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Gaza, le vent et la tempête

A la faveur d’une reprise en main de sa frontière terrestre avec Gaza, l’armée égyptienne a échangé des coups de feu avec des combattants palestiniens. Bilan provisoire : un mort et plusieurs blessés...

A la fin de l’été 2005, l’armée israélienne a quitté la bande de Gaza, cette partie méridionale des territoires palestiniens, sur ordre du premier ministre Ariel Sharon. Cette décision couronnait l’échec d’une colonisation entamée à l’issue de la victoire des Six-Jours, près de trente-huit ans plus tôt. Les Juifs de Gaza ont abandonné leurs implantations, parce qu’ils ont perdu le duel démographique - on va y revenir - mais Jérusalem a minimisé le risque de dégradation de la situation politique et économique de Gaza.

Or celle-ci a précédé la victoire du Hamas lors des élections organisées dans l’ensemble des Territoires le 25 janvier 2006 [Monde Diplomatique]. Il en a résulté une guerre fratricide entre les deux mouvements de libération, en partie occulté par l’intervention militaire israélienne. Dès le mois de septembre 2005 en effet, des roquettes tirées depuis le territoire ont commencé à tomber sur Israël, entraînant une fermeture de la frontière puis des bombardements de moins en moins ciblés de l’armée de l’air israélienne. Le Hamas règne depuis sur un royaume de ruines.

Le 20 juin 2007, un universitaire allemand a signé dans Le Monde un article dénonçant le climat de violence régnant dans la bande de Gaza. Gunnar Heinsohn estime à l’époque à six cents le nombre de morts dans des affrontements entre Palestiniens. Pour lui, cette violence se comprend grâce au contexte démographique, plus que par la stratégie belliqueuse de l’armée israélienne. « Ahmed Youssef, haut responsable du Hamas et conseiller politique d’Ismaïl Haniyeh, le premier ministre palestinien [limogé le 14 juin], ne met pas les troubles en cours à Gaza sur le dos des ’Juifs’ ni sur le manque de dévotion religieuse de ses adversaires du Fatah. En mai, il a déclaré au journal cairote Al-Ahram que le principal problème résidait dans l’incapacité du Fatah comme du Hamas à ’contrôler leurs hommes dans les rues’ ». Je laisse à l’universitaire la responsabilité d’une corrélation trop étroite, et insiste ici sur l’impact d’une guerre ouverte avec Israël.

Gunnar Heinsohn avance une hypothèse démographique. La population de Gaza croît à une vitesse fulgurante. Si l’on ramène l’année 1950 à une base 100 (240.000 habitants), l’année 2007 atteint l’indice 625 (1.500.000 habitants). Pour l’universitaire, la surpopulation menace donc directement ce territoire exigu, sans que le qualificatif apparaisse nettement. Les ressources en terres cultivables et en eau ne suffisent pas pour nourrir une telle population. L’intensification des cultures a longtemps évité que s’installe une pénurie, mais l’aviation israélienne a anéanti une bonne partie des infrastructures et du matériel agricoles palestiniens. L’aquifère suscite l’inquiétude, à la fois par l’épuisement de la ressource mais également à cause de la détérioration de la qualité des eaux. On déplore des intrusions marines ainsi qu’une pollution par contact avec les eaux usées. Plus aucune usine de retraitement ne fonctionne dans la bande de Gaza (source).

Pour Gunnar Heinsohn, l’organisme sous la tutelle de l’Onu porte l’entière responsabilité de la situation. L’United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East [Agence pour l’aide aux réfugiés palestiniens du Proche-Orient] secourt depuis plus de soixante ans les expulsés de 1948, mais pas seulement. « En vertu du droit international, l’UNRWA considère en effet tout résident de Gaza comme un réfugié. L’organisme fournit donc un logement et assure les frais de scolarité et de santé à tout nouveau-né - que celui-ci soit le premier ou le dixième enfant d’une famille. Résultat de la politique et des programmes de l’UNRWA, la majorité juive qui prévalait en Israël et dans les territoires occupés est devenue minoritaire.

Dans la tranche d’âge des plus de 60 ans, les Juifs sont trois fois plus nombreux que les Palestiniens. Mais ils sont minoritaires dans les générations plus jeunes, où se recruteront les combattants des guerres des décennies à venir. En 2005, on comptait 640 000 garçons juifs de moins de 15 ans, contre 1,1 million d’enfants mâles du même âge dans la partie arabe. » L’universitaire cite en exemple le premier ministre limogé en 2007, M. Haniyeh, né en 1962 et père de treize enfants. « Aux Etats-Unis, pour 1 000 hommes âgés de 45 à 49 ans, on ne compte que 945 garçons âgés de 0 à 4 ans. Chez les Juifs israéliens, le rapport est d’environ 1 500 pour 1 000. A Gaza, en revanche, pour 1 000 hommes de 45 à 49 ans, on compte près de 6 200 garçons entre 0 et 4 ans.  » Les chiffres impressionnent mais l’analyse tourne court.

