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Barack Obama gagnera-t-il ses élections de mi-mandat grâce à Sarah Palin ?

Se pourrait-il que les électeurs républicains modérés se tournent vers le parti démocrate de Barack Obama en signe de rejet des positions trop radicales du mouvement ultra-conservateur du Tea Party ? Au moment des élections de mi-mandat, les électeurs américains recentreront-ils leur vote en favorisant à nouveau le parti démocrate ? C’est ce qu’espère la Maison-Blanche.

La prochaine victoire des démocrates à mi-mandat passera-t-elle par Sarah Palin ? C’est ce que semble souhaiter la Maison-Blanche. Robert Gibbs, porte-parole de Barack Obama, voit en Sarah Palin une « force formidable » au sein du parti républicain. Pour monsieur Gibbs, « Mme Palin pourrait bien être, très honnêtement, la force la plus formidable du parti républicain à l’heure actuelle ». Pourquoi donc un tel commentaire de la Maison-Blanche à l’égard d’une rivale dans le cadre des élections à mi-mandat qui doivent se tenir le 2 novembre prochain ? Parce qu’il ne fait aucun doute, pour monsieur Gibbs, « qu’elle peut rassembler les éléments les plus conservateurs de la base républicaine ».

Au moment où les républicains croyaient avoir le vent dans les voiles pour remporter ces élections, Sarah Palin, une des « mamans grizzlys » les plus en vues, vient brouiller les cartes. Les républicains doivent remporter 10 sièges s’ils veulent la majorité au Sénat. Le parti semble en meilleure posture pour remporter les 40 sièges nécessaires pour dominer la Chambre des représentants. Deux des candidates auxquelles madame Palin a apporté son soutien – Christine O’Donnell au Delaware et Kelly Ayotte au New Hampshire – ont battu des candidats du parti républicain. En effet, les deux candidates n’étaient pas les personnes désignées par le GOP pour briguer ces postes. Comme le rappelle le Washington Post, les candidats soutenus par le mouvement Tea Party sont parvenus à mettre à la porte des favoris de l’establishment tout au long de l’année (tea party candidates have bumped off establishment favorites in GOP primaries this year). Il va sans dire que les conservateurs modérés sont en déroute et profondément humiliés par ces défaites au sein du vieux parti républicain.

Sarah Palin est la source inspiratrice du mouvement anti-establishment des Tea Party. Les deux candidates, O’Donnell et Ayotte, se réclament de cette tendance. Sarah Palin appuie ses candidats et non les candidats du parti républicain. Mike Castle, du Delaware, ancien gouverneur populaire et neuf fois sénateur, est le huitième candidat républicain à perdre aux primaires républicaines cette année. Carl Paladino, de l’État de New York, a lui aussi débouté l’ancien représentant Rick Lazio, lors d’une primaire pour le poste de gouverneur. Auparavant, Joe Miller, dans l’État de l’Alaska, avait battu la gouverneure républicaine sortante, Lisa Murkowski. Dans l’Utah, le sénateur républicain Bob Bennett sortant a été éliminé.

Sarah Palin se veut l’incarnation des vrais Américains qui n’ont pas la parole. Auteure d’un best seller, « Going Rogue : An American Life », Sarah Palin montre l’étendue de sa foi : anti-avortement, membre de la National Rifle Association (le lobby pro-armes à feu américain), opposée au mariage homosexuel et favorable à la peine de mort. Rien pour déplaire aux Tea Party Patriots. Les aspirations de Sarah Palin, si elles ne sont pas encore officielles, sont bien connues : briguer la présidence de 2012. Et l’influence de Sarah Palin pèse lourd sur le parti républicain. Michael Joseph Gross, de Vanity Fair, dresse de Sarah Palin, un portrait dévastateur. Et des groupes s’organisent aux États-Unis pour dénoncer cette femme qu’on dit profondément arriviste. Comme l’écrit Michael Joseph Gross, de Vanity Fair, Sarah Palin met ce formidable pouvoir d’influence au service de Sarah Palin : « Now she is using that power in a fundamentally different way. In part she is using it in the service of her own ambitions ». Conférencière parmi les mieux payées aux États-Unis, le réseau ABC évalue à 12 millions de dollars ses revenus accumulés depuis sa démission de juillet 2009.

Et sous Sarah Palin, le Tea Party est en passe de bousculer profondément le parti républicain avec des victoires comme Sharron Angle au Nevada, Rand Paul au Kentucky ou encore Joe Miller en Alaska. Sarah Palin profite de toutes les occasions pour s’afficher ostensiblement sur les tribunes que lui offre cette ultra-droite. C’est pourquoi le parti républicain craint l’effondrement aux prochaines élections de mi-mandat.

L’ancien conseiller de Georges W. Bush, Karl Rove, s’était aventuré à critiquer vertement la candidate déclarée du Tea Party au Delaware, Christine O’Donnell. Les conservateurs républicains ont cherché à la discréditer en raison de ses déclarations sur l’abstinence (expliquant comment la Bible condamne la masturbation) et du fait qu’elle est criblée de dettes (elle est même soupçonnée de détourner l’argent de sa campagne pour boucler ses fins de mois). La réplique n’a pas tardé. Comme le rapporte The Washington Post, Karl Rove s’est fait copieusement rabrouer par nul autre que Rush Limbaugh : « I’ve never heard Karl so animated against a Democrat as he was against Christine O’Donnell last night » (Je n’ai jamais entendu Karl Rove aussi remonté contre un démocrate qu’il l’a été envers Christine O’Donnell la nuit passée). Un responsable des républicains, cité par Mediaite parle même d’une guerre civile qui aurait commencé pour son parti. Le Grand Old Party serait en train de se marginaliser pour les prochaines années. À preuve, le Parti républicain a annoncé qu’il ne financera de la campagne de Christine O’Donnell (the Republican Party has said that it will not spend any money to help her Senate bid). Cette victoire du Tea Party faisait dire au sénateur démocrate Robert Menendez que « les républicains du Delaware ont choisi une extrémiste de droite qui n’a rien à voir avec les valeurs du Delaware ».

Aux prochaines élections de mi-mandat, ce qui devait être un plébiscite contre Barack Obama risque d’être au contraire une grande déception pour le GOP. Rien n’est perdu. Mais rien n’est encore gagné en regard du nouveau pavé que vient de lancer, dans la mare politique, l’importante revue Forbes. Barack Obama, à qui il est reproché d’avoir perdu depuis ses élections sa fougue et la passion qui l’animait, vient de subir une autre attaque en règle. Dinesh D’Souza qui a publié un livre vitriolique contre le président américain, The Roots of Obama’s Rage, fait l’objet, dans Forbes, d’un reportage qui reprend l’essentiel de son livre, How Obama Thinks. Selon D’Souza, dont le livre a été salué par Newt Gingrich, Barack Obama ne serait pas vraiment Américain parce qu’il a passé les 17 premières années de sa vie hors des États-Unis, soit à Hawaii, en Indonésie et au Pakistan. Selon D’Souza, Barack Obama n’aurait convoité la Maison-Blanche que pour venger son père, intellectuel Kenyan amer, dont il a, inconsciemment, adopté ses idées anticolonialistes et anti business.

Il ne fait aucun doute que le Tea Party brouille les cartes. Plus dans le camp des républicains que dans celui des démocrates. « Une des questions clés est de savoir si ces candidats des Tea Parties pourront continuer à enthousiasmer tout en développant un message qui parle aussi aux indépendants ou aux démocrates conservateurs », explique le professeur Eric Ostermeier, auteur du blog Smart Politics, et cité par le quotidien Le Devoir. « Je pense qu’ils peuvent gagner des sièges en novembre. En Floride, en Alaska ou au Kentucky, les candidats du Tea Party pour le Sénat sont actuellement en tête dans les sondages. Christine O’Donnell peut avoir une chance si elle réussit à mobiliser l’électorat féminin ». La question suivante se posera sitôt après les élections : les Tea Parties Patriots auront-ils leur propre candidat en 2012 ou se contenteront-ils d’interférer dans les stratégies républicaines ?

