• samedi 25 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > Sanofi délocalise sa recherche en Inde
14%
D'accord avec l'article ?
 
86%
(37 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Sanofi délocalise sa recherche en Inde

Avec une verve inimitable, et non sans un certain culot doublé d'ironie, Christian Lajoux, le Président de Sanofi, pourrait faire tourner Bernard Maddoff dans une publicité du Secours Catholique ! Et nul doute que ça fonctionnerait !

Bénissez cette entreprise parce qu'elle le vaut bien !

"Au sein d’un environnement complexe, Sanofi veille particulièrement au respect des principes éthiques qui ont vocation à régir ses activités" "Déclaration Universelle des droits de l’homme", "la santé pour tous", "adhésion au Pacte Mondial des Nations Unies", tout y est ! Le site internet du groupe regorge de textes à en faire pâlir de jalousie le Vatican ! N'hésitez pas à vérifier, c'est ici.

Sur un fond de "petits enfants du Tiers-Monde pour montrer à quel point on est des gens biens", Sanofi continue à grands coups de "À tous les niveaux, notre performance économique repose sur notre respect de l'éthique, de la législation et de la réglementation et sur des niveaux élevés de responsabilité sociale et environnementale."

Pour vérifier, c'est là. J'oubliais aussi "les plus hauts niveaux d'intégrité scientifique, commerciale et personnelle", et encore un peu de "droits de l'homme", "transparence", "ouverture", "équité", "nous savons que notre conduite doit être - et paraître - irréprochable à cet égard." C'est sur la même page !

Un peu plus loin, l'agence de communication de la firme nous envoie encore des photos d'enfants de pays pauvres pour habiller l'interview de son directeur général. "recrutement de talents", "responsabilité sociale de l'entreprise", ...

Et encore plus loin (voire vraiment très très loin !), les dirigeants de la firme nous listent sous la forme d'une émouvante litanie leurs obligations morales d'intégrité personnelle et professionnelle.

Les gentils gagnent toujours à la fin !

Le 31 août, les Echos nous apprennent que les bénéfices du CAC 40 au premier semestre sont en berne. 37 petits milliards de rien du tout, soit une baisse de 20%. Néanmoins, Sanofi se hisse sur le podium des entreprises les plus profitables en 3° position ! D'autres entreprises à l'éthique également irréprochable lui ont soufflé la première place :
- le pétrolier TOTAL, le seul qui voit rose quand le litre de gazoil franchit 1,5 €
- la banque BNP, qui avait bien besoin de se refaire un peu, mais cette fois-ci sans l'aide du contribuable.

Ces deux rivaux ont cependant jugé bon de ne pas faire le coup des "petits enfants noirs" pour nous émouvoir. Les gamins qui se font photographier pour quelques pièces apprécierons ce minimum de retenue. Voir ici pour TOTAL et ici pour BNP.

L'envers du décor


"Chopé !" L'anecdote ferait sourire si elle ne s'inscrivait pas dans un contexte social aussi désastreux. En pleine torpeur estivale, un dirigeant de Sanofi s'est fait flasher à dégager un demi-million d'euros de stock options grâce à une habile pirouette.

"Vendredi dernier, [le 27 juillet] le président des opérations globales du groupe pharmaceutique français, Hanspeter Spek, a levé des stock-options, comme la loi l’y autorise. En clair : il a acheté des actions de sa société à un prix convenu à l’avance (55,74 €) et les a revendues au cours du jour (64,3265 €). L’opération, qui portait sur 63000 titres, lui a permis de réaliser un bénéfice total brut de… 540949 € !" (Le Parisien, 01/08/2012)

J'en connais un qui va devoir recopier 100 fois le code de bonne conduite éthique !

Cette levée d'options est intervenue juste après que le numéro 1 de Sanofi a annoncé la nécessité de réduire les coûts de 2 milliards d'ici 2015, et a annoncé la suppression de nombreux postes en France. 1200 à 2500 selon les syndicats.

A Toulouse et Montpellier, les salariés se mobilisent. Les licenciements toucheront principalement le secteur de la recherche.

Sanofi aurait-il décidé de réduire voire de fermer ses activités de recherche ?

Qu'ils se rassurent ! Sanofi s'active en Inde !

L'article du "Hindu Business Line" offre un éclairage intéressant sur les grandes manoeuvres de la firme pharmaceutique. Il est disponible ici.

