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Accueil du site > Tribune Libre > Faut-il moraliser le capitalisme ?

Faut-il moraliser le capitalisme ?

"En politique le choix n’est pas entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal" (Machiavel). Alors, faut-il moraliser le capitalisme ou se contenter de moraliser les capitalistes ? La question est saugrenue ? Pas tant que ça, la preuve.

Lundi 20 octobre, Alain Gérard Slama, intervenant matutinal sur France Culture, paraphrasant Rabelais a introduit sa chronique consacrée à la moralisation du capitalisme, par ces mots :

"Science conscience ruine de l’âme". On notera au passage le contenu lapidaire ainsi que le contresens que cette formule à l’emporte-pièce peut induire. Passons.

En écrivant "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme", l’auteur de Pantagruel ne pouvait considérer autre chose que la conscience du chercheur et non pas celle de la science, laquelle, cela n’aura échappé à personne, serait difficile à trouver dans la science ou dans l’alchimie (1).

Faisant alors un parallèle entre cette citation dénaturée donc, "Science conscience ruine de l’âme" et la thèse d’André Comte-Sponville relative à l’amoralisme du capitalisme (2), notre chroniqueur s’est fait le chantre de l’idée que seuls les hommes sont dotés d’une conscience morale, et qu’on stériliserait la science à vouloir la moraliser - comprenne qui pourra la contradiction, mais l’avocat du diable n’a que faire de rigueur intellectuelle, c’est bien connu. Et il ne s’étendra guère non plus sur ce qu’il entend par "moraliser la science", et pour cause.

Mais poursuivons. Pas davantage non plus, André Comte-Sponville n’attribue aucune conscience au capitalisme quand il écrit :

"Si l’éthique était source de profit, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin de travailler, plus besoin d’entreprises, plus besoin du capitalisme – les bons sentiments suffiraient. Si l’économie était morale, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin ni d’Etat ni de vertu – le marché suffirait. Mais cela n’est pas… C’est parce que l’économie (notamment capitaliste) n’est pas plus morale que la morale n’est lucrative – distinction des ordres – que nous avons besoin des deux. Et c’est parce qu’elles ne suffisent ni l’une ni l’autre que nous avons besoin, tous, de politique." (2)

Mais cela Alain Gérard Slama l’ignore ou feint de l’ignorer : "il ne faut pas moraliser le capitalisme cela le stériliserait" dit-il, ici encore au mépris de la rigueur, et en ajoutant triomphalement : "mais il faut moraliser les capitalistes". Traduction : il ne faut rien toucher aux règles du système - CQFD.

Frédéric Lordon écrivait dans Le Monde diplomatique d’avril 2006, avant la crise donc (3) :

"La défaite historique du socialisme a favorisé l’idée qu’une économie ne saurait être organisée depuis un centre unique (…) Or, puisque l’ordre décentralisé a fait ses preuves dans le domaine économique sous la figure du « marché », disent déjà certains, pourquoi ne pas en finir avec l’Etat (…) ? Mais, au fait, une fois l’Etat disparu, et l’ordre politique pareil au marché, quel motif convaincra les agents privés de s’engager dans le financement des besoins collectifs ? La réponse américaine est déjà prête : c’est la morale."

Chacun sait depuis toujours, et surtout en cette période de crise aiguë qu’il est parfaitement possible d’établir des règles plus justes, mais qu’il est illusoire de vouloir moraliser les capitalistes, ainsi que l’écrit Samir Amin, économiste et président du World Forum for Alternative (4) :

 "Le capitalisme contemporain est devenu par la force de la logique de l’accumulation, un "capitalisme de connivence". Le terme anglais "crony capitalism" ne peut plus être réservé aux seules formes "sous-développées et corrompues" de l’Asie du Sud-Est et de l’Amérique latine que les "vrais économistes" (c’est-à-dire les croyants sincères et convaincus des vertus du libéralisme) fustigeaient hier. Il s’applique désormais aussi bien au capitalisme contemporain des États-Unis et de l’Europe. Dans son comportement courant, cette classe dirigeante se rapproche alors de ce qu’on connaît de celui des "mafias", quand bien même le terme paraîtrait insultant et extrême".

(1) Rabelais dit avoir puisé cette maxime dans "Le Sage Salomon", un recueil du Moyen Âge.

(2) Dernier paragraphe de son excellent ouvrage : "Le Capitalisme est-il moral ?" édité en 2006 au Livre de Poche, André Conte-sponville.

(3) "Invasion de la charité privée" par Frédéric Lordon, http://www.monde-diplomatique.fr/2006/04/LORDON/13372

(4) L’Europe s’est alignée sur les États-Unis, avec son "capitalisme de connivence" et riposte en ayant recours au moralisme et au gouvernement des juges. Seule une remise en question totale du système capitaliste pourrait y mettre fin. http://www.marianne2.fr/La-gauche-europeenne-desarmee-face-au-systeme_a89094.html


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109 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 21 octobre 2008 12:01

    Oui, il y a beaucoup de faux débats ici, surtout dans la rubrique du rôle de l’état. L’économie n’est pas le domaine des valeurs humaines (Comte-Sponville, qui est un vulgarisateur et non un philosophe, ne l’a pas découvert). C’est le politique. Quel que soit le rôle que l’on donne aux états, grand ou petit, ils doivent l’assurer bien ou mal. Le politique est le domaine où les valeurs humaines peuvent s’exprimer, mais où agissent avant tout les rivalités de pouvoirs. Dans tous les systèmes, on équilibre tant bien que mal des intérêts contradictoires. Et puis dans certains systèmes totalement déséquilibrés, une coterie l’emporte sur toutes les autres : une oligarchie, une nomenklatura, une mafia, selon les termes. Ca a été le cas du soviétisme, que Soljenitsyne appellait le "socialisme réel" : les utopies dérivent vite en oligarchies.

    Le libertarianisme, c’est le "libéralisme réel".

