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Accueil du site > Actualités > International > C’est perdu d’avance...

C’est perdu d’avance...

Libération, Marianne, Le Courrier International, Le Nouvel Obs. et tous les autres médias de l’Hexagone ne veulent rien entendre ou ne comprennent rien. Du haut de leur grandeur passée, ils s’imaginent encore les phares de langue française. Ils se voient toujours les défenseurs de cette langue. Ils se permettent de donner des leçons aux autres francophones de la planète : l’accent des uns, l’intonation des autres sont folkloriques. Ils sont imbus du bien parler “pointu“. En fin de compte, ils sont tout simplement prétentieux. À quoi bon s’efforcer à bien parler et à vouloir sauvegarder la langue française. Mettons-nous à l’anglais et que l’on procède à la création d’une nouvelle association : “The International Organization of the french language“ pour les nostalgiques de la cause et passons à autre chose.

Combien de personnes ont attiré leur attention sur l’utilisation abusive des expressions de langue anglaise dans toutes leurs communications : verbales et écrites. À force de vouloir être une grande puissance, ce pays devient de plus en plus colonisé et s’enlise tout doucement dans cette anglo-manie primaire. 

À Montréal, nous déplorons l’anglicisation accélérée de la deuxième ville française du monde. Lors d’un récent voyage à Bruxelles, nous nous sommes consolés en constatant le même phénomène : “speak and display English is very fashionable“.  Je veux bien m’efforcer de parler anglais lorsque je vais chez nos voisins du Sud, mais à Bruxelles, à Paris ou à Lyon, j’aimerais que l’on m’explique.

Dans le cadre de la Semaine de la Francophonie en 2005 j’avais demandé à quelques-uns de mes amis d'ailleurs (Belgique, France, Suisse) de faire une courte réflexion sur "la langue de chez nous" : notre langue, leur langue, celle qui nous unit à l'intérieur de la grande famille francophone. Je ne permets de reprendre leurs conclusions.

Pour la France. “Les seuls, sur le terrain, à tenter de combattre cette simplification verbale et grammaticale restent, les personnes âgées. Nos aînées ne sont pas tendres envers les petits-enfants qui se laissent aller à de telles modifications de langage, les reprenant et étant inflexibles sur l'orthographe. Nos anciens défendent vivement la langue de Molière, pour combien de temps encore ?

Pour la Belgique. “La langue anglaise pousse de plus en plus partout. Pour résumer, aujoud'hui, je dirai tristement : "Belgium, one point“.

Pour la Suisse. “Le français est en recul en Suisse, mais plutôt par rapport è l'anglais qui, bien que non officiel prend hélas, de plus en plus d'importance dans le commerce, voir le langage courant“.

Il ne faudrait quand même pas être accompagné d'un interprète dans nos prochains voyages en France. Faudra-t-il être bilingue Français-Anglais si nous visitons l'Hexagone ?

Une langue a-t-elle quelque part jamais réussi à vaincre les forces qui la condamnaient à mort ? Finirons-nous comme nos ancêtres les Gaulois… assimilés.

Notre déclin potentiel est entre nos mains, il nous appartient individuellement et collectivement de corriger le tir, de redresser la situation et de faire l'effort de sauvegarder notre langue. 

La Fontaine l’a dit une fois : la raison du plus fort est toujours la meilleure, en bon québécois au plus fort la poche. 

