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Accueil du site > Actualités > Economie > Quand la corde rompt, adieu le cochon !

Quand la corde rompt, adieu le cochon !

Le dernier des ’PIGS’ (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) semble prêt à traverser les mêmes difficultés que les autres. La liste s’allongera sans doute. C’est l’occasion, au début de l’année 2011 de prendre du recul, et de parler d’une crise autant politique qu’économique.

En Grèce, l'activité industrielle ralentit (- 7,6 % entre novembre 2009 et novembre 2010). Le nombre de voitures neuves vendues a baissé de 37 % entre 2009 (244.000) et 2010 (153.000). Le secteur automobile aurait perdu 20.000 emplois (source). La Grèce occupe désormais la première place, devant le Venezuela, dans le classement réalisé par CMA Datavision des seize pays risquant le plus rapidement de faire défaut sur leur dette. Pour tous les pays concernés, les CDS ('credit default swaps' / assurance contre le risque de défaut) augmentent. Pour l'achat de dix millions de dollars de dette grecque à cinq ans, il faut débourser un dixième de la somme, c'est-à-dire un million de dollars (source).

Athènes vendra le 11 janvier pour 1,5 milliard d'euros de bonds du Trésor à six mois ; lors de la précédente émission (novembre 2010), le taux s'est établi à 4,82 %, c'est-à-dire à un taux trois fois supérieur à celui qui prévalait en début d'année : taux de 1,38 % le 12 janvier (source). A Athènes, la presse bruisse des rumeurs d'une prochaine restructuration de la dette : 348 milliards d'euros en 2011 (152,6 % du PIB). Les prêts du FMI et de l'Union européenne arrivent à échéance en 2013 (110 milliards d'euros). Les autorités grecques négocieraient un allongement des remboursements, tout en s'en défendant publiquement (source) [Lire aussi El Zapatero]

En Irlande, le taux de chômage progresse, à 13,4 % en décembre (source). On apprend que le Premier ministre Brian Cowen n'est autre que le ministre des Finances qui a dîné et joué au golf avec Sean FitzPatrick, le patron de l'Anglo-Irish Bank, la plus engluée dans les investissements immobiliers catastrophiques. Ces entrevues ont juste précédé la recapitalisation par l'Etat de la banque irlandaise, en septembre 2008 (source). La quatrième banque irlandaise passera bientôt sous le contrôle de l'Etat, à l'occasion d'un renflouement important (3,7 milliards d'euros). L'Etat irlandais détiendra près de 93 % d'Allied Irish Bank. Dans le même temps, le gouvernement a annoncé un nouveau resserrement budgétaire, avec une baisse des dépenses (- 4 milliards d'euros) et une augmentation des impôts (+ 2 milliards d'euros) [source]. La Chambre basse du Parlement irlandais a approuvé à la mi-décembre le plan de sauvetage mis en place par les organisations internationales et le gouvernement ; en contrepartie des 85 milliards d'euros d'aide (source), le gouvernement s'est engagé à ramener le déficit de 30 % (2010) à 3 % (2014) par des coupes dans les dépenses, aides sociales comprises (source) [lire aussi Les émigrés, dehors !].

La presse espagnole se réjouit quant à elle à l'avance de l'annonce par le vice-Premier ministre Li Keqiang d'un achat par l'Etat chinois de six milliards de dette espagnole. Ce montant équivaudra celui envisagé par Pékin pour les achats de dettes grecque et portugaise. L'officiel chinois écrit dans une tribune à 'El Pais' qu'il « soutient les mesures adoptées par l'Espagne pour son réajustement économique et financier et a la ferme conviction que le pays parviendra à une reprise économique générale » (source). De toutes façons, les banques européennes s'intéressent toujours à l'Espagne (source). Jose Luis Zapatero se félicite de la réduction des déficits publics : 11,2 % en 2009 contre 9,3 % en 2010. Cela ne lui paraît pas contrevenir pour autant avec ses objectifs de croissance 'consolidée' pour l'année 2011 (source). Le chômage a baissé de 0,25 points en décembre. Cela permet de glisser sur la progression annuelle et sur le taux brut (19,8 %), double de la moyenne européenne (source) [lire aussi Cantona qui bat la campagne].

