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Abeilles, une disparition programmée ?

Elles font partie de notre environnement. Comme l’air, le soleil et l’eau les abeilles nous sont familières et la vie sans elles paraît inconcevable. Pourtant, l’apis mellifera, l’abeille domestique bien connue sous nos latitudes, est en train de succomber aux méfaits de l’agriculture intensive et mondialisée.

Comme l’écrivait ici même Yannick Harrel, ce sympathique apidé vit des moments troubles et sombres pour son existence
 
Le mystère de la disparition des abeilles, documentaire signé Mark Daniels diffusé sur Arte ce 18 mai à 20h35 (disponible en dvd à partir du 20 mai), enquête sur ce qui s’annonce être un désastre écologique majeur.

Les abeilles ne se sont pas seulement productrices de miel. Elle sont nécessaires à la pollinisation, donc à la vie. Un certain nombre de facteurs les menacent : des parasites, des virus, un acarien (le varroa), mais aussi les méthodes d’agriculture intensive et l’utilisation massive de pesticides dont la France est le troisième utilisateur mondial (de 70 000 à 120 000 tonnes utilisées chaque année) devant les USA et le Japon.

Combinés, ces facteurs sont meurtriers à grande échelle. Entre 1995 et 2005, 1500 apiculteurs français ont dû cesser leur activité suite à la perte de 300 000 à 400 000 ruches par an (sur un cheptel de 1 350 000 ruches).
 
Si ces insectes qui font partie de notre vie et de notre imaginaire depuis 8000 ans disparaissent qu’allons-nous devenir ? Un monde sans abeille est-il concevable ? Cette mort est-elle programmée ?
 
"Les abeilles, nous dit ce documentaire clair et pédagogique, sont-elles des sentinelles en train de mourir pour nous dire que quelque chose s’est cassé dans notre relation à la nature ? Pourquoi doit-on s’alarmer de leur disparition ?"
 
« Les abeilles sont un chaînon essentiel dans l’alimentation humaine. Elles pollinisent la grande majorité de nos cultures et cela concerne tous nos fruits et légumes. Un tiers en tonnage de notre alimentation dépend de l’activité pollinisatrice des abeilles. C’est considérable. Jusqu’à présent on l’a toujours pris pour argent comptant, comme le soleil et l’air », explique Bernard Vaissière.
 
Conseiller scientifique sur ce documentaire, chargé de recherches au laboratoire de pollinisation et écologie des abeilles à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), cet expert ne cache pas son désarroi.
 
Lui et les autres intervenants de ce documentaire, scientifiques (biologistes, entomologistes, généticiens) et apiculteurs européens ou américains font grise mine.
 
Car l’apis mellifera, cette véritable « machine à polliniser », subit depuis le début des années 90 des attaques en règle qui les font disparaître massivement. On appelle ce phénomène le Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles. En anglais Colony Collapse Disorder (CCD). Personne à l’heure actuelle ne connaît les causes précises de ce syndrome.

Les abeilles sont apparues il y a des millions d’années, bien avant l’homme. Ce dernier les a domestiquées il y a environ 8000 ans. L’apiculture s’est développée au cours des siècles dans un environnement comprenant une grande diversité de pollinisateurs dont l’abeille domestique n’est qu’un représentant parmi d’autres. Outre cette abeille “domestique”, il existe environ 19 000 variétés d’abeilles “sauvages” dont la plupart est en train de disparaître. On enregistre leur déclin depuis 1992.

Dans Disparition des abeilles, la fin d’un mystère, France 5 avait déjà consacré un documentaire passionnant sur le sujet (voir vidéos ci-dessous). Il n’est pas inutile d’enfoncer le clou.
 
Qu’est-ce qui provoque la disparition des abeilles ? On a incriminé le varroa destructor, un acarien qui affaiblit et propage des infections virales. Possible. Mais dans ce cas pourquoi les abeilles de l’ouest de la France n’y succombent pas ? Appelons ça la sélection naturelle
 
En Ecosse, Willie Robson, apiculteur issu de la “vieille école”, raconte que dans les années cinquante, son père disait “bon débarras” lorsque certaines de ses abeilles ne passaient pas l’hiver.
 
“Depuis, explique-t-il, nous travaillons à partir du principe que si elles ne survivent pas l’hiver c’est qu’on n’y peut rien. Nous avons réussi à obtenir des abeilles naturellement résistantes à toutes les maladies ; Avec la progression du verroa, nous espérons qu’elles y résisteront aussi. Elles sont capables de s’adapter”.
 
Cette manière de voir est impensable pour les tenants de l’apiculture industrielle.
En 2005, en Californie, le système s’emballe : il n’y a pas assez d’abeilles pour assurer la pollinisation des millions d’amandiers cultivés dans la plaine centrale de l’état.
 
