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Cuba, l’Union européenne et la rhétorique des droits de l’homme

 Depuis 1996, l’Union européenne impose une Position commune à Cuba, officiellement à cause de la situation des droits de l’homme. Le dernier rapport d’Amnistie Internationale illustre le caractère discriminatoire et illégitime d’une telle politique.

 Salim Lamrani

Opera Mundi

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/25360/cuba+a+uniao+europeia+e+a+retorica+dos+direitos+humanos+.shtml

 

Depuis 1996, l’Union européenne est alignée sur la politique étrangère des Etats-Unis et impose une Position commune – la seule sur le continent américain – au gouvernement cubain. Celle-ci limite les échanges politiques, diplomatiques et culturels en raison de la situation « des droits de l’homme et des libertés fondamentales[1] ». La Position commune constitue le pilier de la politique étrangère de Bruxelles à l’égard de La Havane et représente le principal obstacle à la normalisation des relations bilatérales. Entre 2003 et 2008, l’Union européenne a également imposé des sanctions politiques, diplomatiques et culturelles à Cuba en raison de la situation des droits de l’homme.

En effet, les Etats-Unis justifient officiellement l’imposition des sanctions économiques, en vigueur depuis juillet 1960 et qui affectent toutes les catégories de la société cubaine, en particulier les plus vulnérables, en raison des violations des droits de l’homme. De 1960 à 1991, Washington a expliqué que l’alliance avec l’Union soviétique était la raison de son hostilité à l’égard de Cuba. Depuis l’effondrement du bloc de l’Est, les différentes administrations, de Georges H. W. Bush à Barack Obama, ont utilisé la rhétorique des droits de l’homme pour expliquer l’état de siège anachronique, qui loin d’affecter les dirigeants du pays, fait payer le prix des divergences politiques entre les deux nations aux personnes âgées, aux femmes et aux enfants[2].

 

Une Position commune discriminatoire et illégitime

 La Position commune, qui se justifie officiellement en raison de la situation des droits de l’homme à Cuba, est discriminatoire dans la mesure où le seul pays du continent américain, du Canada à l’Argentine, à être stigmatisé de la sorte par l’Union européenne est Cuba. Pourtant, selon le dernier rapport d’Amnistie Internationale (AI), l’île des Caraïbes est loin d’être le plus mauvais élève de l’hémisphère en termes de violation des droits fondamentaux[3].

La Position commune est également illégitime. En effet, Amnistie Internationale dresse un bilan sévère et sans concessions sur la situation des droits de l’homme sur le Vieux Continent. Ainsi, pour Cuba, et contrairement aux pays membres de l’Union européenne, Amnistie Internationale ne signale aucun cas

-d’assassinat commis par les forces de l’ordre (Autriche, Bulgarie, France, Italie, Royaume-Uni, Suède),

 -d’assassinat de mineurs par les forces de l’ordre (Grèce),

 -d’assassinats d’enfants souffrant de maladies mentales (Bulgarie),

 -de responsabilité dans un génocide (Belgique),

-d’actes de torture et traitements inhumains ou dégradants par les autorités (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie),

-d’actes de torture et traitements inhumains ou dégradants par les autorités à l’encontre de mineurs (Belgique, Bulgarie, Danemark),

-d’actes de torture par les autorités soutenus par le plus haut niveau de l’Etat (Royaume-Uni),

-d’impunité pour les forces de l’ordre coupables d’assassinat (Bulgarie, France, Suède),

-d’impunité pour les forces de l’ordre coupables de torture et autres mauvais traitements (Allemagne, Belgique, Espagne),

-d’utilisation de preuves obtenues sous la torture (Roumanie),

-d’entrave à la justice et aux réparations pour les victimes de torture et de mauvais traitements commis par les forces de l’ordre (Allemagne),

-d’expulsion de personnes, y compris de mineurs, vers des pays pratiquant la torture et où il y a des risques de persécution (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Italie, Malte, Pays-Bas, Royaume-Uni, Slovaquie, Suède),

-de répression violente de manifestations de la part des forces de l’ordre (Allemagne, Belgique, Grèce),

-de brutalités policières à caractère raciste contre les étrangers et les membres de minorités ethniques (Autriche),

