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Accueil du site > Actualités > Economie > La souplesse de l’économie britannique

La souplesse de l’économie britannique

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Il est bien entendu que le Royaume-Uni n’est pas la France. Ni en termes de territoire (réduit et allongé d’un côté, vaste et géométrique de l’autre) ni en termes de population (plus diversifiée en France) ni en termes de culture (l’histoire des deux pays diffère, notamment parce que le Royaume-Uni est une île, orientée vers le grand large). Mais France comme Royaume-Uni sont proches, si l’on raisonne global. Toutes deux puissances moyennes, toutes deux ayant un passé (donc un siège au Conseil de Sécurité), toutes deux Européennes et parlementaires (l’une plus que l’autre, mais ayant inventé simultanément les institutions modernes).

Reste que le monde change, à grande vitesse, et que l’aptitude à en prendre le train fait toute la différence. La France, depuis 15 ou 20 ans, a subi le règne des « rois fainéants  » tandis qu’à l’inverse, le Royaume-Uni était réformé en douceur par une néo-gauche pragmatique. Et cela finit par se voir.

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L’OCDE vient de publier, en septembre, son étude économique sur le Royaume-Uni. On peut dire tout ce que l’on veut sur ce genre d’organisme international, technocratique et langue de bois. Mais ceux qui y travaillent sont, comme les fonctionnaires français, diplômés, sélectionnés et compétents. Leur langage, qui peut agacer, est celui de la « neutralité administrative », même s’il n’exclut nullement l’idéologie dominante à la mode. L’important est l’ensemble, pas le détail, et nul agacement ne peut invalider le raisonnement dû à l’analyse. En bref, et parce que la mondialisation a pris son essor brutalement, la pragmatique Albion a mieux réussi à s’en sortir que les rigides arrogants dont nous donnons l’image. « Le PIB par habitant britannique est désormais le troisième du G7 (derrière les États-Unis et le Canada), alors qu’il fermait la marche il y a dix ans. Il a aussi amélioré son classement au sein de la zone OCDE. » ministre-de-la-confiance.1191318919.jpg

Pourquoi cela ? Parce que, au contraire des Français, les Britanniques ont accueilli la mondialisation comme une donnée de fait et qu’ils s’y sont adaptés  : « En témoignent son soutien au libre-échange, son ouverture à l’investissement direct étranger, la volonté d’ouvrir les marchés du travail aux ressortissants des États qui ont rejoint l’Union européenne en mai 2004, l’adoption de politiques de la réglementation prônant l’efficience, ainsi qu’un cadre d’action macroéconomique qui a renforcé la capacité d’adaptation de l’économie. »

Comment cela fut-il possible ? Parce que - point crucial ! - « Cette propension à s’emparer des possibilités offertes par la mondialisation bénéficie le plus souvent d’un large soutien chez les principaux protagonistes que sont notamment la classe politique, les dirigeants syndicaux et les employeurs. » On est bien loin des rêveries utopiques d’un « autre monde » de la gôch-de-la gôch comme du ressentiment impuissant du « tous pourris » de la plupart des syndicats. Il faut dire aussi que la représentativité syndicale au Royaume-Uni est bien plus grande qu’elle ne l’est en France... où c’est l’administration qui décide souverainement « qui » est représentatif ou pas.

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Les avantages de la souplesse anglaise :

• « une forte immigration a contribué à modérer les tensions des marchés du travail (...) en comblant les insuffisances de main-d’œuvre qualifiée et en empêchant l’apparition de goulots d’étranglement sur les marchés du travail » ;
• « choix délibéré, l’augmentation des dépenses était motivée par le souhait d’améliorer certains services publics, dont notamment la santé et l’éducation » ;
• des négociations sociales adultes  : « en 2005, les autorités ont renégocié la mesure prévoyant de relever de 60 à 65 ans, à compter de 2013, l’âge normal du départ à la retraite des agents du secteur public alors en activité, en échange de l’engagement des syndicats d’entériner d’autres réformes des régimes de retraite visant à compenser exactement le coût du maintien de l’âge actuel de départ » ;

• « l’ouverture aux échanges a favorisé la concurrence et le redéploiement de ressources économiques vers les secteurs dans lesquels le Royaume-Uni détient un avantage comparatif. Du coup, la part du secteur manufacturier dans la production totale a diminué au profit des services à forte intensité de savoir et des autres services rendus aux entreprises. Le Royaume-Uni est donc peu touché par la concurrence frontale des marchés émergents »  ;
• « le niveau de vie a (...) profité de la progression des termes de l’échange, car le Royaume-Uni a eu tendance à importer les produits dont les prix ont le plus chuté, tout en étant l’un des premiers exportateurs de services, dont les prix montent » ;
• « le Royaume-Uni jouissant par ailleurs d’une quasi-autonomie pétrolière, ses termes de l’échange n’ont guère pâti de la hausse des cours mondiaux du pétrole » ;

• « par rapport à la majorité des autres pays de l’OCDE, le Royaume-Uni compte un nombre relativement faible de réglementations introduisant des distorsions sur le marché du travail. En conséquence, la mobilité professionnelle entre secteurs similaires est plutôt élevée  » ;
• « le marché du travail britannique est aussi plus efficace que les marchés des grands voisins européens du point de vue de la réinsertion des chômeurs  » (de 8 % en 1996 à 4,5% en 2004, 5,5% aujourd’hui) ;
• « la performance de l’innovation a été fortement stimulée par la mise en place de crédits d’impôt pour recherche-développement » (heureusement, nous venons de copier) ;

• « la mondialisation confronte deux besoins : celui de consacrer des dépenses à des filets de protection sociale et celui, potentiellement néfaste aux recettes, de maintenir la compétitivité fiscale. Cette confrontation a incité les pouvoirs publics à renforcer l’efficience de la fiscalité des entreprises en abaissant les taux légaux d’imposition des sociétés et en élargissant la base d’imposition. Les deux mesures se compensant, les recettes fiscales tirées des entreprises se sont maintenues en pourcentage du PIB ».

