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Accueil du site > Actualités > Economie > Quelques leçons de cette nouvelle crise de l’euro

Quelques leçons de cette nouvelle crise de l’euro

Nous ne savons pas encore si cette nouvelle crise sera la crise terminale. Le contexte estival devrait la limiter à une grave poussée de fièvre car il serait surprenant que le système explose en plein mois de juillet. En revanche, ce nouvel épisode offre des leçons intéressantes.

La monnaie unique est une monstruosité

Même si les euro-béats continuent jusqu’à l’absurde de claironner que l’euro nous protège, les faits démentent tous les jours un peu plus cette vision des choses. Alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne empruntent tranquillement à un peu plus de 3% à 10 ans malgré des déficits publics supérieurs à celui de la Grèce (et oui !!!), les pays de la zone euro sont embourbés dans une crise des dettes souveraines qui dure depuis un an et demi.

C’est ainsi que l’Espagne (6.8% de déficit contre 9% en Grande-Bretagne, une dette publique inférieure), se retrouve à devoir emprunter deux fois cher que Londres. Comme l’avaient expliqué Martin Wolff et Paul Krugman, l’incapacité de Madrid à dévaluer présente un gros risque pour la croissance ibérique, ce qui justifie pour les marchés une énorme prime de risque. L’euro ne procure même plus des taux plus bas, au contraire, il provoque un renchérissement du crédit.

L’irresponsabilité des eurocrates

En outre, les investisseurs n’ont plus la moindre confiance dans la « gouvernance » de cette zone euro, totalement incapable de gérer la crise. Ils ne font que la prolonger, à grands coûts pour les citoyens qui doivent à la fois subir une austérité sauvage et voir la dette qu’ils devront assumer s’envoler. La zone euro est beaucoup trop grosse et diverse pour être gérée avec une seule monnaie. Une coordination de politiques nationales serait bien plus efficace.

Pire, alors que les eurocrates ne cessent de dénoncer le laxisme de certains Etats, comment qualifier leur comportement incroyablement léger à l’égard de l’argent public ? La BCE vient de demander une rallonge de 750 milliards d’euros pour le fond européen. Autant elle questionne avec vigueur chaque centime d’aide sociale, autant elle est toujours prête à ouvrir le porte-monnaie des peuples européens pour sauver le système financier et l’euro…

Les marchés sont dangereux

Keynes avait bien raison quand il évoquait les « esprits animaux » des marchés. Il y a une semaine, l’Italie empruntait à moins de 5% à 10 ans et l’Espagne autour de 5.5%. En moins d’une semaine, les taux italiens ont pris plus d’un point ! Bien sûr, le contexte est compliqué entre les difficultés du ministre des finances italien, le désaccord permanent de l’Europe sur le nouveau plan pour la Grèce ou la hausse des taux de la BCE (encore que la décision était attendue de longue date).

Voilà, mais les sautes d’humeur de la corbeille sont imprévisibles. Pire, si elle persistait et envoyait les taux longs au-delà de 7%, c’est bien l’ensemble du système financier qui pourrait s’effondrer. Pourquoi faire reposer l’économie mondiale sur des marchés aussi coutumiers d’exubérance irrationnelle  ? Cela amène aussi à se poser la question du financement des dettes publiques, dont il devient chaque jour plus évident qu’il ne peut pas être laissé aux seuls marchés.

Même si cette crise n’est pas la crise terminale de l’euro, elle est l’occasion d’exposer au grand jour les immenses carences de cette construction baroque et artificielle qu’est la monnaie unique. Puissions-nous nous en souvenir quand nous devrons tout reconstruire.


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22 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 13 juillet 2011 17:01

    Bonjour à dupont-aignan.


    • Alpo47 Alpo47 13 juillet 2011 17:36

      Il semble qu’il y ait bel et bien des solutions pour apurer le système financier,comme la séparation des banques d’affaire et des banques de dépot, le retour au pouvoir régalien de creation de monnaie, quelques renationalisations ... etc ...

