

                Cordialement.

                Étienne Chouard.
                http://etienne.chouard.free.fr/Europe/En_Vrac.pdf

                 


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 juin 2011 23:46

                @ Etienne Chouart


                Puis je vous suggérer de jeter un coup d’oeil sur la proposition de Nouvelle Société pour une réforme démocratique ? Nous avons considéré le tirage au sort - un processus que nous avons désigné comme la « représentativité aléatoire » (sans aucune condescendance) -mais nous croyons que la nécessité d’une EXPERTISE dans une société technique complexe milite en faveur d’un choix des décideurs en fonction de leur compétence.


                 Je suis à votre disposition pour en discuter, mais je crois qu’il faudrait choisir un forum où nous ne squaterons pas cet excellent article de Taïké. Je puis aller sur votre site ou vous etes le bienvenu sur le mien http://nouvellesociete.wordpress.com

                Pierre JC Allard

                 

              • Étienne Chouard Étienne Chouard 5 juin 2011 08:53

                Pierre JC Allard,

                OK, j’ai imprimé ; je vais lire ça dès que possible.
                Merci.
                Étienne.

              • JL JL 5 juin 2011 09:49

                Si je comprends bien, on doit choisir entre la peste et le choléra : Une constituante émanant des partis ou bien du tirage au sort.

                @ Etienne Chouard, cette phrase m’interpelle, je cite : ’On ne peut pas se prétendre démocrate et défendre l’élection, c’est incohérent.’ Pourriez vous être plus clair ? Sauf erreur, le suffrage universel est une élection !?


              • PhilVite PhilVite 5 juin 2011 12:01

                JL, décidément, vous avez du mal avec les liens.
                Et avec vos idées préconçues aussi.
                Election = Démocratie est une idée fausse. Ce que développe E.Chouard sur son site.
                Mais encore vous faudrait-il faire l’effort d’y aller ...


              • JL JL 5 juin 2011 19:17

                Philvite, êtes-vous le nègre de Chouard ?


              • JL JL 5 juin 2011 19:21

                 ’On ne peut pas se prétendre démocrate et défendre l’élection, c’est incohérent.’

                Cette phrase est absurde, quels que soient les arguments développés dans un lien que personne n’est obligé de lire.

                Si l’on veut battre Big Brother, ce n’est pas en faisant comme lui, en tordant les mots qu’on y arrivera !


              • PhilVite PhilVite 5 juin 2011 22:41

                Et il insiste, l’animal !!  smiley smiley


              • JL JL 5 juin 2011 22:55

                Philvite,

                vous êtes con ou bien vous avez une dent contre moi ? Les deux ?


              • PhilVite PhilVite 6 juin 2011 01:00

                JL, ne tombez pas si facilement dans la vulgarité.

                Vous pourriez tranquillement éviter le ridicule en allant faire un tour sur le site de Chouard, mais vous n’avez pas de temps à perdre, comme l’autre jour quand on discutait du RU. Vous préférez camper sur vos positions plutôt que de prendre le risque de les voir ébranlées en explorant d’autres points de vue. Du coup, vous pédalez un peu dans la semoule.

                La conclusion est que je suis effectivement très con puisque connaissant votre comportement, j’ai quand même pris le temps de vous répondre.

                Tiens, je pousse même la connerie encore plus loin, dans un dernier élan de bienveillance, je vous donne la réponse de Chouard à votre question, elle fait 14 pages ! :
                http://etienne.chouard.free.fr/Europe/centralite_du_tirage_au_sort_en_democ ratie.pdf

                Il vous faudra y consacrer un peu plus de 2 minutes, à mon avis.  smiley


              • JL JL 6 juin 2011 13:48

                @ Philvite,
                 
                Vous ne devez pas être très futé en effet, puisque, à partir de ce que j’aurais selon vous une idée préconçue relative au RU, j’aurais des idées préconçues sur tout.

                Pour ce qui est de mon intervention ici, je n’ai pas l’intention de lire à votre demande 14 pages de démonstration qui ne m’intéresse guère : je pense que Mr Chouard peut ignorer ma remarque (cf.ci-dessus 5 juin 19:21) ou bien y répondre lui-même en trois lignes, et cela ne vous concerne pas.


              • Étienne Chouard Étienne Chouard 7 juin 2011 01:09

                Cher JL,

                C’est une question de définition : l’élection est un choix, le choix du meilleur, le meilleur= aristos.
                Par définition, je dis bien par définition, l’élection de représentants est une procédure aristocratique.

                DONC, la démocratie ne peut PAS se fonder sur l’élection, qui est sa négation même.

                Le seul suffrage universel compatible avec une démocratie digne de ce nom, c’est le vote DIRECT des citoyens présents à l’Assemblée, commune par commune.

                Autrement dit, l’expression "démocratie représentative" est un oxymore, une contradiction dans les termes, une... incohérence.