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Il reste des points noirs :

• bien sûr les tensions sociales et ethniques dues à l’immigration et au multiculturalisme à l’anglaise (l’OCDE ne l’évoque point) ;

• une Banque centrale locale qui fait varier les taux d’intérêt plus vite que la BCE, et la pratique des emprunts à taux variables dont le danger vient d’être montré aux Etats-Unis. « Un tel ralentissement (économique), accompagné d’une rentabilité moindre des activités de la City, pourrait aussi diminuer les recettes fiscales et entraîner une hausse du déficit budgétaire, qui reste assez élevé par rapport aux autres pays » ;
• le coût du logement ;
• « le déficit de l’État a reculé, passant de 3,4 % du PIB en 2003 à 2,7 % au cours des 12 mois menant à mars 2007, mais le déséquilibre budgétaire, corrigé des variations saisonnières, reste substantiel et nettement plus élevé que dans la majorité des autres pays de l’OCDE » ;
• « la performance éducative de la population britannique reste cependant inférieure à la norme des pays de l’OCDE les plus performants ». Or, « les investissements dans le capital humain de la jeunesse constituent probablement le levier le plus important pour accélérer la croissance tendancielle de la productivité ». Malgré une amélioration, « les disparités socio-économiques globales restent importantes. Peut-être ce résultat s’explique-t-il par le fait que les autorités locales et les écoles ne distribuent pas les crédits conformément aux intentions des autorités centrales, et produisent ainsi des inégalités ». Ce sont aussi les dangers d’une trop forte décentralisation... ;

• Inégalités croissantes, à compenser par la redistribution : « comme dans de nombreux autres pays de l’OCDE, les salaires les plus élevés ont augmenté beaucoup plus vite que les autres. Les salariés concernés semblent être ceux qui tirent le meilleur parti de la mondialisation » ;
• « d’un côté, le système prélèvements-prestations du Royaume-Uni est parvenu, pour la majorité des individus concernés, à réduire au maximum les trappes à chômage. Mais le niveau élevé des frais de garde des enfants continue de faire peser un fort prélèvement fiscal implicite sur le deuxième apporteur de revenu » ;
• « après bien des années de sous-investissement dans les infrastructures de transport, celles-ci ont été mieux loties récemment, mais ces apports semblent encore insuffisants ».

Alors, le paradis au Royaume-Uni ? Non, mais un pays adulte, qui sait accompagner le changement. Il est toujours intéressant d’aller voir ce qui se passe ailleurs, au lieu de rester à ronronner entre soi.


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20 réactions à cet article    


  • castling 3 octobre 2007 11:42

    Bjr

    Bon article a contre courant de ce que l’on peut lire generalement ici. Vous risquez de vous faire taper sur les doigts d’ailleurs. Entre autre, je parie un Christmas pudding qu’au minimum une fois quelqu’un va vous sortir “veuillez lire le royaume enchante de T Blair”.Des problemes au UK oui incontestablement comme dans toute societe, mais si tout se resume a ce livre, bonjour l’etroitesse d’esprit pour certains.

    Juste un petit bemol : peut etre cela n’etait pas disponible en termes de graphiques pour votre analyse, mais il aurait ete encore plus interessant de commencer par les annees 70 plutot que 80, pour observer une franche difference en termes de souplesse.

    Sur les points noirs (je rajoute entre parentheses quelques details pour eviter que le cela parte comme d’habitude entre “du tout etat”/“du tout liberal”, comme quoi rien n’est simple), j’insisterai encore plus que vous sur :

    Les transports (privatise totalement en 1993, donc pas si vieux, on ne peut imputer a la liberalisation des voitures/rames/ rails datant de plus de...35 ans !. D’un autre cote, la maniere de le faire fut une catastrophe : un genre de gros gateau que ce sont partages certains, sans contraintes de services impose par l’etat)

    La sante (NHS, bien que sous traitant certaines choses au prive, reste dans le giron de l’etat) organisation delai pitoyable, mais bon soyons honnetes ils mettent le paquet depuis quelques annees pour ameliorer.

    L’education (etat et prive, je ne m’etendrai pas vous le dites tres bien le pire et l’accroissement des inegalites) : C’est bien simple : c’est une catastrophe pour le futur des generations populaires. Moult raisons> mauvais choix educatif/individualiste/famille eclatee/irresponsabilites des parents etc.... soyons clair, de ma propre experience, la derniere est la majeure : certains parents en ont tout simplement rien a foutre de leur progeniture. Personne n’a encore trouve la panacee et c’est pas pour demain.

    En conclusion, et bien c’est la votre, en rajoutant societe adulte et PRAGMATIQUE, mais compte tenu du probleme de l’education, pour combien de temps....

    Salutations smiley

    Cast


    • bifluor bifluor 3 octobre 2007 12:02

      Article pas mal du tout ma fois. J’ai juste un doute sur la phrase suivante « ni en termes de population (plus diversifiée en France) »

      Que voulez-vous dire par diversifié ? Avez-vous des chiffres ?

      Concernant le social, l’Angleterre essaye vraiment d’améliorer cette partie et il y a eu beaucoup d’améliorations ces dernières années quoi qu’en dise les Français aigris de naissance.

