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Accueil du site > Actualités > International > Chine et Etats-Unis : condamnés à vivre en paix ?

Chine et Etats-Unis : condamnés à vivre en paix ?

Les risques de conflit entre les deux puissances paraissent à première vue importants : l’affaire de Taïwan est loin d’être réglée, le Pentagone s’alarme de la montée en puissance du potentiel militaire chinois, et l’opinion américaine s’inquiète d’une concurrence économique déloyale, qui lamine des pans entiers de l’industrie et provoque nombre de délocalisations.

Pourtant, les deux économies sont tellement imbriquées, organiquement si dépendantes, qu’un conflit paraît improbable, du moins dans un avenir proche. Elles apparaissent liées , pour le meilleur et pour le pire, par des relations très ambiguës , à tel point qu’on a pu y voir un « équilibre de la terreur économique ».

Après une longue période d’ignorance réciproque, d’oppositions politiques et militaires très rudes, l’ère Nixon a ouvert timidement de nouveaux rapports avec la puissance chinoise. Avec le virage politique chinois et le développement rapide des échanges mondialisés, tout a changé. L’interdépendance des économies, voulue autant que subie, est parvenue à un stade où les deux puissances sont dans un état de neutralisation réciproque, caractérisé par une dialectique très complexe d’échanges bénéfiques et de tensions sourdes non dénuées de menaces potentielles.

Cela pour plusieurs raisons :

1 ) La Chine a un besoin énorme d’énergie. L’autosuffisance n’est pas garantie, les réserves s’épuisent. Elle importe actuellement 40% de son pétrole et en importera probablement 80% vers 2030. Elle s’inquiète de l’avenir et va chercher des partenaires jusqu’en Afrique et en Amérique latine. Mais l’essentiel de son pétrole lui vient du Moyen-Orient (environ les 2/3). Or Pékin accepte mal que ses acheminements d’or noir soient contrôlés par l’US Navy omniprésente. Si un conflit éclatait, l’économie chinoise pourrait être étranglée par une intervention rapide des USA. Entre le détroit d’Ormuz et Shanghaï, la distance est de 12 000 km. Un sérieux handicap. Un approvisionnement vital donc, mais très exposé.

2) Troisième exportateur mondial, la Chine nous étonne tous les jours par ses performances économiques, mais que deviendrait sa croissance en cas de crise mondiale, due par exemple à un conflit grave et prolongé au Moyen-Orient, ou au sujet de Taïwan ? Le marché américain absorbe à lui seul le cinquième des produits exportés de Chine.

Cette dépendance et cette fragilité sont d’autant plus grandes que 60% des produits made in China sont actuellement fabriqués par des entreprises étrangères installées en Chine, et presque 70% des brevets déposés sont étrangers. L’exportation est vitale, elle est même devenue une doctrine, et les composants importés pour ses usines ateliers sont indispensables. Double dépendance donc. Mais il ne faut pas oublier que celle-ci va se réduire, et que les retards vont assez rapidement être comblés, grâce notamment à un triplement de ses dépenses de recherche.

3) Mais Pékin a une arme redoutable, capable de frapper durement le coeur de l’économie américaine et asiatique. La Chine est devenue un créancier majeur pour les USA. Ayant beaucoup de réserves de change (plus de 900 milliards de $), elle a acheté énormément de bons du Trésor américains (autour de 300 milliards de $). Cela permet de maintenir les taux d’intérêt à bas niveau, encourage la consommation (surtout de produits made in China), permet un niveau de vie "acceptable" (selon les critères américains), donc favorable politiquement aux USA, même si la dette atteint des hauteurs vertigineuses et dangereuses... La grande distribution a besoin des produits chinois, qui garantissent de très confortables marges bénéficiaires : Wall Mart a acheté en 2005 pour presque 20 milliards de dollars de produits manufacturés en Chine.

Si la Chine décidait, en cas de conflit par exemple, de se débarrasser de ses bons du Trésor, ce serait une catastrophe économique pour son partenaire : chute du dollar, flambée des taux d’intérêt, etc. On imagine la suite. Et l’effet boomerang automatique : la mise à genoux de l’économie chinoise. La Chine ne peut donc souhaiter compromettre la croissance économique américaine, dopée par les capitaux étrangers, vivant en quelque sorte dangereusement à crédit. Jusqu’à quand ?

On est donc là face à une situation plus complexe que celle envisagée habituellement, loin des fantasmes qui ont cours dans l’opinion américaine, hantée par "la menace chinoise", des volontés protectionnistes qui se manifestent dans certains groupes parlementaires, des menaces agitées par le Pentagone, comptant les missiles que la Chine développe.

On comprend que, pour rassurer l’opinion ainsi que certains parlementaires et militaires, le gouvernement américain tienne un discours de fermeté, en imposant certains quotas symboliques, mais sans rien changer d’essentiel. Il se mettrait en péril en allant dans le sens des voeux de l’opinion.

L’ attitude américaine des USA vis-à-vis de la Chine est donc assez schizophrénique, faite à la fois de perception d’une rivalité économique redoutable à terme, pouvant remettre en question sa propre hégémonie mondiale, et absolument nécessaire dans l’immédiat. Une Chine à la fois redoutée et acceptée comme partenaire indispensable.

Ainsi s’expliquent mieux le double langage des responsables politiques américains et le caractère équivoque de leurs relations avec cette Chine à la fois si lointaine et si proche, si familière par ses produits et ses capitaux et si ignorée de la masse des consommateurs dont la Chine fait le "bonheur"...

Les deux puissances sont donc économiquement enchaînées, ce qui permet de penser que des relations apaisées, parce que profondément intéressées, peuvent durer encore un certain temps...