Encore une fois, Sarah Palin semble vouloir sortir bientôt de sa tanière pour rendre officielle sa décision de briguer la candidature présidentielle de 2012 ? Au très grand déplaisir du GOP. Le parti républicain a-t-il vraiment besoin de supporteurs aussi encombrants que Sarah Palin, Rush Limbaugh et Glenn Beck ?

par Pierre R. Chantelois (son site) lundi 20 septembre 2010 - 38 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Pierre R. Chantelois (xxx.xxx.xxx.140) 20 septembre 2010 14:16
    Pierre R. Chantelois

    Morice


    En 2010, la communauté hispanique des États-Unis représente 15% de la population des États Unis, soit 46 millions de personnes. En 2004, le président George W. Bush avait remporté 40% du vote hispanique, record pour un républicain. En 2008, près de dix millions d’Hispaniques ont voté lors de la présidentielle américaine et 66% d’entre eux ont choisi le démocrate Barack Obama. Les analystes avaient interprété ce vote comme un cuisant échec pour les républicains qui s’étaient opposés à deux reprises en 2006 et 2007 à réforme sur l’immigration qui aurait permis la légalisation des 12 millions de sans papiers qui vivent aux Etats-Unis.
     
    La Constitution américaine exige qu’un recensement soit réalisé tous les dix ans et qu’il vise toutes les personnes résidant aux Etats-Unis. La Constitution des États-Unis stipule que toute « la population résidant aux États-Unis » - et non seulement les citoyens américains - doit être recensée, déclarait M. Daniel Weinberg, directeur adjoint des programmes décennaux au Bureau du recensement. Le Bureau du recensement des États-Unis donnait en avril dernier le coup d’envoi à un effort monumental pour obtenir un décompte exact de la population américaine, estimée à quelque 309 millions de personnes. Cette initiative qui se chiffre à 14,5 milliards de dollars inclut tout le monde : citoyens ou non, résidents permanents ou temporaires. Un questionnaire ayant un caractère obligatoire est envoyé à trois millions d’Américains afin de recueillir des données sur le revenu, le niveau de scolarité, les dettes hypothécaires, le statut marital, la race, la religion et autres. Le gouvernement fédéral se fonde sur le recensement pour déterminer la part des plus de 400 milliards de dollars qu’il alloue chaque année aux différentes collectivités du pays. Cette année, pour la première fois, un questionnaire bilingue anglais-espagnol a été envoyé à environ 13 millions de foyers. Les Latinos ne représentaient que 4 % de la population en 1960, ils sont 15% aujourd’hui et représenteront 29% des Américains en 2050. 

    Le parti républicain n’aime pas beaucoup ces recensements qu’il trouve trop exigeants et trop pointus sur la vie privée des citoyens. Les républicains qualifient le recensement : a dangerous invasion of privacy.


  • Par Pierre R. Chantelois (xxx.xxx.xxx.140) 20 septembre 2010 15:33
    Pierre R. Chantelois

    Covadonga722


    La question est la suivante : qui voudra faire alliance avec la bande des quatre, Aakesson, Jomshof, Karlsson et Söder, pour gouverner ?
  • Par Diva (xxx.xxx.xxx.194) 20 septembre 2010 19:27
    Diva

    @ l’auteur,

    La question, de votre titre, n’a, en réalité, absolument aucun intérêt !
    Les USA ne sont pas plus une démocratie que le Yémen !

    De fait, là où chacun pouvait espérer un véritable bouleversement de la politique d’Obama en comparaison à celle du putschiste Bush, tant au plan national, qu’au niveau international, il n’y a que dégradations, et ce à tous les niveaux !

    Obama, comme ses prédécesseurs, n’est qu’une marionnette, formée à l’école occulte de la Cia, et n’a pas d’autre fonction (tout comme Sarkozy), que celle consistant à ne servir que les intérêts de l’Empire oligarque mondial, qui a élu domicile en territoire américain, depuis quelques décennies !

    Les américains peuvent bien se prononcer pour qui bon leur semble, ils ne feront jamais que faire le choix entre deux individus (chefs de guerre, en fait) préalablement sélectionnés ...

    ... pour les trahir !

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