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Accueil du site > Actualités > Economie > Les derniers moments d’un système monétaire à bout de (...)

Les derniers moments d’un système monétaire à bout de souffle

Il y a quelques jours, Ben Bernanke (le patron de la Fed bien sûr) a enfin donné le montant du QE2 (quantitative easing 2) : 600 milliards de dollars. Le jour de l’annonce, l’or est passé de 1347 à plus de 1390 dollars l’once, et l’argent de 24,80 à presque 26,50 dollars l’once (à l’heure où j’écris ces lignes, l’argent vient de bondir au-delà de 27$ l’once et l’or vient de passer 1400$ l’once). Pourquoi ? Simple : la fin du dollar est maintenant proche.

Petite explication : quand la Fed décide d’acheter pour 600 milliards de dollars de bons du Tresor, à votre avis quelle est la raison ? C’est simple : personne dans le monde n’en veut plus au prix proposé. Donc soit la Fed laisse faire et le prix des bons va chuter (entrainant bien sûr une hausse des taux d’intérêts), soit la Fed intervient, FAUSSANT ainsi le marché, en achetant les bons avec de l’argent créé à partir de rien, et maintient ainsi les prix des bons élevés (et donc les taux au plus bas). C’est donc bien en biaisant le marché que la Fed peut laisser au mourant quelques bouffées d’air supplémentaires.

Cette politique de la Fed explique toutes les bizarreries que l’on trouve dans les valorisations des marchés : les actions grimpent alors que les PER sont déjà élevés ? Evidemment, car il vaut mieux 1,5% ou 2% de rendement avec des actions qu’un rendement identique dans des bons du Tresor qui commencent à sentir mauvais. Les métaux précieux sont au plus haut, alors qu’ils ne rapportent strictement aucun rendement ? Evidemment, le dollar dévaluant à cause de l’injection de la Fed, mieux vaut se protéger avec de la vraie valeur.

Cette politique de la Fed pourra-t-elle continuer éternellement ? Bien sûr que non. Car ne nous y trompons pas : l’endettement des Etats-Unis croît très vite, et il y aura une limite au-delà de laquelle ils ne pourront pas aller. Et quand ce moment arrivera (d’ici 1 voire 2 ans), ce sera l’heure de vérité : soit la Fed continue sa politique de rachat de bons, et c’est réellement la fin du dollar (style République de Weimar) car le remboursement de la dette sera devenu impossible, soit la Fed s’arrêtera et ce sera le défaut de paiement. Evidemment, pour Ben et les autres, ni l’un ni l’autre n’arrivera : la reprise sera tellement puissante que toutes ces craintes seront balayées et l’Amérique sera à nouveau sur les rails... Vous y croyez vous aussi ?

J’ai beaucoup aimé la définition de la folie que j’ai lue récemment : quelqu’un qui répète inlassablement les mêmes actions espérant à chaque fois que le résultat sera différent... Le QE n’a pas fonctionné en 2008, ni en 2009 ? Qu’importe. On continue. Jusqu’au bout. Bernanke est-il fou ? Non, je ne le crois pas, malheureusement. Il y a une vraie volonté d’en finir. A moins qu’il n’ait pas le choix, car désormais, embourbé comme il l’est, on le voit mal changer sa politique.

Pendant ce temps, que feront les autres pays, les autres monnaies ? Vont-elles regarder leurs exportations chuter à cause de la réévaluation de leurs monnaies par rapport au dollar, monnaie mondiale d’échange (peut-être plus pour longtemps) ? Non bien sûr. la BOJ a déjà montré qu’elle savait imprimer elle aussi. La BCE sera dans une drôle de position, obligée elle aussi de dévaluer sa monnaie, sans avoir les mêmes armes que "Helicopter Ben". Ce sera encore des pirouettes, des réunions d’urgence. Le résultat sera une dévaluation de toutes les monnaies par rapport à la seule qui subsistera et qui ait toujours existé : l’or.

2011 promet d’être une année particulièrement intéressante...


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36 réactions à cet article    


  • Pyrathome pyralene 9 novembre 2010 12:53

    Excellent !
    Imaginez le château de sable sur la plage avec la marée montante au ralenti......le flux et reflux en viennent inexorablement à bout jusqu’à la destruction et le nivelage ...on a beau remettre du sable, rien n’y fait !!