Sommes-nous les Gaulois d’Amérique ? Le Français survivra-t-il sur les rives du Saint-Laurent ? Il n’est évidemment pas vrai que le Canada place depuis toujours ses deux langues officielles sur un pied d’égalité, les anglophones sachant très bien que la décroissance démographique au Québec se chargera de supprimer l’exaspération que nous causons en mettant fin à l’existence du Français au nord du 49e parallèle, projections statistiques à l’appui. Il ne faut pas compter sur nos cousins Français pour éviter cette assimilation… C’est perdu d’avance…

 


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36 réactions à cet article    


  • alinea Alinea 29 janvier 2013 13:47

    Ce n’est même plus une question de démographie, c’est une question de culture ; la langue est là pour décrire et pour montrer les pensées, trouvailles, nouveautés d’une culture ; la culture est anglo-saxonne ! La langue va avec. Pour garder la spécificité des langues, leur diversité et leurs richesses, il nous suffit de changer le monde !
    Signée : une vieille amoureuse de la langue française et qui, comme vous le dites : " “Les seuls, sur le terrain, à tenter de combattre cette simplification verbale et grammaticale restent, les personnes âgées. Nos aînées ne sont pas tendres envers les petits-enfants qui se laissent aller à de telles modifications de langage, les reprenant et étant inflexibles sur l’orthographe. Nos anciens défendent vivement la langue de Molière, pour combien de temps encore ?
    Ceci dit je n’ai pas attendu d’être « âgée » pour être terroriste !!!


    • Rensk Rensk 29 janvier 2013 14:42

      Pour la Suisse... il faut savoir qu’elle a 4 langues officielles, qu’une d’elle n’est pas représenté en justice...

      L’anglais, qui a remplacé le français en diplomatie, nous prouve chaque année qu’il y a plus de conflits depuis...

      Juste un exemple a la con : La Suisse a aussi, chez les boches (majoritaire pourtant), une émission TV qui cherche la nouvelle « star » et son titre est « The Voice of Switzerland » et la question se pose : le jury veut-il par la se présenter « In » ? « Kiss cool » en quelque sorte ?


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 29 janvier 2013 17:49

        Nur Esperanto estus la bona solvo.


        • Rensk Rensk 29 janvier 2013 18:59

          @ Eugène,

          Je t’ai compris mais j’ai voulu en être sûr et j’ai donc fait traduire par 4 dicos qui m’ont toujours répondu : langue inconnue ; pas de traduction possible

          Je traduit donc pour « Promt », « Babylon », « Google » et « Microsoft »...

          Seulement l’Espéranto est la bonne solution...

          Dites moi si j’ai faux, mais je ne pense pas, j’ai beaucoup voyagé et jamais appris l’espéranto...


        • alinea Alinea 29 janvier 2013 19:41

          L’esperanto, une langue sans histoire, créée artificiellement, le pur produit de quelques cerveaux et non pas des innombrables composantes d’une culture, serait pire que l’anglais.
          L’esperanto est le rêve de l’Homme tout puissant ! mais une langue, ce n’est pas seulement du vocabulaire et de la grammaire pour l’organiser ; c’est la seule création humaine anonyme, mouvante, toujours en gestation, en création.. ; L’anglais ( le glogisch ? C’est comme ça qu’on dit ?), c’est l’espéranto de vos rêves... et qui n’a rien à voir avec la langue anglaise, et pas seulement celle de Shakespeare !


        • Anakin Anakin 29 janvier 2013 20:04

          Bonjour monsieur Alinea

          Je ne parle pas l’espéranto et l’ai découvert que très récemment. J’ai commencé à lire son histoire et ai découvert que même jules Vernes était un des plus illustres militants.

          C’est une idée humaniste qui se révèlerait pourtant bien pratique aujourd’hui.

          On ne peut l’accuser de ne pas avoir d’histoire alors que l’on a tout fait pour qu’elle meurt dans l’oeuf. Plus de cent je crois d’existence, elle est pourtant parlée par plus de personnes que nombres de langues « naturelles » actuelles et si j’en crois Claude Agège survivra à bon nombre de langues en voie d’extinction.

          Cette extinction je pense est due justement par le fait que l’on défende la suprématie d’une langue dite « maternelle ».

          L’intérêt de la langue française n’est pas de soutenir l’anglais ou le globish mais bien d’être protégée par l’usage internationale d’une langue qui justement n’est pas attachée à une culture.

