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Accueil du site > Actualités > International > L’Amérique empire... peut-on sauver la grande démocratie (...)

L’Amérique empire... peut-on sauver la grande démocratie ?

L’Amérique nous inquiète. Elle a changé. Pour beaucoup, cela a commencé sous Bush Jr. Pour certains, cela a commencé bien avant. Partagé entre la haine de Bush et l’espoir qu’un prochain président démocrate nous ressuscite les États-Unis que l’on aime, la classe politique autant que les médias dominants semblent ne pas comprendre les forces à la fois internes et externes qui déterminent pour une large part cette évolution. La traduction que je vous propose ici est une analyse brillante des enjeux auquels l’Amérique fait face et des périls qui guettent sa démocratie. Loin des poncifs de la « guerre contre la terreur », il met en lumière les faiblesses inhérentes du modèle américain tel qu’il a évolué, jusqu’à la dépendance existentielle au pétrole.

C’est bien l’énergie et l’économie qui sont en jeu
Lettre ouverte aux décideurs politiques américains
par William Clark

Traduction : document original en langue anglaise, traduit par Dominique Larchey-Wendling, réduit pour Agoravox en accord avec l’auteur. Version intégrale imprimable du document.

« Ceci est très important... jamais je n’ai assisté à une seule réunion sur la sécurité qui évoquait le discours de ces très sérieux et très informés géologues du pétrole. Ils pensent que nous atteindrons le « Peak Oil » global d’ici à la fin de la prochaine décennie. Avec l’émergence de la Chine, de l’Inde et d’autres, à moins que nous soyons capables de réduire dramatiquement notre consommation, nous serons à court de pétrole d’ici 35 à 50 ans. En plus du problème du changement climatique, ceci signifierait que nous n’avons que très peu de temps devant nous pour trouver des solutions à ce problème... nous pourrions ne pas disposer d’autant de pétrole que nous l’imaginons. Nous devons donc nous y préparer. »
--- L’ancien président Bill Clinton, Aspen Ideas Festival, juillet 2006 [1]

Trois phénomènes convergents façonneront probablement le XXIe siècle : le changement climatique, le « Peak Oil » global et les forces macroéconomiques. La double échéance du changement climatique et du « Peak Oil » sont deux problèmes interdépendants. Chacun représente à lui seul un phénomène extrêmement important qui a lentement imprégné la conscience publique. Toutefois, la troisième échéance, macroéconomique, et plus spécifiquement la tendance globale vers la diversification des monnaies pour les achats pétroliers, reste un phénomène pratiquement tabou dans les messages relayés par les cinq grands conglomérats médiatiques US.

Malgré l’absence générale de débat public, le contexte géopolitique de ce jeune siècle est de plus en plus déterminé par la compétition croissante pour les ressources énergétiques avant l’arrivée du « Peak Oil, » [ndt : niveau maximum (ou pic ou apogée) de la production mondiale journalière de barrils de pétrole brut] et par l’érosion de l’hégémonie du dollar, mise en évidence par l’émergence de nouveaux accords pétro-monétaires. Dans « Petrodollar Warfare ; Oil and the Future of the Dollar » j’évoque l’hypothèse que la guerre tragique d’Irak serait par de nombreux aspects la première guerre du déclin pétrolier autant que la première guerre pétro-monétaire du XXIe siècle. [2]

En effet, les moteurs géostratégiques de la « crise iranienne » actuelle sont essentiellement les mêmes que ceux de la précédente crise « Irakienne. » Ils incluent : des déséquilibres structurels de l’économie globalisée, encore renforcés par la faiblesse du dollar US, et l’émergence de la crise des carburants liquides qui suivra immanquablement le pic de la production globale de pétrole. Il est un fait que le statut du dollar, hérité de sa position de monnaie de réserve privilégiée à la fin de la deuxième guerre mondiale, est lentement mais sûrement contesté. [3] Il y a trois éléments clefs à surveiller en ce qui concerne le changement de statut du dollar comme monnaie de réserve du système financier global :

  1. Les banques centrales pourraient faire migrer leurs réserves monétaires du dollar vers l’euro, certaines monnaies asiatiques, etc.
  2. Les monnaies asiatiques pourraient se désolidariser de la monnaie US comme par exemple la monnaie chinoise en juillet 2005.
  3. Nous pourrions observer un effondrement de la facturation en dollars des matières premières, par exemple dans le domaine pétrolier, au profit d’un « panier de monnaies » comprenant le dollar, l’euro, le rouble, le renminbi et peut-être aussi le real.

Chacune de ces trois tendances est devenue évidente. Concernant le troisième point, la matière première la plus échangée au niveau global est le pétrole, et c’est sur ce marché que l’érosion du dollar comme monnaie de réserve mondiale est significative. [4] Ceci s’inscrit dans la problématique plus générale de la géopolitique et des tentatives correspondantes de Washington de maintenir son statut hégémonique d’unique superpuissance mondiale. Une analyse attentive des tendances macro-économiques, géopolitiques et géologiques indique que dans les toutes prochaines années, nous allons assister au déclin continu de la suprématie du dollar US comme monnaie de réserve et d’échanges pétroliers, et presque certainement, entre 2010 et 2015, au pic de la production pétrolière mondiale. Atténuer les effets de ces perspectives avant qu’elles ne deviennent un fait accompli devrait être la préoccupation essentielle de tout décideur politique majeur aussi bien dans le domaine national qu’international.

La désastreuse invasion unilatérale de l’Irak, perpétrée pour maintenir la domination US sur la production globale de pétrole et pour imposer la suprématie du dollar sur les marchés pétroliers, a paradoxalement eu pour conséquence d’encourager la fuite vers l’euro ou d’autres monnaies dans les échanges pétroliers, ainsi que d’induire de nouveaux accords géopolitiques et énergétiques défavorables aux USA. [5,6,7,8] En même temps, l’armée américaine est piégée dans un cauchemar tragique en Irak, alors même que les administrations Bush et Blair sont à nouveau en train de dissimuler leurs vrais agendas géostratégique et macro-économique en Iran en s’engageant dans une campagne de propagande à propos d’un programme « d’armes nucléaires » iranien qui d’après l’AIEA et la CIA n’existe tout simplement pas. [9]

Malheureusement, les actuelles politiques nationales énergétique et monétaire des États-Unis ne sont pas durables, et la géostratégie US est en opposition avec l’objectif de stabilité globale : les deux défis mondiaux les plus importants aujourd’hui sont le besoin de refondation des marchés de l’énergie et une réforme monétaire. Le succès ou l’échec de tels accords multilatéraux sur ces deux problèmes colossaux décideront de la guerre ou de la paix, et en ce sens, définiront les conditions de vie des hommes durant les premières décennies du 21ième siècle.

