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High Frequency Trading : Il va tuer la bourse comme le spam tue les emails

De tout temps à la bourse, celui qui gagne de l’argent est celui qui dispose de l’information la plus complète avant les autres. Le développement des cotations en continu assisté par ordinateur a permis l’éclosion d’un nouveau type de marché exclusivement basé sur la vitesse : le High Frequency Trading. Voici comment il fonctionne, et comment il est en train de déraper, entrainant dans sa chute les sociétés de cotation boursières.

Depuis la libéralisation des marchés boursiers et surtout leur informatisation complète, une nouvelle technique de spéculation s’est développée en bourse, le High Frequency Trading, que l’on pourrait traduire par marché à haute fréquence. Par la suite, et par conformité au sabir des salles des marchés, je m’en réfèrerai par l’acronyme HFT.

Les sociétés de bourse se proposent de fournir à qui le demande un prix pour un certain nombre d’action. C’est le principe même de la cotation en continu. Un client (trader) demande un prix pour N actions du groupe trucmuche, reçoit le tarif, et accepte ou annule la vente. Pour connaitre l’ensemble du marché à un moment donné, il suffit donc de demander le prix de toutes les actions du marché, et annuler ensuite l’acte d’achat.

Et voilà pourquoi le HFT est né, comme un système permettant de gagner à tous les coups pour ceux qui ont la capacité et les moyens de mettre en place une infrastructure informatique suffisante le plus près possible des serveurs de cotations (pour gagner quelques fractions de millisecondes). Ils ont avant tout le monde une image de l'ensemble du marché, et peuvent en anticiper les mouvements et donc placer leurs billes sur des actions dont ils connaissent le prix à l'avance. Ayons une pensée émue pour le petit porteur tenté par l’aventure boursière par le truchement de l’un des nombreux sites de trading en ligne : le HFT, ce n’est pas pour lui mais qu'il se rassure : les pertes lui sont réservés.

Revenons à notre sujet. Pour un demandeur, il n’y a virtuellement aucun coût pour demander une cotation. Par contre, pour celui qui fournit cette cotation, il doit stocker, transmettre, analyser les données afin de répondre à la demande de cotation, ce qui engendre un cout supplémentaire en terme d’infrastructure, qui croit bien plus vite que l’augmentation de la quantité de données. Doubler sa capacité de traitement informatique coute bien plus que le double du prix de base, par exemple un routeur réseau de capacité 1 Gb/s coute environ 200 $, un modèle de 10 Gb/s revient à 10.000 $.

En fait, on peut comparer cela aux pourriels (spam) qui inondent votre boite à lettre électronique. Ça ne coute rien à l’expéditeur, par contre le récepteur doit se doter du matériel adéquat pour gérer le flux additionnel, pourtant sans intérêt pour son activité.

Et comme pour les pourriels, le requêtes ne donnant lieu à aucune transaction prennent des proportions propres à saturer les serveurs de cotation en continu. Car c’est le paradoxe succulent de la chose : le HFT est en train de tuer la bourse, tout du moins la profitabilité de ceux qui en fournissent les cotations … En effet, la société boursière étant payée sur les transactions menées à terme, il y a toujours plus de transactions qui seront in fine annulées, donc ne rapportent rien tout en ayant nécessité du matériel et de la bande passante.

La société Nanex, spécialisé dans le développement d'outils financiers fournit tout un ensemble d’études du marché boursier de New-York qui explique et corrobore ce phénomène.

Elle publie le graphique suivant qui représente la quantité moyenne de cotations ayant été nécessaires pour effectuer une transaction d’une valeur de 10000$ :

local/cache-vignettes/L620xH409/2007010120118ed7-bc95d.png

Horizontalement, l’échelle donne l’heure de cotation (de 9H30 à 16H00 à New York). Verticalement, il s’agit du nombre moyen de cotations nécessaires pour générer 10000 $ de transaction. La coloration arc-en-ciel donne la date, du violet pour le plus ancien (1er janvier 2007) au rouge pour le plus récent (14 septembre 2011). Pour établir ce graphique, Nanex a compilé 535 milliards de cotations pour 35 milliards de transactions, sur une durée de 1172 jours de marchés ouvert.

