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Accueil du site > Actualités > Environnement > Nous n’y pouvons rien faire...

Nous n’y pouvons rien faire...

Dennis Meadows est l'un des auteurs de l'étude visionnaire sur "Les limites à la croissance” qui dès 1972 alertait sur le risque d'une crise d'effondrement dans la première moitié du 21ème siècle provoquée par l'épuisement des ressources de la planète.

Voici en exclusivité pour Nœud Gordien la version française de l'interview qu'il accorda à l'occasion des quarante ans de l'étude originelle de 1972.

Le message du septuagénaire n'est pas plus optimiste maintenant qu'à l'époque, et il n'est pas destiné aux petites natures.

Dennis Meadows est l'un des auteurs du fameux livre de 1972 "Les limites à la croissance dans un monde fini". Partant de l'idée de bon sens que la croissance indéfinie est impossible dans un monde fini, les auteurs, un groupe de scientifiques du M.I.T. américain, utilisaient une modélisation des interactions entre ressources, technologie, pollution et population au niveau du monde entier pour tenter de caractériser des "avenirs possibles" du système économique, de la population humaine et de la planète. Leurs résultats les amenèrent à alerter sur le risque qu’en continuant un développement économique sans limite, l’humanité risquait d'épuiser les ressources de la planète et même de dépasser la capacité de la nature à se renouveler elle-même.

L'étude de 1972 a décrit plusieurs scénarios d'évolution possible de l'économie, de la population et des ressources mondiales, chaque scénario correspondant à des choix différents que l'humanité pouvait collectivement faire à partir de 1972. Leur scénario "On continue comme avant", qui correspond grosso modo à ce qui s'est passé par la suite, prédisait que l'approche des limites de la planète commencerait à exercer un fort impact sur la croissance à partir des environs de l'année 2010, impact qui irait ensuite croissant, finissant par déboucher d'ici 2050 au plus tard sur un effondrement, c'est-à-dire une baisse précipitée du niveau de vie et peut-être de la population mondiale, dans une situation d'épuisement des ressources et de l'environnement naturel.

Il est certes permis de mettre en rapport cette alerte précoce avec l'augmentation d'un facteur 2,5 du prix du pétrole depuis 2005, la tendance au plafonnement de la production de carburants liquides, les tensions alimentaires qui se manifestent depuis 2007 ainsi qu'avec la crise financière initiée en 2008 et toujours en cours.

Voici en exclusivité pour Nœud Gordien la version française d'une récente interview de Dennis Meadows, accordée au magazine autrichien Format à l'occasion des quarante ans de l'étude originelle de 1972.

Le discours de Meadows est d'un pessimisme frappant. Il est tentant – et il serait rassurant – de le rejeter d'emblée comme extrémiste. Attention cependant, car Dennis Meadows est tout sauf un excité apocalyptique ! Avoir été à l'origine de l'étude visionnaire des "Limites à la croissance" dès 1972 lui confère une très forte crédibilité. Il mérite d'être écouté, que son regard sur les prochaines décennies soit trop sombre ou qu'il soit justifié, et les questions qu'il pose sont quoi qu'il en soit judicieuses, bien que fort dérangeantes.

La version originale de l'interview est disponible en allemand sur le site de Format.

Une version anglaise est également disponible sur le site Damn the Matrix.

« 

FORMAT interviewe Dennis Meadows, l'un des auteurs de l'étude sur "Les limites à la croissance” il y a quarante ans. Les chercheurs américains y démontraient par un ensemble de modélisations, non la date précise d'une crise d'effondrement, mais le fait qu'au milieu de ce siècle, les ressources de la planète Terre seront épuisées.

Ce livre s'est vendu à 30 millions d'exemplaires et Meadows est aujourd'hui le plus connu au monde des "prophètes du crépuscule". Rainer Himmelfreundpointner de Format a rencontré Meadows lors d'une visite à Vienne pour une interview exclusive. Le message du septuagénaire n'est pas plus optimiste maintenant qu'à l'époque, et il n'est pas destiné aux petites natures.

Dennis Meadows, 70 ans, a ébranlé la croyance en un progrès durable avec son étude, commandée par le Club de Rome, "Les limites à la croissance" il y a 40 ans. Economiste, il a été directeur du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), conférencier et il a enseigné au Dartmouth College et à l'Université du New Hampshire, où il a toujours un cours.

FORMAT : M. Meadows, selon le Club de Rome, nous faisons face aujourd'hui à une crise du chômage, une crise alimentaire, une crise économique et financière mondiale et une crise écologique mondiale. Chacune d'elles est un signal nous avertissant que quelque chose ne va vraiment pas. Quoi au juste ?

Meadows : Ce que nous voulions dire en 1972 dans "Les limites à la croissance(1), et qui est toujours vrai, c'est qu'une croissance physique sans fin sur une planète finie est tout simplement impossible. Passé un certain point, la croissance s'arrête. Soit c'est nous qui l'arrêtons… en changeant notre comportement, ou bien c'est la planète qui l'arrêtera. 40 ans plus tard, nous sommes désolés d'avoir à le dire, mais nous n'avons pratiquement rien fait (2)

FORMAT : Dans vos 13 scénarios, la fin de la croissance physique – croissance de la population mondiale, de la production de nourriture, ou de quoi que ce soit d'autre qui se produise ou qui se consomme – commence entre 2010 et 2050 (3). La crise financière est-elle une partie de tout cela ?

Meadows : Vous ne pouvez pas faire ce genre de comparaison avec notre situation actuelle. Imaginez que vous avez le cancer, et que ce cancer cause de la fièvre, des maux de tête et d'autres douleurs. Ce ne sont pas ces maux qui sont le véritable problème, mais le cancer. Pourtant, ce sont les symptômes que nous essayons de traiter. Personne ne peut croire que le cancer est en train d'être vaincu. Des phénomènes comme le changement climatique et la sous-alimentation ne sont que les symptômes d'une maladie de notre Terre, qui mène inévitablement à la fin de la croissance.

FORMAT : Le cancer comme métaphore de la croissance incontrôlée ?

Meadows : Oui. Les cellules saines s'arrêtent de croître à un moment donné. Ce sont les cellules cancéreuses qui croissent jusqu'à tuer l'organisme. La croissance de la population ou la croissance économique, c'est la même chose. Il n'y a que deux manières de réduire la croissance de l'humanité : réduction du taux de natalité ou accroissement du taux de mortalité. Laquelle préféreriez-vous ?

FORMAT : Personne ne veut avoir à décider.

Meadows : Moi non plus. De toutes façons, nous avons perdu la possibilité de choisir. C'est notre planète qui s'en chargera.

FORMAT : Comment ?