« Peak Oil » : l’énigme énergétique

« La conclusion est claire : si nous ne prévoyons pas immédiatement un changement vers les énergies renouvelables — plus rapidement et par des investissement bien plus conséquents que ce qui est aujourd’hui envisagé — alors la civilisation fera face à la dislocation la plus grave et peut-être la plus violente de l’Histoire récente. »
--- Michael Meacher, ancien parlementaire anglais et ancien ministre de l’environnement du gouvernement britannique de 1997 à 2003 [10]

Le laboratoire national des technologies de l’énergie, dépendant du ministère de l’énergie (DoE,) a commandé un rapport sur les risques liés au « Peak Oil » et les stratégies pour atténuer ces risques. Robert Hirsch et ses collègues chez Science Applications International Corporation, ont rendu leur rapport au DoE en février 2005. [11] Ce document de référence n’a toujours pas été commenté, ni par le DoE, ni par l’exécutif, ni même par les grands conglomérats médiatiques, mais sa conclusion est sans équivoque : une parade efficace au « Peak Oil » nécessite des plans globaux de prévention des risques qui doivent être mis en oeuvre le plus rapidement possible, de préférence 20 ans avant le pic de production globale de pétrole. [12] Sachant que les géologues de l’association pour l’étude du « Peak Oil & Gas » (ASPO) et les analystes de l’institut d’étude de la déplétion pétrolière (ODAC) prédisent tous que le « Peak Oil » devrait se manifester autour de 2010 (voir le graphe) — toute parade efficace au « Peak Oil » nécessite une action immédiate.

L’état d’esprit des fondamentalistes du marché n’est pas approprié pour concevoir une politique énergétique. Le rapport Hirsch note explicitement que les « signaux du marché » arriveront trop tard car les délais requis pour remplacer l’infrastructure liée aux carburants liquides ne se mesurent pas en années mais en décennies. Il est important de remarquer qu’Hirsch et ses collègues concluent que « l’intervention des gouvernements sera indispensable, parce qu’autrement, les conséquences économiques et sociales du « Peak Oil » seraient chaotiques » et que des milliers de milliards de dollars seront nécessaires au développement de carburants alternatifs et de l’infrastructure énergétique associée. [13]

Si les décideurs politiques US et d’autres leaders du monde commettent l’erreur de laisser la « main invisible du marché » décider sur cette question, ils pourraient bien condamner des millions de personnes à travers le monde. Une vie de pauvreté, de désespoir, la perspective de famines ou de guerres globales pour les ressource pétrolières et gazières constitueraient une alternative inutilement brutale. En clair, l’infrastructure US est bien trop dépendante du pétrole et du gaz naturel pour espérer une correction par le marché. Le résultat de la faillite du marché conduirait à d’énormes augmentations des coûts de presque tout, et les prix de certains produits essentiels, comme la nourriture, pourraient rapidement devenir prohibitifs pour une large part de la société.

Malheureusement, ce n’est pas fabuler que de prôner la suppression immédiate des centaines de milliards de déductions fiscales pour les réallouer vers des politiques drastiques de reconfiguration énergétique. À leur niveau, les États-Unis devraient utiliser ce qui leur reste de liquidités dans ce but --- et certainement pas pour des réductions d’impôts pour les plus riches ou pour étendre le réseau global des bases militaires US. Bien sûr, parvenir à une société bien plus économe en énergie dépendra de la volonté des Américains de faire des sacrifices du même ordre que ceux de la deuxième guerre mondiale (c’est-à-dire rationnement du pétrole et d’autres ressources, « Jardins de la victoire » etc)

Il est trop tôt pour savoir si la victoire récente des démocrates au Congrès aura un quelconque impact sur la politique énergétique US dans les deux années à venir, mais rien de moins qu’un changement de cap révolutionnaire est nécessaire. Pour commencer, le congrès devrait suivre l’exemple de l’Allemagne en légiférant sur un grand plan « 25 pour 25 » (c’est-à-dire 25% d’énergie électrique renouvelable d’ici 2025.) [14] En ce qui concerne l’élection de 2008, il est impératif que le prochain président renonce à l’usage de la force militaire et des opérations clandestines dans la stratégie énergétique nationale, en même temps qu’il prônera la paix et la stabilité globale par la mise en place d’accords multilatéraux.

Réformes recommandées pour échapper à la destinée des empires

« Les grandes puissances en déclin relatif réagissent instinctivement en dépensant plus d’argent pour la ’sécurité,’ détournant ainsi des ressources potentielles d’autres ’investissements’ et compliquant leur dilemme à long terme. »
--- L’historien Paul Kennedy décrivant la « surexpansion impériale » dans « The Rise and Fall of Great Powers » (1989) [15]

Dans ce classique de l’étude des empires, « The Rise and Fall of Great Powers : Economic Change and Military Conflict from 1500 to 2000, » Paul Kennedy, l’historien de l’université de Yale, observe que lorsque les grandes puissances commencent à décliner, elles recourent presque invariablement à la guerre et à la belligérance, accélérant ainsi leur déchéance alors qu’elles gaspillent leur trésor national en dépenses militaires au détriment de leur économie et de leur peuple. Kennedy a décrit ce schéma par le terme de « surexpansion. » Les États-Unis ne sont pas immunisés par rapport à ces schémas historiques. L’héritage ultime de l’invasion de l’Irak en 2003 et son occupation pourraient un jour être interprétés par les historiens futurs comme l’événement pivot qui a rendu irréversible notre propre « surexpansion. »

C’est un chemin ardu qui attend le 44e président car il devra certainement faire face à des crises économique et énergétique combinées. Une réforme monétaire globale, incluant un compromis avec l’Union Européenne sur la monnaie de réserve mondiale et sur celle des achats pétroliers, implique pour les États-Unis un renoncement à son statut de superpuissance pour redevenir une nation parmi les autres. Bien des Américains ne veulent pas entendre ce message, mais à moins que la pilule amère ne soit avalée, l’économie américaine pourrait souffrir d’un déclin désordonné, induisant des souffrances bien plus importantes que celles qui seraient la conséquence d’une contraction contrôlée par des accords multilatéraux. De toutes manières, nous pourrions très bien ne pas avoir le choix bien longtemps — à cause des contraintes de l’économie globalisée et de la géologie.