    Pour certains, le nazisme était un contrôle des corporations par l’état. Pour d’autres un contrôle de l’état par les corporations. Le résultat est le même : le contrôle de l’ensemble par une oligarchie. Communisme et libertarianisme concourent au même résultat : déséquilibrer les mécanismes de confrontation des pouvoirs, de résolution des conflits, et prise de contrôle finale par une oligarchie.

    On peut discuter encore 100 ans pour savoir si les US étaient "vraiment libéraux" ou pas. Il y en a bien encore qui discutent pour savoir si l’URSS était "vraiment socialiste" ou pas.

    Mais Montaigne en aurait sans doute juste dit qu’il faut de la mesure en toute chose.


    • JL JL 22 octobre 2008 00:24

      Je ne copierai pas ici mon post précédent, qui se lit en fin de fil, et pourtant la deuxième partie y serait à sa place. Bien vu Forest Ent.

      Oui, Montaigne avait bien raison.

      ""La seule protection contre les excès du libéralisme anglo-saxons c’est l’Etat français"". (A. Touraine, FI 26/06/08). Mais qui nous prémunira contre les excès de l’Etat français ?


    • Forest Ent Forest Ent 22 octobre 2008 01:02

      On a les gouvernements que l’on mérite. Le peuple français est un vaste melting pot entre cultures latines, saxonnes et autres, catholique, protestante et autres, etc ..., ce qui le prémunit un peu des monomanies. Ca donne lieu aussi à des échanges intéressants. Et parfois vifs. smiley


    • Sophie Sophie 21 octobre 2008 12:10

      Moraliser l’économie suppose au fond de réactualiser le concept d’égalité entre les hommes. Ce qui importe du point de vue moral n’est pas ce dont on dispose au départ, mais l’usage qu’on en fait. Aucune richesse, aucune qualité naturellement donnée, n’est vertueuse en soi. Conséquence fortement anti-inégalitaire : à partir du moment où il n’existe pas de hiérarchie naturelle entre les êtres humains, leurs relations économiques ne devraient pas en créer. Moraliser l’économie, et notamment réprouver l’exploitation d’autrui, semble donc non seulement possible, mais indispensable. Ce n’est pas à la charité privée d’assumer les devoirs de la communauté envers elle-même, mais une morale universelle qui pose comme principe que tous les humains sont égaux ; sans quoi on retourne au Moyen-Age, où les nobles et les bourgeois avaient leurs fondations pieuses comme de nos jours les milliardaires américains.
      Merci pour cet article.


      • appoline appoline 21 octobre 2008 20:51

        Comme disait Coluche : "Tous les hommes naissent égaux, sauf qu’il y en a qui sont plus égaux que d’autres". Alors, moraliser l’économie reviendrait à dire qu’il faudrait déjà redresser tous les tordus qui tiennent les rênes en main. Pure utopie.


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 22 octobre 2008 08:43

        Commentaire interressant :

        Mais la question du rapport de la politique et de la morale est posée trop rapidement par votre propos. Or c’est une question qui suggère des réponses ambiguës.

        Soit l’on confond les deux et l’on cherche à imposer sur le plan politique une morale commune de la solidarité collective impérative et donc sacrificielle de type nécessairement religieux (imposée par une prétendue autorité divine salvatrice dont l’état devient l’instrument de force)

        Soit l’on trace une ligne claire de démarcation en constatant que la morale universelle en pratique est impossible dès lors qu’un accord apparent sur des valeurs générales (liberté, égalité solidarité), n’implique aucun accord sur leurs modalités d’application et leur hiérarchie, et surtout que celles ci sont hétérogènes selon les contextes et les jeux sociaux (économiques, politiques, familiaux). Nous en sommes alors réduits, dans une société idéologiquement pluraliste, aux droits universels de l’homme et du citoyen assortis de droits sociaux pour faire de l’égalité des droits formels des droits réels et non pas fictifs, voire mensongers.

        Dans cette perspective il convient de refuser toute valeur sacrée et de juger des principes d’action selon les contextes et la fin du droit au bonheur de chacun qui implique les conditions de l’autonomie personnelle et de la confiance dans les rapports mutuels entre les personnes, à savoir une solidarité conditionnée à des règles de droit universelles qui équilibre les droits et les devoirs donc conditionnelle. Seule cette approche pour permettre de réduire le risque de violence qui est au coeur de toute société pluraliste traversée par des conflits éthiques.


      • JL JL 22 octobre 2008 09:44

        @ Sophie, j’aurais aimé faire ce commentaire. Marcel Gauchet disait hier matin sur France Culture : "on ne naît pas individu, on le devient, et c’est cela l’individuation". De la même façon, on ne naît pas citoyen, on le devient … peut-être. Certains ne le deviendront jamais.

        Dirons-nous que la nation a les citoyens qu’elle mérite, ou que les citoyens ont les institutions qu’ils méritent ? Les deux sans doute, chacun tirant à hue et à dia, selon ses intérêts.

        Warren Buffett (l’un des hommes les plus riches du monde), déclaré : " Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ".


      • JL JL 22 octobre 2008 10:00

        Nassim Nicholas Taleb exposait disait récemment à la radio : " en Extrèmistan (le monde que l’on a créé), les catastrophes sont beaucoup plus fréquentes qu’en Médiocristan (le monde naturel)".

        Il faut comprendre le terme catastrophe, non pas au sens d’événement imprévisible, mais imprévu, et au sens où René Thom l’emploie : par exemple, la goutte qui fait déborder le vase provoque une catastrophe. Mais parfois les catastrophes ont l’ampleur d’une guerre mondiale. Pour info, c’est aussi, si j’ai bien compris, ce qu’il nomme un cygne noir.