    • kemilein 10 novembre 2010 06:22

      vous êtes deux petits cyniques, vous et l’auteur.
      j’adore.


    • robin 9 novembre 2010 13:36

      Il est lpus que temps de lire (ou relire) le dernier chapitre de la Bible et surtout le passage : « chute de la babylone »


      • maow maow 9 novembre 2010 19:25

        Si ce genre de texte vous intéresse, vous devriez lire le livre de Pierre Jovanovic « 777 - La chute du Vatican et de Wall Street selon Saint Jean », ça vous plaira. smiley
        http://www.jovanovic.com/ws777.htm


      • ZEN ZEN 9 novembre 2010 13:38

        Babylone est un mythe, mais Wall Str. non...


        • plancherDesVaches 9 novembre 2010 14:38

          Wall street est aussi un mythe, Zen.

          Si tu connaissais la subjectivité ainsi que la perversion du système, tu pourrais en déduire une équivalence stricte.


        • ZEN ZEN 9 novembre 2010 14:47

          Plancher

          Je connais, je connais...
          Un mythe est inoffensif, WSt, non


        • plancherDesVaches 9 novembre 2010 14:55

          Pas tant que ça, Zen...

          Je dirais même que les mythes sont ce qu’il y a de plus destructeurs.
          Regardes ne serait-ce que les religions et leurs petites soeurs sectes...

          Je sais... je vais loin et suis un peu extrémiste. Mais regarder la réalité en face de temps en temps ne fait pas de mal, non plus.
          Ou en tout cas, autant de mal que TROP rêver, non.. ???


        • wesson wesson 9 novembre 2010 13:40

          Bonjour l’auteur,

          je vois bien venir l’hallali avec un truc du genre le patron de microsoft qui veut vendre pour 2 milliards de $ d’action, et qui finalement ne trouve preneur que pour 1.3 milliards. Soudain les boursiers prennent conscience qu’ils ne détiennent que du papier qui n’a de valeur que lorsque il est revendu. et donc tout le monde se dépêche de fourguer tout ce qu’il a, pour en tirer le max.

          Et oui, c’est pas une nouveauté mais on en est là : n’importe quel pékin qui veut vendre un paquet de titres AAA et ne trouve pas preneur, ou alors n’importe quel client de banque qui vient retirer son pognon et se voit répondre « ben on en as plus, on a dépensé votre pognon », n’importe quel évènement de cet ordre même mineur d’apparence peut maintenant entrainer un effondrement du système.

          Et déjà comme vous le dites la dette des états commence à sentir le poisson, ce qui signifie que cette fois-çi, les états ne pourront rien faire pour sauver le système...

          Et on en est là


          • Gemini Gemini 9 novembre 2010 14:13

            Ce qui, finalement, me semble peut-être une bonne nouvelle. Savoir qu’à la prochaine crise (bien que l’actuelle soit loin d’être terminée), les états - c’est à dire nous - ne pourront pas sauver les margoulins une nouvelle fois, me rassure plus que l’inverse.

            Il est plus que temps que ce système inique termine son auto-destruction une bonne fois pour toute. Il a causé plus qu’assez de dégats.

            Ce qui est par contre inquiétant c’est que seuls les esprits éclairés ont réfléchis aux alternatives et que le vide laissé ne sera pas forcément remplie par les bonnes alternatives … qui vivra verra ! À nous de faire penser la balance du bon côté.


          • wesson wesson 10 novembre 2010 01:51

            bonsoir gemini,

            "Ce qui est par contre inquiétant c’est [...] le vide laissé ne sera pas forcément remplie par les bonnes alternatives"

            C’est effectivement l’essentiel du problème, et finalement l’histoire peut nous en donner une petite indication.

            De la crise monétaire de 1929 en a résulté le facisme dans une bonne partie de l’Europe, le Front populaire en France et rien en Angleterre.

            Et si on transpose cela aujourd’hui, dans pas mal de pays la crise se traduit par une poussée de l’extrême droite, mais en France, au vu du consensus sur les retraites et du flop de la politique de l’épouvantail (consistant à exagérer une menace terroriste), je suis pas loin de penser que c’est bien vers la gauche que le peuple de France est en train de pencher - peut-être d’ailleurs que la personnalité objectivement détestable de notre président n’y est pas étrangère.