          Que ce soit l’espéranto ou une autre langue « fabriquée » importe peu. A ce sujet il est illusoire de penser que nos langues ne sont pas fabriquées. L’espéranto d’ailleurs s’appuie sur des racines de langues existantes et donc on peut dire qu’elle y intègre l’histoire de ces langues de par son étymologie.

          J’ai rencontré récemment un groupe d’espérantiste à qui j’essayais de contrer les arguments pour et j’ai évoqué le fait que cette langue n’évoluait pas. Hé bien figurez vous que comme toute langue , elle change à l’usage et il ya même un fort débat sur la suppression de l’accusatif. De même qu’il existe , he oui c’est surprenant, une académie espérantiste qui statue sur l’espéranto officiel , comme le fait l’Académie Française.

          J’ai été également surpris d’apprendre que le plus grand nombre d’espérantistes dans le monde se trouve en Chine puis au Japon. Les espérantistes expliquent cela au fait que la construction « agglutinante » (je crois) qui en fait d’ailleurs une langue des plus facile à apprendre pour un enfant voire pour tous, est très familière aux asiatiques ; leurs langues étant construites de la même façon.
          Si j’en crois ce que m’ont dit ces espérantistes, ils auraient beaucoup plus de facilité à l’apprendre que l’anglais qu’on leur impose d’ailleurs comme hélas partout dans le monde.

          En tous cas l’éducation de l’anglais est un désastre en France, il serait peut-être temps de se demander pourquoi. Et surtout d’arrêter ce gaspillage de temps et d’argent quand on peut faire avec un autre outil plus efficace et plus économique.


        • Anakin Anakin 29 janvier 2013 20:06

          Je suis extrêmement confus . J’ai cliqué deux fois et du coup je n’ai pu relire et corriger mes fautes.

          Vous m’en voyez navré et vous prie de bien vouloir m’en excuser.


        • Shawford Shawford42 29 janvier 2013 20:30

          Anakin, c’est Luke smiley


          Me permettriez-vous de vous poser une question cavalière.

          Pourquoi appelez vous quasi tous les intervenants d’AV en commençant par Monsieur ..., en prenant bien soin de souligner ce qualificatif de genre alors même que nombre d’entre eux comme ici présentement sont en fait des elles ?



        • Rensk Rensk 29 janvier 2013 20:39

          @ Alinea,

          Je dois vous contredire.... dans les années 70 j’ai déjà entendu parler cette langue en Inde...

          Si les gens parlent a un étranger... ils parlent comme des italiens dit-on en Europe (parole, mimique du visage, des mains et des pieds si nécessaire) ... dans d’autres continents vous avez la même réflexion des gens « de la rue » concernant UN pays de leurs continent... (« journalistes » oblige...)

          L’espéranto c’est « un peu ça »... il mélange des langues « du coin » que tout le monde comprend pratiquement « d’office »... (Une fois appris une langue latine a l’école pourquoi ne pas passer dans son *contraire* qu’est l’arien (N, B, D, A, CH, ??? (Ok,. plus difficile a apprendre que l’anglais MAIS..., bien plus de facilitées d’apprentissage de bien d’autres langues après coup)

          Voyons les faits : l’armée de France parle en anglais ces dernier temps... Nous en Suisse nos aviateurs militaire parlent en italien car... de nos 4 langues officielle c’est la plus compréhensible par les pilotes... Ils utilisent, bien sur, aussi l’anglais... pour faire plaisir aux autres... (Aïe a notre neutralité)

          Attention ; cela va même plus loin que « ça »...


        • Rensk Rensk 29 janvier 2013 20:49

          @ Shawford42,

          Si je me réfère a la coutume de mon propre coin du pays... et de bien d’autres que j’ai visité...

          C’est normal dans certains endroits du monde... pas besoins d’aller très loin... on mange des chats en Suisse... et je vous demande de respecter cela...