      • sisyphe sisyphe 21 octobre 2008 12:13
        		 			 				 Par Roland Hureaux

        				
        Tout le monde connaît le mécanisme psychologique à l’œuvre dans l’alcoolisme – et dans toutes les addictions d’ailleurs : l’alcool produit une euphorie qui dure un certain temps, puis, l’effet passé, vient le temps de la dépression, de la « gueule de bois » comme on dit. Les soulographes du petit matin savent comment guérir la gueule de bois : recommencer vite à boire autant et même un peu plus. Le mécanisme de l’addiction veut en effet qu’il faut des doses de plus en plus fortes de drogue pour accéder au même état d’euphorie.
        					 					
        					 N’est-ce pas ce qui est en train de se passer dans l’économie mondiale ? Après une phase d’euphorie marquée par les subprimes, la bulle financière, les profits record, l’argent roi, nous avons depuis quelques semaines la gueule de bois. 					
        					 					
        Le climat de catastrophe qui règne dans l’opinion et la grande presse ne doit pas nous leurrer : même si la dépression dure un certain temps, elle finira bien par se terminer.
        					 					
        					 Le spectre de 1929 					
        Il arrive parfois à Alain Minc de ne pas se tromper : il n’a pas tort de dire que si, en 1929, les États étaient venus au secours du système bancaire avec la même détermination qu’ils le font aujourd’hui, nous n’aurions pas eu Hitler.
        					 					
        La leçon de 1929 n’ayant pas été oubliée, la réaction a été cette fois vigoureuse, malgré les hésitations de certains pays comme l’Allemagne. Son effet ne sera bien entendu pas immédiat. Les bourses peuvent encore baisser, mais enfin vient toujours un moment où les spéculateurs se rappellent que derrière les titres, il y a des biens réels : des usines, des champs, des immeubles et une activité économique qui ne s’est pas encore complètement arrêtée, Dieu merci, et que donc ces titres conservent une valeur intrinsèque au-dessous de laquelle il n’est plus raisonnable de les vendre.
        					 					
        Mais ne nous leurrons pas. La cause du mal, c’est l’inflation : du crédit et donc de la monnaie (deux fois la valeur de la fortune mondiale se trouve aujourd’hui en circulation !).
        Le remède qu’ont trouvé les États à la crise, sous l’habillage technique, c’est ni plus ni moins qu’un surcroît d’inflation.
        			
        			 		 		
        		 			
        				 				
        					 				
        			
        			
        				
        					 Planche à billets 					
        Contrairement à ce qui se dit, ce ne sont pas les contribuables américains qui vont payer les 850 milliards de dollars du plan Paulson, c’est la création monétaire. L’Etat prête aux banques pour garantir les déposants. Pour cela, il va aggraver le déficit public et donc émettre des bons du Trésor. Qui achètera ces bons du trésor ? Ceux qui en possèdent déjà : les grands créanciers mondiaux : la Chine, le Japon, les pays pétroliers.
        					 					
        					 Et s’ils refusent ? Ils ne refuseront pas parce qu’alors, leurs réserves en dollar ne vaudraient plus rien. 					
        Ainsi, la situation actuelle était marquée par l’inflation et les grands déséquilibres mondiaux ; le résultat des mesures prises pour enrayer la crise est une plus grande inflation et les mêmes déséquilibres en plus grand.
        					 					
        Ce n’est pas le seul domaine où l’on peut s’attendre à une aggravation : si la cause de la quasi-faillite de certaines banques était l’irresponsabilité de leur gestion, combien plus irresponsable encore risque d’être cette gestion maintenant que l’on sait que les banques ne peuvent pas faire faillite car les États ne les laisseront jamais tomber ?
        					 					
        Tous ceux qui ne se laissent pas aller à l’emphase catastrophiste qui règne aujourd’hui savent que l’économie, le crédit, la bourse repartiront un jour, un peu plus tôt, un peu plus tard mais pas sur de nouvelles bases : sur les mêmes, en pire !
        					 					
        Ce qui changera : un contrôle plus étroit du système bancaire malgré tout (mais pas trop si l’on veut éviter une récession économique), un redémarrage de la hausse de prix aussi : c’est le seul moyen réaliste d’absorber le gonflement considérable de la masse monétaire mondiale. Et il n’est même pas certain que les salariés profiteront de cette inflation, aussi longtemps que la mondialisation des échanges de biens tire les salaires vers le bas.
        					 					
        L’euro risque d’être ébranlé : les ensembles de ce type ne résistent aux « chocs asymétriques » que s’ils sont faibles, or celui-ci est fort : il n’y aura plus d’alternative au dollar.
        					 Pour le reste : les mêmes dérives, les mêmes déséquilibres, en pire. 					
        					 					
        					 Couple sino-américain 					
        Jusqu’à quand ? Les seuls facteurs qui puissent changer la donne mondiale seraient que la Chine n’accepte plus de financer les déficits américains ; nous avons vu qu’elle n’a pas encore le choix, ou encore que les États-Unis acceptent un retour à l’étalon-or : cela supposerait qu’ils remboursent leur énorme dette, quitte à être les premiers bénéficiaires de la formidable réévaluation de l’or qui en résulterait : ne rêvons pas.
        					 					
        L’économie mondiale repose sur le couple pervers Chine–États-Unis, la première ultra excédentaire, la seconde ultra déficitaire. Tant que ces deux acteurs majeurs (nous ne parlons pas des pays pétroliers, tenus en laisse) ne décideront pas de changer radicalement la règle du jeu, l’économie mondiale pourra bien repartir mais elle ne sera pas assainie.
        			

        • sisyphe sisyphe 21 octobre 2008 15:03

          Le capitalisme ne peut pas être moralisé ; le capitalisme est un régime dictatorial, un impérialisme

          Aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire, tous les régimes qui ont effacé les états et réuni, dans un même système des populations transétatiques, ont été des empires : empire athénien, romain, byzantin, napoléonien, anglais, russe (URSS). 
          La définition du concept d’empire est la suivante :
          Un empire est une région ou un ensemble de régions dirigées par un empereur et, par extension, tout grand État multi-ethnique dont le pouvoir est centralisé et accessible à une partie seulement de la population. Les empires basés sur la terre (comme la Russie ou l’URSS), ont tendance à être monolithiques ; les empires maritimes, comme l’empire athénien ou l’empire britannique, ont des structures plus lâches et des territoires éparpillés. Généralement la notion d’empire sous-entend une conquête.

