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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Le théâtre public en France, mythe, réalité ou illusion ?

Le théâtre public en France, mythe, réalité ou illusion ?

Le jeu de chaises musicales (qui va diriger l’Odéon, le TNS, la Colline ?) qui secoue le théâtre français n’est que l’illustration la plus frappante des questionnements qui traversent l’institution théâtrale publique. Il ne s’agit pas de montrer du doigt la désespérante fonctionnarisation du secteur mais bel et bien de redire à quel point la politique culturelle française relève encore du fait du prince. Qu’il s’agisse du président de la République, du président de région, du maire, autant de voix et d’avis construisent plus ou moins habilement cette politique.

A l’heure où l’on ne parle que de démocratie participative, il est plaisant de constater que dans ces institutions culturelles (théâtres nationaux, centres dramatiques, scènes nationales...) il n’existe que très peu de leviers actifs en direction du public pour infléchir, colorer ou critiquer la programmation de ces théâtres. On nous répond que l’artiste seul est maître (mais cette logique ne fonctionne que dans les lieux où la création est prioritaire) ou le directeur, qui n’hésitera pas à parler de « sa programmation » en n’oubliant au passage qu’une mission de service public ne fait pas de lui un mécène inspiré mais l’élément moteur d’une politique d’animation culturelle. Que les critères de cette politique d’animation soient si imprécis, alors qu’ils devraient être le fondement même de l’animation culturelle, que ce simple mot ne soit plus qu’une façade vide de sens témoignent bien du malaise que traverse le théâtre français. Passe encore qu’il n’existe plus réellement d’artistes de théâtre en France capable de remplir Chaillot sur une grande série, passe encore que le sort de l’écriture dramatique contemporaine soit si « dramatique », mais à l’heure où l’ensemble de la classe politique française se voit forcée d’instaurer un autre dialogue avec les électeurs, on peine à croire que nos théâtres soient si peu ouverts à cette mission d’éducation populaire qui consiste à impliquer le public à la programmation.

Il ne s’agit pas d’en faire l’arbitre des élégances, et son « académisme » formel ne fera peut-être que reprendre celui des professionnels de la « profession » mais ce n’est qu’au prix d’une telle réflexion que le théâtre public sortira la tête haute de sa crise. En janvier prochain, le directeur d’un centre dramatique de l’Ouest de la France quittera son poste. Il laissera derrière lui un bilan artistique que je n’ai pas à commenter, mais il laissera surtout un théâtre à plat financièrement, déconnecté pour une longue période de son traditionnel public populaire, sans réelle connexion avec la vie culturelle locale ou régionale. Lui aussi attend avec sérénité le résultat des chaises musicales. Qui, au ministère, à la région, à la mairie, a donné au public l’occasion de participer à une nécessaire évaluation ? Quel dispositif de liens actifs entre le public, le non-public (je sais ça fait un peu rire), les artistes locaux et les décideurs politiques a été mis en place pour qu’autour de la nomination d’un futur directeur se crée une dialectique entre toutes ces parties ? N’est-ce pas l’essence même du projet culturel national voulu après la Libération ?

Inutile alors de réveiller systématiquement la figure fanée de Vilar. Contentons-nous d’être les aiguillons d’une plus grande transparence dans toute cette politique culturelle. Créons, innovons, mettons en place de véritables politiques d’animation culturelle qui ne seraient plus déléguées aux intermittents de service mais qui seraient bel et bien le fer de lance du projet directorial. C’est certainement par ce travail pédagogique et artistique que l’on pourra reprendre les missions du théâtre dictées par Beaumarchais : instruire en amusant. L’éducation populaire devrait se retrouver au centre de la campagne présidentielle, il n’en est rien, et les propositions de nos partis en la matière sont simplement nulles ! A ce rythme-là, l’exception culturelle française ne sera plus qu’un conte.


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12 réactions à cet article    


  • Grimbert Grimbert 24 novembre 2006 12:09

    Vivement que tous ces machins soient privatisés et que l’Etat avec ses gros sabots arrête de pratiquer une « politique culturelle » à la con.


