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Accueil du site > Actualités > Economie > Razzias sur terres cultivables

Razzias sur terres cultivables

On savait que des particuliers fortunés pouvaient acheter une île en Ecosse, que Volkswagen s’est offert des milliers d’hectares au Brésil, que l’Argentine propose de vastes espaces en Patagonie (Benetton y a acquis 900000 hectares, Soros et Stallone vont faire de même, aux dépens du peuple Mapuches).
Mais ce que l’on ne savait pas encore, c’est qu’il est devenu possible de faire main basse sur un petit morceau de continent, à plus grande échelle encore. Va-t-on vers un dépeçage de certains pays pauvres ?

C’est en cours. De grandes firmes privées, souvent appuyées par leurs pays d’origine, sont en train de réaliser de telles opérations, en Afrique notamment, en profitant du sous-développement et de la faiblesse de certains Etats

"Dans le contexte des ventes de terres arables, il s’agit d’une opération sans précédent, assure Carl Atkin. Nous sommes habitués à des transactions portant sur 100 000 hectares. Cette fois, c’est dix fois plus."

On pensait ces pratiques d’une autre époque, on imaginait que cela ne pourrait plus se produire, cela se passe pourtant aujourd’hui, si discrétement...

La presse n’en parle pratiquement pas. Silence médiatique en France. Paul Redfern du Daily Nation fait état d’une déclaration de Jacques Diouf, directeur la FAO, reprise par Le Guardian, relayée pas Courrier International.

Des pays occidentaux, par l’intermédiaire de grands goupes, achètent des millions d’hectares de terre, en Afrique notamment, en vue de placer leurs liquidités, d’anticiper sur leur manque de produits agricoles à long terme. "Les gouvernements et les entreprises de certains pays qui disposent de liquidités mais manquent de terres agricoles ont pris le parti de ne pas attendre la réaction des marchés mondiaux. Ils essaient de garantir leur propre accès à la nourriture, à long terme, en achetant des terres dans les pays pauvres."

Il s’agit d’assurer leur autosuffisance alimentaire future ou développer les agrocarburants. On sait pourtant que cette voie est une impasse (Ce sont des millions d’hectares de terre agricole qui seraient concernés dans un certain nombre de pays).

"M. Diouf fait valoir que la multiplication de ces transactions pourrait entraîner une forme de néocolonialisme, des Etats pauvres produisant de la nourriture pour les pays riches aux dépens de leur propre population affamée.

Le quotidien britannique The Guardian affirme que la flambée des prix alimentaires à l’échelle mondiale a d’ores et déjà déclenché une deuxième "ruée vers l’Afrique". Mi-novembre, Daewoo Logistics a annoncé un projet d’achat d’une concession de 1 million d’hectares à Madagascar pour une durée de 99 ans (la moitié des terres arables cultivées !) La société sud-coréenne veut y cultiver 5 millions de tonnes de maïs par d’an d’ici à 2023 et produire de l’huile de palme à partir d’une autre concession de 120 000 hectares, en faisant appel à une main-d’œuvre principalement sud-africaine. La production serait destinée avant tout à la Corée du Sud."

"Sur un certain plan, ce ne sont que des projets commerciaux, mais ils sont souvent soutenus par tel ou tel Etat, car ils obéissent à des impératifs de sécurité alimentaire", confirme Carl Atkin, consultant chez Bidwells Agribusiness, une société de Cambridge qui a contribué à négocier certains des contrats d’achat de terrains internationaux.

Les autorités malgaches ont déclaré qu’elles ne donneraient leur feu vert à l’accord avec Daewoo qu’après la réalisation d’une étude d’impact environnemental, mais elles se félicitent de cet investissement. Jusqu’à présent, cette gigantesque concession est la plus importante d’une série d’accords fonciers conclus depuis la hausse des prix alimentaires, qui a débuté à la fin de 2007."

Le plus scandaleux est que cette opération n’a pratiquement rien coûté à Daewoo
Le plus étonnant, c’est que pour certains pays pauvres, le couteau sous la gorge, manquant de moyens et sans doute séduits par les promesses faites et des contrats peu clairs "ces rachats sont généralement bien accueillis"par les autorités, comme à Madagascar. "Ainsi, dans un contexte de récession, le ministre malgache de la Réforme foncière a assuré que le produit de ces ventes irait aux infrastructures et au développement dans les zones exposées aux inondations."

Le Soudan cherche également à attirer des investisseurs pour ses quelque 900 000 hectares de terres, et le Premier ministre d’Ethiopie, Meles Zenawi, a courtisé les investisseurs saoudiens. D’immenses terrains en Tanzanie ont également éveillé l’intérêt de sociétés occidentales qui s’intéressent à la production de biocarburants. »
Une tendance lourde qui s’observe ailleurs...

"S’il s’agissait d’une négociation entre partenaires égaux, cela pourrait être une bonne chose, commente Duncan Green, directeur de recherche chez Oxfam . Mais le problème, c’est que, dans cette ruée vers les terres, aucune place n’est accordée aux petits exploitants."

Alex Evans, du Centre de coopération internationale à l’université de New-York, estime pour sa part que "les petits agriculteurs sont déjà perdants : les gens qui n’ont pas de titres de propriété en bonne et due forme vont sans doute être chassés". Les détails des accords fonciers sont généralement tenus secrets, si bien qu’on ne sait pas s’ils prévoient des garanties pour les populations locales."

