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Accueil du site > Actualités > International > Bons baisers de Russie pour 2008

Bons baisers de Russie pour 2008

Le Time désigna homme de l’année 2007 Vladimir Poutine : à la fois hommage et constat d’une fin de double mandat ayant marqué la politique mondiale du sceau russe. Car le président de la Fédération de Russie a incontestablement symbolisé le retour de son pays dans les affaires géopolitiques d’envergure, et ce quelles que furent les avanies intérieures [1]. Inexorablement, la Russie redressa l’échine, retrouva sa confiance et sa fierté, et l’ours commença à sortir de sa tanière de plus en plus souvent, n’hésitant pas à sortir les griffes envers quiconque osant remettre en cause son nouveau statut. En ce début d’année 2008 sous le signe de l’élection présidentielle, quels seront les axes prioritaires pour le futur dirigeant du plus grand Etat du monde ?

Les relations diplomatiques avec les Occidentaux

S’agissant de l’Union européenne, les autorités russes privilégient souvent l’approche bilatérale avec chaque Etat membre, délaissant volontiers le dialogue avec les instances de Bruxelles. Il y a moins à parler de la part du pouvoir russe d’une méconnaissance du fonctionnement des organes communautaires qu’au contraire une clairvoyance quant à l’absence de ligne directrice claire et commune par les 27. C’est d’autant plus souhaitable que les sommets UE-Russie sont rarement le théâtre d’avancées concrètes.

Il serait fastidieux de procéder à une liste exhaustive des relations avec tous les Etats membres de l’Union, l’on peut néanmoins signaler que globalement la Russie a perdu ses meilleurs soutiens ces dernières années. L’Italie, la France et l’Allemagne étaient les pays les mieux disposés envers le pouvoir russe. Désormais, et du fait de récentes élections, ces mêmes pays font assaut de critiques négatives plus accentuées, sans cependant atteindre la franche hostilité du Royaume-Uni [2].

L’élargissement de 2004 amena un nouveau contingent de pays faisant de leur ressentiment la donne principale en matière de politique étrangère avec la Russie : la Pologne n’hésitant à bloquer toute négociation sur un nouvel Accord de Partenariat et de Coopération (datant du 24 juin 1994 et nécessitant d’être mis à jour) entre l’Union européenne et la Fédération de Russie [3].

La crise du bouclier anti-missile devant être déployé en République tchèque et en Pologne ne fut pas non plus à même d’atténuer les différends déjà nombreux avec les divers pays d’Europe.

Et pour enfoncer le clou, le projet Nabucco, censé concurrencer celui de Gazprom plus au nord, est supporté ostentatoirement par plusieurs Etats comme l’Autriche, la Roumanie, la Turquie et la Hongrie (avec un apport technique provenant de la société allemande RWE AG) : si la volonté de diversification énergétique est louable, il est évident que cette politique heurte de plein front celle de la Russie actuellement premier fournisseur de gaz de l’Europe. Dans un contexte plus serein, ce projet aurait été accepté plus facilement, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Restent les Etats-Unis d’Amérique, et là c’est plutôt un jeu diplomatique d’ami-ennemi, dont le mouvement de balancier penche plus désormais vers le côté ennemi [4]. Il faut dire que l’influence nouvelle et réitérée de la Russie à chaque fois que nécessaire sur les questions du Kosovo ou du nucléaire civil iranien n’a pas l’heur de rasséréner Washington sur sa stratégie mondiale. Si en 2003 la Russie avait ouvertement dénoncé l’intervention américaine en Irak, elle ne put l’empêcher. Dorénavant toute action belliqueuse provenant de l’establishment états-unien sera plus difficile à mettre en œuvre, par peur du casus belli. Et le risque est réel, amplifié même par la conjonction de vue entre la Russie et la Chine : or toute première puissance mondiale qu’ils sont, les Etats-Unis devinent très bien les conséquences néfastes potentielles en s’aliénant le plus grand Etat du monde et celui du plus peuplé !

Malgré les quelques mots de sympathie réciproque échangés de temps à autre entre les deux présidents, un malaise réel est perceptible et gangrène les relations entre les deux anciennes puissances de la guerre froide. Reste à voir si les élections américaines prévues en 2008 amèneront un nouvel homme d’Etat plus avisé et diplomate dans ses objectifs géopolitiques que l’actuel hôte de la Maison-Blanche.

Somme toute, la Russie apparaît assez isolée face aux Occidentaux. Il est presque permis de penser que nous sommes témoins d’un effet retour vers le futur en mettant de nouveau face à face les protagonistes de la guerre froide (nonobstant les anciens pays du Pacte de Varsovie). Cette situation explique les relents de nationalisme parcourant sporadiquement la société russe, et le discours parfois martial de Vladimir Poutine.