La seule solution est la coopération internationale, un véritable leadership US fondé sur des politiques énergétiques et fiscales viables, la mise en place réfléchie mais rapide d’une stratégie visant à s’adapter à la déplétion pétrolière et gazière, une réforme du système monétaire global et des changements de comportements pour réduire notre dépendance gloutonne au pétrole et à la dette. Les 5 grands conglomérats des médias US ne servent pas les intérêts du peuple et doivent être brisés par les législations anti-trust. Une réforme intelligente du financement des campagnes politiques et le rejet de la notion de « corporate personhood » pourraient être la seule manière pour les États-Unis de déclencher les réformes énergétiques requises.
Pour sauver l’« expérience américaine » de la destinée commune à tous les empires — l’écartèlement militaire et le déclin économique qui s’en suit — je recommande les six mesures suivantes :

1. Désavouer la doctrine de guerre préventive. L’objectif irréaliste de domination globale des néoconservateurs doit être rapidement abandonné par toute nouvelle administration espérant soulager les tensions géopolitiques actuelles et futures. L’idée que les États-Unis puissent ouvertement violer le droit international par des « guerres préventives » unilatérales dans les régions du monde riches en pétrole ne sera tout simplement pas tolérée par les autres nations industrielles. L’une des premières actions officielles du prochain président devrait être de désavouer officiellement la « doctrine Bush » et d’affirmer le désir d’une approche multilatérale des relations internationales, comprenant une refonte de la campagne anti-terroriste basée sur INTERPOL. Il s’agit de gestes cruciaux pour apaiser les tensions entre l’Iran et les États-Unis. De tels actes auront pour effet d’insuffler un sentiment de soulagement dans la communauté internationale et d’apporter à la nouvelle administration un capital politique dont elle aura bien besoin.

2. Lancer des projets internationaux sur l’énergie. Washington devrait proposer à l’ONU qu’elle constitue un consortium international de scientifiques et de chercheurs dans le domaine de l’énergie pour développer des carburants alternatifs pour les transports. Des signes indubitables militent désormais en faveur de prochaines limitations de l’offre globale, et de nombreux rapports affirment que la production mondiale de pétrole ne parviendrait tout simplement pas à croître suffisamment pour satisfaire la demande prévue en 2010 et au-delà. Si des carburants alternatifs pour le transport ne peuvent être développés et mis en oeuvre durant la prochaine décade, des désastres s’en suivront, incluant des ruptures majeures dans le système de production alimentaire global. De manière idéale, les nations du G8 avec la Chine et l’Inde militeraient immédiatement pour l’investissement de centaines de milliards de dollars dans un programme énergétique international dirigé par l’ONU ayant le même niveau d’urgence que les projets Manhattan et Apollo. Les technologies suivantes, visant l’objectif de la reconfiguration énergétique, devraient être vigoureusement développées et mises en oeuvre :

Technologies « de transition » à court terme et autres réformes énergétiques (jusqu’à 2020)

  • Des moteurs essence et diesel ultra efficaces (véhicules consommant moins de 4,7 l aux 100 km.)
  • Une technologie de charbon propre avec séquestration du CO2 pour alimenter des systèmes de transports électriques (des trains légers, des voitures hybrides, etc.)
  • Des projets de transport légers sur rails, utilisant les surfaces aujourd’hui réservées aux autoroutes inter-états (alimentés de préférence par de l’électricité générée par des énergies renouvelables.)
  • Des programmes agricoles radicaux pour réduire les apports en énergies fossiles (dans les engrais et les pesticides) et une augmentation drastique de la production alimentaire locale et de l’agriculture bio.
  • L’énergie éolienne (avec déploiement rapide à petite et grande échelle.)
  • Déploiement massif de l’énergie solaire et photovoltaïque sur les constructions existantes à la fois résidentielles et commerciales.

Projets à moyen et long terme basés sur les énergies renouvelables (de 2010 à 2030)

  • Développement à grande échelle de l’énergie géothermique et des sources d’eau chaude (adaptation des constructions existantes à la fois commerciales et résidentielles.)
  • Développement de la biomasse et des biocarburants limité à l’agriculture locale et à la distribution alimentaire (cette technologie ne peut pas passer à l’échelle pour le transport de masse car elle possède un faible rendement énergétique et devrait être limitée au secteur alimentaire.)
  • Développement d’usines marémotrices dans les régions côtières.

Projets de R&D à long terme pour de nouveaux systèmes énergétiques (après 2020)

  • Conversion de l’énergie thermique des océans (OTEC) (c’est-à-dire, des usines flottantes de 50 à 100 mégawatts produisant de l’ammoniaque liquide pour les piles à combustible et de l’eau potable.)
  • Des piles à combustible hydrogène/ammoniaque pour le transport de masse produites sans utiliser d’énergies fossiles.
  • Dépolymérisation thermique (nouvelle technologie demandant encore de la R&D.)
  • Analyse holistique environnementale et du rendement (EROEI) des surgénérateurs qui recyclent les sous-produits de la fission de l’uranium et poursuite de la R&D sur la fusion nucléaire (technologie encore hypothétique.)

3. Appliquer le protocole de la déplétion du pétrole. L’ONU devrait immédiatement réunir un groupe de scientifiques, d’ingénieurs et d’agronomes pour étudier la déplétion des énergies fossiles. Sous la supervision de l’ONU, la communauté internationale devrait proposer une méthodologie et des accords formels concernant la distribution des hydrocarbures, basés sur le taux de déplétion global. Richard Heinberg a récemment publié son 3ième livre sur le « Peak Oil » : « The Oil Depletion Protocol : A Plan to Avert Oil Wars, Terrorism and Economic Collapse » qui présente un argumentaire expliquant la nécessité de mettre en oeuvre un traité global de la déplétion pétrolière, et comment un tel accord serait déployé pour conduire à une réduction graduelle de la consommation de pétrole tout en conservant une relative stabilité des prix. [16] Colin Campbell, géologue à la retraite et fondateur de l’ASPO, a imaginé le concept de protocole de la déplétion pétrolière avec ses collègues. Cette proposition inclut deux recommandations délicates, mais parfaitement logiques :

  • Aucun pays ne devrait produire du pétrole au delà du taux de déplétion qui lui est attribué, taux annuellement défini comme un pourcentage des réserves estimées ;
  • Tous les pays importateurs devront réduire leurs importations au niveau du taux mondial de déplétion, en déduisant leur propre production. [18]

Le succès d’une mise en oeuvre d’un tel traité mondial apparaîtrait miraculeux ; néanmoins, la motivation pour un tel accord est que les alternatives sont soit une guerre mondiale stimulée par la déplétion pétrolière, soit une guerre économique sur les marchés de change internationaux. Ces événements désastreux peuvent être évités, mais à la condition impérieuse que la communauté internationale puisse se mettre d’accord sur un tel traité énergétique en même temps qu’elle transformera les systèmes économiques et monétaires actuels. De plus, l’histoire du 20ième siècle suggère une corrélation entre la production d’énergie tirée des hydrocarbures et la croissance globale de la population, et par conséquent, des mesures humainement acceptables pour stabiliser puis réduire graduellement les niveaux de peuplement globaux apparaissent comme nécessaires.