Meadows : Continuons à parler du régime alimentaire. Faites le calcul, prenez la nourriture par personne depuis les années 90. La production de nourriture augmente, mais la population croît plus rapidement. Et derrière chaque calorie de nourriture qui arrive dans les assiettes, dix calories de carburants fossiles ou de pétrole sont utilisés pour la production, le transport, le stockage, la préparation et le traitement des déchets. Plus les réserves de pétrole et de carburants fossiles vont diminuer, plus le prix de la nourriture augmentera.

FORMAT : Ce n’est donc pas un simple problème de distribution ?

Meadows : Bien sûr que non. Si nous partagions équitablement, personne n’aurait faim. Mais le fait est qu’il faut des carburants fossiles comme le pétrole, le gaz ou le charbon pour produire de la nourriture. Et ces ressources diminuent. Que les nouvelles réserves de pétrole et gaz de schiste soient exploitées ou non, le pic du pétrole (4) et le pic du gaz (5) sont dépassés. Cela signifie une pression énorme sur le système tout entier.

FORMAT : Suivant vos modèles la population sera en 2050 aux alentours de 9,5 milliards de personnes, même avec une stagnation de la production de nourriture pour les 30 ou 40 ans à venir.

Meadows : Et cela signifie qu'il y aura beaucoup de gens très pauvres. Beaucoup plus que la moitié de l'humanité. Aujourd'hui il y a une grande partie de l'humanité qui n'est pas nourrie correctement. Toutes les ressources que nous connaissons sont sur le déclin. On ne peut que deviner où tout cela nous mènera. Il y a trop de "si" pour l'avenir : si nous sommes plus intelligents, si il n'y a pas de guerre, si nous faisons une percée technologique. Nous en sommes déjà à ce point où nous ne savons plus faire face à nos problèmes, comment le ferions-nous dans 50 ans quand ils seront plus grands ?

FORMAT : C’est notre manière de faire fonctionner notre économie qu’il faut blâmer ?

Meadows : A propos de notre système économique et financier, il y a quelque chose d'important que l'on oublie. C’est un outil que nous avons développé et qui reflète donc nos objectifs et nos valeurs. Or les gens ne se soucient pas de l’avenir, mais seulement de leurs problèmes actuels. C’est bien la raison pour laquelle nous avons une crise de la dette si grave. La dette, c’est l’opposé du souci de l’avenir. Quiconque s’endette dit : je ne m’occupe pas de ce qui arrivera. Et quand pour beaucoup de gens l’avenir ne compte pas, ils créeront un système économique et financier qui détruit l’avenir. Vous pouvez trifouiller ce système autant que vous voulez. Du moment que vous ne changez pas les valeurs dans la tête des gens, ça continuera. Si vous donnez à quelqu’un un marteau et qu'il l’utilise pour tuer son voisin, il ne sert à rien de remplacer le marteau. Même si vous le lui enleviez il resterait un tueur potentiel.

FORMAT : Les systèmes qui organisent la manière de coexister des gens, ça va et ça vient, ça peut changer.

Meadows  : Mais l’homme reste le même. Aux Etats-Unis, nous avons un système dans lequel il est acceptable que quelques-uns soient immensément riches et beaucoup soient fichtrement pauvres, et même qu’ils soient mal nourris. Si nous continuons à trouver cela acceptable, changer le système n'aidera pas. On en reviendra toujours aux mêmes valeurs dominantes. Ces valeurs ont beaucoup de conséquences sur le changement climatique. Et qui s’en soucie ?

FORMAT : L’Europe ?

Meadows : La Chine, la Suède, l’Allemagne, la Russie, les Etats-Unis et tous les autres ont des systèmes sociaux différents, mais dans chaque pays les émissions de CO2 augmentent, parce que les gens en réalité ne s’en inquiètent pas vraiment (6). 2011 était le record. L’année dernière (7) il y a eu plus de dioxyde de carbone produit qu’à aucun autre moment de l’histoire auparavant. En dépit du fait que tous veulent que ça décroisse.

FORMAT : Qu’est-ce qui ne marche pas ?

Meadows : Oublions les détails. La formule de base pour la pollution en CO2 se compose de quatre éléments. Premièrement le nombre de gens sur Terre. Multipliez par le capital par personne, donc combien de voitures, de maisons et de vaches par personne, on arrive au niveau de vie mondial. Ceci à son tour multiplié par un facteur d’utilisation d’énergie par unité de capital, c’est-à-dire combien d’énergie il faut pour produire des voitures, construire des maisons ou pour nourrir les vaches. Et finalement, multipliez cela par la fraction de cette énergie qui vient de sources fossiles.

FORMAT : A peu près 80 à 90 pour cent.

Meadows : A peu près. Si vous voulez que les émissions de CO2 déclinent, le résultat d’ensemble de cette multiplication doit décliner. Mais que faisons-nous ? Nous essayons de réduire la part d’énergie fossile en utilisant davantage de sources alternatives telles l'éolien et le solaire. Puis nous travaillons à rendre notre utilisation de l’énergie plus efficace, à isoler les maisons, à optimiser les moteurs et tout çà. Nous ne travaillons que sur les aspects techniques, mais nous négligeons complètement le facteur population et nous croyons que notre niveau de vie s’améliore, ou du moins reste le même. Nous ignorons la population et les éléments sociaux dans l’équation, et nous nous concentrons totalement sur la seule résolution du problème du point de vue technique. C'est la raison pour laquelle nous échouerons, parce que la croissance de la population et du niveau de vie sont beaucoup plus grandes que ce que nous économisons (8) par l’efficacité énergétique et l’énergie alternative. Donc les émissions de CO2 vont continuer à augmenter. Il n’y a pas de solution au problème du changement climatique aussi longtemps que nous ne nous attaquons pas aux facteurs sociaux qui comptent.

FORMAT : Vous voulez dire que la Terre va prendre les choses en main ?

Meadows : Les désastres sont le moyen de la planète pour résoudre tous les problèmes. Du fait du changement climatique, le niveau des mers s’élèvera parce que les calottes glaciaires fondent. Des espèces nuisibles se répandront dans les zones où elles ne rencontrent pas suffisamment d’ennemis naturels. L’augmentation de la température mène à des vents et tempêtes massives, qui à leur tour affectent les précipitations. Donc, davantage d’inondations et davantage de sécheresses.

FORMAT : Par exemple ?

Meadows : La terre qui aujourd’hui fait pousser 60 pour cent du blé de la Chine deviendra trop sèche pour l’agriculture. En même temps il continuera à pleuvoir, mais ce sera en Sibérie, et le pays deviendra plus fertile là-bas. Il y aura donc une migration massive depuis la Chine vers la Sibérie. Combien de fois ai-je dit cela dans mes conférences en Russie. Les plus vieux étaient inquiets. Mais la jeune élite a seulement dit : "Qu'est-ce que ça peut me faire ? Je veux juste être riche".

FORMAT : Que faire ?

Meadows : Si seulement je le savais. Nous arrivons à une époque qui nécessite des changements drastiques dans à peu près tous les domaines. Malheureusement on ne peut changer rapidement notre société ni notre système de gouvernement. De toutes façons, le système actuel ne fonctionne pas. Il n'a pas arrêté le changement climatique, ni empêché la crise financière. Les gouvernements tentent de résoudre leurs problèmes en imprimant de l'argent, ce qui entraînera presque certainement quelques années d'inflation très élevée. C'est une phase très dangereuse. Je sais seulement qu’une personne qui vit dans une époque incertaine a le choix entre la liberté et l’ordre, et qu'elle choisit l’ordre. L’ordre n’est pas nécessairement adéquat, ni juste, mais la vie est raisonnablement assurée, et les trains circulent à l’heure.

FORMAT : Craignez-vous la fin de la démocratie ?

Meadows : Je vois deux tendances. D’un côté, la dissociation d’Etats en unités plus petites, comme des régions telle la Catalogne, et de l’autre une superpuissance forte et centralisée. Pas un Etat, mais une combinaison fasciste d’industrie, de police et d’armée. Peut-être y aura-t-il même les deux à l’avenir. La démocratie est en vérité une expérience sociopolitique très récente. Et elle n’existe pas véritablement actuellement. Elle n’a produit que des crises qu’elle ne sait pas résoudre. La démocratie n’apporte en ce moment rien à notre survie. Le système s’effondrera de l’intérieur, non pas à cause d’un ennemi externe.

FORMAT : Vous parlez de la « tragédie des communs » (9)

Meadows : C’est le problème fondamental. Si dans un village tout le monde fait brouter ses vaches sur le pré luxuriant – qu’en Angleterre on appelait «  les communs  » – le bénéfice de court terme va en premier lieu à ceux qui choisissent d’avoir davantage de vaches. Mais si cela continue trop longtemps, toute l’herbe meurt, et toutes les vaches.

FORMAT : Donc il faut un accord sur la meilleure manière d'utiliser le pré. La démocratie dans ses meilleurs jours peut y parvenir.

Meadows : Peut-être. Mais si le système démocratique ne peut résoudre ce problème au niveau mondial, il essaiera probablement une dictature. Après tout, il s’agit de problèmes comme le contrôle de la population mondiale. Nous sommes maintenant depuis 300 000 ans sur cette planète et nous avons gouverné de bien des manières différentes. La plus réussie et la plus efficace a été la tribu ou le clan (10), non les dictatures et les démocraties.

FORMAT : Est-ce qu’une percée technologique pourrait sauver la Terre ?

Meadows : Oui. Mais les technologies ont besoin de lois, de ventes, de formation, de gens qui travaillent avec – je vous reporte à ce que je disais juste avant. De plus, la technologie n’est qu’un outil, comme un marteau, ou un système financier néolibéral. Tant que nos valeurs sont ce qu’elles sont, nous essaierons de développer des technologies qui répondent à ces valeurs.

FORMAT : Le monde entier voit actuellement son salut dans une technologie verte durable.

Meadows : C’est un fantasme. Même si nous arrivons à augmenter drastiquement le rendement de l’utilisation de l’énergie, à utiliser beaucoup plus les énergies renouvelables, et si nous faisons des sacrifices douloureux pour limiter notre consommation, nous n'avons pratiquement aucune chance de prolonger la vie du système actuel. La production de pétrole sera réduite de moitié environ dans les 20 prochaines années (11), même compte tenu de l'exploitation du pétrole de schiste. Tout va simplement trop vite. De plus, le pétrole permet bien davantage de choses que l’énergie alternative. Et on ne peut faire fonctionner aucun avion avec des éoliennes. Le directeur de la Banque Mondiale – qui juste auparavant était responsable pour l’industrie mondiale du transport aérien – m’a expliqué que le problème du pic pétrolier n’est pas discuté dans son institution, c’est tout simplement tabou. De toutes façons quiconque essaie est viré ou muté. Après tout, le pic pétrolier détruit la croyance en la croissance. Il faudrait tout changer.

FORMAT : Dans les dépenses des compagnies aériennes la part des combustibles fossiles est très élevée.

Meadows : Exactement. Et c’est pourquoi l’ère du transport aérien de masse bon marché se terminera bientôt. Cela ne sera accessible que pour les grands empires ou pays. Si vous avez beaucoup d’argent vous pourrez peut-être vous protéger de la pénurie d’énergie et de nourriture. Mais vous ne pourrez pas vous cacher du changement climatique, qui affecte à la fois les pauvres et les riches

FORMAT : Avez-vous des solutions à ces méga malheurs ?

Meadows : Il faudrait changer la nature de l’homme. Nous sommes aujourd’hui programmés de la même manière que nous l’étions il y a 10 000 ans. Si l’un de nos ancêtres était attaqué par un tigre, lui aussi ne se souciait pas de l’avenir, mais de sa survie immédiate. Mon inquiétude est que pour des raisons génétiques nous ne soyons tout simplement pas capables de maîtriser des choses comme le changement climatique de long terme (12) Tant que nous n’apprenons pas à faire cela, il n’y a pas de moyen de résoudre tous ces problèmes. Nous n’y pouvons rien faire. Les gens disent toujours : "Nous devons sauver la planète". Non. La planète va se sauver toute seule. Elle l'a toujours fait. Parfois il y a fallu des millions d'années, mais c'est arrivé. Nous ne devrions pas nous inquiéter de la planète, mais de l'espèce humaine.

 »

 

(1) : "Les limites à la croissance" a été republié en 2004 dans une version mise à jour. Le livre est disponible en français, dans toutes les bonnes librairies.

(2) : L'exemple le plus net d'action commune de niveau mondial couronnée de succès pour changer un comportement dommageable pour l'environnement est l'interdiction des CFC (chlorofluorocarbones), qui a abouti à stopper la dégradation de la couche d'ozone et à laisser les processus naturels la reconstituer. Cet exemple – que Dennis Meadows cite d'ailleurs dans la mise à jour de l'étude en 2004 – mis à part, force est de lui donner raison.

(3) : Des études récentes, telles celle de Charles A. S. Hall et John W. Day (2009) et celle de Graham M. Turner (2012) indiquent que l'économie mondiale suit en effet une trajectoire assez similaire à celle que prédisait le modèle initial des "Limites à la croissance" en 1972.

(4) : La production de pétrole brut a en effet à ce jour été maximale en 2006 et il est tout-à-fait possible que cette année demeurera celle de la production la plus élevée. Le total de production de tous les carburants liquides a continué d'augmenter depuis cette date à rythme lent, mais seulement grâce aux apports du gaz naturel liquéfié, des biocarburants et du pétrole de schiste, ce qui ne saurait continuer bien longtemps ces ressources supplémentaires ayant chacune des limites assez étroites.

(5) : La production de gaz continue d'être en augmentation, même lente. Il est possible que Dennis Meadows anticipe quelque peu sur ce point.

(6) : Les émissions de gaz carbonique (CO2) ont en effet continué imperturbablement d'augmenter, quelles que soient les grandes intentions affichées par les uns ou par les autres.

(7) : Il s'agit de l'année 2011. Cependant, l'année 2012 a vu des émissions encore plus élevées, et 2013 a battu le record établi en 2012.

(8) : Dennis Meadows fait probablement ici référence au paradoxe de Jevons, qui a pour conséquence qu'une augmentation de l'efficacité énergétique peut paradoxalement résulter en une augmentation de la consommation totale d'énergie.

(9) : Un classique de l'étude économique : en l'absence d'accord mutuel régulant l'utilisation d'une ressource commune limitée, les personnes les plus dépensières utiliseront sans limite cette ressource, jusqu'à l'épuiser ou la dégrader complètement.

(10) : La plus réussie en terme de simple durée : tribus et clans existent depuis des dizaines de milliers d'années, les nations, cités, royaumes et empires seulement depuis des millénaires. Quant aux autres critères de succès, nous nous garderons de suivre Meadows sur ce point.

(11) : Sur le sujet du pic pétrolier, il est utile de consulter le dossier réuni par Matthieu Auzanneau du blog "Oil Man"

(12) : Ni le respect des limites de la nature, ni la planification de très long terme ne sont hors d'atteinte de l'humanité. A preuve la gestion prudente de leurs ressources par la plupart des communautés paysannes traditionnelles. A preuve la forêt de Tronçais plantée au XVIIème siècle sur ordre de Colbert qui s'inquiétait de ce que l'épuisement des forêts priverait la Marine du Roy de bois pour ses bâtiments vers l'année 1900, soit plus de deux siècles plus tard !

La question posée par Dennis Meadows est cependant troublante et difficile car pour gérer prudemment les ressources et l'environnement naturel mondial sur le long terme, c'est à l'échelle de l'humanité qu'il serait nécessaire d'agir, non à celle d'un groupe de villages ou d'une seule nation. Or la coopération internationale a été pratiquement toujours défaillante sur le sujet, et ceci depuis des décennies.

 

Traduit et reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur. Les notes sont de Nœud Gordien. Toute erreur dans la traduction serait de la seule responsabilité de Nœud Gordien.

 

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115 réactions à cet article    


  • jako jako 19 février 2014 09:16

    Tout à fait ce que je pense, trop tard, un grand merci à vous


    • lsga lsga 19 février 2014 18:01

      Ah oui ?

       
      Donc :
      « un groupe de scientifiques du M.I.T. américain, utilisaient une modélisation des interactions entre ressources, technologie, pollution et population au niveau du monde entier pour tenter de caractériser des »avenirs possibles« du système économique,  »
       
      Ils ont pensé à prendre en compte les ressources du Système Solaire dans leur calcul ? Genre les 1,43128×10 puissance 15 Km cube de Deutérieum de Jupiter ?
       
      HEY :

    • Jean-Philippe 19 février 2014 20:13

      Bonjour,

      Isga, vous irez les chercher vous-même, les ressources du soleil.


    • lsga lsga 19 février 2014 21:44

      Non, ce sont les allemands et google qui le font pour tout dire :

       
       
      cela devrait permettre de décupler la production énergétique mondiale d’ici les années 50. 

    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 19 février 2014 21:46

      Ouais ,l’avenir de l’énergie c’est le barbeuc solaire géant ...


    • lsga lsga 19 février 2014 22:27

      magnifique n’est-ce pas ?

       
      Ivanpah : le 1/4 de la production énergétique d’un EPR pour le dixième du coût de fabrication et le 100ème du coût d’entretien.
       
      Un seul problème : cela ne permet pas de fabriquer des bombes (la vrai raison d’exister du nucléaire « civil »)
       

    • Alexis Toulet Alexis Toulet 20 février 2014 17:45

      Isga,


      Ivanpah est un projet impressionnant. Mais :

      - Sa production annuelle n’est pas 25% de celle d’un EPR, mais environ 9% - ce n’est pas la puissance-crête qu’il faut comparer mais la production sur une année complète, car contrairement à une centrale nucléaire qui fonctionne 85% du temps, une centrale solaire ne fonctionne que lorsque le soleil brille

      - Son coût n’est pas 10% de celui d’un EPR, mais environ 40%. Son budget est en effet de 2,2 milliards $, tandis qu’un EPR coûte 4 milliards € (contrat avec la Chine : 8 milliards pour en construire deux)

      - Son coût d’entretien n’est pas connu, mais n’est certainement pas égal à « 1% » de celui d’un EPR. L’entretien de milliers de miroirs chacun avec son mécanisme d’orientation en temps réel n’est certainement pas à sous-estimer, il resterait à voir si c’est moins cher ou plus cher qu’entretenir un réacteur nucléaire. Le prix du combustible nucléaire quant à lui n’est qu’une toute petite partie du prix de l’électricité produite : en comparaison de son contenu énergétique, l’uranium est extrêmement bon marché

      - Sa durabilité reste à évaluer. Un réacteur nucléaire fonctionne 50 à 60 ans, tandis que les panneaux solaires ont une durée de vie de 20 ans en général. S’agissant de miroirs comme pour cette centrale thermique, c’est à voir. Si leur durée de vie est nettement inférieure à 50 ans, il faut les remplacer, ce qui revient pratiquement à payer une seconde fois la centrale pour comparer avec le service rendu par une centrale nucléaire

      - Si un réseau électrique doit être alimenté principalement par du solaire ou de l’éolien, plutôt qu’à la marge comme c’est le cas aujourd’hui, il faut prévoir une solution de stockage de l’énergie pour qu’il y ait du courant dans le réseau la nuit aussi, quand il y a des nuages aussi, quand il n’y a pas de vent aussi... Les solutions techniques qui permettraient un stockage de masse à l’échelle nécessaire n’existent pas (encore ?). Leur prix se rajouterait à celui des centrales de production elles-mêmes

      Ce n’est pas pour dire qu’il ne faut pas faire de solaire, surtout thermique. Des projets pilote, de la recherche et technologie c’est utile : on ne sait jamais, si on réussissait à faire des innovations fondamentales, qui changent tout ?