-de détention secrète de prisonniers et de transfèrement vers des pays pratiquant la torture (Allemagne, Belgique, Lituanie, Roumanie),

-de traite d’êtres humains et d’esclavage (Chypre, Espagne, Grèce, Italie, Royaume-Uni),

-de travaux forcés (Chypre),

-de suicide de mineur en détention (Autriche),

-de non assistance médicale, sociale ou juridique à l’égard des demandeurs d’asile (Belgique),

-de discrimination légale à l’égard des minorités ethniques (Belgique, Espagne),

-de discrimination généralisée à l’égard des minorités (Bulgarie, Danemark, Grèce, Hongrie),

-de discrimination de la part des tribunaux de justice à l’égard des minorités (Bulgarie),

-d’expulsion forcée de membres de minorités ethniques ainsi que de la destruction de leur logement par les autorités (Bulgarie, Grèce, Roumanie),

-d’agressions racistes généralisées (Bulgarie),

-d’agressions récurrentes contre les minorités sexuelles (Bulgarie, Italie, Slovaquie),

-de non-reconnaissance des droits des minorités sexuelles par les autorités (Chypre),

-de soutien des forces de l’ordre aux mouvements d’extrême droite lors de manifestations (Chypre),

-de violence récurrente contre les femmes (Danemark, Espagne, Finlande, Malte, Portugal, Suède),

-de violence récurrente à l’égard de jeunes filles et de fillettes (Espagne, Finlande, Portugal),

- de châtiments corporels contre les enfants dans les centres spécialisés pour mineurs (Espagne),

-d’impunité juridique pour les responsables de violences sexuelles contre les femmes (Danemark, Finlande, Suède),

-de détention de mineurs dans des prisons pour adultes (Danemark),

-de détention de mineurs demandeurs d’asile (Finlande, Pays-Bas),

- de détentions au secret (Espagne),

-d’interdiction d’enquêtes sur des crimes de droit international (Espagne),

-de violation de la liberté de religion des femmes (Espagne, France, Pays-Bas),

-de stigmatisation des minorités ethniques par la présidence de la République et les autorités (France, Roumanie),

-de discours politiques discriminatoires de la part des autorités (France, Hongrie, Italie, Roumanie, Slovénie),

- de discrimination raciale à l’égard des minorités (Italie, Portugal, Slovénie),

-de non accès à l’éducation et à un logement décent pour les minorités ethniques (France, Italie, Portugal),

-de conditions de détention inhumaines (Grèce, Irlande, Italie),

-de violences à caractère raciste (Grèce, Hongrie, République Tchèque),

- d’agression de journalistes par les autorités (Grèce),

-de violences de la part des autorités à l’égard des minorités et demandeurs d’asile (Grèce),

-de ségrégation raciale dans l’enseignement et d’exclusion des enfants des minorités ethniques du système éducatif (Grèce, Hongrie, Italie, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie),

-de scolarisation des enfants issus des minorités dans des établissements pour handicapés mentaux (République Tchèque),

-de ségrégation raciale dans l’accès aux soins (Hongrie, Italie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie),

-de crimes à caractère raciste (Hongrie, République Tchèque),

-d’impunité pour les responsables de crimes à caractère raciste (Hongrie),

-de crimes à caractère antisémite (Hongrie),

-de crimes contre les minorités sexuelles (Hongrie),

-d’atteinte aux droits des enfants (Irlande),

-de maltraitance sur enfants (Irlande),

-de décès d’enfants confiés aux services publics de protection de l’enfance par manque de soins (Irlande),

-de non-respect des droits des minorités sexuelles (Irlande),

-de violation des droits des demandeurs d’asile (Irlande),

-de conditions de vie « totalement inacceptables et inhumaines » dans les établissements hospitaliers (Irlande),

-de violation du droit à l’avortement (Irlande),

-d’interdiction légale de l’avortement (Malte),

-de refus d’inscrire la torture parmi les crimes sanctionnés par le Code pénal (Italie),

-de dispositions législatives discriminantes envers les minorités sexuelles avec une pénalisation de l’homosexualité (Lituanie),

-de politiques et pratiques gouvernementales discriminatoires avec profilage ethnique (Pays-Bas),

-de stérilisation forcée de femmes issues des minorités (République Tchèque, Slovaquie),

-de personnes rayées arbitrairement des registres de la population (Slovénie)[4].