Ayant des choix de plus en plus limités, les États-Unis doivent rechercher des politiques qui permettent d’adoucir cette transition par une approche graduelle quand c’est possible, et une approche rapide là où c’est nécessaire. « Peak Oil » est une crise globale, et tenant compte de cette réalité — le multilatéralisme au contraire de l’unilatéralisme — est le seul chemin vers un horizon pacifique. Une note plus positive : la mise en oeuvre du « protocole de la déplétion pétrolière » a le potentiel pour faciliter les objectifs du protocole de Kyoto, et pour atténuer petit à petit les changements climatiques globaux en réduisant les niveaux de productions de CO2 qui proviennent de la combustion des carburants à base d’hydrocarbures.

4. Restaurer la discipline financière. Washington doit restaurer un semblant de responsabilité fiscale si elle espère sauver le dollar. Le conflit de la guerre en Irak a déjà coûté 600 milliards de dollars en 2006, et son coût à long terme est estimé à plus de 2000 milliards. [17] De la même manière que durant la guerre du Vietnam où les réserves d’or US ont été dilapidées, la dévaluation du dollar depuis 2002 reflète le manque de confiance du monde dans l’économie et la politique étrangère américaine. La confiance en une monnaie se fonde sur la capacité d’un gouvernement à prélever des impôts auprès de ses citoyens. Au strict minimum, supprimer en grande partie les réductions fiscales exorbitantes des années 2001 et 2003 pourrait faciliter l’équilibrage du budget. Une bonne discipline fiscale requiert également une réduction substantielle des moyens aujourd’hui gâchés dans notre superstructure militaire globale inefficace, en commençant par les 14 nouvelles bases militaires US en Irak qui sont une des causes de l’insurrection.

5. Revitaliser les industries US par la reconfiguration énergétique. Alan Greenspan, le précédent directeur de la réserve fédérale, a inculqué aux Américains le sentiment étrange que l’endroit où sont fabriqués les produits américains n’a pas d’importance, tant que les gens continuent à les acheter. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. La perte de 3 millions d’emplois dans la fabrication depuis l’an 2000, a conduit à une décroissance des revenus, à une augmentation des dettes individuelles et à un nombre record de faillites personnelles. Une superpuissance qui perd sa capacité de production ne jouera pas de rôle important bien longtemps.

Les carrières les plus viables du 21ième siècle se feront probablement autour du secteur de « l’environnement. » Les États-Unis doivent investir significativement dans des énergies alternatives et durables, et dans d’autres secteurs à l’exportation, pour passer graduellement mais sincèrement d’un commerce extérieur déficitaire à une balance commerciale positive. Ceci prendra des décennies, mais ces projets impératifs de reconfiguration énergétique nationale à grande échelle et le déploiement d’énergies alternatives devraient apporter aux États-Unis de nouvelles perspectives d’emplois qui seraient protégés des délocalisations tout en améliorant la sécurité nationale à long terme.

6. Réformer le système monétaire global. Le principal problème de l’économie globalisée actuelle est que le taux excessif de crédit (c’est-à-dire la bulle des marchés dérivatifs) a facilité le développement de capacités de production qui sont bien supérieures aux besoins de la demande globale cumulée. La théorie économique classique indique qu’une période de déflation permettrait un déclin des capacités de production jusqu’à ce qu’une croissance de la demande initie un nouveau cycle d’expansion. Des économistes comme Richard Duncan, auteur de « The Dollar Crisis » ont soutenu qu’une croissance globale excessive du crédit et les problèmes structurels qui s’en suivraient pour le dollar pourraient alimenter une contraction déflationniste de l’économie globale. [18]

Dès lors, il semble impératif que le gouvernement des États-Unis commence des discussions au sein du G8 et avec la Chine pour une réforme du système monétaire global, de manière idéale, pour permettre une croissance contrôlée des marchés européens et asiatiques. L’économie globalisée se porterait mieux et serait plus équilibrée avec trois moteurs de croissance globale : les États-Unis, l’Union Européenne et l’Asie/Inde. Le grand défi sera de mettre en oeuvre une décroissance graduelle et contrôlée de l’émission de dollars US tout en essayant de minimiser les dislocations de l’économie US et de l’économie globale. La première réforme devrait être de faire de l’euro la deuxième monnaie de réserve internationale, à égalité avec le dollar pour les transactions pétrolières, permettant de ce fait un double standard monétaire pour les transactions pétrolières de l’OPEP.

Bien que ces réformes soient nécessaires pour permettre une économie globalisée plus équilibrée, toute transition importante du dollar vers l’euro ou vers un double standard euro-dollar, accompagné d’énormes réorientations du marché des capitaux, sera violemment combattue par l’establishment politique et financier US. Néanmoins, étant donné les déficits commerciaux et fiscaux américains, la montée de l’euro comme monnaie mondiale de réserve et monnaie alternative d’échanges pétroliers, suivie d’un pétro-rouble russe convertible en 2007-2008, et peut-être d’ici à une dizaine d’années un renminbi chinois pleinement convertible, semblent inévitables.

Tout simplement, le consommateur américain ne peut pas s’endetter indéfiniment tout en restant le seul moteur de la croissance globale, et la réserve fédérale ne peut pas plus regonfler les bulles pour l’éternité. A la fois l’Union Européenne et l’Asie orientale seront obligées de reconnaître que la « partie est finie » et qu’elles ne peuvent perpétuellement exploiter le consommateur américain. Qu’elles souhaitent ou non se confronter volontairement aux défis de cette transition, elle leur sera ultimement imposée par les brutales réalités économiques.

Conclusion

« Au bout du compte, le choix réside entre ces deux alternatives --- s’emparer du pétrole ou alors procéder à la reconfiguration énergétique. Cette décision a une portée bien plus large que le seul enjeu du pétrole. C’est un choix qui porte sur les fondements même et la nature profonde des États-Unis. Dès aujourd’hui, c’est le choix entre la démocratie et l’empire. En termes économiques, c’est le choix entre la prospérité et la pauvreté. En terme techniques, le choix entre l’efficacité et le gâchis. En termes moraux, le choix entre la satiété et la gloutonnerie. Du point de vue environnemental, c’est la préférence pour la gestion par rapport à la prédation permanente. Dans ses rapports avec les autres pays, c’est pour le États-Unis le choix entre la coopération et la domination. En termes spirituels, c’est le choix de l’espoir, de la liberté et du sens contre celui de la peur, de la dépendance et du désespoir. En ce sens, c’est La décision qui engage l’avenir des États-Unis et peut-être même celui du monde entier. »
--- Robert Freeman, « Will the End of Oil Mean the End of America ? » 2004 [19]

Cet essai a été conçu dans le but d’informer sur les défis et les choix qui nous font directement face. Deux décennies de politiques américaines de gabegie fiscale et énergétique ont placé les États-Unis face au risque d’un déclin économique d’une ampleur et d’une durée considérables, et en tant que nation nous sommes lamentablement mal préparés à réduire notre consommation d’énergies fossiles. Malheureusement, la politique extérieure américaine récente exacerbe les tensions globales et pourrait conduire à des guerres encore plus graves que celles que les années Bush ont produites. Il ne doit pas y avoir le moindre doute là dessus --- une guerre mondiale pour les ressources conduira immanquablement à la ruine énergétique et à la banqueroute économique et morale, même de celui qui sera alors désigné comme le « vainqueur. »

Il n’est pas nécessaire d’en arriver là, même si le "Peak Oil" global constitue indiscutablement le « défi » qui conditionnera la vie des hommes dans ce nouveau siècle. Comme l’a observé Robert Freeman, le destin des États-Unis sera scellé par la capacité des Américains à s’adapter aux réalités de la déplétion des hydrocarbures. La réduction de la consommation des énergies fossiles et la transition vers un paradigme énergétique plus viable prendront des dizaines d’années et seront très difficiles, mais notre génération ne pourra pas échapper à cette réalité.