      Concernant l’éducation, je confirme. Ma petite amie étant prof à Londres, il est vrai que ça se gatte (en particulier au collège). La jeunesse anglaise d’une manière générale est vraiment en train de déraper et pas seulement à Londres.

      Si cette article n’est pas critiqué je reviens vivre en France !! Non je déconne smiley

      Ca m’ennuierai de ne plus mettre de sous de côté tous les mois... smiley


      • ZEN ZEN 3 octobre 2007 12:09

        Bienvenue dans « Le royaume enchanté de Tony Blair » (Philippe Auclair -Fayard-)...

        Un autre point de vue, celui d’un résident, un peu moins enthousiaste...


        • ZEN ZEN 3 octobre 2007 12:15

          Un aspect du Royaume Uni, vu par la presse britannique elle-même...loin du succès financier de la City ..

          Courrier international accueil >> actualités : europe >> - 22 févr. 2007 ROYAUME-UNI • Du souci pour les jeunes

          « Santé, éducation, violence : l’actualité et la publication de statistiques poussent une nouvelle fois les Britanniques à s’interroger sur les conditions de vie de leurs enfants.  »16,2 % des enfants britanniques vivent en dessous du seuil de pauvreté ; 35,8 % ont été brutalisés au cours des deux derniers mois ; 35,3 % des jeunes de 15 ans aspirent à un métier peu qualifié ; 30,8 % des jeunes ont été ivres deux fois ou plus.« Présentés à la une du Guardian, ces chiffres tirés d’un rapport publiés le 14 février par l’UNICEF dressent le tableau d’un pays dont les enfants et les adolescents sont »les plus pauvres, les plus en danger et les plus fragiles" parmi vingt et un pays riches. Ils ont choqué les Britanniques, en proie depuis de nombreux mois à des interrogations sur l’état de leur jeunesse.

          « Le Royaume-Uni arrive dernière, et de loin, pour le nombre de jeunes qui fument, qui abusent des drogues et de l’alcool, qui ont des rapports sexuels à risque et des grossesses à un âge précoce », ajoute le quotidien. Dans seize des dix-sept pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données, entre 15 et 28 % des jeunes de 15 ans ont déjà eu des relations sexuelles. Pour le Royaume-Uni, le chiffre est de 40 %. En matière d’éducation, le pays arrive 17e sur 21, mais plus de 30 % des 15-19 ans sont sortis du système scolaire, ou en apprentissage et ne cherchent pas plus qu’un travail peu qualifié."

          Comme pour confirmer cette vision alarmiste, The Independent on Sunday évoque de son côté « une épidémie d’alcoolisme chez les enfants, qui se traduit par des milliers de jeunes hospitalisés chaque année pour empoisonnement à l’alcool, maladies du foie et maladies psychiatriques liées à l’alcoolisme ». Citant une enquête nationale inédite, l’hebdomadaire rapporte que « les jeunes boivent deux fois plus qu’il y a dix ans, la moitié des jeunes de 13 ans consommant plus de 10 unités d’alcool par semaine. La quantité consommée par les 11-13 ans a presque triplé pendant la même période. » De plus, « plus de 8 600 jeunes de moins de 16 ans ont été admis à l’hôpital l’année dernière, 37 % de plus qu’il y a cinq ans ».

          Tous ces chiffres sont publiés au moment où une vague de meurtres par arme à feu secoue les quartiers défavorisés de Londres. En deux semaines, quatre adolescents ont été tués, relançant les polémiques sur la « gun culture », la culture des armes à feu qui prévaut dans certaines communautés, en particulier la communauté noire. « La police prévient que les armes à feu et couteaux sont des ‘accessoires de mode’ et un moyen de régler des différends entre gangs pour des questions de drogue, de territoire ou simplement de ‘manque de respect’ », rapporte The Daily Telegraph. La même mise en garde a été lancée à Birmingham, Manchester, Bristol, Nottingham et ailleurs. Là encore, les statistiques montrent que les plus jeunes sont en danger. « En 2003, remarque le quotidien, la proportion de moins de 20 ans victimes de meurtres ou de fusillades ‘Trident’ était de 16 %. En 2005, elle était de 27 %, et cette année, elle est pour l’heure de 32 % ». Trident est le nom du programme de Scotland Yard dédié aux violences au sein de la communauté noire, lancé en 1998 à la demande des représentants de cette dernière.

          Que faire face à cet état des lieux ? Le leader conservateur David Cameron, sans surprise, en appelle aux valeurs familiales et à la responsabilité sociale. De manière surprenante, The Independent on Sunday partage le même avis, « pour la première fois depuis sa création en 1986 », précise-t-il. Mais il ajoute que le gouvernement a également un rôle à jouer en favorisant notamment la prise en charge des enfants souffrant de dépression et de troubles mentaux. « Si nous arrivons à un consensus pour dire que nous devons attacher plus d’importance aux enfants, le Royaume-Uni sera infiniment meilleur à vivre. » Eric Maurice


        • bifluor bifluor 3 octobre 2007 15:11

          L’avantage de l’Angleterre c’est que les remises en questions sont beaucoup plus fortes et fréquentes qu’en France. Ca fait partit de la culture et en ce sens je trouve que les Anglais sont humble contrairement à notre arrogance Française.

          Niveau remise en question en France c’est zéro et dans tous les domaines quasimment.

          Pour revenir à l’éducation et ses problèmes, les anglais en sont tout à fait conscient. Il suffit de lire les journaux le matin et les commentaires. Je ne pense pas en effet que la France ai autant de problèmes avec les jeunes. Par contre si c’était le cas, la France ne jouerai pas la transparence ça c’est sûr. On nous donnerai des chiffres bidons, un peu comme le chômage quoi !!