La lecture du graphique permet de s’apercevoir qu’alors qu’en 2007 il fallait entre 5 et 6 cotations pour réaliser une transaction, il en faut maintenant plus de 50, et la densité du graphique en zone rouge montrant lui-même que le phénomène est en augmentation rapide. C’est un signe clair que le système est en train de déraper : Toujours plus de cotations pour autant voire moins de transactions.

Afin de maintenir le volume des échanges - donc leurs finances - les sociétés de bourse sont forcées à augmenter en permanence les capacités en cotations par secondes, qui sont saturées immédiatement sans avoir donné lieu à une augmentation des transactions.

Mais il y a pire : des opérateurs ont déjà testé des algorithmes qui permettent de faire disjoncter les serveurs de cotations par une forme d'attaque par déni de service, en saturant de requêtes de cotations. Cela jette les prémisses d’une guerre boursière, par ordinateur interposé – mais c’est une autre histoire que l'on peut lire en Anglais dans le texte, dans cet autre rapport de Nanex - Overloading the US stock market.

Il y a un an et demi, l'économiste Frederic Lordon proposait dans les colonnes du monde diplomatique : "Et si on fermait la bourse ?". Récemment, l'économiste et anthropologue Paul Jorion a complété cette proposition. "Pas la peine, les ordinateurs s'en chargent !" Ces deux économistes hétérodoxes, qui ont déjà démontré un certain talent analytique vont-ils une fois encore avoir raison ? L'avenir nous le dira, et j'ai l'impression qu'il nous le dira bien vite.

Références :

Frédéric Lordon - Et si on fermait la bourse ?

Paul Jorion – Faut-il fermer la bourse ? Pas la peine, les ordinateurs s’en chargent !

Nanex - And to anyone who might say : "To my knowledge there's been no proof shown that high-frequency trading has been detrimental.", we'd like to submit this paper as Exhibit A. Et à toute personne qui prétends : “A ma connaissance il n’y a aucune preuve qui démontre que le marché à haute fréquence est préjudiciable”, nous aimerions lui soumettre ce papier comme « Pièce A ».

Nanex - Overloading the US Stock Market. Surcharger le marché boursier US. L'illustration "nuke button" est tiré de cet article.


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41 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 20 septembre 2011 10:33

    Maintenant les entreprises ne vont plus en bourse pour lever des fonds, mais
    pour se faire dévaliser. Sous la contrainte des « marchés », c’est-à-dire des
    conglomérats financiers et l’appétit sans fin des actionnaires qui demandent des
    dividendes de plus en plus démesurés : ce n’est plus la Bourse qui finance les
    entreprises mais les entreprises qui financent la Bourse......
    http://2ccr.unblog.fr/2011/04/18/la-fin-des-bourses/


    • wesson wesson 20 septembre 2011 13:06

      Bonjour Robert Gil,

      « Maintenant les entreprises ne vont plus en bourse pour lever des fonds »

      en fait, elle n’y sont jamais vraiment allé ... préférant dans leur très grande majorité le crédit à la papa, c’est à dire auprès d’une banque.

      Et même, certaines entreprises croyant échapper à la rapacité boursière sont allé se jeter dans les fonds de pension : ils en ont sué sang et passion là aussi, car les rendements exigés étaient les mêmes que pour la bourse.

      Bref, le bilan en terme d’efficacité économique de la bourse reste à faire, et on ne se presse pas de le faire ...


    • Aldous Aldous 20 septembre 2011 15:02

      Il ne s’agit pas que du marché d’obligations.

      Les matières première aussi.


    • JL JL 20 septembre 2011 11:34

      Bonjour Wesson,

      voilà une explication aussi claire que bienvenue. Quand on pense que toute cette activité ne génère aucune richesse, mais uniquement du profit, c(’est-à-dire, des inégalités, on ne peut qu’être, allez osons le mot : indigné.

      Pour moi, le trading est le cancer de quelque chose que je situerai entre la Bourse et l’Economie : et comme le cancer, si aucun traitement n’est entrepris - quel traitement ?-, il risque de tuer son hôte.

      S’il ne tuait que la Bourse, qui s’en plaindrait ?


      • Fergus Fergus 20 septembre 2011 12:44

        Bonjour à tous.

        En complément au commentaire de JL, il fauit savoir que 6 % seulement des transactions sont utiles à l’économie réelle !