    • fredleborgne (---.---.83.10) 24 novembre 2006 16:14

      L’exception culturelle française est déjà un compte. Un compte qui engouffre de plus en plus de subventions, de réduction d’impots et de taxes sur les supports au nom du droit tronqué et bafoué de la copie privée ...et toujours asséché en vain. Un tonneau des danaides qui n’étanche, ni la soif de connaissance des français, ni la soif de l’or des cupides de l’industrie du « divertissement ». Pourquoi continuer à financer une façade qui ne parvient pas à colorer la toile ? Je regrette que le théatre paie pour cette incurie, et que pour le faire taire, les directeurs soient des complices du pouvoir fautif...


      • (---.---.200.47) 24 novembre 2006 18:41

        L’intention de cet article n’était pas de lancer une polémique inutile sur la nécessité d’une offre théâtrale publique. Il va de soi qu’elle est l’honneur même d’une démocratie. Je pense cependant qu’il nous faut, dans ce point, comme dans tant d’autres, réinterroger le modèle historique (la décentralisation théâtrâle) à la lumière des évolutions culturelles actuelles et surtout ne jamais perdre de vue la raison d’être de cette politique culturelle : subventionner une mission d’éducation critique et citoyenne à l’art.


      • ohlala (---.---.124.230) 24 novembre 2006 19:07

        Difficile de commenter / répondre à votre article tellement le problème est compliqué, surtout que celui du choix des directeurs par lequel vous amorcez votre texte n’est que la partie sommitale de l’iceberg. Qui fond lentement, je suis d"’accord avec vous.

        « qui va diriger l’Odéon, le TNS, la Colline ? »

        Que Régine Chopinot (au hasard) soit directrice à La Rochelle depuis ...20...25 ans (?) d’un Centre Chorégraphique National (CCN) s’il faut citer des noms, ce que vous ne faites pas, me semble emblématique d’un défaut de ce système français. Autant dire qu’elle est fonctionnaire. Pas ce qu’il y a de mieux, un artiste fonctionnaire.

        « Que les critères de cette politique d’animation soient si imprécis »,

        Non. Il y a pour chaque CDN -centre dramatique national- ou CCN, un cahier des charges très précis, mis au point par l’Etat -Ministère culture- en relationavec les DRAC (Direction Régionales d’Action Culturelle) au cas par cas.

        Par exemple, quand vous dites « l’artiste (...) l’élément moteur d’une politique d’animation culturelle », Savez-vous réellement comment travaillent les compagnies dont le spectacle est acheté et programmé par ces structures, en dehors du spectacle lui-même ? Pourquoi ne parlez-vous pas des compagnies (danse, théâtre, hip-hop, cirque, etc..) en résidence, pour travail de pédagogie auprès des habitants de la ville, et de la région, des écoles et lycées. Et ce, parfois sur la durée d’une année. Plus souvent par des résidences d’une semaine où les artistes de ces compagnies viennent faire un travail préparatoirs relatif au spectacle à venir auprès du public, ou des enfants des écoles.

        Il suffit qu’un prof de français fasset la demande pour sa classe auprès du CDN de sa région, pour qu’il ait des artistes programmés par celui-ci pour venir animer sa classe, si le sujet s’y prête.( Je vous parle en connaissance de cause).

        « Que les critères de cette politique d’animation soient si imprécis, »

        Archi faux. Le problème n’est pas là. Mais plutôt que l’Etat n’a pas les moyens de sa politique.

        Connaissez-vous la part du budget de l’Opéra Garnier (je ne parle même pas de l’Opéra Bastille) dans le total du budget alloué à la danse en France ?

        Et considérez-vous ce que programme cet Opéra comme de l’art d’aujourd’hui ? càd. contemporain. C’est Mme Chirac qui voulait suppimer les subventions de la danse contemporaine au seul profit de l’Opéra. Etes-vous d’accord avec elle, sous prétexte que l’Opéra Garnier est bien fréquenté (par les bourges) ?

        Les mêmes considérations s’appliquent au théâtre.

        Vous êtes donc auteur dramatique.

        Comment pouvez-vous dire « Passe encore qu’il n’existe plus réellement d’artistes de théâtre en France capable de remplir Chaillot » ? Chaillot, c’est deux salles. Dont la grande n’est « remplissable » que par quelques spectacles « oecuméniques », tant cette salle n’est plus adaptée au théâtre d’aujourd’hui. Et d’ailleurs, vous savez que son directeur en place a été nommé dans ce but. Parce-qu’auparavant, il « remplissait » la salle de Bobigny avec une programmation d’une grande qualité.