"Il n’y a guère d’économies d’échelle dans l’agriculture au-dessus du niveau de l’exploitation familiale, explique Steve Wiggins, expert britannique en développement rural à l’Overseas Development Institute, car la gestion de la main-d’œuvre est extrêmement difficile."
" Les investisseurs pourraient aussi devoir faire face à une vague d’hostilité. "Si j’étais conseiller en risques politiques auprès des investisseurs, poursuit-il, je leur dirais qu’ils ont intérêt à se méfier. Car la terre est une question très sensible. Cela peut très mal tourner si l’on ne tire pas les leçons de l’Histoire."

-Mains basses sur les terres agricoles à l’échelle mondiale :

« La synergie actuelle entre la crise alimentaire et la crise financière a déclenché un nouvel « accaparement des terres » au niveau mondial. D’un côté, des gouvernements préoccupés par l’insécurité alimentaire qui recourent à des importations pour nourrir leurs populations s’emparent de vastes territoires agricoles à l’étranger pour assurer leur propre production alimentaire offshore. De l’autre, des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés, affamés de profits dans un contexte d’aggravation de la crise financière, voient dans les investissements dans des terres agricoles à l’étranger une source de revenus importante et nouvelle. De ce fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l’échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde. ... »

Documents joints à cet article

Razzias sur terres cultivables Razzias sur terres cultivables

Moyenne des avis sur cet article :  4.31/5   (87 votes)




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65 réactions à cet article    


  • JL JL 27 novembre 2008 15:33

    Merci pour ce travail nécessaire face à la désinformation des médias du PPA. Ceci est un preuve de plus qu’on est bien entré dans une course à la privatisation du monde. Comme au temps du roi de Belges Léopold.

    "Mahatma Gandhi, que pensez vous de la civilisation occidentale ?" > --- "je pense que ce serait une bonne idée." (lu dans rezo.net)


  • sisyphe sisyphe 27 novembre 2008 15:37

    Merci, Zen, pour attirer l’attention sur cet aspect, parmi d’autres, de la privatisation du vivant.
    Il atteint, ici, des dimensions insoupçonnées, passées sous silence par l’ensemble des médias, et pour cause ; les "bonnes affaires" se règlent toujours dans la discrétion, et, surtout, dans l’ignorance des populations concernées...

    Vive le libre-échange, et la liberté inaliénable de pillage du monde, et de l’Afrique  : après avoir, pendant des siècles, pillé ses hommes, par l’esclavage, puis ses ressources, il était temps d’achever le travail par la privatisation des terres : comme on dit chez les adeptes de la secte d’Hayek ; le privé, c’est la liberté !


  • eugène wermelinger eugène wermelinger 27 novembre 2008 15:49

    Qui tiendra l’alimentation, donc les terres arables, tiendra le monde. Cela devient le leitmotiv universel du capital et plus seulement de ceux-là ici :
    http://www.dailymotion.com/video/x66qcw_le-codex-alimentarius_news

    J’ai l’impression que la révolution mondiale des acculés est proche. 


  • sisyphe sisyphe 27 novembre 2008 17:30

    par George Cake (IP:xxx.x6.107.197) le 27 novembre 2008 à 17H24

      pour que certains achètent des terres, il faut bien que d’autres les leur vendent.

    C’est ben vrai, ça !
    C’est comme pour les organes : si certains peuvent en acheter, faut bien qu’il y en ait qui les vendent !

    Ben oui. 
    Quand on vit avec moins d’un dollar par jour, un rein vendu 1.400€ ; c’est une façon de ne pas crever
    .

    C’est pas beau, la privatisation du vivant ? 
     smiley


  • appoline appoline 28 novembre 2008 13:26

    Bien sûr qu’il y a les vendeurs et les acheteurs mais ce n’est pas aussi simple que cela ; quand vous crevez réellement de faim, je pense que le choix est vite fait ; on n’est plus en état d’avoir des états d’âme. Nous raisonnons avec nos ventres pleins, même si nous essayons de comprendre, nous ne pouvons qu’entre apercevoir le ressenti quand on est dans la misère.

    Merci Zen pour cet article, je ne pensais pas que l’ignominie allait aussi loin. D’ici quelques temps, il y aura forcément un déséquilibre que personne ne pourra maîtriser. La faim peut quelquefois soulever des montagnes, ce qui est sûr, c’est qu’’’elle soulevera les peuples. Quand le procéssus sera lancer, rien ne pourra l’arrêter, ce sera le chaos. L’occidental pense en nanti, il ne maîtrise pas tous les paramètres notamment l’élan que peut engendrer la misère. J’espère que les hommes auront ce soubresaut, il y aura du sang et des larmes mais le devenir de l’humanité est à ce prix.


  • La mouche du coche La mouche du coche 30 novembre 2008 22:13

    Article sans surprise. Zen se répètera jusqu’à la fin. smiley


  • ZEN ZEN 1er décembre 2008 03:36

    Eh oui, la Mouche, faudra t’y faire... !
    Dors en paix...


  • ASINUS 27 novembre 2008 10:49

    yep il se prepare de belles jacqueries avec prise d assaut des residences et hotels 5 etoiles


    les peuples meritent ce qu ils veulent endurer de leurs dirigeants


    • alberto alberto 27 novembre 2008 10:52

      Voilà un excellent article sur sujet super important : pays à vendre ! L’Afrique en voie de privatisation !
      Mais jusqu’où vont-ils aller ces charognards ?
      Attention, ce ne sont pas les vrais gens qui acceptent que l’on achète (ou loue) les terres agricoles de leur pays, mais leurs dirigeants, qu’ils ont élus, en plus, et qui maintenant les trahissent en touchant de gros pots de vin !
      Car n’allez pas penser que tout ça se fait sans la complicité des chefs d’états et leur clique !
      Et les paysans, où vont-ils aller, à part devenir les salariés pauvres de multinationales qui iront faire transformer par d’autres salariés tout aussi exploités les porductions agricoles dans un autre pays pour enfin les revendre au prix fort dans les pays où il reste encore des riches.
      Bravo, Zen d’avoir mis ce scandale sous la lumière de l’actualité d’ AV.
      Bien à toi avant que la rage ne m’étouffe !