L’ordre social et la démographie

Et là nous sommes dans un véritable casse-tête explosif à terme. Les années 90 ont consacré deux faits majeurs : une immigration de masse vers les pays occidentaux, saignant le pays de ses ressources humaines et une baisse du taux de natalité catastrophique [5] avec un indice de fécondité désormais stabilisé à 1,3 enfant par femme (légère hausse par rapport aux années précédentes, mais toujours largement insuffisant pour espérer un renouvellement générationnel).

La démographie est un facteur essentiel à prendre en compte pour l’avenir du pays et c’est à ce titre qu’un plan ambitieux dit Conception démographique fut entériné récemment par le président actuel et sera à la charge du prochain. En conséquence de quoi, des mesures législatives et des levées de fonds sont déjà en cours d’élaboration pour accroître de façon soutenue la natalité en Russie et surtout remettre à flot le système de santé qui fit les frais de la libéralisation à outrance des années 90. Je vous signale à ce titre un document particulièrement instructif sur la question, publié début 2007 et en provenance de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), au format PDF et en version anglaise uniquement. Vous en profiterez pour constater que la Fédération de Russie ne dépense qu’un peu plus de 4 % de son PIB en matière de santé : nous sommes très loin des 10,5 % français...

Le contexte social est lui stable, mais pas forcément à l’abri de troubles à venir. Je vous recommande de lire la première partie de l’article de Philippe Vassé à ce sujet pour prendre connaissance de l’émergence de grèves de certaine ampleur, comme celle des cheminots en novembre dernier à Saint-Pétersbourg. S’ajoute la question lancinante des pensions de retraites, d’autant plus cruciale que les têtes grises furent déjà celles qui subirent la crise de 1998, y perdant la quasi-totalité de leurs économies [6]. Cette couche de la population votant souvent favorablement et massivement en faveur du parti communiste, tant à la fois par effet nostalgique que par volonté de ne plus voir leur niveau de vie s’effondrer à nouveau [7].

Le niveau de vie général s’améliore, avec cependant des disparités importantes en fonction des régions : sans surprise, travailler à Moscou permet d’espérer un salaire bien plus élevé qu’en province (20 000 roubles environ, soit 554 euros au cours du 30/12/2007, chiffre à prendre avec énormément de précaution car ne tenant pas compte des revenus dissimulés aux yeux des services fiscaux, un véritable sport national). Selon Rosstat, le service fédéral des statistiques d’Etat, le salaire moyen russe en 2007 était de 12 200 roubles (338 euros), et a suivi entre 2000 et 2006 une augmentation continue dans une fourchette comprise entre 9 et 12 %. L’apparition d’une classe moyenne, malgré l’existence toujours prégnante d’un fossé entre une couche de la population réduite à la misère et une autre nageant dans une opulence indicible, est tout à la fois une bonne nouvelle attestant l’existence d’une amélioration du niveau de vie et débouchant sur la croissance soutenue du marché domestique, mais est en même temps le ferment de nouveaux besoins à grande échelle, et en corollaire de nouvelles revendications sociales futures [8].

Autre cheval de bataille : la corruption, et pour ce faire le président Poutine a décidé de lutter en amont et non en aval, prenant acte des effets limités, voire nuls des mesures déjà initiées par le passé. Ainsi a déjà été décidé pour février 2008 de rehausser de 14 % les traitements des fonctionnaires, et dans la foulée, accorder 18 % d’augmentation pour les soldes des militaires. A l’international, la législation russe fut retouchée de façon à permettre de lutter plus efficacement contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme pour respecter les mesures préconisées par le GAFI, Groupe d’action financière.

La situation est heureusement loin d’être critique, et les autorités de la Fédération de Russie ont bien des cartes en main pour éviter le pourrissement de maux sociaux pouvant amener des désordres intérieurs. Reste néanmoins le facteur démographique qui demeure inquiétant, et ne peut qu’être réglé que par le truchement d’une politique étatique volontariste.

L’ombre de Vladimir Poutine

Car derrière le nouveau président, nul doute que l’ancien ne sera jamais bien loin, et ce dernier ne s’en est jusqu’à présent jamais caché. A ce jour, il n’est pas possible de déterminer selon quelle forme s’opérera cette influence : en tant que Premier ministre comme souvent annoncé et proposé expressément par Dimitri Medvedev ? Ou en tant que dirigeant du parti Russie unie ? Les dernières données semblent accréditer la thèse d’un Vladimir Poutine Premier ministre en cas de victoire du candidat de Russie unie, à savoir l’actuel vice-Premier ministre adoubé en ce sens [9].

Si des critiques vinrent à sourdre de la part de nombreux intellectuels occidentaux, les milieux d’affaires accueillirent favorablement la désignation du dauphin de Poutine car garant d’une certaine continuité quant à l’ouverture des marchés, offrant une stabilité politique propre à rasséréner les investisseurs.

Medvedev, juriste et Pétersbourgeois [10], apparaît comme un être falot comparé à l’actuel maître du Kremlin. Mais qui aurait parié il y a quelques années sur cet être effacé qu’était Vladimir Vladimirovitch Poutine et bombardé en 1999 par Boris Eltsine Premier ministre ?