Sources : Frédéric Robin (Le Monde, 16 juin 2006)

Eric Leser (ibidem)

Emmanuel Saint-Martin (La Tribune, 12 juillet 2006)


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45 réactions à cet article    


  • faxtronic (---.---.127.45) 4 septembre 2006 11:17

    ben oui. Et c’est pour quíl faut que soit :

    - L’europe s’aligne et devienne une puissance aussi monstrueuse que la Chine et les US

    - L’europe se desaligne et joue l’arbitre entre ces deux colosses qui s’affronterons, mais sur terrains neutres

    - Il ne faut pas que l’europe s’allie ni avec les USA ni avec la chine si elle ne veux pas venir un champ de bataille.

    En europe, l’angleterre a joue ce jeu de balance entre les deux super-puissances europeennes qui furent la France et Le saint empire habsbourgeois ( allemagne+ espagne+ amerique) pendant le moyen-age et la renaissance. Ca lui a bien reussi non.

    Ne soyons pas plus cons que les anglaiss, jouont l’arbitre et la balance.


    • ZEN etienne celmar 4 septembre 2006 11:45

      @ Faxtronic

      Bonjour,

      Comment l’Europe pourrait-elle jouer le rôle d’arbitre , alors qu’elle n’a pratiquement aucun poids politique (on l’a vu récemment au Liban), que son économie sera probablement vite dépassée par le géant chinois ?

      La fuite en avant de l’Europe vers une extension d’elle-même sans perspective claire et sans projet (sinon celui des anglo-saxons de créer un vaste espace de libre-échange facilement perméable aux intérêts des multinationales) ne va pas dans le sens d’une cohérence politique, donc d’une capacité à résister à la montée des deux mastodontes qui « se tiennent par la barbichette »...


      • faxtronic (---.---.127.45) 4 septembre 2006 17:05

        Tu es un peu leger quand tu dis que l’Europe n’aucun poids economique. Elle n’a pas le poids des US, mais il ne faut pas exagerer. Un arbitre dans une relation multipolaire, c’un petit poids qui se deplace de droite a gauche au gre de son interet en vue de favoriser son allie de circonstance, tout en menageant son adversaire de circonstance, et changer de partenaire de temps en temps au moindre desir non satisfait. Encore faut-il que l’Europe est un interet, aucun faut il que l’Europe existe un tantinet soit peu je te l’accorde


      • faxtronic (---.---.127.45) 4 septembre 2006 17:12

        Sorry Zen, j’avais mal lu.

        Oui le poids politique de l’europe est moindre que celui du bangladesh septentrionnalle, entre les GB qui ont la langue collé sur les baskets de l’oncle sam, les allemands qui ont peur de tous et se morfondent ad vitam eternam du nazisme, les polonais qui decidemment se sentent bien mal entre la Sainte Russie et l’Allemagne et qui aimerait une ile slave au milieu de l’atlantique appellés Pologne, une France qui ne veut rien lache et joue des grands air, une cohorte de micro-etat (malte, belgique, slovaquie, etc...) qui ont des susceptibilités mal placés, une itlaie qui se remet a peine du grand HurluBerlu, etc....


      • L'enfoiré L’enfoiré 4 septembre 2006 12:15

        Bonjour, L’article me parraissait très éclairé quand je l’ai accepté. En fait, nous sommes heureusement tellement imbriqués dans ce monde, qu’écraser un autre bloc se termine par son propre écrasement. Que ce soit la Chine-USA ou tout autre bloc d’ailleurs. Je l’ai écrit dans un article que j’ai titré àl’époque « L’argent du beurre » (cf l’URL). Plus moyen de jouer impunément les Gengis Khan et envahisseurs de tout poil. Les ongles, il faudra apprendre à se les limer sous peine de les perdre. C’est mon opinion. Je n’engage que moi. A+


        • simplet simplet 4 septembre 2006 14:14

          qui sème le vent récolte la tempête non ?? et ben à vouloir imposer un modèle ultra libéral on se le reprend bien comme il faut dans les dents, et les chinois ont trouvé « la » solution au Pb en rendant les américains dépendant de l’économie chinoise... ce qui rend la chine dépendante des états unis etc etc...

          en gros oui, vaut mieux rester éloigné de ce combat économico politique, mais malheureusement on n’a que çà à faire vu que l’europe ben c’est rien qu’une gigantesque machine à pondre des décrets pour le moment.. pas de carrure pas d’idées communes..


          • ZEN etienne celmar 4 septembre 2006 14:33

            @Simplet

            Bonjour, Au fur et à mesure que l’Europe s ’élargit, elle perd le sens de ce qui avait au début guidé sa construction, ce que reconnaissent en aparté certains élus européens aujourd’hui.

            On la voit aujourd’hui complétement paralysée et chaque pays a maintenant tendance à jouer contre les autres :l’Allemagne remonte son taux de TVA, ce qui ne sera pas sans conséquences sur nos exportations..Où est la concertation ?

            Nous ne sommes pas hors-jeu dans les relations Chine-Usa . Si le billet vert s’effondre (cela pourrait arriver), l’économie européenne est mise à mal.

            C’est ce qui rend si forte et si arrogante la politique américaine, qui sait qu’ aucun pays n’osera l’affaiblir par retrait de devises et qui ne voit donc aucun problème à vivre endettée, en pensant peut-être, comme la mère de Napoléon :« Pourvu que ça dure ! »

            Colosse aux pieds d’argile. Les analyses de E.Todd dans « Après l’empire » n’étaient pas dénuées de fondement.


          • faxtronic (---.---.127.45) 4 septembre 2006 17:07

            Nous ne sommes par hors-jeux, nous sommes dependant. Mais pour l’instant nous existons pas.


          • vigie (---.---.8.201) 4 septembre 2006 14:57

            Ce qui est en jeux c’est le contrôle et la captation des sources d’énergies, comme l’on dit les officiels américains« le mode de vie des américains n’est pas négociable ». Les compagnies pétrolières ont allégrement menti sur la quantité de pétrole qu’elles peuvent extraire les gouvernants le savent, aussi pour soutenir leurs profits et ne pas affoler les populations les majors continuent à mentir sur leurs découvertes et leur possibilité d’extractions. Les état-unis veulent contrôler la route du pétrole, et couper la chine des plus importantes ressources restantes, a moyen terme un conflit d’intérêt est inévitable, et en tant qu’allié nous risquons d’y être impliqué a l’insu de notre plein gré, un fois le rouleau compresseur des states mis en route se sera l’alignement ou la marginalisation, on nous demandera de choisir notre camp, ou l’on nous privera de certaines ressources pour avoir été le vilain petit canard. Bref il faudra bien se positionner.


            • (---.---.103.203) 4 septembre 2006 16:32

              Ok pour les constats soulignés par l’article.

              Toutefois, le choc entre les USA et la Chine risque de se produire, non pas pour des raisons commerciales ou politiques, mais probablement plus pour des raisons d’accès aux ressources.

              Si la stratégie américaine est de cadenaser les accès aux ressources pétrolières et autres (minerais, ..), le choc peut se produire.

              Sous quelle forme ? D’abord probablement par une plus grande implication de la Chine dans les affaires internationales et dans les conflits pour avoir le plus d’influence et donc une plus grande capacité de nuisance (vis-à-vis des USA) et donc de négociation. Que ferons les USA contre cette politique ? Ils peuvent vouloir se raidir et essayer de mettre au pas les Chinois, soit directement, soit indirectement en essayant d’affaiblir le pouvoir chinois en lui créant des pbs internes (en résumé, l’équivalent d’une révolution orange). Toutefois, leur intérêt bien compris serait certainement de se partager le gateau sur le dos des européens.


              • etienne celmar (---.---.35.31) 4 septembre 2006 18:38

                @Vigie,

                Bonjour,

                Tu dis vrai, le problème déterminant dans les rapports Chine-USA est bien le pétrole et nous serons forcément impliqués dans la lutte implacable qui se livrera autour des dernières réserves.

                On voit mal la Chine renoncer à sa croissance et les Usa remettre en cause leur niveau de vie, qui serait réduit de 15% si le pays ne vivait pas à crédit, renonçait à être une pompe à finances. A moins qu’un crise majeure...

                Le peakoil est pour demain :2010-2015 ? si l’on en croit les études trés sérieuses qu’a menées ,entre autres JANCOVICI (son site est extrémement bien fait. Voir aussi son livre :« Le plein s’il vous plaît »)

                Oui, on nous ment sur les véritables réserves ,les compagnies (comme les Etats producteurs) ; elles ont intérêt à le faire pour garder la confiance des banques préteuses et des actionnaires


                • ZEN etienne celmar 4 septembre 2006 19:02

                  Mon prédent commentaire est passé du vert au blanc...problème saisonnier ?

                  L’idée de colorier les commentaires de l’auteur apporte vraiment un gain de lisibilité et de repérage .Si son ego peut s’en trouver flatté, il s’expose mieux aussi aux critiques !...


                  • vigie (---.---.8.201) 4 septembre 2006 20:51

                    Un petit exemple, Les saoudiens qui détiennent à peu prés 25 % des réserves mondiales dans une région qui possède plus de 60% de tout le pétrole de la planète, affirmaient en 1986 que leurs réserves se montaient à 260 milliards de barils. Les quatre compagnies membres de l’aramco eux savent bien qu’il s’agit d’un mensonge, leurs évaluations (confidentielles ) se montent à 130 milliards de barils. Le seul point ou les experts semblent s’accorder est le niveau du pétrole déjà consommé : 100milliards de barils extrait depuis la découverte des gisements. Si les calculs des pétroliers américains sont justes, il ne reste plus que 30 milliards de barils a extraire des sables d’Arabie soit...une simple année de consommation mondiale. vous comprenez mieux pourquoi l’Irak, tous ses chiffres et bien d’autres vous les trouverez dans l’excellent livre d’Éric Laurent la face cachée du pétrole, ce livre se lit comme un roman, sauf, sauf,que c’est un scénario d’épouvante, bien des idées reçus tombe sur le cul


                    • ZEN etienne celmar 4 septembre 2006 22:22

                      La contribution d’un connaisseur :

                      Chine-Etats-Unis : une relation complexe «  »Malgré les tensions entre les deux géants, la Chine accorde finalement des concessions aux Etats-Unis comme en témoignent le renforcement des achats de Boeing ou encore le geste symbolique de Hu Jintao à Bill Gates. Le président chinois a en effet déclaré que les ordinateurs Lenovo seraient équipés des logiciels Microsoft. Ainsi la Chine fait plus d’efforts pour satisfaire aux exigences des Etats-Unis qu’elle n’en fait envers l’Union européenne. La Chine craint les représailles commerciales des Etats-Unis alors qu’elle s’inquiète guère des Européens affaiblis par leur manque d’unité.

                      Les relations entre les Etats-Unis et la Chine sont si complexes qu’il est difficile de parler de « beau fixe » ou de « tempête ». La confiance des Etats-Unis est limitée car la Chine inquiète sur un certains nombres de sujets, notamment sur son développement militaire. Mais peuvent-ils se passer de la Chine ? La réponse est non. Georges W. Bush prend alors appui sur la relation politique pour tenter de rééquilibrer les échanges économiques et tirer profit de la croissance chinoise.

                      Quelle attitude face à la Chine ? Depuis la présidence de Bush, l’administration républicaine est divisée sur la question chinoise. Il y a le camps dirigé par Donald Rumsfeld qui s’inquiète de la montée en puissance de la Chine et notamment sur le plan militaire. Il y a également une faction plus modérée incarnée par Henry Kissinger, partisan de l’ouverture et qui souhaite enserrer la Chine dans une relation d’affaires. La position des démocrates a également évolué. Il y a trois ans, l’opposition critiquait l’attitude méfiante des républicains envers la Chine. Aujourd’hui, ils critiquent le manque de fermeté del’administration républicaine sur la question des droits de l’homme".

                      François Godement est Président d’Asia Centre (Centre études Asie) et Directeur du département des Hautes Etudes Internationales à l’INALCO


                      • vigie (---.---.8.201) 4 septembre 2006 23:38

                        Pour la chine l’Europe est un nain politique, et de ce fait elle n’est pas considérée comme un acteur crédible sur la scène international, par la chine, trop divisé, manquant de cohérence, l’Europe a raté le train du 21 éme siècle.les énormes avoirs américains détenus par la chine sont la comme un chiffon rouge que l’on agite dans les négociations, les Chinois savent plier pour revenir au moment opportun. les Américains commencent à s’inquiéter de la toute nouvelle puissance de leur armée, encore quelques années et puis...

                        Le niveau de vie des chinois en PIB aura rejoints celui des États-Unis au alentour de 2010,donc le deal pour l’Amérique c’est d’intervenir avant, mais pas directement par l’intermédiaire d’un état tiers ca, c’est la stratégie « supposée » des Etats-Unis, n’intervenant directement dans un conflit seulement s’il ne peuvent faire autrement.ensuite l’adversaire affaibli, ils mettront leur plan a exécution. Ce n’est qu’un des scénarios hautement probable bien sur, mais a mon avis cette fin de siècle connaîtra malheureusement encore un conflit majeur


                        • ZEN etienne celmar 5 septembre 2006 00:15

                          La Chine mène une sorte de guerre économique en vue de s’approprier toutes les nouvelles technologies,elle forme des ingénieurs en grand nombre dans les meilleures universités des USA.

                          Les industriels occidentaux lui accordent des transferts de technologie (brevets,etc..) en échange d’implantations d’usines (coût de main d’oeuvre) et de parts de marché(quasi-illimité).

                          Cela paraît suicidaire, mais c’est un mouvement irrésistible, en dépit du fait que les conditions sont encore difficiles:lenteurs bureaucratiques,corruption,pratiques banquaires peu orthodoxes... Elle n’est cependant pas à l’abri de crises sociales,économiques et politiques profondes qui provoqueraient de nouveaux virages, peut-être surprenants.

                          La Chine a du temps devant elle et tisse sa toile avec l’espoir de contrôler et de vassaliser économiquement tout le Sud-Est asiatique, ce qui n’ira pas sans réaction japonaise.

                          Les plus protectionnistes des hommes politiques américains ,eux, sont plus impatients et souhaitent briser les reins de cette « concurrente-associée » avant qu’elle n’arrive à ses fins.

                          Le contrôle du Moyen-Orient et de ses réserves de pétrole n’a peut-être d’autre finalité que de préparer cet étranglement, ce qui explique que la diplomatie chinoise est trés active en Afrique notamment (Soudan, par ex)là où le pétrole est d’acheminement plus sûr.

                          Dans un livre récent,JF Susbielle (« Chine-USA:la guerre programmée »,First Edition 2006) paraît persuadé que l’affrontement est inéluctable. Espérons qu’il y aura d’autres scénarios possibles... .


                        • vigie (---.---.219.216) 5 septembre 2006 11:58

                          @ Etienne celmar je l’ai lu très bon livre au demeurant , espérons que le scénario catastrophe ne se produira pas, tu as raison de dire qu’ils (les Chinois) tissent leur toile en Afrique, au moyen orient, en Asie, ils leur faut absolument trouver des sources d’énergie conséquentes, ils ont signé des accords avec la Russie, et d’autre pays pour faire contrepoids au États-Unis qui sont avec leur base dans une logique d’encerclement, pour que le jour j ils puissent intervenir. La crise sociale dans l’immédiat en chine me semble peu probable, le parti a bien verrouillé le système, je ne dis pas qu’il n’y aura pas quelques mouvement de mécontentement de la population migrante des campagnes, mais le peuple chinois a une longue histoire d’asservissement, et de fatalisme. Par- contre ils ont volontairement minoré leurs chiffres de croissance pour ne pas effrayer les autres pays. Les transferts de technologie sont un problème récurent depuis quelques années, même si l’on garde une certaine avance technique cela me semble des plus dangereux. Les transferts se sont fait car la chine a bien négocié son immense marché, et le capitalisme en recherche de nouveau marché se sont engouffré dans ce qu’ils leur semblaient être un eldorado, en contrepartie de cessions en matière de transfert assez conséquente. Dés que le niveau de vie des chinois sera à un niveau satisfaisant et que les industries américaines ne feront plus de bénéfices substantiels, le lobbying cessera et alors commencerons les problèmes.


                          • ZEN etienne celmar alias zen 5 septembre 2006 13:17

                            Nous sommes condamnés au dialogue car ce problème n’a pas l’air de susciter les passions et pourtant il me semble que ce sera LE problème du siècle...

                            La déplétion pétrolière et/ou la flambée des prix de l’énergie due à des conflits locaux ou au surcoût lié à une exploitation des réserves de plus en plus difficilement accessibles risque de rattraper la Chine dans son ambition de développement et de compromettre ses projets à moyen terme.

                            Comme quoi tous les scénarios sont possibles ...Rendez-vous dans vingt ans..

                            Bien à toi


                            • mariner valley (---.---.64.122) 5 septembre 2006 15:49

                              Pour rester informer sur la suite des evenements entre USA et Chinois regarder ou reregarder

                              Le dernier rivage (on the beach) de Stanley Kramer........


                              • mariner valley (---.---.64.122) 5 septembre 2006 15:51

                                non je pense que je suis un peu pessimiste smiley


                              • ZEN etienne celmar 5 septembre 2006 22:19

                                Pour souligner l’importance de le Chine dans les affaires du Moyen-Orient,Susbielle déclarait dans un récent conférence sur son livre :

                                "L’Iran est un allié de la Chine qui lui achète du pétrole et du gaz et lui vend à peu près tout, y compris des armes. Mais malgré cela, les dirigeants iraniens jouent d’abord leur propre jeu, ils pratiquent le chantage pour rester au pouvoir. Faire tomber l’Iran est l’objectif des USA. Leurs cartels pétroliers ont perdu le pays avec Khomeini en 1979. Ils ont récupéré l’Irak, ce pourrait être au tour de l’Iran. L’Iran fournit 20% au moins des approvisionnements de la Chine en pétrole... Le pétrole est la clef de tout ce à quoi nous assistons au Moyen-Orient, et l’ennemi que l’on vise avec l’arme du pétrole, c’est la Chine"


                                • ZEN etienne celmar 6 septembre 2006 07:21

                                  Je viens de découvrir un analyse intéressante qui recoupe et enrichit ma contribution :

                                  http://management.journaldunet.com/imprimer/dossiers/050791monnaies/usachin e.shtml


                                  • ZEN etienne celmar 6 septembre 2006 07:29

                                    Je viens de me rendre compte que mon lien fonctionne mal. Je vous livre donc le texte :

                                    "Plus les Etats-Unis s’endettent, plus ils s’enrichissent. Tous les indicateurs le montrent aujourd’hui : les principales banques centrales du monde financent le déficit américain dont la dette extérieure est estimée à plus de 3.000 milliards de dollars. Parmi les principaux créanciers du billet vert, figurent en bonne place les pays asiatiques, Japon, Chine et Corée en tête. Ceux-ci accumulent des montants considérables de réserves en dollars pour conserver le même taux de change entre leur monnaie et le dollar, et conserver intacte leur compétitivité. Ainsi, la monnaie chinoise, le yuan (ou Renminbi) s’échange depuis 1995 au taux de 8,28 pour un dollar.

                                    Ce taux de change, jugé largement sous-évalué, permet à la Chine de favoriser les exportations, en particulier vers les Etats-Unis dont elle est devenue le premier fournisseur. Sur l’année 2004, les Américains ont importé pour près de 125 milliards de dollars de produits chinois (12 % des importations). En retour, la Chine réinvestit l’argent gagné en valeurs américaines et finance ainsi l’endettement américain. Pour preuve : 60 % du stock de réserves de la banque centrale chinoise (659,1 milliards de dollars à fin mars 2005) est aujourd’hui en dollars. Et, selon les statistiques américaines, la Chine détiendrait pour 174 milliards de dollars de bons du Trésor US.

                                    Une baisse de 25 % du dollar coûterait 5,7 points de croissance à la Chine « Les deux pays y gagnent pour le moment mais c’est aussi un risque pour l’un et l’autre, indique Jonathan Story, professeur d’économie politique internationale à l’Insead et auteur de Chine, un marché à conquérir. La Chine y gagne parce qu’elle finance ainsi ses exportations vers les Etats-Unis. En échange, les consommateurs américains reçoivent des produits à bon marché et cela maintient les prix à bas niveau. De la sorte, le président Bush finance le déficit de la balance courante et la dette générale. Les deux pays sont donc dans le même bateau. »

                                    Outre les exportations, la Chine a aussi tout intérêt à maintenir sa croissance économique (9,5 % par an en moyenne entre 1997 et 2004), ne serait-ce que pour financer les dettes des entreprises étatiques et maintenir l’emploi (le taux de chômage, bien supérieur aux données officielles, devient un problème majeur en Chine). Cependant, le risque pour la Chine est surtout d’importer de l’inflation en sous-évaluant le yuan. Une situation qui n’est pas encore à l’ordre du jour, dans la mesure où le pays dispose de ressources inutilisées, notamment au niveau de la main d’œuvre.

                                    « Mais le principal risque pour la Chine est une fuite des capitaux investis aux Etats-Unis vers d’autres pays en raison d’un trop fort taux d’endettement américain. Dans ce cas, la Chine serait emportée par la chute du dollar », souligne Jonathan Story. Selon le Centre d’études prospectives et d’informations internationales, une dépréciation de 25 % du dollar se traduirait par une perte de 5,7 points de PIB pour la Chine. Un risque difficile à minimiser dans la mesure où la Chine ne peut pas se permettre de diversifier trop visiblement son portefeuille. Elle a cependant engagé, tout comme le Japon également très gros financier de la dette américaine, un mouvement de repli en achetant de l’or et des euros pour se prémunir d’une éventuelle chute du dollar. Les montants achetés ne sont pas précisément connus.

                                    En cas de chute du dollar, la Chine serait directement touchée."

                                    Jonathan Story, Insead Concernant le problème actuel de la libéralisation des échanges sur le marché textile, la monnaie pourrait aussi y jouer un rôle. Dans les années 70, l’Allemagne et le Japon ont eux aussi mené, comme la Chine, une politique de change favorisant leurs exportations vers les Etats-Unis, refusant de réévaluer leur monnaie. La réaction des USA pour mettre fin à cette situation a été une surtaxe sur les droits de douane. Une mesure possible aujourd’hui à l’encontre de la Chine, même si la dépendance des Etats-Unis est plus forte actuellement que vis-à-vis de l’Allemagne et du Japon il y a trente ans.

                                    « En essayant de se protéger de la compétition de la Chine, le risque pour les Etats-Unis est surtout de contribuer à une amélioration de la valeur ajoutée des firmes chinoises textiles, majoritairement privées. En effet, toute mesure de protection fera en sorte d’accélérer le déclin du secteur textile américain ou européen car ces mesures protectionnistes inciteront les Chinois à être encore plus compétitifs qu’ils ne le sont actuellement, notamment au niveau des coûts de fabrication. D’une manière générale, le protectionnisme se révèle néfaste aux secteurs protégés et aux protecteurs », conclut Jonathan Story.


                                    • Internaute (---.---.7.78) 6 septembre 2006 15:57

                                      Les chinois recyclent leurs dollars et les investissent en Asie et en Amérique Latine.

                                      81% DE LA INVERSIÓN CHINA FUE A PARAÍSOS FISCALES

                                      La inversión china en el extranjero marcó un nuevo récord en 2005, cuando alcanzó un valor total de 12.260 millones de dólares, 81% de los cuales fue a parar a paraísos fiscales, según cifras del Ministerio de Comercio que recogió la agencia Xinhua, reportó EFE. Los datos, que no incluyen las inversiones en el sector financiero, reflejan un aumento de 123% con respecto a 2004. Del total, 3.800 millones de dólares procedían de capital social de empresas, 3.200 millones de beneficios que se reinvirtieron y los 5.260 millones restantes fueron invertidos a través de otros medios. Las fusiones y adquisiciones se llevaron la mitad del capital en el extranjero, y 43% de la inversión se hizo mediante préstamos a compañías extranjeras. Las islas Caimán, Hong Kong y otros paraísos fiscales fueron los principales destinos de la inversión, 90% del cual fue dirigida a Asia y América Latina.


                                    • ZEN etienne celmar 6 septembre 2006 19:24

                                      @nternaute

                                      Por favor, puedes traducir por los quienes no comprenden la lengua de Cervantes ?...si tienes tiempo de hacerlo.


                                    • ZEN etienne celmar 6 septembre 2006 10:13

                                      Sur le rapport entre l’énorme dette américaine et les objectifs de la Chine, voici une appréciation intéressante :

                                      www.cadtm.org/article.php3 ?id_article=2009


                                      • ZEN etienne celmar 6 septembre 2006 11:57

                                        Un autre avis autorisé sur la dette américaine :

                                        http://team.univ-paris1.fr/teamperso/martinp/Amerique.htm


                                        • (---.---.79.247) 6 septembre 2006 15:30

                                          Oui, et ils sont tous deux très prudent, car remarquez, il ne s’agressent pas le moins du monde (publiquement) tandis qu’avec d’autres pays la polémique fait rage ! mais justement à cette lumière, le conflits « ouverts » (affichés) avec par exemple l’iran apparaissent comme en fait des maneuvres détournées dont l’objet ultime est en fait la Chine.

                                          De m^mee on comprend pourquoi la Chine est si pleine de bonne volonté pour aider le Vénézuéla, c’est lié.


                                          • vigie (---.---.95.191) 6 septembre 2006 16:09

                                            Très intéressant le premier lien, a noter que les Américains comptent sur le pétrole en Irak, et sur les méga contrat de leur industrie pour se rembourser, il m’étonnerait que Washington, n’ai pas pris en compte le coût d’une guerre, en Irak, ou en Iran, couplé à une dévaluation, et un appel au pays du golfe, ainsi qu’a d’autres pour soutenir le leadership des Etats-Unis en tant que protecteur du monde libre, un appel au tiroir caisse ne me semble pas improbable, elle est bien dans leur concept de pensée.


                                            • ZEN etienne celmar 6 septembre 2006 21:56

                                              Un autre point de vue convergent, celui de André Dorois, du Québec Libre :

                                              "Le Japon et plus généralement les pays asiatiques sont ceux qui possèdent la plus grande quantité de dette américaine. Même si celle-ci ne cesse d’augmenter, les Japonais et de plus en plus les Chinois et les Coréens continuent de la financer. Considérant qu’ils reçoivent toujours moins en retour, la question est de savoir pourquoi ils agissent ainsi. La principale raison est que leurs dirigeants croient qu’en finançant la dette américaine ils maintiennent leurs exportations. Cela n’est pas faux, mais c’est oublier que le prix à payer pour ce faire est plus grand que les gains obtenus.

                                              En investissant dans les obligations américaines, les investisseurs japonais achètent du même coup des dollars. À l’instar de la Fed, le gouvernement japonais affaiblit le yen pour encourager les exportations à bas prix. Cependant, si les exportateurs japonais sont avantagés, c’est au détriment des importateurs, et rares sont les entrepreneurs qui n’ont pas besoin d’exporter et d’importer en même temps. Plus important encore, cette dévaluation du yen n’enrichit d’aucune manière les consommateurs japonais qui voient leur pouvoir d’achat diminuer.

                                              En ce qui a trait aux investisseurs chinois, le scénario est quelque peu différent, car leur monnaie est ancrée au dollar américain. Leurs exportations vers les États-Unis ont néanmoins augmenté grâce à la libéralisation de l’économie et à une expansion de l’entreprenariat, qui pourrait se poursuivre plusieurs années. Néanmoins, tout n’est pas rose en Chine en matière économique, car les dirigeants chinois créent également de plus en plus de crédit. Ainsi, même si leurs échanges sont florissants, leurs dettes le sont autant(3).

                                              En somme, il est difficile de concevoir que les investisseurs asiatiques se précipiteront encore longtemps sur les obligations américaines. D’ailleurs, au mois de janvier dernier, le ministre des Finances du Japon, Sadakazu Tanigaki, évoquait la possibilité d’échanger une partie des dollars accumulés en or. Lorsque les Japonais seront suffisamment nombreux à se diriger vers d’autres sources d’investissement, le taux d’intérêt américain augmentera, risquant ainsi un effet domino sur tous les marchés (de change, obligataire, immobilier, boursier, etc.). Dans ce scénario, la plupart des marchés chuteraient à l’exception des ressources naturelles et des métaux précieux, qui serviraient de refuges. "


                                            • ZEN etienne celmar 7 septembre 2006 09:47

                                              @(IP:xxx.x99.79.247) le 6 septembre 2006 à 15H30

                                              Il est tout à fait possible que la Chine n’ait plus, dans un proche avenir, les moyens de ses ambitions :une population vieillissante d’abord, qui risque de compromettre l’innovation, et surtout une augmentation (doublement ?)sans doute assez proche du prix du pétrole qui aura plusieurs conséquences, notamment :

                                              - la hausse des coûts de production et de transport, qui vont rendre les produits chinois moins compétitifs et moins facilement exportables.