      • La Taverne des Poètes 27 novembre 2008 11:21

        C’est la politique cynique des Occidentaux et de leur plan de sous-développement durable.


        • alberto alberto 27 novembre 2008 11:26

          Non, Taverne, la course au pognon est un sport universel et pas seulement occidental et Daewoo en est la preuve : "charognards de tous pays, unissez-vous" telle est leur devise"...
          Bien à toi.


        • LE CHAT LE CHAT 27 novembre 2008 11:38

          Le monde est de plus en plus effrayant ! mais quelle est cette planète dont vont hériter les générations à venir ? Pour des firmes comme Monsanto , ton article est une bonne nouvelle ! on va pouvoir cultiver des OGM et déverser des tonnes de produits chimiques en ayant plus qu’une poignée de décideurs à acheter ! smiley

          le XXI ème siècle nous réserve des émeutes de la faim comme on n’avait pas connu depuis longtemps , comme par exemple l’empire britannique dépouillait l’Inde et la Belgique de Leopold II le Congo


          • Rune Rune 27 novembre 2008 11:47

            Très bon article. Toutefois, il ne nous faut pas oublier que ce type de procédures est aussi appliqué à notre territoire. Certes, ce n’est pas sous cette forme, mais le résultat est le même. Ainsi, en Guyane francaise, une grande firme a pris possession d’une zone forestière, où vivaient quelques indigènes, pour pas très cher (je n’ai plus les détails malheureusement). En france métropolitaine, des entreprises d’assurances jouent la spéculation sur des lots de forêts. A quand des lots de terre agricoles ???


            • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 27 novembre 2008 11:57

              Très intéressant et certainement réel sachant que dans beaucoup de pays d’Afrique il est très difficile d’être propriétaire d’un terrain avec des titres de propriété en bonne et due forme. En creusant la chose on s’aperçoit avec stupéfaction que tout le territoire national appartient à l’état donc au gouvernement du pays, qui en dispose à sa guise au détriment des habitants qui s’en croient les propriétaires...Ils s’aperçoivent de leur erreur quand on découvre des richesses dans les sols et sous sols, coltan et autres, là ils se font expulser manu militari sans indemnité...


              • stephanemot stephanemot 27 novembre 2008 12:22

                Hello Zen

                Le coup de Madagascar a pas mal choque en Coree... au sens : je suis choque que l’on soit choque !!!

                C’est le cas le plus extreme, mais sur le fond rien de nouveau sous le soleil depuis Ricardo...


                • fonzibrain fonzibrain 27 novembre 2008 13:39

                   hello zen

                  je suis tombé il y a peu sur cela


                  http://www.dailymotion.com/video/x6hmtt_le-codex-alimentarius-attention-dan_news


                  ,je me demande encore si cela est vraiment possble

                  la fao dit que cela menera à la mort de 3 000 000 000 de personnes


                  plus le temps passe ,plus j’ai l’impression que tel les juifs en 42,nous allons à la mort sans broncher



                  • geko 27 novembre 2008 17:40

                    Merci Monsento & Co


                  • Hakim I. 27 novembre 2008 14:15

                    Il ne faut pas ommettre les pressions faites par le FMI et la Banque Mondiale, qui forcent les pays non seulement à privilégier les exportations, mais aussi à privilégier ce que vous décrivez dans votre excellent article.
                    Sans oublier que cette merveilleuse institution dirigée par le grand socialiste Strauss-Kahn (cartel de racailles néo-libérales), empêche les états d’utiliser les recettes des ressources naturelles pour créer des services publics (éducation, santé, etc.) ou financer des projets favorisant l’autonomie énergétique.


                    • foufouille foufouille 27 novembre 2008 15:46

                      enfait c’est bien pire. il suffit de surfer sur les sites des gouvernement des pays sous developpes et de cliquer sur investir, pour lire d’allechantes propositions d’exenorerations de taxes, des fois a vie
                      tout est a vendre par la


                      • eugène wermelinger eugène wermelinger 27 novembre 2008 16:00

                        approvisionnements : la course aux terres agricoles a commencé
                        Chris Mayer

                        Quand l’Iran achète du blé aux Etats-Unis...
                        Au cours de l’été, l’Iran a acheté une grande quantité — plus d’un million de tonnes –- de blé en provenance des Etats-Unis.

                        C’est quelque chose qui ne s’était pas vu depuis 27 ans. Dans le cas de l’Iran, une sévère sécheresse a amputé un tiers des récoltes de blé, obligeant le pays à se tourner vers l’étranger. Mais tout de même, le fait que l’Iran ait dû s’adresser aux Etats-Unis est révélateur. C’est un peu comme si Lee avait demandé à Grant de partager quelques rations au cours de l’été 1863.

                        Probablement l’Iran n’avait-il pas le choix
                        Comme le dit un analyste : "Vous pensez vraiment que les Iraniens se tourneraient vers les Etats-Unis s’ils avaient la possibilité de s’adresser à qui que ce soit d’autre... Ils ratissent le monde entier à la recherche de blé. Ils achètent le blé américain parce que c’est le seul qu’ils puissent acheter."

                        Les marchés, comme pour de grands drames improvisés, élaborent leurs propres intrigues en temps réel. Aujourd’hui, une nouvelle histoire se trame au sein du boom de l’agriculture. Elle débute avec des importateurs qui ont de moins en moins d’alternatives quand ils partent à la recherche de grandes quantités de céréales de qualité. Mais en toile de fond, on découvre un problème bien plus profond : une émergente pénurie en sols fertiles.