          Les empires peuvent prendre plusieurs formes. Traditionnellement ils sont basés sur l’autorité de puissantes monarchies exercée par un empereur héréditaire, initialement auto-désigné. Historiquement la plupart des empires sont le fruit de conquêtes militaires par des États puissants, les États conquis étant amalgamés dans un ensemble politique plus vaste. La monarchie ou l’oligarchie située dans le territoire originel continue à dominer cette union. Nombre de ces anciens empires maintenaient leur pouvoir sur leurs sujets par le contrôle des ressources vitales. Les historiens parlent de certains de ces régimes comme des « empires de l’eau », car l’ethnie dominante s’arroge le contrôle de l’eau.

          L’introduction d’une religion commune a aussi souvent renforcé les empires, comme cela s’est produit avec le christianisme avec Constantin Ier pour l’Empire romain.

          C’est exactement ce dont il s’agit avec le capitalisme ; la religion étant celle de l’argent-roi, et les empereurs sont les maîtres de la finance internationale.
          Dans le système capitaliste, les détenteurs du pouvoir ne sont jamais élus ; ils ne sont jamais les représentants du peuple ; ils sont une caste détentrice du pouvoir par la conquête des états, du monde, par leur puissance financière, économique, militaire. 
          Ils maintiennent, comme dans les empires, leur pouvoir sur leurs sujets par le contrôle des ressources vitales, et leur système autoritaire par la maîtrise des puissances de l’argent. 

          Le capitalisme est, par définition, un système d’exploitation de la multitude par un petit nombre, qui capte les richesses produites par les citoyens (par le travail), en n’en redistribuant que le minimum (salaires) pour alimenter ses propres ressources.

          De plus, grâce à l’ultra-libéralisme et la mondialisation, ces richesses, basées sur l’économie réelle, sont transformées, par le jeu des bourses et de la spéculation, en substrat de production de richesses virtuelles, qui imposent leur loi et leur puissance à l’économie, au champ politique, au champ démocratique.
          Le pouvoir qui a été donné de production des monnaies, de l’argent, aux entreprises privées (banques, compagnies d’assurances, organismes de crédit) en fait les véritables détenteurs des puissances mondiales, imposant leurs diktats aux états, qui ne sont plus que des coquilles vides, tout juste bons à remplir leurs fonctions régaliennes, dans le petit périmètre qui leur est consenti. 
          Contrairement à tous les domaines de la vie publique, tous régis par des lois : Code Civil, Code Pénal, Code du Travail, Code de la route, Code de la construction, Code de la défense, etc, etc.... le système capitaliste ultralibéral n’est régi par aucun code, aucune LOI. 

          Par la totale opacité de son fonctionnement, l’absence de lois, l’existence officielle, admise , encouragée et soutenue, de territoires totalement hors la loi (paradis fiscaux, places offshore), le capitalisme s’érige en système dictatorial, hors de portée de la justice, et de toute structure démocratique.

          Les citoyens ne sont donc plus que des sujets soumis à des fonctionnements sur lesquels ils n’ont aucun pouvoir, auxquels ils n’ont aucun accès, sur lesquels ils ne peuvent pas intervenir. 

          Le capitalisme est l’exact inverse de la démocratie : il est un système entièrement autocratique ; le pendant absolu des empires, et des régimes dictatoriaux ; le capitalisme est une DICTATURE. 

          Il ne saurait donc être question de l’amender, de le moraliser, de le réguler ; ceux qui en sont tributaires n’en ont pas les moyens. 

          Une seule solution : le supprimer, et le remplacer par un système mondial entièrement démocratisé, transparent, légalisé, soumis à une législation internationale soumise et ratifiée par les citoyens, par l’intermédiaire d’organismes transétatiques sous le contrôle des citoyens. 

          C’est la seule voie possible. 


        • La Taverne des Poètes 21 octobre 2008 12:20

          Au contraire, il faut capitaliser la morale ! Il faut ajouter un étage de plus à l’épargne éthique et solidaire, avec l’épargne morale. Mais "morale" au sens strict et délimité dans le champ économique. Il ne s’agit pas d’y introduire des notions contestables...

          Voir mon article d’aujourd’hui sur la piste de l’épargne solidaire qui peut être un des modèles.


          • Jordi Grau J. GRAU 21 octobre 2008 12:39

            Le parallèle que fait Slama entre le capitalisme et la science est très révélateur. Ce qui est sous-jacent, c’est une idée naïve mais très utile aux défenseurs de l’ordre établi : le capitalisme est le seul système viable. C’est prouvé scientifiquement. Impossible d’aller contre la Science. Sortir du capitalisme, ce serait se heurter aux lois naturelles de l’économie, ce serait refuser de voir la réalité en face. Il n’y a donc pas de morale dans ce système, tout comme il n’y a pas de morale dans la nature. Car la notion de "morale" suppose celle de liberté (depuis Rousseau et Kant, notamment). La seule liberté que nous avons c’est de bien utiliser les lois de l’économie, comme nous pouvons bien utilier les lois de la nature.


