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Accueil du site > Actualités > International > Il y a 63 ans... Qui se souvient d’Hiroshima et de Nagasaki (...)

Il y a 63 ans... Qui se souvient d’Hiroshima et de Nagasaki ?

« On ne doit pas se permettre dans une guerre, des hostilités qui seraient de nature à rendre impossible la confiance réciproque, quand il sera question de la paix »,
Emmanuel Kant.

Il y a près de soixante ans, l’arme atomique était larguée sur Hiroshima et Nagasaki. Le Pr Pierre Piérart, de l’université de Mons, explique les véritables raisons ayant poussé les États-Unis à lâcher la bombe. Écoutons-le : « Les 6 et 8 août 1945, la bombe atomique est utilisée, pour la seule fois dans l’Histoire, contre les villes japonaises Hiroshima et Nagasaki. Les conséquences humaines ont été terribles. La bombe n’explose pas au sol, mais dans l’atmosphère. Une gigantesque boule de feu qui tue par brûlure. C’est son effet le plus mortel. A l’épicentre, la température atteint un million de degrés. Elle se réduit rapidement à mesure qu’on s’en éloigne, mais dans les 500 premiers mètres, il s’agit d’une véritable incinération. Il y a aussi l’effet de souffle : un déplacement d’air de 600 kilomètres/heure. Aucun bâtiment n’y résiste. Enfin, il y a la radioactivité. Pour indiquer le nombre de morts d’Hiroshima, je retiens le chiffre à la fin de décembre 1945 : 145 000 morts. Car quelque 70 000 personnes sont mortes dans les mois qui ont suivi, d’août à décembre 1945. Des brûlés qui auraient dû survivre à leurs brûlures mouraient de façon inexpliquée : à cause de la radioactivité. Elle a tué 30 à 50 % de ces 70 000 victimes ».

« A Nagasaki, où la bombe était au plutonium (celle d’Hiroshima était à l’uranium), 70 000 personnes sont mortes également. L’histoire de la bombe débute vers 1938-39. Sur les conseils d’Einstein, le programme américain, dénommé "projet Manhattan", débute en 1942. Il va durer deux ans, coûter deux milliards de dollars de l’époque, mettre au travail 130 000 personnes dans trois grandes usines. Le projet est tenu secret. Dès septembre 1944, Roosevelt et Churchill sont conscients que l’Allemagne ne possède pas l’arme nucléaire et ils envisagent de l’utiliser contre le Japon. En juillet 1945, l’empereur du Japon envoie son fils pour négocier une paix, avec capitulation totale, mais respect de l’empereur. Seulement, on va faire traîner les choses. Des stratèges américains sérieux avaient analysé la question. Ils savaient que les Japonais étaient au bout du rouleau. 90 % de leur aviation et de leur flotte étaient détruits, il ne restait rien de leur machine industrielle. Selon ces stratèges, le nombre de victimes aurait pu se situer entre 20 000 et 30 000 ». (1)

Un génocide oublié

Voilà pour les faits. Soixante-trois ans plus tard, une véritable chape de plomb est posée sur le souvenir de ce génocide. Tout est fait pour ne mettre en exergue que les seules souffrances des Juifs. Souvenons-nous, cette année 1945 fut aussi tragique pour la ville de Dresde où les bombardements d’une nuit ont coûté la vie à 30 000 personnes. Souvenons-nous de ce mois de mai 1945, la France libérée par les Alliés et ces fameux RTA qui remettaient de l’ordre à Sétif en massacrant 45 000 personnes. Des génocides, il y en eut par la suite, ils furent absous quand les puissances occidentales y étaient impliquées, les trois cas les plus flagrants furent l’embargo qui prit la vie à 500 000 enfants irakiens, le génocide burundais et la tragédie palestinienne. A côté de ces massacres industriels, celui de Srebrenica fait figure d’artisanat... L’analyse suivante de Tanguy Wuillème nous paraît pertinente à plus d’un titre sur la tragédie d’Hiroshima et de Nagasaki. Suivons-le : «  ... Soixante années passées ont déjà l’âge du souvenir, des générations oublieuses. Le survivant ne survit plus et nous voilà livrés à penser en différé, sur la base des témoignages, des récits, des images, des fictions intermédiaires. Hiroshima, Nagasaki sont dorénavant reliées, deux jumelles horrifiantes sur lesquelles le temps a passé comme le sel sur Carthage ou le feu sur Troie. (…) Le 8 août 1945, le journal Le Monde titrait : "Une révolution scientifique" ! (…) Hiroshima d’abord où ses habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes lorsque l’explosion se produit. Aucune alerte, aucun avertissement, on se plaît même à contempler le sillage que laissent derrière eux les B-29 dans le ciel bien dégagé. Ensuite, tous les récits se ressemblent pour décrire l’horreur qui envahit la ville. Les bâtiments sont soufflés, éventrés, les maisons effondrées. Les routes fondent et sont brûlantes comme les ruines, gagnées par les incendies. Puis viennent les cris de souffrance, d’appel au secours et de soif. Des milliers de corps humains sont carbonisés, raidis, réduits à l’état d’ossements, de visages défigurés par des grimaces. Les survivants ne retrouvent pas leurs enfants, leurs parents, ils ne reconnaissent pas leurs amis ni les membres de leurs familles dont le corps se met à gonfler sous l’effet des tumeurs. » (2)

«  Tous ces détails il faut les lire, l’horreur éprouvée des brûlures, le déchirement des gémissements d’enfants, l’hébétude des vieillards, les femmes éventrées. Ceux qui ont le plus mal se taisent, n’arrivent plus à pleurer, la mort se fait silencieusement. Trois jours plus tard, Nagasaki à son tour est rayée de la carte par une bombe non plus à l’uranium, mais au plutonium. Un jeune médecin arpente les rues, Takashi Nagai, il voit des êtres sans peau, d’autres enflés comme des citrouilles, devant cela à une chaleur autrement plus forte, ses étudiants sont collés aux murs comme des papillons. Il sait qu’il a vu l’enfer. Kensaburô Ôé, Masuji Ibuse ont rendu hommage, chacun à leur manière, à la douleur lancinante des survivants, à ceux que l’on a nommés les hibakusha. Hiroshima et Nagasaki représentent des laboratoires in vivo idéaux pour leurs scientifiques, leurs médecins, leurs médicaments, etc. Hiroshima et Nagasaki ne sont pas des catastrophes au sens providentiel (au sens d’une volonté divine qui sauverait ou punirait un peuple) ni un simple accident de la technique, elles sont des horreurs programmées par l’homme contre l’humanité que l’on doit inscrire dans une philosophie de l’histoire. Les bombardements sur les villes japonaises sont la preuve de la guerre totale. Le gouvernement américain n’a pas négocié la paix avec le Japon, il a visé une fin totale, dès lors les moyens purent être disproportionnés. »(2)