      • Kalki Kalki 20 septembre 2011 13:45

        Et dans l’autre sens , ca marche aussi : l’économie virtuelle c’est bientot 20 fois ou 80 fois plus que l’économie réelle

        ca s’appelle une pompe à vent shadok


      • Kalki Kalki 20 septembre 2011 13:46

        le point de rupture ? Existera t’il pas forcément,

        la totalité des êtres humains peuvent mourir, et vont mourir


      • devphil30 devphil30 20 septembre 2011 11:56

        Merci pour votre apport sur le monde de la bourse qui à bien changé depuis la bourse de nos grands parents , voir mêmes nos parents.


        Le placement en bourse pour le petit épargnant n’existe plus car effectivement ce sont des machines qui par des envois de requête d’ordre sur des très gros volumes de transactions puis des annulations immédiate du premier ordre modifient les cours de cotation artificiellement 

        Les machines ont pris le contrôle de la bourse , on commence à en voir les effets , d’autres secteurs suivront ....

        Philippe 

        • goc goc 20 septembre 2011 16:00

          j’ai eu la chance de connaitre l’ancienne bourse de Paris, avec ses vieux messieurs autour de la corbeille (une vraie corbeille, avec plein de petits papiers jetés à l’intérieur), et quelques individus sur une estrade qui effaçaient les anciennes valeurs avec leur chiffon et écrivaient à la craie le nouveau cours.
          il y avait même un journal (gratuit) de 30 ou 40 pages, qui reprenait tous les cours de la veille

          ya pas, c’etait meiuuuuxxx avannt !


        • Ariane Walter Ariane Walter 20 septembre 2011 13:37

          Qu’ils se bouffent entre eux. On assiste à une lutte entre vélociraptors et brontosaures. En attendant la chute du météore (?) qui fit disparaître tout ce beau monde et permit au petites bêtes de vivre enfin tranquilles.... 


          • Aldous Aldous 20 septembre 2011 15:01

            Je ne crois pas que vous puissiez vous contenter d’être spectatrice Ariane, à moins de revenir à une économie plannifiée.

            Vu que ce n’est pas le cas, votre salaire est payé par l’activité économique.

            Le HFT intoxique l’économie réelle. Ce n’est pas le seul agent toxique mais il n’est pas négligeable et de plus il constitue un résonateur de crise.


          • BABAYAYA BABAYAYA 20 septembre 2011 15:10

            euuuhh ariane, s’il y avait lutte entre vélociraptors et brontosaures ça aurait été sens unique.........

            l’un étant carnivore et l’autre herbivore......

            nannn aller je vous taquine, moi aussi je suis de votre avis, une bnne « météore » sur les bourses (de qui ??? oui je sais c’est facile... ok, je sors) et au moins on reviens à une économie quantifiable et réelle.............


            bonne journée à tous

          • Ariane Walter Ariane Walter 20 septembre 2011 15:46

            Ahahahahah ! ma pseudo-science est dénoncée ! J’ai cherché des noms qui faisaient peur ! Mais les taureaux, dès fois, ils peuvent faire du mal aux tigres, non ? (je cherche à sauver la mise !)
            Merci !


          • wesson wesson 20 septembre 2011 23:33

            Bonsoir Ariane,

            je souscrit totalement à votre image de lutte entre vélociraptors et brontosaures, en ce sens que pour jouer dans cette arène, il faut une taille conséquente...

            A peine pourrait-on nourrir un léger doute sur la plausibilité d’un tel combat, le brontosaure ayant vécu à la fin de crétacé tandis que le vélociraptor gambadait au jurassique, soit à environ 70 millions d’années d’intervalle. Ce n’est donc que rarement que l’un aura pu croiser l’autre


          • docdory docdory 21 septembre 2011 09:59

            @ Ariane Walter

            Les brontoosaures, maintenant appelés apatosaures, ont vécu au jurassique entre 156 millions et 150 millions d’années avant notre ère
            Les vélociraptors ont vécu au crétacé, entre 80 et 70 millions d’années avant notre ère.
            Il s’est donc écoulé autant de temps entre la fin des brontosaures et l’apparition des vélociraptors qu’entre la disparition des vélociraptors et notre apparition.
            Les brontosaures n’ont pas plus pu se battre contre les vélociraptors que ces derniers n’ont pu se battre contre les hommes .
            Il faut revoir votre paléontologie ....