          Un exemple de la transparence des anglais. La criminalité avec tout ses chiffres publié par quartier. Ca va du simple vol de sac à main juqu’au meurtre et viol.

          http://www.met.police.uk/crimefigures/textonly_month.htm http://www.met.police.uk/crimefigures/svg_info.htm http://www.met.police.uk/crimestatistics/index.htm

          Vous avez les archives sur plusieurs années, on peut donc voir l’évolution des problèmes par quartier, par années, par crime, etc...

          Le jour ou vous verrez ça en France on pourra dire « tiens la France se bouge ?! » Biensûr on ne le verra jamais. Ou alors 2, 3 pauvres chiffres de l’INSEE smiley

          Les Anglais veulent tellement prendre en main ce problème de criminalité parmis les jeunes qu’ils avait même mis en place un sytème de troc il a quelques mois. Les jeunes ramènent leurs armes à feu en échange de consoles de jeux vidéo.

          Ca avais le mérite d’être original et non répressif comme on à l habitude de faire en France. N’est ce pas ZEN ?

          @ZEN l’ignorance est le plus grand des défaults, et malheureusement tu fais un amalgame sur la société Anglaise digne d’un QI de quenelle.

          As tu mis les pieds en Angleterre au moins 1 an histoire de percevoir ne serais ce que les bases de cette culture, de la mentalité Anglaise ?

          As tu déjà parlé de ces problèmes avec des Anglais ?

          Tu n’y connais rien et tu parles d’un sujet que tu ne maitrises absolument pas.

          Je sais très bien que l’Angleterre n’est pas le paradis. Si on compare l’Angleterre et la France le plus honnètement possible (en prenant en compte un maximum de paramètres) il est vrai que finalement ce n’est pas si loin que ça.

          Par contre quand on voit le marché de l’emploi, les salaires et LA MENTALITE DES GENS, alors là c’est une autre planète et c’est ce qui fait pencher la balance pour ceux qui reste en Angleterre.

          J’ai 26 ans et je préférerais faire carrière en France pour être près de ma famille crois moi. Ca fait 2 ans que je suis en Angleterre et plus le temps passe moins j’ai envie de revenir en France. Je ne resterai sûrement pas en Angleterre jusqu’à la fin de mes jours mais si je pars de l’Angleterre c’est pour aller dans un pays au moins avec les même qualités. C’est à dire où les gens se remettent en question quand il y a un problème, où les recruteurs font preuve de discernement, où tu es payés pour ton travail, où on te donne des responsabilités au bout de 6 mois (pas au bout de 5 ans), où ça bouge. Tout ça en France c’est une utopie.

          Quelqu’un disais « Les Français adorent tout ce qui est nouveau mais on horreur du changement ». Le problème en France c’est que ça prend des années le changement et ce dans tous les domaines. Je ne compte pas passer ma vie à attendre !!


        • guillaume 8 octobre 2007 21:50

          D’autant plus que le tableau des dépenses des Etats pour 2007 place carrément la France en tête devant la Suède et le Danemark. Ca en dit long sur l’évolution.

          En réalité ces dépenses sont, en plus, des dépenses de fonctionnement, des dépenses dues au remboursement des emprunts ou des dettes visibles ou invisibles contractées, car en plus de la dette publique (près de 70% du PIB cette année), la France, avec un nombre extraordinaire de fonctionnaires et de régimes spéciaux s’est engagée à des dépenses à venir colossales (jamais officiellement calculé - en tout plus de 140% du PIB estimés par l’OCDE).

          Le résultat c’est que la France est l’un des pays qui investit le moins, malgré des dépenses publiques anormalement élevées.

          Autre comparaison pas vue (l’un des graphisme est incomplet et pas lisible) : les PIB France/Royaume-Uni (et Italie et Espagne) de 1980 et celui d’aujourd’hui. Le RU aaura environ cette année un PIB de 5 à 10% supérieur à la France. En 1980 la France avait un PIB de 60% supérieur au Royaume-Uni, et je vous jure, pour avoir passé du temps au Royaume-Uni que ça se voyait et ça se ressentait auprès de la population. C’était un peu comme la visite du cousin d’Amérique pur les britanniques quand on allait au Royaume-Uni. D’ailleurs en 1980 le PIB par habitant d’un Français était voisin de celui d’un américain (toujours très supérieur malgré une dévaluation anormale et certainement temporaire du dollar) un peu inférieur au Suisse, égal à celui d’un Allemand de l’Ouest (avant la réunification donc en 10 ans on avait déja perdu dans les 25% en différence), 1.5 fois supérieur à l’Italien (aujourd’hui égal), 2.5 fois supérieur à l’Espagnol (de 20% supérieur aujourd’hui). Le pouvoir d’achat, après impôts et charges sociales obligatoires, d’un français est égal à celui d’un Portugais, mais supérieur à celui d’un Grec, et hormis les pays de l’Est, il n’y a plus d’autre pays de l’UE qui ait un aussi mauvais pouvoir d’achat. Je ne parle pas des pays du Sud-Est asiatique, dont nous avions cependant une croissance comparable au début des années 70, alors que la CIA disait de la France, qu’elle serait en 2000, le deuxième PIB par habitant planétaire, juste après le Japon, soit deux fois et demi supérieur à celui d’un américain. Quel inversement de tendance alors que les prévisions se sont cependant réalisé, en partie, pour les autres.