L’humanité n’était pas ou, du moins, plus en danger en août 1945, elle l’est devenue ensuite par l’entrée de celle-ci dans l’ère nucléaire. On est face à un paradoxe : les individus s’agrippent à la vie, au moment même où les Etats disposent des moyens pour l’éradiquer de la planète. L’ère nucléaire expérimente les conditions d’une vie maintenue dans la peur, inconsciente, invisible et sourde. Dans sa correspondance avec un des pilotes de Hiroshima, Claude Eatherly, Günther Anders a forgé le concept de « coupable sans faute » (schuldlos Schuldigen). Claude Eatherly, commandant de 26 ans, pilotait l’avion de reconnaissance Straight Flush chargé d’apprécier la météorologie et la défense antiaérienne japonaise. Rapidement il fut torturé par le remords, fit des fugues, divorça, remplit des enveloppes de billets de banques qu’il envoya au Japon avec des lettres d’auto-accusation et d’excuses. Il tenta de se suicider et fut interné à l’hôpital militaire de Waco. Le commandant Eatherly, tout au long de cette correspondance, essaie de prouver son crime à lui-même contre toutes les tentatives d’innocence que lui prodigue la société américaine. Son cas est exemplaire, une exception au regard des autosatisfactions communes (on demanda à Truman lors de son 75e anniversaire s’il y avait eu dans sa vie un événement qu’il regrettait amèrement : « Oui, répondit-il, de ne pas m’être marié plus tôt »). Anders aurait pu commenter cette réponse par les mots de Lessing qu’il affectionnait : « Celui qui ne perd pas la raison devant certains faits n’a pas de raison à perdre.  » (2) (3)

Les deux bombardements, et plus encore le second comme surcroît inutile d’anéantissement, ont remplacé la guerre par le massacre. Il faut se rappeler cette phrase d’Oppenheimer, l’instant suivant l’explosion expérimentale du Nouveau-Mexique (16 juillet 1945) : « Nous sortîmes de notre abri et tout fut soudain d’une solennité extrême. Nous savions que le monde ne serait jamais plus le même. Quelques personnes riaient, d’autres pleuraient, la plupart restaient silencieuses », son collègue Bainbridge vint vers lui et lui jeta : « Maintenant nous sommes tous des salauds. » « C’est la remarque la plus pertinente qui ait été faite après le test », reconnut plus tard Oppenheimer. La bombe dans les mains de l’homme qui l’utilise, fait de lui un salaud, par-là il déshumanise, bestialise, chosifie, ceux qui en deviennent les victimes. Il fallait considérer comme partie négligeable les 180 000 et 140 000 morts d’Hiroshima et de Nagasaki, ne pas même les comprendre dans l’ordre de l’humanité, pour entraîner ce qu’Adorno appelle « l’anéantissement du non-identique, du différent ». (2)

Pour autant, a-t-on retenu les leçons de l’Histoire ? Apparemment, non ! Il se trouve en 2008 des va-t-en-guerre qui pensent « corriger l’Iran », appelant de leur vœu son bombardement pour cause de programme nucléaire. Suivons le raisonnement de Laurent Zecchini dans Le Monde du 28 juillet 2008 : «  (…) Or, le temps qui passe comporte des risques. Bien des indices tels le raid israélien du 6 septembre 2007 contre le réacteur nucléaire syrien d’Al-Kibar et les exercices aériens réunissant une centaine d’avions de combat de Tsahal en juin. Si l’Amérique temporise, Israël, s’il acquiert la double conviction que l’Iran se rapproche dangereusement du seuil nucléaire », ordonnera à son aviation d’agir. Celui-ci est une application de la «  doctrine Begin  », pour justifier sa décision de détruire le réacteur nucléaire irakien Osirak, le 7 juin 1981. Elle tient en peu de mots : « Nous avons choisi ce moment : maintenant, pas plus tard, parce que plus tard pourrait être trop tard, peut-être pour toujours. »

L’horloge de l’apocalypse

Jean-Pierre Dupuy, polytechnicien affirme que « notre monde va à la catastrophe ». «  Je ne dis pas que la chose est certaine, mais que, si elle se produit, on pourra affirmer rétrospectivement (s’il reste encore des humains pour le penser) que telle était la destinée de l’aventure humaine. Or, c’est un destin que nous pouvons choisir d’écarter. Si nous sommes engagés sur un chemin suicidaire, rien ne nous interdit d’en changer. » Il existe une horloge de l’apocalypse (Doomsday clock), mise au point en 1947 par des physiciens atomistes qu’avait choqués Hiroshima. Elle indique le nombre de minutes symboliques qui nous séparent de minuit, c’est-à-dire de la fin du monde. L’aiguille a d’abord été fixée à sept minutes avant le moment fatal. Avec l’avènement de la bombe H, en 1953, elle a été avancée à moins deux minutes, pour revenir à moins dix-sept après la chute du Mur de Berlin. Depuis janvier dernier, nous sommes à moins cinq de minuit, plus près qu’en 1947, donc. Pour trois motifs : une nouvelle ère nucléaire, caractérisée par la prolifération et par le terrorisme ; le réchauffement climatique ; la perte de contrôle de certaines technologies avancées. Ce n’est pas l’incertitude qui nous retient d’agir, c’est l’impossibilité de croire que le pire va arriver. Le 6 août 1945 est une date charnière dans l’histoire de notre espèce. Ce jour-là, l’humanité est devenue capable de se détruire elle-même, et rien ne lui fera jamais perdre cette toute-puissance négative. Avec la convergence entre les nanotechnologies et les biotechnologies, l’homme prend la relève des processus biologiques, il participe à la fabrication de la vie. L’ambition étant, en dernière instance, de déclencher dans la nature des processus complexes irréversibles, l’ingénieur de demain sera un apprenti sorcier non par négligence ou par incompétence, mais par dessein. C’est effrayant et fascinant à la fois. La condamnation ou l’indignation morales seraient des réponses un peu courtes à cette mutation profonde de la technologie. (4)