        La preuve du contraire ;

        La pièce « Eraritjaritjaka » (pas un gag ! Heiner Goebbels / André Wilms) programmée par l’Odéon aux Ateliers Berthiers (Paris) dans le cadre du Festival d’automne, a fait salle comble, jouée à guichets ferméssur la durée de sa programmation, et refusé autant de demandes dse spectateurs potentiels. C’est un exemple.

        Maintenant pourquoi faudrait-il penser à remplir des salles alors que les gens passent leurs soirées sur le net, décrochant même de la télé.

        Pourquoi le Festival d’Avignon est-il si fréquenté alors que les mêmes spectacles, dans l’intimité d’une salle à taille conviviale sont boudés ?

        Et pourquoi la rubrique théâtre d’Agoravox est-elle si désertée ?

        Les lecteurs d’Agoravox lâchent-ils leurs écrans pour voir des spectacles vivants ?

        Votre article sera t-il lu ? Combien aurez-vous de commentaires ?

        Allez-vous remplir la salle ?


        • (---.---.200.47) 24 novembre 2006 19:30

          Que de remarques pertinentes ou provocantes, enthousiastes et documentés ! Mais j’ai tout de même du mal avec l’argument de la grande salle de Chaillot inadaptée. N’est-ce pas (et c’est une simple question, pas une affirmation) le théâtre d’aujourd’hui (ou ce que l’on nous indique comme telle) qui est inadapté ?On pourra longtemps encore pleurer la désaffection grandissante du théâtre, le peu d’intéret pour son espace critique, la concurrence du net, du cinéma, de...Mais ne pensez-vous pas que le théâtre francais pourrait proposer une pièce sur le sang contaminé, sur le 21 avril, sur les banlieues...La liste est longue des sujets que l’on n’entend plus, ou alors dans une trop douloureuse intimité. Je ne veux pas opposer les compagnies aux CDN, les fonctionnaires aux intermittents, les gros et les petits ; je cherche juste à comprendre pourquoi il faut attendre la mort d’un Lagarce pour en faire une grand auteur (j’ai suivi de très près le parcours de sa compagnie et sa difficulté, de son vivant, à faire reconnaître son oeuvre, les programmateurs préférant de loin se « mouiller » avec son Malade ou sa Cantatrice qu’avec ses oeuvres originales), pourquoi le mot populaire disparaît de nos théâtres au profit de noms de plus en plus poétiquement nul, pourquoi les ATP ne connaissent pas de véritables relèves, pourquoi notre théâtre n’est plus en « situation » comme le disait et le définissait Sartre ? Mais là aussi je n’entends pas entrer dans le piège d’une réactivation facile du débat « texte-image », même si Avignon 2005 a soulevé, par poujadisme intellectuel souvent, des questions qui méritent des réponses. Pour moi, et pour le théâtre que je cherche à défendre, la réponse se situe exclusivement dans la réactivation affirmée de l’équipe de création : un auteur plus un metteur en scène, plus des comédiens. Le tout dans un discours humble et compréhensible :celui de l’artisanat théâtral et non pas de l’art. Mais cela lance un long débat.


        • rené fix 24 novembre 2006 19:41

          n’étant pas encore un grand spécialiste de ce type de dialogue j’ai répondu de façon anonyme dans les deux dernieres réponses,mais cela ne se reproduira plus.


        • ohlala (---.---.124.230) 24 novembre 2006 23:23

          @ l’auteur,( IP 29.200.47) : je vois que vous vous faites petit à petit au mode d’emploi agoravoxien, vous êtes passé au vert d’auteur :=))

          « Mais cela lance un long débat. » = vous avez raison !

          ...et nous ferions mieux d’aller au bistrot pour continuer puisque nous sommes deux.

          Figurez-vous qu’il y a un moment que je songeais à placer ce sujet à l’épreuve du débat d’Agora vox. Si je ne l’ai fait (donc bravo à votre initiative et votre travail) c’est que la fréquentation de ce site m’a montré que non seulement le spectacle vivant n’intéresse quasi-personne ici, mais qu’en plus, ceci est généralisable à la chose artistique en général.