            Bref, je suis raisonnablement optimiste sur ce qu’il adviendrait en France en cas d’effondrement financier généralisé.


          • plancherDesVaches 9 novembre 2010 14:34

            "Ce qui est par contre inquiétant c’est que seuls les esprits éclairés ont réfléchis aux alternatives et que le vide laissé ne sera pas forcément remplie par les bonnes alternatives« 
            Non.

            Il suffit de voir la courte vie des dictateurs pour se rendre compte que malgré l’enfumage ambiant, les humains finissent toujours par atteindre un niveau MAXIMAL d’esclavagisme.
            Idem pour les US qui n’arrivent plus à enfumer le reste du monde.

            Donc, les »solutions" tant recherchées, attendues, que l’on veut pour se raccrocher à....

            Se raccrocher à quoi, d’ailleurs.. ???
            A un nouveau maître-sauveur-superman-américain... ???

            L’avenir est en chacun de nous et ça tombe très bien avec cet individualisme tant prôné par la religion du fric : faire bosser les autres pour mieux les exploiter trouve maintenant ses limites.


            • xray 9 novembre 2010 15:56


              Le détail ignoré est que le pouvoir est entre les mains de ceux qui contrôlent le capital de la Dette publique. (Pour la France, six fois le budget net de l’État.) 
              Il se trouve que ce pouvoir absolu ne changera rien à une situation qui lui est profitable. 

              DEPUIS 5 000 ANS ! QUOI DE NEUF ? 
              http://echo-agnostiques.over-blog.com/article-depuis-5-000-ans-quoi-de-neuf-55838469.html 



              • ZenLo 9 novembre 2010 16:31

                Bonjour,

                merci pour cette article fort intéressant et très accessible.

                Je ne suis pas du tout spécialiste en économie, mais juste une petite réflexion.
                Les Etats-Unis agrandissent leur dette, la France et de nombreux autres pays sont dans le même cas. Au final, si les Etats-unis plongent, on va plonger avec, ainsi que de nombreux autres pays. En somme, c’est un peu toute l’économie mondiale qui va s’écrouler.
                Je reprend la citation de xray "Le détail ignoré est que le pouvoir est entre les mains de ceux qui contrôlent le capital de la Dette publique. « .
                Quelles peuvent être les intérêts ou les raisons de disposer d’une dette, si le pays ne peut la rembourser ?
                Le pays va faire banqueroute, et alors, il se passe quoi derrière ? Les banques, les pays, voir les personnes qui détiendront la dette, auront du vide ? Ils pensent qu’en même pas que le pays va leur appartenir. Que peuvent ils gagner ?

                On ne devrait pas commencer à penser à une économie alternative ? J’ai l’impression que le système actuel arrive au bout et qu’ils essaient tant bien que mal de le tenir en vie, mais que c’est plus une longue agonie, qu’un début d’espoir.

                Une autre remarque, pour les personnes qui se sont enrichis par les actions ou autres, si tous les pays s’effondrent... qui devient riche ? Celui qui a »eu" un compte en banque avec plein de 0 ou celui qui a plein d’amis, dont solidarité et respect sont des valeurs communes ? (Même si cette réflexion est aussi valable hier).

                Je me pose des questions sur les conséquences d’un écroulement complet de l’économie.


                • plancherDesVaches 9 novembre 2010 17:06

                  « Qui devient riche ? »
                  Vous venez de répondre vous-mêmes à votre question.

                  Donc, 99,9% de la population mondiale a intérêt à un écroulement complet du système.
                  Cela fera mal pendant 15 jours le temps que les solidarités se mettent en place, puis, de village en village, de région en région, de pays en pays, nous pourrons remettre en place une humanité dans laquelle l’argent ne devra plus être stocké et où ceux qui veulent plus et surtout trop seront bannis.
                  Cela passera par une source de retour aux sources du travail, mais cela n’en sera que bénéfique pour la suite.
                  Bénéfique pour tous, je précise.

                  Y’en a bien un qui a chassé les marchands du temple et en a fait un slogan publicitaire. Ensemble, nous pouvons faire la même chose sans publicité.


