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Sortie de la Grèce de l’euro : le compte à rebours est lancé !

Dimanche 17 juin ! Ce jour pourrait bien rester dans l'histoire comme celui où la Grèce aura choisi de sortir de la zone Euro. C'est en effet à cette date, coïncident avec le second tour des élections législatives en France qu'auront lieu les élections législatives en Grèce. Si un gouvernement "pro-Europe et pro-austérité" n'est pas élu, il est fort probable que la Grèce sorte de l'Euro, à un horizon de 1 à 3 mois.

La banque privée Pictet & Cie a réalisé une infographie très claire de la situation actuelle en Grèce, en exposant les trois principaux scénarios possibles suite aux élections de dimanche.

Scénario 1 : Un gouvernement "viable" adopte les mesures d'austérité du mémorandum. Ce scénario implique une victoire des deux partis pro-austérité (Nouvelle Démocratie et le PASOK) aux élections législatives. En effet, si cette coalition arrive à obtenir au moins 151 des 300 sièges de l'Assemblée grecque, alors les plans du FMI pourront continuer d'être appliqués, ce qui implique que la Grèce recevrait toujours les aides financières de la troïka. Cette hypothèse est jugée comme "peu probable" par la banque suisse. Mais si l'on regarde l'ensemble des sondages réalisés en Grèce entre le 15 mai et le 1er juin (les sondages n'étant plus autorisés depuis), une coalition Nouvelle Démocratie + PASOK l'emporte sur 7 des 17 sondages. 

Le site d'actualité OkeaNews, spécialisé sur la Grèce, a recensé l'ensemble des sondages et l'implication sur la composition de l'Assemblée nationale. En Grèce, le parti majoritaire obtient 50 sièges à l'Assemblée ; les 250 sièges restant étant distribués selon le principe de la propotionnalité. Si le parti Nouvelle Démocratie arrive en tête, devant le parti d'extrême gauche Syriza, alors il y a une très forte probabilité que la Grèce continue les mesures d'austérité. Dans le cas contraire, nous passons donc au scénario 2 et 3.

Scénario 2 : Une coalition anti-austérité obtient la majorité à l'Assemblée Nationale. Les plans d'austérité, qui conditionnent le versement des tranches d'aides de la troïka ne sont plus appliqués. Ne pouvant plus se financer sur les marchés (taux d'intérêt trop élevé) et sans une aide de l'Europe, les banques grecques pourrait très rapidement devenir insolvables, et l'Etat grec ne serait plus en mesure de faire face à ses engagements. La Grèce aurait donc besoin de sa propre banque centrale pour financer l'Etat et recapitaliser les banques, et sa propre monnaie dévaluée pour regagner en compétitivité. La Grèce sortirait alors de l'Union Européenne (car selon les traités, une sortie de l'euro implique une sortie de l'U.E). S'en suivrait alors une période de très forte inflation en Grèce (renchérissement des importations, monétisation de la dette = hausse de la base monétaire...).

Scénario 3 : Même début de scénario que précédemment, sauf qu'ici l'Union Européenne continue d'aider la Grèce, même si lle nouveau gouvernement grec ne tient pas ses engagements d'austérité et de réduction du déficit. Ce scénario est possible, étant donné les craintes pour la stabilité de la zone et les pertes colossales qui seraient causées par une sortie de la Grèce de la zone. Dans ce cas là, et selon la banque Pictet & Cie, il faudrait donc soit (1) monétiser la dette de la Grèce, en acceptant par exemple que la BCE rachète de la dette directement sur les marchés via le Securities Markets Programme (SMP) ou un Quantitative Easing (QE), soit (2) transférer la dette grecque vers un fond européen (plus ou moins directement, par exemple en utilisant le Mécanisme Européen de Stabilité, le MES, ou via la création d'Eurobonds), soit (3) accepter un nouveau défaut grec, en encaissant une nouvelle fois des pertes (avec ici une perte aussi pour la BCE, et non pas uniquement pour le secteur privé comme lors du Private Sector Involvment de février).

Ce scénario, en plus de l'aléa moral énorme qui serait créé, ne réglerait pas le problème de la dynamique de la dette. Sans réduction des déficits et retour à un quasi-équilibre budgétaire partout en Europe, la crise de la dette ne pourra être résolu, étant donné le poids actuel de la dette et la croissance faible attendue en zone euro dans les années à venir. Pour le Captain', le seul avantage de ce scénario serait de faire gagner un peu de temps à la zone euro, en évitant une sortie désordonnée de la Grèce à un moment où l'Espagne est plus que fragile.

Conclusion : La banque Pictet & Cie estime à 45% la probabilité d'assister à une sortie de la Grèce de la zone euro dans les trois prochains mois ! L'été sera chaud, l'été sera chaud !




par Thomas Renault (son site) mercredi 13 juin 2012 - 38 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Lea Andersteen (---.---.---.169) 13 juin 2012 12:34
    Lea Andersteen

    Ou est l’argent des aides ?
    Il part dans les poches de grands financiers qui ont fait une bonne affaire. Ils n’ont rien perdu !
     - L’argent prêté a été créé par le mécanisme de l’argent-dette,
    - les intérêts perçus et payés par le sang des Grecs,
    - l’argent inventé par l’argent dette est remboursable par une autre dette d’autres états.

    Tout bénef : privatiser les bénéfices et nationaliser les charges. Au final, c’est probablement du 200% de bénef. Enfin, plus on retarde le moment du défaut, plus le gain tend vers 200% :)

    Et des millions d’européens en crèveront - de faim ou de froid.

    Joli hold-up. Bientôt sur nos écrans avec Georges Clooney en Trader ?

  • Par Alpo47 (---.---.---.213) 13 juin 2012 09:49
    Alpo47

    La Grèce est perdue pour l’euro et peut être pour l’europe. Ce n’est qu’une question de temps et tout le monde (économistes et politiques) le sait. Comme tout le monde sait que les sommes allouées à la Grece, l’Espagne... ne seront jamais remboursées. Donc ... que tout l’édifice va s’effondrer.
    Ils sont juste en train de gagner du temps. Sans doute pour qu’eux même et l’oligarchie qui tire les ficelles puissent s’organiser pour se mettre à l’abri du krach et pour pouvoir ensuite reprendre les rennes.

  • Par wesson (---.---.---.188) 13 juin 2012 12:50
    wesson

    bonjour l’auteur, 

    ce qui fait peur à l’Europe chez Siryza, c’est qu’ils veulent savoir à qui ils doivent du pognon, et pourquoi. Principalement pour définir si ce ne serait pas pour une grande part une dette « odieuse », dont la définition est d’ailleurs bien codifiée.

    Et c’est pour éviter cela que l’UE se livre à ce qui n’est rien d’autre qu’un chantage : le mémorandum ou le chaos. Il est aussi à noter que là bas, les médias relaient fidèlement cette peur là, notamment sur la chaîne de télé MEGA sur laquelle se succède les économistes qui prédisent le chaos, mais aussi les éditorialistes qui déversent des pelletées de merde sur les leaders de Syriza.

    Mon avis est que ce chantage est bidon. Certes la Grèce peut être expulsée de la zone Euro, mais les conséquences sur les autres pays n’en seraient que plus énormes. 

    De toute manière, l’austérité là bas n’est tout simplement plus supportable.

    Et sur la forme, la banque pictet est partie prenante et intéressé au premier titre par l’imposition de l’austérité à la grèce, et en fait partout en Europe. Ce n’est pas une source neutre.


  • Par rotule (---.---.---.60) 13 juin 2012 12:12

    >lles sommes allouées à la Grece, l’Espagne... ne seront jamais remboursées

    Qu’ont-il fait avec les sous ? Pour les Grecs, on sait qu’ils ont beaucoup dépensé pour les armées ... on peut effectivement douter de la rentabilité des investissements.

    Pour les Espagnols, ... du béton, des infrastructures, ... a la rentabilité douteuse.

    Et comment voudriez-vous qu’il remboursent ? Avec quoi ?
    Et les banques n’auraient rien vu ?

    Sans compter les dettes pour financer du fonctionnement ...

    Regardons aussi qui étaient les fournisseurs des armées grecques, des grands chantiers ...

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