De plus, sa proximité avec les milieux d’affaires est un signal clair que la Russie n’a pas pour intention de changer de politique dans le domaine économique. Quant à son souhait de poursuivre les réformes engagées par son futur prédécesseur, il est destiné à rassurer les classes moyennes ne souhaitant pas perdre les fruits nés de la croissance.

Poutine ne restera pas qu’une ombre : trop populaire pour se retirer définitivement du pouvoir, il pèsera par sa présence et ses réseaux sur la future gestion du pays sur le prochain président. Prochain président qui, de toute façon, ne devrait guère lui causer de souci à court terme puisqu’il s’est déclaré ouvertement être l’un de ses plus proches affidés.

Alors, 2008 changement dans la continuité pour la Russie ? Il y a tout lieu de le croire...

[1] Episode du Koursk, prises d’otages dans le théâtre Nord-Ost et à Beslan, assassinat d’Anna Politkovskaïa.

[2] La fermeture des centres culturels britanniques sur le sol russe n’est que la dernière des nombreuses péripéties de la crise affectant les relations entre le Royaume-Uni et la Fédération de Russie.

[3] Le nouveau Premier ministre polonais, Donald Tusk, semblant toutefois plus pragmatique à l’égard de la Russie.

[4] Robert Gates, secrétaire d’Etat à la Défense, a en février 2007 désigné devant le Congrès la Russie comme étant un des pays pouvant menacer à moyen terme la pax americana. Précisons utilement qu’il est détenteur d’un doctorat de l’université de Georgetown s’attelant à l’étude historique de l’Union soviétique.

[5] 8,3/1000 en 1999, remonté à 10,9/1000 en 2007. La France en étant à 13/1000 et les Etats-Unis à 14/1000 pour cette même année.

[6] Analyse de la crise par Regard sur l’Est, article qui, s’il n’a pas été réactualisé, a le mérite d’expliquer la genèse du phénomène.

[7] Analyse de cette dégradation de la situation des retraités russes par Regard sur l’Est.

[8] Article sur l’émergence de la classe moyenne russe, paru sur Eligne.com.

[9] Dépêche de l’AFP à ce sujet.

[10] Courte biographie proposée par RIA Novosti.


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25 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 31 décembre 2007 11:59

    Heureusement que la Russie à eu POUTINE pour remettre ce grand pays en fonctionnement normal et permettre un redistribution des richesses au peuple russe.

    Il aura modernisé la Russie et récuperer les richesses volés par des mafieux.

    Il aura instauré la paix en Tchéchénie et reconstruit ce pays.

    Une grande chance pour l’Europe et pour la paix


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 31 décembre 2007 14:03

      Bonjour,

      En réalité il y a eu un deal avec les oligarques dans un souci de paix civile : soit ces derniers évitaient désormais de gangrener la société et principalement la politique, soit ils passaient outre cette interdiction officieuse et devaient être prêts à en payer le prix. Dans le cas où ils jouaient le jeu, les oligarques pouvaient conserver leurs biens acquis durant les années folles suivant l’effondrement de l’Union Soviétique. On voit là tout le côté pragmatique de Vladimir Poutine...

      Cordialement


    • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 31 décembre 2007 13:31

      Très bonne synthèse, et merci d’avoir souligné la principale faiblesse de la Russie à savoir l’effondrement démographique. Je pense que Poutine a commis sa seule erreure majeure à ce sujet en ne voulant pas regarder la réalité en face, à savoir que seule une immigration plus massive pourrait compenser le phénomène. Mais il semble qu’il en ait très peur : la crise d’identité sociale qui se pose en Europe par rapport à l’immigration lui a fait prendre sûrement conscience des risques collatéraux qu’elle engendre.


      • Yannick Harrel Yannick Harrel 31 décembre 2007 13:56

        Bonjour,

        Il est vrai que le sujet était la Russie, mais le facteur démographique est tout aussi inquiétant pour d’autre pays d’Europe centrale et orientale, comme par exemple la Pologne : indice de fécondité (2007) de 1,23 et taux de natalité (toujours 2007) de 9,94/1000. Pas de quoi pavoiser et ce bien que les indicateurs économiques soient désormais dans le vert...

        Quant à l’immigration pour compenser la baisse démographique, elle a lieu de façon insidieuse, principalement dans l’espace Sibérien où nombre de Chinois passent la frontière pour s’établir sur cet immense territoire dépeuplé. Or, les autorités Russes sont écartelées entre conserver de bons rapports avec leurs homologues de Pékin et ne pas voir certaines parties de la Sibérie devenir de facto des enclaves Chinoises.

        Cordialement


      • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 31 décembre 2007 14:49

        Très bon article, loin des réflexes habituel des grand médias français qui quand ils évoquent la Russie estiment qu’il convient de citer l’Europe occidentale comme l’exemple même de démocratie que toutes les autres régions du monde devraient suivre. La vérité est toute autre.