                -----

                Je vous propose quelques citations utiles, à connaître, il me semble :

                • « Les élections sont aristocratiques et non démocratiques : elles introduisent un élément de choix délibéré, de sélection des meilleurs citoyens, les aristoi, au lieu du gouvernement par le peuple tout entier. » Aristote, Politique, IV, 1300b4-5.

                • « Ce sont les Grecs qui ont inventé les élections. C’est un fait historiquement attesté. Ils ont peut-être eu tort, mais ils ont inventé les élections ! Qui élisait-on à Athènes ? On n’élisait pas les magistrats. Les magistrats étaient désignés par tirage au sort ou par rotation. Pour Aristote, souvenez-vous, un citoyen est celui qui est capable de gouverner et d’être gouverné. Tout le monde est capable de gouverner, donc on tire au sort. Pourquoi ? Parce que la politique n’est pas une affaire de spécialistes. Il n’y a pas de science de la politique. Je vous fais remarquer d’ailleurs que l’idée qu’il n’y a pas de spécialistes de la politique et que les opinions se valent est la seule justification raisonnable du principe majoritaire. » Cornélius Castoriadis, Post scriptum sur l’insignifiance.

                • « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »  Abbé SIEYÈS, discours du 7 septembre 1789.

                • « J’entends par jury un certain nombre de citoyens PRIS AU HASARD et revêtus momentanément du droit de juger. (…) le jury est avant tout une institution politique ; on doit le considérer comme un mode de la souveraineté du peuple ; il faut le rejeter entièrement quand on repousse la souveraineté du peuple, ou le mettre en rapport avec les autres lois qui établissent cette souveraineté. Le jury forme la partie de la nation chargée d’assurer l’exécution des lois, comme les Chambres sont la partie de la nation chargée de faire les lois ; et pour que la société soit gouvernée d’une manière fixe et uniforme, il est nécessaire que la liste des jurés s’étende ou se resserre avec celle des électeurs. (…)
                De quelque manière qu’on applique le jury, il ne peut manquer d’exercer une grande influence sur le caractère national ; mais cette influence s’accroît infiniment à mesure qu’on l’introduit plus avant dans les matières civiles.
                Le jury, et surtout le jury civil, sert à donner à l’esprit de tous les citoyens une partie des habitudes de l’esprit du juge ; et ces habitudes sont précisément celles qui préparent le mieux le peuple à être libre.
                Il répand dans toutes les classes le respect pour la chose jugée et l’idée du droit. Ôtez ces deux choses, et l’amour de l’indépendance ne sera plus qu’une passion destructive. Il enseigne aux hommes la pratique de l’équité. Chacun, en jugeant son voisin, pense qu’il pourra être jugé à son tour. Cela est vrai surtout du jury en matière civile : il n’est presque personne qui craigne d’être un jour l’objet d’une poursuite criminelle ; mais tout le monde peut avoir un procès.
                Le jury apprend à chaque homme à ne pas reculer devant la responsabilité de ses propres actes ; disposition virile, sans laquelle il n’y a pas de vertu politique. Il revêt chaque citoyen d’une sorte de magistrature ; il fait sentir à tous qu’ils ont des devoirs à remplir envers la société, et qu’ils entrent dans son gouvernement. En forçant les hommes à s’occuper d’autre chose que de leurs propres affaires, il combat l’égoïsme individuel, qui est comme la rouille des sociétés.
                Le jury sert incroyablement à former le jugement
                et à augmenter les lumières naturelles du peuple. C’est là, à mon avis, son plus grand avantage.
                On doit le considérer comme une école gratuite et toujours ouverte, où chaque juré vient s’instruire de ses droits, où il entre en communication journalière avec les membres les plus instruits et les plus éclairés des classes élevées, où les lois lui sont enseignées d’une manière pratique, et sont mises à la portée de son intelligence par les efforts des avocats, les avis du juge et les passions mêmes des parties. Je pense qu’il faut principalement attribuer l’intelligence pratique et le bon sens politique des Américains au long usage qu’ils ont fait du jury en matière civile.
                Je ne sais si le jury est utile à ceux qui ont des procès, mais je suis sûr qu’il est très utile à ceux qui les jugent. Je le regarde comme l’un des moyens les plus efficaces dont puisse se servir la société pour l’éducation du peuple.  » Tocqueville, « De la démocratie en Amérique », livre 1, partie 2, chapitre VIII.

                Je vous propose enfin de consulter cette compilation passionnante (je trouve) que j’ai composée sur ce sujet :

                http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Ressources_UPCPA/UP_d_Aix_sur_le_tira ge_au_sort_kleroterion_Sintomer_Montesquieu_Tocqueville.pdf

                Bien à vous.

                Étienne.

                http://etienne.chouard.free.fr/Europe/tirage_au_sort.php

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Taïké Eilée

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