Bien sûr, le taux de fécondité par femme ne baisse pas dans la bande de Gaza. Il est proche de six enfants par femme. Mais il faut présenter complètement le contexte géographique et démographique. En Egypte, la population a connu une évolution similaire, passant en deux siècles de 4 à 80 millions d’habitants. Yves Lacoste se penchant sur les mécanismes démographiques propose plusieurs pistes pour comprendre ce croît naturel exceptionnel. La première date de Mehmet Ali et de la nécessité pour les familles égyptiennes d’avoir beaucoup d’enfants. L’armée volait des bras aux foyers, ceux qu’une mort précoce n’avait pas fauchés. L’augmentation de la productivité agricole, l’hygiène et les progrès médicaux ont évidemment produit en Egypte les mêmes effets que dans d’autres pays du tiers-monde. A l’idéologie nationaliste, s’est incorporée ensuite celle des Frères Musulmans. Pour Hassan al-Bannah, la femme se distingue de l’homme par sa capacité à procréer. « La différence entre l’homme et la femme dans les droits est la conséquence des différences naturelles des rôles attribués à chacun et nécessaires pour protéger les droits dont jouissent les deux  » [La femme musulmane (1951) cité par Ikbal al Gharbi]. La fécondité des femmes musulmanes lui semble d’autant plus nécessaire qu’il souhaite voir sa communauté religieuse faire pièce à la minorité copte. [80 millions d’Egyptiens]

La forte natalité de la bande de Gaza ressemble donc à s’y méprendre à celle que l’on observe encore parfois dans la vallée du Nil. La comparaison est si évidente que l’armée égyptienne administre directement le territoire entre 1948 et 1967. Au moment de la proclamation de l’Etat d’Israël, Le Caire refuse toutefois d’annexer purement et simplement le territoire. Parmi les 180.000 Palestiniens vivant sur place, un certain nombre fuient l’Etat hébreu. Ils s’entassent alors dans des camps bientôt gérés par l’agence des Nations Unies déjà citée. L’arrivée de Nasser ne modifie pas la situation des Palestiniens. Pire, les plus résolus au retour débordent à plusieurs reprises les forces égyptiennes. En février 1955, l’armée israélienne pénètre en représailles dans la bande de Gaza, anéantissant une base militaire. Faute de pouvoir répondre militairement, Le Caire décide d’instrumentaliser la résistance palestinienne. Nasser utilise les feddayins dans le sens de ses intérêts, sans délivrer la nationalité égyptienne aux Palestiniens. Mais pas plus que sur son propre sol, le régime ne parvient à susciter le développement économique [source]. Qui sème le vent...

Entre 1967 et 2007, les Israéliens profitent quant à eux sans vergogne de la situation. Le dénuement de la population palestinienne convient parfaitement à la structure de leur population active. Israël manque de main d’œuvre peu qualifiée et bon marché pour travailler dans ses champs ou sur ses chantiers de construction. Certains Palestiniens tirent quand même leur épingle du jeu et accèdent à un certain niveau d’aisance. Une classe moyenne naît. Mais l’espoir du développement s’éteint à cause de la gestion calamiteuse du Fatah d’Arafat, puis après la seconde Intifada. La frontière avec Israël redevient alors hermétique. Et Le Caire persiste à redouter un afflux de réfugiés. Entre temps, la population de Gaza a formidablement augmenté. 

Dans les premiers jours de l’année 2010, la tension monte à la faveur d’un projet des autorités égyptiennes visant à empêcher les trafics de part et d’autre de la frontière via des tunnels souterrains. Sur des centaines de mètres, des panneaux métalliques enfouis vont compliquer la tâche de ceux qui creusent. Dans une échauffourée, un soldat égyptien est mort le 6 janvier [La colère des Palestiniens de Gaza contre l’Egypte ] : Après le vent, la tempête. Le président Moubarak a échoué. Son autorité morale frise le néant, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières du pays. Parmi les gouvernements occidentaux qui le soutiennent, certains s’aveuglent [Obama au Caire], la majorité se voilent la face. Moubarak complique en vain la vie des Palestiniens isolés du reste du monde par le blocus imposé par l’armée israélienne, dont on aimerait savoir à quels objectifs il répond. Les prix vont flamber dans la bande de Gaza, pour la plus grande joie des organisations clandestines qui contrôlent les tunnels. Le Hamas saura - qui en doute - en tirer profit.

Pendant ce temps, la situation sanitaire et morale des Palestiniens s’aggrave...

PS./ Geographedumonde sur Israël : Un très grand fosséLe puits sans fondUne affaire de proportions… ?, Israël, tourne-toi et Comment l’historien Shlomo Sand n’a rien inventé…

Incrustation : la bande de Gaza vue par Le Monde.


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143 réactions à cet article    


  • HELIOS HELIOS 9 janvier 2010 19:30

    votre raccourci est hilarant :

    Savez vous que la France a un indice de fécondité de 2,3 et qu’Israel 2,9 ?

    Ne pensez vous pas que la croissance de la population d’Israel est plutôt du a sa politique d’immigration qui incite les juifs de tous les pays a venir s’y installer ?

    La bande de Gaza La Jordanie, l’Egypte ont des taux superieur a 3


  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 janvier 2010 10:07

    La démographie est une arme de philosophes et de dogmatistes. Trop lente. Elle finit par gagner la bataille, mais un peu par inadvertance, pour ceux qui n’ont pas voulu l’utiliser tactiquement,mais en on hérité en marche. Ce que je vois dans ces incidents de frontières, c’est la poursuite de la politique israélienne depuis 1948, de semer la zizanie et de laisser les jocrisses s’entretuer. Le Liban est la cas d’école



    Pierre JC Allard

  • sorro el manolo sorro el manolo 10 janvier 2010 15:01

    Tu oublies la bande a Bonnot !


  • baska 9 janvier 2010 16:44

    Le pharaon moubarak est une raclure à la solde de l’axe américano-sioniste, normal qu’il participe au blocus des gazaouis.
    Bizarre que l’auteur ne fait nullement mention de l’occupation israelienne des territoires palestiniens, du blocus imposé par l’entité génocidaire. Oubli volontaire pour dédouaner les criminels de la terre promise ?


    • goc goc 9 janvier 2010 19:45

      @ frere epave

      la charte du hamas est à la tora (et ses precepts racistes) ce que la comtesse de Segur est a mein kampf


    • balthasar1er 9 janvier 2010 16:48

      Monsieur pour commencer Jérusalem n’a jamais été la capitale de « l’état juif »,c’est Tel Aviv ,jerusalem a été annexée en 1967 et déclarée capitale une et indivisble du peuple juif en 1981 au mépris des condamnations internationales.
      Vous participez tels de nombreux journalistes à entériner ce fait ,c’est de la malhonnêteté intellectuelle,votre travail n’est pas d’apporter votre caution morale à une puissance occupante
      qui n’a jamais respecté le droit international,sinon la résolution entérinant sa création.


      • balthasar1er 9 janvier 2010 16:59

        "Dès le mois de septembre 2005 en effet, des roquettes tirées depuis le territoire ont commencé à tomber sur Israël, entraînant une fermeture de la frontière puis des bombardements de moins en moins ciblés de l’armée de l’air israélienne. Le Hamas règne depuis sur un royaume de ruines."

        Et voilà comment procèdent nos amis ! on occulte un demi siècle d’occupation, de brimades, de spoliations,de meurtres, d’assassinats extra judiciaires,de décapitation pure et simple du nationalisme séculier pour éviter toute solution de justice et ainsi utiliser le nationalisme d’essence religieux comme nouvel épouvantail, dans le cadre de la guerre mondiale au terrorisme.La tragédie palestinienne n’a pas commencée en 2005 monsieur,le processus de maturation politique qui a amené le Hamas au pouvoir a Gaza est le fruit de l’intransigeance israélienne et de la corruption des cadres du Fatah devenus de simples supplétifs de la violence coloniale sioniste en Cisjordanie occupée.


        • balthasar1er 9 janvier 2010 17:23

          La démographie est le carburant de la lutte ,ce que les palestiniens n’ont pas acquis par les armes ils l’ obtiendront par les naissances et inverseront les rapports de force,on verra quels seront alors les options de la seule démocratie du proche orient « sic »,un nouveau nettoyage ethnique comme en 1948 ou l’usage de l’arme nucléaire ?


        • armand armand 9 janvier 2010 17:27

          Bonjour Wald,

          Bonne année, au fait....