        Mon opinion est que Poutine est un combattant contre le mondialisme. On aurait peut-être besoin d’un Poutine dans l’Union européenne pour préserver les Européens face aux nuisances du mondialisme, pour défendre les intérêts des Européens plutôt que (comme le font les politiques européens actuellement au pouvoir) de défendre les intérêts des multinationales qui font le tour du monde, en se déplaçant de pays en pays selon le butin qu’il y a à y amasser.

        Concernant la démocratie : Poutine est-il plus ou moins proche de la démocratie que ne le sont les politiques français ? Le début de la réponse vient de la constatation que Poutine respecte la règle de base du système démocratique qui est : « pour toutes les questions qui touchent la communauté c’est la volonté de la majorité des citoyens qui décide ». C’est pour cette raison que Poutine est très populaire et qu’il a le soutien de la majorité des citoyens de la Fédération de Russie. L’auteur a raison de souligner cette popularité.

        À l’opposé, les dirigeants en Europe occidentale, qu’ils soient de « gauche » comme de « droite », n’hésitent pas d’agir contre les intérêts des peuples qui les ont élus, en sacrifiant ces peuples sur l’autel idéologique du mondialisme, contre la volonté de la majorité des citoyens.

        Sur ce thème d’absence de démocratie véritable en Europe occidentale vous pouvez lire de nombreux articles, dont par exemple l’article publié cette semaine sur AgoraVox « La France et l’Union européenne face aux citoyens : comment obtenir la démocratie ? », lien :

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=33505

        Dans l’article « Bons baisers de Russie pour 2008 », l’auteur a raison de souligner les faits suivants : « La démographie est un facteur essentiel à prendre en compte pour l’avenir du pays et c’est à ce titre qu’un plan ambitieux dit Conception démographique fut entériné récemment par le président actuel et sera à la charge du prochain. En conséquence de quoi, des mesures législatives et des levées de fonds sont déjà en cours d’élaboration pour accroître de façon soutenue la natalité en Russie [...] Reste néanmoins le facteur démographique qui demeure inquiétant, et ne peut qu’être réglé que par le truchement d’une politique étatique volontariste. »

        Le même problème existe en Europe occidentale, mais les dirigeants de l’Europe occidentale n’agissent pas pour préserver les peuples Européens autochtones. En 2000 le taux de fécondité en Europe était de 1,6 enfants par femme, et en 2006 il est tombé à 1,4 enfant par femme dans l’ensemble du continent européen, mais dans certain pays il est déjà à 1,2 enfant par femme. Les projections donnent pour 2007 un taux se situant entre 1,3 et 1,4 enfant par femme.

        La différence entre l’Union européenne et la Fédération de Russie et dans les remèdes appliques au mal.

        Les dirigeants de l’Europe occidentale voient dans l’immigration massive depuis les autres continents la solution au problème du déficit démographique européen. Encore un domaine où Poutine agit dans l’intérêt des citoyens Russes, alors que les dirigeants de l’Europe occidentale agissent de manière à accélérer la disparition des Européens autochtones.

        Sur ce thème vous pouvez lire l’article « Démographie et immigration : suicide collectif des Européens », lien :

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32156


        • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 31 décembre 2007 15:43

          Je suis d’accord avec certaines de vos observations mais pas lorsque vous dites : « Les dirigeants de l’Europe occidentale voient dans l’immigration massive depuis les autres continents la solution au problème du déficit démographique européen. Encore un domaine où Poutine agit dans l’intérêt des citoyens Russes, alors que les dirigeants de l’Europe occidentale agissent de manière à accélérer la disparition des Européens autochtones. »

          Le problème du dépeuplement russe n’est pas un mince problème, il est plus grave qu’en Europe (- 700.000 habitants par an, ce n’est pas rien !). Poutine a choisi l’option des incitatifs, notamment via une prime (7600 euros si ma mémoire est bonne) pour la deuxième naissance. L’idée est bonne mais insuffisante. L’effondrement démographique russe aura de graves répercussions sur l’économie du pays. Le choix de Poutine semble clair : privilégier la cohésion nationale aux perspectives économiques futures. Sans doute escompte-t-il sur les rentrées financières du pétrole et du gaz pour combler le coût du dépeuplement russe.

          Je reste personnellement persuadé qu’une bonne balance entre immigration et incitatifs pour les allochtones reste le meilleur équilibre à trouver et le plus efficace. Refuser totalement les migrations, c’est faire fi de ce que nous sommes déjà : des peuples issus de nombreux brassages au cour des siècles. Et les européens ne font certainement pas exception à la règle.


        • 5A3N5D 31 décembre 2007 18:12

          «  »« Refuser totalement les migrations, c’est faire fi de ce que nous sommes déjà : des peuples issus de nombreux brassages au cour des siècles. »«  »

          Dans l’esprit d’un russe, la question ne se pose même pas : c’est la préservation d’une certaine « identité » qui prévaut. L’immigration, dans un pays où le travail régulier est inexistant en raison du manque de structures sociales, est vécue comme une agression par les autochtones. Ainsi, le 1er avril dernier, Poutine a pris un décret interdisant totalement la présence de marchands « bronzés » (caucasiens) sur les marchés. Oser dire à un russe que son pays doit être « multiculturel » c’est lui brandir un contre-exemple de ce qu’il souhaite, lui montrer l’état de décadence de l’Occident. Le mouvement « eurasiste » n’y est peut-être pas étranger.

          http://fr.wikipedia.org/wiki/Eurasisme


        • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 31 décembre 2007 23:01

          Le taux de fécondité permettant le renouvellement des populations, le taux d’équilibre, est de 2,1 enfants par femme.

          Actuellement, avec le taux de fécondité moyen identique au taux de fécondité de la population de la Fédération de Russie, environ 1,3 enfant par femme, la population des Européens autochtones dans leur ensemble, c’est à dire sur le continent européen entier, se réduit dans les mêmes proportions que la population de la Fédération de Russie.

          En effet 0,7 millions d’habitants en moins par an c’est beaucoup pour une population de la Fédération de Russie de 145 millions d’habitants.

          Mais sur le continent européen entier, avec 720 millions d’habitants, la baisse des Européens autochtones suit une courbe dont la pente descendante abrupte correspond actuellement à 7 millions d’habitants en moins par an.

          Chacun peut le vérifier dans mon article publié sur AgoraVox « Démographie et immigration : suicide collectif des Européens » qui expose quelle est l’ampleur de la catastrophe. Lien :

          http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32156

          Ceux cette question intéresse peuvent dans cet article notamment examiner le graphe « Figure 12 : Diminution de la population en Europe » :

          http://www.agoravox.fr/IMG/COE_Figure_12-b.jpg

          qui est extrait du rapport « Les tendances en matière de population en Europe et leur sensibilité aux mesures des pouvoirs publics » publié par le Conseil de l’Europe. Lien :

          http://assembly.coe.int/Documents/WorkingDocs/doc04/FDOC10182.htm

          Cependant cette baisse de 7 millions d’Européens autochtones par an n’est pas visible dans les statistiques officielles car elle est compensée par l’immigration massive en provenance d’autres continents et par le taux de fécondité fort des populations issues de cette immigration. Cette ouverture à l’immigration massive non-européenne, qui est en train de changer l’identité européenne dans la partie occidentale de l’Europe, est la différence avec la façon de traiter le problème de la démographie en Russie : les russes veulent sauvegarder les spécificités de leur population.

          Tout cela est expliqué et argumenté - avec l’indication des sources d’information - dans mon article mentionné ci-dessus.


        • Pug 1er janvier 2008 11:05

          @Martin : « Mon opinion est que Poutine est un combattant contre le mondialisme »

          Rien n’est moins sur. La Russie compte bien jouer dans la même cour que les autres, mais elle est partie de loin : les grandes richesses russes sont parties à l’étranger avant de revenir ces toutes dernières années. Et comme tous les autres pays modernes qui ont accepté le principe du capitalisme comme fondement économique, les entreprises russes n’hésitent pas à investistir à l’étranger de la même façon que leurs consoeurs occidentales.


        • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 1er janvier 2008 12:34

          « Et comme tous les autres pays modernes qui ont accepté le principe du capitalisme comme fondement économique, les entreprises russes n’hésitent pas à investistir à l’étranger de la même façon que leurs consoeurs occidentales. ».

          C’est exact. Et les Chinois agissent de la même façon.

          Mais les Russes comme les Chinois maintiennent le contrôle sur les investissement faits chez eux par les investisseurs étrangers, et notamment ne confient pas aux mains étrangères leurs secteurs stratégiques. Les Russes comme les Chinois ne se livrent pas au mondialisme mais gardent le contrôle national sur l’économie.

          Accepter le capitalisme ne signifie pas s’ouvrir à l’idéologie brutale du mondialisme. Investir à l’étranger ne signifie pas ouvrir les portes de son propre pays aux nuisances qu’apporte le mondialisme. Par contre, les dirigeants dans les pays de l’UE ouvrent leurs pays aux nuisances qu’apporte le mondialisme.

          La globalisation des économies a pour conséquence en Europe la perte des emplois, la destruction des moyens de production industriels et bientôt agricoles, ainsi que la dégradation des conditions de travail. Lorsque par exemple les entreprises délocalisent des emplois vers d’autres continents, au Maroc, en Chine ou ailleurs, les représentants des partis au pouvoir (en France et dans d’autres pays d’Europe occidentale) font parfois un déplacement électoraliste sur le lieu de la catastrophe économique et ils déplorent publiquement ces conséquences nocives de la globalisation. Mais en vérité ces politiques appartiennent aux partis politiques, qu’ils soient de « gauche » ou de « droite » qui au fil des 30 dernières années ont mis en place la globalisation.