 

 Conclusion

 Au vu des rapports d’Amnistie internationale, il est difficile pour l’Union européenne de prétendre que la Position commune de 1996, toujours en vigueur, se justifie par la situation des droits de l’homme à Cuba. En effet, les principales nations du Vieux continent présentent également de graves violations des droits humains, souvent pires que celles commises à Cuba. L’autorité morale de Bruxelles devient ainsi discutable à plus d’un titre.

 L’Europe des 27 doit normaliser ses relations avec La Havane et démontrer que sa politique étrangère n’était pas tributaire de celle de la Maison-Blanche. En abrogeant la Position commune et en adoptant une posture rationnelle, constructive et indépendante, l’UE effectuera un pas dans la bonne direction. Bruxelles doit saisir l’idiosyncrasie cubaine. En effet, le gouvernement de l’île est ouvert à tout – sauf à la négociation de la souveraineté et de l’identité nationales – dès lors que les relations se basent sur le dialogue, le respect et la réciprocité – comme l’a démontré l’accord avec l’Eglise catholique et l’Espagne qui a débouché sur la libération de tous les prisonniers dits « politiques ». En revanche il se montre résolument inflexible – il n’y a qu’à voir l’état des relations entre Washington et La Havane depuis un demi-siècle – dès lors que le langage de la force, de la menace ou de la contrainte prend le pas sur la diplomatie conventionnelle.

 

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

 



[1] Conseil de l’Union européenne, « Conclusion du Conseil. Evaluation de la position commune de l’UE relative à Cuba », 15 juin 2009. http://ec.europa.eu/development/icenter/repository/council_conclusions_UE_cuba_20090615_FR.pdf (site consulté le 2 octobre 2012.

[2] Salim Lamrani, Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Editions Estrella, 2011.

[3]

[4] Amnistie Internationale, Rapport 2011. La situation des droits de l’homme dans le monde, 2011. http://files.amnesty.org/air11/air_2011_full_fr.pdf (site consulté le 15 septembre 2011).


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29 réactions à cet article    


  • Bill Grodé 15 novembre 2012 17:48

    Il n’empèche que c’est bel et bien une dictature.
    C’est ce que souligne Amnesty International.


    • CHIMERE 16 novembre 2012 11:35

      @Bill Grodé


      Qu’est ce qu’une dictature ?

      Peut être,est ce un pays dans lequel le vote populaire ne compte pas ?
      (55% de votants contre la constitution européenne en 2005...et le traité de Lisbonne en 2007,copie conforme du traité constitutionnel selon VGE imposé aux peuples en 2007...)

      C’est très surement un pays dans lequel la presse est contrôlée par les puissances regnantes...
      Connaissez vous un journal « libre » en UE ?

      Alors,cela doit être un pays qui se contrefout des droits de l’homme...

      De quels droits parlons nous...ceux de se nourrir,soi et sa famille,ceux de s’assurer un logement,ceux de pouvoir éduquer ses enfants et de prétendre en faire des acteurs sociaux ?

      De quoi parlez vous ?

      Que pensez vous de la dictature d’ Haiti ?De celle qui s’est installée en Grèce et dans le reste de l’UE ?




       





    • lionel 16 novembre 2012 12:03

      De plus, lorsque l’on est agressé par le « Diable », il est difficile de garder sa "virginité. savez vous que les zétazunis en Amérique ont été jusqu’à empoisonner les maïs et les porcs de Cuba ? Combien d’opération de subvertion depuis toutes ces décennies ? Comment une nation peut elle se protégée et être un eden démocratique. Il s’agit d’une guerre menée par l’Empire contre Cuba. La guerre c’est môche, mais c’est l’agresseur qui doit être désigné et non celui qui est agressé. C’est cela la Justice.


      Sortie immédiate de l’UE et de l’Euro.


    • Robert GIL ROBERT GIL 15 novembre 2012 17:54

      Contrairement à d’autre pays d’Amérique latine, des prêtres ne sont pas assassinés dans leur église et au petit matin on ne trouve pas les cadavres d’opposants sur les trottoirs. C’est au Chili que l’on coupait les mains des manifestants dans les stades et c’est en Argentine que l’on jetait les opposants dans l’océan du haut d’hélicoptères. En Colombie l’espérance de vie d’un syndicaliste est de moins de trois ans ! A Cuba, la veille de leur arrestation, les prisonniers politiques dinaient encore à l’ambassade des Etats unis pour recevoir leur ordre de la CIA.

      Des millions de personnes fuient d’autres pays d’Amérique latine pour raisons économiques ou politiques sans émouvoir la presse occidentale. Quelles sont les conditions de vie des plus pauvres au Guatemala, au Mexique, au Salvador, …ou à Haïti, laboratoire du colonialisme et du capitalisme a tout prix !

      Voir : VIVA CUBA !


      • asterix asterix 15 novembre 2012 18:31

        Bonjour à Robert ci-dessus.
        Toujours la même dialectique dès qu’il s’agit de Cuba : pourquoi moi et pas les autres ?
        Et eux, ils font ceci. et eux ils font cela.
        Pas nous, pas nous/ nous ne sommes que des victimes.
        Il n’y a pas de liberté d’expression à Cuba
        Il n’y a aucun choix politique à Cuba, sinon obéir à l’ordre établi.
        Un ordre établi depuis plus de 50 ans. Inerte, auto-glorificateur, incontestable par nature, en échec total depuis toujours. Pour partie de la faute à d’autre. Pour une grande partie de la seule faute au système. Un système corrompu, désillusionné, combinard par nature et par fonction.
        Il n’y a donc pas de droits de l’homme à Cuba. J’y ai vécu, cela me semble évident.
        Evident en soi. Pas par comparaison, si ce n’est pour éviter d’aborder le problème, la méthode favorite de l’auteur. La vraie révolution, ce n’est pas ici qu’elle s’est passée. On a dû vous donner une fausse adresse..
        Je ne rejoins Fidel que dans une phrase : les Américains nous imposent, veulent nous imposer LEUR version des droits de l’homme. Il y a là beaucoup à penser.
        De là à justifier l’injustifiable...


        • Robert GIL ROBERT GIL 15 novembre 2012 19:39

          Nos dirigeants champions de la liberté acceptent facilement l’asservissement des peuples qui menacent l’intérêt de nos multinationales. Les pays riches soutiennent sans problème des dictatures sanguinaires si ces dernières garantissent la sécurité de nos investissement .Tout changement de régime est impossible, sans notre accord...

          voir : PUNIR LES MAUVAIS ELEVES

          Et comme dit Manu Chao : « Si je devais naître pauvre en Amérique latine, je prierais le bon Dieu pour qu’il me fasse naître à Cuba »


        • Croa Croa 15 novembre 2012 20:15

          Oui on ne comprends rien de ce que raconte l’auteur et à sa liste à la Prévert. On peut en effet présumer que ces pays n’ont pas de reproche à se faire mais ce qui nous intéresse c’est ce qui se passe vraiment à Cuba.


        • vivacuba vivacuba 16 novembre 2012 07:50

          J’ajouterais :« Si il y a un seul pays dans le monde où je choisirais d’immigrer en toute connaissance de cause ,ce serait  ;CUBA !  »


        • Robert GIL ROBERT GIL 16 novembre 2012 11:37

          croa,
          si tu ne comprends pas l’article, c’est qu’en plus de l’apparence du corbeau tu en a la cervelle !


        • lionel 16 novembre 2012 12:10

          Bonjour Astérix,


          vous dites :« Je ne rejoins Fidel que dans une phrase : les Américains nous imposent, veulent nous imposer LEUR version des droits de l’homme. Il y a là beaucoup à penser. »

          Tout est dit. Cuba est agressé en permanence. Comment alors développer une culture de stabilité politique et économique ? 

          Aucune personne saine d’esprit pourrait dire que Cuba est une démocratie mais cela est rendu impossible pour un Cuba persécuté, ou pour la France dans le cadre « européiste et otanesque ». Toujours le même empire...

        • lionel 16 novembre 2012 12:16

          Robert Gil, 


          Votre commentaire est insultant pour les corbeaux qui comptent parmi les oiseaux les plus intelligents. Mais choisir pour pseudo cet oiseaux, pour écrire des choses hors du sujet de l’article de monsieur Lamrani qui était « Cuba, l’UE et la rhétorique des droits de l’homme », c’est abuser de ce noble oiseau.

        • Yves Dornet 15 novembre 2012 19:53

           smiley Amnistie Internationale dresse un bilan sévère et sans concessions sur la situation des droits de l’homme sur le Vieux Continent.

          amnésie international devrait faire la même chose pour l’ensemble des pays...Syrie, Iran, Arabie...


          • Croa Croa 15 novembre 2012 20:18

            Oui et d’ailleurs il doivent avoir un rapport aussi sur Cuba. Vu le titre c’est de cela que l’auteur aurait dû nous parler mais.... Rien !  smiley


          • Croa Croa 15 novembre 2012 20:25

            Bien sûr que les pays européens devraient avoir des relations plus cordiales avec Cuba !

            Sur les prétextes invoqués nous aimerions comprendre... D’autant qu’ici la situation ne soit pas si parfaite que ça !


            • lionel 16 novembre 2012 12:19

              Croa, 


              On vous moince parce que l’on vous prend pour un Troll, dommage, votre commentaire méritait mieux et se situe au dessus de la propagande « dornet ».

            • paul 15 novembre 2012 22:41

              Cuba et l’Iran, l’axe du mal cher à Bush et aux Néocons, c’est à dire à l’Empire, à ses vassaux et à ses idiots utiles .
              Ce mardi 13 novembre, l’ONU a condamné le blocus économique que les États Unis imposent à Cuba depuis 50 ans . 188 pays ont voté pour, 3 ont voté contre . Devinez lesquels ?
              Palau,micro état d’Océanie, États Unis et Israël . Comme c’est le cas depuis plus de 20 ans . Qui menace cette ile grande comme 8 régions françaises, appauvrie de plus ?
              A quoi sert l’ONU si un seul pays se permet de bafouer les lois internationales ?

              Le blocus a provoqué des dégâts économiques et humains considérables . Les médias, nos médias , par leur omerta, sont complices de ce crime d’ordre humanitaire .
              Exemple : le 24 octobre, Jean Luc Mélenchon était l’invité de l’émission 28 minutes d’ Arte ,à la suite de son voyage en Amérique du sud . Renaud Dély, le journaliste politique maison et par ailleurs directeur du Nouvel Observateur, a passé l’essentiel de l’interview à faire dire à Mélenchon, si oui ou non, Cuba est une dictature .
              On rappellera que BHL est président du conseil de surveillance d’Arte depuis 19 ans, ayant été prolongé à ce poste depuis 2009 jusqu’en 2014 par Sarkozy, avec l’appui d’Alain Minc .
              N’est ce pas une méthode un peu cubaine pour contrôler un média ?


              • walden walden 16 novembre 2012 08:59

                merci de cette intéressante mise au point,
                on oublie que les discours dénonciateurs des pays riches cachent généralement leurs propres dérives. dans la liste, on peut ajouter le déni de droit au travail, de droit à une vie décente, à une éducation, à un logement décent. Ces manquements aux droits fondamentaux touchent toute l’Europe


                • oncle archibald 16 novembre 2012 09:21

                  « C’est le 14 octobre 1962 qu’éclata la « crise des Missiles ». Les États-Unis avaient découvert à Cuba des rampes de lancement de missiles fournies par l’Union soviétique. Le président américain John F. Kennedy annonça alors un blocus naval de l’île. Après plusieurs jours de négociations, pendant lesquels une guerre nucléaire semblait imminente, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev accepta de retirer ses missiles. »

                  Disons que cette initiative a sans doute contribué à rendre les USA quelque peu méfiants envers Cuba (euphémisme) ...



                  • sirocco sirocco 16 novembre 2012 10:12

                    Cette affaire s’est donc passée il y a 50 ans...
                    On peut raisonnablement penser que le navire soviétique apportant les missiles à Cuba a dû faire demi-tour... Et qu’il serait peut-être temps de lever le blocus...

                    La Russie parviendra-t-elle à imposer un blocus à la Pologne si cette dernière accepte un jour le déploiement sur son sol de missiles US ? Sans doute pas. Tel qu’elle fonctionne, l’ONU sert et continuera probablement à servir toujours les mêmes intérêts.


                  • oncle archibald 16 novembre 2012 11:24

                    le bateau a fait demi tour mais pas les conseillers russes ...

