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Accueil du site > Actualités > Economie > Capitalisme, l’impossible moralisation

Capitalisme, l’impossible moralisation

La crise, à défaut de voir s’affronter depuis plusieurs mois les économistes de tout poil, ne peut jamais finir. Elle ne peut que recommencer.

C’est bien ce qu’ont affirmé des spécialistes lors de l’émission de « la 3 » du 17 décembre « Ce soir ou jamais » de Fréderic Thaddeï. lien

Le plateau était bien fourni :

Suzan George, l’une des fondatrices d’ATTAC, Anne Salmon, sociologue, Guillaume Duval, rédacteur en chef d’alternative économique, jacques Marseille, historien et économiste, jean François Kahn, journaliste et fondateur de l’évènement du jeudi et de Marianne, Gaspard Koenig, philosophe, plume attitré de Christine Lagarde, et Claude Hagège, linguiste.

L’une des conclusions du débat a été l’impossibilité de moraliser le capitalisme.

La raison principale donnée s’appuie sur la pensée de Karl Marx.

« Le capitalisme ne peut pas se moraliser, car s’il le faisait, il perdrait toute raison d’être »… « Le capital ressent toute limite comme une entrave ».

Aujourd’hui, d’autres dénoncent l’immoralité du capitalisme, comme Sylvain Allemand, journaliste et auteur politologue dans cette rubrique.

Ceux qui tentent donc de nous faire croire que la leçon de cette dernière crise a été bien comprise, promettant que cela ne recommencera plus, pratiquent un cynisme douteux.

C’est ce qu’on note dans le discours de Nicolas Sarkozy prononcé le 23 septembre 2008 :

« On ne peut pas attendre pour moraliser le capitalisme financier. Trop longtemps, nous tous, nous nous sommes résignés à l’impuissance. Et trop longtemps, nous avons reculé devant la nécessité de doter le monde globalisé des institutions qui permettront de le réguler ». lien

Celui-ci à réitéré dans son discours de Toulon, en déclarant avec une belle indignation calculée, qu’il allait faire payer les responsables de la crise et punir ceux qui planquaient de l’argent dans des paradis dorés.

On attend toujours.

Pour Jean Ziegler, l’écrivain suisse sociologue bien connu, « l’argent du sang et de la misère va continuer à bénéficier du secret bancaire ».

La réalité, comme l’écrit très bien Alain de Benoist en octobre 2008 : « On assure maintenant qu’il suffirait de réguler ou de moraliser le système pour éviter ce genre de crise…Sarkozy parle de « dévoiement de la finance »…laissant entendre que la crise n’est due qu’à une insuffisance de réglementation et qu’un retour à des pratiques plus « transparentes » permettrait de faire revenir sur la scène un capitalisme moins carnassier. C’est une double erreur ». lien

C’est donc dans un étrange monde que nous sommes plongés.

La chute du mur de Berlin a entraîné la chute de l’URSS et du communisme censé y être pratiqué.

Pourtant à y regarder de plus près, ce soit disant communisme ressemblait plus à une dictature, camouflée sous cette idéologie.

Comme l’écrivait des 1938 le scientifique marxiste Anton Pannekoek  : « l’URSS est un régime capitaliste d’état, et le bolchevisme n’a jamais été marxiste ».

En face, le capitalisme mené par le libéralisme nous montre ses limites.

Le « Daily Telegraph » écrit « le 13 octobre 2008 restera dans l’histoire comme le jour ou le système capitaliste britannique a reconnu avoir échoué ».

Chacun tente de nous faire croire que nous sommes sortis de la crise.

Pourtant, si l’on a bien compris le mécanisme qui fait vivre l’économie, des que nous en serons un peu sortis, nous y replongerons encore plus profondément.

Comme le dit Nouriel Roubini, professeur d’économie à l’université de New York, en conclusion d’une interview parue dans le monde du 30 septembre 2008 : « à chaque fois, une bulle se reforme avec de l’argent facile et des régulateurs qui s’endorment ». lien

Aujourd’hui, il est de bon ton de redécouvrir le marxisme.

A preuve les déclarations d’Alain Minc, qui se déclare « le dernier marxiste français », et les ventes du « capital » de Karl Marx, dont on nous dit qu’il fait un retour remarqué en librairies. lien

En Allemagne, les ventes ont été multipliées par 3 en 2008…et la courbe des ventes s’est accentuée en 2009.