Il est regrettable que le système électoral américain se soit brisé sous le poids de son mode de financement, et que les conglomérats médiatiques soient devenus les agents dociles qui filtrent exagérément les nouvelles journalières afin de maintenir le statu quo et de favoriser les intérêts de l’élite dirigeante. Il en résulte l’incapacité pour les deux partis à initier les réformes nécessaires. Ceci doit changer rapidement, le temps presse. Le plus important, c’est que les Américains — et tout spécialement ceux qui siègent au congrès — ne doivent pas permettre à l’exécutif d’utiliser de manière cynique la « guerre contre le terrorisme » comme un outil de peur pour obtenir notre consentement à encore plus de guerres d’ingérence pour les ressources. L’armée des États-Unis ne devrait pas et ne peut pas être utilisée pour imposer le dollar sur les marchés du pétrole. L’antagonisme actuel avec l’Iran, provoqué par l’attitude des États-Unis, doit être remplacé par des négociations sur son programme d’énergie nucléaire et il nous faut trouver un arrangement avec l’Union Européenne, la Russie et l’OPEP pour une mise en place graduelle d’un marché global du pétrole plurimonétaire.

L’échec à poursuivre des réformes multilatérales conduira à un accroissement des désordres sociaux, des guerres sans fin qui requièrent le retour à la conscription, encore plus de mensonges politiques et de répression au niveau national, et à la ruine morale et économique. La seule stratégie rationnelle consiste à remettre en cause notre hégémonie et à négocier des traités multilatéraux. Ceci requiert de la part des politiques un désaveu des conquêtes impériales actuelles et de se concentrer sur la gestion de notre déclin. Malheureusement, je reste très sceptique quant au déploiement des réformes que je propose avant l’arrivée d’une crise globale, forçant ainsi la mise sur la table des négociations de ces questions monétaires et énergétiques.

En effet, le véritable combat des États-Unis se joue en interne. Nous est-il encore possible de revenir à nos origines républicaines et de renoncer à la construction d’un empire ? Sommes-nous encore capables de nous mettre sur un pied d’égalité avec les autres nations industrielles ? Le test ultime de l’expérience américaine sera : pouvons-nous à nouveau nous mettre à vivre selon nos capacités fiscales et énergétiques ? Avons-nous la volonté et la sagesse de réduire notre consommation de pétrole et de gaz et de nous engager sur ce qu’Heinberg appelle « la décroissance énergétique » ? [20] Si les États-Unis sont capables de s’élever à ce niveau d’intelligence, nos problèmes d’anti-américanisme et de terrorisme se dissiperont très rapidement.

Cette analyse suggère six défis majeurs pour la prochaine administration américaine : (1) développer une stratégie énergétique nationale pour réduire la consommation d’énergies fossiles ; (2) négocier une réforme monétaire globale ; (3) réorganiser complètement les politiques fiscales américaines ; (4) réparer les relations extérieures endommagées avec les Nations Unies, l’Union Européenne, le Moyen-Orient, la Russie et l’Amérique Latine en restaurant notre politique extérieure dans les principes originels américains et dans les droits de l’homme ; (5) mettre au pas le pouvoir injustifié du complexe militaro-industriel, pétrolier et bancaire par une réforme complète du financement des campagnes politiques ; (6) réallouer massivement les budgets publics en transformant les dépenses militaires en investissements en faveur de la reconfiguration énergétique et de l’utilisation d’énergies renouvelables pour pallier au "Peak Oil" et au réchauffement global. Il est regrettable que le prochain président ait à entreprendre ces défis colossaux dans une situation politique et diplomatique affaiblie.

Le début du XXIe siècle sera un instant historique épique ; soit une période désastreuse de guerre militaire et économique liée aux ressources, soit un effort noble et sans précédent vers la coopération internationale. D’une manière ou d’une autre, il ne sera pas possible de maintenir le statu quo bien longtemps, à cause de contraintes à la fois physiques et macro-économiques, statu quo d’autant plus indésirable si nous souhaitons préserver notre humanité. Nos choix politiques, sociaux et économiques des prochaines années décideront du chemin que nous prendrons. L’Amérique va-t-elle succomber à une « guerre contre la terreur » sans fin, un militarisme croissant et une banqueroute économique dans une tentative désespérée de maintien de son statut de superpuissance, ou va-t-elle rejoindre la communauté des nations sur un pied d’égalité pour travailler ensemble aux défis du futur ? A l’avenir, les historiens décriront-ils l’Amérique juste comme un autre empire égoïste et sans remords qui s’est effondré à cause de sa « surexpansion impériale ? » Ou alors chanteront-ils les louanges d’une république démocratique éclairée et d’une grande longévité qui a finalement résisté à la tentation et aux folies impériales — pour choisir la paix, la viabilité et le règne du droit lors de son entrée dans le XXIe siècle ?

Références :

  1. MPR : A conversation with Bill Clinton (la citation commence après environ 9 minutes,) [Minnesota Public Radio, 11 juillet 2006->http://minnesota.publicradio.org/display/web/2006/07/11/midday2]. D’après une interview de David Renmick dans le journal The New Yorker du 18 septembre 2006, Bill Clinton aurait lu la nouvelle édition du livre de Richard Heinberg sur le "Peak Oil," "The Party’s Over : Oil, War and the Fate of Industrial Societies," New Society Publishers 2005, deuxième édition.
  2. William R. Clark, "Petrodollar Warfare : Oil, Iraq and the Future of the Dollar," New Society Publishers, 2005.
  3. Gabriele Galati et Philip Woolridge, "The euro as a reserve currency : a challenge to the pre-eminence of the US dollar ?," Bank for International Settlements (BIS) Working Paper n°218, octobre 2006, [lien->http://www.bis.org/publ/work218.pdf].
  4. Haig Simonian, Javier Blas, Carola Hoyas et Peter Garnham, "Oil producers shun dollar," Financial Times, 10 décembre 2006, [lien->http://www.ft.com/cms/s/277471c2-8889-11db-b485-0000779e2340,_i_nbePage=9e03725e-e742-11da-9046-0000779e2340.html].
  5. "Iran oil bourse launch underway," Persian Journal, 16 septembre 2006, [lien->http://www.iranian.ws/iran_news/publish/article_17773.shtml].
  6. "Putin proposes creation of ruble-denominated oil, gas exchange," RIA Novosti, 10 mai 2006, [lien->http://en.rian.ru/russia/20060510/47915635.html].
  7. "China opens oil bourse in Shanghai," China Daily, 18 août 2006.
  8. W. Joseph Stroupe, "The New World Oil Order : Russia attacks the West’s Achilles’ heel (Part I)," Asia Times, 22 november 2006, [lien->http://www.atimes.com/atimes/Central_Asia/HK22Ag01.html]. Voir aussi "The New World Oil Order : Russia tips the balance (Part II)," Asia Times, 23 novembre 2006, [lien->http://atimes.com/atimes/Central_Asia/HK23Ag01.html].
  9. Dafna Linzer et Julie Tate, "No Proof Found of Iran Arms Program : Uranium Traced to Pakistani Equipment," Washington Post, 23 août 2005 ; page A01, [lien->http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/08/22/AR2005082201447.html]. Voir aussi Seymour Hersh, "The Next Act : Is a damaged Administration less likely to attack Iran, or more ?," The New Yorker du 27 november 2006 mis en ligne le 20 novembre 2006, [lien->http://www.newyorker.com/fact/content/articles/061127fa_fact].
  10. George Monbiot, "Bottom of the Barrel : The World is Running out of Oil — So Why Do Politicians Refuse to Talk about It ?" Guardian (UK), 2 décembre 2003, [lien->http://www.guardian.co.uk/comment/story/0,3604,1097622,00.html].
  11. Robert L. Hirsch, et al, "Peaking of World Oil Production : Impacts, Mitigation and Risk Management," Science Applications International Corporation (SAIC), février 2005, [lien->http://www.odac-info.org/assessments/documents/hirschreport_002.pdf].
  12. Ibid. Voir aussi le rapport suivant de Roger Bezdek, Robert Wendling and Robert Hirsch, "Economic Impacts of Liquid Fuel Mitigation," misi-net, mai 2006, [lien->http://media.globalpublicmedia.com/RM/2006/05/hirsch2.pdf].
  13. John J. Fialkan, "Renewable Fuels May Provide 25% of U.S. Energy by 2025," Wall Street Journal online, 13 novembre 2006 ; Page A10, [lien->http://online.wsj.com]. Pour plus de détails sur l’agenda « 25 par 25, » consulter [lien->http://www.25x25.org].
  14. Paul Kennedy, "The Rise and Fall of Great Powers : Economic Change and Military Conflict from 1500 to 2000," Vintage, 1989, p. xxiii.
  15. Glen Carey, "Saudi Aramco boosts drilling efforts to offset declining fields," Platts Oilgram News, 11 avril 2006. Voir aussi : Matthew R. Simmons, "Twilight in the Desert : The Coming Saudi Oil Shock and the World Economy," Wiley, 2005.
  16. Richard Heinberg et Colin Campbell (Forward), "The Oil Depletion Protocol : A Plan to Avert Oil Wars, Terrorism and Economic Collapse," New Society Publishers, 2006.
  17. "The Rimini Protocol : An Oil Depletion Protocol : Proposed by Association for the Study of Peak Oil & Gas," [lien->http://www.peakoil.ie/protocol].
  18. Tom Regan, "Report : Iraq war costs could top $2 trillion," The Christian Science Monitor, 10 janvier 2006.
  19. Richard Duncan, "Dollar Crisis : Causes, Consequences, Cures," John Wiley & Sons, 2003, p. 168.
  20. Robert Freeman, "Will the End of Oil Mean the End of America ?" [commondreams.org->http://www.commondreams.org/views04/0301-12.htm], 1ier mars 2004.
  21. Richard Heinberg a défini le terme "Powerdown" dès la première page de son livre du même titre. "Power-down" nom, 1. la famine énergétique qui a frappé les nations industrialisées au début du 21ième siècle. 2. le processus intentionnel de coopération, de décroissance et de reconversion énergétique qui a permis à l’humanité de survivre.


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67 réactions à cet article    


  • armur tache (---.---.1.42) 6 février 2007 11:31

    mais que proposez vous concretement pour ameliorer la situation en Irak ?


    • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 11:52

      Il me semble que l’article répond à votre question :

      « Une bonne discipline fiscale requiert également une réduction substantielle des moyens aujourd’hui gâchés dans notre superstructure militaire globale inefficace, en commençant par les 14 nouvelles bases militaires US en Irak qui sont une des causes de l’insurrection. »

      Je crois que cela veut dire : l’armée américaine doit quitter l’Irak, ou en tous les cas, réduire massivement son emprunte sur ce pays.


    • miko (---.---.211.77) 6 février 2007 11:49

      Je trouve que cet article dans le « superpolitiquement » correct et oublie des faits, et non des moindres :
      - Je vous signale que le président iranien actuel (pas un obscur fonctionnaire, ni un iranien de base !) a déclaré officiellement qu’il fallait rayer Israel de la carte ! Cela ne lui pas été soufflé par les méchants américains, c’est lui qu’il l ’ a déclaré , n’est-ce pas ? Pour moi, cela suffit largement à se poser la question d’une intervention militaire, sans parler du nucléaire ! Vous dites « restaurer la discipline financière », concernant l’intervention us en Irak : je trouve cela scandaleux ; avec votre raisonnement, les anglais auraient du Hitler d’emparer de l’europe car en faillite financière, car c’est de cela dont il s’agit : je vous signale que saddam avait envahi le quatar, envoyé des scuds sur israel en déclarant ouloir détruire Israel (tiens, ça me rappelle étrangement quelqu’un ! ) L problème pétrolier est surement un majeur, mais il y a des choses qu’on n’a pas le droit de négliger tout de même !


      • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 12:08

        Tout d’abord je vous conseille d’écouter l’émission de France Culture ce matin « Les matins de France Culture » :

        http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/

        Pascal Boniface (directeur de l’institut des relations internationales et stratégiques) et François Nicoullaud (ancien ambassadeur de France en Iran) expliquent bien les enjeux et les erreurs d’une diabolisation de l’Iran.

        Voilà ce qu’en pense Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter et responsable de haut rang de l’establishment politique Washingtonien. Il a fait cette déclaration devant une commission sénatoriale la semaine dernière :

        « Argumenter que les Etats-Unis sont déjà en guerre dans la région contre une menace islamique plus large, dont l’Iran est l’épicentre, consiste à faire la promotion d’une prophétie dont on provoque la réalisation. »

        Autrement dit, la propagande néoconservatrice visant à dépeindre l’Iran comme un danger mortel n’a d’autre but que de pousser à la guerre.