          (Voir un sujet de Lilian Massoulier cette semaine, 21 nov, sur l’art mis en accusation. Parmi les commentaires que je m’y suis permis, j’ai effleuré un moment le cas des directeurs de structures culturelles subventionnées. Mais le sujet évoque un scandale !

          Dans un des posts que j’ay ai laissés, je faisais secrètement allusion aux directeurs de structures culturelles, pensant à celui du théâtre du Blanc Mesnil (banlieue parisienne) qui subit la critique de son maire depuis longtemps, et depuis la semaine dernière avec 2 bus brûlés et médiatisés, les choses ne vont sûrement pas s’arranger. Mais j’aurais pu évoquer tout aussi bien le cas du directeur de L’Espal, scène Nat. du Mans, avec un maire P.S. qui préfère soutenir le foot puisque l’équipe marche bien. Et qui donc demande au théâtre de programmer des « vedettes ». Des « noms ». (Il voulait Jacques Weber, quand il a su ce que ça coûtait... !)

          L’article présent a récolté 5 votes à l’heure où j’écris. Voilà où nous en sommes. Croyez-vous que quelqu’un ait lu / vu du Lagarce ici, à part vous et moi ? Ou du Gabily ?

          Peut-être votre article offre t-il un potentiel d’idées à débattre trop large ? Le choix des directeurs de structures n’est peut-être pas le principal, ou le plus apte à être débattu ici.

          Vous auriez dû titrer « Ségolène ne va pas au théâtre » et vous auriez fait carton plein.

          Sur « texte/image », Avignon 2005 et le poujadisme, d’autres points évoqués, je suis d’accord avec vous.

          L’intimité au théâtre ne me gêne pas. Je crois -aussi- dans des spectacles pauvres, avec des jauges réduites voulues, sans ...théâtralisation (!), où des sujets passent mieux qu’en grandes salles qui demandent du spectacle et du visuel.

          Savary remplissait Chaillot. De là à aimer Savary et ses manières... bof. (euh...je connais très bien Chaillot ! ).

          Et il me semble que tout ceci est pareil pour les livres, la lecture, non ?

          Merci de votre réponse, bon vent à vous.


          • Kandyde (---.---.54.253) 25 novembre 2006 05:12

            Après avoir pris soin de voter positivement à cet article ainsi qu’au commentaire de « Ohlala » mais en ayant nullement l’intention de pouvoir faire avancer le « tirlipot » de votre échange techno-politique passionné, je voudrais seulement rectifier un point de détail concernant le conseil de « Ohlala » ci-dessous :

            - Vous auriez dû titrer « Ségolène ne va pas au théâtre » et vous auriez fait carton plein. -

            Inexact puisqu’il semblerait que Ségolène ait assisté à l’instar de Johnny Hallyday à la générale de « Les grandes occasions » au Théâtre Edouard VII.

            Aussi je pense qu’on aurait tort de désespérer du spectacle vivant contemporain puisque dans « les grandes circonstances », le « THEÂTRE » peut compter sur l’appui manifeste et la présence effective des VIP médiatiques et politiques !...

            CQFD !... Et merci pour votre attention !....

            cordialement Kandyde


          • par la fille de ohlala (---.---.124.230) 24 novembre 2006 23:50

            @ l’auteur, vous allez remarquer que l’adresse IP de ce commentaire est la même que celle de ohlala (moi).

            C’est qu"entre temps, j’ai signalé votre article à ma fille (comédienne intermittente, et très investie dans la défense de ce statut) qui m’a répondu... par mail, avec ce qui suit. Je copie-colle donc son texte et vous l’adresse, ça vous fait un com’ de plus !

            bonsoir,

            j’ai lu l’article, voté pour les commentaires.

            je trouve ta réponse très bien : elle déjoue les généralités dans lesquelles tombe l’article.

            Je crois que l’auteur n’est pas de mauvaise foi mais il prend le problème de travers. Et même si dans les faits il y a du vrai (les très grosses structures type th nationaux et gros CDN se fichent de la pédagogie etc...), ce n’est pas je crois au public d’intervenir là-dedans. Il n’y connait rien le public. Ca donnerait du consensus mou, de la démagogie (ce qui existe déjà par ailleurs du fait des pressions du ministère sur les directeurs justement).