            C’est la même illusion qui existait à l’époque de Rousseau. On avait l’impression que l’ordre monarchique et féodal était naturel. Il fallait bien des gens dévoués (les nobles, les clercs, le roi) pour commander aux masses ignorantes et désordonnées. De même aujourd’hui, on considère que la masse des gens doit être commandée par une élite censée oeuvrer pour le bien commun : élites politiques (la politique, ça s’apprend, faut avoir plein de diplômes pour en faire), élites médiatiques, élites économiques (les travailleurs sont incapables de s’organiser tous seuls, il faut les faire marcher à la baguette, comme des boeufs). Tout cela est naturel, normal, inévitable. Alors bien sûr il y a de mauvais patrons qui s’en mettent plein les fouilles, il y a des politiciens corrompus... De même, autrefois, il y avait certains rois, certains évêques ou certains seigneurs qu’étaient pas gentils gentils. Mais le bon Dieu les a bien punis. Dans l’autre monde. 


            Bref, le système est bon, malgré quelques rares brebis galeuses. Dormez bien citoyens. Tout va pour le mieux. Prions seulement pour que l’âme des riches et des puissants résiste à la tentation de saccager encore plus l’environnement, l’économie et la société. Et surtout, n’oublions pas d’écouter, sur France-Culture, les beaux sermons du père Alain-Gérard. 


            • MarcDS MarcDS 21 octobre 2008 12:50

              D’après Adam Smith, l’un des papes du libéralisme économique, ce sont les égoïsmes individuels qui assurent la "fluidité" des marchés et la répartition optimale des ressources. Dès lors, moraliser les capitalistes reviendrait donc à leur dire "Soyez égoïstes, soyez cupides, laissez libre cours à votre avidité, car c’est le moteur du système, mais n’oubliez pas la morale." Bonjour le paradoxe !


              • Gilles Gilles 21 octobre 2008 15:42

                Marc

                la Morale à la Smith est plus complexe et plus réfléchit. Incomplet à mon sens et innaplicable pour forger les bases d’une idéologie, mais qui est dans l’essence du libéralisme le plus pur (qui en devient un dogme)

                Adam Smith, professeur de philosophie moraleà l’université de Glasgow,

                Dans ce livre, il essaie de comprendre comment l’
                individu, considéré comme égoïste, parvient à porter des jugements moraux qui font passer son intérêt personnel au second plan. Smith affirme que l’individu peut en fait se placer dans la position d’un tiers, d’un observateur impartial, qui peut donc s’affranchir de son égoïsme et fonder son jugement sur la sympathie.

                Smith s’interroge sur l’origine de la capacité qu’ont les individus de porter des jugements moraux sur les autres mais aussi sur leur propre attitude. Smith commence par affirmer, contre les théories de l’égoïsme et de l’intérêt, le caractère désintéressé de certains de nos jugements.
                [19]. Selon lui, chacun de nous a en lui-même un « homme intérieur », capable de se placer à distance de ses propres passions et intérêts, afin de se constituer en « observateur impartial » de soi-même, capable de témoigner son approbation ou sa désapprobation morale à l’égard de ses propres actes, et dont nous ne pouvons ignorer le jugement. Certains voient dans cette thèse une anticipation du concept de surmoi (lequel est pourtant une instance inconsciente)[20].

                Pour finir..... cetet réflexion intéressante qui fustige les néolibéraux du marché contemporain

                Pour Smith, la richesse de la nation, c’est l’ensemble des produits qui agrémentent la vie de la nation tout entière, c’est-à-dire de toutes les classes et de toutes leurs consommations. L’or et la monnaie ne constituent donc plus la richesse, elles n’ont en elles-mêmes aucune autre utilité que celle d’intermédiaire de l’échange[24]. Adam Smith rejoint donc la vision de la monnaie proposée par Aristote dans l’Antiquité[25] . Pour lui, l’origine de la richesse est le travail des hommes. Il pose ainsi les bases de la doctrine de la valeur travail, qui sera pleinement théorisée au siècle suivant par David Ricardo


              • JL JL 22 octobre 2008 00:39

                @ Marc DS : excellent !


              • JL JL 21 octobre 2008 13:03

                Bonjour à tous, merci pour vos interventions qui donnent une dimension inattendue et très intéressante à ce petit billet. J’espère pouvoir revenir ce soir ou demain pour y participer.


                • wuwei 21 octobre 2008 13:41

                  Faut-il moraliser le capitalisme ?

                  Et pourquoi ne pas demander à l’eau de ne pas mouiller, à un hippopotame de voler ou à des exorcistes de travailler à Wall-Street, à la City et au CAC40 ! En fait le capitalisme moral c’est comme le développement durable : un oxymoron.
                  Et puis qu’est ce que la "morale" ? Ce que tel ou tel petit groupe de personnes, forcément savantes et initiées, imposeront comme devant être une norme à l’ensemble de la société ? Qui sont ces personnes, les mêmes faux-culs politiques et médiatiques de tous bords qui il y a encore quelques semaines ne tarissaient pas d’éloges sur la modernité d’un capitalisme s’auto-régulant et qui devait être moral ou sinon eux mêmes auraient été de vilains immoraux, ce qui est bien sur totalement impossible dans nos jolies démocraties. Tout ceux qui à l’époque se demandaient s’il était normal que rien n’entrave la marche en avant d’un systéme aliénant et totalement mortifère, étaient immédiatement rangés dans la catégorie des archaiques gauchistes. Aujourd’hui les mêmes nous parlent, la main sur le coeur (normal il est à gauche) et la bouche sans doute pâteuse, qu’il faut moraliser absolument les dérives du systéme. Mais comme dans toutes véritables thérapies, si l’on veut qu’il y ait rémission, ce ne sont pas aux effets qu’il faut s’attaquer mais à la cause. Or la cause c’est uniquement le capitalisme et tout ce qui nous est proposé aujourd’hui par les médias, les politiques et les amuseurs télévisuels et radiophoniques ce n’est qu’un autre écran de fumée à effet anesthésiant, afin de faire croire à un peuple bien moutonnant que la jolie laine qu’il à sur le dos ne sera jamais tondue par le gentil berger capitaliste. Alors, dans quelques semaines/mois, les belles paroles de nos politiques seront à ranger dans l’énorme tiroir des promesses faites uniquement pour ceux qui y croient, le capitalisme le plus méphitique reprendra de plus bel et tout ira pour le mieux pour les oligarques, ploutocrates, le MEDEF qui se féliciteront, sourire aux lèvres et champagne millésimé à la main, le tout nouveau capitalisme moral qui régnera sur la planéte.
                  Envers du décor il y aura plusieurs dizaines de millions de chaumeurs en plus, les inégalités se seront accrues, la courbe du nombre de miséreux et d’affamés aura suivi celle de la bourse, mais le capitalisme aura l’estampille "moral" et forcément cela changera tout, Puisqu’on vous le dit !