        D’autres solutions existent pourvu que l’on sache proposer à l’Iran un statut régional à la mesure de ce pays, ce que justement les bâtisseurs d’empire refusent.

        L’Iran n’est pas un danger mortel ni pour l’Occident, ni pour les Etats-Unis, ni même pour Israël. Pour l’instant et pour encore au moins quelques années. L’Iran ne dispose pas de l’arme atomique. Israël en a 300 (estimation commune). D’autres pays comme l’Inde ou le Pakistan possèdent quand à eux l’arme nucléaire et ne sont pas signataires du TNP. Qu’est-ce qui garantit qu’ils auront toujours une attitude bienveillante à l’égard de « l’Occident » ?


      • miko (---.---.211.77) 6 février 2007 13:14

        Excusez-moi, mais jimmy carter ou pascal boniface ne sont pas d’une grande partialité, ce sont des personnages engagés depuis longtemps dans un combat anti-sioniste. L’anti-sionisme est le dénominateur commun de toutes vos références, ce qui poussent à s’interroger tout de même, ne trouvez-vous pas ?


      • miko (---.---.211.77) 6 février 2007 13:35

        donc pour l’auteur de l’article « l’iran n’est pas un danger » même si son président déclare « vouloir détruire l’entité sioniste » : l’auteur de cet article doit sérieusement se poser des questions !!!


      • jp34 (---.---.239.224) 6 février 2007 14:45

        Le président iranien a dit qu’il « fallait effacer de la page du temps le régime sioniste qui se trouve à Jérusalem » ( traduction littérale ).

        Ceci est bien loin de signifier « rayer Israel de la carte ».


      • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 14:56

        Il me semble que la déclaration « l’entité sioniste est vouée à la disparition » est une traduction convenable de ce qu’à dit Ahmadinejad. Maintenant, pour les Iraniens, le terme « entité sioniste » ne représente ni le peuple juif, ni Israël mais le régime expansionniste qui dirige Israël en ce moment.

        Bush a déclaré en 2001 que l’Iran faisait partie de l’« Axe du mal » et les Etats-Unis prônent un « changement de régime » dans ce pays. Je ne vois pas très bien la différence entre les déclarations américaines sur le régime Iranien et les déclarations du président Iranien sur « l’entité sioniste » mis à part dans l’usage de termes « politiquement corrects » du côté Etats-Uniens. A priori, les médias ne sont pas étrangers dans le choix des termes qu’ils rapportent à tel point qu’aujourd’hui, beaucoup de gens croient qu’Ahmadinejad a affirmé vouloir faire usage de l’arme atomique sur Israël. Pourtant c’est tout simplement faux.

        Je condamne cette attitude agressive des deux côtés. Elle n’a d’autre but que de provoquer une confrontation pour assoir encore plus les régimes en place par un ralliement derrière le drapeau. Il faut dialoguer avec l’Iran et leur offrir la sécurité dans leurs frontières. C’est ce que dit le rapport Baker et ce que dit Brzezinski, qui ne doit ni être confondu, ni assimilé à Jimmy Carter. Ces raccourcis sont ridicules.

        L’Iran n’a pas la capacité de détruire Israël. Israël a la capacité de riposte nucléaire stratégique en plus d’un allié excessivement bien doté en termes nucléaires. Donc quelles que soient les déclarations provocantes d’Ahmadinejad, il n’a pas les moyens de faire chuter le gouvernement Israëlien.


      • Jules Lebenet (---.---.23.78) 6 février 2007 17:35

        C’est curieux, quel est le rapport entre ISRAEL et le PEAK OIL ????? smiley


      • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 17:45

        Il n’y a de rapport direct en Israël et Peak Oil. Mais il y en a un entre l’Iran et Peak Oil. Comme vous le savez, l’Iran abrite les 2ièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et est aussi le 2ième producteur mondiale de gaz naturel.

        Je répondais à la question de miko qui répétait sagement la propagande néoconservatrices : l’Iran est le mal. L’Iran doit donc être détruit. Le lien entre Israël et Peak Oil se trouvent dans les think tanks néoconservateurs. Ces derniers ont des motifs rationnels d’attaquer l’Iran mais ils n’ont rien à voir avec le « danger existentiel » que ferait planer l’Iran sur Israël et tout à voir avec le contrôle de la ressource minérale la plus stratégique au monde, d’autant plus stratégique qu’elle devient rare (Peak Oil).


      • ZEN zen 6 février 2007 11:56

        @ L’auteur

        Analyse approfondie, qui pointe les problèmes de fond.A envoyer d’urgence au locataire de la Maison Blanche.

        Je doute que les démocrates soient prêts à changer quoi que soit...Heureusement qu’il reste quelques Américains lucides, entre autres:Paul Kennedy et Freeman. Votre première phrase me rappelle quelque chose :

        http://www.amazon.fr/LAm%C3%A9rique-minqui%C3%A8te-Jean-Paul-Dubois/dp/2879293375


        • be wolf (---.---.143.82) 6 février 2007 11:57

          je ne suis pas d’ accord avec la conclusion : il n’ y aura pas de choix : on va finir de consommer le pétrole puis passer à des energies alternatives, déja mises au point ou en passe de l’ étre, puis les commercialisées dès que rentable économiquement


          • Sebastien Marchi (---.---.28.230) 6 février 2007 13:41

            Comme souligné dans l’article, ceci ne peut se faire du jour au lendemain. Toutes les infrastructures sont à adapter pour l’utilisation des ces nouvelles énergies et cela se fait sur des années.


          • (---.---.53.50) 6 février 2007 16:33

            Vous regardez trop TF1 ou croyez encore au père Noël ?


          • Malkut Malkut 6 février 2007 17:26

            Croyez vous vraiment que les USA s’impliqueraient tellement autour des réserves de pétrole (qui malheureusement pour les autochtones se trouvent essentiellement au moyen orient) si dans un avenir proche on pouvait réellement passer à d’autres énergies ?

            Par ailleurs, certains ont estimés que le pétrole serait encore rentable vers 250$ le baril.


          • fouadraiden fouadraiden 6 février 2007 18:01

            à wolf, pourquoi ? vous pensez qu’ils n’etaient pas impliqués auparavant ?

            la raison de leur virile implication,contrairement à ce qu’on croit, n’est pas la main mise sur le pétrole,meme iranien.