          Suis surpris de votre jeunesse et de votre...


        • Shawford Shawford42 29 janvier 2013 20:54

          et de mon... ? 

          Je vous avoue que je donne bel et bien ma langue au chat sur le sens de vos propos.

          Et Dieu sait pourtant que des gros matous, j’en croque sur AV smiley

          PS : 42 ans hier, c’est jeune ? smiley

        • alinea Alinea 29 janvier 2013 20:55

          Justement Anakin : dans une langue « naturelle », pas besoin de débat. Personnellement le langage m’apparaît être la seule construction anarchiste, partagée par les gueux et par les riches, par le nombre ou par un seul, chacun peut la changer, la faire évoluer ! Cela m’est précieux ; après, inventer une langue d’usage minimum pour tous ? Oui, cela nous évitera d’avoir à être curieux de la langue des autres, de l’apprendre, de la parler et de l’étudier.
          L’uniformisation comme idéal ! Non merci.
          Et je sais bien qu’en ce qui concerne l’esperanto, ceci part d’un bon sentiment !


        • eugène wermelinger eugène wermelinger 29 janvier 2013 20:57

          Estimata sinjoro Rensk.
          Do vi estas sviso.
          En Svislando ekzistas multaj esperanto-asocioj.
          Mi mem sendis miajn infanojn en la Kultura Esperanto Centro de La Chaux de Fonds.
          Mia filino, nun doktorino medicina, lernis tie esperanton, kaj poste studis en Pekino kaj estas diplomita de la Cihna akademio pri scienco de Pekino. La kursoj estis faritaj en la lingvo esperanto.
          Mi donas la adreson de revueto tri landa, el Basel (Svisio)
          http://ebookbrowse.com/sud-rejna-kuriero-46k-pdf-d397166785


        • Anakin Anakin 29 janvier 2013 21:00

          Bonsoir monsieur ou madame Shawford

          Heu pardon mais comment dois-je commencer mes commentaires alors ?

          Je ne connais pas bien les codes sur ce site, j’ai vu que les habitués faisaient autrement mais je ne suis pas un habitué et j’ai peur de paraître cavalier voire mal élevé.

          Oui vous avez raison, dans le doute je préfère écrire monsieur, écrire madame par erreur est plus souvent mal pris que l’inverse.

          Je vais essayer de me corriger en m’autorisant à ne mettre que le pseudo alors. Que ceux que cela offusquerait me pardonnent à l’avance.

          PS : oui c’est le héros de la guerre des étoiles mais c’est aussi comme cela que ma grand mère m’appelait au village, cela m’est resté et je n’ai jamais su pourquoi elle m’a affublé de ce nom. Etrangement je l’ai détesté longtemps et maintenant je le reprends à mon compte.

          Pardon pour cette longue digression qui n’a pas de rapport avec le sujet. (je sais que c’est interdit par la charte).


        • eugène wermelinger eugène wermelinger 29 janvier 2013 21:03

          Merci Anakin et les autres pour votre intérêt à mon commentaire.
          Je suis aussi d’accord avec l’auteur de l’article.
          Voilà mon histoire et cheminement ici :
          http://regionauxois-morvan.blog4ever.com/blog/lire-article-465649-2215780-du_patois_morvandiau__en_passant_par_le_francais__.html


        • Shawford Shawford42 29 janvier 2013 21:03

          Sauf mon égal respect pour l’auteur, je trouve votre digression passionnante et convaincante pour la partie relative à mon interrogation.


          Au surplus, que les gentes commentatrices ne le relèvent pas plaide pour leur volonté de n’induire aucune courtoisie forcée et c’est tout à leur honneur. smiley

        • Rensk Rensk 29 janvier 2013 21:07

          En effet ; pas très loin de La-Chaux-de-Fonds... c’est St.-Imier qui a eu l’honneur de recevoir tous les anarchistes du monde entier en 2012... (nous avons même payés des billets d’avion aux participants pauvres) http://www.anarchisme2012.ch/


        • Anakin Anakin 29 janvier 2013 21:12

          rebonsoir Alinéa

          Non justement, il est illusoire que la langue que nous parlons est de construction anarchique, elle est bien établie et enseignée, imposée dès la plus tendre enfance.