Nicolas Cadène s’interroge, quant à lui, sur le déclin de l’Occident : «  Sommes-nous de la génération qui vivra le plus intensément le long mouvement vers "l’après-démocratie" du monde occidental ? Sommes-nous de ceux qui auront moins de droits pour plus de devoirs et moins de liberté pour plus de sûreté (hypothétique) ? »… Comment, en quelques années, sommes-nous passés de l’abolition de la peine de mort, de l’écriture de la Charte des droits fondamentaux, de l’instauration de la Cour pénale internationale à cette nouvelle dynamique qui va de la loi sur la rétention de sûreté au fichage numérique en passant par la privatisation du vivant par et pour des intérêts strictement privés ? Que s’est-il passé pour que la torture redevienne acceptable, que le camp de Guantanamo puisse exister, que des policiers français entrent dans des écoles pour emmener des enfants ? Pourtant, aujourd’hui, force est de constater que nos fameuses certitudes démocratiques et morales ont tendance à très nettement s’effriter. Il n’y a pas si longtemps, les voix d’intellectuels nous servaient souvent de rappel à une certaine morale et éthique. Il existe un lien étroit entre l’économie, le social et la démocratie. L’économie est aujourd’hui mondiale et anarchique. La démocratie régresse alors que la mondialisation dérégulée impose actuellement des mesures allant à l’inverse du progrès social, de l’enrichissement du peuple, de la réduction des inégalités sociales, de la diversité culturelle, de la paix sociale et de la bonne répartition des richesses. (…) L’«  ultralibéralisme  » ne répond plus aux règles libérales originelles, mais correspond de facto de plus en plus à la privatisation et à l’appropriation de tout par quelques-uns. Seuls quelques groupes privés dirigent aujourd’hui l’ensemble des médias écrits et audiovisuels et ce dans l’ensemble du monde occidental. Dans presque tous ces médias, une chose est frappante : tout le monde pense à peu près pareil. (5)

Dans un discours prononcé devant l’université de Harvard, le 8 juin1978, Alexandre Soljenitsyne qui vient de s’éteindre n’est pas tendre pour les Etats-Unis et le modèle occidental. «  L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société… Mais il est une catastrophe qui, pour beaucoup, est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d’une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse. (…) Il est impératif que nous revoyions à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. (…) Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire (…) Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite. Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter… toujours plus haut ». (6) C’est peut-être la seule issue pour l’humanité pour conjurer les périls.

 

1. P. Piérart, Hiroshima. http://www.northstarcompass.org/french/ nscfr37/hiroshima. Htm.

2. Tanguy Wuillème, A l’ombre inhumaine de la bombe http://1libertaire.free.fr/LOmbredelaBombe 01.html.

3. Günther Anders, Hiroshima ist überall, München, C.H Beck, 1982.

4. Jean-Pierre Dupuy, "Fin du monde : il est moins cinq", L’Expansion, 1er juin 2007.

5. N. Cadène, Le Lent Déclin démocratique de l’Occident, Agoravox, 25 avril 2008.

6. Alexandre Soljenitsyne, Discours dans l’université de Harvard, 8 juin1978, "Le Déclin du courage en Occident", repris dans Libération, lundi 4 août 2008.

Pr Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger


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47 réactions à cet article    


  • stephanemot stephanemot 7 août 2008 14:34

    Les Japonais n’ont pas oublie Hiroshima et Nagasaki et dans leur immense majorite ont embrasse un pacifisme modele.

    Une minorite active tente cependant de profiter de la disparition des derniers survivants pour inverser la tendance. Elle a suffisament de poids pour influer sur l’agenda des premiers ministres du pays.

    Si le revisionnisme et le neofascisme ont une chance de l’emporter dans l’archipel, c’est en grande partie a cause de la facon dont les Etats-Unis et le regime imperial ont gere l’immediat apres guerre :


  • Philou017 Philou017 7 août 2008 23:06

    Je ne crois pas à la these de la bombe pour finir la guerre. L’explication de l’historien Jacques Pauwels me parait beaucoup plus solide :

    Le point de vue se décentre fortement de l’Europe vers l’Asie et envisage la question de la bombe atomique. La bombe A apparaît moins dirigée contre les Japonais que contre les Russes. Son usage à Hiroshima visait moins à faire plier le Japon qu’à éviter l’intervention des Soviétiques dans la guerre américano-japonaise. Le Japon n’abdiquant pas, les Soviétiques, comme prévu déclarent la guerre au Japon le 8 août 1945. Le lendemain, la seconde bombe atomique était lancée sur Nagasaki. Les Américains ne souhaitaient absolument pas l’intervention soviétique dans leur territoire d’Extrême-Orient !
    www.revue-interrogations.org/article.php

    Des que la fin de la guerre a été en vue, les Russes et les Américains ont commencé a envisager l’apres guerre et à essayer d’avoir la plus grosse part du gateau en matiere de zone d’influence (et de profits). Truman ne sera pas le dernier à ce jeu, revenant notamment sur le principes de dommages de guerre qui avait été accordé à Staline avec l’accord de Roosevelt (prédécesseur de Truman).


    De plus profonds développements ici :

    Entre-temps, les Japonais continuaient à se battre en Extrême-Orient, même si leur situation était totalement désespérée. En fait, ils étaient prêts à capituler, mais pas de manière inconditionnelle, comme les Américains l’exigeaient. La raison : une telle capitulation pouvait entraîner l’abdication de l’Empereur Hirohito ainsi que la possibilité qu’il soit poursuivi pour crimes de guerre ; dans la culture japonaise, cela aurait été l’équivalent de l’humiliation suprême. Les dirigeants américains en étaient parfaitement conscients. Quelques-uns d’entre eux - dont le Secrétaire à la Marine, James Forrestal – pensaient, comme l’écrit Alperovitz, "qu’une déclaration réaffirmant aux Japonais que ’capitulation inconditionnelle’ ne signifiait pas automatiquement abdication de l’Empereur, conduirait probablement à la fin de la guerre". En effet, il aurait dû être possible d’amener les Japonais à capituler en dépit de leur demande d’immunité pour Hirohito. Il y avait eu le précédent de la capitulation allemande de Reims qui, comme nous l’avons vu, n’avait pas été entièrement inconditionnelle non plus. De plus, la condition posée par Tokyo était loin d’être primordiale. Plus tard, une fois la capitulation inconditionnelle arrachée aux Japonais, les Américains ne se donneront pas la peine de poursuivre Hirohito, et c’est grâce à Washington que ce dernier restât Empereur pendant de nombreuses décennies.

    ........
    Le Secrétaire d’Etat James F. Byrnes n’a jamais démenti une déclaration qui lui fut attribuée, dans laquelle il déclarait que la bombe avait été utilisée pour démontrer la puissance américaine aux Soviétiques, de manière à les rendre plus dociles en Europe ».

    A lire ici, passionant :
    www.aden.be/index.php

    Conclusion :
    "Le rival battu des Etats-Unis allait être occupé dans son entièreté par les Américains seuls, et comme "vice-roi" américain à Tokyo, le général MacArthur s’assurerait que, quelles qu’aient pu être les contributions des autres Alliés à la victoire sur l’ennemi commun, aucune autre puissance n’aurait voix au chapitre dans les affaires du Japon de l’après-guerre."



  • kingofshifumi 7 août 2008 11:22

    Vous parlez de "génocide" pour qualifier l’attaque nucléaire sur Hiroshima et Nagasaki, ce qui est il me semble un abus de langage, qu’on commet un peu trop souvent. Il s’agit dans le cas présent d’une attaque sur des civils tandisqu’un génocide a pour but d’exterminer une catégorie d’êtres humains.

    Sinon l’article est assez réussi et bien documenté.


    • mariner valley mariner valley 7 août 2008 11:39

      Que peut-on en tirer comme conclusions ???

      1-Que les Americains (de l’epoque) ont fait un exemple de leur force pour impressionner les futurs mechants ( URSS a l’epoque).

      2- Qu’eventuellement si cela devait ce reproduire les tirs seraient sur des objectifs militaires et non plus civils. Bien que l’on peut se poser la question de savoir ce que cela va changer vue que les retombees radioactives ne font pas la differences entre civils et militaires.

      3-Que ce serait-il passe s’il n’y avait pas eu cette catastrophe (car aussi cruel que cela soit ca reste une demonstration de puissance et de capacites a detruire). Mon avis perso (mais c’est discutable) est que les USA et l’URSS aurait teste leurs jouets sur le sol europeen avec des consequences identiques voire pire.

      La dissuasion nucleaire repose sur les conclusions faite a partir d’Hiroshima et de Nagasaki.

      A savoir eviter a tout prix de recommencer



      • ninou ninou 7 août 2008 12:57

        Si quoi se reproduisait ?
        Il y a bien quelquechose qui sans cesse se reproduit : c’est la menace !
        Nous sommes tellement habitués à l’avoir au-dessus de nos têtes qu’elle nous semble naturelle et inoffensive (en ce sens que l’on ne passe pas à l’acte offensif).
        Cependant cette menace EST offensive contre l’humanité elle-même.
        Günther Anders, précédemment cité par l’auteur, dans "l’obsolescence de l’homme" (paru en 1956) montre comment des événements tels que celui de l’avénement de LA bombe ne sont plus à la portée de nos petits sentiments.
        Nous ne pouvons pas nous représenter ses conséquences (souffrance, nombre de morts), nous ne pouvons pas nous offusquer de son existence (les scientifiques travaillent pour le bien de l’humanité), nous ne pouvons pas en avoir peur à hauteur du danger qu’elle représente (car cette peur nous empêcherait probablement de vivre normalement), alors nous nous en accommodons. Ce qui est proprement inhumain ! C’est bien notre humanité qui meurt sous les coups de cette menace.


      • Daerel Daerel 7 août 2008 11:58

        Le terme génocide est employé à mauvais escient.

        Un génocide a pour but d’éradiquer une catégorie de personnes intégralement en raison de leur appartenance à cette catégorie (être juif, être communiste, aimer la mayonnaise).

        Ce que vous décrivez comme génocide avec les bombardements des villes japonaises (Hiroshima et Nagasaki) est un crime de guerre.

        Après, toute votre analyse sur l’auto-amnistie prononcée est bonne.

        Mais par pitié, ne continuons pas à galvaniser le terme génocide. Génocide est un acte délibéré d’anéantir tout un genre de l’humanité en raison de son genre. Pas autre chose.

        D’ailleurs, je note toujours avec délectation qu’il y a de bonnes victimes illusoires de génocides et d’autres qu’on oublie !

        A quand des travaux sur le génocide tsigane par les nazis et des lieux de mémoire pour eux... ainsi que la fin du racisme banalisé contre eux (des chefs d’Etat roumains et italiens aux simples Français qui frappent une femme rom qui a le malheur de trop approcher de son étal sans que personne ne s’en offusque...). Pardon pour ce dernier paragraphe, c’est un peu ma révolte du moment.


        • Daerel Daerel 7 août 2008 12:18

          Je rajoute certains faits :

          - La mort de 500 000 enfants irakiens n’est pas un génocide. Il n’y avait pas le but délibéré de tuer ces 500 000 enfants irakeins parce qu’ils étaient enfants et/ou irakiens. C’est bien pire, on s’en moquait et on n’avait même pas prévu qu’ils mourraient.

          - Le génocide burundais est qualifié correctement de génocide.

          - ENsuite, vous tentez d’amalgamer le conflit israelo-palestinien avec son cortège de malheurs et d’horreurs avec le crime de génocide. Là encore, le terme génocide est incorrect. Il s’agit de crimes de guerres... ou pire, les responsables des actions de ce conflit se contrefiche des repercussions sur les civils.

          Au final, on se rend compte que les gens utilisent le terme génocide n’importe comment.

          UN massacre de masse n’est pas nécessairement un génocide (comme par exemple les mises à sac des villes par les Mongols, tout le monde y passait).

          Par contre :

          - La Saint-Barthelemy fut un génocide.
          - Le massacre des Tsignaes par les nazis fut un génocide.
          - Le massacre des communistes irakiens par Saddam Hussein fut un génocide.
          - Les meurtres à répétition contre les chrétiens assyro-chaldéens en Irak par les Islamistes sont à vocation génocidaire.
          - L’anantissement de certains cultures animistes du sud-Soudan en est une autre.
          - Le massacre des musulmans en Bosnie pendant la guerre en est une autre.