          • xbrossard 20 septembre 2011 15:33

            Je propose pour remettre les horloges à l’heure, un petit attentat terroriste par bombe sale sur un petit paradis fiscal genre les Bermudes...je vous dis pas la panique !


            personne n’a encore eu l’idée ?

            • wesson wesson 21 septembre 2011 01:23

              Bonjour xbrossard,

              même si l’idée parait séduisante, je décèle un petit problème dans sa réalisation : le lieu est bien mal choisi. Faites couler les bermudes à coup de bombes, et vous n’aurez rien obtenu. Par contre, allez mettre votre bombe sale dans une chambre de compensation (il n’y en a que quelques unes dans le monde), et je vous garantie que dans ce cas, vous deviendrez célèbre et ne vivrez pas vieux ...

              Pour le dire autrement, les paradis fiscaux ne sont que des conséquences, et absolument pas les causes de la situation actuelle. Faites en péter un, vous en aurez dix autres qui prendrons le relais en se frottant les mains. Si vous voulez supprimer les paradis fiscaux, c’est à Londres, Paris, New-York ou Luxembourg ou il vous faut aller. Le reste, c’est de l’attrape couillon !


            • Elysium Elysium 20 septembre 2011 15:48

              Le High Frequency Trading (HFT) est nuisible à l’actionnariat entrepreneurial et à la guidance des entreprises à moyen et long terme.

              Tout simplement parce que la durée moyenne de détention d’un titre (action, par exemple) dans le HFT n’est que de 20 secondes !!

              Comment voulez-vous dans ces conditions que les actionnaires propriétaires décident quoi que ce soit des investissements et du développement d’une entreprise ? C’est tout simplement impossible, si le propriétaire change toutes les 20 secondes !


              • goc goc 20 septembre 2011 15:54

                @ l’auteur
                bonjour
                bravo pour votre article, clair et démonstratif

                j’ajouterais à ce tableau ma foi fort idyllique, que les transactions HFT, sont gérées par ordinateur quasi automatiquement. Or si on peut penser que les ordi, tel les robots d’Assimov, ont des lois implantées dans leur logiciel, pour éviter de créer un déni de service préjudiciable à leur maitre, on peut penser, dans cette même logique, que tout comme les robots d’assimov, on va tomber un jour sur une situation paradoxale transformant ces ordi en pirate informatique de haut vol, et ce jour-là, messieurs...tous aux abris !!!!.


                • wesson wesson 20 septembre 2011 17:10

                  Bnojour Goc,
                  et vous ne croyez pas si bien dire : des mini cracks sont générés par le HFT, mais comme ils durent typiquement moins d’une seconde, en fait personne ne les voit, en dehors de ceux qui ont le nez sur les courbes.

                  Et d’ailleurs une nouvelle réglementation de la bourse, destinée à éviter les chutes boursières trop importantes est justement en train de donner des sueurs froides au monde des HFT. En fait il s’agirait, en cas de chute trop rapide du cours d’une action, d’en interrompre automatiquement sa cotation pendant un moment : 5 minutes, 1 heure, 1 jour ....

                  sauf que dans le cadre d’un micro-crack déclenché par le HFT, le cours d’une ou de plusieurs actiions seraient interrompus .. a leur plus bas, et pour un temps suffisant à ce que on (l’homme) s’en rende compte. Bref, c’est un truc à vous déclencher une panique boursière en 2 coups les gros ...

                  c’est dire !


                • henri_jac 20 septembre 2011 16:40

                  Merci pour cet article !


                  Juste deux questions de compréhension sur l’annulation des ordres.
                   - Comment est-il possible d’annuler des ordres ?
                   - A partir du moment où c’est possible, existait-il auparavant de tels mécanismes de sondage du marché à basse fréquence ?

                  Sinon, deux sources d’espoir quand même : la fragilité du système et l’éventualité de temps en temps évoquée d’une taxe sur chaque ordre.

                  Cordialement,

                  Henri Jac

                  • jpm jpm 20 septembre 2011 17:36

                    Une petite precision a propos de l´annulation des ordres... a vrai dire, personne n´envoie des ordres pour voir, car les prix de marche sont envoyes directement en temps reels a tous les intervenants, soit en direct, soit par l´intermediaire des agences specialisees comme Reuter. Alors evidemment plus vous etes pret du systeme central de cotation, plus vite vous etes informes et plus vite vos ordinateurs pourront prendre leurs decisions.
                     