        • caramico 3 octobre 2007 12:53

          Dans ce paradis qu’est le Royaume Uni, j’ai cru voir quelque part que 40 où 60% de la population, je ne suis pas sûr du chiffre, rêve d’aller habiter ailleurs.

          Quels ingrats !


          • guillaume 8 octobre 2007 21:56

            Moi aussi je rêve d’habiter sur une île, mon île, un atoll au milieu d’un océan bleu, avec tout plein de vahinés à mon service. C’est clair que même en France il fait plus beau qu’au Royaume-Uni. C’est la principale raison de leur envie d’aller ailleurs (et ils ont même pas de vraies montagnes pour faire du ski les pauvres).


          • castling 3 octobre 2007 12:59

            Et voila le royaume enchante est cite il a pas fallut longtemps.

            Clairement vous n’avez lu ni l’article ni les deux premier commentaires zen. En fait que savez vous des UK a part ce livre et les articles soigneusement conserves pour les balancer ici quand ils satisfont que votre propre opinion ? (article juste par ailleurs).

            Le plus marrant c’est que le probleme educatif est cite dans l’article, dans mon commentaire et celui de bifluor et pourtant on se fait moinsses

            LOL

            C’est plus de l’etroitesse d’esprit c’est carrement de la lobotomisation. C’est dommage, c’est tres dommage par ce que ce qui arrive au UK ca a deja commence en France depuis quelques annees.

            Je rentre parfois et franchement les ados francais ressemblent de plus en plus aux ados anglais.

            La seule maniere d’eviter ce derapage serait justement de se renseigner et d’analyser finement ce phenomene au UK pour l’eviter au maximum en France.

            Mais vous avez sans doute raison, restons au stade primaire, moinssons avec vigueur.

            tiens pour la peine je me moinsse moi meme, le fait d’ecrire en francais je retrouve mes racines franchouillard anti rosbeef.

             smiley


            • Argoul Argoul 3 octobre 2007 16:17

              @castling : gagné ! il y en a au moins un qui a cité « Le royaume enchanté de T. Blair ». Le graphique est celui présenté par l’OCDE dans son étude. J’ai mis le pendant avec le graphique « politique » français pour bien montrer que droite et gauche française ont fait pareil = rien ! Transports : le UK n’a pas la même géographie que la France et donc le train est moins pertinant, du moins à grande vitesse ; quant aux autoroutes, ils sont plus denses que chez nous... De plus, nous ne calculons jamais ce que nous coûte le réseau de trains français, avec le monopole SNCF et la retraite des cheminots à 50 ans. Essayez de faire Paris-Aix A/R un couple et un enfant, avec pourtant une carte famille nombreuse à 40% : eh bien vous feriez mieux d’aller jusqu’à Nice pour prendre l’avion via EasyJet, cela vous reviendra moins cher ! Santé et éducation sont les vrais points noirs, mais les Anglais tentent de corriger.

              @bifluor : en terme de population, je pensais à la diversité régionale française, l’apport historique successif de nombreuses régions - alors que l’Angleterre, étant une île, s’est unifiée plus tôt.

              @zen : les jeunes en France = « Est-il donc plus difficile aujourd’hui de devenir adulte ? AB : Je crois que oui. La tâche de socialisation, qui consiste à apprendre les rôles adultes et à leur faire correspondre des statuts effectifs, est beaucoup plus compliquée pour cette génération que pour la précédente, non seulement pour des raisons conjoncturelles liées au marché du travail, mais aussi parce que les parcours se sont complexifiés et individualisés. La société française a connu une forte mobilité sociale ascendante ces dernières décennies, et la plupart des jeunes viennent donc de familles dont les parents n’ont pas forcément suivi d’études supérieures. Ils ne disposent pas de modèle que ces derniers auraient pu leur transmettre. Ils doivent inventer leur rôle dans la société, et non plus simplement reproduire ce que leurs parents ont fait. » http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/france_829/label-france_5343/les-themes_5497/sciences-humaines_13695/sociologie_14465/devenir-adulte-est-plus-complique-pour-les-jeunes-aujourd-hui-entretien-avec-olivier-galland-cnrs-no-51-2003_36859.html "Le suicide est un grave problème de Santé Publique en France puisque l’on recense annuellement 12 000 décès par suicide, et que l’on estime à environ 160 000 le nombre de tentatives de suicide. Ces statistiques sont vraisemblablement sous-estimées en raison de deux sources d’erreurs possibles : l’une est la dissimulation du caractère suicidaire de l’acte, l’autre tient à l’incertitude quant à l’intentionnalité de l’acte (conduisant à considérer qu’il s’agit soit d’un accident, soit d’un décès d’origine indéterminée, soit d’un suicide). Cette sous-estimation pourrait être de 20 %, ce qui porterait à environ 2000 le nombre des suicides qui ne seraient pas enregistrés. La France occupe le 4ème rang dans ce triste palmarès après la Finlande, le Danemark et l’Autriche (...) Exprimé en années potentielles de vie perdues, calcul qui ne prend en compte que les décès avant 70 ans, le suicide représentait en 1995 la troisième cause de mortalité prématurée (9,6%), à égalité avec les accidents de la circulation (9,7%), derrière les maladies cardio-vasculaires (12,1%) et les tumeurs (30,0%). En 1970, la part des suicides n’était que de 4,6%" http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/33_000920.htm COCORICÔÔÔÔ !!!!!

              @caramico : voir mon billet « la fuite des jeunes français »... http://argoul.blog.lemonde.fr/2007/01/07/la-fuite-des-jeunes-francais/


              • castling 3 octobre 2007 17:35

                L’auteur

                Sur le bouquin ce n’est pas tres difficile, zen a deja fait le coup. Je ne viens pas tres souvent : exactement le meme procede Il y a quelques mois. C’est peut etre une machine sans cerveau.

