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Comment réduire le déficit public à 3% du PIB d’ici 2013 ?

Réduire le déficit public de la France de 8% actuellement (140 milliards) à 3% du PIB en 2013 (50 milliards à PIB constant), revenant au niveau de 2007, c’est l’objectif annoncé par François Fillon[1] la semaine dernière pour « assurer la crédibilité de notre stratégie de redressement des comptes publics » vis-à-vis de l’Union européenne. Ce qui nécessite soit des coupes drastiques dans les dépenses de l’Etat, soit une hausse des recettes (des impôts), ou une combinaison des deux.

« Rigueur » ou « cure d’austérité », peu importe les termes, qui signifient la même chose : il va falloir se serrer la ceinture. Le gouvernement a choisi de geler et même de réduire les dépenses de l’Etat, notamment dans les dépenses d’intervention à caractère social, sans néanmoins toucher au bouclier fiscal ni augmenter les impôts. Combien de temps tiendra-t-il ? Comment pourra-t-il demander des efforts à l’ensemble des Français et surtout aux plus défavorisés, réduisant les aides sociales, sans demander aux plus aisés de contribuer à cet effort ?
 
Voici le plan du gouvernement (annonces de François Fillon) :
 
« Les dépenses de fonctionnement courant de l’Etat diminueront de 10% en trois ans, avec une baisse de 5% dès 2011 ». Pour y parvenir l’Etat compte « adopter d’ici à la fin de l’année un programme de cinq milliards d’euros d’économies sur deux ans en réduisant les niches fiscales et sociales ». De même, « la politique de non remplacement d’un départ à la retraite sur deux sera poursuivie dans la Fonction publique ». Enfin, les aides économiques, les aides à l’emploi et les aides sociales, seront soumis à « un réexamen ». Dans la lettre de cadrage qu’il a envoyée à tous les ministères, François Fillon exige une baisse de 10 % en valeur des dépenses d’intervention sur la période 2011 à 2013[1]. Ces aides étant de 67 milliards, une économie de 10% correspond à environ 6 à 7 milliards. Ces dépenses concernent des exonérations de charges ciblées, aides au logement, RSA, contrats aidés…) et des subventions (culture, transports notamment). Le gouvernement a assuré ne pas vouloir toucher aux critères d’attribution du RSA mais Bruno Lemaire est revenu sur ses promesses d’aides aux agriculteurs …
On voit bien que pour arriver à une économie de 90 milliards par an de dépenses, le compte n’y est pas encore …
 
Maintenant examinons des sources d’économie ou de recettes, avec notre propre vision :
  1.  suppression du « paquet fiscal » de la loi TEPA  : 13 milliards (dont 0,5 au titre du bouclier fiscal)
  2.  suppression ou plus sévère plafonnement des niches fiscales : sur un total de 75 milliards, le gouvernement n’annonce qu’une réduction de 5 milliards. Nous pourrions peut-être aller jusqu’à 50, non ?
  3. suppression des paradis fiscaux et intransigeance à l’égard de l’évasion fiscale et la fraude fiscale en général, qui est estimée entre 30 et 50 milliard par an[2]. Ne peut-on pas en récupérer la moitié en mettant en place une politique beaucoup plus sévère ? Les américains ont prévu en 2010 de récupérer environ la moitié de cette évasion, avec en plus des arriérés. Faisons de même, ce qui permettrait de récupérer entre 15 et 25 milliards !
 
Si je compte bien, rien que ces solutions nous permettent d’atteindre le chiffre de 90 milliards d’euros de réduction de déficit, sans couper dans les dépenses sociales ni même poursuivre le non remplacement de 1 fonctionnaires sur 2 partant en retraite, notamment dans des domaines comme l’éducation, la police et la justice !


[2] La fraude fiscale coûte à la France entre 30 et 40 milliards d’euros d’après le Conseil des prélèvements obligatoires en mars 2007 – et peut-être plus de 50 milliards d’euros d’après le Syndicat national unifié des impôts (Snui). C’est 10% des recettes fiscales et l’équivalent du déficit budgétaire !
 