      Mais « ILS » ne les mettront pas en place. Parce que nos décideurs se moquent bien de l’opinion, ils ne s’en rappellent que pour faire des promesses au moment des élections. Le reste du temps, ils travaillent à mettre en place un système financier qui s’empare de toutes les richesses, économiques, énergétiques, des matières premières.

      L’endettement et la faillite des pays est, pour l’oligarchie financière, un moyen de renforcer son pouvoir, et les politiques ne sont que leurs « hommes de paille ».

       Par conséquent, rien ne sera fait pour éviter le chaos.


      • dawei dawei 13 juillet 2011 17:52

        à part si on change de régime ... passer justement d’un régime bananier à un régime républicain et démocratisé , soit par l’intelligence collective, soit par la force, soit les deux, mais y un moment faut remettre des buches dans la cheminée ou tout va finir par s’éteindre !


      • mitou95 13 juillet 2011 20:25

        Je ne sais pas si le mois de juillet sera ou non propice à un incendie généralisé du système, mais il sera, à mon avis, difficile de contenir le brasier lorsqu’il prendra !

        A l’automne, peut-être. Je pense que toutes nos têtes pensantes, tant habituées aux manipulations en tous genres, essaient pour l’heure d’arriver au cap des élections de 2012.

        France et USA doivent réélire leurs pantins.

        Pour l’heure, force est de constater dans les journeaux TV ou papier à la botte des gourvernants, que tout va bien aller, ils vont y arriver, on va payer, encore et encore et que dire de plus que nous ne sommes déjà beaucoup à savoir et à sentir : et ça sent fort !!

        Au pays des bisounours : la France va bien, enfin, pas trop mal, du-moins mieux que les autres ! Ah ahah ! Avec des banques exposées à la dette itliennes à hauteur de 20% du PIB, 511 milliards !! Tout va bien !! La grèce à côté, c’était une promenade de santé !

        Les USA : au 31 août, 467 milliards de bons du Tréors à payer : et ils les trouvent où les milliards ?? L’oncle Tom aurait-il une case cachée pleine de billets verts ?

        New Jerzey en banque route, Minnesota, Floride ............

        Dans certains états US des lois sont votées pour libérer des détenus, avec des courtes peines, des milliers de fonctionnaires sont licenciés, une ville texane, Alto, à mis à pieds ses flics pour 6 mois, ne pouvant pas les payer et demandé à ses administrés de se boucler chez eux !

        Près d’une vingtaine d’états US ont décidés de ne plus garder comme seul standard de paiement leur sacro saint dollar, vu qu’il est en train de couler et intéger l’or et l’argent voire le cuivre !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

        Mais tout va bien madame la marquise !!!!

        Et il y en a encore qui se demande vers quoi on se dirige, disent que l’euro va ou ne va pas, pense à la fin de cet épisode houleux !

        Mais si ça n’était qu’en Europe où les choses allaient si mal, bon, on pourrait sûrement espérer, mais non, vive la mondialisation !!

        Mariés pour le meilleur ( leur meilleur, plein de fric ) et pour le pire : ça ça sera pour nous et eux !

        Mais en bas, on a plus l’habitude de cotoyer le plancher des vaches, les hautes sphères ne nous manqueront pas !!

        Il va y a voir une razzia sur nos comptes en banque, enfin pas le mien : je l’ai vidé l’an dernier et je vous assure que la tête de « mon banquier » valait le détour !

        Il ne faut y laisser que le minimum !

        Pour les septiques, essayer toujours, si vous avez un petit pécule, de le retirer ........

        Si vous voulez en savoir plus, avec des liens sur la presse étrangère dont aucun bisounours ne nous parlent, allez sur le site de Pierre Jovanovic, dont je mets le lien ci-dessous, je vous assure que vos idées seront mises en ordre de marche rapidement !!

        Bien du courage à tout le monde et que Dieu nous garde !

        http://www.jovanovic.com/blog.htm


        • Croa Croa 13 juillet 2011 23:51

          « je l’ai vidé l’an dernier »

          T’as trouvé quoi comme solution pour ton pognon ? (Sachant qu’un tas de billets entre sommier et matelas ce n’est guerre plus sûr que sur un compte !)