                        Une nouvelle tendance émerge : la pénurie en sols fertiles
                        En fait, d’ici quelques années, les terres arables pourraient devenir plus importantes pour la valeur des terrains que le pétrole ou les minéraux souterrains. Certains prétendent qu’elles sont déjà des atouts stratégiques au même titre que le pétrole.


                        CECI EN PROVENANCE D’UN SITE DE CONSEILS EN INVESTISSEMENTS !


                        • Daniel Roux Daniel R 27 novembre 2008 16:02

                          "Cela peut très mal tourner..."

                          Les révoltes populaires ont souvent la faim comme origine. Les gouvernements tombent, parfois les têtes avec, mais les terres restent.

                          La brevétisation du vivant est également inquiétante. Protégée par les traités signés dans des enceintes non démocratiques comme l’OMC, elle permet à des firmes privées de s’approprier les molécules et produits dérivés de plantes et de gènes, produits naturels, qui n’appartiennent à personne en particulier. Non seulement ces firmes confisquent le vivant mais elles en font commerce et interdisent au reste du monde de les produire s’il ne verse pas de royalties. smiley


                          • Proto Proto 27 novembre 2008 18:07

                            Un peu de bon sens suffit à quiconque pour comprendre que solder ces terres aux multinationales hypothèquera un peu plus l’avenir des peuples, leurs dirigeants croient-ils vraiment faire là des investissements rentables ? L’histoire nous montre que même les oppresseurs se font escroquer.

                            Tout ceci n’est que le processus final de la destruction du pouvoir des états nations au profit des multinationales et des investisseurs financiers, le peuple n’a même plus de possibilité de s’indigner de voir tant de gens mourir de la faim aujourd’hui.


                            • hurlevent 27 novembre 2008 18:30

                               L’auteur fait un raccourci entre l’achat de terres en Afrique et le manque de nourriture pour les Africains qui s’ensuivrait.

                              Or, si on s’en tient aux faits, c’est le contraire qui se produit : les flux de nourriture vont de l’Europe vers l’Afrique, pas l’inverse. Sans les Européens, les Africains mourraient de faim.

                              Le problème de l’Afrique est que bien qu’ils possèdent des terres, ils ne produisent pas assez de nourriture, par manque d’investissement, manque d’application de méthodes modernes de cultures, manque d’organisation des transports, etc...

                              Les multinationales, elles, veulent rentabiliser leur investissement. Elles vont donc investir pour que ces terres, qui ne produisaient presque rien, se mettent à produire.

                              Après, elles auront le choix entre expédier la nourriture vers les pays riches ( qui en produisent déjà trop ), ou vers l’Afrique ( qui est en déficit de nourriture ) . 

                              L’article joue sur les sentiments "méchant blanc" et "gentil africain". Il ne s’est pas posé la question de la finalité de l’achat des terres. C’est très bas.


                              • ZEN ZEN 27 novembre 2008 19:46

                                @ Hurlevent

                                L’auteur ne fait habituellement pas dans le manichéisme
                                Il a lu cet article , a découvert un problème dont il ne connaissait pas l’ampleur et s’est effacé devant ses sources..
                                Il suffit de lire les liens..Je n’en dis pas plus. Pas trés original...

                                "Ces terres qui ne produisaient presque rien" ?
                                Une image d’Epinal assez consternante ! smiley

                                "Les flux de nourriture vont de l’Europe vers l’Afrique"
                                C’est vrai en partie , et c’est là le drame...
                                Les poulets bretons qui arrivent à bas pris à Dakar contribuent à venir ruiner les petits agricultures-éléveurs qui vont amplifier la misère de certains quartiers de la ville, les riz thaïlandais qui débarque vient concurrencer celui de Casamance, qui ne peut être produit à des coûts si bas. 
                                L’agriculture vivrière, qui assurait naguère une autosubsistance satisfaisante, est désorganisée, quand elle n’est pas compromise
                                Voilà pour cet exemple les effets de la politique de l’OMC et du FMI

                                "Je m’en tiens aux faits" , comme le rapport de la FAO , habituellement assez timide , pourtant..

                                Bonne lecture ! smiley


                                • hurlevent 27 novembre 2008 20:37

                                  @L’auteur

                                  Merci de votre réponse.

                                  "Une image d’Epinal assez consternante ! "

                                  Peut-être devriez vous vous renseigner sur les rendements agricoles en Afrique. Vous dites que c’est une image d’Epinal certe, mais c’est la réalité.

                                  ""Les flux de nourriture vont de l’Europe vers l’Afrique
                                  C’est vrai en partie , et c’est là le drame... 
                                  Les poulets bretons qui arrivent à bas pris à Dakar contribuent à venir ruiner les petits agricultures-éléveurs qui vont amplifier la misère de certains quartiers de la ville, les riz thaïlandais qui débarque vient concurrencer celui de Casamance, qui ne peut être produit à des coûts si bas. "

                                  Vous évacuez la question qui est de savoir pourquoi les Africains, avec leur cout de main d’oeuvre si bas, n’arrivent pas à produire moins cher que les Asiatiques ou les Européens, qui eux doivent payer en plus le cout du transport. Ce problème, car c’en est un, est de la responsabilité des Africains. Ils n’appartient qu’à eux de produire pour moins cher. Ils ont tout ce qu’il faut pour le faire.