          Quand il y a volonté d’anéantir un genre humain, il y a génocide. Quand il y a juste cynisme ou pas de pitié (par exemple la cruauté), ce n’est pas un génocide. De toute façon, tout meurtre ou toute guerre est un crime contre l’humanité. Le génocide en est un de ses enfants les plus monstrueux dans le sens où il y a volonté délibérée de faire disparaître du monde une des composantes de l’humanité pour toujours voire même d’effacer à jamais son souvenir.

          Au final, certains pans de l’article sont des réflexions très justes (sur l’auto-amnistie que se donne les vainqueurs du moment surtout) mais le vocabulaire employé est incorrect ce qui le rend non-pertinent. Dommage car cela donne l’impression d’un pamphlet orienté et non d’une démarche objective. Le fait de mettre des sources et des citations (parfois de grands hommes) ne fait pas de facto un article excellent.


        • maxim maxim 7 août 2008 12:30

          Daerel ....

          petite remarque ...

          la ST Barthélémy c’était une guerre de religion ,pas un génocide ....


        • Daerel Daerel 7 août 2008 12:38

          Pas axactement.

          La Saint-Barthelemy est le déclencheur de la Quatrième Guerre de Religion en France.

          Le but était de tuer les Protestants car ils étaient Protestants en profitant que l’élite nobiliaire protestante soit présente à Paris pour la célébration d’un mariage entre une princesse catholique et un prince protestant.

          EN ce sens, on a massacré ces gens parce qu’ils étaient Protestants, pas pour autre chose...

          Je me demande quelle qualification on donnerait à ce massacre avec notre droit international actuel. Enfin bref, le sujet est à débattre et je penche plus sur ce que j’ai écrit qu’autre chose (même si ça ne me satisfait pas totalement, il me manque des données, je l’avoue, je suis plus spécialiste de l’Antiquité et du Haut-Moyen Age).


        • vieuxconCGT vieuxconCGT 7 août 2008 12:49

          Vous oubliez dans votre liste celui des arméniens par les turcs, tutsis ete uttus, etc..


        • kingofshifumi 7 août 2008 13:02

          Et le génocide des chrétiens en Ukraine, l’Holodomor ? Plus gros génocide du XXème siècle en Europe, en passant...


        • Daerel Daerel 7 août 2008 13:02

          Oula, je mettais que quelques exemples pour expliciter le mot génocide ^^ Ne me demandez pas de trop plonger dans la merde humaine, ça me ficherait ma journée en l’air.


        • ninou ninou 7 août 2008 13:03

          En pinaillant sur un terme vous omettez l’essentiel : on parle ici de massacres industriels. Ils sont devenus la norme des guerres, mais cela ne choque plus personne, visiblement, puisqu’on peut encore faire des "nuances" dans les modalités de massacre !
          (Ah oui, j’oubliais : c’est l’intention qui compte dans un massacre !)


        • Daerel Daerel 7 août 2008 13:10

          Je n’avais pas pensé à l’expression massacre industriel.

          Néanmoins, vous déformez mes propos. Tout massacre est une horreur. Par contre, certains massacres sont des conséquences dont les responsables n’ont pas toujours été capable d’anticiper (et là, on voit bien que la connerie humaine est abyssale) et n’ont pas regretté car cela les servait.


        • Dzan 7 août 2008 18:09

          L’élimination des Indiens d’Amérique, est un génocide.

          Une petite précision que je me permets d’apporter ; Dresde qui n’était absolument pas un objectif militaire., c’est 130 000 morts. ( en comptant tous les brulés qui moururent par la suite.)

          Le bombardement avait pour but de déclencher une tempète de feu. Des incendiaires tout autour, et des " bockbusters" au milieu pour écraser les immeubles.

          "L’eau des fontaines, se mit à bouillir" CF : Le bombardement de Dresde Ed j’ai lu.


        • Satantango Satantango 7 août 2008 19:27

          GÉNOCIDE, subst. masc.
          A. − Extermination systématique d’un groupe humain de même race, langue, nationalité ou religion par racisme ou par folie.

          B. − P. ext.
          1. Destruction d’un peuple, d’une population entière

          2. Mort violente et rapide d’un grand nombre de personnes.


          Commentaire à la limite de l’obscènité. C’est un ramassis de contre-vérités

          L’article est terrifiant


        • Sigma Sigma 7 août 2008 12:02

          sur Arte ,il y a eu recemment une emission sur Hiroshima et Nagasaki .....

          là maintenant ,nous regardons les évènements d’un autre oeil qu’à l’époque de la 2eme guerre mondiale ..

          tout a changè ,le contexte ,les mentalités ,les enjeux ,les belligérants ,les alliances ,la situation géopolitique ,les régimes politiques .

          nous voyons ces événements avec les yeux de ceux qui ont accès à l’information qu’il n’y avait pas à l’époque ,les gens n’avaient qu’une seule idée en tête ,d’abord survivre ,manger ,ne pas être tué,déporté ,dénoncé ,bref ,le quotidien des habitants des pays en guerre .

          en ce qui concerne le Japon ,allié de l’Allemagne ,envahisseur de l’Extrême Orient ,appliquant un régime encore pire que celui des Nazis ,avec le cortège de meutres ,viols ,déportations ,soumission totale au diktat des forces occupantes ,non respect de la convention de Genève ....

          à la limite les Allemands étaient presque des anges comparés aux exactions Japonaises ....

          ceux ci ( les Japonais )sous la pression des militaires ( le régime était encore féodal )refusaient de se rendre ,il fallait nettoyer les iles occupées au coup par coup ,avec un nombre de morts et de blessés considérable chez les Gi’s à chaque opération .....

          il y a eu l’étude d’un débarquement sur le Japon proprement dit ,mais il aurait fallu des moyens énormes en hommes et matériel ,et loin de tout point de ravitaillement ,celà demandait une logistique énorme ,et celà avait aussi un coût ,les Usa étant sur tous les Fronts ,le guerre leur coutant 36 % du PIB de l’époque ...

          l’Irak actuellement c’est 3 % du PIB des Usa ....

          donc le projet ne fût pas retenu ,trop cher ,trop incertain et risquant de durer plusieurs années ....

          donc la solution la plus radicale fut l’envoi de bombes atomiques ,maintenant elle seraient appelées bombinettes ,tant la puissance de feu des actuelles en mégatones n’a plus de commune mesure avec celle employées à l’époque ....



          n’oubions pas que la guerre froide commencait également et que les Usa ,voulaient en même temps faire un acte politique en montrant aux Russes leur puissance de feu .......

          la suite tout le monde la connait !

          je voudrais comme un autre intervenant dire que le mot génocide est galvaudé ,génocide ,c’est l’élimination voulue d’un race ,donc impropre au contenu de l’article !