          Remarque très juste. La surnatalité à Gaza est une surnatalité nationaliste, destinée à fournir des soldats à la cause. Le même phénomène existe chez les Juifs ultrasionistes ou religieux, qui arrivent parfois à damer le pion à leurs adversaires. Je me souviens de l’hilarité d’un ami, musulman traditionaliste du Gudjarate, installé en Angleterre, devant les kyrielles d’enfants des familles juives orthodoxes dans le nord de Londres. Avec 3 enfants il se sentait tout petit devant des fratries de 12.
          Le même phénomène était à l’oeuvre au Québec au XIXe siècle - en résistance ’biologique’ contre l’Anglais, les Québecois se mirent à aligner des familles de dix, douze, voire quinze enfants.
          Juifs et Catholiques sont, intrinsèquement, natalistes dans leurs croyances. Or, on oublie souvent que l’Islam est des trois religions la plus libérale en matière de contrôle des naissances. C’est pour cela d’ailleurs que l’Iran a une démographie qui s’est progresseivement alignée sur l’Occident, malgré les mollahs. Avec en résultat une population mieux éduquée et plus revendicative.

          Là où on peut parler d’irresponsabilité, c’est que Gaza, déjà plongé dans la crise et la pénurie, ne peut soutenir de telles familles. Israël aurait dû bombarder de pillules contraceptives et non de phosphore.


        • armand armand 9 janvier 2010 17:33

          On ne peut pas saluer la démographie comme une arme et puis pleurnicher quand les exactions venues d’en face touchent précisément les civils.

          Mais les chefs du Hamas ont bien annoncé la couleur - leur supériorité sur les Israëliens, c’est qu’ils aiment la Mort, n’est-ce pas ?
          Quant au rappel de 1948, je te mets au défi de prouver qu’il y ait eu des massacres à grande échelle...


        • armand armand 9 janvier 2010 17:36

          franck,

          Et là je vous réponds que vous pratiquez le racisme à l’envers, ou le terrorisme intellectuel.

          On a le droit de taper sur les familles dysfonctionnelles et nombreuses du Pas de Calais, mais quand on met en cause l’inconscience suicidaire des familles africaines qui font dix enfants lorsqu’il n’y a pas assez à manger pour tout le monde, on est accusé de racisme.

          A moins d’estimer que c’est à nous de les accueillir, les loger, les subventionner. Ce qui, concrètement, est le cas dans mon quartier.


        • balthasar1er 9 janvier 2010 17:37

          salut Franck
          C’est moi Abdelkader17,nos amis m’ont fait virer dernièrement pour des petites palabres qu’ils ont trouvé injurieuses,mon compte est désactivé.
          Franck je ne dis pas que c’est un projet,c’est un impératif de survie qui maintien l’identité palestinienne en éveil.


        • armand armand 9 janvier 2010 17:44

          allez, développez, franck... En quoi ce jugement serait-il d’un cinglé ?

          Effectivement, tous les peuples se comportent de la même façon dans les mêmes circonstances matérielles - là je ne dis pas le contraire. Seulement il y a des modificateurs qui relèvent de la culture, de la foi. Je connais des familles nombreuses qui le sont.... par nationalisme. Alors même qu’ils roulent sur l’or.


        • armand armand 9 janvier 2010 17:46

          Abdel,

          On est rarement d’accord, mais ce n’est certainement pas moi qui t’aurais « désactivé »...


        • ZEN ZEN 9 janvier 2010 18:47

          Franck a raison sur ce point
          La misère dicte leur démographie ."

          Tous les démographes et les sociologues le savent
          Un phénomène collectif de cet ordre ne résulte pas de décisions individuelles conscientes
          L’Iran voit sa natalité tomber à un niveau équivalent au nôtre, résultat largement dû à la scolarisation massive des filles, du moins dans les villes


        • balthasar1er 9 janvier 2010 19:39

          erratum:quelles seront


        • HELIOS HELIOS 12 janvier 2010 22:05

          Heu... j’ai le droit de dire une c....ie ?

          Allez, je me lance.... Si on leur envoyait Bachelot, et qu’on les vaccine tous contre le H1N1, ce serait pas une bonne idée, pour resoudre le pb de demographie.... ?


        • balthasar1er 9 janvier 2010 17:08

          "Pour lui, cette violence se comprend grâce au contexte démographique, plus que par la stratégie belliqueuse de l’armée israélienne."