        • NeverMore 14 juillet 2011 09:59

          «  il serait surprenant que le système explose en plein mois de juillet »

          Bien au contraire, les mauvais coups se fomentent pendant les congés, même si c’est seulement en septembre-octobre qu’on en prend pleine conscience.

           


          • Robert GIL ROBERT GIL 14 juillet 2011 10:07

            Je ne saispas si quitter l’euro est realiste, par contre je crois qu’il faut se pencher sur la possibilité de creer une monnaie alternative nationale en parralele :

            http://2ccr.unblog.fr/2011/03/13/une-monnaie-alternative-le-franc/


            • mitou95 14 juillet 2011 11:18

              Entre sommier et matelas !! Mince alors, ça m’aurait embêté d’avoir été assez clairvoyante pour voir arriver le merdier actuel et d’avoir été assez bête et inconsciente pour garder quoi que ce soit chez moi et risquer de mettre ma famille en danger !

              Non !!!

              C’est toujours à la banque !!

              Mais dans un coffre, tant que ça peut y rester !

              Je préfère payer un peu ce truc là que de tout laisser sur un compte et me faire spolier !

              J’ai galéré pendant des années, de services sociaux en RDV « financiers » pour expliquer mes découverts et demander de l’aide, alors, pas question de prendre le moindre risque avec le peu que j’ai perçu après le dècès de mon père !

              Seule avec 3 enfants, je préfère ne toucher aucun intérêts sur des placements, mais essayer de perdre le moins possible et pouvoir nourrir ma famille !!

              Ce qui est pathétique, du moins dans ma situation, c’est que je fini ma 13ème année de parloirs : mon mari a pris 25 ans pour braquages !

              Braquages alimentaires qu’ils disaient mes interrogateurs et nos dirigeants, c’est alimentaire peut-être ?? !!

              Combien d’années de souffrance, de galères, ils auront ces enfoirés pour avoir détruits, anénantis des vies entières ????!!!!

              Bref, je connais le système ! Toujours est-il, pour répondre plus avant à votre question, que vous faîtes comme vous voulez, et/ou pouvez, mais il faut que vous trouviiez une solution pour essayer de vous préserver, vous, votre famille.

              Bon courage à tous.

               


              • Caleidoscophase Caleidoscophase 14 juillet 2011 11:59

                Bj

                Vu hier à la télé une annonce de la poste ,je suppose ,concernant « ORPOSTAL » engageant le quiddam à vendre son « viel or » en l’envoyant par courrier pour qu’il soit estimé et vous serez remboursé en euro !
                ainsi que l’interwiew d’un spécialiste concernant les assurances-vie , et qui engageait très vivement tout un chacun à réaliser ses placements bancaire-assurance au plus vite !!

                alors ,Bank-run or not ?

                Allez vite à vos matelas , vos bas de laine ne vaudront plus rien en euro d’ici qquels temps , à quand la brouette de billets pour une baguette !

                Gardez votre or quand vous en avez et dépensez vos euro ou placez les rapidement dans de la pierre,du terrain !
                Quand les spécialistes vous y engagent et à la télé en plus , alors là ça sent pas bon .

                ai entendu ou lu ceci bizarrement sur un site anglais dont j’ai perdu le lien :

                les assujettis de La Poste ne peuvent plus retirer que 1500e au lieu de 3000e ,par mois ,je suppose ,non ?

                crise de liquidité ?Les banques se méfieraient-elles les unes des autres de nouveau ?

                Est-ce vrai ?

                Alors ,y a t-il bank-run ou pas ?


                • mitou95 14 juillet 2011 14:00

                  Bonjour, si vous voulez d’autres infos sur ces sujets, allez sur le blog de pierre Jovanovic.

                  Toutes les infos, des témoignages et des liens presses.

                  Les restrictions de retraits banquaires et postaux sont journaliers et quatidiens.

                  Les montants maximals des retraits, y compris pour les porteurs des visa premier.