                                              - en conséquence, un probable rapatriement des capitaux et des investissements étrangers, qui auront intérêt à produire au plus prés des marchés,une sorte de dé-délocalisation qui pourra plutôt nous être favorable...

                                              Comme quoi rien n’est simple et il est aventureux de jouer au prophète


                                              • ZEN etienne celmar 8 septembre 2006 21:08

                                                En Chine les choses sont toujours plus complexes qu’on ne le pense :

                                                Chine : le poids des investissements étrangers suscite des débats Article paru dans l’édition du 23.08.06 (Le Monde)

                                                Deux tiers des 500 plus grandes entreprises sont à capitaux étrangers. Début septembre, une nouvelle législation s’appliquera aux fusions-acquisitions menées par les firmes étrangères

                                                La perspective de voir des multinationales dominer des secteurs entiers de l’économie inquiète en Chine, alors que les investissements étrangers dans le pays s’élèvent à près de 60 milliards de dollars (47 milliards d’euros) par an.

                                                Un rapport récent du Bureau national des statistiques chinois indique en effet que parmi les 500 plus grandes entreprises locales, les deux tiers sont à capitaux étrangers - ce chiffre inclut les sociétés mixtes.

                                                Le premier acteur étranger est l’américain Motorola, qui se place à la sixième position avec 75 milliards de yuans (7,5 milliards d’euros) de chiffre d’affaires, suivi par le finlandais Nokia et l’américain General Motors, classé au quatorzième rang.

                                                L’environnement légal dans lequel évoluent les sociétés étrangères devrait changer début septembre avec l’instauration de nouvelles règles sur les fusions-acquisitions : elles pourront se faire par échange d’actions et non plus seulement par paiement en cash.

                                                Par ailleurs, l’entrée en vigueur d’une loi anti-monopole - la première jamais passée en Chine - le 8 septembre pourrait, en théorie, conduire à limiter les entités d’Etat dans certains secteurs.

                                                Ces nouvelles règles sont bien accueillies mais leur portée pour les multinationales étrangères et leurs modalités d’application sont incertaines.

                                                Dans un contexte de surchauffe de l’économie, le but affiché des nouvelles règles sur le paiement par échange d’actions est notamment d’accélérer les fusions-acquisitions - elles représentaient en 2005 un peu plus de 50 % des investissements étrangers - au détriment des investissements créateurs de sites.

                                                RHÉTORIQUE PROTECTIONNISTE

                                                Si les officiels chinois sont les premiers à louer les effets bénéfiques de l’afflux de capitaux étrangers en termes de gains de compétitivité et d’apports de technologie - Motorola, par exemple, promet d’investir 100 millions de dollars par an en recherche et développement en Chine cette année -, quelques affaires récentes n’en alimentent pas moins une rhétorique de plus en plus protectionniste.

                                                C’est le cas de la tentative de rachat par le fonds d’investissements américain Carlyle du groupe Xugong. Ce dernier est le numéro un du matériel de chantier en Chine, un secteur non protégé et ouvert à des prises de participation étrangères majoritaires.

                                                En octobre 2005, Carlyle a annoncé le rachat de 85 % de cette société d’Etat. Cette cession avait fait l’objet d’un appel d’offres international, lancé par la province du Jiangsu. L’objectif des dirigeants de la firme chinoise était de rendre plus performante la gestion de l’ancien géant public et d’en faire un groupe d’envergure internationale.

                                                L’accord n’a pas été validé par le gouvernement central et fait désormais l’objet de débats agités depuis qu’en juin un concurrent de Xugong, Sany Corporation, s’est porté volontaire pour l’acquérir à un meilleur prix, dénonçant l’offre « bradée » au capital étranger.

                                                Dans la presse chinoise, l’économiste Zuo Dapei, de l’Académie chinoise des sciences sociales, connu pour ses prises de position conservatrices, exprimait, début août, ses doutes sur le bien-fondé de ces cessions aux étrangers : « Au vu des conditions monétaires actuelles et de la situation de la devise chinoise, ce dont nous avons besoin, c’est d’une restructuration complète des entreprises d’Etat afin de débarrasser leur gestion de la corruption et, par là même, de les refinancer, plutôt que de les vendre, surtout au capital étranger. »

                                                Alors que le pays cherche à créer des champions nationaux, et les incite à sortir de leurs frontières, la phase de consolidation à l’oeuvre actuellement permet une sorte de raccourci vers l’internationalisation. C’est la logique qui a présidé à l’absorption de Zhejiang Supor Cookware par SEB. Ainsi qu’au rachat par Goldman Sachs du groupe public Shineway, l’un des principaux acteurs du marché de la viande en Chine.

                                                Brice Pedroletti


                                                • ZEN etienne celmar 11 septembre 2006 09:39

                                                  Une déclaration d’un « orfèvre » en matière de cynisme politique US, qui ne voit pas la montée de la Chine du même oeil que les affairistes qui s’y précipitent comme vers un nouvel eldorado, ce qui confirme l’ambigüité de la position US dans sa relation à la Chine :

                                                  L’ancien ministre des Affaires étrangères US Henry Kissinger décrivait la montée en puissance de la Chine, voici quelques mois, comme « un bloc hostile combinant les nations les plus peuplées du monde et de vastes ressources avec certains des peuples les plus laborieux qui serait incompatible avec les intérêts américains ». Voilà pourquoi, affirme Kissinger, « l’Amérique doit maintenir une présence en Asie, et son objectif géostratégique doit rester d’empêcher le regroupement de l’Asie en un bloc inamical "


                                                  • ZEN etienne celmar 11 septembre 2006 22:45

                                                    Qui aurait lu le livre de Jean Mandelbaum :« La victoire de la Chine:l’Occident piégé par la mondialisaton » et pourrait nous en parler ?