Dans une interview, le directeur de la Recherche & Développement de Sanofi en Inde, Raman Govindrajan, nous explique la stratégie adoptée. Véritable pionnier en la matière, Sanofi va développer de nombreux partenariats en Inde avec des sociétés locales. A défaut de faire travailler ces fainéants de français gavés de RTT, nous allons faire plancher des indiens que nous n'aurons même pas à licencier lorsqu'ils ne serviront plus à rien. Nous ne les avons même pas embauchés !

Et au moins, là bas, les "accidents" lors des expérimentations cliniques ne font pas de bruit et ne coûtent pas cher !

Lire à ce sujet l'article du Times of India du 18 août dernier : "211 people died in six months during clinical trials in India"

Ils disaient quoi sur l'éthique déjà ?




par Grégoire Sedlak mardi 4 septembre 2012 - 23 réactions
yahoo
14%
D'accord avec l'article ?
 
86%
(37 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par BlackMatter (---.---.---.225) 4 septembre 2012 16:21

    Ne limiter pas les salaires des dirigeants pour attirer les talents

    Mais trouvez toutes solutions possibles pour limiter ceux des employés et augmenter les profits !
  • Par exocet (---.---.---.181) 4 septembre 2012 19:50

    Dans cette article on voit que Sanofi déploie des trésors d’imagination en propagande pour se donner l’image d’une entreprise vertueuse.

    Bien que je ne parle en général pas de moi sur AV, je vais relater ici, l’occasion est trop belle, mon expérience professionnelle avec cette société.

    En 2005, j’ai travaillé une première fois quelques mois dans l’usine Sanofi Sisteron, en « contrat à durée indéterminée de chantier » (si.si.ça existe), pour un sous-traitant.

    j’étais sous les ordres directs de la maîtrise Sanofi, qui m’a envoyé dans diverses unités en fonctionnement et hors fonctionnement effectuer des relevés pour mon travail.

    Quelques mois après l’arrêt de mon travail sur place, des analyses prescrites par mon médecin traitant ont révélé des modifications de mon bilan sanguin, sans que je ne fasse le lien avec cette activité passée.

    Il faut dire que, contrairement, je l’ai su plus tard, à la législation concernant les sites pharmaceutiques et chimiques, je n’ai eu aucun suivi médical durant mon travail, aucune analyse à l’entrée et à la sortie de cette activité, et la « fiche d’exposition » indiquant les produits particulièrement dangereux (produits dits CMR, Cancérigènes, Mutagènes, toxiques pour la Reproduction, pour les connaisseurs) auxquels j’avais pu être exposé durant ce travail, cette fiche d’exposition qui aurait dû m’être remise en partant par mon employeur n’avait tout simplement pas été faite.

     Mes responsables Sanofi n’avaient pas, au fur et à mesure de mon travail dans les unités collecté et reporté les données indiquant sur quels produits j’avais travaillé.

    Mais celà, je ne l’ai appris que bien plus tard, après mon deuxième séjour dans cette usine.

    En 2008, mon employeur de l’époque m’a envoyé travailler à l’usine de Sanofi Sisteron : Cette fois j’étais en CDI chez cet employeur, et je travaillais dans un bungalow sur le site avec les collègues du même employeur.
    Nous venions d’avoir le contrat en remplacement de travailleurs indépendants virés comme des malpropres du jour au lendemain car « jugés trop chers » par Sanofi.

    Bien que le coût de revient et de fonctionnement de l’usine de fabrication de produits actifs représentait environ 3% (bien trois pour cent) du prix de vente du médicament, et bien que les bénéfices de Sanofi aient été au plus haut à ce moment, le mot d’ordre était « le moins cher possible », et si la société qui m’employait avait été retenue, c’est parcequ’elle avait donné des gages de ce côté-là..

    Nous étions encadrés par une maîtrise tellement choisie pour sa brutalité et tellement sous pression, que les comportements dangereux étaient devenus quotidiens, en même temps qu’une sournoise forme de harcèlement, qui consistait, tant nos chefs avaient peur de perdre leur job, à rejeter toutes les erreurs, tous les errements, toutes les pertes de temps systématiquement sur les exécutants que nous étions.