                                  "L’agriculture vivrière, qui assurait naguère une autosubsistance satisfaisante, est désorganisée, quand elle n’est pas compromise 
                                  Voilà pour cet exemple les effets de la politique de l’OMC et du FMI "

                                  Cette phrase est lapidaire. L’agriculture africaine est incapable de répondre à l’augmentation de la démographie de l’Afrique. En aucun cas cette agriculture n’aurait été capable de nourrir les 850 millions d’Africains. C’est grace à l’Europe et à l’Asie que les Africains ne meurent pas de faim.

                                  Je constate que malgré toutes les surfaces agricoles dont disposent les Africains, ceux ci sont incapable de produire de la nourriture pour leur continent. C’est à l’évidence un problème d’organisation et d’investissement. Or, les multinationales agro-alimentaires possèdent le savoir faire, l’organisation et la volonté de produire de la nourriture sur les terres qu’elles achètent.


                                • ZEN ZEN 27 novembre 2008 20:57

                                  "les multinationales agro-alimentaires possèdent le savoir faire, l’organisation et la volonté de produire de la nourriture sur les terres qu’elles achètent."

                                  Tout à fait , Mr Monsanto... smiley
                                  C’est vrai qu’ils sont organisés...

                                  En l’occurence , il ne s’agit pas de cela, mais de grands groupes industriels comme Daewoo .
                                   Pourquoi la culture de l’huile de palme , à votre avis ? Pour nourrir les petits Malgaches ? 
                                  Voir les liens donnés à Bruxman , par ex ;

                                  Si vous pouviez prendre le temps de lire l’article et surtout les liens , cela ne serait pas mal
                                  ça vous éviterait de répondre à côté ou de sortir des clichés


                                • hurlevent 27 novembre 2008 22:03

                                   "Si vous pouviez prendre le temps de lire l’article et surtout les liens , cela ne serait pas mal 
                                  ça vous éviterait de répondre à côté ou de sortir des clichés "

                                  J’ai bien lu votre article je vous rassure. Mais vous occultez une partie de la réalité. Et quand on vous en fait la remarque, vous m’appelez "Mr Monsanto".

                                  A aucun endroit vous ne parlez du rendement agricole des Africains. Or, c’est primordial pour comprendre les conséquences de l’investissement d’entreprises Européennes ou Asiatiques en Afrique.

                                  Que les terres servent à produire pour l’exportation ou pour le marché local, dans les deux cas une terre qui ne produisait presque rien est mise en valeur et produit. Si c’est pour l’exportation, cela rapporte de l’argent au pays Africain, si c’est pour le marché local, ça permet d’augmenter la sécurité alimentaire du pays en question. 

                                  Je suis désolé, mais je pense que c’est vous qui sortez des clichés ( le gentil africain et le méchant blanc). Je vous invite à vous renseigner sur les faits.


                                • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 28 novembre 2008 11:14

                                  Je n’ai pas vu beaucoup de poulets bretons à Dakar par contre le Sénégal est envahit par des cuisses de poulets Thaï congelées. En Casamance il y a du riz asiatique,Thaï, Vietnamiens depuis toujours car les rizières ne produisent pas assez pour nourrir tout le monde surtout les années sèches. Par contre le vrai grand scandale en Casamance ce sont les ognons jaunes hollandais (dégueulaces) importés qui tirent les prix vers le bas, alors qu’il y a de très bons ognons violets cultivés localement par les femmes. Depuis je boycotte tout les produits hollandais...


                                • Marc Bruxman 27 novembre 2008 20:15

                                  Article intéréssant, mais au dela certaines questions peuvent se poser :

                                  • Quelle est la productivité actuelle de ces terres agricoles à l’hectare (avant la vente). 
                                  • Les investisseurs ont ils prévus et/ou promis d’investir sur ces terres pour améliorer le rendement. De quelle nature sont les engagements. Quelle sera la productivité à terme. De quel facteur est elle supérieure à la productivité actuelle. Va t’il y avoir un investissement en engrais ou machinerie. 
                                  • Quel est le prix payé à l’hectare à la fois en brut et en parité de pouvoir d’achat. Ce montant permet il au pays visé des investissements intéréssants en terme d’infrastructures. Et si oui est ce que ces investissement en infra couvrent les seuls besoin de la multinationale qui achète les terres (cas courant) ou permettent il au reste du pays d’améliorer sa productivité dans d’autres domaines. 
                                  Pourquoi toutes ces questions ? Parce que ces paramètres sont importants. Si la productivité des champs cultivés augmente fortement, cela peut être positif pour le marché local dans son ensemble. Si l’achat permet de financer des infrastructures utiles cela peut également être utile. 

                                  Pour le reste, le fait que l’on passe en affrique du stade d’exploitation familiale au stade d’exploitation industrielle n’est pas tant le problème. Cela a été fait dans tous les pays développés il y a bien longtemps et cela a plutot été à notre avantage. 

                                  Les vrais problèmes par contre ont été occultés par l’article :
                                  • Le fait que les gouvernements et populations locales ne parviennent pas à se prendre en main pour dynamiser leur agriculture et ce même dans un contexte de hausse des prix qui leur était favorable. On sait depuis longtemps que des exploitations trop petites sont un frein à la productivité. Et donc plutot que d’attirer des investisseurs étrangers, leurs gouvernements locaux devraient favoriser l’émergence d’une agriculture productive et efficace. 
                                  • Le fait que cet investissement ne se fasse pas sous la forme de Joint-Venture ce que les gouvernements locaux auraient du exiger. Une JV est un partenariat entre un entrepreneur local et un entrepreneur étranger. Cela permet de partager les bénéfices et donc d’avoir une partie des bénéfs réinvestis dans le pays. Lorsque l’asymétrie de développement est trop fort entre deux pays c’est la bonne méthode à appliquer. Et c’est d’ailleurs cela qui a vraiment sorti la chine du sous développement. (Aujourd’hui les JV ne sont plus obligatoires en Chine mais le niveau de ce pays s’est suffisamment élevé pour qu’ils n’aient plus besoin de cette béquille). 
                                  Les pays asiatiques ont globalement réussis à se sortir de la misère alors qu’ils ont longtemps été dans un état proche voire pire que celui de l’affrique. Il est regrettable que les affricains ne suivent pas leurs méthodes. 