                                                    Voici la 4° de couverture donnée par Amazon :

                                                    Le constat est sévère : l’Occident reste sourd et aveugle aux signaux, pourtant très forts, annonciateurs de lourdes défaites. Au-delà des événements bouleversants de la fin 2001, les auteurs analysent un danger moins visible mais plus lourd de sens : le dépassement de l’Occident par la première puissance asiatique de toujours, la Chine. Les mécanismes qui conduisent au grand rattrapage chinois se nomment mondialisation, délocalisation et captation d’un capitalisme instrumentalisé, rendu plus efficace par les « valeurs chinoises ». Dans quelques années, l’essentiel des systèmes productifs des firmes mondiales pourrait être délocalisé en Chine. Il suffira alors à ce pays de faire preuve, à nouveau, de créativité et de maîtrise commerciale pour prendre le contrôle effectif d’un grand nombre de nos filières industrielles. La Chine est lancée dans une course qui rappelle celle du Japon naguère. Mais ce n’est pas une île sans ressources naturelles, c’est le pays le plus peuplé du monde. Les Chinois de Singapour, Hong Kong et Taiwan ont déjà démontré que le « Chinois nouveau » était arrivé, capable de combiner les ressorts d’efficacité de l’Orient et de l’Occident : la première masse humaine de notre planète s’apprête, grâce à la mondialisation, à faire de même, avec un impact infiniment plus fort.


                                                    • Le furtif (---.---.46.93) 12 septembre 2006 21:19

                                                      Puis-je vous poser un question de gros lourd blaireau. J’ai déjà essayé de vous la poser en m’insérant dans la rubrique necrologique de DW , mais l’église était pleine de pleureuses hagiographiques. La "machine ne m’a pas laissé entrer.ALors alors.....

                                                      J’y viens

                                                      Qui me parle ?

                                                      Etienne , Marcel ou Zen ???

                                                      Je croyais ces coquetteries réservées à « l’incontournable » et à sa meute de pasquedescopains.


                                                      • ZEN etienne celmar dit zen 12 septembre 2006 21:27

                                                        C’est tout simple : Etienne Celmar est mon pseudo d’auteur, et zen, de commentateur.Je ne suis pas Janus, j’avoue que j’aurais pu faire moins compliqué, mais maintenant ,c’est gravé dans le marbre...et le logo est là pour fixer mon identité.


                                                      • Le furtif (---.---.46.93) 12 septembre 2006 21:41

                                                        Si l’interconnexion voir la connexité des deux économies US et chinoise devaient nous protéger d’un embrasement planétaire il faudrait que cette progression ait atteint un point qualitatif inconnu historiquement.

                                                        La liaison entre l’Allemagne nazie et les pays d’Europe en 1938 était autrement plus étroite. On pourrait même se repencher sur les liens entre les metallurgies française et allemande avant et même pendant la guerre de 14-18.

                                                        Voir le rôle des Pays bas comme intermédiaire...

                                                        Ces observations doivent conduire au constat que les guerres ne se déclenchent pas uniquement pour des raisons économiques même si elles sont déterminantes.Le poids de l’ideologie d’une part et celui des secteurs non invités au partage « d’une prospérité commune » d’autre part , doivent être considérés.

                                                        On pourrait étudier de près les manoeuvres hautement stratégiques de l’Agro alimentaire américain de l’industrie d’armement US et du monde militaire de ces deux pays ...

                                                        Il faudrait en faire l’étude précise , je n’ai pas les éléments ......... mais ils existent.

                                                        Cordialement Le furtif


                                                      • ZEN etienne celmar dit zen 12 septembre 2006 21:59

                                                        @ Le Furtif

                                                        Bonsoir,

                                                        « La liaison entre l’Allemagne nazie et les pays d’Europe en 1938 était autrement plus étroite »

                                                        Vraiment ? Il me semble que aujourd’hui c’est le coeur même des économies qui sont imbriquées, le système financier, tendon d’Achille des USA. Mais je ne suis pas assez expert pour en juger...C’est vrai que l’économie ne détermine pas tout, même Marx l’avait reconnu, et que si un conflit devait éclater, ce pourrait être du fait des faucons du Pentagone qui pourrait vouloir tuer dans l’oeuf ce qu’ils ressentent comme une menace et un piège, car les industriels de tous les pays donnent à la Chine la corde pour les pendre...

                                                        Mais toutes les configurations sont possibles ...heureusement.

                                                        Cordialement


                                                      • ZEN etienne celmar dit zen 12 septembre 2006 22:10

                                                        @Le Furtif

                                                        J’avais envoyé un réponse, mais elle s’est perdue dans la nature..Mystère..

                                                        Je résume : oui, tout ne se réduit pas à l’économie

                                                        « La liaison entre l’Allemagne nazie et les pays d’Europe en 1938 était autrement plus étroite » Vraiment ? Il me semble que c’est le coeur des deux économies qui est concerné et pas seulement des secteurs d’activité. C’est surtout par le système financier que la relation est la plus étroite, le tendon d’Achille de l’économie US. Je crois que le calcul de la Chine, c’est d’amener les industries de pointe occidentales à lui fournir la corde pour les pendre.

                                                        Mais toutes les configurations sont possibles...heureusement.

                                                        Cordialement


                                                      • ZEN etienne celmar dit zen 12 septembre 2006 22:34

                                                        « On pourrait étudier de près les manoeuvres hautement stratégiques de l’Agro alimentaire américain de l’industrie d’armement US et du monde militaire de ces deux pays »

                                                        On peut trouver pas mal de choses dans les archives du site du Monde Diplo et dans les études critiques de Chomsky...

                                                        Pour comprendre comment est née cette puissance inquiétante, je suis en train de préparer un papier pour Avox à partir d’un livre étonnant et passionnant, qui renverse bien des idées reçues :« Le mythe de la bonne guerre », de l’historien belgo-canadien Pauwells

                                                        A+

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