    Un exemple parlant : devant effectuer des relevés au rez de chaussée d’une unité en fonctionnement, j’étais revenu au bungalow en indiquant que des gouttes tombaient un peu partout à cet endroit-là et semblaient provenir du réacteur situé au-dessus.
    La réponse de notre responsable avait été : « vous n’aurez qu’à passer à travers les gouttes », alors que lui-même ne savait strictement pas s’il y avait ou non du danger.

    Quand on commence à faire des entorses avec la sécurité, après on est sur un mauvais chemin. j’ai fini par commettre l’erreur qui fait mal :

    envoyé pour effectuer des relevés dans une cellule de fabrication de produits particulièrement dangereux, je l’ai trouvée à mon arrivée barrée par de la rubalise de couleur, ce qui signifiait qu’il ne fallait pas y entrer.
     Normalement je n’aurais pas dû insister, mais j’ai hélé un des personnels de l’équipe de nettoyage qui se tenait là, et sur sa seule indication verbale de ce que « les cellules venaient dêtre nettoyées » j’ai pénétré à l’intérieur et ai effectué mon travail.
    En regagnant le bungalow, l’un de mes collègues a remarqué que ma veste et mon pantalon de bleu étaient trempées d’une grande tâche de liquide dans le dos, et je ne me suis pas inquiété, lui répondant que de toutes façons, la cellule ayant été nettoyée il n’y avait pas de danger.

    Parti le ledemain sur une nième dispute avec un responsable pour retrouver le siège de la société, j’ai commencé à avoir des démangeaisons et des boutons sur les épaules et les reins. Comme je venais de retrouver le gîte ou je logeais, qui avait été loué entre temps, j’ai attribué celà à des bactéries anodines laissées dans le lit par l’occupant précédent et ne m’en suis pas soucié. 

    Deux mois plus tard, alors que j’avais quitté cette société, j’ai eu subitement une terrible éruption de boutons sur tout le dos et la poitrine. mon médecin ayant opté pour la gale éventuellement, je me suis traité à plusieurs reprises sans résultat, et ai commencé à errer de dermatologue en dermatologue, avant d’atterrir pour analyses à l’hôpital, sans qu’on trouve ce que j’avais.

    Ce n’est qu’un an plus tard que j’ai retrouvé mon bleu de travail, jeté derrière le siège de la voiture lors de mon départ de l’usine Sanofi : ce bleu était percé d’un énorme trou dans le dos, constellé tout autour de trous plus petits
    C’est là que j’ai pensé à mes deux séjours chez Sanofi, aux problemes sanguins ayant suivi le premier séjour, et à l’incident de la cellule pendant le deuxième séjour.

    En écrivant celà, je me fais l’effet d’avoir été un niais, un naïf, de ne pas avoir fait le rapprochement plus tôt.
    Il faut dire, qu’à l’entrée de l’usine, l’imposant panneau à leds annonçant selon les cas « 354° jour sans accident », le comportement dédaigneux et je m’en foutiste de nos chefs quant à la sécurité, tout celà incitait à penser que nous étions environnés d’inoffensifs et sympathiques produits.

    Et non, les principes actifs de médicaments, ainsi que les produits qui servent à les obtenir sont souvent de foudroyants toxiques même à de faibles doses.

    Epilogue : après avoir contacté la médecine du travail et mon ex-employeur, j’ai pu obtenir à postériori une fiche d’exposition là encore non faite à ma sortie...la surveillance médicale renforcée, n’en parlons pas, même pas une visite ni un questionnaire, rien.
    Fiche d’exposition inexploitable car mentionnant des produits « sanofi research » inconnus des médecins de ville.
    Je me suis alors tourné vers le service médical de l’usine, qui lui, connaît ces produits.
    Je me suis entendu dire au téléphone par la médecin chef de l’usine, sans qu’elle m’aie vu ou examiné, sans une analyse : « Monsieur, ce n’est certainement pas chez nous que vous avez attrapé ça ! »

    Comme quoi, le panneau près de l’entrée dit vrai : il n’y a pas d’accident du travail chez Sanofi.


  • Par adeline (---.---.---.200) 4 septembre 2012 15:29

    et val l’enfumeur masqué qui déplace le débat. il y a aussi le fait que certaines régles en Europe empêche ( en théorie) de procéeder à certains test sur du vivant, là bas il n’y a que la régle de l’enfumeur libéral qui existe c’est à dire aucune, on peut même faire de la recherche sur des embrions.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération