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Accueil du site > Actualités > International > Afghanistan : alliances variables et trahisons

Afghanistan : alliances variables et trahisons

Le compromis que le gouvernement pakistanais voudrait passer avec les talibans s’inscrit dans la tradition des clans, essentiellement pachtouns, qui ont rendu ce pays ingérable depuis des décennies.

 Le partage de l’espace afghan et nord pakistanais -les fameux territoires autonomes »- par les clans, a toujours été le produit de négociations, d’alliances éphémères aussitôt trahies, et des combats plus ou moins importants. Mais ce qui était un négoce de rapports de force traditionnel est devenu, surtout après l’invasion soviétique un mécanisme d’alliances régionales, comportant des combinaisons instables, des renversements d’alliances, et surtout les enjeux économiques et de gestion régional ont créé une situation qui sapait et sape toujours l’Afghanistan dans son ensemble. Après le départ soviétique et le désengagement américain, ce jeux clanique s’est transformé en une guerre de chefs qui a finit par détruire ce qui restait debout dans ce pays, son identité de nation incluse.

Les talibans ont joué pleinement le jeu des alliances. Ce qui apparaissait comme une vague militaire indestructible, était en effet un ralliement au plus offrant, des petits chefs au début puis des grands caciques. Les combats, impressionnants parfois, jouaient surtout le rôle de levier pour les alliances. Ainsi, et quoi que l’on dise, le pays n’a pas été militairement conquis, mais plutôt bradé par les chefs tribaux.

Il est incontestable que l’administration des talibans, en mettant fin aux guéguerres des caciques a été un soulagement pour la population. Cependant, le fait religieux, surtout chez les pachtouns, n’était pas l’essentiel. Ils n’étaient pas moins fondamentalistes, et leurs traditions féodales n’avaient rien de différent. Ce ‘est pas le cas pour les hazâras, et les ouzbeks (Dostom, le maître de Mazâr-E Sharif était un colonel affairiste adorant l’alcool). Chez eux, les talibans sont entrés par négociation ou renversement d’alliances. Par contre, les tadjiks de Massoud étaient tout aussi « croyants ».

L’opium non plus, n’était pas l’issue. A l’époque, la talibans jouant les Nations Unies contre les Etats Unis, avaient quasiment éradiqué l’opium, tandis que les tadjiks, faute d’un financement extérieur, avaient multiplié les cultures, participant -avec Dostom- à l’ouverture du grand marché de l’Asie centrale et à l’émergence d’une nouvelle route de l’héroïne vers la Russie et l’Europe. 

Aujourd’hui, les choses se sont renversées : les talibans, pour se créer une nouvelle assise et un bouclier, défendent les cultures en opposant les paysans et les chefs tribaux aux occidentaux et au pouvoir central. Rien de nouveau sous le ciel afghan.

Le gouvernement central et les occidentaux, ne gèrent pas aujourd’hui différemment ce pays : ils passent des accords et des alliances, avec des chefs tribaux qui ne sont en rien différents des talibans. Et qui en sus, sont des producteurs d’opium. Les empêcher de le faire c’est les jeter aux bras des « étudiants en théologie ». Les laisser faire, c’est aiguiser des nouvelles guerres de territoire, des nouvelles trahisons, des nouveaux renversements d’alliances et se mettre à porte à faux avec une des raisons essentielles de l’intervention de l’alliance. La boucle est bouclée. 

Les talibans n’ont jamais perdu la guerre. Ils ont changé de chapeau, et se sont dispersés, se réfugiant, le temps de l’intervention, du côté des territoires autonomes pakistanais. Terre pachtoun elle aussi, tout aussi fondamentaliste. En traversant une frontière poreuse et essentiellement symbolique ils ont trouvé, pendant des années, la tranquillité, et ont confirmé les caciques et les chefs religieux locaux. Aujourd’hui, ils négocient leur non-intervention en échange de la mise en place de la charia. Et le gouvernement pakistanais « négocie », guerroie, essaie d’acheter certains, trahit d’autres.

Ainsi, l’espace opérationnel « afghan » s’est élargi, mais aussi les enjeux diplomatiques. Une fois encore, le Pakistan, terre de naissance des talibans par le bon vouloir de ses services secrets, se situe, en même temps, à l’intérieur et à l’extérieur du conflit. Une fois encore, il demande l’aide sonnante et trébuchante des Etats-Unis, déclarant forfait. Une fois encore, l’arme atomique, financée à l’époque par le trafic de l’héroïne contrôlée par les services secrets devient un enjeu de taille. Une fois de plus, les territoires de non droit et échappant au contrôle de l’Etat, font pourtant partie d’un Etat « allié dans la lutte contre le terrorisme", intouchable, sauf de temps en temps par le tir de quelques missiles, qui soulèvent les protestations d’Islamabad et « l’indignation du peuple pakistanais » qui ne font que renforcer les talibans… De qui se moque-t-on ?


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43 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 29 avril 2009 13:12

    Bonjour,
    D’un pacte avec le diable, il ne faut rien attendre de bon. Pourquoi s’allier avec des terroristes débiles mentaux qui refusent tout compromis, bafouent les plus élémentaires des libertés, ramènent la femme au rang de bête et ne jurent que par un mode de vie datant du 5eme siècle ? 


    • plancherDesVaches 29 avril 2009 18:55

      Le diable....

      Parce qu’ils ne répondent pas au « modèle » voulu par les us... ????

      Expliquez-moi, nous sommes entre nous.


    • Gabriel Gabriel 30 avril 2009 12:14

      N’êtes vous pas au courant des règles de vie des talibans ? Demandez aux femmes, juste pour avoir un exmples.


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 29 avril 2009 14:36

      Bonjour Michel Koutouzis

      Ce cri de colère mérite certainement d’autres interventions que celle des trolls maladifs ci-dessus qui n’ont manifestement ni lu vos essais ni vu vos documentaires sur le blanchiment de l’argent ou le drame des faux médicaments en Afrique, mais bref, qu’ils se défoulent (ils seraient payés pour).
      Quant aux négociations entre le gouvernement pakistanais et les « étudiants en théologie », aux dernières nouvelles, effectivement, l’abandon de la vallée de Swat à la charia en échange d’une non-agression n’était qu’un leurre. (Ouest-France, ce jour) :

      L’armée est passée à l’offensive, hier, pour empêcher les islamistes de se rapprocher d’Islamabad, la capitale. L’aviation bombarde, les civils fuient.

      La poudre parle de nouveau entre l’État pakistanais et les talibans, ces extrémistes religieux qui ne cessent d’étendre leur influence sur le Nord-Ouest du « pays des purs ». Quinze jours après que le président Ali Asif Zardari a légalisé la charia (loi islamique) dans la vallée touristique de Swat ¯ en échange de quoi les islamistes avaient promis de déposer les armes ¯ l’armée a déclenché, hier après-midi, une opération de grande envergure.

      Des raids aériens ont frappé plusieurs repaires de talibans, tandis que les troupes au sol tentaient de leur regagner du terrain. Objectif : stopper l’avancée des islamistes vers la capitale. Car, bien entendu, ceux-ci n’ont pas tenu parole. Le marché de dupes conclu avec le président Zardari leur a permis de consolider leurs positions... et de se lancer à la conquête des districts adjacents du Lower Dir et du Buner.


      • 29 avril 2009 14:47

        Tiens voilà la comique hystérique.

        On la croyait au Liban pour assassiner le chef du Hezbollah, ben non elle est au Pakistan.

        Tremblez barbus, Cosmic Dancer arrive avec ses pistolets à amorce !


      • 29 avril 2009 14:54

        C’est Pierre Lellouche qui a recruté Cosmic Dancer et son ami Michel ?

        Pierre Lellouche : « Nous recherchons des gens aventureux pour l’Afghanistan ! »

        • Marsupilami Marsupilami 29 avril 2009 14:58

          @ L’auteur

          Très bon article bien documenté. Bientôt tout va se jouer au Pakistan et l’Amiral Mullen, chef d’état-major de l’armée US n’a plus aucun doute à ce sujet. Les forces spéciales US sont prêtes à protéger l’arsenal nucléaire du Pakistan au cas plus que probable où les talibans s’empareraient de ce pays. La guerre de l’OTAN en Afghanistan va bientôt ressembler à une partie de plaisir en comparaison de ce qui attend la coalition anti-terroriste…


          • 29 avril 2009 15:04

            Vous êtes un peu en retard sur l’actualité, les mercenaires barbus, les USA les envoient maintenant en Afrique pour faire de l’« instabilité constructive » :

            Taliban moving from Pak-Afghan border to Africa

            * US officials say Somalia on path to becoming next Afghanistan


          • Marsupilami Marsupilami 29 avril 2009 15:12

            @ anonyme

            Ce sera les deux à la fois : au Pakistan et en Somalie. Mais vu que la Somalie n’a pas d’arsenal nucléaire, la priorité sera donnée au Pakistan. Ne serait-ce que pour empêcher l’armée indienne de tirer la première salve nucléaire par principe de précaution.

          • 29 avril 2009 15:21

            l’armée indienne de tirer la première salve nucléaire par principe de précaution.

            Il n’y a pas de risques avec le nucléaire pakistanais et l’Inde le sait, car dans l’hypothèse plus qu’improbable où des tarés mettraient la main dessus et aient l’idée de faire joujou avec, çà ne fonctionnera pas...Les militaires savent ce que je veux dire...


            • Marsupilami Marsupilami 29 avril 2009 15:28

              @ Anonyme

              L’arsenal nucléaire pakistanais est certes en principe sécurisé, mais par qui ? Par l’armée et l’ISI, notoirement et profondément infiltrées par des islamistes dont certains à très haut niveau, ayant fait des études scientifiques (contrairement aux tarés ignares de talibans) et donc parfaitement capables d’avoir envie de jouer avec le feu nucléaire. Pourquoi, si ce n’était pas le cas, les forces spéciales US seraient-elles prêtes à entrer en action ? Précisément pour ces raisons. La collaboration entre l’armée US et l’armée pakistanaise est un jeu de dupes et chacun le sait depuis longtemps. La fin de ce jeu approche.


            • 29 avril 2009 15:31

              dormez tranquille, il n’y aucun risque.

              Le nucléaire est un prétexte. Si nous « les occidentaux » sommes en Absurdistan (Afghanistan-Pakistan), c’est pour d’autres raisons.


            • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 29 avril 2009 18:10

              Entre autre raisons , et l’auteur n’en fait pas mention , il y a la perte fracassante de revenus pour nos élites corrompues et les agences affiliées suite à la chute de production d’héroïne.Mais ça c’est pas vrai qu’on nous dit,c’est des idées de méchants « conspirationsionistes ».


            • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 29 avril 2009 18:17

              Et la menace nucléaire me parait de plus en plus chimérique ,je trouve étrange qu’en 20 ans de désarmement sauvage de la Russie,toutes ces rumeurs sur les « valises » soviétiques , la stupidité profondément dangereuse de certain humains,il n’y ai pas eu la moindre explosion.
              Qu’en 21 dit .« Les militaires savent ce que je veux dire... » cela me conforte dans mon idées que la bombes n’est pas si facile à utiliser,meme pour les puissances occidentales


            • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 avril 2009 15:34

              L’Afghanistan et la Somalie sont des non-Etats. Ils ont en commun plusieurs variables, comme le fait salafiste, l’organisation clanique et les chefs de guerre. Mais en Afghanistan il y a une armée d’intervention, ce qui n’est pas le cas en Somalie. Une autre différence se sont les enjeux géopolitiques. En Afghanistan ils sont terrestres et ifluent directement sur les voisins (Pakistan, républiques d’Asie centrale, Iran). En somalie, l’enjeuxse fixe sur le contrôle des mers du fait que l’approvisionement énérgétique occidental y transite en partie. En soit, les tendances de laisser la Somalie pourrir dans son coin, sont considérables. Ce qui n’est pas le cas de l’Afghanistan. Comme indiqué très justement ci dessus, la clé en Afghanistan c’est le Pakistan et le rôle qu’il continue à jouer, celui du pompier pyromane. Le fait aussi qu’il s’agit d’un grand pays qui devient de plus en plus ingérable. La Somalie, ce n’est pas vraiment le cas. Sa situation entropique ne vient pas de trop d’itervbentios étrangères, mais plutôt du désintêret de la communauté internationale, l’enjeux, jusqu’ici, ne valait pas la chandelle. Avec la piraterie, ce n’est plus le cas. 


              • Marsupilami Marsupilami 29 avril 2009 15:44

                @ Michel

                C’est tout à fait ça. Et d’ailleurs, le Pakistan est presque déjà un non-Etat : il ne contrôle plus la rébellion séparatiste au Baloutchistan, ni les zones tribales du nord-est (vallée de Swat & co), ce qui fait quand même une énorme et stratégique partie de son territoire. Il est au bord de l’explosion anarchique. Ça va devenir un Afghanistan-Somalie en pire, ce qui n’est pas peu dire...

              • bek 29 avril 2009 17:40

                « L’Afghanistan et la Somalie sont des non-Etats. Ils ont en commun plusieurs variables, comme le fait salafiste, l’organisation clanique et les chefs de guerre »

                Tu dois méconnaitre l’historique de ces pays. Que fait vos camarades EU en Afganistan, à Djibouti, au Somalie à moin que vous ne considérez pas les Etats unies un non Etat.


              • franck2009 29 avril 2009 15:57

                L’Irak perdu, l’Afghanistan perdu, Le Pakistan est le problème, c’est le nouveau front d’une guerre pour le pétrole.

                Dans le Canard enchaîné de ce matin, en page 3, les forces spéciales américaines ( en accord avec les forces pakistanaises ) ’ sécuriseraient ’ les installations nucléaires du pays. Autant dire que le Pakistan est déjà perdu.

                Prochaine épisode de la saga des forces Otanesques : l’Iran ou comment se ridiculiser jusqu’au bout.


                • 29 avril 2009 16:11

                  Pétrole ? gaz plutôt, non ? :

                  Turkmenistan has provided to Pakistan much-awaited gas reserves certification of new Yasrak gas field from where gas will be supplied to Pakistan and India through Afghanistan under TAPI pipeline project, a senior official told The News.

                  http://www.thenews.com.pk/daily_detail.asp?id=174887


                  • Marsupilami Marsupilami 29 avril 2009 17:04

                    @ Anonyme

                    Tu as raison dans les deux cas, mais la sécurisation des arsenaux nucléaires du Pakistan et la défense des enjeux pétro-gazo-stratégiques ne s’excluent pas.


                  • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 avril 2009 16:32
                    D’après le rapport sur « La sécurité de l’approvisionnement en hydrocarbures et la géopolitique », de l’institut des relations internationales « Cligendael » de l’Université de la Haie, les attentats du 11 septembre ont radicalement changé la position de l’Asie centrale en tant qu’alternative d’un approvisionnement stable et sécurisé en gaz et hydrocarbures pour l’occident. Cependant, cette vaste région incluant, à l’Ouest, les pays du Caucase et la Caspienne et au Sud-est l’Afghanistan, -et que l’on pourrait nommer Eurasie centrale-, a été, depuis le XVIIIe siècle un espace sous influence impliquant plusieurs puissances mondiales et régionales. La Russie, bien entendu, mais aussi l’Iran, la Chine et la Turquie. Ainsi, les pays occidentaux, à commencer par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, se retrouvent deux siècles plus tard, dans la configuration géopolitique décrite par Rudyard Kipling comme « Le grand jeux ». L’incertitude politique, la complexité de sa configuration géographique (frontières artificielles, minorités ethniques, passes stratégiques, réserves d’eau, conflits de basse intensité, résurgence nationaliste et fondamentaliste, etc), s’ajoutent aux effets déstabilisateurs de l’action de tous les protagonistes précités. En conséquence et pour des raisons diverses, l’action des grandes puissances et des puissances régionales tendent à se neutraliser faisant de l’Eurasie centrale le premier espace qui indique des limites (par rapport à leurs objectifs) pour ce que l’on pourrait appeler les empires d’aujourd’hui. 
                    L’ensemble de ces pays sont pauvres, leurs armées nationales faibles, leurs sociétés civiles influençables, leur pouvoir central chancelant et corrompu. Et pourtant :
                    Toujours sous l’angle des hydrocarbures (réserves, puits, pipe-lines) et de l’interaction neutralisante précitée. Ainsi, pour ne donner que quelques variables, on pourrait résumer cet « essoufflement » par les caractéristiques suivantes. La Russie, hégémonique du point de vue militaire, est incapable d’investir économiquement. Les Etats-Unis, eux, voudraient bien, mais sont incapables de contrôler militairement et politiquement la région. L’Iran, dans son bras de fer avec les USA, veut préserver à tout prix ses bonnes relations avec Moscou. Tout comme la Chine qui voit d’un mauvais œil le fait que tous les oléoducs ont tendance à se diriger vers l’Ouest. D’après elle, il existe une volonté politique américaine pour « contenir » ses besoins énergétiques. Washington privilégie donc (faute de mieux) des relations avec un allié encombrant, la Turquie. Celle-ci, s’appuyant sur le fait qu’elle agit au sein d’un espace majoritairement turcophone, reste exigeante, malgré ses faibles moyens, créant des problèmes soit directement (Caucase), soit indirectement, en poussant les E.U. dans un équilibre instable vis-à-vis de la Russie. En effet, Washington, consciente de ses limites, voudrait ménager les susceptibilités russes. Elle traite sans scrupules avec le clan Aliev en Azerbaïdjan, pays turcophone, en guerre larvée avec l’Arménie, pays chrétien mais allié avec Moscou et surtout avec… Téhéran. 
                    Ainsi, les puissances se limitent à une action « à la marge », qui situe bien au deçà de leurs capacités et surtout de leurs besoins. Cela pourtant ne fait qu’envenimer les relations entre les Etats sur place, qui voient leurs perspectives économiques bloquées. Ainsi, les négociations du partage de la Caspienne pour l’exploitation pétrolière offshore des pays riverains reste bloquée. Tout comme le partage des eaux pour l’ensemble des pays d’Asie Centrale, pourtant nécessaire pour des pays dont la production agricole (coton) reste la quasi seule ressource de devises. Pire. Les pouvoirs éclatent, les seigneurs de la guerre et autres potentats s’affirment, les enclaves (existant dans quasiment tous les pays du Caucase et de l’Asie centrale) prennent leurs distances et deviennent des leviers déstabilisateurs, rendant encore plus complexe une intervention du « dehors ». De la sorte, le modèle Afghan, loin de se marginaliser, devient prépondérant, enlevant au pouvoir central le peu d’autorité qu’il avait encore. 
                    L’essoufflement des « puissances » participe à l’élaboration d’un espace de plus en plus entropique. Il ne maquait plus que la dérive pakistanaise…



                    • jaki chan jaki chan 29 avril 2009 16:59

                      c’est la cia qui importe le gros de la coke d’amerique du sud, surement qu’elle est aussi mouillé dans le transport d’hero en provenance d’afganistant...

                      Que savez-vous Mr l’auteur a ce sujet ?


                      • plancherDesVaches 29 avril 2009 17:30

                        Il est vrai que je suis contre toute religion.
                        Il est vrai que je suis pour la paix, ou tout du moins, contre la guerre, tant qu’on me fout la paix.
                        Et là, je lis un article de plus qui se résume par le mot « ingérable ».
                        Alors, ingérable par qui... ??????
                        Les US... ????????????

                        Alors, j’espère qu’ils gagneront leur droit de vivre comme ils le veulent sans qu’on les emm***e.


                        • Routier Routier 29 avril 2009 17:58

                          Comme l’auteur est passionné par le « djihad » à ce que je vois

                           Blanchisseurs du Jihad (Broché) de Michel Koutouzis

                          je lui recommande ce lien :

                          http://www.esisc.org/



                          • Routier Routier 29 avril 2009 18:19

                            « Al-Qaida ? Je ne vois pas d’Al-Qaida ici. Ni même de vrais talibans, confie un sous-officier. Je ne vois que de pauvres Afghans qui tentent de survivre... » Avec un sourire triste, il crache sa chique sur le sol poussiéreux de Wazi Kwah, ce « coin de bout du monde » comme il y en a tant pour l’armée américaine en Afghanistan.

                            http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/04/29/a-wazi-kwah-en-afghanistan-le-501e-reve-d-en-decoudre-avec-les-bad-guys_1186957_3222_1.html


                            • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 avril 2009 18:42

                              Merci pour l’info, l’intention compte. 

                              Je crois avoir écrit ici, à AVOX, en 2007 sur l’Afghanistan, un papier qui annoncait le scénario qui est en train de se réaliser. 
                              Vous trouverez sur mon blog mon tout dernier papier qui reprend une intervention auprès de la Commission Européene, elle aussi vielle de deux ans. Il y a un passage sur l’Afghanistan et de ce qui pourrait être considéré comme criminogène.
                              De l’article du monde vous reprenez la conclusion, tandis que l’intro ne dit rien d’autre que mon papier ci-dessus. 
                              Je ne suis pas fasciné par le djihad, c’est un des sujets de mes enquêtes sur le blanchiment. Quand aux fondametalistes, oui, je ne suis pas très tendre à leur égard (et eux non plus) mais au moins je ne distingue pas les religions. (Voir article sur le Pape)...

                            • Routier Routier 29 avril 2009 18:52

                              Dans le papier du Monde, j’ai aussi noté çà :

                              Le sergent-major du 501e, Ken Wolfe, un vieux briscard du Tennessee qui, après vingt-deux ans d’armée, se veut le parrain des jeunes officiers et soldats, remarque que les ordres ont changé. « Désormais, il faut tirer le moins de coups de feu possible, dit-il. Nous arrêtons de traquer ce que nous appelons »le taliban à 10 dollars« , le villageois qui reçoit une poignée d’afghanis des talibans pour espionner nos mouvements. » Le sergent Cox renchérit : "Auparavant, nous calculions nos succès au nombre de cadavres ennemis, et il faut reconnaître que les déceptions sont vite arrivées. Aujourd’hui, nous tentons avant tout d’obtenir que la population soit dans notre camp."

                              http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/04/29/a-wazi-kwah-en-afghanistan-le-501e-reve-d-en-decoudre-avec-les-bad-guys_1186957_3222.html


                            • Routier Routier 29 avril 2009 18:55

                              On ne vient pas à bout d’une insurrection par la force. A moins de frapper avec une extrême brutalité, comme l’ont fait les Russes en Tchétchénie.

                              http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/04/28/face-au-terrorisme-israel-a-toujours-replique-de-facon-disproportionnee_1186653_3218.html


                              • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 avril 2009 19:11

                                Je ne crois pas que l’article dit ou sugère cela. Au cotraire. Il indique aussi que ni le fondamentalisme, ni l’opium n’ont été l’issue. Qu’il s’agit d’une région ou le « grand jeu » existe depuis deux siècles. Cela implique, retournement d’alliances, trahisons, rapports de force classiques, influeces et effets par et au sein de tous les pays voisins et des « empires ». Il indique enfin que nous sommes face à des clans que je nomme féodaux dans le ses le plus strict du terme, de caciques et de chefs de guerre œuvrant pour leur fief. 

                                Je dis même que il y a peu de différences entre la manière de cotrôler l’espace entre les nouveaux et les aciens occupants. 
                                je soulige cependant le rôle néfaste du Pakistan, et ce depuis des decenies...


                              • Vortex 29 avril 2009 19:34

                                Vous soulignez le role nefaste du Pakistan depuis des decennies, j’aime bien cette phrase de votre part qui est à mes yeux très evocatrice :

                                Si je puis me permettre vous donnez un lien du Times Of India :
                                http://timesofindia.indiatimes.com/US-also-responsible-for-current-situation-in-Pak-Hillary/articleshow/4443579.cms

                                WASHINGTON, Apr 24 (PTI) Even as she came out strongly against the Pakistani establishment for lagging willingness to take head on the
                                terrorists, Secretary of State Hillary Clinton on Friday said that the US was also partly responsible for the present mess as it virtually abandoned Pakistan after the Soviets left Afghanistan.

                                « There is a very strong argument, which is : It wasn’t a bad investment to end the Soviet Union, but let’s be careful what we sow, because we will harvest. So we then left Pakistan. We said, okay, fine, you deal with the Stingers that we’ve left all over your country. You deal with the mines that are along the border. And by the way, we don’t want to have anything to do with you, » Clinton said testifying before a Congressional committee.

                                After the downfall of the Soviet Union, Clinton said the US stopped dealing with the Pakistani military and with the ISI.

                                « We can point fingers at the Pakistanis, which is — you know, I did some yesterday, frankly. And it’s merited, because we’re wondering why they don’t just get out there and deal with these people. But the problems we face now, to some extent, we have to take responsibility for having contributed to, » she said.

                                Clinton said the US has a history of moving in and out of Pakistan. « I mean, let’s remember here, the people we are fighting today we funded 20 years ago. We did it because we were locked in this struggle with the Soviet Union. They invaded Afghanistan, and we did not want to see them control Central Asia, and we went to work, » she said.

                                « It was President (Ronald) Reagan, in partnership with the Congress, led by Democrats, who said, you know what ? Sounds like a pretty good idea. Let’s deal with the ISI and the Pakistani military, and let’s go recruit these mujahidin. And great, let’s get some to come from Saudi Arabia and other places, importing their Wahhabi brand of Islam, so that we can go beat the Soviet Union. And guess what ? They retreated. They lost billions of dollars, and it led to the collapse of the Soviet Union, » Clinton said.
                                And what is happening in Pakistan today is a result of that policy, she acknowledged, so the US should also take a part of the responsibility.

                                Hillary Clinton reconnait que les USA ont une grosse part de responsabilité dans le merdier que traverse la région et surtout le Pakistan.

                                Peut etre que vous aurez un regard nouveau sur le role nefaste du Pakistan comme vous le dites si bien.

                                Cordialement,
                                Vortex


                                • Le péripate Le péripate 29 avril 2009 19:34

                                  Re. pas grand chose à dire, mais je tenais à dire mon plaisir à avoir lu ce très bon papier.


                                  • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 29 avril 2009 19:56

                                    moi aussi je le pense mais cela ne chage rien


                                    • Dr ZZ 29 avril 2009 21:21

                                      Le gouvernement israélien a changé d’ennemi N°1, ce n’est plus l’Iran mais le Pakistan

                                      In a major shift in threat perception for the Jewish state, Pakistan and Afghanistan have now been identified as the biggest threat for Israel with the much publicised danger emanating from Iran’s nuclear programme pushed to the second rank.

                                      http://www.ptinews.com/pti\ptisite.nsf/0/60D48517B3C12DB2652575A000328025

                                      Revirement stratégique du gouvernement Netanyahu

                                      http://www.voltairenet.org/article159865.html


                                    • MR MERLIN Perpleks 29 avril 2009 23:21

                                      Encore une fois le scenario du risque des armes nucléaires ou de destructions massives :
                                      Hollywood n’est plus ce qu’il était.


                                      • ladhraa ladhraa 30 avril 2009 10:01

                                        Attention Monsieur Lellouche HARA-KIRI Il fait partie de ceux qui partent en duel très facilement .Je lui conseille les soldats de tashal pour qu’ils s’agguerrissent le terrain n’est pas le mème s’ils retournent ils auront aquis une grande expérience.


                                          • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 30 avril 2009 11:41

                                            pourquoi le racisme bete et mechant de stephane n’est jamais censuré alors qu’encore 3 de mes commentaire qui n’ont rien de derangeant ont disparu entre hier et aujourd’hui. ?????

                                            Stephane islamisme n’est pas islam,il y a au moins autant d’uslam que d’eglises chretien
                                            Mais que faire face à un profond cretin ???


                                          • Christoff_M Christoff_M 30 avril 2009 20:44

                                            parce que ce monsieur fait partie du mouvement sioniste bien plus actif en France...

                                            ce genre de sinistres individus qui peuvent etre méprisant pour les français, pour les arabes et qui n’ont jamais aucun problème en revendiquant leur racisme moyen et leur affiliation avec l’état extrémiste du nouveau pouvoir israelien !! faut il vous parler de Lieberman depuis les nazis on avait pas vu pire dans un pouvoir de pays soi disant démocratique...

                                            le lien cité par ce monsieur estampillé CNN veut tout dire sur ses sources lobbyistes pro américaine... j’ai des doutes sur ce nom et cette image effigie qui en elle meme constitue un acte raciste envers la population musulmanne et croyante... si je mettais une calotte...

                                            J’oubliais en France on peut etre raciste envers les français, les chrétiens, les musulmans, les noirs, mais surtout pas envers les supporters du sionisme !! dans ce cas la ce n’est plus de l’humour, orientation des médias achetés oblige... salut romain à Philippe Val... pour sa version de la presse démocratique et libre !!


                                          • docdory docdory 30 avril 2009 13:39

                                            @ Michel Koutzoukis 


                                            Comme je l’avais souligné et démontré ici :
                                            il n’y a aucune différence idéologique significative entre les talibans et le gouvernement de la république islamique d’Afghanistan dirigé par Karzaï !

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