Les 'PIGS' (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne), se trouvent désormais réunis par le même sort. Le premier des pays cités n'a pas encore essuyé la tempête financière subie par les autres, mais semble ne pas pouvoir y échapper (source). Rien ne permet en outre de clore la liste. Chaque organe de presse suggère ses propres noms, sur la base d'analyses ou de calculs savants, de publications d'agences de notations, de déclarations de ministres français ou allemand, que sais-je encore ? Il m'apparaît surtout que le fossé entre les faits économiques et les déclarations s'élargit, les hommes politiques pastichant les illusionnistes - si les chiffres sont mauvais, je vais en présenter d'autres - et les béats - après la pluie le beau temps. Personne ne porte la responsabilité de la situation, la thèse du cataclysme imprévisible servant de paravent. Et si l'opinion enrage contre le marché fou, le libéralisme mortifère, les capitalistes inconscients, c'est autant de gagné ! Chacun oublie au passage le passé récent, l'absence de règles claires, les collusions entre les Etats et les entreprises, ou pire les incitations critiquables (bulle immobilière).

J'ironiserai bien sur l'aveuglement des partis politiques belges empêtrés dans une crise institutionnelle dont personne ne sonde le fond alors que la dette souveraine dépasse le PIB belge (source). Mais qu'en est-il dans les pays précédents ? En Grèce, le gouvernement se targue d'un projet de mur à la frontière terrestre avec la Turquie européenne (source). Dublin annonce une quasi suppression des taxes pour les voyageurs, alors que les Irlandais souffrent des effets cumulés de la crise et de l'augmentation des impôts (source). Madrid chasse les fumeurs jusque dans les espaces publics ouverts (source). Cet inventaire souffre d'une partialité évidente, mais figure le décalage entre les enjeux économiques et la communication politique. Que vaut la vertu proclamée à longueur de journée - entendez la rigueur budgétaire - si un grand nombre d'Européens finissent par considérer que les communiquants amusent la galerie, que les responsables de la crise courent toujours, que les gouvernants cachent leurs intentions réelles et que la construction européenne a provoqué le chaos par l'entremise de la monnaie unique ?

Nous assistons à l'agonie d'une génération politique. Cette conviction me semble aussi évidente que l'issue de cette crise économique dessinée à grands traits me paraît obscure et inquiétante. Je terminerai sur le cas de la France, étant entendu que l'on est jamais mieux servi que par soi-même. A l'heure de l'incendie européen, les pompiers hexagonaux dissertent sur le bien-fondé des 35 heures (lire Econoclaste). Louis Chauvel dans une tribune envoyée au Monde m'offre néanmoins les principaux arguments pour conclure : Les jeunes sont mal partis. Le sociologue rappelle que les jeunes français ont dû s'adapter quand leurs aînés bénéficiaient de l'essentiel des avantages d'un Etat protecteur et redistributeur (pour les autres). Je ne peux que reprendre son expression de 'variable d'ajustement'. « Chômage record, baisse des salaires et des niveaux de vie, précarisation, développement de poches de travail quasi gratuit (stages, piges, free-lance, exonération de charges, etc.), nouvelle pauvreté de la jeunesse, état de santé problématique et faible recours aux soins, absence d'horizon lisible. »

L'accroissement du nombre de diplômes a produit une situation inédite de compétition entre détenteurs, et induit dans la pire des configurations un 'déclassement intergénérationnel'. Les déceptions abondent : l'espoir que les emplois se multiplieraient avec l'augmentation des départs à la retraite du Baby-boom, l'espoir de pouvoir se loger décemment dans les grandes villes, le souhait d'une société tournée vers la créativité plutôt que vers la rente. Louis Chauvel montre que la jeunesse craint moins la retraite que l'injustice. Il fustige des syndicats corporatistes, un parti socialiste privé d'imagination, un personnel politique blanchi sous le harnais...

