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La misère comme source de profit : le nouveau business de la mort

La contrefaçon est devenue source d’empoissonnement des populations et véritable cauchemar de santé publique.

Si on ne meurt pas en achetant un faux sac à main Vuitton, on peut mourir avec un médicament ou un aliment contrefait.

Cela arrive tous les jours dans les pays en développement, traitements contrefaits contre le sida, le paludisme ou la tuberculose au mieux placebo sans effet thérapeutique, au pire ingrédient dangereux et nocifs, les deux pouvant provoquer la mort faute de soins adéquates quand cela n’induit pas le risque réel d’engendrer des souches résistantes.

D’après une étude publiée par la revue médicale britannique, The Lancet, sur le million de personnes décédant du paludisme chaque année en Afrique, 200 000 auraient pu être sauvées si des médicaments authentiques étaient distribués. Ces pays privés de traitements abordables, sont de grands consommateurs de produits contrefaits, la pauvreté poussant les gens à acheter leurs médicaments dans la rue, les gares, les marchés, voire à l’unité et ceux-ci, vendues moins chers, sont en majorité contrefaits. Conséquence : des centaines de milliers de morts.

Ce bilan macabre regorge d’exemples : plusieurs centaines de morts au Panama dus à l’ingérence en masse par des bébés de sirop contenant de l’antigel, 2500 morts au Niger pour avoir reçu lors d'une épidémie de méningite des faux vaccins inactifs qui ne contenaient que de l'eau, en Colombie des tablettes de médicaments contre la grippe qui contenaient de la cire et de la peinture chargée en plomb afin d’imiter la couleur des produits originaux ont été distribué par dizaines de milliers.

Et l’Europe n’est pas exempte de ce péril, grâce à Internet nous voyons fleurir des offres alléchantes pour anti-inflammatoires, antidouleurs ou antiseptiques sans parler des pilules amincissantes, des produits anabolisants ou bien encore du Viagra.

L’OMS évalue la contrefaçon dangereuse de l’ordre de 10% de la consommation totale en Russie, 25% en Inde, 40% au Pérou, 48% au Nigéria et 70% en Angola. Les cas de décès ou d’effets secondaires irréversibles sur les consommateurs les plus démunis se comptent par centaines de milliers.

La contrefaçon alimentaire n’est pas épargnée par cette pandémie : huile et vinaigre, biscuits et barres chocolatées, épices et condiments, céréales et miel, produits laitiers et boissons ont le triste privilège de figurer au palmarès de la fraude aux faux aliments. D’après une étude Ipsos, la contrefaçon alimentaire représenterait 10 % des produits contrefaits saisis.

Le plus grave c’est que nous avons à faire à des groupes mafieux organisés à l’échelle mondiale. La contrefaçon devient un centre de profit majeur pour le crime organisé.

En Afrique occidentale, plus de la moitié des médicaments et 80% des cigarettes pour la plupart contenant un fort pourcentage d’arsenic et de plomb (voire saupoudrées de cocaïne pour accrocher une clientèle jeune) sont contrefaits, le tout pour un chiffre d’affaire estimé à plus de 1 milliard de dollars par an.

Au niveau mondial, le chiffre d'affaires de la contrefaçon est estimé à 500 milliards d'euros coutant plus des 200 000 emplois et rapportant 10 à 25 fois plus que le trafic de drogue tout en étant beaucoup plus facile (internet, voie postale, frontières mal contrôlées) et surtout moins risquée du fait des faibles sanctions encourues, la contrefaçon étant considérée comme un délit et non pas pénalisée comme un crime bien que que nous sommes face à un risque d'empoisonnement de la population.

De plus, ce fléau s’étend à de plus en plus d’industries et de secteurs industriels : jouets, pièces détachées, dvd, produits de luxe, textiles, logiciels informatiques, Microsoft estime perdre 20 milliards de dollars par an dans le monde pour ses propres produits.

Il faut rappeler que les réseaux criminels et mafieux sont « des profiteurs d’opportunités ». Ils ne créent ni n’inventent les produits à contrefaire.

Dans une économie globalisée, ils exploitent les brèches ouvertes et les dommages collatéraux découlant de cette globalisation mal maitrisée et insuffisamment régulée, faisant ainsi leur miel d’un manque d’harmonisation tarifaire et fiscale intra états.

Aucun secteur économique n’est aujourd’hui à l’abri du risque de contrefaçon à partir du moment où l’opportunité, la facilité et le potentiel à obtenir de forts profits financiers à risque réduit existent.

Nous sommes face à un fléau mondial dont l’ampleur et la rapidité de développement nous a devancés, les outils actuels étant insuffisants pour enrayer le phénomène et apporter des solutions fiables et indispensables

Face à cette pieuvre aux multiples tentacules, les Etats ne peuvent plus se contenter de demi-mesures et tous les agents économiques malmenés par ce phénomène - industriels, douanes, polices et autorités de santé - doivent s’unir pour remonter les filières et tous ensemble, au-delà de leurs intérêts personnels, mettre en place les outils technologiques et législatifs à disposition ou à créer pour que les mesures prises soient enfin efficaces et fassent régresser ce business de la mort et cette prise en otage de la misère.


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11 réactions à cet article    


  • bourrico6 8 décembre 2014 10:34

    Rien de neuf sous le soleil.

    Et au final, ils ne font que reproduire le modèle officiel, lequel n’est pas en reste pour nous vendre des poisons en tout genre, tant que ça rapporte.
    De toute façon, personne n’est ni coupable, ni responsable, alors pourquoi se priver ?