                • fifilafiloche fifilafiloche 9 novembre 2010 16:36

                  Oui, le marché est sous contrôle, non seulement par l’injection de liquidités données aux banques pour soutenir l’activité, mais aussi par des interventions directes de la Fed sur les indices (pomo).


                  Le cirque est il susceptible de s’arrêter à court terme. Pas avant les prochaines échéances en 2012, les démocrates ne pouvant se permettre une double déflation des actifs (immobilier ET mobiliers). Ce n’est pas moral mais la politique aujourd’hui ne s’embarasse pas de morale, elle navigue à vue en utilisant tous les outils monétaires à sa disposition.

                  Les Etats Unis ne se sentent pas redevables de leur dette de toute façon, ils considèrent que leur fonction financière centrale et leur influence militaire suffit pour ignorer les règles s’appliquant aux autres zones économiques. 

                  Vous avez raison, sur le moyen terme, il y aura un prix à payer (un nouvel infarctus financier), le malade n’ayant pas changé ses habitudes nocives. Mais c’est loin, très loin à l’échelle de temps du casino boursier.

                  Pendant ce temps, la bourse continue mécaniquement et cyniquement à monter, venant rassurer le retraité du Wyoming sur sa retraite par capitalisation

                  • perlseb 9 novembre 2010 18:15

                    De Gaulle avait dénoncé ce système dès 1965. Tant que le dollar reste la monnaie mondiale, les Etats-Unis peuvent en imprimer autant qu’ils veulent sans générer d’hyper-inlfation : ils vivent à la charge du monde. Ils sont simplement immunisés d’un scénario à la Weimar grâce à ce privilège obtenu après 2 guerres mondiales (qu’ils ont peut-être volontairement provoquées, je parle des décideurs : Rotschild, Rockfeller,...).

                    Que se passe-t-il en cas de contestation de ce privilège ? Qaund l’Iraq, en 2000 a converti ses transactions pétrolières en euro, bizarrement en 2003 ils ont été envahi par les Etats-Unis et les ventes pétrolières ont été rétablies en dollar (bizarre, non ?).

                    Ce que l’on oublie un peu, c’est que les américains restent les plus agressifs et les mieux armés de la planète : « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

                    C’est pour cela que les chinois progressent doucement. Ils savent bien que les discours sont inutiles. La puissance des états-unis diminuera en même temps que le budget alloué à l’armée diminuera. Pour l’instant, ça ne se fait que très progressivement : « Les dépenses militaires des États-Unis représentaient 41,5 % des dépenses militaires mondiales en 2008 ».
                    Nous baignons dans un discours cul-cul de pseudo-démocratie quand ce sont en fait les armes qui dirigent le monde. Je crois que les chinois, non belliqueux dans l’esprit (muraille défensive de Chine) commencent à comprendre la vraie nature de l’homme blanc et son absence totale de philosophie.


                    • dimitripas dimitripas 9 novembre 2010 23:28

                      Merci pour cette réaction. Je suis absolument d’accord.

                      J’aime bcp le dernier paragraphe de votre missive. J’ai envie d’ajouter que l’homme blanc n’a qu’une philosophie : s’assurer par tous les moyens d’asseoir sa domination sur le reste du monde (eh oui, c’est quand même mieux quand on est aux commandes non ?). Depuis la révolution industrielle, c’est lui (c’est à dire Nous) qui dicte sa loi aux autres. Le problème est que ça se complique sérieusement ces derniers temps.


                    • Mark Hitti 21 novembre 2010 21:32

                      Super remarque Perlseb,
                      Ca veut dire qu’inévitablement, il y a une dollarisation du monde. Comme disait Henry Kissinger :« Our money, your problem ». 
                      Avec le QE2, ca ne fait qu’accélérer le rythme du processus bon gré mal gré : 

                      - le Brésil, la Japon et la Chine achètent du dollar gonflant ainsi leurs réserves pour continuer à soutenir l’économie américaine (leur premier débouché). 
                      - Comme la BCE a une politique monétaire moins volontariste, les banques européennes sont obligées de se refinancer en dollar (Grèce merci le FMI, l’irlande maintenant).

                       

                    • Gandalf Claude Simon 9 novembre 2010 19:13

                      «  soit la Fed continue sa politique de rachat de bons, et c’est réellement la fin du dollar »


                      Je vous rappelle que le yuan est indexé sur le dollar. Donc si votre assertion « fin du dollar » s’avère vraie, laissez moi conclure que la fin du yuan est tout aussi proche.
                      A moins que le yuan se mette à flotter ? Et voilà l’avantage compétitif du dumping monétaire dans le camp américain.