                   

                   


                • papi 14 juillet 2011 12:03

                  @ bonjour Monsieur Dupont -aignan

                  Je ne sais si vous lirez mon com, ou si vous y répondrez, mais je tiens à vous rendre hommage pour le courage dont vous avez fait preuve lors de votre visite de soutient au peuple Grèque,..
                  Cette visite et votre témoignage du soutient de notre peuple envers ce pays déchiré est un acte
                   de courage et de résistance ..Il est dommage que vous soyez le seul à avoir eut cette démarche..


                  • papi 14 juillet 2011 13:36

                    @ L P

                    Faire passer le méssage .merci


                  • victor latent 14 juillet 2011 14:19

                    A longueur d’article M. Laurent Pinsolle/M. Dupont -Aignan dit que l’eau mouille et que le feu brûle.

                    M. Laurent Pinsolle/M. Dupont -Aignan critique « énormément » l’euro ou l’UE., mais jamais il n’a écrit qu’il était contre, jamais il n’a écrit qu’il faille en sortir, jamais il n’a mentionné l’article 50 du TUE.


                  • platon613 14 juillet 2011 12:57

                    Cet article va encore plus loin... A lire absolument !

                    Derniers SOS avant l’effondrement de la zone Euro

                    Mondialement les avertissements de l’effondrement de la zone euro fusent. Le sujet est enfin ouvertement traité dans les médias de masse. Il devient de plus en plus clair que les plans de sauvetage ne sont qu’une illusion. Ils sont mathématiquement impossibles...

                    http://www.news-26.com/econmie/797-dernier-sos-avant-leffondrement-de-la-zone-euro.html


                    • sisyphe sisyphe 14 juillet 2011 14:47

                      Pour répondre aux imbéciles souverainistes à oeillères, partisans d’une sortie de l’€uro  ; les conséquences, justement, du souverainisme : 


                      La dernière crise de l’euro n’est pas financière, elle est d’abord politique. Elle ne témoigne pas de la cupidité des marchés ; elle reflète l’irresponsabilité des gouvernants de la zone. Elle est moins une affaire de technique financière que le symbole du malaise européen en général, moins une question de ressources que de coordination politique. Plus grave : elle était évitable.

                      Il ne dépendait que des dix-sept membres de l’union monétaire d’empêcher que la méfiance des marchés s’étende à l’Espagne et à l’Italie, transformant une difficulté périphérique en crise centrale. On le sait, la dette publique cumulée des trois pays les plus mal en point de la zone euro - la Grèce, l’Irlande et le Portugal - ne représente que 6 % à 7 % du produit intérieur brut de l’Union européenne. Rien qui ne devrait dépasser les capacités d’emprunt des seuls Dix-Sept. Mais ils s’y sont pris de telle manière qu’ils ont semé la panique sur les marchés et le doute sur la solidité de l’ensemble de la zone. Ce ne sont pas les marchés qui ont imposé leur loi ; ce sont les Etats qui n’ont pas été au rendez-vous !

                      Au départ, il ne s’agissait que de se mettre d’accord sur un deuxième plan d’aide financière à la Grèce. Le premier n’a pas suffi. Les comptes d’Athènes sont tellement plombés (une dette publique de l’ordre de 150 % du PIB) que la Grèce ne peut financer ses déficits en allant sur le marché. Pour que ses bons du Trésor trouvent acquéreurs, il lui faudrait pratiquer des taux prohibitifs, qui ne feraient que l’enfoncer plus avant dans la dette.

                      Les Dix-Sept ont convenu d’une nouvelle assistance de quelque 110 milliards d’euros. Mais prétextant une possible révolte de ses contribuables, l’Allemagne d’Angela Merkel, bientôt suivie par les Pays-Bas et la Finlande, entend que le secteur privé participe, cette fois, à l’opération. Pas question qu’il ne s’agisse que d’« argent public » venant du Fonds d’aide de l’Union, de la Banque centrale européenne (BCE) ou du Fonds monétaire international. Les acheteurs de bons du Trésor grecs - banques, compagnies d’assurances, fonds de pension, etc. - doivent contribuer au deuxième plan de sauvetage de la Grèce.