Ses propositions touchent à l'amélioration de l'enseignement supérieur, à la simplification du droit du travail - « Il faudra passer par le double tranchant de la fluidification du droit du travail et de l'obligation d'embauche faite aux employeurs » et surtout à une remise à plat des politiques du logement. Je reste circonspect sur le mode opératoire, mais partage l'objectif final : « un plan de long terme de constructions collectives et de qualité pour densifier le tissu urbain des espaces moyens entre centre et périphérie. » Je rejoins Louis Chauvel dans sa critique du projet d'abandon de l'ISF [voir Comment être riche sans rien faire ?] et voudrais évaluer sa proposition sur la taxation des résidences secondaires. Il propose dans ce cadre d'introduire dans la déclaration de revenus la valeur locative au motif qu'elle représente un 'revenu implicite' (sic).

« Les seniors de 2010, qui sont propriétaires sans remboursement d'emprunt dans plus de 70 % des cas, ont été les grands bénéficiaires - par les plus-values longues, et donc non imposables - de la crise du logement payée au prix fort par les jeunes actifs. Les seniors urbains des classes moyennes supérieures n'ont jamais vécu aussi à l'aise dans des logements sous-occupés, le couple type de 60 ans vivant à deux dans un cinq-pièces, alors que les jeunes familles sont tenues de s'entasser dans de petites surfaces. La fluidification du marché immobilier qui en résultera permettra ainsi d'ajuster les ressources aux besoins. »

Louis Chauvel enseigne à Sciences-Po et oublie donc à tort un critère essentiel pour éclairer la crise de la représentation et de la décision. Son cheval de bataille est le fossé entre les générations. Celui qui coupe les dirigeants des réalités du terrain m'angoisse davantage. L'égoïsme et l'intérêt mal compris ne guident pas exclusivement le personnel politique occidental (j'élargis au-delà de l'Europe). L'ignorance et la bêtise pèsent au moins autant dans la balance. Et c'est sans doute plus de courage que d'imagination dont nous avons besoin...

'Quand la corde rompt, adieu le cochon'.

Incrustation : Les pays dits 'PIGS'...


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30 réactions à cet article    


  • Alain-Goethe 11 janvier 2011 10:57

    Certains appellent cela plutot les

    PIIGS
    en y ajoutant l’Italie ;

    Par ailleurs, il y a un sigle qui désigne 8 à 10 pays qui vont bien ; ce n’est pas les BRICS, c’est autre chose, car y sont inclus le Vietnam par exemple ; bref. ; c’est pas le + important

    L’une des choses importantes :
    Quelles seront conséquences de eclatement de l’Euro ?
    car le rosbeef ... en somme


    • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 11:57

      Le BRIC n’est qu’un épouvantail pour tenter de détruire l’Alliance des Quatre Puissances.


    • plancherDesVaches 11 janvier 2011 12:50

      Les conséquences ne serait-ce la sortie de la zone par UN seul pays serait catastrophique.
      Car nous sommes en pleine guerre économique.
      Contrairement aux cas de l’Argentine et du Japon qui avait d’autres pays vers qui exporter.

      Elles serait d’abord catastrophique pour les pays restant en Euro. Car il chuterait très fortement et provoquerait une hausse des importations qui ne pourrait être compensée complètement par une exportation plus « facile ».
      Pour cause de consommation intérieure.