                      Ca me semblait salutaire de préciser cela avant d’invoquer comme vous le faites, la république de Weimar.

                      • labulle 10 novembre 2010 18:59

                        Vous mettez le doigt là où cela fait mal. Bien vu.

                        si la Fed continue à racheter la dette du trésor américain, c’est pour différentes raisons fondées ou non, avouées ou non :
                        1/ la demande internationale en bons du trésor est insuffisante
                        2/ en rachetant les bons du trésor la Fed donne les coudées franches au gouvernement américain qui peut continuer ses plans de soutien à l’économie ou d’aides aux états américains
                        2/ en injectant 1800 Milliards de $ (QE1 : 1200, QE2 : 600) la devise américaine baisse vis à vis de la richesse de la nation américaine, donc dévalue vis à vis des autres monnaies dont le yuan
                        4/ les dettes du trésor américain en dollar sont diluées dans une masse monétaire grossissante
                        5/ les exportations américaines vont augmenter
                        5/ le dollar baissera jusqu’à ce que les chinois décident de remonter leur devise

                        Les américains ont pour stratégie d’aligner le dollar sur le yuan, quelles qu’en soient les conséquences.


                      • perlseb 10 novembre 2010 20:03

                        A moins que le yuan se mette à flotter ?

                        Vous ne prenez pas en compte l’inflation qu’il peut y avoir dans un pays. Si le yuan est réévalué et que les salaires chinois restent constants (et que le prix de l’immobilier chinois reste constant, etc, etc...) alors cela revient exactement au même que si le yuan est parfaitement indexé sur le dollar mais que les salaires chinois augmentent et le prix des logements chinois augmentent, etc, etc.

                        Bref, n’accusons pas les chinois de bloquer le flottement de leur devise : il fut un temps où toutes les devises étaient figées les unes aux autres et ça marchait parfaitement (et on peut comprendre qu’avec la montagne de dollars qu’ils possèdent, il n’aient strictement aucun intérêt à réévaluer leur monnaie). Ils préfèrent gérer l’inflation chez eux : ça permet d’augmenter les gens de façon inégale (et surtout, de les augmenter uniquement dans l’éventualité où ils se rebellent et font grève).

                        Dans tous les cas, les chinois sont les dindons de la farce (leur avoir en dollars se dévalorisera à cause du jeu extrêmement gonflé des américains), mais je vous garantie qu’ils s’en souviendront. Les états-unis se préparent des jours sombres, très sombres et ils le cherchent bien.


                      • goc goc 9 novembre 2010 19:48

                        je ne peux m’empêcher de recopier un article de Boursorama, car c’est c’est très instructif
                        Quand même un expert du « marché » ne comprend pas, alors c’est que la fin est

                        http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=b35a264f16a98a24fb7536325f6ccdcc
                        extraits :
                        Paris : repli de W-Street ; le mystère de la hausse s’épaissit
                         - Wall Street était anticipé en repli de -0,25% en début de matinée : c’est exactement la variation affichée à la mi-séance.


                        Ceci ne fait qu’épaissir le mystère de la hausse des places européennes : elles n’ont même plus besoin d’une hausse de Wall Street ni d’une baisse du Dollar (il reprend 0,4% à 1,387E) pour s’envoler de +0,8% (en moyenne).

                        La plupart des indices occidentaux battent de nouveaux records semestriels (Paris, Londres) ou annuels (Francfort) suite à un mouvement ascendant ’sorti de nulle part’ (et sans volumes puisqu’il ne s’est échangé que 3,2MdsE sur le CAC) qui s’est enclenché, sans catalyseur identifiable, en milieu de matinée.

                        La tendance haussière a redémarré sans crier gare, après 3 jours de calme plat, comme si elle faisait de l’auto-allumage.

                        Impossible de relier les 35 points de hausse du CAC40 (3.945Pts) à une quelconque actualité (à moins de considérer que le champion du luxe Hermès qui s’envole de +7,5% est l’étalon de la conjoncture économique présente ou à venir).