Cette culture représente une manne financière conséquente, bien plus importante que le raisin et le vin, pour cette région de l’ouest américain. Alors, le lobby des producteurs californiens fait pression auprès du Congrès pour pouvoir importer des abeilles pollinisatrices.
 
De tous les Etats-Unis des apiculteurs débarquent avec leurs ruches. Ils ne correspondent pas à l’image d’Epinal qu’on en a. Ecoutons l’un d’eux, John Miller : “Mon boulot est de mettre l’abeille sur le chemin de la prospérité...Je suis sous contrat donc je suis guidé par l’amélioration du profit”.
 
Un de ses confrères, Ron Spears, explique : “Ces abeilles viennent de différents états. C’est comme si on réunissait du bétail en provenance de 35 ou 40 états dans le même parc d’engraissement. L’exposition aux maladies, aux virus et autres est énorme”.
 
Tous les maux de l’abeille cohabitent ici : parasites et virus prolifèrent, le rythme des saisons n’existe plus, la terre est saturée de pesticides, fongicides et fertilisants chimiques. C’est un enfer pour les abeilles. Sans compter le stress qu’elles ressentent, et auquel elles sont très sensibles, du fait de leur transhumance d’un état à l’autre.
 
Il n’est pas étonnant que le fameux Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles soit apparu ici, avec ces "éleveurs" d’abeilles qui n’ont rien à voir avec nos bons apiculteurs artisanaux.
 
Pour “soigner” apis mellifera de cette gestion agressive et de cet environnement dégradé on la gave de médicaments, on l’affaiblit.
Willie Robson, apiculteur écossais déjà cité : “Dès que vous commencez à les croiser pour les rendre dociles ou productives, vous éliminez toute sorte de qualités nécessaires. C’est un problème. Une fois que vous avez éliminé leur résistance à la maladie, ça ne se récupère jamais. Il faut alors utiliser des produits chimiques pour contrôler les maladies. Quand vous touchez à la nature, les problèmes arrivent vite et coûtent dix fois plus chers que ce que vous pensiez”.

Mais revenir à ces méthodes naturelles préconisées par Willie Robson est impossible aujourd’hui. L’agriculture, dévoyée par l’industrie chimique, s’est engagée depuis le lendemain de la guerre dans une impasse.

En 2008 dans le Bad Wurtemberg 11 500 colonies d’abeilles (330 millions d’individus) ont succombé à cause d’un nuage de pesticide. L’entreprise Bayer (qui par le passé a notamment découvert le gaz moutarde et l’héroïne, des produits d’utilité publique comme chacun sait), a payé deux millions d’euros d’indemnités aux apiculteurs, mais n’a jamais reconnu les faits.

Dès les années 95-97 on parle du mal français des abeilles. En cause : le pesticide Gaucho de la même entreprise Bayer (comme le Cruiser). En France, l’état a mandaté une commission composée d’experts qui a conclu à la dangerosité de ce produit dans un rapport dont les recommandations ont été suivies d’effet : en 1999 le ministère de l’agriculture suspend le Gaucho au nom du principe de précaution (une décision qui concerne également le Régent du groupe BASF agro).

Question : l’empoisonnement au pesticide serait-il la cause de la disparition des abeilles françaises, allemandes, italiennes, etc. ? Non, répond en 2009, à l’étonnement général, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments. 
 
Dans son rapport sur la mortalité des abeilles, elle revient sur la validité des études scientifiques qui ont mis en cause et suspendu le Gaucho 10 ans plus tôt.
 
On peut établir de parallèle avec l’amiante. Dans les années 70 un comité Amiante, en réalité un lobby comprenant des instances gouvernementales et des industriels, avait souligné combien l’amiante n’était pas si dangereux que ça...

l’Afssa minore le rôle des pesticides dans la disparition massive des abeilles. Certes, selon les apiculteurs, ce qui les tue est un ensemble de facteurs combinés entre eux. Mais l’un de ces facteurs sont principalement les pesticides : « Quand on a retiré le Gaucho les apiculteurs ont retrouvé leurs colonies d’abeilles comme dix ans auparavant »...
 
Les défenses immunitaires des abeilles sont faibles. Une pathologie combinée à un pesticide peut leur être fatal. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par l’INRA.
Les chercheurs Jeff Pettis et Dennis vanEngelsdorp (du département américain d’agriculture) qui ont également rédigé une étude, ont découvert "que les concentrations de virus sont beaucoup plus importantes chez les abeilles atteintes du fameux CCD.
 
Mais puisque nous n’avons pas trouvé de virus ou de pathogène consistant ça veut dire qu’il y a un autre facteur qui détruit leur système immunitaire et les rend plus vulnérables à la maladie...Ce sont les interactions qui sont probablement la clé. La santé de l’abeille est très complexe. Et ces interactions avaient été ignorées jusqu’à présent. Là, nous manipulons un pesticide et un pathogène et nous voyons clairement l’interaction".
 