      Elle serait aussi catastrophique pour le (ou les) pays qui devraient changer de monnaie de façon non préparée, ça à dire ne sachant pas comment serait appréciée leur nouvelle monnaie.
      D’autant que s’il sort, c’est que son économie va « très » mal...
      Ainsi, cette « nouvelle » monnaie devrait être rattachée à une monnaie mondiale. Mais laquelle. ???
      La rattacher à l’Euro, en la dévaluant, en ferait un sous-Euro et ne résoudrait absolument rien. Cette opération serait neutre et autant rester à l’Euro.
      La rattacher au dollar serait prendre le risque de plonger avec ce dernier et exposerait, de toute façon, à d’autres fluctuations.
      La rattacher au Franc Suisse ou au dollar australien serait amusant : ces monnaies montent tellement qu’elles finissent par gêner leurs propriétaires eux-mêmes...

      Un autre « petit » détail qu’il ne faudrait pas oublier aussi. Les marchés...
      Car tout comme Soros en 1993 avec la Livre ou actuellement avec les taux honteux de prêts faits à certains pays européens, le pays subirait une attaque en règle qui pourrait le détruire complètement.

      Que des bonnes nouvelles, en gros. smiley


    • non667 11 janvier 2011 16:08

      à ferdinand pécora
      de passage (1h) a Strasbourg en 2003  j’ai pris un trac à quelques manifestants devant le parlement europeen  ! il commençait ainsi :
      le système financier et monétaire international s’effondre !
      bien vu en 2003 
      sans internet je n’ai plus entendu parler de la rouche ! la chape de plomb s’est abattue sur lui et son mouvement en France .
       la faillite étant là , il est urgent de connaître ses propositions !
      merci du lien .


    • dom y loulou dom y loulou 11 janvier 2011 20:42

      vu qu’il n’y aura plus aucune entité (illusoire certes) officielle capable d’obliger les tories à se maitriser dans leurs folies congénitales issues de dégénérescence complète, à force de consanguinité (obama au 9e degré de bush et de Cheney... pas sympa la petite famille des bouchers de la planète tous affiliés sous le règne glorieux de reine du cervelet ?

      Cervelet rebaptisé common wealth depuis deux siècles, le pharaon esclavagiste et esclave des illuminati elle-même, offrons-nous donc ses bons voeux de l’année green witch, la sorcière verte. toute une construction vouée au néant et des travailleurs plein de courage et de bonne volonté pour croire encore que demain sera meilleur et donc on a bien raison de se faire entuiber de la sorte.

      4000 ans que ça dure.

      bref

      vu que ce sont les plus pervers qui continuent d’imposer leur vues grotesques au nombre et que les politicards sont en effet ABSOLUMENT transformés en petites marionettes tout aussi grotesques que le muppet show pouvait l’être autrefois

      sauf que le muppet show était drôle

      aujourd’hui ce larbinisme coûte la FERTILITE DE VOS ENFANTS et leru avenir en tant qu’êtres entiers et dignes

      et on en est réduit à défendre la VIE-MEME !!!

      passés outre les lobotomies si rigolotes et meurtrières , si drôles quand elles « ne vous concernaient pas » et que le nombre crachait inlassablement sur « l’homme »... c’est à dire sur « eux-mêmes » donc...

      nonon, c’est bien vraiment...

      encore quelques mois de neuro-toxiques et on aura des gens la gueule grande ouverte qui ne comprendront plus rien DU TOUT de ce qu’on leur dit

      super

      tallion a absolument raison

      mais si vous êtes fatigué (enfin) de mendier auprès de voleurs et de demander à des menteurs patentés de vous construire une grande prison en guise d’avenir...

      alors au moins joignez-vous aux efforts de dépolluer notre planète en purifiant son cycle de l’eau

      une découverte saisissante est née

      allez faire un tour sur projectobolix.org

      la dernière perche tendue par l’esprit de vérité vers vous

      saisissez-la, comme elle vous est proposée, en axe qui peut vous sortir de ce jugement perpétuel qui EST la pensée babylonienne de gens qui se prenaient pour des dieux pour mieux justifier leur volonté de viol et de tortures contre l’humanité...

       ou s’en est fait de l’occident à jamais


    • Talion Talion 11 janvier 2011 11:02

      Toute cette situation va très mal se finir...