                  • Gilles Gilles 21 octobre 2008 15:03

                    J’écoute tous les matins Ali Baddou et ses invités, dont Slama : c’est le libéral du lot !

                    Mais cela Alain Gérard Slama l’ignore ou feint de l’ignorer : "il ne faut pas moraliser le capitalisme cela le stériliserait" dit-il, ici encore au mépris de la rigueur, et en ajoutant triomphalement : "mais il faut moraliser les capitalistes". Traduction : il ne faut rien toucher aux règles du système - CQFD.

                    Je ne crois pas qu’il l’ignore ou feint de l’ignorer. Le libéralisme à la sauce anglo-saxonne dont il est le chantre est centré sur l’individu, et c’est l’agrégation de chaque individu qui donne sa cohérence au système. Tout collectif imposé n’est qu’une restriction de liberté. Les transferts sociaux et la stabilité du système ne peuvent venir que de la bienveillance et de l’intelligence des acteurs ; d’où cette histoire de morale.

                    Dans cette idéologie, ceux qui profitent le plus du système doivent prendre conscience qu’ils doivent en partie leur résussite à des perturbations qui distordent l’évolution équitable des individus et menace la stabilité de la société libérale. En contre partie, ils se doivent de subvenir aux besoins des moins nantis, ou encore d’injecter des capitaux, de l’énergie, dans les structures de la société...... bref la redistribution, nécessaire, est affaire de personne, pas du collectif. C’est le concept de sponsoring (musée, université...) ou de charité anglo-saxonne, beaucoup plus développée chez eux que chez nous. Ou encore, en Terre d’islam, l’impôt islamique. Ainsi on achète sa rédemption et on est un paix avec sa réussite, avec soi même.

                    Par contre imposer aux individus quoique se soit c’est prednre le risque d’établir des règles castratrices qui perturberont in fine gravement l’ensemble du système : hors de question. Il faut donc que chaque individu soit mû par cette bonne morale (l’homme né "bon"). Si besoin est, si les individus deviennent trop corrompus, il convient de les remettre dans le droit chemin.

                    Ex : un capitaliste qui se goinffre trop devrait être réprimandé

                    On comprend que la religion, la pression du groupe, la surveillance de chacun par chacun, les ch^timents exemplaires sont un moteur pour que ce genre de société fonctionne. Rien n’est écrit, tout est dit. Celui qui sort du chemin est ostracisé (enfin devrait...........) Les premiers colons étatsuniens était quelque peu dans ce modèle... et à l’Ouest ça a donné le Far West en fin de compte

                    Les USA d’aujourd’hui reprennent ces concepts, sans les avoir généralisés. Et au contraire de ce qui se dit, l’évolution de ce pays est de moins en moins en accord avec cette doctrine libérale...la rapacité des puissants semblant sans bornes

                    Ce genre de société "idéale" pourrait fonctionner........mais à quel prix ? Serait-on encore libre ? Libre sur le papier mais pas dans la réalité.....




                    • JL JL 22 octobre 2008 00:46

                      @ Gilles : compter sur le sponsoring, la charité et toutes ces sortes de choses, mais qui voudrait vivre dans une telle société ?

                      Sans compter qu’elle aboutit à ce que nous voyons : la guerre permanente, des écoles créationnistes, la généralisation du Taser, porte ouverte à l’assassinat légal. Merci, très peu pour moi ! smiley


                    • JL JL 22 octobre 2008 00:49

                      Ps . Obama aurait déclaré accorder autant decrédit au créationnisme qu’à l’évolutionisme. Vous aurez compris que ce n’est pas la position d’Obama qui me pose pb, mais celle du peuple américain.


                    • Gilles Gilles 22 octobre 2008 09:58

                      JL

                      J’essayais de clarifier les fondements de cette idéologie libérale pure.... à rapprocher avec mon commentaire plus haut sur l’homme "moral" qui s’autorégule de lui même en faisant abstraction de ses intérêts égoïstes, version Adam Smith ; Cette morale est la base d’un certain libéralisme

                      Bien entendu, dans notre monde une société entièrement basée sur ces concepts est totalement irréalisable, et deux, si même elle naissait un jour, ce serait un enfer

                      Cependant, force est de constater que certaines sociétés, US notamment, fonctionnent partiellement selon cette mentalité et que des individus, libertariens notamment, la promotionne.


                    • Gilles Gilles 22 octobre 2008 10:05

                      Quant à Obama, pour être élu il se doit d’aller dans le sens de ses électeurs potentiels, dont certains acceptent le créationisme ou du moins qu’on laisse la liberté de choix......juste de ma démagogie

                      Aprés, ce qu’il en pense, mystère......... je serais tout de même surpris qu’il soit créationiste !


                    • JL JL 22 octobre 2008 10:05

                       @ Gilles, nous sommes bien d’accords.


                    • JL JL 22 octobre 2008 00:51

                      @ Léon, on aura bien compris que moraliser le capitalisme c’est établir des règles qui en contiennent les excès.


                    • ash ash 21 octobre 2008 16:20

                      Que place-t-on dans ’Capitalisme’ ?

                      Si l’on parle des personnes qui le pratiquent, on pourrait juger normal que toutes ces individualités aient un minimum syndical de considération pour leur prochain : par l’absurde, je me vois mal abandonner toutes fois (et lois) à partir du moment où j’allume mon ordinateur pour boursicoter.