Un extrait du capital, pris au hasard, est d’une actualité troublante : « du fait que l’aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l’Etat, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l’opinion publique dans les faits et par la presse, se reproduisait dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu’au café borgne, la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s’enrichir, non point par la production, mais par l’escamotage de la richesse d’autrui  ».

Alors bien sur, devant l’insatisfaction sociale montante, quelques grands patrons font des gestes.

A preuve ce recul des rémunérations des patrons du CAC 40 constaté par Proxinvest.

Leur rémunération moyenne est « tombée » à 3,6 millions d’euros, contre 4,7 millions en 2007.

Ça reste tout de même 211 fois le smic.

Alors, pour sortir du tunnel, ne faut-il pas envisager autre chose.

C’est le choix des "décroissants" qui affirment que la gauche et la droite partagent le même bilan :

« la droite et les milieux d’affaires entendent profiter d’un nouveau rapport de force qui leur est plus favorable pour faire payer aux pauvres la facture environnementale.

La gauche est aphone incapable de marier la justice sociale et les contraintes de la nature »

Entre ceux qui prônent à gauche « polluer un peu moins pour pouvoir polluer plus longtemps » et ceux qui à droite préfèrent « polluer pour pouvoir dépolluer », une autre voie est ouverte.

L’échec des négociations de Copenhague reste la preuve des égoïsmes d’Etat, qui ont beau jeu de montrer la Chine du doigt, responsable selon eux de « toute la pollution du monde ».

Mais, n’est-ce pas en délocalisant au profit de l’Asie, que nous avons provoqué une surproduction en Chine, accompagné de son lot de GES ?

Combien de cadeaux de Noel, dans la hotte du père Nicolas, seront estampillés « made in China » ?

La logique capitaliste veut que les produits soient payés le moins cher possible, afin d’augmenter les marges en Europe, dans la plus parfaite immoralité.

Mais n’est-il pas trop tard pour le comprendre ?

Car comme disait un vieil ami africain : « les ventres pleins partagent le même avis ».


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149 réactions à cet article    


  • Jurassix Jurassix 22 décembre 2009 11:00

    Article intéressant, difficile à faire sur un sujet autant débattu.

    Nul doute que les banques sont au centre de cette impossible moralisation, car par définition, elle gagne de l’argent sur celui que ses clients n’ont pas.
    Depuis que les banques d’état ont perdu le pouvoir de création de l’argent, qu’elle n’éditent qu’une misérable monnaie bien inférieure en valeur aux chiffres virtuels brassés perpétuellement par les banques, les états ont perdu leur pouvoir. Eux mêmes sont dépendants des banques, qui autorisent des prêts gargantuesques dans la limite de leur notation AAA.

    Les états profitent de ce système, de même que les citoyens. Ils peuvent emprunter pour s’offrir un bien dont ils n’ont pas les moyen à l’instant T de se payer.

    Je me souviens d’une vidéo, l’argent dette, qui, même si elle perd un peu de sa crédibilité sur la fin, permet de comprendre une partie du problème, même si elle écarte (volontairement ou pas) le mécanisme de remboursement de la dette, et donc la disparition progressive d’une partie de l’argent créé.

    Je n’ai pas les connaissances suffisantes, mais question : est ce que le capitalisme peut exister sans les banques ?
    Est il possible de redonner de la puissance aux banques centrales ?


    • Jurassix Jurassix 22 décembre 2009 11:05

      Validé trop vite.

      La décroissance, un vaste programme. Tout ce que j’ai pu en lire ne m’a jamais convaincu. Comment peut on dire de manière aussi obstinée qu’une augmentation du développement économique ne peut se faire qu’au détriment du « capital naturel » ?
      Est ce qu’il n’existe pas une terre du milieu, qui s’en remettre en cause la croissance économique, mais en se régulant, permettrai de préserver ce capital naturel ?


    • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 11:17

      Jurassix,
      cette vidéo est tout à fait convaincante,
      c’est sur ces données que l’on comprend que le capitalisme, c’est une course folle en avant, même si un mur se dresse devant nous un jour,
      il y aurait donc deux conséquences de cette idéologie,
      soit la guerre,
      celle ci ouvre le champ à la reconstruction, et à la croissance, mais n’est-ce pas cher payer ?
      soit la crise...
      on peut même avoir les deux à la fois !
      pour la décroissance, si vous n’avez pas lu le bouquin de paul Ariès, du même nom, çà va être difficile pour moi de lancer le débat.
       smiley


    • Jurassix Jurassix 22 décembre 2009 11:26

      Ca ferra un bon cadeau de Noel smiley


    • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 11:37

      Jurassix,
      et je suis sur que vous ne serez pas déçu !
       smiley


    • Alpo47 Alpo47 22 décembre 2009 12:54

      Sur le blog de Paul Jorion, François Leclerc fait une analyse très fine et ... pessimiste sur l’évolution de notre société actuelle.
      Pas grand chose à y ajouter, ce monsieur, brillant analyste me semble avoir tout compris.


    • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 14:22

      Alpo47
      merci de nous avoir proposé ce lien qui semble en harmonie avec ce que défendent de nombreux acteurs du changement raisonnable.


    • zelectron zelectron 22 décembre 2009 15:18

      La réponse à votre question cher Olivier : capitalisme & moralisation sont des oxymores l’un de l’autre...


    • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 15:47

      Zelectron,
      oxymore, non, je ne crois pas.
      qu’ils soient dans l’antagonisme, oui, qu’ils soient contradictoires, oui aussi.
      mais oxymore, ce n’est pas tout à fait çà.
      oxymore va un peu plus loin.
      il décrit un paradoxe (un mort-vivant, par exemple), et fait appel a la métaphore,
      tandis que là on est dans l’opposition,
      mais je peut me tromper,
      sur qu’un linguiste distingué nous mettrait d’accord ?
       smiley


    • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 16:47

      re,
      un ami m’a envoyé ce lien tout à fait intéressant,
      http://www.leap2020.eu/Francais_r26.html
      il y a des analyses sur la situation mondiale et la crise au printemps 2010 qui méritent le détour, à mon avis.
      @+


    • Jurassix Jurassix 23 décembre 2009 09:38

      - L’aigle va fondre sur la vieille buse.
      - C’est chouette ça comme métaphore !
      - C’est pas une métaphore, c’est une périphrase.
      - Ahh, fait pas chier !
      - Ca, c’est une métaphore.


    • olivier cabanel olivier cabanel 23 décembre 2009 10:11

      Jurassix,
      métaphore, je ne crois pas,
      une métaphore, c’est autre chose, c’est donner un autre sens à un mot qu’il n’a pas,
      c’est plutot allégorique,
      comme par exemple, la cupidité, l’égoïsme sont les racines du capitalisme,
      racine dans cette phrase est une image,
      je crois bien que c’est çà une métaphore.


    • Jurassix Jurassix 23 décembre 2009 19:43

      C’est pas gentil de montrer à la face du monde mon manque de connaissance des figures linguistiques.

      Pour info, c’était juste une citation du film « Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages » de 1968.


    • olivier cabanel olivier cabanel 23 décembre 2009 19:51

      Jurassix,
      c’était sans malice,
      je ne suis moi même pas exempt d’erreurs, ou de méconnaissances
      ne le prenez pas mal,
       smiley


    • Jurassix Jurassix 24 décembre 2009 12:17

      Je l’avais bien pris comme ça smiley


    • olivier cabanel olivier cabanel 24 décembre 2009 14:04

      Jurassix,
      parfait,
      je suis en train de travailler sur un thême qui va ébourriffer deux ou trois,
      « ou est passé Hitler ? »
      bonnes fêtes...
       smiley


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 décembre 2009 11:02


      Jacques Marseille, dans le dernier chapitre de son dernier livre « L’argent des Français », propose l’instauration immédiate du Dividende Universel à concurrence de 750 Euros par personne majeure. Je regrette qu’il ne l’ait pas rappelé durant cette émission.

      Ce serait, assurément, un début de « moralisation du Capitalisme ».

      Dans cette même perspective, je propose l’émergence d’un Nouvel Ordre Économique Français Équitable.


      • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 11:21

        Jean Pierre Llabrès,
        bien sur cette proposition de Marseille est tout a fait intéressante,
        mais s’agit-il toujours de « capitalisme » ?
        pas sur.
        et puis, cette somme est relativement modeste,
        comment pourrait-elle « relancer » croissance.
        je crois me souvenir qu’une des conséquences de mai 68 avait été le smig multiplié par deux.

        le défunt programme commun envisageait que les écarts de salaires ne dépassent pas de 1 à 5 (ou six ?)
        on en est bien loin aujourd’hui.


      • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 11:26

        les objectifs de votre « Nouvel Ordre Économique Français Équitable » ne sont pas si éloignées des positions des « décroissants ».
        il s’agit du partage des richesses, et de la volonté de rééquilibrer les Pays du Sud, et ceux du Nord, en essayant de respecter ceux que la terre peut nous offrir,
        j’ai bien conscience que c’est totalement utopique,
        mais les utopies d’hier sont souvent devenues des réalités aujourd’hui.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 décembre 2009 11:34

        « les objectifs de votre »Nouvel Ordre Économique Français Équitable« ne sont pas si éloignées des positions des »décroissants« . »

        Absolument pas !
        Il y a un malentendu.
        Ce que je propose n’entrave aucunement la croissance économique. De plus, cette croissance sera respectueuse de l’écologie pour autant que les « nouveaux possédants » de l’économie capitaliste voudront être écologistes.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 décembre 2009 11:47

        à olivier cabanel (xxx.xxx.xxx.162) 22 décembre 11:21 

        bien sur cette proposition de Marseille est tout a fait intéressante,
        mais s’agit-il toujours de « capitalisme » ? pas sur.
        J-P LL :
        Est-il nécessaire que cela reste du capitalisme ? L’important n’est-il pas que s’améliore la condition humaine ?

        « et puis, cette somme est relativement modeste, »
        J-P LL :
        Elle n’est que relativement modeste comparée au Smic, par exemple. Et, ce que je propose rend ce Dividende Universel évolutif.


      • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 16:48

        un ami m’a envoyé ce lien, tout à fait intéressant qui évoque la crise au printemps 2010
        http://www.leap2020.eu/Francais_r26.html
        bonne lecture


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 18 mai 2010 10:03

        olivier cabanel (xxx.xxx.xxx.226) 18 mai 09:50 

        Jean Pierre Llabrès,
        bonjour,
        j’ai évoqué çà dans un article déjà ancien, qui vous a peut être échappé ?
        en tout cas voici le lien
        http://www.agoravox.fr/actualites/e...
        si vous voulez répondre sur cet article, je vous y rejoindrais sans problème.

        Je m’en souviens : voir notre échange, trop tôt interrompu, ci-dessus.

        Vous ne m’avez jamais indiqué ce qu’il y avait de spécifiquement pertinent à lire sur :
        http://www.leap2020.eu/Francais_r26.html


      • M.Junior Junior M 22 décembre 2009 11:14

        Il aurait été opportun de ne pas citer Jacques Marseille

        L’interview de Jacques Marseille, historien économiste et professeur à la Sorbonne à l’institut Manpower pour l’emploi.

        L’observatoire des acteurs du travail de l’institut Manpower pour l’emploi montre pour la première fois qu’il y a un début de consensus entre les salariés et les chefs d’entreprises sur la réforme du contrat de travail et avec une opinion moins négative des salariés sur une évolution du régime chômage, sur l’allongement de la période d’essai des CDI et sur les contrats de mission.
        Nous découvrons alors les pensées et propositions de Jacques Marseille, qui part son statut actuel, est positionné en expert sur cette réflexion.

        La réponse de Jacques Marseille à l’institut Manpower pour l’emploi
        La France connaît un paradoxe : le contrat de travail, l’un des plus protecteurs pour le salarié et l’angoisse des Français, l’une des plus forte.
        Pour cela, il propose de rendre les Français favorables au travail avec une pédagogie qui sera longue et il faut que les étudiants arrêtent de s’engouffrer dans des filières sans avenir comme la sociologie, la psychologie ou les sciences humaines mais aillent étudier le BTP.

        Notre réponse à Jacques Marseille et à l’institut Manpower pour l’emploi.
        La psychologie des marchés et des travailleurs qui les créent, nous apprend que plus une société ou un individu tient à quelque chose, plus elle ou il a peur de le perdre.

        Est-ce parce qu’un individu tient à son travail, qu’il a peur de le perdre ou de ne pas en (re)-trouver, qu’il est moins favorable au travail ?