          L’anglais comme langue internationale est la langue des riches, du capitalisme comme disent les gens de gauche.

          C’est comme si on avait fait exprès de prendre une langue difficile à apprendre pour que seule l’élite puisse y accéder.

          Et ce qui est étrange, étonnant est que le peuple soutienne cet élitisme.

          En fait il y a la langue internationale des pauvres qui serait l’espéranto et la langue internationale des riches qui serait l’anglo-américain.


        • Rensk Rensk 29 janvier 2013 21:16

          @ Anakin,

          Tous vos avis sera pris en « compte » et je peu vous dire que si vous restez poli et ne vous emportez pas contre des gens mais contre les idées... c’est « a la carte » ;  pour le prix de solde.

          Ne prenez pas des « habitudes » Agora n’est pas TF1...


        • Anakin Anakin 29 janvier 2013 21:34

          Bonsoir Rensk

          Je suis désolé mais je ne comprends pas votre commentaire. Merci de m’expliquer plus en détail, ma compréhension du français n’est pas toujours parfaite.


        • alinea Alinea 29 janvier 2013 23:12

          Dans ce cas, je suis pour l’esperanto ; de toutes façons cet anglais imposé jusqu’à la maternelle chez nous me hérisse le poil ! Je ne sais pas, c’est un peu comme pour les frontières ; pour moi les frontières sont des ponts, des liens et je les aime ; j’aime les langues différentes, j’aime les monnaies différentes. Peut-être est-ce que je déteste la mondialisation ? smiley


        • easy easy 29 janvier 2013 23:28

          ***** Sauf mon égal respect pour l’auteur, je trouve votre digression passionnante et convaincante pour la partie relative à mon interrogation.


          Au surplus, que les gentes commentatrices ne le relèvent pas plaide pour leur volonté de n’induire aucune courtoisie forcée et c’est tout à leur honneur *****


          Joliment pensé et dit


        • stepht 29 janvier 2013 18:09

          Allons bon, bien qu’adepte de la VO pour tout ce qui est production anglo-saxonne (cinéma et feuilletons (oui ! feuilletons !! qu’on arrête avec cet enfumage de téléspectateur captif : l’immense majorité des productions que l’on nous sert sous le nom de « série » sont des feuilletons ! Oui, ça fait tout de suite plus désuet (rhoooo.... ringard, voilà), et nettement moins sexy (na !). Justement ! Appelons un chat un chat, morbleu !)), je me considère comme ardent défenseur de la langue française.
          La conclusion est sans appel : je suis une personne âgée. Déjà...
          Quelqu’un aurait une corde ?


          • Rensk Rensk 29 janvier 2013 18:52

            J’en ai... mais elle est probablement illégale car ; elle est de chanvre...  smiley


          • Anakin Anakin 29 janvier 2013 20:12

            Bonsoir Monsieur Stepht

            Je distingue personnellement les séries des feuilletons.

            Les feuilletons ont un fil rouge comme Plus belle la vie, Fringe ou Dexter. Les séries sont plutôt les Colombo, L’Inspecteur Derrick, les Maigret. Le Héros est le seul lien entre les histoires, on peut en louper quelque unes sans que l’on soit perdu.

            Mais vous avez raison, maintenant on appelle tout série.


          • Scual 29 janvier 2013 19:40

            Personnellement je me fiche éperdument de la présence de quelques mots étrangers, tant que la base de la grammaire perdure, la langue perdure. Il se trouve que tout les mots sont d’origine étrangère.