                    Sinon il est vrai que l´algo trading ou le High Frequency Trading consiste a generer des millions d´ordres par jour (quotations) qui encadrent le veritable prix de marche. L´idee pour ces machines, c´est de profiter avant les autres de toutes les irregularites de marches et bien entendu de « taper » (desole c´est l´expression consacree) tous les petits ordres du marche, emis par des petits et meme de gros epargnants qui n´ont pas les moyens de reagir aussi vite que les machines.

                    Malgre tout, l´algo trading n´est pas responsable des paniques qui egayent regulierement les marches. Elles ne font que les rendre plus spectaculaires. En dernier recours, ce sont toujours des humains, souvent cupides et parfois tres frileux, qui decident de vendre ou d´acheter a n´importe quel prix.


                  • wesson wesson 20 septembre 2011 23:08

                    bonjour henri_jac,

                    En fait, il faut voir cela comme une boutique dont les produits sont en devanture, mais il faut en demander le prix à l’intérieur.

                    Vous rentrez donc dans le magasin, vous demandez le prix du machin dans la vitrine, le vendeur vous le donne, et soit vous repartez et ça ne vous a rien couté, soit vous payez.

                    C’est exactement le même principe en bourse, sauf que « la boutique » a la capacité de réactualiser et fournir le prix environ 4 millions de fois par seconde - je simplifie mais en gros ça fonctionne comme ça. C’est juste cette capacité à modifier un prix très vite et en permanence qui permet au HFT d’exister, comme d’autres contributeurs l’ont précisé, avant c’était des gars qui effaçaient et inscrivaient à la craie les prix des transactions...


                  • jpm jpm 21 septembre 2011 11:48

                    Bonjour Wesson,

                    a vrai dire la bourse n´est pas une boutique... car elle n´a rien a vendre en dehors de ses services. C´est plutot un lieu d´echange ou les differents intervenants viennent proposer leurs ordres d´achat ou de vente... une espece de Meetic geant... ou les vendeurs et les acheteurs esperent faire des affaires... parfois pour des annees et parfois pour quelques miliemes de secondes.
                     
                    Donc encore une fois, personne ne rentre des ordres pour voir le prix, car les prix sont publies en temps reel et sont accessibles a tout le monde, plus ou moins vite, selon que vous soyez pret ou loin du systeme central. L´algo trading consiste donc a utiliser au plus vite cette information publique pour adapter ses ordres avant les autres. Et on parle de High Frequency Trading pour les machines qui reajustent en permanence (plusieurs centaines de fois par seconde) leur prix en fonction de l´evolution du marche.


                  • wesson wesson 20 septembre 2011 23:16

                    Bonsoir Andromède,

                    "Je suppose que ce qui permet de piper les dés à l’achat le permet aussi à la revente, et là encore, dans des intervalles de temps non humains. Ca me parait assez logique, mais est-ce le cas ?"

                    et bien une transaction comprends toujours un acheteur et un vendeur, c’est donc à la fois un achat pour l’acheteur et une vente pour le vendeur. Donc oui, que vous vendiez ou que vous achetiez ça fonctionne de la même manière : vous proposez à la vente, et le système vous retourne un prix pour cette vente, que vous pouvez accepter ou refuser.

                    Pour faire court, effectivement ça fonctionne pareil.


                  • BA 20 septembre 2011 21:31
                    Mardi 20 septembre 2011 :

                    Union Européenne : Bruxelles juge une recapitalisation des banques « peut-être nécessaire ».

                    Une nouvelle recapitalisation des banques européennes sera « peut-être nécessaire » en raison de l’aggravation de la crise de la dette, a déclaré mardi le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia lors d’une conférence de presse.

                    Il va proposer d’étendre les règles mises en place par la Commission en 2008 et 2009 pour permettre aux gouvernements d’apporter une aide publique à leur secteur bancaire.

                    « Malheureusement, avec l’aggravation de la crise des dettes souveraines, de nouvelles banques auront peut-être besoin d’être recapitalisées » en plus des neuf qui n’ont pas réussi les tests de résistance des banques effectués en juillet, a dit M. Almunia.

                    Dans ces circonstances, « je vais proposer cette année de prolonger les règles autorisant les aides d’Etat » mises en place en 2008-2009, « afin de permettre aux gouvernements de continuer à aider publiquement leurs banques au-delà de 2011″, a-t-il annoncé.