[3] La fraude fiscale coûte à la France entre 30 et 40 milliards d’euros d’après le Conseil des prélèvements obligatoires en mars 2007 – et peut-être plus de 50 milliards d’euros d’après le Syndicat national unifié des impôts (Snui). C’est 10% des recettes fiscales et l’équivalent du déficit budgétaire !
 

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11 réactions à cet article    


  • Gemini Gemini 17 mai 2010 11:01

    Si nos amis les politiques s’attaquaient aux vrais problèmes, cela ferait longtemps que l’on serait au courant. Comme vous le mentionnez fort bien, de l’argent, il y en a, et à profusion.

    Mais leur seul objectif est de détruire toutes nos avancées sociales ; absolument pas de régler nos problèmes. Et pour cela, un important déficit public est une bénédiction censée les aider à nous faire avaler leurs couleuvres. De là à dire que ce déficit est voulu et entretenu …


    • HELIOS HELIOS 17 mai 2010 13:15

      Comment reduire le deficit....

      Ben oui, il n’y a pas que la solution « reduire les depenses », il y a aussi la solution « augmenter les recettes »

      Pour reduire les depenses, on sait tres bien comment faire, le seul point qui est genant c’est qu’on veut —d’abord supprimer aux pauvres— avant de limiter les riches !

      Pour augmenter les recettes c’est pareil, on veut taxer les pauvers plutôt que les riches... mais là n’est pas le vrai probleme,
      Il y a une autre solution pour augmenter les recettes — sans changer les impots, taxes etc, c’est --- OBLIGER QUE LA RICHESSE RESTE EN FRANCE ! ---

      Parce que la predation, ce n’est pas que Carrefour vende pas cher, c’est que ses marges et ses capitaux s’en aillent ailleurs.
      Une entreprise capitalistique qui sert des dividendes, si les dividendes restent en France, c’est tout le pays qui en profite et la richesse globale s« acroit. Si les dividendes se retrouvent sur les marchés de capitaux a londres ou a New York pour alimenter des bulles speculatives etc, c’est de la perte brute de richesse.

      Si la richesse augmente, les »découverts" budgetaires diminuent, la depense devient possible pour aider ceux qui en ont vraiment besoin (santé, education, retraite, recherche, chomage et pourquoi pas l’armée)... il reste ensuite a resoudre le probleme du marché de l’emploi qui lui n’est pas du domaine de la reglementation mais du modele de societé !


      • xa 17 mai 2010 13:25

        2 petites choses.

        1) "suppression ou plus sévère plafonnement des niches fiscales :

        sur un total de 75 milliards ..."

        La loi TEPA stipule de nouvelles niches fiscales. Il y a un risque que vos 75 milliards inclus ces 15 milliards.

        Par ailleurs, on pourrait allez à 50 ... Il faudrait avoir le détail des niches pour le dire, mais, si on s’en tient aux seules niches concernant les personnes physiques, on a :

        - la PPE pour 5 milliards

        - la non fiscalisation des allocations pour plus de 2 milliards

        - la non fiscalisation des livrets réglementés (LA, LDD, LEP, PEL, CEL) pour 4 milliards

        - les heures supplémentaires pour 500 millions d’IR et plus de 3 milliards de cotisation

        - la non fiscalisation de l’APA pour 350 millions

        - les abattements pour les personnes agées ou invalides de conditions modeste pour 300 millions

        - l’exonération des plans d’épargne populaire pour 500 millions

        - les dons aux associations pour 1 milliard

        - l’exonération des indemnités pour accident du travail pour 1 milliard

        Soit une bonne vingtaine de milliards qui sont, grosso modo, intouchables car concernant les petits revenus. Ca laisse peu de marge pour « descendre » les niches de 75 à 25 ...