            Il faut de l’argent public car il est justement impossible de trouver des critères objectifs pour déterminer ce qui fait l’oeuvre d’art, car l’oeuvre d’art est en avance sur sa réception et elle ne garantit pas de plaire. Il faut de l’argent public car le spectacle vivant est par définition et mécaniquement déficitaire (il existe même une loi économique dont je ne me souviens plus du nom pour l’expliquer). C’est comparable au financement de la recherche publique.

            Si on observe les pays (c’est-à-dire à peu près partout ailleurs) qui n’ont pas de financement public, qui sont soumis à la loi du marché, on observe :

            1) qu’il n’y a aucune diversité culturelle

            2) qu’il n’y a pas d’offre aussi fournie et DEMOCRATIQUEMENT répartie qu’en France (on peut à peu près partout voir de nombreux spectacles professionnels en France)

            3) que les artistes étrangers viennent profiter des conditions décentes que l’on trouve en France et que grâce à notre système de subventionnement nous permettons à de grandes cies de théâtre et de danse, à des auteurs, à des interprètes d’être joués et connus, de vivre de leur travail.

             

            Après j’ai moi-même beaucoup de critiques à faire au système français qui est extrêment pyramidal, qui institue un rapport de force énorme entre le ministère et les étages (les dir de th, les cies et enfin les intermittents derniers maillons de la chaîne). Que les dernières générations à être entrées dans le système l’ont fait début 90. Maintenant c’est fini. Bloqué. Réfrigéré.

            Les conditions de travail, de financement sont de plus en plus dures et se répercutent même sur les « anciens », tout le monde est prêt à tout, nous sommes tous mis en concurrence.

            D’autre part, ce contrôle dont parle l’auteur est en train d’être délégué aux tutelles régionales et locales mais ces élus ne sont pas compétents et n’ont pas les moyens financiers adéquats. Et ils résonnent encore plus en termes électoralistes. On sait que l’« éducation culturelle » demande des efforts de la part du public, prend du temps.

            En réalité il faudrait contrebalancer le budget en le rééquilibrant au profit du terrain : les cies, les créations, et non au profit de la superstructure.   bonne nuit !

            lu


            • rené fix 25 novembre 2006 08:25

              Je reçois,avec de plus en plus de terreur, les affirmations péremptoires de type : le public ne sait rien, il n’a pas de goût, les pays sans ministère de la culture sont des espaces barbares ...(lisez le livre de Martel consacré à la culture « publique » aux Etats-Unis !). Sincérement, même si je comprends le confort intellectuel qu’il y a à dire tout cela je ne cherche pas à faire preuve de condescendance ou à ménager je ne sais quel caprice de la jeune ou très jeune génération. Et je ne suis pas d’accord avec vous non plus pour déclarer qu’il n’existe pas de critères pour définir le travail artistique pouvant prétendre à une subvention publique, mais je rappelle que ce n’était pas là mon sujet initial. Le problème ( et c’est peut etre la raison de l’absence de ce type de débat), c’est qu’à chaque fois on repart dans les généralités (vous aviez lancé le mot en premier alors ne m’en veuillez pas)qui tuent toutes réelles possibilités dialectiques. Je précise donc à nouveau le centre de mon article : comment introduire, dans le respect du « geste artistique » (mais non pas dans celui de la simple programmation) une part critique et réactive du public et faire de cette opération le fer de lance d’une politique d’animation et de découverte du spectacle vivant ?. Magré la passion qui animera les prochaines interventions, vous conviendrez que nous n’avons pas les moyens de refaire ce « monde », contentons-nous d’observer avec scrupule un de ses aspect (le rapport critique au publc) et d’y apporter des propositions ou des remarques précises. Merci


            • minijack minijack 27 novembre 2006 12:42

              Cette anecdote à propos des changements de directions dans tel ou tel théâtre parisien est-elle vraiment digne d’intérêt ? Ca concerne qui ? Quelques vedettes showbizées qu’on voit à tous bouts de champs sur nos écrans... Est-ce vraiment cela le « Théâtre public en France » ?

              Le Théâtre français souffre du même mal que la musique ou les medias. TROP DE CONCENTRATION EN QUELQUES LIEUX TROP RARES. Du coup, ce n’est plus l’innovation ou la création qui compte mais les places à prendre dans le nombre d’espaces disponibles. Et le théâtre en crève. Pourtant, il y a une infinité de créateurs potentiels à Paris mais aussi en Province. Problème : ils ne disposent d’aucune salles pour montrer leur travail.