                    Ce recours au financement public doit intervenir « en dernier recours », a-t-il mis en garde, encourageant les banques à se « financer sur les marchés et à prendre toutes les mesures possibles, comme la vente de filiales et la limitation des dividendes, avant de se tourner vers le soutien public ».

                    « J’aurais préféré qu’on revienne plus tôt aux règles normales » de concurrence, « et c’était mon intention jusqu’à cet été. Mais la situation à laquelle nous sommes confrontés plaide pour une prolongation du régime existant » permettant aux Etats d’aider leurs banques, a-t-il expliqué.


                    En clair :

                    Contribuables européens, préparez-vous à payer.

                    Contribuables, vous allez payer pour recapitaliser les banques européennes.

                    • alphapolaris alphapolaris 20 septembre 2011 21:51

                      Très intéressante analogie avec le spam et superbe graphique ! Je n’avais pas vu le HFT sous cet angle. Cependant, il y a une différence : contrairement aux mails, l’expéditeur d’une requête de vente ou d’achat est parfaitement identifié... le jour où les couts d’infrastructure deviendront trop élevé, les gestionnaires de bourses feront payer ces transactions, genre 1 centimes les 1000 requêtes. A moins que quelque chose m’ait échappé dans le fonctionnement de la bourse.

                      Le coté intéressant de la chose, c’est que le HFT s’approche de plus en plus d’un système chaotique, au sens mathématique : imprévisibilité à long terme du phénomène, sensibilité aux conditions initiales, effet papillon... et ça, c’est effectivement un véritable poison pour le système boursier : il n’y a en effet pas mieux qu’un système chaotique pour générer du hasard (il suffit de regarder le tirage du loto pour s’en convaincre : les boules qui s’entrechoquent en tournoyant sont un système chaotique). Or, réduire la bourse à un système chaotique ne fait d’elle plus qu’un gigantesque jeu de hasard. Et plus il y aura de HFT, plus ce sera la cas !


                      • wesson wesson 20 septembre 2011 23:22

                        Bonsoir Alphapolaris,

                        « les gestionnaires de bourses feront payer ces transactions, genre 1 centimes les 1000 requêtes »

                        Mon cher, avec cette seule phrase, vous venez de verser dans le bolchévisme !

                        Déjà que la taxe tobin - qui ne porte que sur les transactions complètes - est quelque chose qui fait déjà grimper au plafond nos amis boursiers, là vous êtes en train d’évoquer une taxe qui s’appliquerait sur toutes les transactions, y compris celles qui n’ont pas eu lieu .... ça vous vaudrait des seaux d’eau bénite et des gousses d’ails si vous rentriez dans une bourse smiley


                      • alphapolaris alphapolaris 21 septembre 2011 08:16

                        Il y a peut être une différence entre payer une taxe à l’état et payer des frais de fonctionnement à un organisme privé. Je ne peux pas croire que ce connecter à des serveurs boursiers et utiliser leur service soit gratuit. Il doit forcément y avoir une contrepartie à payer, d’une façon ou de l’autre. Et contrairement à l’état, les gestionnaires de bourses peuvent se le permettre : « si vous ne nous payez pas votre facture, pas de connexion à nos serveurs ». Si ce n’est pas un montant par transaction comme je le suggère, alors ce sera un montant forfaitaire et ce sera pire car il ne filtrera que les gros, ceux qui sont justement capables de faire du HFT, et engendrera de ce fait un cercle vicieux.


                      • wesson wesson 21 septembre 2011 10:16

                        " Il y a peut être une différence entre payer une taxe à l’état et payer des frais de fonctionnement à un organisme privé. Je ne peux pas croire que ce connecter à des serveurs boursiers et utiliser leur service soit gratuit« 

                        Vous avez raison, et ma sortie précédente était à vocation humoristique. On paie effectivement au »tuyau", et plus celui-ci est gros, plus il est cher. Ajoutant à cela que pour jouer au HFT sur une place boursière, il faut que vos ordinateurs soient physiquement présent sur cette place. Par exemple, pour New-York, vos ordinateurs ne peuvent pas être à Los Angeles ou à Londres, car le temps incompressible de transmission des données (le ping) ralentira le rythme de vos échanges suffisamment pour que toutes les bonnes affaires vous passent sous le nez.