                                  En plus contrairement à une idée répendue, nous européens aurions beaucoup plus intérêt à avoir une affrique forte avec 10% de croissance (ce qui ferait de la main d’oeuvre très accessibles et de bons débouchés) plutot que le bordel actuel.

                                  • hurlevent 27 novembre 2008 20:40

                                     Bravo pour ce commentaire. C’est exactement ce que je pense, et bien écrit. (note : Afrique s’écrit avec un seul ’f’).


                                  • Marc Bruxman 27 novembre 2008 21:25

                                    Bruxman, puisque vous n’avez pas les réponses aux questions que vous posez, peut-être le mieux serait que vous la boucliez au lieu d’étaler votre ignorance des mécanismes du sous-développement.

                                    Vous ne les avez pas plus que moi (vu que vous n’y répondez pas) et donc peut être que vous devriez également vous abstenir des insultes dont vous êtes coutumiers lorsque vous n’êtes pas d’accord avec ce que j’écris. Et non je n’ai pas prévu de "la boucler". 

                                    Les pays en question sont déjà des pays capitalistes, non ? Il y a bien déjà des productions agricoles dont l’essentiel est destiné à l’exportation, non ? Comment se fait-il qu’avec le coton, le café, le cacao, le riz ces pays ne parviennent pas à en tirer des revenus suffisants pour investir eux mêmes dans leurs productions vivières et soient obligés d’acheter des produits venus des pays occidentaux pour se nourrir ? Peut-être que ces produits ne sont moins chers qu’à coup des subventions européennes ?

                                    Les subventions européennes sont un élément de la catastrophe de l’affrique et j’ai déja exprimé maintes fois ici que je suis contre ces subventions. Je ne change pas ma position sur ce point. 

                                    Maintenant je ne crois pas que l’union européenne subventionne la culture du café pour la simple et bonne raison que ca ne pousse pas en europe (ou alors si ca pousse personne ou presque n’en cultive) . Le cacao ? Pareil ! Pour ce qui est du Coton nous représentons d’après Wikipedia 5% des exportations mondiales. C’est donc sur que si ils n’arrivent pas à vivre de ces productions c’est la faute aux subventions européennes ! Je vous retourne donc le compliment : Refléchissez avant d’écrire n’importe quoi. 

                                    Par contre, oui tout le monde sait que les pays sous-développés manquent souvent cruellement d’infrastructures et de méthodes de travail. Ils manquent aussi comme Hernando De Soto l’a écrit de structure garantissant la propriété afin que les investissement en capital nécéssaires à une augmentation de la productivité soient faits. 

                                    Ah, c’est sûr, quand le colon est là,la productivité augmente !

                                    Vous confondez tout, on parle de relation commerciale, pas de colonisation ou la relation était politique. 


                                  • Philou017 Philou017 27 novembre 2008 22:39

                                    Pour faire pendant à l’écoeurant discours libéral de certains, de vrais arguments tirés de cet excellent article :
                                    www.attacparis12.lautre.net/spip.php

                                    Sur l’intérêt d’une agriculture biologique en Afrique :

                                    Des méthodes traditionnelles ou nouvelles.

                                    Parmi les méthodes traditionnelles celle du zaï qui consiste à pratiquer des trous dans le sol où se concentre l’eau de ruissellement et dans lesquels on adjoint quelques poignées de « poudrette » (fumier du pauvre) a permis de passer au Burkina Faso d’un rendement de 200 kg de céréales par ha à 600 et de réhabiliter des terres désertiques. Du Burkina Faso la méthode s’est étendue spontanément au Niger et l’émigration des jeunes ruraux a cessé. La rotation des cultures au lieu de la monoculture joue un grand rôle. Certaines légumineuses fixent l’azote et augmentent la fertilité des sols. L’utilisation d’engrais organiques donne de très bons résultats (13). Une irrigation économe en eau (ne serait-ce que pour ne pas saliniser la terre) fait partie de la panoplie. La FAO estime que les pays du Sud ont tout avantage à pratiquer l’agriculture biologique du fait même qu’ils utilisent peu d’engrais et de pesticides en raison de leur cherté. Or l’agro-écologie, avec des techniques simples, permet de tripler et quadrupler les rendements sans porter atteinte à l’environnement.

                                    La désertification ineluctable ? voire :

                                    La désertification est en grande partie la conséquence de la pauvreté. Poussées par la nécessité les populations exploitent à court terme leur environnement (déboisement, défrichement, surpâturage). Mais la désertification n’est pas un phénomène irréversible. Les images satellites prouvent qu’actuellement il n’y a pas d’extension continue du désert et la communauté scientifique examine l’hypothèse d’un reverdissement relatif du Sahel qui aurait eu lieu ces vingt dernières années. Les écosystèmes ont la capacité de se régénérer naturellement. Les conditions arides qui règnent au Sahel ont entraîné une adaptation de la faune et de la flore à la sécheresse et au stress. La disparition de cette biodiversité suite à la surexploitation due à la pauvreté met en péril la base du développement futur. Cette perte de la biodiversité affecte aussi le reste du monde (14).