    • fred.foyn Le p’tit Charles 8 décembre 2014 11:05

      Les Français ont voulu la mondialisation.. ?

      Qu’ils meurent en se goinfrant de produits toxiques.. !
      La connerie à ce point là c’est effrayant.. ?

      • bourrico6 8 décembre 2014 12:42

        Les Français ont voulu la mondialisation.. ?

        Ah bon ?
        On avait donc le choix ? Vraiment ?
        Ah oui, c’est comme le référendum sous le règne de Talonnette, on avait le choix, on a pas fait le bon, quelle connerie alors, c’est effrayant.

        Bon, sérieusement, tout ça pour dire que ton commentaire est légèrement débile.


      • fred.foyn Le p’tit Charles 8 décembre 2014 13:08

        ben..oui...vous aviez le choix..celui de ne pas voter pour les voyous qui nous entubes depuis des années...

        Dans la vie on à toujours le choix...mais en France le peuple fait hélas le mauvais à chaque fois depuis la mort de De Gaulle.. !

      • Jean Keim Jean Keim 8 décembre 2014 16:07

        Parmi ceux que le scrutin a mis en place certains se sont révélés être des voyoux, les autres n’en ont (peut être) pas encore eu l’occasion CQFD.


      • zygzornifle zygzornifle 8 décembre 2014 16:40

        c’est peut-être l’occasion de citer Voltaire : « la politique est le moyen pour des hommes sans principes de diriger des hommes sans mémoire ».


      • fred.foyn Le p’tit Charles 8 décembre 2014 16:57

        En plus ils sont mauvais joueurs d’avoir tort.. !


      • fred.foyn Le p’tit Charles 8 décembre 2014 16:59

        bonjour Keim...Toute la caste politique est à mettre dans le même sac...regardez le résultat est devant vous...ouvrez les yeux un peu de courage.. ?


      • zygzornifle zygzornifle 8 décembre 2014 16:39

        Les politiques alimentent la misère : 8,4 millions de citoyens sous le seuil de pauvreté, 9 500 000 chercheurs d’emploi, les restos de cœur qui battent chaque année un nouveau record aidés par la croix rouge et tout cela en France .....


        • Le421 Le421 9 décembre 2014 08:48

          Les politiques libérales, pour être précis (venez pas me parler de « droite » et de « gauche » !!) mènent les peuples à la concurrence effrénée ou le mot solidarité n’existe que pour ceux qui sont dans la merde.
          Et encore, certains arrivent à les manipuler pour leur faire croire qu’ils vont les aider.
          Ca s’appelle du terrorisme intellectuel.
          Suivez mon regard !! Oui, oui, là, au fond, à droite...


        • Trelawney Trelawney 9 décembre 2014 18:19

          Il m’arrive d’avoir des divergences d’opinions avec certaine personnes sur Agoravox. Mais les personnes en question (elles se reconnaitront) sont sincères, argumentent leurs discours et font rarement du prosélytisme. Mais Michel bougydeval (Expert et consultant auprès d’organismes internationaux, fasciné par ce microcosme français champion du nombrilisme.), vous poussez le bouchon très loin.

          En Afrique occidentale, plus de la moitié des médicaments et 80% des cigarettes pour la plupart contenant un fort pourcentage d’arsenic et de plomb.

          Question médicaments, l’Afrique est un vaste laboratoire avec des cobayes à tous les coins de rue. Et ça ne date pas d’hier. Est-ce que vous voulez que je vous raconte une blague belge sur la façon dont nos charmants voisins ont vacciné des millions d’africains contre la maladie du sommeil avec un médicament à base d’arsenic, qui s’il ne les tuait pas les rendait aveugle. Cette blague à commencé dans les années 30 pour s’achever en 2001 (ben oui quoi Bayer avait encore des stocks). Le trafic de médicament existe, mais c’est pinuts à coté du trafic organisé par les laboratoires pour écouler le stocks de médicaments interdits dans les pays occidentaux. Ils ne le font pas qu’en Afrique, ils le font aussi en Amérique latine.

          Cigarette cigarette : Oh mon dieu il y a de l’arsenic dans les cigarettes de contrebande. Ben j’espère que vous ne fumez pas parce que dans les cigarettes normales il y en a aussi. Il y a aussi du chrome, du cobalt, du mercure etc. Il y a tous ces produits, parce que pour faire une fumée bien bleu et bien odorante, il faut bien nettoyer les feuille de tabac et tous ces produits décapent super bien. Et puis ils ne vous mentent pas quand ils marquent sur les paquets « fumer tue ». Revenons à la contrebande : L’UE a voulu imposer des codes chimiques sur le tabac, afin de faciliter la recherche des cigarettes frelatées (c’est un euphémisme). L’industrie du tabac s’y est opposée, et elle a les moyens de s’opposer aux décisions de l’UE. L’industrie du tabac s’y est opposée parce que c’est elle qui fournit la contrebande avec les même paquets vendus dans les tabacs. L’industrie du tabac blanchit l’argent de la drogue avec des cigarettes et planque le fric détaxé et net d’impôt dans les paradis fiscaux. Cette entreprise est tellement énorme, que jamais personne ne sera inquiété.

          Alors vos histoires de faux sacs, faux médicaments qui empoisonnent le populos (là on verse une larme) ça n’est pas bien grave. Ce qui est grave c’est que ce marché du faux gênent considérablement le développement des profits commerciaux.

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