                      C’est ce qu’on appelle la question de la participation du « secteur privé ». Elle obéirait à la morale autant qu’à l’économie : ceux qui ont gagné de l’argent en achetant de la dette souveraine doivent aider à sauver les Etats émetteurs... Quitte, pour cefaire, à sacrifier certaines de leurs créances, qu’il s’agisse d’en allonger les délais de remboursement, d’en diminuer le montant ou, lorsqu’elles viennent à échéance, de s’engager à souscrire autant de nouveaux emprunts.

                      ...suite... 


                      • sisyphe sisyphe 14 juillet 2011 14:48


                        Volontaire ou forcé, cet engagement revient pour les agences de notation àdéclarer la Grèce en défaut de paiement, même temporaire, sur une partie de sa dette. De cela, la BCE ne veut pas. Ce serait pour la zone euro une funeste première, ce que le milieu appelle bizarrement un « événement de crédit », en fait un événement qui jetterait le discrédit sur l’ensemble de l’union monétaire européenne. Il entamerait la réputation de l’euro ; il conduirait, dans toute la zone, à un relèvement des taux d’intérêt. Bref, une catastrophe !

                        Pour l’éviter, voilà deux mois que les Dix-Sept sont engagés dans la quête d’un improbable graal : concocter un montage miracle qui ne donnerait pas à la fameuse « participation du secteur privé » l’inélégante allure d’un « événement de crédit ». Deux mois que, de réunion en réunion, ils se querellent sur la bonne formule, annoncent des bribes de solution au compte-gouttes, pinaillent et, pire, donnent l’impression de l’indécision la plus totale, comme si le temps ne leur était pas compté.

                        Ajoutez à cette attitude irresponsable quelques interrogations des Italiens sur leur propre redressement budgétaire et vous avez le feu à la zone euro : le doute sur la solidité de l’ensemble. Cette crise, les Dix-Sept l’ont ainsi fabriquée tout seuls. Ils ont affiché la désinvolture d’Etats qui ignoreraient que les marchés, créatures sensibles, ne détestent rien plus que le flou et l’indécision.

                        Il fut un temps où un chancelier allemand dans de telles circonstances - qu’il s’appelle Helmut Schmidt ou Helmut Kohl - avait assez d’envergure politique pourdire à ses élus : l’intérêt supérieur de l’Allemagne est de ne rien entreprendre qui puisse fragiliser l’euro. Il fut un temps où le même chancelier pouvait, à l’appui de sa démonstration auprès des contribuables allemands, évoquer aussi l’intérêt supérieur de l’Europe...

                        A l’évidence, ce temps n’est plus. L’Allemagne est comme les autres membres de l’Union : repliée sur elle-même, d’abord attachée à la défense de ses intérêts nationaux - bref, ayant de l’Europe une vision strictement comptable, « à la Thatcher ». Premier ministre britannique de 1979 à 1990, Margaret Thatcher tenait à ce que Londres ne contribue pas -d’un penny de plus à l’Europe que ce qu’elle en recevait.

                        Philip Stephens, le plus européen des commentateurs du Financial Times, décrit une Europe redevenue « westphalienne ». Comme le voulait le traité de paix de Westphalie signé en 1648, elle s’organise à nouveau autour de la notion sacralisée de souveraineté nationale. C’en est fini - dit Stephens pour le regretter - de cette« expérimentation postmoderne que fut (...) une construction européenne fondée sur l’idée de souveraineté partagée ».

                        Pour son malheur, l’euro souffre ainsi du même mal congénital que celui affectant les velléités de politique extérieure et de sécurité communes : alors que son existence suppose un minimum d’esprit de solidarité, le sens d’un intérêt partagé, il a été lancé au moment où, les campagnes souverainistes aidant, les Etats membres regagnaient toutes leurs prérogatives aux dépens des institutions communautaires. La crise de l’euro est une crise de l’Europe, de l’envie d’Europe - l’histoire d’une libido qui flanche.

                        Voila. 

                        On imagine ce qui adviendrait d’une "sortie de l’€uro, et d’un retour au franc ; mêmes conséquences multipliées par 27 : une plongée abyssale...