            Si on connais un peu les langues, on sait que le chewing-gum d’aujourd’hui purement anglais deviendra le chuinegomme français de demain de la même manière que se sont composés chaque mots de notre langue.

            LE truc intéressant, c’est à quel point cette influence culturelle anglo-saxonne laisse indifférent nos zélotes nationalistes qui se plaignent tant de l’arabisation de la France... pardon de l’ « islamisation », c’est comme ça qu’il l’appelle maintenant parce qu’au niveau marketing ça gagne plus de parts de marché et c’est plus pratique parce que contrairement au racisme c’est légal.

            Remarque quand on connais leur Histoire, on sait qu’ils sont du genre à préférer des occupants étrangers plutôt que des Français de la mauvaise religion, alors les américains pourraient bien nous occuper, si ils chassent les arabes ça les dérangerait pas, je suis sur.


            • Anakin Anakin 29 janvier 2013 20:21

              Bonsoir monsieur Scual.
              J’adhère à votre pragmatisme. Mais je déplore que l’on ne fasse pas l’effort en effet de « franciser » la consonance des mots empruntés.

              Allons expliquer à un enfant que « ing » fait inegue alors que dès la maternelle on lui dit que ca se dit comme dans violon d’ingre.

              Que l’on dit un bus et pour buzz c’est pas du beurre.

              Mais quand j’entends notre ministre de la marinière parler de « made in France », je me dis que le combat est perdu. Monsieur Toubon était chargé de la défense de la langue française. Je crois que personne ne l’a réveillé et qu’il dort encore au fond de son bureau au 6ème sous-sol de la bibliothèque Mitterrand.


            • Rensk Rensk 29 janvier 2013 21:30

              LOL,

              Nous avons mis dans la constitution (majorité double obligatoire ; le peuple et les 26 États : l’interdiction de minaret)

              Hollande risque quelque chose avant même la fin de sa « première partie »...


            • Rensk Rensk 29 janvier 2013 21:43

              PS : Ing fait « ingénieur » chez nous mais le « papier » ne semble pas être « protégé »... comme l’est Dr. par exemple...


            • Anakin Anakin 29 janvier 2013 23:29

              Rensk

              Je déplore également voir remplacé le M. de Monsieur par Mr de Mister.

              Le comble est qu’une fois , on m’a fait la remarque que j’avais oublié le « r » !!!


            • easy easy 29 janvier 2013 21:54


              Ça fait bien le millième billet sur ce sujet
              Mais pas un n’a dit ce que l’on perd en perdant une langue
              Pas un n’a dit ce que le français avait de spécifique (ainsi que toute langue) 

              Le français partage telle caractéristique avec telles langues, telle autre caractéristique avec telles autres langues du point de vue sémantique, dialectique et social.

              Si on perd le français en certains points clefs, on perd la manière française de voir les choses.

              Ce n’est pas le fait de dire chewing-gum à la place de gomme à mâcher qui a de l’importance, c’est autre chose.

              Ce qui est lourd, important, conséquent, se cache dans ce que nous ne percevons plus à force d’être dedans.

              C’est par exemple dans notre manière de genrer les mots 
              Ici (dans l’espace francophone), on dit « une personne » et « une merde » 
              Nous ne le réalisons pas mais cela nous permet de dire qu’une personne est une merde.
              Ça vaut ce que ça vaut, je ne raconte pas ça pour en juger en Bien /Mal.

              Cette manière de concevoir nos articles nous permet de chosifier des personnes mais aussi de personnaliser des choses. 

              Figurez-vous que cette faculté n’est pas universelle 

              Remarquez ceci : 
              Autant il nous est facile de dire que « Cette personne est une merde », autant nous commençons à ramer pour dire que « Cette personne est un con ». 
              Nous butons donc sur un détail dans notre manière de genrer.
              Nous avons déjà du mal à faire coïncider une personne (genrée au féminin) avec un objet (genré au masculin) 

              Alors nous nous retrouvons obligés de dire « Cette personne est une conne ».

              Vous voyez que le seul fait devoir faire coïncider masculin et féminin nous pose déjà des difficultés qui, du coup, pourraient presque nous interdire ce rapprochement. Il se trouve que con se transforme assez facilement en conne mais anus ne se féminise pas aussi facilement et il est difficile de masculiniser bite. 

              Or il existe des langues tout autrement genrées où il est impossible de faire des assemblages en « Cette personne est une merde » 

              Cette phrase est intraduisible en vietnamien

              En vietnamien, les genres sont plus nombreux et donnent dans le Animal (homme inclus) ; Végétal ; Liquide, Morceau, Partie, Machine, Véhicule, Esprit....(Il y a des langues à 30 genres)
              On peut y dire qu’une personne est un chien mais pas qu’elle est une merde
              On ne peut pas chosifier une personne ou une bestiole

              Ici on peut dire que le soleil se couche
              On ne peut pas le dire en vietnamien
              Ici on peut dire que l’eau dort
              On ne peut pas le dire en vietnamien

              En revanche, en viet on peut faire des associations d’idéations qu’on ne peut pas faire en français. Chaque langue a ses mouvements ou gymnastiques intellectuelles. Chaque langue fait des rapprochements ou voit des compatibilités qui lui sont propres. 
               
              En viet on peut donner aux personnes et bestioles un nom propre relatif à un nuage, à une fleur, à une larme d’argent, à un dragon et pourquoi pas à une merde. Mais seulement au niveau du nom propre. Du reste, on appelle les bébés en « goutte de boue » afin que les esprits ne soient pas jaloux de lui. A la limite on pourrait appeler une personne Merde mais on ne pourrait pas dire « Mon voisin Merde est une merde » 

              Le fait qu’un peuple ne puisse pas chosifier une personne, pas même une bestiole, a évidemment des incidences en termes de respect. 
              Mais je ne veux pas m’appesantir sur les jugements moraux. Ce n’est pas le sujet de ce papier.
              Je veux seulement souligner que des détails qui nous semblent minuscules ont une forte incidence dans notre manière de regarder les choses et les personnes 


              Ainsi d’un autre point de vue, le fait de mettre au masculin le mot nuage a un aspect absurde qui fait partie intégrante de notre manière d’être. Nous sommes un des peuples à avoir énormément exploré les absurdes (surtout au XIXème siècle) ou le comique depuis les mots (en plus du comique des situations)

              Que serait Raymond Devos sans les absurdités que provoquent les homonymies ou les double sens de nos mots ?

              Alors que l’absurde ou le double sens du mot amateur peut évidemment sembler inutile ou honteux, qui sait si, à le perdre, nous ne perdrions pas un paquet d’autres choses qui y sont rattachées


              Je ne puis hélas pas faire ici le tour complet des singularités profondes du français mais j’espère vous avoir sensibilisé un peu sur des arguments jamais mentionnés à ma connaissance.

              L’intrusion de mots étrangers n’est pas conséquente ou alors seulement en termes d’orgueil nationaliste-culturel.
              Insérés dans nos phrases en français, bien qu’ils aient des sèmes originellement souvent différents, les mots étrangers se retrouvent tout de même repérés et sont alors comme isolés ou emballés d’exotisme. Ils ne perturbent pas notre dialectique

              Bien plus conséquente serait la perte de notre manière de genrer, de conjuguer, de signaler les pluriels, de syntaxer, d’accorder, etc.


              Je ne connais rien aux mille patois de France que nous avons perdus au XIXème siècle en raison du ferrysme mais j’imagine sans peine que chacun offrait une manière singulière de considérer les choses

              Je signale accessoirement que notre Je ou notre Moi s’entend ici d’une manière plus lâche (molle) moins certaine, que dans le vietnamien où lorsqu’une personne dit « Je vais à l’école » ça veut dire qu’elle en a décidé elle-même ; ce qui n’est pas le cas ici.
              Ça a des conséquences en matière de responsabilité donc sur le plan juridique.