                Ce qui est penible c’est que le degre zero de la reflexion recolte des votes positifs. En soit les votes on s’en fout. Mais votre article est solide, les commentaire de Bifluor interessants. Mais le seul fait d’avoir un regard sortant de la pensee unique “anti-British”, en tout cas plus lucide suffit a recevoir l’opprobe. C’est dommage.

                De meme que la derniere, fois, je me dis que peut etre je devrais ecrire un bouquin flambant les UK, avec une frange de la population francaise completement formatee tel que l’on peut le deviner ici, il y a vraiment moyen de se faire des pepettes.

                Concernant les trains dans l’hexagone evidemment agree. Je crois que les francais frissonneraient si ils connaissaient les coups reels de la sncf (tiens d’ailleurs y a pas eu une info recente rapport au deficit francais redresse par les instances europeenne ? comme quoi la france avait “distraitement” oubliee de compter quelques milliards sur le deficit de la sncf lol. Ils se sont fait pincer cette fois ci mais combien de “tricks” passes inapercus... la dette SNCF transfere a RFF il y a quelques annees est ce un hoax ?).

                Non je le redis, ce qui m’ennuie c’est que la france a un pays voisin qui, part ses erreurs, serait bien utile a etudier pour eviter de faire les memes. Vous avez vu l’article du jour sur le systeme educatif francais.....

                Quand j’ecrivais que les parents s’en foutent de leur progeniture, je me suis sans doute mal exprime. Je voulais dire notamment que beaucoup de parents se foutent de ce que font leur enfants : ce qu’ils font le soir, leur etudes, leur culture generale, du respect de l’autre bref de ce que pourrait etre des atouts precieux pour leur avenir. Exces inverse : le moindre caprice est satisfait, le bambin a toujours raison etc.... Culture de l’enfant roi evidemment. Je crois que clairement la france prends le meme chemin non ?.

                Encore desole pour les fautes. Après une dizaine d’annees dans les pays anglo Saxons, etant le seul francais a chaque boites que j’ais fais, j’ai du mal.

                Salutations

                Cast

                PS : gardez le Christmas pudding, c’est horrible.


                • Argoul Argoul 3 octobre 2007 19:14

                  Je connais le Christmas pudding, j’ai travaillé il y a longtemps en Angleterre...

                  Sur le coût de la SNCF, un site assez polémique, mais « citoyen » : http://www.ifrap.org/2-fromages/sncf.html Mieux que la SS du français de base : http://fo-cheminots.com/publications/bulletin-protecto-soc/no-6-mai-juin-2004-bulletin-protection-sociale/caisse-prevoyance-sncf-amelioration-prestations-1624.html L’usine à gaz mammouthale : « 723 entités réparties dans 36 filiales ou groupes de filiales, constitué de 4 branches tournées vers leurs clients. » http://lesfinances.sncf.com/chiffres.htm L’exception des « privilèges » pour l’emploi à la SNCF : http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=1443 Le rapporteur du Sénat sur les privilèges exorbitants de la SNCF : http://www.mediasetdemocratie.net/Syndicats/SNCF-Lambert.htm Contributions d’Etat à la SNCF selon le Sénat : http://mapage.noos.fr/bsarra/bs/tsncf.htm Discussion du projet de Loi de finance 2007 : « S’agissant du très bon résultat de 2005, il se confirme qu’il est dû, , qui ont rapporté plus de 800 millions d’euros, soit les deux tiers du résultat. En revanche, prévoit une diminution du résultat courant d’un bon quart, près de 27 %, puisqu’il passe de 452 millions d’euros à 330 millions d’euros. Cette diminution s’explique par un recul de 21 millions d’euros du résultat d’exploitation et la dégradation du résultat financier hors dividendes non récurrents de 86 millions d’euros. » « Il est tout de même désespérant de constater que transporte moins de 40 milliards de tonnes par kilomètres aujourd’hui, contre 57 milliards de tonnes voilà une quinzaine d’années, alors même que d’autres pays font la preuve qu’il est possible de faire mieux : en Allemagne, on achemine aujourd’hui 103 milliards de tonnes par kilomètre. Même la Pologne fait mieux que nous ! » En cause ? L’absence de la régularité du trafic ! Référence : le site du Sénat et la recherche par mot-clé http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=d44165720061130_2&idtable=d44165720061130_2|d127531-62700_1|d44165720061211_2|d127531-62673_10|d44165720061127_4|d127531-62682_1|d127531-62640_10|d127531-62639_12|d127531-62707_3|d127531-62693_6|d127531-62675_5|d127531-62686_5|d127531-62660_7|d127531-62654_5|d127531-62650_1|d127531-62680_9|d127531-62644_6|d127531-62677_3|d127531-62709_3|d127531-62662_1|d127531-62646_13|d127531-62698_4|d44165720061202_2|d44165720061207_2|d127531-62672_3|d44165720061201_3&_c=sncf&rch=ds&de=20061003&au=20071003&dp=1+an&radio=dp&aff=27531&tri=p&off=0&afd=ppr&afd=ppl&afd=pjl&afd=cvn


                • Forest Ent Forest Ent 3 octobre 2007 22:04

                  @ Castling et l’auteur

                  Visiblement, vous ne connaissez pas le sujet du transport ferroviaire (sur lequel l’expérience anglaise est d’ailleurs passionnante). Ce n’est pas grave. Ce n’est qu’un fantasme parmi d’autres exprimés sur ce thread et repiqués sur la propagande de l’OCDE. Comme ce n’est pas le premier, j’ai la flemme de le commenter. Nous en reparlerons dans un an, après le krach de la city et l’explosion de la bulle immobilière UK.