          Ces orientations vers la globalisation ont par exemple été confirmées et renforcées lors du Sommet du Conseil européen de Lisbonne, en mars 2000. Le Conseil européen réunit quatre fois par an les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Union européenne. Toutes les orientations importantes de l’Union européenne sont décidées lors de ces sommets périodiques.

          La mondialisation avec la globalisation des économies a été voulue et imposée en Europe par ceux qui dirigent les États européens et par les lobbies qui entourent les cercles au pouvoir. Cela a été progressif et cela dure depuis des décennies.

          Il faut insister sur le fait que les institutions de l’Union européenne ne sont pas autonomes quand elles décident de la globalisation des économies, cadre dans lequel a été imposée la privatisation de EDF-GDF. Les fonctionnaires qui travaillent à Bruxelles ne prennent pas seuls ce genre d’initiative : les instructions leurs sont données par les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Union européenne. Les décisions de ce genre, vers le mondialisme, sont prises à l’unanimité du Conseil européen qui réunit quatre fois par an (dans des lieux variés) les chefs d’État et de gouvernement des États membres de l’Union européenne. Toutes les orientations importantes de l’Union européenne sont décidées lors de ces sommets périodiques.

          Il apparaît donc que les politiques qui se partagent le pouvoir en Europe, qui y alternent qu’ils soient de « gauche » ou de « droite », sont globalement favorables à la globalisation des économies puisqu’ils n’arrêtent pas ces processus. Il est certain que divers lobbies influencent les orientations politiques qui sont décidées par les politiques qui alternent au pouvoir sous des déguisements de « gauche » ou de « droite ».

          Par contre ceux qui gouvernent la Fédération de Russie agissent dans l’intérêt des citoyens qui les ont élus : ils ne permettent pas la prise de contrôle chez eux surtout dans les secteurs économiques stratégiques, ils ne permettent pas l’ouverture complète des frontières aux investisseurs étrangers qui voudraient s’accaparer les secteurs économiques russes profitables, et en même temps ils cherchent à contrôler les secteurs économiques à l’étranger dans l’intérêt des entreprises russes.


        • eric 31 décembre 2007 18:42

          Il me semble que la Russie est plus un pays étendu qu’un « grand pays »

          Ce qui fait sa « grandeur » relative en dehors de sa surface,c’est : Des matières premières Des armes en particulier nucléaires. Un contexte démographique très favorable à court terme. Son peuple,(mais là, c’est subjectif)

          L’élément démographique joue en ce moment à plein en faveur du pouvoir en place.

          Pas d’enfants, qui coûtent cher en soin éducation etc.. Pas de retraités ou peu s’en faut. Avec une espérance de vie remontée à 59 ans pour les hommes, la Russie est un des seuls pays développé à avoir résolu la question du financement des retraites. En payant des retraites de misère d’une part, par la disparition physique des retraités d’autre part. Peu de soins pour l’ensemble de la population comme le signale très bien l’article. Avec une politique du même ordre en France on aurait quoi, 20 point de PIB à redistribuer en plus ?

          Malgré ce contexte extrêmement favorable, peu d’investissements publics. Je viens de faire la route de Moscou Riga, grand axe si il en est, elle est à peine carrossable à partir de Rjev. Les écoles sont dans un état déplorable et le contraste est frappant avec la Pologne ou on a le sentiment que dans chaque village, l’école vient d’être refaite et ou les routes sont des routes et pas des directions......

          Une exception, les dépenses militaires et de police..

          Les pays limitrophes sont moins motivés par un ressentiment que par la conscience que les gouvernants russes ne sont sensibles qu’aux rapports de force. En Estonie, par exemple, la Russie se comporte effectivement comme un gamin capricieux, de mauvaise foi et plus musclé que les autres qui utilise tous les moyens pour intimider au lieu de tenter de gérer par le dialogue le difficile problème de la minorité russe.

          État social. La législation en vigueur fait qu’une grève légale est une quasi impossibilité. Le fait qu’il y en ait est donc particulièrement révélateur.

          Corruption : Augmenter les salaires de 14% pour les fonctionnaires pourrait s’avérer d’une efficacité relative quand l’inflation officiellement admise est de 12% pour 2007 Un ami proche du pouvoir me dit qu’on commence effectivement à arrêter des fonctionnaires pour corruption et que le pouvoir incite les racketté à dénoncer les racketteurs. Mais un autre ami qui vit de la vente de permis de travail aux migrant des républiques soviétique me dit que le prix à augmenté parce que le fonctionnaire central qui vient d’acheter le poste aux enchères doit rentabiliser le coût de son achat. C’est peut être pour cela que le fonctionnaire local dont je dépends pour un éventuel permis de séjour qui devrait être de droit compte tenu de ma situation ne me demande que 3000 $. Lors de mon dernier voyage à Volgograd, les amendes policières m’ont coûté plus cher que l’essence. Et ce n’est pas parce que je suis étranger. Il en est allé de même pour mon voisin sur la route de Sotchi. Quand au exemptions de service militaire, le tarif semble rester assez stable. Peut être que les 18% de l’armée ont joué un rôle positif. Enfin, pour les russophones, un tour sur internet permet de se faire une idée du « cout » d’un diplôme.