                      Il me semble iréel (voire dangereux) de séparer la notion capitalisme, du conglomérat de moralité des individus qui le pratique. Ca n’aurait juste pas de sens ’pratique’...

                      A mon humble avis, il existe bel et bien un cadre moral minimal (très large) du capitalisme. Si l’on admet çà, je ne verrais personnellement rien d’amoral (pour le coup :)) à le contraindre spécifiquement davantage, histoire que ceusse qui profitent des zones grises, en plaidant l’ignorance, soient mis au parfum : le religieux pourrait s’inviter davantage dans les marchés.


                      • Peretz Peretz 21 octobre 2008 16:40

                        Faux dilemme : il s’agit de deux choses différentes dont le seul lien est la démocratie, laquelle est encore incomplète. On a vu que les démocraties populaires qui n’avaient de populaires que le nom. n’ont pas réussi. Nos démocraties représentatives, sont en train de démontrer qu’elle n’ont plus, ne peuvent réussir. Dans les deux cas, le peuple considéré comme incapable de trouver tout seul où est son bien, son intérêt, est sinon coupable, du moins responsable. Il se sent obligé de confier son destin à des oligarchies, des élites, qui sont censées agir pour son bien, mais qui sont vite prises dans un système qui tourne sur lui-même. La démocratie représentative a démontré sa faiblesse. En cherchant ou faisant semblant de chercher à satisfaire les catégories qui lui sont les plus proches, les seules qu’elles connaissent, ces oligarchies cèdent à la facilité : il leur est impossible de changer réellement les choses. Car cela supposerait une abnégation qui reste réservée aux associations caritatives. La morale à celles-ci, la politique et l’économie pour elles. Cela dit, y a-t-il une alternative ? C’est pensable : il suffit de laisser réellement le peuple, ou du moins la majorité de celui-ci trouver lui-même, et surtout, directement, ses solutions. En est-il capable ? Là est la question. Tant qu’on n’aura pas la réponse, il restera sous tutelle, avec ce que cela suppose d’inégalités et d’injustices : le tuteur dit qu’il sait mieux que lui ce qui lui convient. Le peuple, lui, ne sait que se révolter. La véritable démocratie, la démocratie participative réelle, pourra-t-elle s’imposer sans révolte ?


                        • ZEN ZEN 21 octobre 2008 16:55

                          Bonjour
                          Bon billet JL
                          Assez en accord avec la remarque de Léon et avec l’article de Lordon

                          On ne change pas le dysfonctionnement d’un système par un redressement de type moral , mais par une modification de la logique du système lui-même, ce qui nécessite un changement politique et économique des règles qui l’ont amené à se détruire lui-même.
                          Il est possible de briser l’enchaînement des crises et de mettre fin au pouvoir de nuisance de l’exorbitant pouvoir des grandes banques, qui ont perdu leur fonction première. A condition que l’Etat reprenne ses droits et ses distances par rapport aux dogmes ultralibéraux et que l’intérêt commun devienne sa priorité.

                          -Moraliser le capitalisme financier ?

                          "Ça ne mange pas de pain, c’est devenu un classique de ces périodes de soubresaut. Et nous savons à présent que ce ne sont que des paroles en l’air. Disons des paroles de réconfort. Que rien ne sera fait. C’est une illusion. Il n’est pas possible de moraliser le capitalisme, quel que soit le qualificatif qui lui est joint. Le capitalisme est un système de valeurs, une manière d’appréhender l’homme dans sa globalité, une vision du monde plus qu’un simple système économique. C’est à force de mauvais emploi du terme que la confusion a été rendue possible. Le capitalisme est une idéologie."
                          « Moraliser le capitalisme financier » c’est simplement trouver les justifications adéquates aux souffrances qu’engendre pour de larges franges de l’Humanité la crisouille actuelle." (I. Balat)


                          - "Le problème est essentiellement idéologique, et sépare ceux qui croient en la capacité des marchés à s’autoréguler et ceux qui croient que la puissance publique à vocation à réglementer les marchés financiers. Je parle de réglementer les marchés et pas de « moraliser le capitalisme » comme l’ambitionne le Président de la République. Car l’ambition de "moraliser" le capitalisme financier est une supercherie. La raison ultime du capitalisme, qu’il soit industriel et entrepreneurial ou financier et spéculatif, demeure le profit" (B.Hamon)



                          • ronchonaire 21 octobre 2008 17:38

                            La question n’est pas pertinente car elle se trompe de problème : des acteurs économiques, quels qu’ils soient, n’ont pas à être moraux, tout simplement car le but d’une transaction économique n’est pas moral. Je ne dis pas que ce doit nécessairement être immoral, je dis simplement qu’en posant ce genre de question, nous cherchons la morale au mauvais endroit et nous introduisons une confusion des genres propre à masquer les vrais problèmes. A vouloir mettre de la morale partout, on finit par oublier les "secteurs" qui en ont le plus besoin ; et l’économie n’en fait pas partie.

                            En revanche, on attend en général un minimum de droiture de la part de dirigeants politiques, élus et censés oeuvrer dans l’intérêt général. Or, c’est clairement à ce niveau qu’on observe un déficit de morale. La situation actuelle signe la faillite complète de notre organisation politique, qui donne beaucoup trop de pouvoir à beaucoup trop peu de personnes. C’est donc la politique qu’il faut moraliser, pas l’économique.


                            • Gilles Gilles 21 octobre 2008 18:18

                              Ronchonaire

                              "En revanche, on attend en général un minimum de droiture de la part de dirigeants politiques, élus et censés oeuvrer dans l’intérêt général. Or, c’est clairement à ce niveau qu’on observe un déficit de morale.
                              "

                              Eh oui, le peuple s’attend naturellement à ce que les pretendants au pouvoir soient les plus honnètes, les plus intéressés par le bien public, les plus instruits de la chose publique, les plus compétents, et en fin de compte sont élus ceux qui arivent à faire croire qu’ils ont ces qualités....donc les plus opportuniste et les plus démagogues. 