                        Tenez un rapide calcul : entre los angeles et new york, vous avez 3952 Km, disons 4000. l’information qui va à la vitesse de la lumière (en fait bien moins vite, mais approximons cela) mettra donc 13 mS pour parvenir, et autant pour revenir. En 26 mS et compte tenu des capacités actuelles, un opérateur sur place aurait eu le temps de traiter plus de 100.000 opérations et vous aura piqué la bonne affaire, à tous les coup.

                        Pour en revenir à notre propos, effectivement les acteurs loue les bandes passantes donc paie in fine les frais de fonctionnement. Mais cela ne change rien à la dynamique qui est en route : il faut toujours plus d’ordres traités avec plus de rapidité, avec l’obligation d’être physiquement proche, pour un résultat financier qui est au mieux identique. Les couts d’infrastructures tendent donc à rattraper les profits engendrés par un tel système.


                      • dbvux 26 septembre 2011 23:26

                        De plus si une telle taxe était mise en place ils s’arrangeraient pour obtenir un truc du genre :

                        La Commission invente la taxe Tobin au service des marchés
                        http://www.humanite.fr/07_07_2011-la-commission-invente-la-taxe-tobin-au-service-des-march%C3%A9s-475985


                        • Razzara Razzara 21 septembre 2011 10:09

                          Très bon article wesson !

                          Quand on dit qu’une image est souvent bien plus parlante qu’un long discours, on peut affirmer sans se tromper que vous tapez dans le mille. Ah, ah, ah, très bon, bravo à vous, continuez comme ça !

                          Razzara


                          • vince 22 septembre 2011 07:10

                            Bonjour,

                            Il y a une chose que je ne comprends pas. Aucun candidat du front de gauche à l’extrème droite ne fait une profonde proposition pour réformer la bourse. Personnellement, je ferais celle-ci :
                            • Essayer au niveau G20 et Européen de changer la règle de durée de détention des actions pendant 18 mois. Sans succès, mettre en place un bourse parallèle dont les entreprises dont l’état à une majorité de contrôle devront y figurer dans les 12 mois qui suivent son ouverture, et qui aura des règles de développement durable :

                              • Détenir les actions au moins 6 mois

                              • Avoir un RSE en place, avec rapport annuel et contrôle par organisme tier

                              • Redistribuer au moins 25 % des bénéfices aux employés selon une répartition équitable

                              • Avoir un % d’employés en France égal à 10% au chiffre d’affaire fait en France. Idem vis à vis de l’Europe

                              • Acquérir de nouvelle contruction qu’aux normes environnementales supérieures

                              • Avoir en place une vrai politique de l’égalité Homme/Femme, de le la diversité

                              • atteindre le quota d’hanidcapé défini par la loi (qui amène aujourd’hui à pater si on ne l’atteind pas

                                La bourse est faite selon moi pour des investisseurs, pas des spéculateurs.


                            • Tiberius Tiberius 25 septembre 2011 13:29

                              Je crois que vous n’avez pas compris le principe du High Frequency Trading.

                              Si vous voulez gagner de l’argent à la bourse, il faut acheter des actions au plus bas et les revendre au plus haut. Or tout le problème est bien évidemment de savoir déterminer quand il convient d’acheter c’est-à-dire quand le prix de telles ou telles actions va monter.

                              Imaginez à présent que je vous dise mon intention d’acheter une grand nombre d’actions d’une entreprise quelconque. Mon offre d’achat va forcément en faire remonter le cours et ayant connaissance de cette information, vous pouvez acheter ces actions avant que je ne fasse mon offre puis revendre ensuite, réalisant de cette façon une plus-value facile et sans risque. C’est ce que l’on appelle un délit d’initié et bien sûr c’est illégal. Eh bien pourtant, le High Frequency Trading, c’est un peu la même chose ! 

                              Aujourd’hui toutes les transactions sont informatisées mais quand vous passez un ordre d’achat, il faut un certain temps avant que l’information ne se diffuse sur toute la planète (le temps de latence). Autrement dit, lorsque vous passez votre ordre d’achat, le cours de l’action ne remonte pas instantanément, il lui faut pour cela l’espace de quelque dixième de seconde, le temps pour l’information de se diffuser. Or, si vous possédez un réseau suffisamment rapide, vous pouvez accéder à l’information concernant l’offre d’achat avant les autres et acheter avant que cette information ne se diffuse et que le nouveau prix de l’action ne soit établi. Puis, quelques dixième de seconde plus tard, vous revendez votre action un tout petit peu plus cher.