                        • victor latent 14 juillet 2011 16:03

                          Cet article du Monde ne répond en rien aux eurosceptiques « imbéciles » :

                          - L’article 123 du TUE oblige les Etats, collectivités locales à emprunter auprès des banques privées pour leurs besoins. Par conséquent les Etats se retrouvent  a emprunter que pour payer les intérêts des emprunts précédents. Cela oblige aussi les Etats à vendre les « joyaux » (autoroutes, téléphone, eau, gaz....) pour rembourser ces dettes. Ils vendent à bas prix les « bijoux nationaux » qui sont une source d’argent et surtout, qui ont déjà été payés par les contribuables.

                          - quand les Etats n’auront plus rien à vendre, il restera l’augmentation des taxes, des impôts, la diminution ou suppression des aides sociales, retraites, soins de santé... Il restera a créer en plus une taxe/impôt Européen, et ensuite ?

                           Vous utilisez l’article du Monde pour faire peur :

                          - vous prévoyez le pire si l’on sort de la zone euro, mais l’euro nous mène (déjà !) obligatoirement sur la voie du pire avec l’article 123 de l’UE.

                          Pour mémoire :

                          « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie » (Michel Rocard, Ouest-France, 27.8.92)

                          « Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, RTL, 30.7.92)


                        • sisyphe sisyphe 14 juillet 2011 16:42

                          Vous faites une confusion entre des choses distinctes. 


                          Je suis bien d’accord pour la nocivité de l’article 123 du TUE, et l’obligation d’emprunter aux banques privées de la part des Etats, avec toutes les conséquences néfastes que l’on connait. . 

                          Mais ça n’a rien à voie avec l’€uro qui, comme le montre l’article du Monde, continuerait d’être un rempart contre la lutte menée par le dollar et le Yuan. SI les Etats européens, au lieu de se replier sur un souverainisme à la Thatcher, la jouaient collectif. 

                          Au contraire, justement, ces réactions de repli souverainistes des états montre l’utilité et la nécessité d’une politique commune de défense de l’€uro, sans laquelle, celui-ci laisse chaque état en proie aux spéculations et aux attaques des « marchés ». 

                          Entièrement d’ccord pour la suppression de l’article 123, de même que toutes les lois obligeant les états à emprunter aux banques privées ; entièrement d’accord pour redonner aux états la possibilité de création monétaire, d’emprunt aux banques centrales sans intérêt, jointe à l’interdiction aux banques privées de création monétaire, 

                          MAIS si l’€uro lâche, chaque pays de la zone Euro se retrouvera isolé, et livré pieds et poings liés aux marchés financiers. 

                          La sortie de l’€uro , au lieu d’un front commun européen à sa défense, s’avérerait bien pire que le mal. 

                        • victor latent 15 juillet 2011 04:04

                          Vous portez beaucoup d’importance à l’euro comme rempart aux marchés et autres devises.

                          Cependant les monnaies « euro » et « dollar » ne sont pas les seules au monde.

                          Le monde ne se réduit pas à ces deux monnaies, tout comme le monde ne se réduit pas à la culture « occidentale ». Enormément de pays ont des devises différentes et vivent avec.

                          Généralement la monnaie s’accompagne avec la culture d’un lieu géographique et surtout d’une histoire d’un peuple parlant la même langue. Ce n’est pas le cas avec l’euro. Parlant la langue française, je n’ai rien en commun avec le Lettonien célébrant le nazisme qui l’a libéré du communisme.

                           

                          Pour en revenir à l’article 123 du TUE, il est sérieusement envisageable que l’UE a été construite que pour cela. Cet article de la constitution européenne que M. Sarkozy a ratifié alors que les Français l’ont rejetée en 2005 par référendum, ne fait que reprendre l’article 25 de la loi des Ms. Pompidou/Giscard de 1973.

                           Trouvez vous normal qu’une monnaie soit commandée par des banques privées, même en tant que « citoyen Européen » ?

                          Si l’euro disparaît, les pays européens retrouvent leur monnaie d’origine, comme énormément de pays au monde. Ou est le problème ?

                          Avez entendu parler que les marchés s’attaquent aux autres monnaies que l’euro ?