      Simplement qu’il ne faut pas trop en attendre. En l’état actuel et en l’état prévisible des technologies et des prix pour la production solaire comme pour le stockage de l’électricité, les renouvelables ne sont pas crédibles pour produire une part importante de l’électricité.



    • lsga lsga 21 février 2014 16:07

      Alexis, Andasol et Invanpah ne sont que des PROTOTYPES. Les prochains modèles feront des dizaines de fois leurs tailles, et leur productivité sera encore accrue. 

       
      Les centrales EPR actuellement ne produisent absolument AUCUN Kilowat, pour des dizaines de milliards d’euros engloutis.
       

      Bref : AREVA va faire faillite. Le modèle nucléaire n’a AUCUN intérêt. C’est un veille technologie désuète, tout juste bonne à fournir la matière première des bombes atomiques...
       
      Bref : Google et les allemands vont bouffer le marché mondial de l’énergie, pendant que les français auront gaspillé leur argent dans la recherche nucléaire. 


    • Alexis Toulet Alexis Toulet 21 février 2014 17:18
      Prototypes j’entends bien, mais je ne vois aucune raison d’espérer une diminution significative du coût de production du kWh si ce genre de centrales se multipliait. En l’état, c’est beaucoup plus cher que le nucléaire, même sans tenir compte du coût de l’intermittence... qui n’est pas encore connu puisqu’on ne connaît pas encore de solution pour y faire face à grande échelle !

      Le coût de démantèlement des centrales nucléaires n’est qu’une faible partie du coût total de l’électricité produite, il ne change pas la comparaison globale. Encore moins le coût du stockage long terme qui est relativement faible : un seul site pour la France, et tous les déchets de très longue vie stockés ad vitam aeternam dans une couche géologique ultra-stable, sans plus besoin de surveillance.

      Concernant l’Allemagne, l’effort massif qu’elle a entrepris de transition vers éolien et solaire aux dépens du nucléaire a eu pour résultat d’y augmenter grandement le coût de l’électricité et d’y empirer les rejets de CO2 déjà largement plus élevés que les nôtres. Ce dernier point du fait des centrales à charbon utilisées pour pallier l’intermittence des renouvelables... 

    • lsga lsga 21 février 2014 18:24

      vive le blabla...

       
      Le coût de démantèlement des centrales nucléaires anglaises est estimé à 103 milliards d’euros. 
       
      Ce n’est pas rentable. 
       

      Le nucléaire va disparaître par la seule loi du marché. Les seuls à acheter du Nucléaire civile aujourd’hui sont ceux qui veulent faire du nucléaire militaire. 

    • Ecureuil Bleu Ecureuil Bleu 21 février 2014 18:52

      Le nucléaire n’est clairement pas une solution « longtermiste », excepté pour la production des déchets. 


      Le démantèlement implique la production d’autres déchets, qui ne seront pas stockés à Bure. L’extrême stabilité du site de Bure est d’ailleurs plus que contestable. Personne ne peut dire ce qu’il en sera dans 500 ans, ni même dans 50 ou 100.

      Coût d’une catastrophe majeur estimé par l’ASN : 1500 milliards d’euros. Le risque existe et l’enjeu n’en vaut pas la chandelle. Bref...

    • herbe herbe 21 février 2014 19:21

      Isga je vous entends bien !

      à une exception, français et allemands vont travailler ensemble (enfin ?) :

      Au passage merci à l’auteur pour l’article...

    • Alexis Toulet Alexis Toulet 23 février 2014 11:40

      Isga,


      La Cour des Comptes évaluait en 2012 le coût futur de démantèlement des centrales existantes à 32 milliards d’euros. Voir page 86 de leur rapport.

      Compte tenu d’une puissance installée de 60 GW, d’un temps de fonctionnement annuel de 7500 heures, pendant une durée de 50 ans, la production se monte à 22,5 trillions de kWh. Le coût du démantèlement représente donc 0,14 centimes par kWh. C’est à dire une faible partie du coût total de l’électronucléaire, lequel est très inférieur au coût des centrales solaires dont vous parliez, même sans prendre en compte le coût de la gestion de l’intermittence, dont vous évitez de parler... par oubli ou parce que le sujet vous embarrasse ?

      La Cour des Comptes est chargée de pointer tous les coûts de l’Etat, et ils sont généralement sans pitié pour les risques de dérive, tout en étant qualifiés pour les étudier en détails. C’est donc l’institution la plus crédible pour obtenir des chiffres un peu fiables.

      Cependant, même en prenant l’estimation que vous citiez soit 103 milliards pour le démantèlement, on n’arriverait qu’à 0,45 centimes par kWh, toujours beaucoup trop faible pour que l’électronucléaire ne soit pas la meilleur marché des énergies électriques, à la seule exception de l’ultra-polluant charbon.

      Respectueusement, avant de faire des conclusions sur la rentabilité... je conseille de sortir la calculatrice smiley !

    • nenyazor 19 février 2014 10:09

      Et pendant ce temps la, on nous parle des JO, de Julie Gayet, des impôts et tout ca...
      Et pendant ce temps la, on ne se pose pas de question sur le remède miracle à « la crise » qu’est la croissance, sur la possibilité qu’elle revienne et sur la désirabilité de la chose.
      Et pendant ce temps la, on fait des prévisions à 50 ans sur telle ou telle chose...


      • Abou Antoun Abou Antoun 20 février 2014 10:25

        Dame Croissance, une autre maîtresse de F. Hollande, mais qui le fait attendre...


      • bernard29 bernard29 19 février 2014 10:39

        Oui, notre civilisation est condamnée. Il faudrait préparer la suivante, mais pouvons nous le faire. Généralement, les civilisations nouvelles ne naissent qu’avec les survivants du cataclysme humain de la civilisation précédente. 


        • Le printemps arrive Le printemps arrive 19 février 2014 13:38

          La suivante est déjà en cours, elle met en colère ceux qui veulent rester dans les anciens schémas.

          Des gens qui ont basculé dans un autre paradigme existent déjà, on les appelle des fous, des utopistes.
          Leurs modes de pensées met leurs interlocuteurs bloqués en dissonance cognitive.


        • 1984 19 février 2014 14:51

          « les civilisations nouvelles ne naissent qu’avec les survivants du cataclysme humain de la civilisation précédente. »

          Oui Bernard, généralement ça se passe comme ça. Mais là nous avons verrouillé la situation avec le nucléaire.
          C’est triste à dire mais l’humanité est fichu à très court terme.