          • ASINUS 7 août 2008 13:53

            bonjour sigma , il y a eu des emissions precedent celle ci sur arte, l argument americain de pertes

            enormes en cas de debarquement dans l archipel nippon " bien sur cela n aurait pas été une promenade
            de santé"
            est jugé fallacieux pour une bonne part, les statistiques
            americaines des l epoques " statistique de l us army" demontre clairement que dés
            Guadalcanal et Iwo jima le rapport de pertes usa/ japons est de 1 americain pour 25 japonais
            morts et cela monte a 1 /35 hors de combats le service santé japonais etant limité a sa plus
            simple expréssion
            iroshima et plus encore nagasaki est clairement dans l esprit de Truman un signal "clair et fort"
            à Staline


          • Marc Bruxman 7 août 2008 21:01

            Oui concernant l’armée Japonaise de l’époque, ne jamais oublier le "massacre de nankin", une horreur méconnue en occident :

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin

            Ce n’était peut être pas un massacre "industriel" mais tous les éléments de l’horreur sont la. L’homme n’a pas forcément besoin de bombe atomiques pour tuer plus de 100 000 personnes :( Parfois comme au Rwanda les machettes suffisent ! Dans le cadre du massacre de Nankin, je vous renvoie à l’article Wikipedia cité plus haut.


          • Krokodilo Krokodilo 7 août 2008 12:48

            Article très confus, vous mélangez tout sans qu’on comprenne vraiment ce que vous voulez dire, à part taper sur les occidentaux en général. En fligrane, on se demande presque si l’Iran n’est pas le digne chef de file d’un généreux mouvement humaniste contre la torture, pour l’interdiction totale des armes nucléaires, la paix sur terre, le pays du nouveau Gandhi… Si c’est le cas, je ne m’en suis pas aperçu ! Si l’Iran a signé le traité de non-prolifération, ils doivent accepter les contrôles. Si leur argument c’est que chacun a le droit à sa bombe nucléaire (ce qui peut se défendre), qu’ils le disent clairement, mais si dans le même temps ils appellent à la destruction d’Israel…

            Quant au Japon de l’époque, les militaires et même les civils étaient endoctrinés par une propagande nationaliste qui les fanatisait à l’extrême, jusqu’à accepter de faire de ses gosses des kamikazes, comme l’a fait le régime hitlérien sur la fin pour remplacer ses troupes déclinantes. Le massacre d’ Hiroshima a marqué par sa nature, mais la ville de Dresde que vous citez fort justement a été rasée, 30000 à 100.000 victimes civiles selon les estimations (les allemands ont immédiatement gonflé les chiffres). Ce sont les guerres dans leur ensemble qui sont horribles, et depuis longtemps, pas seulement les bombardements nucléaires. Des kurdes gazés par Sadam Hussein, vous croyez que c’est plus joli, qu’on ne peut pas en faire des descriptions aussi impressionnantes que les lignes que vous citez ?
            Les Etatsuniens ont fait pas mal de choses choquantes (la France aussi), mais je ne pense pas que cette décision militaire soit la pire. Par exemple, ils ont évité à des scientifiques japonais de passer en jugement pour crime de guerres, en échange des résultats de leurs "expérimentations" humaines des gazs et autres toxiques, ça c’est cynique et immoral.


            • ninou ninou 7 août 2008 13:52

              Oui, c’est moche la guerre.
              Mais il se trouve que c’est "humain" même si on peut le regretter.
              Ce qui n’est pas humain, c’est d’avoir fabriqué une chose capable d’anéantir toute l’humanité (et le mieux c’est d’imaginer que la décision de la lacher ou non pourra être prise par une machine, vu que cela s’est déjà produit !).
              Ce qui n’est pas humain, c’est de se laisser masquer cette réalité par les propagandes militaires et économiques. de faire semblant de croire que cette chose n’est qu’une arme de plus, un moyen parmi d’autres, un outil dissuasif.
              Un moyen qui vise à l’anihilisation de l’humanité, moi, j’appelle cela une fin. C’est en cela que c’est différent !

              L’article peut vous parraître confus, cependant, le lien entre tout ce qu’il aborde se trouve dans le détachement de l’homme par rapport à sa destinée. Son avenir ne le concerne plus. Il concerne le monde des choses. (Il n’y a pas de Dieu, ni de Nature, ni même de Nature humaine, juste un "Tout" sans but car sans volonté propre)
               Nous sommes tous des nihilistes atrophiés qui croient être des épicuriens.
              Nous sommes en danger d’anéantissement total en permanence, nos enfants le seront aussi, mais nous agissons comme si cela n’avait pas la moindre importance ou - pire - nous voulons "profiter", de la façon la plus légère possible, du sursis accordé.
              Nous continuons ainsi à laisser notre futur entre les mains des ordinateurs qui calculent pour nous les séquences d’adn, les statistiques de décès, les taux de pollution, qui nous fichent pour pouvoir "exploiter" les données (NOUS exploiter ?). Dans les mains des machines qui nous transportent, nous divertissent, nous protègent, gèrent nos tâches matérielles. Nous améliorons sans cesse leurs performances car nous ne pouvons plus améliorer les notres. D’ailleurs cela ne nous intéresse plus. sauf en ce qui concerne notre corps, que nous considérons maintenant comme une machine et qui n’a plus droit au dysfonctionnement ni à l’usure. Et de rêver de pièces-détachées corporelles... Prolonger la machine-corps comme on peut prolonger une voiture d’occasion... Et de passer par la chirurgie esthétique pour être aussi beau qu’une machine : c’est à dire être soi aussi, enfin, un objet "de série"... Et d’être efficace au travail, aussi parfait et imperturbable qu’une machine...

              L’amélioration de l’intelligence n’est même plus de mise. Les machines pensent et calculent pour nous.
              ce dont on a besoin (pour satisfaire au bon fonctionnement de notre monde de machines) c’est de quelques connaissances (que l’on peut d’ailleurs aisément se partager). De compréhension, non.
              Pour ce qui est de l’amélioration des capacités émotionnelles, là, néant. Cela n’intéresse personne.
              Et pourtant... Le salut viendra sans doute de cette amélioration là !