                        Rien ne présageait ce rallye des actions françaises, ni la consolidation de l’Euro, ni le repli des marchés asiatiques (-0,4 à Tokyo à -0,8% ou -1% à Shanghai et Hong Kong).

                        Et Wall Street n’y est pour rien : les indices US ne parviennent même pas à reprendre ce qu’ils avaient perdu la veille (le Dow Jones ou le ’S&P’ affichent -0,15%), le Nasdaq semble déterminé à aligner une 20ème séance de hausse (plus deux inchangées) sur une série de 23 (pour une seule journée de repli le 19 octobre).
                        Ce ratio surréaliste de 90% séance de hausse depuis un mois n’intrigue apparemment personne : le ’quantitative easing’ a éteint tous les motifs d’inquiétude et résoudrait toutes les difficultés économiques présentes ou à venir.
                        ....



                        • Triodus Triodus 9 novembre 2010 23:04

                          La bou(r)se serait-elle l’orchestre du Titanic (ta mer) ?

                          Désolé..


                        • gnarf 9 novembre 2010 21:12

                          Quand vous ecrivez : « quand la Fed décide d’acheter pour 600 milliards de dollars de bons du Tresor, à votre avis quelle est la raison ? C’est simple : personne dans le monde n’en veut plus au prix proposé. »

                          C’est n’importe quoi. Les bons du tresor sont au prix actuel parce que la demande et l’offre s’equilibrent....donc c’est le prix pour lequel ils se vendent...c’est la base de la base. Et tout le reste est du meme tonneau.

                          Tres tres faible tout ca.


                          • dimitripas dimitripas 9 novembre 2010 23:36

                            Navré, mais si la Fed n’intervenait pas, pensez-vous que le Trésor US trouverait preneur sur les marché pour leur 600 milliards de dollars au taux proposé aussi facilement ? Non, assurément. En faisant ainsi, la Fed biaise bel et bien le marché, donc l’offre et la demande (c’est elle la demande).


                          • Agoravix 9 novembre 2010 21:43

                            Les US ne fabriquent rien et n’exportent rien, je ne vois pas donc en quoi la baisse du dollar peut obliger les autres nations a devaluer leur monnaies. Il se passera tout simplement que les americains ne pourront plus importer ce qui leur est vital, devront fermer leur bases a l’etranger et crever de faim chez eux.
                            Le commerce mondial se fera sans eux.


                            • dimitripas dimitripas 9 novembre 2010 23:44

                              Euh, le commerce mondial sans les US ? Oui, sûrement un jour, mais si c’est pour demain, ça peut faire très mal. A eux seuls, ils consomment près du tiers des richesses produites sur notre planète.
                              Pour éviter un tel choc, ceux qui exportent n’ont pas d’autre choix que de « suivre » le dollar sur la dangereuse pente de la dévaluation, chacun devenant adepte de la « dévaluation compétitive » telle qu’on le voit depuis quelques mois.


                            • perlseb 10 novembre 2010 11:09

                              ils consomment près du tiers des richesses produites sur notre planète.

                              C’est vrai, mais ils payent en monnaie de singes. Alors Agoravix a fondamentalement raison : certains chinois ont proposé de jeter leurs marchandises à destination des Etats-Unis au fond de l’océan. C’est parfaitement anti-écologique et inepte mais je ne préfère pas savoir à quelle vitesse et jusqu’à quel point leurs avoirs en dollars vont se dévaluer.

                              Si on a besoin d’une monnaie de singes pour assurer le travail de tous les habitants de la planète, sans la menace de fessée de la part de la première puissance militaire, cette monnaie pourrait être imprimée par n’importe qui et dans les montants nécessaires à l’achat de la production mondiale excédentaire. Perso, je préfèrerais que l’on travaille un peu moins et que l’on produise un peu moins (plus écologique).


                            • JL JL 10 novembre 2010 17:59

                              Les crises de surproduction industrielle ont toujours été résolues par des guerres.

                              Au fond, la machine productive capitaliste est une machine infernale qui ronge la planète et produit des cochonneries que la machine consommatrice ne peut pas métaboliser : on peut dire que la machine productrice capitamiste est un cancer.

                              C’est un comble quand 10% de l’humanité crève de faim !