        • Abou Antoun Abou Antoun 20 février 2014 10:29

          Il faudrait préparer la suivante
          Désolé mais l’espèce humaine n’est pas concernée par la suivante.


        • Antoine Diederick 19 février 2014 10:50

          Merci de revenir sur ce sujet.

          La crise actuelle devrait nous inciter , toutes convictions mélangées et différentes, à poser à nouveau les questions importantes. J’écris « toutes convictions mélangées » car la problématique de la surconsommation mondiale et de l’épuisement des ressources dépasse de loin les oppositions dues aux clivages politiques. De plus, la maximisation des profits financiers et la minimisation des désagréments — chers au modèle actuellement en cours — au détriment d’une approche nouvelle est réel.

          Nous devrions tous être des « écologistes » si ce mot veut encore dire quelque chose....

          Une gestion nouvelle, s’inscrit dans le « temps long » et de citer comme vous l’exemple des chênes de Colbert.

          Mais il est vrai que l’Homme souffre de vacuité et il faut qu’il se remplisse avec gourmandise jusqu’à une satiété maladive, c’est presque orgiaque.

          Je ne suis pas trop pessimiste pourtant.


          • ZenZoe ZenZoe 19 février 2014 10:52

            Article fascinant.
            Pour moi, le début de la fin est à situer au milieu des années 70, avec les chocs pétroliers qui ont été un vrai système d’alarme. Là, avant la dégringolade généralisée, les tensions, les dérives, était une occasion unique de repenser notre sytème en profondeur. Certains ont tenté autre chose dans leur coin, on les a appelé les hippies. Mais, dans l’euphorie d’un monde encore prospère, le reste de la société ne les a jamais vraiment suivis et les hippies ont largement disparu.
            Une occasion ratée, et maintenant, on voit bien qu’il est trop tard. Agir dans l’urgence ne donne jamais rien de bon.


            • jako jako 19 février 2014 10:56

              Bonjour Zenzoe, non c’est bien plus ancien que cela, cela remonte au début des industrialisations 18eme siècle, par contre les possibilités offertes par le développement des transports (début 20ème ) ajouté aux communications modernes qui ont rendu la planète minuscule, cela a explosé effectivement depuis 1990


            • Le printemps arrive Le printemps arrive 19 février 2014 13:27

              Non... cela remonte à 2000 ans.... à 3000 ans etc...

              Et si l’on vivait pleinement l’instant présent ?


            • Jean-Philippe 19 février 2014 20:19

              Bonjour,

              ZenZoe, c’est en effet vers le début des années 1970 que les chose ont commencé à se gâter, avec des crises successives qui ont engendré l’endettement des Etats, devenu irréaliste aujourd’hui. Depuis 2008, c’est la création monétaire, autrement dit la planche à billet qui a permis au système de continuer. Mais gare, on approche de la fin de la fuite en avant, le vide nous appelle ...


            • Neymare Neymare 19 février 2014 11:42

              "Mais il est vrai que l’Homme souffre de vacuité et il faut qu’il se remplisse avec gourmandise jusqu’à une satiété maladive, c’est presque orgiaque."
              Meadows le souligne : toutes les politiques ne serviront à rien tant que l’homme n’aura pas changé au fond de lui meme.
              L’homme actuelle est dans l’illusion la plus totale : il croit qu’il est séparé, individualisé de tout le reste de la nature. C’est une illusion, quand on prend les mesures pour changer, notre esprit change et sa perception des réalités change aussi : il se décentralise de lui meme et se rend compte qu’il est à la fois partie du système et le système tout entier (système au sens de nature).
              Cette gourmandise de l’humain liée à sa peur, et/ ou à son désir de sortir de la masse est tout simplement une pathologie du psychisme.
              Alors oui, tout va s’effondrer, ça ne fait plus de doute, puisque de toute façon l’homme va rester le meme, et ce sont ceux qui auront changé qui seront intégrés à la prochaine civilisation


              • howahkan howahkan Hotah 19 février 2014 13:17

                Salut Jean....

                je trouve juste ces mots : pathologie du psychisme

                une question dont la réponse sera visible au moment ou ca se passe c’est quelle est la forme que va prendre l’inévitable chute de ce vieux monde, condamné des le premier jours..des ses premiers pas....

                bon on en reparlera surement.

                ciao


              • howahkan howahkan Hotah 19 février 2014 13:32

                la cause originelle est bien sur dans le fonctionnement défectueux de notre psyché ..ce sera toujours un non sujet , mais on va y être forcé car L’ Univers ne nous laisse aucun choix je pense, la partie analytique du cerveau livré a elle même, ne peut que produire tous ces désastres et non vie ,et pour moi de ce que j’ai vu, ceci est « fait exprès » pour nous pousser a faire quelque chose de tres spécial que le cerveau analytique ne peut faire sans y être forcé, renoncer en voyant qu’il est le créateur de cette démence à son pouvoir dictatorial ....Étape inévitable : la douleur de vivre cette vie « analytique ». à l’intérieur qui est la démence extérieure bien sur.

                la douleur psychologique d’une vie absurde et démente toujours nié et refusé que l’on essaye de fuir en permanence est LE symptôme d’erreur mais il est plus que cela pour moi par expérience car elle est, si laissée libre ,, aussi un révélateur ; elle a aussi un rôle catalyseur d’éveil de ce qui nous est pour le moment encore inconscient..long sujet.....mais ca n’est pas une découverte en soi bien sur..tout est déjà je pense...l’excellent bouddha et d’autres ont étrangement ont tous vu la même chose par et pour eux même....fini le maitre et l’esclave j’apprends par moi même, il n’y a pas d’autres possibilités ..mais cela dit il s’agit plus de révélation qu’autre chose..tout est déjà la en fait

                que de milliards de vies gâchées ,détruites, ............

                salut


              • Neymare Neymare 19 février 2014 15:03

                Salut Howahkan
                Je suis d’accord avec ton analyse, néanmoins, peut on parler de vies gachées ? La vie dans le mental ordinaire tient souvent plus de la survie que de la vie elle meme, tant l’expérience est « transcendée » quand on est vraiment. Mais avant d’en arriver là, l’ame doit apprendre à se sortir de la gangue de l’esprit ordinaire, et chaque vie est un pas vers cet affranchissement.
                C’est la meme chose individuellement que collectivement (les mécanismes généraux sont les memes à tous les niveaux) : la situation dans laquelle l’humanité se trouve est certes « pourrie », mais elle représente un pas important dans son évolution. Ainsi par exemple, et comme Meadows le mentionne, l’homme est en train de se rendre compte qu’il doit changer. Aurait il eu cette prise de conscience il y a un siècle ou 2 ? non
                C’est pourquoi, à mon sens, quels que soient les évènements individuels ou collectifs que nous sommes amenés à vivre, meme si on a l’impression de se perdre, c’est toujours positif, il n’y a rien de négatif dans le logos qui nous conduit lentement mais surement vers l’accomplissement


              • Abou Antoun Abou Antoun 19 février 2014 18:45

                L’homme actuel(le) est dans l’illusion la plus totale : il croit qu’il est séparé, individualisé de tout le reste de la nature.
                Ce sont, en particulier, les religions monothéistes qui maintiennent ces certitudes.