      La crise n’en est qu’à ses prémisses et la jeunesse socialement déclassée et sous-représentée par le monde politique qui ne la considère guère plus que comme une variable d’ajustement économique risque très fortement de basculer dans la violence.

      L’actualité tunisienne et algérienne nous indique très clairement ce vers quoi nous nous dirigeons car contrairement à l’Italie ou à l’Allemagne, la France possède une population jeune conséquente.

      Une explosion de la criminalité est à prévoir alors que la population des désespérés ira en s’accroissant, jusqu’au moment ou un flic un peu plus bas de plafond que les autres fera une grosse connerie qui fera tout péter.

      Les barils de poudre continuent de s’accumuler... Manque juste la bonne étincelle pour que tout explose.

      Exemple concret du type d’étincelle dont je parle, celle-ci : http://www.youtube.com/watch?v=hn-gt2StqHM&feature=related


      • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 12:00

        Par contre, si vous vous décidez à vous battre, l’arme à utiliser est le Glass-Steagall Global.

        Y a du boulot pour en comprendre l’intention de fond, et y a du boulot pour le faire savoir. Mais en coulisses, on reconnaît que c’est la seule alternative.


      • Talion Talion 11 janvier 2011 12:24

        Arrêtons de croire au père Noël !...

        Nos politiques touchent tous leur enveloppe à la fin du mois auprès de l’oligarchie financière qui les rémunère pour services rendus sur notre dos.

        L’homme politique moderne n’est plus autre chose qu’une tique ou une prostituée dont la première qualité exigée est de savoir correctement sucer dans les coulisses et donner l’illusion de son indépendance une fois sur scène...

        Vu l’état de délabrement et de pourrissement avancé de la situation, le seul destin qui s’annonce à l’horizon est une explosion de violence après une intense fuite en avant.
        La grande illusion de notre époque et qui ronge les ministères a été d’avoir pensé qu’il était possible de plier les lois de l’univers afin qu’il se conforme a l’idéologie et au dogme mondialiste qui finira noyé par le sable mouvant des insurrections et des guérillas.

        La réalité ne sera de nouveau perçu par nos responsable qu’au moment ou leur tête tombera dans le panier après avoir été tranché sur échafaud.

        Cet avenir est désormais tout aussi inéluctable que le lever du soleil.


      • plancherDesVaches 11 janvier 2011 12:56

        Talion.
        Tu as bien plus raison que tu ne le crois :

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=20170
        "WikiLeaks dévoile aussi comment fut gérée la crise bancaire Un câble diplomatique américain, mettant en scène Mervyn King, le président de la Banque d’Angleterre, Robert Kimmitt, alors Sous-Secrétaire au Trésor américain et Robert Tuttle, l’Ambassadeur des États-Unis en Grande-Bretagne, a récemment été divulgué par Wilkileaks. Il montre ces acteurs s’accordant le 17 mars 2008 sur un diagnostic de la crise selon lequel elle a cessé dès l’été 2007 d’être une crise de liquidité pour devenir une crise d’insolvabilité généralisée du secteur bancaire.« 

         »Après moi, le déluge..."


      • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 15:06

        @ Talion et PlancherdesVaches

        Quand je parle de Glass-Steagall Global et de nouveau Bretton Woods, il faut avoir deux choses en tête, que je n’avais pas précisées dans mon post.

        1) Quand je parle d’action politique, je ne pense évidemment pas aux politiciens actuels. Une action politique digne de ce nom a) se pense sur au moins 2 générations et b) ceux qui les défendent ne s’attendent pas forcément à voir leur idée réalisée de leur vivant. C’est ainsi que pensent des dirigeants de dimension historique et mondiale.