          Alors celle là c’est le pompon ! on enferme un peuple dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde,les geôliers sont partis mais ont pris le soin de fermer la porte et de garder les clefs,on a été jusqu’à refuser l’entrée de produits de première nécessité,de produits alimentaires pour raisons sécuritaires,on a tué toute espoir d’existence de tout un peuple et maintenant c’est à cause de la démographie que la violence éclate, c’est incroyable ! on marche sur la tête.
          Au lieu de boycotter israel qui ne respecte aucune des résolutions condamnant ses agissements l’union européenne et le parrain Américain ont pris la sage décision de couper les vivres aux habitants de Gaza.
          Israel reconnait il l’état palestinien ?il faut croire que non !


          • balthasar1er 9 janvier 2010 17:24

            erratum:tout espoir


          • armand armand 9 janvier 2010 17:29

            Il me semble que les frères arabes d’Egypte sont plus durs encore avec Gaza que ne sont les Israëliens ; Mais bien entendu, plus pratique de taper sur les Juifs....


          • armand armand 9 janvier 2010 18:27

            Bof....
            Dans la tradition pharaonique de l’Egypte, aucun grand dirigeant n’a jamais été renversé par le « peuple »....
            L’Egypte bénéficie des largesses de l’Occident, mais pourrait également s’en passer, et la population égyptienne est extrêmement diverse.
            Quant au vol de terres de Palestine, le premier en date fut l’amputation de la Jordanie au profit des Hachémites, mais cela dérange moins, ceux-ci étant réputés arabes.

            Une démocratie responsable ? Si vous le dites. Toute gestion en période de crise ou de guerre permanente est critiquable. Si Israël était des plus accomodants, il ne serait peut-être plus là. Et le propre d’une démocratie, aussi, c’est que sa politique fluctue au gré des élections.

            En tout cas, j’attends toujours qu’on m’explique pourquoi l’affaire de Palestine, guère plus compliquée ou meurtrière que d’autres cas de partition, d’échange de population, de créations d’états, reste encore d’actualité. J’y vois deux raisons, une façon pratique, pour le monde arabe, d’oublier ses problèmes internes en incriminant les « autres ». Et une facheuse tendance, à gauche et à droite, à s’en prendre aux Juifs quoi qu’ils fassent. Avant on fustigeait les apatrides affairistes, maintenant on s’indigne des nationalistes guerriers.


          • jaja jaja 9 janvier 2010 19:47

            Bonjour Armand, tu oublies Sadate....


          • armand armand 9 janvier 2010 22:31

            Bonjour Jaja,

            Sadate n’a pas été renversé, mais assassiné, ce qui n’est pas la même chose. Comme un sultan mamelouk, a-t-on dit à l’époque. Le régime reste solide.


          • balthasar1er 9 janvier 2010 17:19

            « Plus aucune usine de retraitement ne fonctionne dans la bande de Gaza (source). »

            Pour quelles raisons ? tout simplement parce qu’ israël a bombardé les usines de traitement d’eaux usées et refuse de laisser entrer les matériels nécessaires à la remise en état de ces installations.


            • John Lloyds John Lloyds 9 janvier 2010 17:44

              Le conflit récurrent de Gaza masque mal un conflit beaucoup plus profond, d’essence strictement religieuse, impliquant les fondements de la création d’Israël, étant, selon le sionisme, de droit et de leg divin.

              La fuite en avant affichée par la politique étrangère de ce pays, et soutenue par la chrétienté « évangelique » américaine, pour qui le retour du Messie ne pourra être effectif qu’après qu’Israêl ait retrouvé ses terres d’antan, n’est pas prête d’amener la moindre chance de paix dans cette région, après son cumul d’expansion coloniale, ayant complètement défoncé les accords d’Oslo avec la bénédiction des maîtres de Washington (en dépit de protestations sporadiques de façade).

              Gaza est devenu un poste avancé militaire iranien, raison pour laquelle son nucléaire civil, qui aurait pu vivre son petit fleuve tranquille, est devenu un prétexte rêvé pour l’alliance occidentale.

              Soutenu par la Chine et la Russie, l’Iran est en fait devenue la condition sine qua non de survie d’Israël, qui n’hésitera pas à entraîner le monde entier avec elle, comme l’a rappelé Martin Van Crevel :

              « Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse  »

              Comme l’explique l’auteur, la situation est actuellement très tendue, et c’est encore pire que ce qu’il décrit

              C’est bel et bien un conflit d’essence religieuse, la récupération de la terre d’antan, liée à un colonialisme sauvage, qui risque de dégénerer mondialement. Un Israël resté dans ses frontières initiales, qu’elle avait signée, était parfaitement viable. Il n’en va pas de même d’un Israël qui s’installe progressivement chez les autres, au prix de génocides successifs innomables.