                              C’est un effet pervers de la démocratie représentative qu’il convient de museler par des structures collectives, indépendantes du pouvoir politiques et aux mains DE citoyens (et non pas DES citoyens). La France, à la base, a plus ou moins cette organisation mais qui s’affaiblit de décennies en décennies.

                              Hélas en Sarkozie, la machine à broire ces intitutions démocratiques est lancée au nom de la modernisation, de la rupture, du je suis le Chef j’ai été élu... bla bla


                            • Gilles Gilles 21 octobre 2008 18:32

                              Sinon Ronchonaire, je te conseille de bien relire l’article, il n’est pas question de trancher entre moraliser les capitalistes ou le moraliser capitalisme, il s’agit juste d’une illustration, une interrogation, basée sur les propos de Slama

                              Les uns et les autres sont immoralisables..... il faut ou changer de système ou trouver les moyens de les canaliser


                            • JL JL 22 octobre 2008 00:53

                              @ Gilles, bien vu, c’est exactement ça.


                            • impots-utiles.com 21 octobre 2008 18:00

                              Bayrou a déjà déposé deux recours devant les tribunaux administratifs contre la décision du tribunal arbitral en faveur de Tapie. Une façon d’endiguer la crise, en un sens.
                              Deux cent quatre-vingt-cinq millions d’euros, le montant de l’indemnité, ça fait au moins de quoi, le cas échéant, sauver une petite banque. Et même aider une moyenne.
                              Etrangement, les médias n’en font que très peu écho ... faudrait -il également moraliser le journalisme ?

                              http://www.impots-utiles.com/affaire-tapie-bayrou-demande-une-commission-denquete.php


                              • Le péripate Le péripate 21 octobre 2008 18:05

                                 Peut-on moraliser le socialisme ?


                                • sisyphe sisyphe 21 octobre 2008 19:15

                                  hors sujet !

                                  Le socialisme est moral.


                                • Le péripate Le péripate 21 octobre 2008 19:40

                                   J’imagine que les menaces de mort du camarade Sisyphe à mon encontre sont, elles aussi, morales.


                                • sisyphe sisyphe 21 octobre 2008 19:48

                                  Menaces de mort ? 

                                  Tiens donc. 

                                  Je serais extrèmement curieux que tu les produises !

                                  Je n’ai jamais menacé de mort personne de ma vie, et n’ai jamais souhaité la mort de quiconque (quoique, des fois, il faut avoir les nerfs solides... smiley )

                                  En revanche, mettre certains hors d’état de nuire, certes.... 
                                  mais "civilement" ; en les privant de pouvoir de décision sur les autres..

                                  Je suis un citoyen démocrate.


                                • sisyphe sisyphe 21 octobre 2008 19:50

                                  Tiens !

                                  Bonne intervention, aujourd’hui, de Sarkozy, qui a apostrophé le Luxembourg, pour des mesures réelles contre les paradis fiscaux !

                                  à suivre.....


                                • Le péripate Le péripate 21 octobre 2008 20:04

                                   Pauvre gros connard, va : le jour où les citoyens en auront trop plein le derche de s’être fait mettre par des enculés et des gros cons comme toi qui les soutiennent, t’as intérêt à te planquer, abruti ; parce qu’il sera légitime que tu en prennes plein la gueule  ; les collabos, ça finit toujours par payer leur lâcheté, leur veulerie, leur indignité.
                                  Le néolibéralisme est un fascisme, une dictature, un système d’esclavagisme et d’asservissement de l’homme clairement revendiqué. 
                                  Ses thuriféraires sont donc des ennemis du genre humain ; des fascistes à neutraliser et à empêcher de nuire ; les temps ne sont plus aux demi-mesures et aux faux-fuyants ; c’est d’une véritable guerre dont il s’agit, et il s’agit maintenant d’organiser la résistance ; armée, si c’est nécessaire.
                                  Fasciste, esclavagiste, membre de la secte du marché tout-puissant, partisan de la privatisation du monde, du vivant, de l’oppression, de la paupérisation de l’humanité au profit de quelques’uns, de la suppression de toute barrière, de toute légalité à la domination sans partage du veau d’or ; ennemi déclaré de la démocratie, de la loi et de la justice ; il n’y a pas d’autre nom : néofasciste ! 

                                  A combattre de tous les moyens possibles.


                                  Ce sont, objectivement, des menaces de mort.
                                  Il serait bon que mes habituels contradicteurs se désolidarisent clairement et nettement de ce genre de langage. Sinon, c’est qu’ils sont simplement complices.


                                • sisyphe sisyphe 21 octobre 2008 20:15

                                  "prenne plein la gueule" ; c’est tout au plus une image ; en aucun cas une menace de mort

                                  la résistance "armée", ça ne t’est pas destiné ; et il n’est question que de résistance

                                  quant à "tous les moyens possibles", il ne s’agit que de combat : pas de mort non plus.

                                  Une fois de plus, amalgame...

                                  Devant un tribunal, ton accusation ne tient pas 5 minutes, avec un papier pareil...


                                • Le péripate Le péripate 21 octobre 2008 20:15

                                   C’est clairement l’occasion pour ceux qui se piquent de morale, je nomme, Zen, Léon, JL, Renève, Yvance, et quelques autres de dire s’il approuvent, ou désapprouvent.
                                  Je pourrait, bien sûr, demander la suppression des ces posts criminels, voire l’exclusion de leur auteur. Mais le libéral que je suis répugne à un tel procédé. Je veux juste savoir si ces propos digne d’un autre âge sont soutenus par des gens qui prétendent être moraux. Et, finalement, comme un monument à la connerie, c’est assez bien que ces posts restent visibles. Sauf si leur auteur, se repentant, demandait lui-même leur suppression...

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