                    Ces événements expliquent en partie l’isolement de Cuba en Amérique. Le pays fut exclu de l’Organisation des États américains (OEA) en 1962, et accusé d’avoir essayé de fomenter des rébellions au Venezuela, au Guatemala et en Bolivie. En 1967, Che Guevara fut arrêté et exécuté sans procès, alors qu’il dirigeait un groupe de guérilleros en Bolivie, ce qui sanctionnait l’échec des mouvements armés. À partir de ce moment, Cuba adopta totalement le « modèle communiste » et resta largement dépendante de l’aide économique de l’Union soviétique et des pays du bloc de l’Est. Le pays devint également membre du Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM). Le premier congrès du Parti communiste cubain eut lieu en 1975, et une nouvelle constitution fut adoptée. L’Assemblée siégea pour la première fois en décembre 1976 et nomma Fidel Castro à la tête de l’État et du gouvernement avec des pouvoirs accrus.

                    Cuba sortit de son isolement diplomatique en juillet 1975, lorsque l’OEA leva ses sanctions. C’est aussi à partir de 1975 que des forces de combat cubaines s’engagèrent activement sur le continent africain, luttant en Angola et en Éthiopie (jusqu’en 1989) ; près d’un demi-million de Cubains partirent faire la guerre en Angola à la suite d’un accord entre Cuba et l’Angola. En 1980, les activités cubaines s’étendirent au Yémen du Sud, alors que le gouvernement américain accusait Cuba d’aider les rebelles du Salvador et le gouvernement sandiniste du Nicaragua. Pendant ce temps, l’économie cubaine continuait de recevoir trois millions de dollars quotidiens d’aide soviétique.

                    En 1989, l’Union soviétique et Cuba signèrent un traité d’amitié de vingt-cinq ans, mais l’effondrement du bloc de l’Est raviva la contestation intérieure. En 1991, la Russie retira ses 11 000 conseillers et techniciens militaires en poste à Cuba, et l’aide économique disparut, ce qui précipita l’île dans une crise économique aiguë. Le niveau de vie des Cubains chuta brutalement. Les références au marxisme-léninisme furent supprimées de la Constitution cubaine. Le mécontentement général et l’aggravation de la pauvreté amenèrent le gouvernement cubain à engager des réformes économiques : en juillet 1993, la possession de dollars, autrefois considérée comme un délit passible d’emprisonnement, fut légalisée et, en octobre 1994, les marchés libres paysans furent de nouveau autorisés ; le décret-loi no 140 du Conseil d’État autorisa la libre circulation du dollar américain sur tout le territoire national. En même temps, le régime continua de bafouer les droits de l’homme et le nombre d’incarcérations arbitraires et de prisonniers politiques demeura important. 



                  • lionel 16 novembre 2012 12:21

                    Les initiatives pathologiques de subvertion étazuniennes n’ont elles pas quelque peu motiver la méfiance des autorités Cubaines et imposées un régime policier de protection de la nation Cubaine ?


                  • oncle archibald 16 novembre 2012 14:18

                    Et réciproquement, les initiatives agressives des autorités Cubaines n’ont elles pas motivées une légitime protection de la part des responsables  étasuniens ?



                  • oncle archibald 16 novembre 2012 14:21

                    et réciproquement, les initiatives agressives des autorités Cubaines n’ont elles pas conduit les autorités étasuniennes à une grande méfiance  ? 

                    Eternel problème : qui est apparu le premier, la poule ou l’oeuf ?

                  • lionel 16 novembre 2012 16:33

                    Le poulet pourrait-il blesser le tyranosaure ? Qui est arrivé en premier, l’oeuf ou le tyranosaurus ?


                  • oncle archibald 16 novembre 2012 16:34

                    @ Tonimarius : et oui, quitte à être mangé j’ai toujours su que je préférerai être mangé à la sauce américaine qu’à la sauce russe .. Question de goût ...

                    Et ce que les russes n’aiment pas c’est que les etats unis plaçent des bases capables de tirer des missiles anti-missiles aux frontieres de la russie.