              • John Lloyds John Lloyds 9 janvier 2010 21:32

                « Je me demande de quel droit vous affirmez que Gaza est un poste avancé de l’Iran »

                Chantecler, votre inculture m’étonnera toujours smiley

                Relations Hamas-Iran :

                http://www.jcpa-lecape.org/ViewArticle.aspx?ArticleId=142

                http://www.realite-eu.org/site/apps/nlnet/content3.aspx?c=9dJBLLNkGiF&b=2331129&ct=6715671

                Tant que j’y suis, puisque je ne les ai pas mis, liens sur les relations entre le sionisme et les évangélistes, dans la « reconquête des territoires » :

                http://www.dailymotion.com/video/x2x3uq_evangelistes-jeu-des-proisraelterre_news

                http://www.juif.org/go-news-117478.php

                http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=3396 et notamment :

                "En réalité, le sénateur du Kansas est une tête de pont de bon nombre d’évangéliques, lesquels estiment que la Palestine n’est autre qu’une invention politique sans assises historico- religieuses. Donc l’engagement envers Israël découle de la seule véracité biblique qui existe et par voie de conséquence ils se voient ordonnés d’honorer le peuple juif. Pour Timothy Weber, un théologien connu pour la pertinence dans la clarification, la jonction évangéliste-Israël s’articule sur la simple croyance de ce qu’ont apporté les Saintes Ecritures.

                Weber s’éloigne complètement du contexte politique et résume l’engagement des chrétiens évangélistes dans ce qu’il appelle The Dispensation Theory (la théorie de la dispensation), une philosophie d’un cataclysme apocalyptique, apparue au 19ème siècle. Cette doctrine prédit que le retour complet des Juifs en Terre sainte précipitera l’apocalypse et ouvrira la porte au retour du Messie"


              • balthasar1er 9 janvier 2010 18:22

                Monsieur se livre à une analyse démographique pour tenter de justifier une situation coloniale et dispenser la puissance occupante de ses responsabilités dans la situation actuelle,on peut faire tous les calculs et les hypothèses que l’on veut ,toutes les projections que l’on désire,israel est un fait coloniale,porteur d’une idéologie raciste, un projet de dépossession point barre !
                Il aurait été plus honnête d’annoncer la couleur ,vous n’êtes qu’un des nombreux thuriféraires du sionisme qui sous couvert de recherche de causalité voudrait imputer l’échec de la construction de l’état palestinien aux occupés,votre démonstration est irrecevable et ne tient cinq minutes devant l’examen des faits.


                • armand armand 9 janvier 2010 18:31

                  « Israel est un fait coloniale,porteur d’une idéologie raciste, un projet de dépossession point barre  »

                  FAUX.

                  Le nationalisme arabe est un projet conquérant, porteur d’un exclusivisme religieux, ne reconnaissant les droits d’aucun autre peuple dans la région qu’il revendique. Et qui s’arroge le droit de juger « coloniale » toute revendication autre que la sienne, alors que la conquête arabe est, de loin, la plus récente de la région. Point barre.


                • ZEN ZEN 9 janvier 2010 18:56

                  Un fait colonial, Israël ?
                  Bien sûr, il suffit de relire les écrits des pères fondateurs
                  L’expansion/colonisation de la Cisjordanie n’en est qu’une expression actuelle
                  Comme le reconnaissait N.Mendela récemment, faisant un parallèle avec une situation qui lui était familière
                  Comme le disent au grand jour nombre d’Israëliens, qui ne se reconnaissent pas dans les thèses du videur-raciste Liberman


                • armand armand 9 janvier 2010 22:29

                  Zen,

                  Quelle malhonnêteté intellectuelle ! A moins de souscrire aux thèses nationalistes arabes qui estiment que la région étant à majorité arabe, aucun etat issu de l’ancien Empire ottoman ne saurait être autre chose qu’arabe, ton affirmation ne tient pas la route juridiquement.
                  La Grande Bretagne, comme puissance mandataire, a hérité de la grande majorité des terres en Palestine qui étaient la propriété de l’Etat ottoman .. et s’est empressée d’en donner les trois quarts à la dynastie hachémite. Les terres publiques plus les terres achetées par les juifs ne représentant absolument pas les dimensions de l’Etat d’Israël, parler de colonialisme c’est se f...tre du monde. Mais tu es libre de souscrire, comme Abdel, au fantasme d’une grande nation arabe s’étendant de l’Egypte à l’Irak... Mais il s’agis alors d’un nationalisme de type tout ce qu’il y a de plus européen. Et qui n’a pas plus de légitimité que le sionisme.