              • Rensk Rensk 29 janvier 2013 22:42

                Moi j’ose affirmer... malgré le royalisme de la France d’aujourd’hui... concernant la francophonie...

                Le français est toujours encore la langue la plus « précise »... les germains ont pourtant des mots, définitions, qui sont encore plus précis que le français ne l’est...

                Il y a des fois où je ne peu trouver en allemand ce que je ressent en français et la même chose pour le contraire... des mots me manque en français quand je veut traduire le sens du mot allemand... les dicos en ligne sont très pauvres a ce sujet-là...


                • Pontiac_63 Pontiac_63 30 janvier 2013 10:50

                  Article intéressant, je suis assez d’accord. Mais il ne faut pas baisser les bras. Et surtout ne pas se fier à un (des) gouvernement(s) pour régler le problème pour nous, au Québec en tout cas. Je suis Montréalais aussi, je remarque la progression de l’anglais partout en ville, c’est un fait. Mais c’est à nous citoyens, jeunes et moins jeunes, de simplement continuer à faire vivre notre langue, partout où nous allons, et ce , de façon spontannée, et sans complexe.
                  L’anglais est la langue de la « bizness » selon l’oligarchie, mais il reste beaucoup de place pour faire valoir la beauté et la force du français, même en affaires. C’est une question d’estime de soi, d’abord et avant tout. Au final, peut-être que les Québécois ( et les franco-canadiens en général ) redonneront le goût aux Européens francophones de raffermir leur langue ?! Je dis ça à demi-sérieux !
                  Il n’en reste pas moins que ce constat est effectivement inquiétant.
                  À nous tous ( francophones et francophiles ) d’affirmer notre langue, nos cultures respectives et l’amour de la francophonie, par les arts et les lettres, en grande partie.
                  Allez... ! Ce n’est pas perdu d’avance ! Encore un petit combat pour la bonne cause à l’horizon !


                  • Mmarvinbear Mmarvinbear 30 janvier 2013 11:06

                    Rah, c’est pas bientôt fini, ces canadiens qui viennent nous faire la morale sur la défense de la Langue Française et qui vont ensuite checker les breaks de leurs tanks  ?


                    On ne défend pas une langue en l’emmaillotant dans les bandes de lin de la grammaire et en la planquant dans le sarcophage du vocabulaire !

                    Le Français est une langue vivante ! Elle s’est construite, et elle se renouvelle en se frottant aux langues étrangères. Elle en prend des éléments, et elle leur en laisse !

                    Saviez-vous qu’il y a plus de mots français dans le vocabulaire anglais que l’inverse ?

                    Je parie que non, occupés comme vous êtes à traduire maladivement Toy Story en histoire de jouet pour essayer de vous démarquer du monde anglophone.

                    Laissez donc le Français vivre et exister ! Cessez de vouloir le sauver en le tuant ! Fusillez les adeptes du mot-dièse qui veulent empêcher la naturalisation du hashtag ! C’est le mélange, l’évolution qui fera vivre le Français, pas la sinistre muséification que vous lui réservez en tentant xénophobiquement de bouter l’ hindi ou l’allemand de notre répertoire !

                    Tabernacle, tiens !

                    • ricoxy ricoxy 30 janvier 2013 11:12

                      Le constat est simple et terrible : nous sommes en train de changer de langue.


                      • fredleborgne fredleborgne 30 janvier 2013 12:06

                        Déjà en 2007, j’avais prévenu

                        Fuck

                        Il y a urgence. En juillet, puis en septembre 2007, les anglo-saxons ont réussi à imposer l’anglais comme langue unique pour le dépot de brevet. Ça s’est passé à Londres. L’Europe n’a pas bougé... La France non plus

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