        2) "suppression des paradis fiscaux et intransigeance à l’égard de l’évasion fiscale et la fraude fiscale en général, qui est estimée entre 30 et 50 milliard par an"


        - Supprimer les paradis fiscaux ne se décrète pas. Ce sont des Etats indépendant mettant en place une fiscalité interne sur laquelle nous n’avons rien à dire.

        - l’intransigeance à l’égard de l’évasion fiscale ?????? Par définition, l’évasion est légale ... sinon c’est de la fraude fiscale. Donc de quelle intransigeance parlez vous ?

        La seule parade serait de modifier notre système fiscal, pour imposer, par exemple, les revenus à la source et selon la localisation des revenus, et non selon la résidence fiscale. Mais cela nécessiterait une profonde révision de la fiscalité, et le principal problème de cette refonte réside dans le mécanisme actuel du quotient familial qui rend difficile le prélèvement a priori avec remboursement in fine du trop prélevé.



        • Voris 17 mai 2010 15:23

          Pour les gens immensémennt riches, il y le bouclier fiscal. Pour les autres, aucun bouclier, seulement un filet - le RSA - pour les rattraper en cas de chute. Ce qui veut dire que, pour eux, on atend la chute pour les aider. Malheureusement, il n’est pas rare qu’ils s’écrasent sur le sol à côté du filet.

          Pour le dire à la manière du regretté Coluche : Pour les riches, un bouclier fiscal, pour les pauvres pas de bouclier fécal malgré toute la merde qui leur tombe dessus !
           


          • fifilafiloche fifilafiloche 17 mai 2010 16:11

            C’est pas compliqué, il suffit de regarder ce qui se fait au Portugal, en Grèce et en Espagne. Nous faisons partie du même club de l’Euroméditerranée après tout. 


            Ou en est on de l’Union pour la Méditerranée au fait ? Cette structure pourrait permettre d’accueillir une monnaie commune des pays à culture étatiste avec des dévaluations compétitives régulières, comme l’ont toujours fait les pays méditerranéens pour contrer leur inflation.

            • Et hop ! Et hop ! 17 mai 2010 18:47

              Comment réduire le déficit public à 0% du PIB d’ici 2011 ?

              C’est très simple et très facile, même dès 2010. 

              Le premier poste de dépense de l’État en 2010, ce sont les intérêt payés aux grands groupes bancaires internationaux, et autres fonds d’investissements maffieux.

              Pourquoi personne ne commence par prévoir de réduire ce poste de dépense.

              Il suffit de dénoncer la prétendue dette, et il n’y a plus de déficit public.

              Ensuite, faire porter les mêmes impôts et cotisations sociales sur les produits et services importés, donc sur les marges bénéficiaires du commerce international : la production française redevient concurrentielle, et il n’y a plus de déficit de la balance commerciale.

              Comment se fait-il que le gouvernement français, dont la mission est de défendre les intérêts des Français, ne défend que les profits des banques et les bénéfices des entreprises de négoce international, autrement dit les principes de l’OMC.

              • LOKERINO LOKERINO 18 mai 2010 07:31

                Hop hop hop !

                si tu ne rembourse pas tes emprunts a ton banquier AVEC les intérêts, je doute qu’il te prête de l’argent à l’avenir ....

                et comme on a besoin d’emprunter chaque année pour boucler le budget de la nation....

                Pour la deuxième « idée », cela s’appelle de la Tva sociale .

                c’est une très bonne chose , mais depuis le temps que l’on en parle , il doit y avoir quelques blocages...

                règlements européens ? opinion française ? No say !


              • xa 18 mai 2010 12:51

                « Il suffit de dénoncer la prétendue dette, et il n’y a plus de déficit public. »

                Les intérêts, c’est 44 milliards en 2008, un poil plus en 2009. Le déficit c’est 140 milliards. Les 100 milliards restants, vous en faites quoi ? Vous ne payez pas les fonctionnaires pour annuler le déficit ? vous ne payez plus vos dépenses ? 