        Sachant qu’une grande partie des parents travaillant dans le BTP déconseillent à leurs enfants d’aller travailler dans le BTP, quelle réforme pédagogique doit être engagée, monsieur Marseille ?

        Comme les entreprises savent que leurs organisations doivent d’être en permanence adaptées à un environnement en perpétuel mouvement, elles consultent sociologues et experts en ressources humaines pour être accompagnées.

        Il est vrai qu’une société où le monde qui construit des tours et meurt plus vite que ceux qui les imaginent n’est pas une société anxiogène. Je m’égare.

        La sagesse populaire vaut-elle l’avis des experts ?

        Est-ce un hasard si le développement durable avec le micro-crédit et le commerce équitable sont récompensés uniquement par un prix Nobel d’économie ?

        Pour moi cet homme ne vient sur les plateaux que pour vendre ses bouquins. Il n’est plus ce qu’il a était.


        • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 11:32

          Junior M,
          je ne partage pas votre déception concernant J. Marseille,
          d’abord, je ne pense pas qu’il ait besoin du produit de la vente de ses bouquins, son salaire de professeur à la Sorbonne doit largement lui suffire,
          et puis je n’oublie pas ses propos lorsqu’il évoque "l’inexorable réduction des inégalités", ni ses chroniques lorsqu’il dénonce le gaspillage honteux de ce gouvernement.


        • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 décembre 2009 11:41

          "Est-ce parce qu’un individu tient à son travail, qu’il a peur de le perdre ou de ne pas en (re)-trouver, qu’il est moins favorable au travail ?« 

          Ne vous en déplaise, Jacques Marseille résout le »problème de la peur de la perte d’emploi et de revenu" par sa proposition d’instaurer le Dividende Universel comme indiqué plus haut.


        • Alpo47 Alpo47 22 décembre 2009 13:00

          Je trouve que J.Marseille, qui accapare l’antenne à Cdanslair, a beaucoup évolué ...
          Il y a peu, libéral et mondialiste, il semble de plus en plus désabusé, notamment sur le rôle des banquiers , devenus « prédateurs », sur l’inefficacité des différents plans de relance, la cupidité des managers et les perversions de notre système actuel.
          Sauf erreur de ma part, on peut lui reconnaitre une honnêteté intellectuelle...


        • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 14:03

          Alpo47
          comme vous, je pense que l’être humain est perfectible,
          et que l’évolution que l’on devine dans les propos de Jacques Marseille ne peut lui être reprochée.


        • M.Junior Junior M 23 décembre 2009 12:47

          Olivier

          Un ressenti est le propre d’un individu. Il n’est pas contestable d’aucune manière.
          Combattre les idées toujours. Combattre les hommes jamais.


        • olivier cabanel olivier cabanel 23 décembre 2009 14:05

          Junior M
          belle phrase que l’on pourrait frapper aux frontons de nos monuments,
          sauf que se battre contre une phrase n’est pas suffisant,
          je préfère contester celui ou celle qui l’a prononcée.


        • JL JL 22 décembre 2009 11:51

          L’on s’émeut dans les radios et sur les plâteaux de télé que l’AMF ait blanchi les profiteurs d’EADS. Quelle hypocrisie !

          Comment peut-on croire qu’on pourrait moraliser le capitalisme ? Cette AMF, c’est bidon ! Des paroles, des principes, mais c’est tout ! Comment pourrait-il en être autrement : le système est basé sur la triche.

          L’on sait bien qu’aucun homme sensé ne donne une information qui pourrait lui nuire, pas plus qu’il ne se prive d’utiliser à son profit une information qu’il détient. La bourse est une affaire de requins et de gogos. Ce qui distingue, les boursicoteurs entre eux ce n’est pas la morale mais leur position dans la hiérachie de la connaissance et du pouvoir.

          Le système est comme il est, et il est déraisonnable de vouloir sanctionner le pragmatisme ou valoriser la bêtise. Cette conclusion de l’AMF est une mauvaise réponse, certes, mais c’est parce que la question posée est mauvaise : c’est le système qu’il faut changer.

          Selon moi, il n’y a que deux possibilités viables : soit l’on instaure un impôt réellement progressif sur les revenus, soit l’on trouve une alternative au capitalisme.