        2) Si Ferdinand Pecora, petit italo minable issu d’une pauvre famille de Sicile, a pu mettre JP Morgan et consorts à genoux, devant les médias, et faire fermer Wall Street pour mettre en banqueroute organisée de le système bancaire américain de l’époque, c’est parce-qu’un certain courant d’idée qui remonte à Platon ne s’est jamais éteint, et a pris la forme, à différentes époques, d’organisations politiques, scientifiques ou autres que l’oligarchie ne pourra jamais faire disparaître à jamais de la surface de la Terre.

        Evidemment, nous ne sommes pas « entraînés » à penser ainsi le cours de l’Histoire. L’avantage que nous avons aujourd’hui est que nous vivons une époque unique dans toute l’histoire de l’humanité du fait de la mondialisation. Et ce courant de pensée, extrêmement bien développé à travers le monde, peut faire plier l’oligarchie à tout moment. Mais, pour ce faire, il ne faut pas « suivre les tendances », mais monter sur la scène de l’Histoire.


      • goc goc 11 janvier 2011 15:11

        @ talion

        Toute cette situation va très mal se finir..

        Vous avez parfaitement raison

        il faut aussi rajouter un élément assez nouveau depuis 2/3 ans c’est l’augmentation de la violence « ordinaire », c’est a dire qu’on passe a l’acte violent pour une peccadille, surtout chez les jeunes

        cela veut dire surtout que si ca se met a bouger, ce ne sera plus des manifs « bon enfant » entre lycées en mal de sortie de classe, mais plutôt des émeutes incontrôlables. Et comme nos dirigeants sont des crétins de première, ils vont croire que ce sera une aubaine pour assurer leur re-election et donc ils en rajouteront une couche, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils ont ouvert la boite de Pandore. Déjà ils accumulent les erreurs en matière de politique étrangère (erreurs qu’ils payent a coup d’otages exécutés), sans comprendre que le jeu qu’ils jouent, est en train de se retourner contre eux, alors je n’ose imaginer ce que ce sera quand ca pètera en France (genre monté du fn engendrant un début de guerre civile)


      • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 15:20

        @ Toute cette situation va très mal se finir...

        Certains se battent depuis 2.500 ans pour que ça ne finisse pas mal...


      • non667 11 janvier 2011 14:03

         à bruno

         C’est l’occasion, au début de l’année 2011 de prendre du recul, et de parler d’une crise autant politique qu’économique.

        la politique pro-capitaliste mondiale a causé /permis la crise économique
        rien ne venant /pouvant entraver cette politique pro-capitaliste (sauf les ruptures nationalistes ? ) celle ci se poursuivra faisant peser tout le poids de la crise économique sur les peuples.les amenant « aux restos du cœur »

          : la France, avec ses 1500 milliards de dette ,84% du PIB , - 7,7 % de déficit peut être comme la Grèce , Irlande et tout les autres pays européens ( sauf peut être l’Allemagne)  déclarée arbitrairement par les banquiers du N.O.M. en perte de confiance et passer du classement AAA à 0 sans justification fin 2011 .

        acculée a la faillite la france n’aura d’autres solution que de passer sous les fourches caudines du fmi (comme avec le ps en 1983 )
        pour faire passer cette pilule de« gauche » qui mieux que l’homme de « gauche » DSK peut le faire ?
        il faut s’attendre à une attaque financière fin 2011 début 2012 pour préparer les élections

         c’est là que ZORRO l’homme de confiance du F.M.I. arrive .
        au besoin et pour en rajouter . un candidat issu des primaires du P S devant la gravité de la situation se désisterait pour D S K .au dernier moment !


        • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 15:32

          @ non667

          La différence entre Desperate Housewives et la dynamique à l’oeuvre aujourd’hui dans le monde, c’est que les idées de Glass-Steagall Global et de système économique hamiltonien dans un système westphalien sont DEJA mises en pratiques par les 3 plus grandes puissances démographiques du monde.