          Les convergences éventuelles entre Chine et Russie ne peuvent être que conjoncturelles, ponctuelles. Tous les militaires russes savent que la vraie menace stratégique pour la Russie est chinoise et que de ce point de vue, l’Amérique est presque un recours potentiel. Le seul point de convergence réelle est la volonté qu’on les laissent traiter leurs peuples comme ils l’entendent.

          J’imagine que Poutine et ceux qui l’entourent ont pris toutes les précautions possible pour garder le contrôle de Medvedev. Cependant, croire qu‘une personne, investit de la légitimité du suffrage universel, (quel que soient les modalités de déroulement du scrutin) et détenteur institutionnellement de très nombreux pouvoirs, acceptera durablement de s’effacer me paraît être à tous le moins risqué, même si c’est « un ami de trente ans« .

          En revanche, il semble positif que les Poutiniens aient imaginés ce scénario alambiqué pour donner l’impression de respecter la constitution. Ils auraient pu simplement maintenir Poutine au pouvoir et personne n’aurait rien pu dire ou faire. Ce respect pour les apparences d’un principe est plutôt positif.

          Cependant, si continuité il doit y avoir en Russie, il me semble que c’est un peu celle d’une certaine imprévisibilité.

          Quand à la politique volontariste en matière démographique elle pourrait assez rapidement rencontrer les limites de la popularité de Poutine. Le Mouvement, Nashi, les jeunesses poutiniennes, pour préparer le terrain, à fait récemment campagne contre le port du string, comme « nuisible aux capacités reproductrices de la jeune fille russe« . Il suffit d’avoir fait une foi un tour à Moscou pour deviner que les masses concernées vont avoir du mal à adhérer....

          Alors je ne sais pas si la Russie est aujourd’hui un grand pays mais les russes restent certainement un grand peuple. Les positions anglo-saxonnes qui reviennent à prétendre que ce peuple est aussi apte à une vraie démocratie qu’un autre en Europe me parait finalement plus respectueuse du peuple Russe.


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 1er janvier 2008 15:20

            @Léon,

            С НОВЫМ ГОДОМ ВАС !

            Sur la question de la démocratie, j’avais eu un échange intéressant avec Philippe Vassé. Vous pouvez si vous le désirez aller faire un tour sur le lien que je donne au sein de mon article.

            Quant au fléeau de l’alcool, si la vodka est de plus en plus délaissée par les jeunes générations... elle est remplacée par la bière. Je vous recommande cet article, à partir de la moitié cela concerne le sujet. C’est un énorme problème qui effectivement mine l’espérance de vie des hommes qui en abusent en des quantités phénoménales smiley

            Cordialement


          • eric 1er janvier 2008 17:25

            @ leon С новым ґодом !


          • Charles Bwele Charles Bwele 31 décembre 2007 20:37

            @ Yannick !

            Remarquable synthèse sur la Russie « poutiniste ». J’avais passablement entendu qu’il avait été élu par Time comme homme de l’année à cause d’une affirmation du genre « l’ordre avant la liberté » ou qque chose comme ça... smiley smiley Un propos hautement tsariste. smiley

            Catherine II de Russie disait « que la gestion de la Russie relèvera longtemps d’un art du possible ». Sacrée visonnaire la grande dame. smiley

            Joyeuses Fêtes ! Orthodoxes également...


            • Yannick Harrel Yannick Harrel 1er janvier 2008 13:57

              Bonjour Charles et mes meilleurs voeux aussi pour cette nouvelle année 2008 ! smiley

              Et c’est très juste : les fêtes orthodoxes (du fait de la différence entre les calendriers julien et grégorien) font qu’il y a encore Noël à célébrer le 7 janvier smiley


            • brieli67 31 décembre 2007 21:46

              « За здоровье ! » (Za zdorobie !)

              Encore merci à l’ancien de Leipzig - Herr Kommissar Putin - d’avoir remis les traditions au goût du jour

              Si c’est la première fois que tu rencontres la personne, c’est trois verres de vodka ! et surtout ne pas oublier de croquer un cornichon, sinon gare à la gueule de bois...

              - Des cornichons aussi gros qu’en Russie, y’a pas en France !

              Quoique.... du côté des Sablons Parmentier expérimenta la patate en fleurs....

              BREF se faire avoir comme un bleu. Pas surprenant qu’au lendemain d’une nuitée avec http://www.actualite-de-stars.com/people/004696.html il lui offre une immense brassée de roses.

              Bonne année on a goeder Rotsch...