              J’aurais bien aimé que l’auteur se préoccupât davantage du potentiel d’artistes professionnels ou/et amateurs qui ont toutes les peines du monde à trouver des salles pour se produire et à monter et présenter de nouveaux spectacles d’auteurs contemporains.

              Il y a des centaines de milliers de comédiens, professionnels ou amateurs, qui voudraient bien monter des pièces intéressantes —et pas les sempiternelles « classiques »— ou faire autre chose que du théâtre de rue par obligation et manque de salles.

              Depuis des decennies, on a remplacé les anciennes salles de cinéma qui, équipées de scènes, de coulisses et de rampes, faisaient aussi office de music-halls et permettaient la présentation ponctuelle de créations. Des milliers d’entre elles ont été rasées au prétexte de rentabilité, et sont devenues des garages ou des entrepôts quand elles n’ont pas été remplacées par les complexes multisalles uniquement réservés au sacro-saint cinéma.

              Qui parle aujourd’hui de théâtre dans les villes de province ? Le théâtre ne serait-il donc que parisien ? On s’en fout de qui est nommé à l’Odéon ou au TNP.

              Un exemple ? à Orléans existe une magnifique complexe nommé « Carré Saint-Vincent » construit il y a une trentaine d’années et récemment rénové à grand renfort de dizaines de millions d’euros. Entièrement subventionné par la ville depuis des années, ses diverses salles sont occupées à temps complet par ce qu’on appelle la « Scène Nationale ». Olivier Py s’y est taillé une réputation qui lui a valu récemment de « monter à Paris »... Loin de moi l’idée de dénigrer le travail d’Olivier Py, mais il n’en est pas moins vrai que durant des années et encore aujourd’hui, aucune troupe locale n’a pu présenter quoi que ce soit dans ce lieu. Combien y a-t-il de salles en France ainsi phagocytées par la « Scène Nationale » présentant le théâtre d’avant-garde de quelques rares privilégiés ou le sempiternel « classique » des tournées du « Français » ?

              Que devient la création des auteurs contemporains si elle n’a pas de lieux pour être vue ? Dans cinquante ans ou dans trois siècles, montera-t-on encore et toujours les mêmes choses faute d’avoir pu en présenter de nouvelles ?

              Sans entrer dans le problème du statut des intermittents, il y a là une donnée autrement plus importante pour l’exercice de leur métier dans le spectacle vivant que savoir « qui aura quel poste » dans deux ou trois théâtres parisiens.

               smiley


              • clovis 19 avril 2007 20:10

                bonjour,

                je ne sais pas si ce message sera lu par l’auteur puisqu’il date un peu mais bon au cas où...

                Je m’interesse particulierement au problème que vous soulevez puisqu’il correspond a mon sujet de memoire : le théâtre public est il toujours d’intéret général ?

                Je me suis senti l’obligation de réagir quand j’ai lu la réaction de la petite fille de votre interlocutrice principale.

                Quand Vilar a employé la notion de service public appliqué au théâtre, lui avait une vraie éthique, il oeuvrait pour le peuple, s’était sa priorité. Son discours était politique et social et il fut l’un des derniers à s’engager sur ses biens personnels entant que directeur de théatre. C’est grace à des hommes d’envergure tels que lui que le monde du théatre a pu bénéficier de facon significative de la mane publique. Aujourd’hui, ce qui était un privilége est considéré comme un droit, et on en veut toujours plus ! Le pire c’est que l’esprit a quitté le corps artistique comme nous le prouve cette commédienne qui semble oublier que sans le public, le théâtre n’a plus de raison d’être. Elle a bon dos la création, le théâtre d’art, l’avant garde... de l’intellectualisme élitiste, voila tout. Evidement avec un tel point de vue on est pas pres de redresser la barre ! Je sais que j’exagère un peu et que mon discours est sans nuance mais ca me révolte d’entendre que le public n’y connait rien. Je voulais vous dire également que je soutiens la plupart des réflexions que vous avancez, dans mon mémoire il me faut des réponses à ces problèmes, peut être accepteriez vous d’en parler ?

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