          • JL JL 22 décembre 2009 12:12

            Il y a un an j’ai écrit ici : « Faut-il moraliser le capitalisme  ? »

            J’y présentais des idées de André Conte Sponville, Frédéric Lordon, ..

            Il y a eu une centaine de réactions, encore disponibles pour ceux que ça intéresse.


          • ddacoudre ddacoudre 22 décembre 2009 13:42

            bonjour JL

            je préfère la deuxième l’on trouve une alternative au capitalisme, elle est entrain de se mettre en place et les capitaliste qui le savent se place déjà sur ce terrain pour ne pas perdre leur source de puissance. car la puissance n’est pas défini par seulement un modèle financier.

            cordialement.


          • JL JL 22 décembre 2009 13:47

            @ DD, quelle est donc cette alternative ?

            Selon moi, le capitalisme est rédhibitoirement assis sur la croissance puisque sa force est précisément qu’il se nourrit de ses contradictions : tel un cancer, il ne peut qu’augmenter sa production, c’est ce qui a fait sa victoire, mais c’est aussi ce qui fera sa ruine. Hélas, ce sera aussi la ruine de la société occidentale.


          • JL JL 22 décembre 2009 13:49

            « Notre niveau de vie et de gaspillage repose sur l’échange entre nos réacteurs nucléaires, nos turbines et nos parfums d’une part, leurs jouets, leurs ordinateurs, leurs vêtements en coton, leurs innombrables objets programmés pour la benne d’autre part. Produire ces saloperies ne peut, mécaniquement, qu’augmenter de façon inouïes les émissions de gaz à effet de serre. Mécaniquement. La prolifération de marchandises est le moteur de la crise climatique. Et nous ne cessons, dans les faits, de plébisciter ce modèle sans avenir. Sarkozy, Obama, Hu Jintao, Manmohan Singh sont absolument d’accord pour que la production de choses inutiles augmente encore, encore, encore. »

            Le début et la suite à lire là :

            Planète sans visa, Une autre façon de voir la même chose :

            Le jour d’après (Copenhague, Hulot, Sarko) Publié le 19 décembre 2009


          • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 14:05

            JL,
            je vous rejoint sur les alternatives proposées,
            et je me dis qu’un impôt réellement progressif sur les revenus ne changerait pas trop la donne,
            en conséquence, une alternative au capitalisme devrait être réaliste.


          • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 14:26

            JL,
            merci de nous avoir rappelé ton article,
            il est tout a fait complémentaire, et utile au débat, bien sur.
            c’est étonnant de constater la convergence, si on lit la plupart des commentaires, sur le sujet,
            on en vient à se demander « qu’est-ce qui manque pour que les choses changent réellement ? »
            est-ce qu’il faut que nous soyons au bord du gouffre pour décider d’apprendre à voler ?
            (avec des ailes bien sur).
             smiley


          • JL JL 22 décembre 2009 14:43

            Olivier, entre une hypothétique alternative et un impôt réellement progressif, je crois que j’opterais pour la première solution.

            Quand j’évoque un impôt réellement progressif je veux dire, à la limite conficatoire.

            En réalité il n’y a pas deux systèmes mais trois : le capitalisme débridé et le capitalisme encadré sont deux systèmes fondamentalement différents, et je crois que c’est ce que nous démontreront très bientôt les Chinois.

            Dans le premier, c’est le chacun pour soi, dans le second c’est le capitalisme pour tous, puisque l’Etat c’est-à-dire le collectif se sert en priorité.


          • olivier cabanel olivier cabanel 22 décembre 2009 14:47

            JL
            je te comprends,
            mais j’ai bien peur qu’en fin de compte il n’y ait qu’un seul capitalisme,
            il fonctionne comme une gangrène, un cancer,
            et il ne s’arrêtera que lorsqu’il n’aura plus rien à « manger »,
            c’est d’ailleurs le problème qu’il commence à rencontrer.
            je ne crois pas qu’on puisse « l’encadrer » (au sens propre, comme au figuré d’ailleurs).
             smiley

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passé de l'architecture à la chanson, je sais que nous devrions laisser cette planète au moins aussi propre que nous l'avons trouvé à notre arrivée...je sais aussi que nous devons vivre en équilibre avec toutes les autres espèces vivantes de cette terre, au risque, si nous brisons ce fragile équilibre d'en payer le prix fort. découvrez mes chansons sur mon site : (...)


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