                Dans le même temps, annuler la dette, et sans même réfléchir au fait que techniquement cela supprimerait l’euro de fait, et entrainerait la disparition pure et simple de 18 trilliards d’actifs, ce serait annuler les PERP, PEP, PEL, CEL, LA, LDD .... bref tous les mécanismes d’épargne des petits épargnants.

                Bilan : un Etat désendetté, moins de 50 milliards annuels d’économie pour le budget, et dans le même temps toutes les épargnes des plus modestes annulées.

                Les riches ? Eux ont les moyens de DIVERSIFIER leur épargne, donc ne sont exposé que faiblement aux titres d’Etat qui sont garantis, mais peu rémunérateur.

                Réflechissez : qui proposent des assurances vie à « 4% nets garanti » et épargne similaire (compte à terme, fond garanti, etc...) ? Pas les gestionnaires de fortune, mais les assureurs et banquiers ciblant explicitement une clientèle à petite épargne qui ne peut se permettre de voir une partie de cette épargne disparaitre en fumée.

                Rappel : il y a plus de 30 millions de titulaires d’une assurance vie ou plan d’éparne assimilé (préfon, PEP, PERP, etc....). Soit ... la très grosse majorité de la population active chomeurs, handicapés et retraités inclus. Sont-ce uniquement des riches ?


              • Abraracoutrix 17 mai 2010 23:44

                Bonne analyse, mais incomplète. Il faut ajouter que pour réduire les deficits, c’est à dire en clair pour équilibrer les comptes de la maison France, il faut aligner deux colonnes, les recettes et les dépenses, et...comme dirait un humoriste dont j’ai oublié le nom, il ne faut pas dépenser plus que ce que l’on a. En clair, si tu as 100 euros, tu dépenses 100 euros, tu peux dépenser 110, mais ton banquier aura vite fait de te rappeler à l’ordre. Ceux qui se veulent nos gouvernants devraient, s’ils avaient la plus petite once d’honneteté, agir ainsi. Mais que neni, pour agir ainsi, il faudrait arrêter les chantiers pharaoniques, les travaux abracadantesques dont chacun de nous est le témoin, et que l’on vienne pas me rabattre les oreilles avec le sampiternel chapitre de l’aménagement du territoire. il faudrait tout autant que MM les minitres, MM les députés, MM les Présidents en tous genres, voir même MM les Maires (n’est-ce pas M Delanoé) réduisent leur train de vie, les petits fours et le champagne (c’est valable aussi pour « le premier d’entre nous » !), les voyages etc..etc. Si ces messieurs sortis de l’ENA (l’Ecole Nationale des Anes) étaient de vrais gestionnaires de notre argent, il n’y aurait pas d’endettement. mais voilà, il est beaucoup plus simple et profitable pour eux de puiser dans nos poches.
                Alors, reagissons en citoyens en les éliminant.


                  • JJ il muratore JJ il muratore 15 juin 2010 08:32

                    Sur l’idée « géniale » de l’annulation de la dette il faut être bien ignorant de la réalité pour affirmer que ce sont ces salauds de banquiers et de fynanciers qui rendront gorge. Si c’était vrai je serai pour cette solution « y a qu’a »
                    En réalité les banques et le système financier ne prêtent pas leur argent (sont pas fous !) ils drainent et récolte dans le monde entier l’argent que déposent principalement quelques centaines de millions de petits épargnants bien souvent bien plus pauvres que nous, car ces vrais pauvres ne disposent pas comme nous en France des multitudes d’aides sociales qui nous protègent en cas de coup dur. Les banques et le système financier ne sont que des intermédiaires qui prennent leurs grosses commissions au passage. Y compris sur les Obligations d’Etat auxquelles souscrivent les petits épargnants nationaux.
                    Ensuite ces économistes du « y a qu’a » oublient que la moitié au moins des dettes des pays riches sont dues directement à des fonds souverains, c’est à dire à des Etats (Chine et divers pays d’Asie) Annuler la dette reviendrait alors à une déclaration de guerre.
                    Bref les idées « populistes » foisonnent sur le terreau de l’ignorance. 

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