Supprimer les pesticides pourrait sauver les abeilles. Est-ce trop tard demande ce documentaire. L’agriculture industrielle a besoin de milliards d’abeilles, mais celles-ci ne peuvent survivre dans l’environnement résulte de cette agriculture...
 
Déjà les généticiens pensent à l’après-abeille. Ils commencent à imaginer dans leurs laboratoires des super-abeilles génétiques, des abeilles robots.
 
Selon le biologiste Paul Ehrlich, "notre plus gros problème au niveau mondial est que nous avons fait l’erreur d’opter pour une agriculture technologique avec un développement de la monoculture sur une trop grande partie de la planète. Nous n’avons pas fait attention à la diversité génétique des cultures et nous avons tellement abusé des fertilisants et des pesticides que nous avons aggravé nos problèmes".
 
Un paradoxe pour conclure. Le mystère de la disparition des abeilles se termine par une séquence tournée à Paris. Les abeilles ont trouvé refuge dans la ville. Elles s’y portent mieux que dans les grandes zones de cultures...
 










 
Crédit photo : news of tomorrow
 
par Olivier Bailly (son site) mardi 18 mai 2010 - 113 réactions
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  • Par Olivier Bailly (xxx.xxx.xxx.123) 18 mai 2010 13:02
    Olivier Bailly

    @Voltaire
    L’explication que vous donnez à propos du Gaucho ne contredit pas mon papier. Je parle d’une combinaison de causes. Les apiculteurs que je cite et qui connaissent sans doute mieux leur métier que vous ne connaissez le leur (je ne vois pas dans votre bio que vous êtes biologiste, apiculteur ou généticien) constate simplement que lorsque le gaucho a cessé d’être utilisé les colonies d’abeilles sont revenues. C’est une citation et jusqu’à preuve du contraire, les gens ont droit d’avoir leur avis même si vous n’êtes pas d’accord avec eux...
    Vous dites "beaucoup trop d’erreurs factuelles". Comme certains lecteurs je souhaiterais que vous les rétablissiez. C’est l’idée d’un média participatif...

  • Par pallas (xxx.xxx.xxx.54) 18 mai 2010 12:29

    Décidement, que sa soit l’article, ainsi que les intervenants, vous etes mais vraiment encore loin de la réalité.

    Certe vous n’observez pas vraiment l’evolution en masse des insectes.

    Les insectes de nuit, allant sur les lampadaires, il y en a pratiquement plus un seul, alors qu’il y a 2 ans, ils étaient fort nombreux.

    Les fourmis sont trés peut nombreuse, marchant trés lentement, il y a 2 ans, elles étaient nombreuse et vivace.

    Ce phénomene de disparition, touche la totalité de insectes, et les oiseaux insectivores, meurt littéralement de faim, il y a une hécatombe en ce moment meme.

    La disparition des abeilles a plus de 70 % a 80% sur l’ensemble de la planete n’est que le haut de l’iceberg de la quasi totalité disparition des insectes sur l’ensemble de la planete.

    L’enfer de Dantes, c’est magnifique, vous paniquez quand sérieusement ?

  • Par tinga (xxx.xxx.xxx.165) 18 mai 2010 11:15

    Nous avons un problème avec la fonction exponentielle, habitant depuis plus de vingt ans dans la même maison, je regarde chaque année le tilleul du jardin, surtout au moment de la floraison, je constate un effondrement des populations d’insectes, pendant une semaine l’arbre entier était bourdonnant, depuis 3 ou 4 ans, il faut les chercher les butineurs (butineuses) , on est passé de plusieurs milliers à quelques dizaines, les situations sont bien sur différentes suivant les endroits, mais il y a un problème, c’est évident.
    @ voltaire, si il y a tant d’erreur, veuillez avoir l’amabilité de nous en corriger quelques unes, merci. Ce sujet est extrêmement complexe, et beaucoup de spécialistes se gardent bien d’affirmations trop péremptoires. 

  • Par GXul (xxx.xxx.xxx.248) 18 mai 2010 17:25

    10 ans c’est le temps qu’il aura fallu pour que ce qui a commencé par un rêve d’enfant s’évanouisse. Cette année je n’ai plus d’abeilles mes 2 dernières colonies n’ont pas passées l’hiver.
    En dix ans j’aurai tout vu et suis passé par toute la palette des sentiments humains. De la joie à la suite d’une formidable récolte, de l’admiration face à la magie de la cueillette d’un essaim, de la colère, de la tristesse et des pleurs parce qu’un agriculteur irresponsable avait fait son traitement au mauvais moment, bilan un rucher dévasté et un tapis d’abeilles mortes au pied des ruches, ou devant des ruches en parfaite santé encore pleines de miel mais mystérieusement vidés de leurs abeilles, j’ai par bonheur toujours été épargné par la terrible loque américaine.