            • tvargentine.com lerma 7 août 2008 12:48

              Le pilote n’a jamais cherché à se suicider et n’a pas fini sa vie fou

              Tout cela a été démontré déjà mais il semble qu’aujourd’hui la mode sur AGORAVOX soit au revisionnisme de l’histoire

              Ensuite ,avant de chercher de la compassion pour un pays à l’époque en guerre qui a exterminé des millions de civils (le Japon) et commis d’atroces crimes contre l’humanité,nous attendons toujours par le Japon de la reconnaissance de ces crimes

              Nous comprenons en lisant votre article que vous etes anti-américain primaire mais voyez vous,l’Amérique est une démocratie et vous,que faites vous en Algérie pour démocratiser votre régime qui n’est même pas
              capable d’apporter le tout à l’égout dans les habitations ?

              Faites nous donc un état des lieux sur l’Algérie


              • vieuxconCGT vieuxconCGT 7 août 2008 12:56

                @ lerma

                oh oui faisons donc un inventaire sur les crimes commis en Algérie, corvées de bois, gégéne, baignoire, viols, etc..

                Effectivement l’absence de tout à l’égout c’est bien pire !


              • kingofshifumi 7 août 2008 13:05

                Etre une démocratie n’est pas le critère absolu pour classer les pays "bien" et les pays "pas bien". Surtout quand on voit quelles entorses on a fait à la démocratie pour faire passer G.W.Bush la première fois.


              • mariner valley mariner valley 7 août 2008 13:06

                Oui enfin j’aimerais bien voir un pays qui n’a pas de sang sur les mains juste pour le fun.

                Alors faut arreter les delires et de se renvoyer dans la figure les crimes et autres joyeusetees que vos pays respectifs ont commis a un momment ou a un autre de leur histoire.


                • Zanini 7 août 2008 13:45

                  Qui se souvient d’Hiroshima et de Nagasaki ? Apparement bien plus de gens se souviennent d’Hiroshima et de Nagasaki que des bombardements conventionnel sur les autres villes japonaises, Tokyo c’est 100.000 Morts pour un seul raid.

                  La question n’est pas de savoir si l’utilisation de la bombe atomique était légitime mais si le bombardement des populations l’était, peu importe que ce soit avec des bombes incendiaires ou atomiques.



                  • ninou ninou 7 août 2008 14:02

                    C’est là que vous vous trompez. La différence n’est pas dans le nombre de mort. Qui est capable de plus d’effroi et de révolte pour 100 000 morts que pour 50 000 ? De se les représenter comme autant d’individus ? Cela dépasse notre entendement ! C’est au-delà de l’humain. Et c’est bien le problème de la bombe atomique : elle ne peut pas servir à ne faire qu’un nombre limité de dégats (genre tir "ciblé"), mais sa raison d’être, la raison qui fait qu’elle est réellement menaçante, est justement l’anéantissement total qu’elle promet !
                    C’est pour cela que c’est une arme à part dans l’arsenal humain : c’est une arme apocalyptique dans sa conception même (et pas dans l’usage que l’homme pourrait en faire !)


                  • mariner valley mariner valley 7 août 2008 14:31

                    C’est aussi pour cela qu’elle a 99.99% de ne jamais etre utilisee de nouveau, par ceux qui la possedent ou qui voudrait la posseder.

                    Son utilisation a l’heure actuelle ou plutard ne permettrait pas de gagner une guerre, elle permettrait juste de n’avoir aucun gagant donc personne n’a interet a l’employee.

                    Une guerre doit designer un gagnant et un perdant. Dans l’arme nucleaire c’est un moyen de dire que dans le cas extreme personne ne gagne et les 2 partis sont aneantis.


                  • ninou ninou 8 août 2008 00:39

                    Elle EST utilisée par le fait même qu’elle existe !
                    Lorqu’un malfrat pointe son flingue sous votre nez, vous ne fanfaronnez point en vous disant que s’il tire, il prend lui-même un risque... Vous accédez à toutes ses demandes !

                    De plus, vous parlez comme si vous pensiez que cette arme sera éternellement entre de bonnes mains, et que donc, il n’y a pas de souci à se faire...
                    Puissiez-vous avoir raison... (ne serait-ce que pour mes enfants) Mais le problème ici, celui que personne ne veut comprendre, tient dans l’existence même de cette arme ! Il tient aussi dans le fait que l’homme continue ses recherches en vue de sa disparition en tant qu’homme.

                    Mais à part ça, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien !
                     


                  • mariner valley mariner valley 8 août 2008 07:42

                    @ninou

                    Non je ne pense pas qu’elle sera toujours entre de bonnes mains mais par contre je crois a l’aspect dissuasif de celui qui la possede et qui est en face.

                    C’est une arme paradoxale, en avoir une toujours aussi grosse que celui d’en face pour n’avoir a jamais s’en servir.


                  • arthimus427 10 août 2008 23:19

                    Certe mais la nouvelle génération d’armes atomiques à ce moment à radicalement orientée l’histoire !


                  • Calito 7 août 2008 13:55

                    J’aime bien les débats sur ce sujet. On y lit tellement de conneries, c’est divertissant.
                    Il est vrai que la seconde guerre mondiale est impossible à apréhender pour des gens habitués aux anachrosnismes. Les mêmes qui se consternerons que les romains avaient des esclaves, etc.

                    Quand je pense aux amalgames que feront les jeunes dans 500 ans...
                    Hitler à balancé la bombe atomique sur les villes russes d’iroshima afin de vaincre Sarkozy...
                     smiley


                    • Philou017 Philou017 7 août 2008 23:11

                      commentaire consternant.


                    • Gilles Louïse Gilles Louïse 7 août 2008 15:08

                      Deuxième guerre mondiale ?

                      Certains disent deuxième guerre dite mondiale, c’est qui est déjà mieux.

                      Quand la France, chiure de mouche sur le globe, est en guerre, c’est une guerre mondiale. Risible, non ?

                      Non, c’était la deuxième guerre civile européenne.

                      Bien à vous.


                      • maxim maxim 7 août 2008 15:15

                        les évènements de Sétif de 1945 n’ont pas fait 45000morts ,ce sont les chiffres du gouvernement Algérien ...