                           


                        • Roosevelt_vs_Keynes 17 juillet 2011 13:15

                          De Michel Rocard à Barack Obama, des indignés espagnols à Martine Aubry, du Financial Times à Vladimir Poutine en passant par des centaines de maires français, tout le monde, absolument tout le monde est parfaitement au courant de la guerre qui a lieu actuellement autour de la réinstauration du standard Glass-Steagall aux Etats-Unis, qui aura pour effet de mettre l’ensemble du système spéculatif international en banqueroute organisée et d’instaurer un système international de crédit.

                          La « grande presse », les hommes politiques autorisés ou les médias quels qu’ils soient n’en parlent pas - ou pire, ils édulcorent la réalité, tel un Montebourg dans L’Express qui ose prétendre que Barack Obama a réinstauré le Glass-Steagall avec la Dodd-Franck en 2010, au moment même - été 2011 - où la bataille fait rage autour de la HR 1489 au Congrès US ! : c’est littéralement parlant de bonne guerre. Car pour l’instant eux-seuls l’ont compris, que nous sommes en guerre : effectivement, ce sont nos ennemis.

                          On peut prendre ainsi la mesure du poids de 66 ans d’idéologie keynésiano-boboïsée.

                          Mais rien n’augure de l’avenir : en 1940 aussi la qualité de la résistance était inversement proportionnelle à la quantité de Justes. Mais dans un moment d’effondrement total de civilisation, les singularités sont la norme.

                          Il n’est qu’à voir les sorties de système d’Eric Verhaeghe (ex-APEC) ou d’Eric de Keuleneer (ancien membre du Conseil de surveillance de la Commission bancaire, financière et des assurances de Belgique) à l’occasion de la conférence internationale du mouvement de Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade, à Rüsselsheim les 2 et 3 juillet 2011.

                          Y étaient présents des maires, syndicalistes, scientifiques, artistes, ingénieurs de Russie, Ukraine, France, Allemagne, Etats-Unis, Italie, Afrique... tous mus par la volonté d’instaurer un système international de crédit, en lieu et place d’un monétarisme impérialiste.


                        • manusan 14 juillet 2011 14:55

                          L’expérience prouve qu’une fois la barre des 7% de rendements franchie par les obligations souveraines à 10 ans, un pays finit par en appeler à l’aide de la zone euro. C’est ce qui s’est passé pour la Grèce, l’Irlande ou le Portugal.

                          L’Espagne et l’Italie sont les prochains concernés. Avec respectivement 6% et 5,7% de rendement — qui n’en finissent pas de grimper — les jeux sont faits.


                          • Caleidoscophase Caleidoscophase 15 juillet 2011 08:23

                            +1 à victor talent !

                            Cet article du monde ne démontre strictement rien et donne encore plus de poid au souverainisme en passant en revue tout ce qui n’a pas fonctionner au sein de l’Europe depuis Maastricht à aujourd’hui !

                            La disparité évidente depuis le commencement du processus élargi de l’ensemble de ses états font de l’Europe une entité incapable de décider ,fonctionner , et s’inscrire dans le présent tout en donnant des perspectives d’avenir aux peuples qui la forment !

                            Et la seule existence de voix (toujour plus nombreuses) s’élevant dans le sens d’un retour à des valeurs nationales souverainistes démontrent l’obsolecence de la construction européenne !

                            Sysiphe , vous restez attachés à des valeurs qui s’effritent un peu plus chaque jour , et l’Europe ne garantit pas l’avenir des peuples mais les affaiblit un peu plus chaque jours tout en les acculant à des situations inextricables de chomages ,d’endettement et de remise en cause de leurs acquis sociaux ainsi que des abberations mécaniques sur le terrain , la territorialité et le monde rural en particulier ! 

                            Défendre l’Europe actuellement ( sous couvert de l’éventuelle garantie de la paix entre l’Allemagne et la France par exemple voire d’autres peuples ...) est de l’ordre du sophisme
                            méme si un temps cette affirmation a pu faire illusion , car à l’heure ou les bases de la construction européenne sont ébranlées par l’agencement des intérèts financiers et des dettes souveraines , rien ne garantit plus rien dans cette construction .

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