                • ZEN ZEN 9 janvier 2010 22:31

                  S’adressant à son modèle Cecil Rhodes, fondateur de la Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe), Theodor Herzl déclara :

                  Mon programme est une programme colonial.

                  Ou encore dans « L’Etat Juif », il préconisait :

                  la colonisation de la Palestine par des cultivateurs, des artisans et des commerçants juifs.

                  Le sionisme est donc un colonialisme à l’instar des politique coloniales européennes du XIXème siècle.

                  Et si le sionisme concerne la création d’un foyer juif, il n’en est pas moins une politique détachée du judaïsme. Il déclara à ce sujet dans « Jewish Chronicle » le 11 août 1911 :

                  pour lui, les croyances religieuses tissées autour de la Terre Sainte n’étaient utiles que comme une manoeuvre valable pour protéger les précieuses fotes naissantes du nationalisme contre les éléments dévorateurs de l’assimilation.

                  La création d’un Etat d’Israël serait donc fondée non pas sur la religion mais sur une « race juive » :

                  Les juifs, matériellement et intellectuellement supérieurs avaient perdu tout à fait le sentiment de leur solidarité de race. (...) Les juifs forts reviennent fièrement à leur race lorsque éclatent les persécutions.

                  Le foyer juif laïc que Theodor Herzl voulait créer serait alors un :

                  bastion avancée de la civilisation occidentale en face de la barbarie d’Orient.


                • ZEN ZEN 9 janvier 2010 22:40

                  Armand
                  Quelle malhonnêteté intellectuelle !
                  Tu sais parfaitement que je ne remets pas en cause l’existence d’Israël
                  Mais pas cette politique actuelle, pas ce régime-là, le plus extrêmiste que Tel-Aviv ait connu !
                  Pas cette démarche d’extension déniée, mais toujours continuée, rendant déjà impossible la création d’un Etat palestinien, que tu souhaitais une fois
                  Mendela sait de quoi il parle
                  Rabin revient ! Ils sont devenus fous...


                • armand armand 10 janvier 2010 10:35

                  Zen,

                  Le terme ’colonial’ a plusieurs sens. A commencer par colonie agricole, colonie de peuplement dans le sens romain. D’ailleurs, la politique coloniale européenne au XIXe siècle ne consistait pas en une réinstallation de toute une population sur ses terres ancestrales. L’Angleterre, par exemple, exception faite de l’Australie, n’envoyait que des administrateurs. Et la colonie était avant tout une vache à lait pour la métropole, souvent liée à celle-ci par des liens commerciaux exclusifs.
                  De plus, la création de cet « Etat Juif » repose en grande partie sur la renaissance d’une langue indigène, l’hébreu, ce qui n’est nullement le cas dans les colonies européennes.

                  L’argumentation de Herzl est destinée avant tout à s’assurer des soutiens - à l’époque, celle de la colonie était de nature à charmer les puissaqnces européennes. Il est peu probable qu’il ait tenu le même langage dans ses négociations avec le sultan ottoman ! A la même période, le compte Katsura, représentant du Japon impérial, racontait aux Occidentaux que les Nippons étaient l’avant-poste de la civilisation européenne, luttant contre les barbares asiatiques qu’étaient les Russes. Il a même poussé la comparaison jusqu’à invoquer Athènes contre la Perse.

                  Dans les faits, plusieurs tendances coexistaient (mal) chez les sionistes en 1900. depuis les tenants d’un Israël en symbiose avec les Arabes, souvent arabophones, jusqu’à une frange qui souhaitait un Israël... parlant allemand.
                  Je me place du point de vue légaliste : la majeure partie des terres en Palestine étaient des terres gouvernementales, passées des Ottomans aux Britanniques, et transférées par ceux-ci, ensuite, aux Hachémites (pour la plus grande part) puis, de facto, à Israël. Il n’y a donc pas eu d’une bande de conquistadores venus d’Outremer qui ont arraché ces terres à leurs propriétaires légitimes.


                • ZEN ZEN 10 janvier 2010 10:42

                  @ Armand
                  Foin du passé !
                  Cela porte un nom aujourd’hui... :

                  "Depuis des années, les Nations unies condamnent régulièrement la politique de colonisation d’Israël. Même l’Union européenne et les Etats-Unis ne manquent pas une occasion de faire savoir que ce grignotage des terres palestiniennes met en danger la perspective de création d’un Etat palestinien indépendant.Cette politique s’est néanmoins poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite, sans que jamais aucune mesure ne soit prise, alors que les statuts de la Cour pénale internationale considèrent que c’est « un crime de guerre ». Et jamais aucune sanction n’a été adoptée contre l’Etat qui poursuit cette stratégie. Pourtant, cet archipel de la Palestine peut-il vraiment constituer la base d’un Etat ?« 