                            • Agoravix 10 novembre 2010 20:59

                              Le commerce de la Chine avec l’Europe a dépassé celui avec les americains. Nous sommes les americains de demain si l’euro monte et que le reste des monnaies s’effondre.

                              Ce qui nous fera mal c’est de se reveiller un matin et savoir que le dollar ne vaut plus rien. Alors autant se debarrasser des US maintenant.


                            • BA 9 novembre 2010 22:51

                              L’agence d’évaluation financière chinoise Dagong a sévèrement critiqué mardi les Etats-Unis et leur banque centrale (Fed), et abaissé la note de dette de ce pays, dont elle estime la solvabilité « au bord du gouffre ».

                              L’agence a abaissé la note de « AA » (« qualité de crédit très élevée » selon son échelle) à « A+ » (« qualité de crédit élevée »), avec une perspective « négative ».

                              Dans un rapport disponible sur son site internet et extrêmement pessimiste sur la première économie mondiale, Dagong justifie l’abaissement de la note des Etats-Unis par « la détérioration de leur capacité de remboursement et le recul très fort de l’intention de l’Etat fédéral de s’acquitter de sa dette ».

                              L’agence juge que Washington, avec la décision de la Fed de se lancer dans une politique de création monétaire, fait délibérément baisser la valeur du dollar, décision qui « va dans la direction opposée des intérêts des créanciers ».

                              « Par essence, la dépréciation du dollar choisie par l’Etat américain indique que la solvabilité de celui-ci est au bord du gouffre, et qu’il souhaite par conséquent diminuer sa dette par une dévaluation, conformément à la volonté nationale », ont affirmé les analystes de Dagong.

                              Selon eux, « les Etats-Unis pourraient être confrontés à des risques imprévisibles pour leur solvabilité sous un an ou deux ».

                              Pour l’économie du pays, ils tablent sur « une récession de long terme ».

                              L’opinion de Dagong tranche radicalement avec celle des trois grandes agences de notation américaines, Moody’s, Standard and Poor’s et Fitch, qui attribuent aux Etats-Unis la meilleure note possible (« AAA ») et soulignent la souplesse de leur économie et la stabilité de leurs institutions.

                              Soutenu dans son pays par le ministère des Finances et associé à l’université de Tianjin (Nord-Est), Dagong s’est vu refuser aux Etats-Unis le statut d’agence de notation reconnue, faute de remplir des conditions posées par l’autorité de régulation boursière, la SEC.http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ddcec0f56e38e7f9b093134260faa041


                              • Gérard Luçon Gerard Lucon 10 novembre 2010 05:34

                                et attendons de voir la gueule de nos retraites par repartition .... apres 2012


                                • Gérard Luçon Gerard Lucon 10 novembre 2010 05:36

                                  pour les pays qui auront garde ce systeme, car celles par capitalisation auront disparu dans cette chute


                                  • JL JL 10 novembre 2010 10:17

                                    J’aimerais rebondir sur cette phrase : « ...  définition de la folie ... : quelqu’un qui répète inlassablement les mêmes actions espérant à chaque fois que le résultat sera différent... »

                                    Et la rapprocher de celle-ci : « Le pouvoir rend fou »

                                    Ces gens issus tous du même moule, celui qui les formate dans l’idée qu’ils sont l’élite et qu’on leur donne les clés de la boutique en leur faisant croire que c’est parce qu’ils sont les meilleurs et sans leur dire que c’est parce qu’ils suivent aveuglément l’ombre du système, ont développé une pensée magique qui s’exprime par le principe n°1 : "Le chef a toujours raison.

                                    Quand d’aventure, cette pensée magique se heurte au mur du principe des réalités, alors, oui, on peut ditre qu’ils sont devenus fous. De fait, ils l’ont toujours été, mais quand ça marchait bien, ça ne se voyait pas, au contraire.

                                    On sait que les imbéciles ne changent pas d’avis. Le chef non plus quand changer d’avis c’est perdre le pouvoir.


                                    • Bobby Bobby 10 novembre 2010 14:14

                                      Bonjour,


                                      Il est donc possible que le dollar se transforme en « amérigo » reprenant les valeurs conjointes du $ des states, celui du canada et du peso mexicain !

                                      J’ignore quelle valeur peut avoir cette information... mais votre article semble lui donner quelques chances d’aboutir.

                                      Bien à vous

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