    Une lueur d’espoir pourtant lors de l’interdiction du gaucho et la mise en place des jachères pour cause de surproduction !!
    Mais l’embellie aura été de courte durée, l’interdiction ont fait long feu on a gardé le poison et changé son nom, et la spéculation et les nécro-carburants sont venus happés les jachères.

    80% de pertes l’an passé aux USA, 50% des colonies restantes n’ont pas passé l’hiver, l’agonie ne devrai plus durer longtemps.
    L’homme dans sa folie aura finalement eu raison face à l’abeille, parfaite depuis le premier jour, 200 millions d’années c’était l’age canonique d’apis mellifica.

    Ignorant celui qui pense que les apiculteurs se complaisent, oui certaines pratiques apicoles sont discutables, nourrisement au sirop, insémination artificiel des reines, croisements hasardeux, etc...
    Pour ma part, ces pratiques me sont inconnues, ces trois dernières années, j’avais même réduit mon intervention au minimum, jusqu’a sacrifier la récolte de miel, utilisé des ruches rondes sans cadre. Rien n’y a fait.

    Aveugle celui qui minimise l’impact du gaucho, c’est de l’imidaclopride dont il s’agit, ça n’est rien d’autre qu’un neuro-toxique, 6 grammes pour traiter un hectare, 3 ans de rémanence, le même que celui utilisé dans les traitements anti-puces vos amis à quatre pattes.
    Au fait, beaucoup d’oiseaux derrière la charrue des tracteurs à la recherche des lombrics ?
    Souvenez-vous des nués de papillon éblouis par les phares des automobiles, pendant les nuit d’été vous pouvez désormais les comptez sans problèmes tellement ils sont devenus rares.
    Je passe sur les 350 000 espèces d’osmies, et autres abeilles menuisières toujours plus rares.

    80% de mes collègues ne savent pas faire la différence entre une guêpe et une abeille et toi ?
    Tu foules du pied un monde dont la beauté, la richesse et l’ordonnancement te dépasse complètement. Tu l’as voulu uniforme et aseptisé ? Tu l’auras ! Aussi vide que ton esprit.

    Il parait évident que c’est une conjugaison de facteurs qui a affaibli les organismes, et qui se traduit maintenant par un effondrement des populations d’abeilles, mais aussi de tout le règne du vivant.
    Déjà dans une vallée en Chine, les hommes en sont réduits à polliniser les arbres à la main suite à la disparition des hyménoptères.

    Comment la grippe de 1918 à pu faire de tel ravage, comment un système immunitaire peut-il s’effondrer ?
    Stress, mauvais traitement et mauvaise alimentation, comme la guerre sait si bien en produire.
    La technique est connu, aussi ravageuse qu’implacable.
     
    Comme Rudolf Steiner avait déjà prévenu en 1923 au sujet de l’alimentation des bovins, d’autres nous ont mis en garde contre la saturation des ondes, système nerveux de la nature.
    Mais il a plus de place pour les sensibles, les originaux, les voyants, les connaissants, juste une voie express vers le néant.

    La chute promet d’être vertigineuse.

    Alors que la seule réaction devrait être la révolte immédiate et le volte-face, le plus grand nombre continue de ne pas se soucier du désastre, ou de le minimiser.

    Tu t’es déresponsabilisé et tu as préféré remettre ton pouvoir entre les mains d’ignorants cupides. Tu pourras toujours t’en prendre à Pierre, Paul ou Jacques.

    Je ne fais désormais plus parti de ce monde, j’ai choisi mon camp, celui de la vie.
    Ma colère est froide, elle est saine, elle est juste et comme Henri Michaux je m’en fait carapace face aux assauts de ton ignorance, de ta glaciale vacuité.

    Homme moderne tes activités sont futiles, ton existence vaine et insignifiante.
    Le froid, la soif, la faim ne seront rien face au grand désoeuvrement qui te guette, la terre va éternuer comme tu éternues pour chasser une poussière qui te gène.
    Ecrabouillé comme ces créatures dont tu t’es arrogé le droit de vie et de mort d’un simple claquement de main, aplati histoire de remettre à sa juste dimension l’étendu de ton pouvoir. Moustique !
    Point d’inquiétude, comme les abeilles, par milliard vous allez mourir car il sera rendu coup pour coup.

    Pourtant la promesse d’un monde meilleur existe, elle est vivante et j’en fait la preuve :
    http://www.dailymotion.com/video/x8...
    http://www.dailymotion.com/video/x8...

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