              • Yannick Harrel Yannick Harrel 1er janvier 2008 14:17

                С новым годом ! И спасибо за стакан водки ! smiley

                Je vois que vous connaissez un peu les traditions Russes Brieli smiley C’est un jeu qu’affectionnent particulièrement ces taquins de Russes à forcer, au nom de l’amitié entre les peuples, les étrangers à boire trois fois de suite et cul-sec leur grand verre de vodka (sans glaçon bien évidemment). Entrecoupé obligatoirement de toasts à la paix dans le monde, à l’amitié et aux femmes smiley


              • moebius 31 décembre 2007 23:43

                bonne année


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 1er janvier 2008 13:58

                  Bonne année aussi !


                • moebius 1er janvier 2008 04:13

                  ...martin est bidon comme la russie


                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 1er janvier 2008 20:09

                    Bonjour,

                    Je reviens sur mon article pour observer que 9 personnes ont accepté d’y apposer leur vote, en à peu près 1h30 de temps. Ce qui est assez remarquable en soi vu que l’article n’avait suscité que 6 votes (favorables) au préalable depuis sa publication hier ! 1 vote toutes les 10 minutes, pas mal pas mal...

                    Et comme par hasard, tous négatifs ! Quelle étrangeté...

                    Alors bon, à la rédaction d’Agoravox : mettez vos plus fins limiers sur le coup car mon flair de consultant en NTIC me permet de vous dire que ça flanche grave dans la matrice et qu’il y invasion de multis ! smiley

                    Cordialement


                    • Pug 1er janvier 2008 22:09

                      Etrange effectivement...


                    • Yannick Harrel Yannick Harrel 1er janvier 2008 22:29

                      Et il ne faut pas croire que je ne prêche que pour ma chapelle : j’ai constaté ce phénomène en d’autres publications d’Agoravox, soit sur le vote des articles eux-mêmes soit sur les commentaires.

                      Ce qui aiguise particulièrement mon alacrité envers cette manière peu glorieuse de procéder en vue de fausser le résultat d’un vote : c’est le système Tiberi à la sauce numérique... smiley


                      • Tapioca Polvadot 3 janvier 2008 15:36

                        Vladimir POUTINE serait l’homme le plus riche d’ Europe Il posséderait en effet, 50% de la valeur totale de tous les EMPRUNTS RUSSES détenus par les français. The Moscow Times de Londres déclare « il serait le leader politique le plus corrompu de l’ Histoire mondiale ». Une polémique se développe au sein du Kremlin autour de la fortune personnelle du président russe, Vladimir Poutine, et des parts qu’il détient dans plusieurs compagnies d’Etat, affirme le quotidien britannique The Guardian à la « une » dans son édition du vendredi 21 décembre. L’affaire a été dévoilée dans une interview publiée par le magazine allemand Die Welt le 12 novembre. Un politologue russe, Stanislav Belkovsky, y affirme qu’en huit années passées au pouvoir, M. Poutine a accumulé des capitaux dont il évalue la valeur à 40 milliards de dollars, soit près de 29 milliards d’euros. Interrogé cette fois par The Guardian, Stanislav Belkovsky avance que le chef de l’Etat russe détient d’importantes participations dans trois compagnies russes du gaz et du pétrole, à travers « des compagnies offshore opaques ». Selon ce politologue, M. Poutine contrôle « dans les faits » 37 % des parts de Surgutneftegaz, une société de prospection pétrolière, également troisième producteur pétrolier russe. Il détiendrait également 4,5 % du géant Gazprom, et « au moins 75 % » de Gunvor, une compagnie de négoce pétrolier basée en Suisse et fondée par Gennady Timchenko, un ami du président Poutine, toujours selon Stanislav Belkovsky. Si ces informations sont exactes, elles feraient du président russe l’homme le plus riche d’Europe, et le placerait parmi les dix premières fortunes mondiales. Le quotidien russe The Moscow Times relevait, le 28 novembre, que les capitaux détenus par M. Poutine feraient de lui « le leader politique le plus corrompu de l’histoire mondiale, largement devant Ferdinand Marcos aux Philippines et Mobutu au Zaïre ». La fortune de Vladimir Poutine était jusqu’ici taboue. Mais des informations commenceraient à sortir, indique The Guardian, « en contrecoup d’une lutte interne au sein du Kremlin entre un groupe mené par Igor Sechin, l’influent chef adjoint de l’administration présidentielle russe, et un clan de »libéraux« auquel appartient Dimitri Medvedev », le successeur désigné de M. Poutine à la présidence. Les porteurs français d’emprunts russes vont demander que le dossier de la dette russe, soit examiné trés rapidement, et en tous cas début 2008. Le Président Nicolas SARKOZY s’était engagé dans une lettre de mars 2007 , a reunir les porteurs dés sa nomination à l’ Elysée , pour étudier avec méthode ce probléme trés sérieux. La Russie posséde maintenant une richesse qui lui permet de régler cette dette, et ainsi revenir dans le cercle des nations fréquentables financiérement. smiley

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