                • castling 4 octobre 2007 01:01

                  @ Forest

                  Je ne vois pas tres bien ou vous voulez en venir mais je vous reponds pour ma part.

                  mon propos sur les UK railways avait un but bien simple :

                  Court circuiter les commentaires du genre "ho mais depuis la liberalisation du rail, les trains anglais sont horribles/en retard/obsolete/chers (rayez les mentions inutiles). Non, desole il y avait les memes problemes avant. Ca ma fatigue que l’on sorte toujours le meme epouvantail.

                  Vous pouvez sortir toute la litterature que vous voulez, je m’en tiens a l’experience des gens que je cotoie tous les jours qui sont usagers depuis qu’ils sont nes.Bien que sous tatcher certaines activites ont ete privatises, c’est sous major que l’integralite c’est fait. Ca reste donc recent

                  Maintenant, en termes de partage et services rendu aux usagers, de nouveau je suis desole, il a y eu des sacres couacs (pas partout attention) et certains usagers le paye tous les jours depuis. Il arrive que des usagers fassent greve de payement pour protester contre un service deplorable. Pourquoi ? par ce que c’est malheureusement l’un des seuls de moyen de pression. Il est tres difficile de trainer en justice une des compagnies ferroviaire pour defaillance...on se demande si cela n’a pas ete fait expres (je plaisante...a moitie). C’est en cela que ce fut mal gere et donc une catastrophe (ca a pas l’air d’etre le cas en suede pour faire une comparaison). Mais bon comme vous le dite, c’est pas grave.

                  Maintenant si c’est rapport a la sncf et comme je ldisais des hoax circule, je vais vous dire franchement, ca ne me regarde plus. Le jour ou ca sera privatise meme partiellement on peut s’attendre a des surprises smiley le reste n’est que litterature (passionnante apparemment).

                  Sinon l’effondrement boursier heu... les plans sur la comete, il me semble que y avait deja des cassandres ici y a un an qui predidait la meme chose pour maintenant (bien sur si vous avez des tuyaux solides, je suis preneur y a pas de petits profits).

                  Salutations

                  Cast


                • Forest Ent Forest Ent 4 octobre 2007 02:04

                  Quand même pour préciser un point : le transport de marchandises par rail est libéralisé dans toute l’UE et toute entreprise ferroviaire européenne a le droit d’exercer en France.


                • caramico 3 octobre 2007 22:20

                  Il y a plus de trente ans de cela, je quittais le midi pour « monter à la capitale », seul endroit où je pouvais trouver un travail décent.C’était ça ou crever de faim au soleil.

                  Ce n’est pas pour autant que je révais de finir mes jours là. Depuis, dans cet horrible pays qu’est la France, j’ai fait un beau petit bonhomme de chemin, que je souhaite à beaucoup d’expatriés, dont je comprends tout à fait les motivations professionnelles.

                  J’aurais tout à fait pu aussi aller travailler dans un autre pays, j’avais eu d’ailleurs une proposition de boulot à Londres.

                  Mais à aucun moment je n’aurais craché dans la soupe en pleurnichant sur l’impossibilité de réussir quoi que ce soit en France.

                  Quand on n’est pas trop bête et plutôt bosseur, on se débrouille partout. Et tant qu’à faire, bien vivre matériellement au soleil est quand même plus agréable.

                  Votre vision manichéenne des choses dessert votre argumentation. A l’heure de l’Europe, bravo à tous ces jeunes qui vont tenter leur chance ailleurs. Gageons qu’ils seront heureux, une fois fortune faite, de retourner dans leur pays, dans leur région, près de leurs proches.


                  • DJ Michitouk DJ Michitouk 4 octobre 2007 03:13

                    Ayant vécu presque 10 ans en Angleterre, je m’autorise un droit de réponse.

                    Il me semble que l’article, qui n’est pas dénué de mérites, ne s’en tient qu’aux chiffres officiels qui ne reflètent malheureusement pas la réalité des choses.

                    Ainsi, on parle du système de santé anglais (NHS). Oui les Anglais y investissent plus que nous, mais au point de vue efficacité, c’est désastreux. Listes d’attente énormes, echec total du (très cher) système informatique gérant les distributions de soins dans les hôpitaux.

                    Ensuite les transports : là aussi, beaucoup d’investissements en ce moment, mais à cause d’un sous-investissement systématique sous Thatcher / Major et le début des années Blair. Il faut voir circuler les vieux trains anglais pour le croire : digne d’un pays du tiers-monde. D’ailleurs les compagnies françaises (Connex notamment) qui ont acheté des concessions dans certaines régions anglaises s’en mordent les doigts.

                    Crime : oui la police a des belles statistiques, bien à jour, mais au niveau action, c’est vraiment pas ça, et il me semble (sans en avoir les preuves) que c’est pire qu’en France : la police est tellement submergée de crimes qu’elle n’essaye même pas de les résoudre, surtout les cambriolages, vols de voitures (très fréquents, à un tel point que la différence avec les pays européens est inouie).

                    Société : vous avez déjà dans le centre ville d’une ville anglaise un vendredi soir ou un samedi soir ? Je ne vous le conseille pas si vous êtes de sexe féminin et seule, par contre allez-y si vous avez le désir d’étudier un peuple sauvage et primitif.