                                    Les pays Africains incapables de se gérer ? Les riches libéraux les y aident bien :

                                     

                                    L’aide publique au développement

                                    Quelle efficacité ? Depuis 50 ans 2.300 milliards de dollars ont été dépensés pour sortir, au plan mondial, les pays pauvres du sous-développement. Les pays qui ont reçu le plus d’aide n’ont cependant pas atteint les objectifs fixés : croissance économique et réduction de la pauvreté. De même il est déjà clair que les Objectifs du Millénaire fixés en 2000 pour 2015 ne seront pas atteints. La raison tient moins dans l’insuffisance des sommes engagées que dans leur utilisation. Seuls 41% des sommes de l’aide sont versés aux pays destinataires. Les études préalables aux aides (celles-ci sont ciblées) en absorbent 38% (le plus souvent d’ailleurs au profit « d’experts » occidentaux). 7% vont à la gestion des programmes des donateurs (20) et 11% à l’allégement des dettes. Enfin 3% représentent le soutien aux réfugiés vivant dans les pays donateurs. Une grande part de l’aide est humanitaire dont 60% dans des opérations d’urgence (famines, déplacement de population, etc.). Une fois déduites les sommes destinées à l’humanitaire et aux annulations de dette il ne reste plus grand-chose pour accroître les ressources des pays.

                                    Le Sud finance le Nord Les nouveaux prêts que reçoit le tiers-monde ne contrebalancent pas les remboursements qu’il effectue. En 1999 le tiers-monde a transféré aux créanciers 100 milliards de dollars de plus qu’il n’a reçu de nouveaux prêts. Selon Kofi Annan depuis 1997 les pays en développement versent chaque année plus d’argent qu’ils n’en reçoivent. En 2002 il s’est agi de 200 milliards de dollars. En 2003 selon la Banque mondiale les pays les plus pauvres ont remboursé 39 milliards de dollars alors qu’ils n’ont reçu que 27 milliards d’aide au développement. Le transfert net des pays à faible revenu, incluant ceux d’Afrique subsaharienne, vers les pays développés a représenté ainsi 8 milliards de $ en 2004. Quant au groupe des pays très endettés cet excédent a atteint 30 milliards. Une des raisons de cette inversion de flux est la conséquence de l’ajustement structurel. Les « fondamentaux » imposés par le FMI et la Banque mondiale incluent la reconstitution des réserves des banques centrales des pays. L’Afrique subsaharienne a ainsi accru ses réserves de 4 milliards en 2003 et 19 en 2004. Elles sont placées en Bons du trésor américain (21). Traduction : la sueur des pauvres finance les déficits américains.

                                    L’agriculture vivrière sacrifiée. Il y avait d’excellentes raisons pour sacrifier l’agriculture vivrière, et donc les petits paysans, en Afrique. Pour le FMI et la Banque mondiale l’agriculture devait se plier à la mondialisation et aux « avantages comparatifs ». Les céréales importées coûtaient moins cher que celles produites localement par la petite paysannerie. Inversement de grandes exploitations agricoles intensives et mécanisées devaient produire des produits d’exportation à bas prix. On en connaît les résultats : une importante population rurale sous le seuil de pauvreté et sous-alimentée. Pour les pays développés c’était tout bénéfice : ils exportaient leurs excédents agricoles et soutenaient ainsi leurs agriculteurs en réduisant à la misère ceux de l’Afrique. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la part de l’aide publique au développement destinée à l’agriculture n’ait cessé de baisser. L’agriculture n’absorbait plus, au plan mondial, que 2% de l’aide multilatérale en 2002 contre 30% en 1980. Entre 1990 et 1999 l’aide publique au développement de l’agriculture avait reculé de 49% en valeur réelle.


                                    Dans l’analyse d’une situation économique complexe, les "libéraux" trouveront toujours le moyen de justifier l’injustifiable, y compris avec l’aide de force clichés et préjugés.
                                    Mais le cynisme n’a pas d’odeur.


                                  • Marc Bruxman 27 novembre 2008 23:46

                                    A Philou,

                                    Le document que vous citez vient d’Attac, il est donc au moins tout aussi orienté politiquement que les miens. Il vient juste d’un bord différent ;)

                                    Vous parlez d’aide au développement. Le but est a priori louable mais comme vous le dites cela a été un échec. Vous citez certaines raisons qui peuvent (ou pas) expliquer cet échec. 

                                    Par contre, il existe un pays, la Chine qui n’a eu que très peu recours à l’aide au développement, mais qui a progressivement ouvert son marché. La Chine c’est 1 milliard 300 millions d’habitants. A la fin des années 70, ils étaient tous très pauvres. En 2008, 250 millions de chinois ont un niveau de vie équivalent à celui de l’occident. Soit la population des états unis d’amérique. Parallélement le nombre de très pauvres parmis la population chinoise a fortement régréssé. 

                                    J’ai eu l’occasion d’aller plusieurs fois dans ce pays et de m’intéresser à sa culture au départ pour des raisons d’affaires et maintenant pour des raisons personelles qui n’ont rien à voir avec le business. Et à chaque fois que j’attéri je suis surpris des progrés entre mon voyage précédent et le nouveau voyage. L’amélioration est visible et pas seulement à Beijing et Shanghai. Des villes comme Nanjing ou Suzhou changent de visage, et il faudrait être aveugle pour ne pas constater qu’un miracle est en train de se produire. 

                                    Certes, tout n’est pas rose en Chine, la situation des droits de l’homme est préocupante comme chacun sait, mais les améliorations sont la aussi plus rapides que ce que l’on croit. L’usage de la peine de mort régresse (même si cela reste beaucoup trop répendu) et la presse est beaucoup plus libre qu’il y a 10 ou 20 ans même si elle reste extrémement controlée. 

                                    Quand à la population oui il reste encore des gens extrémement pauvres, employés dans des usines comme vous voyez à la télévision. Seulement ce que l’on ne vous dit pas c’est que leurs conditions de vie avant étaient encore pire. 

                                    Le libéralisem a fourni à ceux qui investissaient dans le pays un retour sur investissement souvent rapide. En conséquence ils ont investis nombreux et massivement. On peut les accuser de s’être fait beaucoup de fric sur le dos des chinois ce qui est partiellement vrai. Mais la contrepartie est une amélioration des conditions de vie qu’aucune aide au développement ou qu’aucune ONG n’a jamais été capable d’apporter. 



                                  • Iren-Nao 1er décembre 2008 09:35

                                    @ Philou

                                    Merci pour le remarquable lien (Attac)

                                    Effectivement, souvent quand je roule en Thailande je suis frappe par la similitude des paysages avec l’Afrique..sauf que les routes sont bonnes, c’est un jardin et les gens sont plutot bien portants.

                                    Il y a en fait bien moins de ressources naturelles que dans la plupart des pays africains.

                                    Mais sagement, un etranger ne peut pas acheter de terre thai.

                                    J’ai une petite societe, je peux tout faire, sauf le commerce du riz.

                                    Sont pas cons les Thais

                                    Bonsoir

                                    Iren-Nao


                                  • ZEN ZEN 27 novembre 2008 20:49

                                    Bruxman

                                    La réponse est dans le rapport :

                                    Mi-novembre, Daewoo Logistics a annoncé un projet d’achat d’une concession de 1 million d’hectares à Madagascar pour une durée de 99 ans (la moitié des terres arables cultivées !)

                                    "La société sud-coréenne veut y cultiver 5 millions de tonnes de maïs par d’an d’ici à 2023 et produire de l’huile de palme à partir d’une autre concession de 120 000 hectares, en faisant appel à une main-d’œuvre principalement sud-africaine.


                                    La production serait destinée avant tout à la Corée du Sud."

                                    "Sur un certain plan, ce ne sont que des projets commerciaux, mais ils sont souvent soutenus par tel ou tel Etat, car ils obéissent à des impératifs de sécurité alimentaire",...

                                    Opération très désintéressée donc , parfaitement humanitaire, parfaitement symérique... smiley

                                    Lisez donc jusqu’au bout le dernier lien de "Grain"


                                    • Jean Lasson 27 novembre 2008 23:03

                                      Bonjour Zen,

                                      Bravo pour l’article. Je comptais moi-même en écrire un sur le sujet. Je vais peut-être le faire quand même plus tard, car le sujet n’est pas épuisé et il pose un ensemble de questions complexes qui, pour l’instant, me laissent un peu perplexe.

                                      Je recommande à tous les commentateurs et lecteurs de lire d’abord l’article de Grain, qui est très complet, ainsi que son annexe, qui récapitule les dizaines de grandes opérations en cours. On y découvre que la réalité est bien différente de l’image d’Epinal que l’on pourrait en avoir, mais tout aussi inquiétante...

                                      Par exemple, les pays les plus acheteurs sont les pays émergents : Chine, Inde, Péninsule arabique, Egypte... Les terres achetées ne sont pas toutes, loin de là, en Afrique : Ukraine, Russie, Phillipines, Cambodge (! !) et même... Grande-Bretagne !

                                      A ces acheteurs nationaux, il faut ajouter des fonds purement spéculatifs.

                                      Ce phénomène est inquiétant pour de nombreuses raisons. Il y a au moins une certitude : les produits alimentaires vont augmenter rapidement ; ils vont de plus devenir un objet de spéculation, donc ils vont flamber et cela provoquera de nouvelles crises alimentaires aigües à court terme...


                                      • ZEN ZEN 29 novembre 2008 14:16

                                        @ Jean Lasson

                                        J’ai bien conscience que j’ai bouclé un peu vite ce dossier, que je n’en ai pas vu tous les aspects
                                        Je vous invite à enrichir, compléter, critiquer
                                        Cordialement


                                      • Jean Lasson 29 novembre 2008 19:25

                                        Zen,

                                        Je n’ai aucune critique sur votre article, bien au contraire. Vous avez réagi vite et en citant les meilleures sources, comme toujours  smiley

                                        Simplement, ce phénomène d’accaparement des terres mondiales, par son ampleur et sa rapidité, provoque une réaction instinctive d’inquiétude et de dégoût. Mais je cherche encore quelles en sont toutes les conséquences objectives (elles sont nombreuses et ne vont pas toutes dans le même sens, il me semble)...



                                      • Philou017 Philou017 27 novembre 2008 23:06

                                        Quelques bonnes nouvelles :
                                        Annonce de récoltes record de produits vivriers en 2008 www.sudonline.sn/spip.php

                                        Perspectives agricoles 2008/2009 en Afrique de l’Ouest : De bonnes récoltes en vue www.lefaso.net/spip.php Les perspectives concernant les disponibilités de céréales pour 2008/09 s’améliorent
                                        www.fao.org/docrep/011/ai473f/ai473f04.htm









                                        • blibgnu blibgnu 28 novembre 2008 13:38

                                          @Philou :
                                          Ce sont certe de bonnes nouvelles mais - d’après le peu que j’en sais - ce qui fait défaut en Afrique ce sont aussi les circuits de distribution et non pas seulement la production agricole elle-même. Si il y a de très bonnes récoltes, il n’y a pas forcément les infrastructures adéquates pour permettre aux populations d’en profiter normalement...


                                          @ZEN : Merci pour ce très bon article d’alerte smiley
                                          L’or est dans le sang.

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