                  > »Toutes les zones aux mains d’Israël, c’est-à-dire annexées (comme Jérusalem) ou occupées par des colonies, sont représentées par de l’eau.Résultat, les terres émergées forment une myriade d’îlots séparés les uns des autres : l’effet « bantoustan » est garanti. Ce document illustre à quel point parler de continuité territoriale palestinienne est de plus en plus illusoire. Kalkiliya, Tulkarem ne sont plus rattachées au reste de la Cisjordanie que par une route. Les zones interdites à la construction sont ironiquement représentées sous la forme de « réserves naturelles » ou de « côte protégée ». L’auteur de la carte, qui a travaillé dans l’humanitaire, s’est servi de documents fournis par le Bureau de coordination des Nations unies pour les affaires humanitaires dans les territoires occupés et du travail de B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits de l’homme, qui recense les progrès de la colonisation en Cisjordanie, régulièrement dénoncée par le Quartet (ONU, Etats-Unis, Russie, UE) pour la paix au Proche-Orient."

                  -Palestine : vérité des cartes


                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 10 janvier 2010 10:52

                  Vous qui refusez d’évoquer le passé, miraculeusement, Zen, quand il s’agit de l’histoire d’Israël, vous y référez curieusement lorsque vous copiez-collez la rengaine des résolutions de l’ONU.

                  1. En ne précisant pas l’essentiel : des années 1970 aux années 1990, aucun pays plus qu’Israël n’a été sommé d’obéir à des résolutions issues des blocs communiste-non alignés-pays arabes à l’ONU.

                  2. Les résolutions mentionnées n’ont jamais été contraignantes. Israël n’a en effet jamais été condamné au Conseil de Sécurité (au titre du chapitre VII).

                  3. Les résolutions 242 et 338 (chapitre VI) relèvent du processus de paix. Allez donc les faire appliquer, puisque vous savez si bien donner des leçons !


                • ZEN ZEN 10 janvier 2010 10:57

                  Mame Cosmic
                  La vérité sort (parfois) de la bouche des gouvernants :

                  Je veux vous dire ceci très clairement, ne vous en faites pas à propos de la pression américaine sur Israël, nous, les Juifs, contrôlons les États-Unis, et les Américains le savent. (- Ariel Sharon parlant à Shimon Peres, le 3 octobre 2001, rapporté à la radio Kol Yisrael.- )


                • balthasar1er 10 janvier 2010 10:58

                  @Armand

                  Peuple juif ou problème juif ?

                  Publié pour la première fois en 1981, ce recueil d’articles n’a rien perdu de son actualité, tant la question juive et l’Etat d’Israël restent l’objet de tous les délires et de tous les mythes : délire meurtrier ou négateur des antisémites, raccourcis manipulateurs de l’apologétique sioniste et judéocentriste, élucubrations simplistes d’une certaine propagande antisioniste.
                  C’est la formation et la persistance de ces mythes que décrit cet ouvrage. Après avoir retracé sans complaisance son parcours d’intellectuel juif anticolonialiste, l’auteur éclaire la trajectoire du peuple juif à travers les siècles en l’inscrivant dans son contexte social et historique. Armé d’une érudition sans pédantisme, il analyse la dynamique complexe qui a produit le projet sioniste et l’Etat d’Israël, où l’élan émancipateur noue une alliance paradoxale avec le facteur colonial et le jeu des grandes puissances.
                  S’il refuse les mythes du sionisme, Maxime Rodinson ne remet pas en cause l’existence d’Israël, résultat d’un choix historique contestable mais irréversible. Mais le refus obstiné de reconnaître les conséquences tragiques de ce choix lui paraît une erreur fatale. Enfin, c’est en orientaliste chevronné qu’il décrypte l’aveuglement et l’incompréhension non moins fatals qui caractérisent les visions arabes d’Israël.

                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 10 janvier 2010 11:05

                  « Question juive », « judéocentrisme ». Ces simples termes en disent long sur des considérations oiseuses et « judéocentrées » émanant d’un intellectuel marxiste (n’est-ce pas ?) formé dans les années 1960-1970, et dont la connaissance de l’Orient, loin d’être parole d’Evangile, est évidemment remise en question par des collègues.

                  En soutane, Zen, décidément, et à la messe.


                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 10 janvier 2010 11:07

                  Comment peut-on confondre Zen et Abdel17 ?
                  On le peut. Que ces deux brillants intervenants m’en excusent, si tant est que cette confusion les déshonore.

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