                    Travail : le marché est excellent mais ceci dit, les inégalités sociales restent épouvantables. Il suffit de passer, en 5 minutes, de Canary Wharf et ses appartements de luxe pour expatriés de la finance, aux bidonvilles de Tower Hamlets Council. Certes en France on n’a rien à leur envier à ce niveau-là mais ne disons pas que la Grande-Bretagne réussit mieux que nous sur ce plan-là.

                    Alors, l’Angleterre, oui il fait bon y vivre, mais (comme pour la France !), pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la politique et les réformes sociales et économiques des gouvernements des 20 dernières années : campagne tranquille ; pubs accueillants ; population en moyenne polie et honnête ; un monde des arts et du spectacle qui bouge énormément (surtout musique et théâtre) ; salaires très élevé dans certains métiers (finance, assurance, informatique d’entreprise, musique, sports (football) bien sûr) ; presse excellente (c’est dur de revenir au Monde ou au Figaro après des années de Times, Telegraph, Guardian et Independent) ; meilleure intégration des minorités (exemple : beaucoup d’Indiens/Pakistanais à des positions de responsabilités en entreprise - bien sûr dans ce secteur-là il y a aussi des problèmes) ; création d’entreprise facile.

                    Je n’ajouterai pas ici les désavantages de la vie en Angleterre, qui sont nombreux eux aussi, mais je voulais simplement illustrer les aspects positifs, et montrer qu’à part le dernier cité (création d’entreprise facilitée), aucun n’est le fruit de la politique des gouvernements récents.


                    • bifluor bifluor 4 octobre 2007 16:10

                      @ DJ Michitouk

                      Concernant la police si on compare à la France, ils ont au moins le mérite d’aller dans tous les quartiers même si il faut envoyer 30 voitures. Ce qui n’est pas le cas en France.

                      j’habite justement dans le council de Tower Hamlets et je n’ai jamais vu ces bidonvilles. Le council est relativement grand il faut dire. De quel endroit de Tower Hamlets vous parlez exactement ?

                      Ce qui est bizarre malgré la criminalité, c’est que les gens y compris les Français se sentent beaucoup moins en danger en marchant dans les rues de Londres le soir ou la nuit comparé à Paris. Que ce soit dans les quartiers aisés ou non. Le plus gros de la criminalité se situe surtout entre les différents réglements de comptes entre gangs je pense. J’aimerais vraiment comparer Londres à Paris d’un point de vu criminalité mais vu qu’on n’obtiendra jamais les chiffres pour Paris...

                      « Société : vous avez déjà été dans le centre ville d’une ville anglaise un vendredi soir ou un samedi soir ? Je ne vous le conseille pas si vous êtes de sexe féminin et seule, par contre allez-y si vous avez le désir d’étudier un peuple sauvage et primitif. »

                      J’avoue que le vendredi soir et samedi soir c’est un peu « wild » smiley. Les Anglaises pourtant n’ont pas l’air d’avoir peur d’y aller (très) légèrement habillées. Que ce soit en Aout ou en Janvier !! smiley

                      Je maintiens qu’un Français en bonne santé avec au moins un BTS ou IUT a tout intérêt à venir vivre en Angleterre. Même si c’est cher sont pouvoir d’achat sera meilleur de toute façon. J’en connais même qui ont juste un bac et qui ont leur 2500 (3800 euros) pounds net par mois. D’ailleur ça m’ennerve smiley. C’est très ennervant ce pays qui ne se base que sur le travail fournit et pas les diplomes smiley


                    • DJ Michitouk DJ Michitouk 5 octobre 2007 06:22

                      Je pensais à ce qu’on voit de Tower Hamlets en prenant la ligne de métro ’DLR’ entre Canary Wharf et Stratford. Ensuite, Stratford-même (il est vrai que techniquement ce n’est pas dans la Tower Hamlet mais dans Newham, à côté), Whitechapel, Mile End. Ce que je trouvais choquant, c’est de voir ces endroits cotoyer des banlieues récemment rénovées et maintenant très chic (Canary Wharf, Wapping, Greenwich).

                      Il est vrai que ça fait un bon moment que je n’ai pas vécu à Paris, et j’ai peut-être une image un peu trop rose de la sécurité la nuit à Paris. Et d’ailleurs Londres n’est pas la pire des villes anglaises à ce sujet, car suffisamment cosmopolite pour que les dérapages alcolisés des jeunes britanniques les soirs de weekend restent en minorité. Mais j’ai aussi vécu à Oxford, Nottingham, Leeds et Reading et en y réfléchissant, c’est plus sur ces expériences là que je m’appuyais pour illustrer ce que je disais.

                      Ceci dit, je trouve que c’est un pays qui a beaucoup à offrir, et où j’ai beaucoup d’amis, et je suis content que vous vous y plaisiez !


                    • bifluor bifluor 5 octobre 2007 11:48

                      Morning there,

                      J’habite à Mile End et je trouve que c’est pas trop mal même si c’est pas très beau. C’est vraiment un quartier populaire en effet et incomparable avec Canary Wharf ou Greenwich. Il y a moins d’argent c’est certain !! White Chapel semble un peu plus clean que Mile End je trouve.

                      Du côté de stratford et New Ham il est vrai que si on quitte le centre ville c’est pas géant.

                      Il faut savoir qu’avec les jeux olympiques le gouvernement a injecté enormément d’argent dans l’est de Londres et tout est en train d’être rénové. C’est vraiment une partie de Londres qui se dynamise et l’économie est vraiment tiré vers le haut.

                      J’aime beaucoup Oxford et en effet le vendredi soir et samedi soir c’est plus sauvage que Londres. Ville étudiante oblige smiley

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