                        l’OSS de l’époque évoquait une quinzaine de milliers de morts ,et autant de blessés ...( l’Oss,ancêtre de la Cia ,bien implantée en Afn pour aiderles mouvements nationalistes )

                        selon un autre rapport Français,8000 morts ....

                        en fait personne n’est en mesure de donner des chiffres réels !


                        • krolik krolik 7 août 2008 15:34

                          @L’auteur.

                          Je voudrais rectifier certaines imprécisions majeures.
                          Ce n’est pas Einstein qui est à l’origine de la "bombe".
                          Frédéric Joliot-Curie dépose en Février 1940 deux brevets portant sur a réaction en cha^ne.
                          Ce sont les ajoints de Joliot : Halban et Kowarsky qui sont passés à Londres pour participer au "Comité Maud" qui réfléchissait sur le sujet. Ce sont les Britanniques qui ont poussé les Américains vers le projet Manhattan.
                          Einstein a usé de sa crédibilité, a écrit une lettre à Roosevelt pour conforter la possibilité. Mais Einstein n’a jamais participé au projet Manhattan.

                          A la lecture de l’article on a l’impression que la "bombe" c’est la fin du monde, le génocide etc.. C’est une attitude soutenue par les anti-nucs de base.Mais il faudrait revenir à des notions plus concrètes :

                          - l’effet des bombes s’est fait sentir sur un rayon maximum de 2,5km. Il est apparu à l’étude que les personnes ayant reçu des "faibles doses" se sont statistiquement mieux porte que le reste de la population, peut-être aussi étaient-elle mieux suivies médicalement, un peu comme les travailleurs du nucléaire civil.


                          - Les Japonais se sont mis à reconstruire les deux villes six mois après les explosions et n’ont pas attendu les 24 000 ans de la demi-vi du plutonium. Mais de cela les anti-nucs ne se souviennent pas.

                          Pour faire un max de morts à pas cher, il y a des procédés à la portée de n’importe qui.

                          - la désorganisation complète des états avec quelques bandes de mercenaires, comme au Darfour par exemple. Avant il y avait eu le Biafra, et encore d’autres ...

                          - les machettes du Ruanda.

                          - les petits sacs plastiques du Cambodge.

                          La bombe apparaît comme comme une technologie high-tech qui sert de référence supportant la frousse anti-nucléaire. La Corée du Nord s’y est essayée en vouant faire de l’imitation, et ils ont obtenu un pet foireux en y ayant englouti toute a technologie possible du pas.
                          Maintenant, la bombe "sale", il faut savoir tout de même que l’on sait bien repérer et rapidement de très petites quantités d’uranium perdues sur un grand terrain.C’est d’ailleurs comme cela qu’avec la technique française, tous les matériaux nucléaires disséminés en Irak ont été récupérés en à peine deux semaines après la première Guerre du Golfe en 1991. C’est aussi pour cela que la France pouvait soutenir objectivement qu’il ’y avait plus d’arme de destruction massive en Irak en 2003.

                          Faire une bombe "sale", ça c’est beaucoup plus facile, une équipe déterminée dans la nuit passant à l’attaque du service de médecine nucléaire d’un hôpital. Attaquer avec une petite quantité de semtex une source de 6000 curies de césium 137 (rappelle un curie égale 37 milliards de becquerels, faîtes la multiplication). Sont réputés contaminés autour de Tchernobyl les terrains ayant une activité supérieure à 37000Bq/m2, soit un curie au km2. Vous pouvez imaginer la frousse que l’on pourrait communiquer à une population !
                          Frousse d’ailleurs complètement artificielle comme la plupart des frousses. Il faut savoir que le césium 137 est 100fois moins radiotoxique que le polonium 210 naturel que la Terre nous déverse régulièrement et qui se monte en moyenne à 10 000Bq/m2 . Donc 37 000Bq/m2 de césium 137 est équivalent en radiotoxicité à 370 q/m2 de polonium 210, soit 3% de la radoactivité naturelle. Peanuts..

                          Donc tout cela est dans l’esprit du temps plutôt que dans la réalité chiffrée, bête et méchante. Mais il ne faut pas le dire ça supprimerait du job à la Crirad, à l’ASN qui font un joyeux tandem pour sodomiser les diptères au vol..
                          @+


                          • g.jacquin g.jacquin 7 août 2008 16:35

                            @krolik

                            Bonjour,
                            ceci est un hors sujet !
                            Vous avez reçu un mail de NaturaVox me concernant. Pouvez-vous me contacter ! Merci.


                            g.jacquin


                          • ninou ninou 8 août 2008 00:45

                            krolic, vous n’êtes pas crédible !
                            Vous hurlez depuis des mois à hue et à dia pour que le monde entier se méfie du nucléaire médical... et, gentiment, vous nous dites que bon, bah, une bombe atomique, c’est pas grand chose, quoi, c’est pas pire qu’une machette ou deux...
                            un conseil : enregistrez-vous et écoutez-vous. Vous rirez. C’est sûr.


                          • el bourrico 7 août 2008 16:45

                            Lerma, ouvre un dico, et cherche une définition de démocratie avant de l’appliquer aux états-unis, car dans ce cas, c’est un abus de language.

                            Quelqu’un parle de 1 pour 25 pour les pertes dans le Pacifique, moui... mais ça c’était dnas les îles, pas dans l’archipel. La population entière était dressée à combattre l’envahisseur, même les enfants... comment auraient réagi les marines face à une population kamikaze ? dans quel délabrement mental cette génération de GI se seraient elle retrouvées ? Ils estimaient leur pertes à des centaines de milliers de morts... ont ils bien fait ? je ne sais pas. Les motivations étaient complexes.

                            La machine de guerre Japonaise pouvait faire mal, il restait des milliers de kamikaze, par avion, sous marin, etc. Et les Kamimaze se sont révélés efficaces, ils sont eu des pertes, oui, mais ils ont causés des dégats non négligeable, aussi bien matériels que moraux.

                            Souvenez vous aussi des raids incendiares sur Tokyo... en une nuit, plus de victimes que pour la bombe atomique.

                            Mac Arthur à dit un jour : "Si on avait perdu la guerre, j’aurai été jugé pour crime de guerre.".. enfin je crois que c’est lui.


                            • el bourrico 7 août 2008 17:10

                              Le même Mac Arthur qui voulait faire du bombardement atomique tactique sur les plages nippones avant de débarquer, le même encore qui voulait encore des bombes pendant la guerre de Corée, afin de les lancer sur la Chinois.

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