        • bo bo 11 janvier 2011 16:53

          Taxer les revenus théoriques d’un bien. Ici celui de la résidence secondaire.

          Cette idée peut intéressé Bercy qui cherche de l’argent et nos énarques peuvent l’étendre à la jouissance de tous les biens.
          La taxe de la jouissance est en effet illimitée  smiley

          Arrêter de chercher de nouvelles taxes, il vaut mieux réduire les dépenses et il y en a une montagne d’inutiles


          • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 20:47

            Vous dites : « Arrêter de chercher de nouvelles taxes, il vaut mieux réduire les dépenses et il y en a une montagne d’inutiles »

            Dans un système monétariste, ce raisonnement amène un Barack Obama a faire passer par la porte de derrière (Executive Order via pages 73406, 73613 et 73614 du Registre fédéral) ce que le Congrès n’a pas voulu valider, sous la forme de la House Resolution 1233. Il s’agit de ne pas octroyer de soins à des personnes dont on juge que « la vie ne vaut pas la peine d’être vécue » car elles « coûtent trop cher à l’Etat ». De sinistre mémoire.

            Alors comment faire ? Les Etats-Unis doivent réinstaurer le standard bancaire rooseveltien Glass-Steagall. Une fois fait, immédiatement, Russie, Chine et Inde suivront. Dans cette dynamique, pourra avoir lieu un Nouveau Bretton Woods où, comme Roosevelt par la bouche de Dexter White l’avait imposé à l’idée de monnaie mondiale unique de Keynes, des taux de changes fixes entre économies redevenues souveraines permettront un développement westphalien d’Etats-nations.

            C’est ce qui s’appelle le Crédit productif public d’Alexander Hamilton, intrinsèquement non-inflationniste et qui est le mode de fonctionnement économique constitutionnel des Etats-Unis.


          • dom y loulou dom y loulou 11 janvier 2011 21:05

            mais comme la majorité d’americains n’ont redécouvert leur constitution qu’une fois complètement piétinée...

            il y était même écrit que l’or et l’argent brut devraient rester à tout jamais la seule monnaie des states !!! lololol

            la FED (tories, lords britanniques, grands destructeurs de TOUTE VELLEITE de paix entre les nations) cette saloperie émettrice du dollar, mis lui en banqueroute volontaire, en rigole encore.


          • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 23:15

            @dom y loulou

            Vrai. Et pour l’instant, en France, ce n’est pas mieux. C’est même pire puisqu’on ne dispose pas des outils qu’utilisa Roosevelt.

            Quant à ce qui reste à accomplir, Jacques Cheminade l’a récemment exprimé mieux que moi :

            "|...] Alors, diront beaucoup d’entre vous, « c’est peut-être terrible, mais qu’y puis-je ? » Laissez-moi vous dire que cet abandon face à des choses inadmissibles est ce qui caractérise un état d’occupation. [...]

            Alors, comment en sortir, comment se libérer une fois de plus ? En considérant froidement, calmement, le rapport des forces dans le monde, et en prenant conscience d’où se trouve le levier : comme en 1940, et comme de Gaulle l’avait compris dans son appel du 18 juin, au sein de la puissance américaine. Là se livre un combat décisif pour l’humanité entre les forces de Wall Street de la City, représentant les manières de penser et d’opérer de l’Empire britannique, et celles qui combattirent en leur temps pour l’indépendance, représentées aujourd’hui par la manière de penser et d’agir de Lyndon LaRouche et de ses amis, qui s’efforcent d’éveiller dans le peuple américain les ressources d’une nouvelle libération.

            « Mais, dira-t-on, mais peu de gens le savent et l’ennemi est trop puissant. » C’est ce que l’on répondait en 1941 lorsque le nom de de Gaulle était mentionné dans une France collaboratrice : réflexe d’occupé, qui croit aux rapports de force, et non à la force des idées inscrites dans l’histoire d’un peuple et réanimée par quelques hommes de caractère."