                    Et je parierai qu’ils ne supporteraient pas plus que les états unis en leur temps que l’on place des missiles nucléaires à leurs portes .. Pourquoi ?? Parec que toute la stratégie de l’équilibre par la terreur était basée sur ceci : sache bien, toi mon ennemi potentiel, que si tu t’avisais de faire décoller des missiles vers chez moi, avant qu’ils ne tombent sur mon sol j’aurais eu le temps de t’envoyer les mêmes en retour ... 

                    Les missiles de Cuba remettaient en cause tout cet équilibre de la peur et c’est pour cela que les usa ne les ont pas supportés ... Tandis que Castro & Cie au contraire étaient ravis de leur coup ... Observez que dans le même temps il n’y avait pas de missiles américains sur le territoire européen .. pour la même raison.

                  • oncle archibald 16 novembre 2012 16:37

                    @ Lionel : à partir du moment ou le poulet détient le feu nucléaire sur son territoire et qu’il est clairement établi que ce feu nucléaire potentiel est destiné à être tiré vers le « tyrannosaure », le poulet ne devient-il pas ipso-facto lui même un tyrannosaure ?


                  • lionel 16 novembre 2012 11:56

                    Merci Salim Lamrani pour cet article très clair. En revanche vous écrivez : «  L’Europe des 27 doit normaliser ses relations avec La Havane et démontrer que sa politique étrangère n’était pas tributaire de celle de la Maison-Blanche. En abrogeant la Position commune et en adoptant une posture rationnelle, constructive et indépendante, l’UE effectuera un pas dans la bonne direction. Bruxelles doit saisir l’idiosyncrasie cubaine.  » 


                    Permettez un autre point de vue. L’Europe des 27 est une création des oligarques utilisant les zétazunis pour mener leur politique psychopathique et impérialiste. Les pays de l’UE sont soumis à cet entité anti-démocratique et illégitime. Par conséquent, une sortie de la dictature européiste s’impose pour que les nations puissent créer les liens diplomatiques, économiques, politiques qui correspondent à leurs intérêts et leur vision politique. 

                    J’en profite pour remercier les médecins de la brigade Cubaine de Gao (médecins dévoués et talentueux) qui ont sauvés ma première fille née prématurément.

                    Puisse la France retrouver son indépendance politique, économique et culturelle afin que nous soyons libres de travailler avec Cuba et permettre à son régime politique les assouplissements impossibles avec l’agression permanente des forces psychopatiques impériales.

                    • Stof Stof 16 novembre 2012 16:10

                      L’autarcie (relative) de Cuba est plutôt une chance pour ce pays. Nous savons bien les ravages que peuvent causer les accords de type OMC etc.

                      En outre, certes Cuba n’est pas une démocratie et la liberté d’expression existe peu. Mais il faut signaler que du point de vue des Cubains ces points importent beaucoup moins que la subsistance, l’accès au soin et, accessoirement, aux biens de consommation occidentaux.
                      Dans ce pays -pauvre- on ne laisse personne crever de faim ou de maladie. Ce qui est loin d’être le cas dans des pays plus riches et soit disant plus libres.
                      Elections et liberté de la presse sont des choses importantes mais elles ne constituent pas l’essentiel des droits humains.
                      J’ajouterais enfin, pour avoir lu un peu les journaux cubains ; que leur point de vue est assez intéressant. Par exemple le fait que Cuba envoi des médecins en Haïti quand les USA envoient des GI. Une vision différente du monde et de la politique qui mériterait d’être un peu moins ostracisée par haine dogmatique et par ignorance.

                      • travelworld travelworld 17 novembre 2012 18:31

                        J’ai été une dizaine de fois à Cuba pour mon métier (aviation civile) Ce n’est pas un pays « bisounours » Les autorités sont très « chiantes » et ceci dans tous les domaines, le fameux blocus n’existe pas en ce qui concerne l’Europe ou l’Asie, donc c’est une excuse un peu facile, les marchés (très bon indicateur de la santé économique d’un pays) sont misérables, pourtant tout pousse dans cette île !!!!) J’ai importé dans les années 2000 des valises de médicaments, Oh suprise la plus grande demande était..... des anxiolitiques !!!! Quand des médecins ou des ingénieurs sont chauffeurs de taxi, cela laisse songeur.......
                        Reste que les US qui ont laissé cette île devenir une succursale de la mafia ont une grande responsabilité dans ce naufrage !!!

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