                              Imaginez à présent des ordinateurs qui achètent et revendent de cette manière automatiquement des millions d’actions à la seconde. Certes pour chaque transactions le profit est minime mais la machine en réalise des masses et chaque jour ce sont des milliards de dollars qui sont ainsi gagnés. Ce n’est plus un boulot de simple trader comme nous en avions l’habitude. Les hommes qui conçoivent les programmes informatiques chargés d’acheter et revendre sont de véritables génies de l’informatique qui bien souvent n’entendent rien à la finance et que les banques payent des fortunes pour qu’ils conçoivent des organigrammes qui permettront aux ordinateur de gagner ainsi toujours plus et sans risque.

                              Le High Frequency Trading fait débat, car il s’apparente beaucoup comme je le disais à un délit d’initié. C’est de la triche, mais pour le moment, cette tricherie est tolérée. Pas sûr qu’elle le reste longtemps...


                              • JL JL 25 septembre 2011 14:38

                                Tibérius,

                                vous dites : "Les hommes qui conçoivent les programmes informatiques chargés d’acheter et revendre sont de véritables génies de l’informatique qui bien souvent n’entendent rien à la finance et que les banques payent des fortunes pour qu’ils conçoivent des organigrammes qui permettront aux ordinateur de gagner ainsi toujours plus et sans risque."

                                Ce n’est pas tout à fait vrai : pour concevoir un programme il faut trois expertises : l’analyse du problème, la conception des algorithmes et l’écriture du programme. Cette compétence est partagée entre plusieurs personnes, et il n’y a pas de génie là-dedans, sinon celui de l’argent qui permet de les réunir ! C’est ça le capitalisme.

                                Ce qui fait que ces gens sont hyper bien payés c’est deux choses : le fait que leurs employeurs sont hyper riches, et la nécessité de fidéliser des possesseurs de savoir-faire pour qu’ils n’en fassent pas profiter la concurrence.

                                Ces gens sont davantage des escrocs que des génies : un peu comme des judokas qui se mettraient au service de la mafia ; des gens qui mettent leurs talent au service du mal, puisque ces transactions sont un véritable cancer de la finance.


                              • Tiberius Tiberius 25 septembre 2011 19:00

                                Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans cette forme de trading, un seul petit génie derrière sa machine rapporte à la banque plus qu’une armée de traders. Et ces gens travaillent seuls, ils ne partagent avec personne le secret de leurs précieux algorithmes. On ne les embauche d’ailleurs pas pour leurs compétences dans la finance mais uniquement pour leur inestimable génie des mathématiques.


                              • Tiberius Tiberius 25 septembre 2011 19:05

                                Erratum : Lisez algorithme et non pas organigramme !!!


                              • non667 25 septembre 2011 15:22

                                j’ajoute d’autres délit d’initié
                                1° les produits agricoles
                                des satellites surveillent en permanence l’état d’avancement des récoltes(riz ,céreales ,café cacao ,cane à sucre ...etc.. et la météo ce qui permet à ceux qui ont les informations en 1° et les outils informatiques projectionistes de spéculer .
                                2° les évènements crées  : exemple s : 9-11 ,printemps arabe ,libye ,
                                permettent aux initiés /créateurs de spéculer sur les produits correspondants ! pétrole ,compagnies d’assurance des tours , compagnie d’aviations ,armes ,produits d’armements , (bombes larguées sur la lybie à renouveler ! ).... etc ...
                                3° j’en oublie ...


                                • non667 25 septembre 2011 15:55


                                  2°suite : Depuis le fameux ’’coup de bourse’’ de Nathan Mayer Rothschild en 1813 pour l’Angleterre, puis celui de son semblable en 1815 pour la France, ces deux pays furent de facto mis sous la coupe d’affairistes conspirateurs, l’Amérique en subira la contagion quelque temps après, d’ou leur influence au congrès américain ; Ne dit on pas qu’avec l’argent on peut tout acheter, même les consciences les plus rétives, sauf pour quelques irréductibles, à la conscience trempée d’acier.
                                  extrait de : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-pretexte-et-le-vol-ou-le-101231
                                  Le prétexte et le vol, ou le massacre prémédité :d’albar hier
                                  une thèse à faire : l’aspect boursier de la guerre 39/45 !

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