              • howahkan howahkan Hotah 19 février 2014 19:13

                Re..............

                Je parlais des vies gâchées dans des meurtres de masse par exemple, des guerres toujours pour le profit, des gens torturés tu vois c’est de cela dont je parle, de ces extrêmes qui se poursuivent aujourd’hui pour le bien être occidental et des financiers.....plein de gens n’ ont pas eu de chance à cause de la barbarie , et l’occident n’est pas en reste...

                Alors d’après ce que je« vois » il n’y a aucune évolution psychologique, quand à l’évolution physique il serait question de changement, la graine est l’arbre ..l’évolution qui sous tend un progrès un mythe faux ?? c’est une possibilité sérieuse, les moments profonds s
                que j’ai eu avec cette énergie étrange ont montré que Mère Nature ne « raisonne » pas à notre niveau analytique personnel mais global, elle ne mets rien avant autre chose, notre cerveau dont une partie ne marche pas ne peut saisir cela, car lui compare et va en guerre ..il y a avant tout le global qui inclut le particulier, il n’y aurait jamais rien eu comme matière si le global ne préexistait pas .....ca demanderait une rencontre réelle asse longue pour dire ce qui amène tout cela..cela dit ca n’est pas vital pour un changement radical. il n’y aurai tout simplement pas d’évolution du tout..mais changement anticipé le début contient la fin ...................des le début....

                Pas de prise de conscience il y a 1 ou 2 siècles.... ? là je ne sais rien du tout.....y a t’il prise de conscience aujourd’hui ou peur de perdre un confort occidental ?

                Il n’ aura peut être pas nécessairement accomplissement, il peut y avoir le pire qui détruit une fois de trop aussi..la vie d’un cerveau binaire contient les deux cotés...ceci pour moi est une inconnu....et doit le rester ; vivre le futur est une catastrophe pour nous en fait..

                bon un peu vite et en vrac , en fouillis , voir pire comme d’hab.....

                je te salue.....


              • Jean-Philippe 19 février 2014 20:34

                Bonjour,

                Howahkan Hotah, selon mes connaissances, ce c’est pas notre psychisme, mais nos gènes, qui posent problème. Et ce n’est pas un problème simple, car si nos gènes ne nous invitaient pas à nous reproduire et progresser, notre espèce n’aurait pas fait long feu dans le combat pour la survie qu’elle a eu à livrer et encore aujourd’hui, elle ne durerait probablement pas. Le problème, c’est plutôt que nous avons tellement bien réussi (à nous reproduire et modifier l’environnement dans le sens de notre confort matériel) que nos modes comportementaux finissent par n’être plus adaptés à notre environnement (par notre nombre, d’une part, par les modifications volontaires ou non de notre environnement, d’autre part). Le rappel à l’ordre risque d’être brutal, et bien plus rapide que les gens ne l’imaginent.

                 


              • howahkan howahkan Hotah 20 février 2014 08:26


                Salut jean Philippe....

                je n’ai aucune connaissance en gènes , ce que je dis vient de vision qui se produisent involontairement depuis que j’ai eu une expérience dite de kundalini et bien plus ...je n’ai rien de solide derriere ce que je dis,et je ne cherche pas d’ailleurs à prouver mais juste à dire ...pour moi même çà a été et est un tournant radical dans le sens de passer de survivre à vivre, et encore tout n’est pas aussi net que les mots le disent vivre n’est pas 1+1 = 2 .....ce sont deux choses totalement différentes et dans notre cas totalement liées egalement, sans survie pas de vie, mais sans vie la survie n’a pas le sens , elle est aveugle et destructrice ..la partie du cerveau qui ne marche plus chez nous que je sais par experiences (donc on régresse psychologiquement))comprends directement sans aucune interprétation, ne compare pas ne donne pas de valeurs et est potentiellement directement reliée avec TOUT..... ni ne mets en avant de priorité personnelle , de confort absolu, qui est quête de sécurité etc etc et va bien au delà , en « communion avec »quelque chose de tres étrange, profondément en paix, au delà de nos vies mesquines de « moi je »,..la partie de cerveau qui nous reste perverti tout ce qu’elle touche, non pas intentionnellement mais par ignorance du TOUT, de sa nature et des effets dévastateurs qu’elle engendre y compris la souffrance personnelle que l’on essaye de fuir en pensant que ca n’est pas moi et qu’il y a d’un coté moi et de l’autre la souffrance ,or c’est une seule et même chose..LA faute majeure qui empêche l’ouverture du cerveau entier entre enfance et pseudo vie adulte...bien sur tout cela va correspondre à de la matière organique, à des câblages etc etc, , des gènes ,des cellules etc etc mais ceci n’est que l’ordinateur et qui est vital , l’interet est dans le fonctionnement lui meme et non pas dans comment et de quoi est faite la machine, ce qui n’est pas du tout de notre competence, contrairement à ce que certains aimerait a penser...nous dysfonctionnons sauf d’aimer la barbarie et peu importe que ce soit du à des gènes ou autres, car on ne peut jouer au créateur , ce que qu’on essaye de faire malgré tout en continuant à penser que nous n’y sommes pour rien et que l’on peut tout réparer sans jamais être concerné personnellement ,chacun considère que le problème c’est tout, les autres compris sauf MOI.., car note vie , on ne le sait pas,mais elle n’est que tentative de fuite de soi même dans le futur qui n’existe pas...comme absence d’intelligence ça se pose un peu là smiley....tres long sujet de toute une vie..mais comme on ne vit pas selon ce que je vois pour moi même,

                merci et salutations......


              • Alexis Toulet Alexis Toulet 20 février 2014 18:00

                Jean-Philippe,


                Je ne trouve pas du tout crédible l’idée que les gènes détermineraient notre comportement de manière si étroite.

                L’homme préhistorique chasseur-cueilleur et le salarié d’une multinationale aujourd’hui, Léonard de Vinci et le militant fasciste inculte et brutal, Jésus-Christ et Gengis Khan... partageaient tous les mêmes gènes. Ceux dont nous avons aussi hérité.

                Nous avons à coup sûr la capacité de réagir à cette crise.