          • Philou017 Philou017 11 janvier 2011 20:40

            A lire cet excellent article de Scriptoblog sur Goldman Sachs et ses relations avec la Grèce :

            http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=623:la-banque


            • dom y loulou dom y loulou 11 janvier 2011 20:57

              achetez ne serait-ce qu’une seule pièce en argent et nous coulerons goldmann sachs

              c’est leur talon d’Achille dit l’économiste Max Kaiser, il a lancé un appel

              mais peut.être là aussi le nombre est plus préoccupé à comment « entrer dans l’histoire »... ?!?

              dans ces livres d’histoire falsifiés par les sionistes ??

              à bon entendeur...

              voici maintenant des images en direct du glorieux « jardin d’eden » d’où des fous nous ont chassé pour nous faire croire que leurs productions d’armes et le sado masochisme s’appellent civilisation :

              http://www.youtube.com/watch?v=jjs5Rv_DMzg&feature=related


              • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 22:24

                Le talon d’Achille du système financier et monétaire international s’appelle Glass-Steagall Global. En clair, c’est la fermeture de Wall Street. C’est ce que fit Roosevelt en 1933.


              • DUCATI 11 janvier 2011 21:50

                le Brésil comme la Russie, l’Inde et la Chine, le Vietnam, la corée...n’ont pas de construction telle l’U.E... comme quoi !


                • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 22:31

                  Exact. C’est pourquoi ils sont la cible de l’empire britannique (Inter-Alpha).


                • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 11 janvier 2011 22:41


                  Pour ne pas dévier du sujet initial, je signale juste un article illustrant le fossé entre l’urgence (flambée des taux) et discours lénifiant du gouvernement. C’est au Portugal que cela se passe.
                  http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201065664920.htm
                  Je comprends bien que le premier ministre portugais cherche à ne pas envenimer la situation, en flattant l’orgueil national. Mais ici comme ailleurs, le risque d’un discrédit général de la classe politique est grand.

                  PS./ A ceux qui sont persuadés que l’Apocalypse est proche, tout cela n’apportera évidemment pas grand chose ! D


                  • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 23:22

                    Vous dites : « Mais ici comme ailleurs, le risque d’un discrédit général de la classe politique est grand »

                    En automne-hiver 2007, je comprends qu’on ait pu dire cela.

                    Aujourd’hui, « A ceux qui sont persuadés que l’Apocalypse est proche », je dis que l’abandon face à des choses inadmissibles est ce qui caractérise un état d’occupation.


                  • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 23:25

                    Quand on en a si peu, il vaut mieux éviter de le crier sur les toits, fussent-ils ensoleillés :) :)


                  • BA 11 janvier 2011 23:29

                    Mardi 11 janvier 2011 :

                    Allemagne : taux d’intérêt pour les obligations à 6 mois : 0,480 %.

                    France : taux d’intérêt pour les obligations à 6 mois : 0,555 %.

                    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN6M:IND

                    Et la Grèce ?

                    Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 6 mois ?

                    Réponse :

                    Le 9 novembre 2010, pour un emprunt à 6 mois, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 4,82 %.

                    Mardi 11 janvier 2011, pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,90 %.

                    Plus les jours passent, plus la Grèce emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus exorbitants.

                    Plus les jours passent, plus la Grèce se rapproche du défaut de paiement.

                    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/11/97002-20110111FILWWW00482-grece-leve-195-mds-en-dessous-de-5.php

                    La zone euro va exploser.


                    • Ferdinand_Pecora 11 janvier 2011 23:41

                      Vous dites : « La zone euro va exploser. »

                      C’était prévisible depuis Solon d’Athènes (594 av. J.-C.).


                    • Tuscany 12 janvier 2011 13:01

                      Mais la question est, ne sera jamais fin à cette crise ? N’est-il pas vrai que la crise est résolue seulement avec une guerre (j’espère que non).
                      By Tuscany .

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