                Naturellement, cela ne veut pas dire que nous éviterons une phase d’ « impact » chaotique, dangereuse et probablement très destructrice, avant de véritablement comprendre ce qui nous arrive et de trouver quelle voie choisir.

                Et cela ne veut pas dire que nous pouvons réagir à cette crise tout en restant les mêmes... Dennis Meadows a bien raison à mon sens de poser la question de nos valeurs : le long terme ou le court terme ? mon petit monde ou bien non seulement toute l’humanité mais encore tout le monde vivant ? la solidarité ou l’égoïsme ? Si nous savons choisir nos valeurs et nous y tenir avec courage - y compris contre nous-mêmes - nous prendrons une meilleure direction et nous accepterons de changer autant qu’il le faudra, supportant stoïquement autant que nous ne pourrons les éviter les conséquences de nos errements et de nos étourderies.

                Changer de valeurs, au niveau individuel, et ensuite comme par conséquence au niveau collectif, voilà quelque chose de difficile !

                En revanche, c’est quelque chose de possible. Meadows a raison de dire que c’est indispensable.

              • Jean-Philippe 20 février 2014 19:42

                bonjour Alexis Toulet.

                Vous pouvez croire ce que vous voulez, mais la question du comportement humain, j’ai passé ma vie à l’explorer, tant au niveau théorique (Psychologie, sociologie, éthologie, sciences cognitives ...) qu’au niveau pratique, par une carrière dans le secteur social et son encadrement, et une pratique personnelle riche. Si bien que sans prétendre détenir une vérité en la matière, je puis vous assurer que je pourrais néanmoins lourdement argumenter mon positionnement, et je le ferai sans déplaisir si cela vous intéresse, ce qui est rarement le cas ...
                Alors, le comportement humain est parfaitement en ligne avec une modélisation datant d’une trentaine d’année, nommée « sélection de parentèles », qui stipule grossièrement que les espèces vivantes agissent en toute circonstances en vue de favoriser la transmission de leurs gènes, en se référant inconsciemment à leur apparentement au sein de leur environnement.
                La manière dont on passe des gènes aux comportements est chimique, via une structure instinctive héritée, elle même régulée au niveau hormonal. C’est sur cette structure de base que viennent se greffer nos comportements « évolués », du niveau acquis culturels, ou issus de notre conscience, lesquels ont en fait été sélectionnés au cours du processus d’évolution par le bénéfice de la souplesse qu’ils apportent, dans l’objectif ... d’une transmission de nos gènes plus efficace.
                Mais lorsque l’on entre dans le vif du sujet, il y a peu de doutes que ces niveaux « évolués » sont de fait assujestis au niveau instinctif de base, lequel ne se révèle de nos jours que sous un stress extrême.
                Une telle représentation est peu entendable par le profane, dans le sens où elle prive celui-ci (et pas que lui) d’une liberté d’action dont il croit bénéficier mais qui n’est qu’une illusion. Elle a aussi pour conséquence de priver, à ce jour et vu son peu de conscience de cet état de fait, l’Homme de toute capacité d’infléchir la trajectoire qui lui est tracée par son génome. Et en ce sens, Dennis Meadows aura probablement raison, et bien plus tôt que les gens ne l’imaginent ...


              • spartacus spartacus 19 février 2014 13:21

                Meadows n’est pas une « nouveauté ». il a juste négligé les bases fondamentales de l’économie.


                1-En économie, les ressources ne sont pas jamais « naturelles » mais « crées » par l’homme ou les besoins économiques.

                Telle matière première clairement identifiée (le charbon, le pétrole, etc.) est évidemment limitée et donc épuisable. Mais qui décide qu’un matériau est une ressource ? L’homme. L’économie est un flux qui s’adapte aux changements de ressources. La ressource du mammouth est épuisée depuis longtemps, même si elle a permis a des générations d’hommes de vivre. Le monde a régulièrement changé de ressources. Le Schiste a fait en quelques années des USA un pays dans les premiers producteur d’hydrocarbures.

                On n’exploite même pas 0,1% des matériaux présents dans les profondeurs de la terre et des océans. Et l’espace n’a jamais fait l’objet d’exploration (Titan dispose de mers d’hydrocarbures).


                2-La croissance est le fait de l’innovation, elle est par essence imprévisible. 

                L’énergie du pétrole a dopé la croissance en multipliant l’énergie par10 et passé d’une économie de l’énergie du cheval au moteur à explosion. Le téléphone portable, Internet créent actuellement de nouvelles formes de croissances. Qui imaginait à l’époque de Meadows que la croissance en 2014 est plus portée par l’immatériel ? Contrairement au passé ou l’énergie fossile était l’élément principal la produisait. (Google, Facebook etc..).


                Rassurons les lecteurs, les ressources existeront pour des millions d’années encore, la croissance créera encore des révolutions, par chocs successifs, plus ou moins forts faisant des générations avec beaucoup de croissance et d’autres avec beaucoup moins. 


                • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 19 février 2014 13:31

                  « Rassurons les lecteurs, les ressources existeront pour des millions d’années encore »


                  Pour des millions d’années et pour des milliards d’être humains avides et stupides ? Faut pas trop rêver. 

                • Le printemps arrive Le printemps arrive 19 février 2014 13:31

                  « La croissance créera » : c’est qui « la croissance » un être indépendant, magique qui s’occupe de tout ?


                • Antoine Diederick 19 février 2014 13:48

                  si me souviens bien le postulat premier de l’économie politique :

                  (c’est en exergue de tous les bouquins de cette science humaine)

                  les besoins de l’homme sont illimités et les ressources pour satisfaire ces besoins sont limités.

                  donc, c’est une invitation à aménager nos besoins en fonctions de nos ressources... ?

                  après, il y a beaucoup d’économétries performatives ou idéologiques autour des concepts de l’économie politique...


                • Antoine Diederick 19 février 2014 13:49

                  c’est pour Spartacus ...ce post


                • Rudolph 19 février 2014 14:50

                  +1 Spartacus
                  Les malthusiens sont fatigants. Malthus pensaient que 800 millions d’humains c’était trop car il n’y avait pas assez de bois. Heureusement que l’on élève au rang de ressources des choses qui ne le sont pas.
                  C’est sûr que la fission nucléaire au thorium, voire la fusion nucléaire, cela ne vous intéresse pas... Vous n’avez qu’à vous suicider si vous vous considérez être de trop !
                  Allez-y, sortez donc par la petite porte, je vous en prie ! Votre intelligence n’élevera pas l’humanité au dessus des contraintes qu’elle rencontrera invariablement et doit surmonter toujorus. Les espèces qui n’en sont pas capables disparaissent effectivement. On ne compte pas sur vous les malthusiens.

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