          • LE CHAT LE CHAT 6 février 2007 13:20

            article très documenté , c’est l’amerique en pire que l’on oserait imaginer !

            attention , le mage arthur va pourfendre cet article avec son excalibur smiley


            • parkway (---.---.18.161) 6 février 2007 14:15

              « nous allons assister au déclin continu de la suprématie du dollar US comme monnaie de réserve et d’échanges pétroliers, et presque certainement, entre 2010 et 2015, au pic de la production pétrolière mondiale. »

              Mais n’est-ce pas souhaitable pour la planète ?

              ne faut-il pas au contraire accélèrer ce mouvement ?

              les monopoles du dollar et du pétrole sont les premiers fondements du pourrissement spirituel et environnemental de la Terre.

              quand ces deux là seront abolis, l’environnement et les finances ne s’en sentiront que mieux !


              • Dregon (---.---.152.129) 6 février 2007 14:28

                Autant travailler tout de suite aux énergies alternatives ! Malheureusement ceux qui innovent pour palier à la baisse future du pétrole sont bloqués (voir le moteur à l’eau) car influence du pétrodollar. C’est pour ça que l’on est dans un sacré pétrin.


              • norader (---.---.29.125) 6 février 2007 14:24

                Les dernières estimations des géologues de l’ASPO donnent le peak oil pour 2010-2012, ce qui est beaucoup moins optimiste.


                • GRL (---.---.28.166) 6 février 2007 15:00

                  Il y a bien une solution , une aspérité sur cette pente , à l’interieur du peuple américain.

                  Les theses des attentats ne sont pas encore arrivées au niveau de contestation qui pourrait venir si l’opinion publique venait à accepter , au delà du choc , de l’horreur , l’idée que l’amérique s’est infligée elle même cette blessure pour tenir son peuple , pour l’orgie patriotique nécessaire au lancement d’actions militaires tres tres contestées .

                  Je ne fais pas l’argumentaire , que l’on prenne n’importe quel ouvrage à ce propos , les preuves de ce que j’avance sont cent et mille . Tous les noeuds ne sont pas défaits parce que l’enfumage est presque aussi grand que les bras de la pieuvre. Mais voilà , contester la guerre d’Irak est une chose dont l’individualiste qui à encore de quoi se payer sa vie se fout . Pour l’instant , c’est encore l’adage de gauchistes , pacifistes , et autres istes , ce n’est pas encore dans la veine populaire .

                  Mais si le peuple arrivait aux mêmes conclusions que celles auxquelles tous les gens honnetes et documentés arrivent , le changement , la fameuse remise en question globale , pourrait prendre une dimension beaucoup plus grande à l’interieur de l’amérique , féderer , remettre en question .

                  La guerre d’afghanistan était militairement impossible à préparer en 25 jours , même pour les USA . Un coupable etait impossible à désigner en deux heures , quand aux attentats eux même , ils ont trop laissés de preuves derriere eux , beaucoup trop pour ne pas etre contestés .

                  Le danger :

                  Si aujourd’hui , il y a encore des gens pour jurer que Ben Laden est un terroriste , pour adherer à tout çà sans ce poser des questions plus en avant , c’est à cause d’une seule chose , la peur , la charge émotionnelle de ces attentats et son inertie . Vous le dites et d’autres l’ont montré , les médias americains , qui ont relayé cette affaire pour le monde entier , ne travaillent pas pour leur peuple . Les gouvernements savent qu’un peuple effrayé ne reflechit plus , il prend tout pour argent comptant . C’est de la psychologie de masse , les publicistes , la télévision , les politiques savent celà depuis tres longtemps . ils sont , détenant l’outil d’arrosage public qu’est la télé , donc , en avance d’un coup sur le peuple.

                  Il s’agit alors de savoir si la campagne globale des EU tiendra sa ligne belliqueuse , comme vous le dites . Le gouvernements changeront , mais l’argent ( auquel vous associez un désir de discipline , aïe ) est toujours dans les mains des mêmes . Et ce sont des monstres , alors mon avis est :

                  Si le peuple doit se reveiller , il doit le faire brutalement , et sur l’axe de l’accusation des dirigeants et des chefs des principales entreprises militaro industrielles concernées . Si comme moi , vous n’adherez pas à la soupe médiatique du 11 / 09 mais que vous avez compris , que cet evenement servait les interets des va t en guerre et des bandits ( car avec le 11 / 09 , est aussi le casse du siecle ) , vous conviendrez que selon la loi américaine , tous ces gens sont actuellement passibles de la peine de mort .

                  paranthese : S.Hussein , vient d’etre pendu par une cour fantoche

                  Le peuple américain doit maintenant s’emparer des rennes de son pays , et aussi surement que le 11 / 09 déclencha une orgie patriotique , le simple fait de savoir que les attentats sont perpetrés par les dirigeants du pays en déclenchera ... une autre , benefique pour le monde cette fois ci. Et celle là peut tout changer et justifier beaucoup de choses que vous dites , comme la perte du contrôle des médias , une nouvelle reflexion sur notre relation à l’energie ... bref , je le repete , si il y a une asperité pour l’instant , une faille tangible , pour moi , elle est là .

                  Vous l’avez dit , le temps presse , le monde entier est concerné . Alors notre rôle dans tout çà ? Notre rôle à nous ?

                  Simple : accelerer le processus en multipliant les echanges d’opinion à ce propos , de maniere non officielle , car aucun etat n’a le courage de dire ce que tous les etats majors serieux du monde savent , que la these officielle du 11 / 09 est tout bonnement illogique et impossible , que les grandes théories de la démocraties sont des pansements sur des coeurs et des esprits profondément choqués.

                  Le peuple américain doit alors s’emparer des preuves et nourrir les chefs d’accusation contre ses actuels dirigeants , et repartir à l’assaut de la forteresse du pouvoir.

                  Le terrain pourrait à cet instant projeté , se trouver à nouveau prêt pour la plantation d’idées nouvelles et le retour à la paix tant esperé . En ces faits supposés , ce scénario , je vois une chance.

                  Et vous , qu’en pensez vous ?

                  GRL .


                  • fouadraiden fouadraiden 6 février 2007 15:16

                    à grl,

                    que votre façon de voir les choses repose sur un mythe aussi grossier que celui que vous prétendez défaire.

                    la fiction qui consiterait à croire que d’un côté il y aurait un peuple ,à qui la souverainet aurait été confisquée(et on se demande par qui et depuis quand ??) et de l’autre une clique aux affaires,j’ai du mal à gober ce mythe révolutionnaire,meme avec une pieuvre comme personnage principal.


                  • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 15:24

                    @ foudrarien,

                    Ce qui est en train de détruire la démocratie américaine est le processus impérial. Le maintient de la structure impériale n’est pas compatible avec la démocratie car il implique la domination des autres nations par la force militaire.

                    La construction d’un empire n’est pas inscrite dans la constitution américaine ni dans les « gênes » du peuple américain. Il y serait même sans doute opposé s’il était conscient du phénomène. L’Amérique est née de la résistance à l’empire Britannique. Pour forcer la main du peuple, il ne fait aucun doute que des manipulations sont nécessaires. C’est même le fondement de l’idéologue néoconservatrice.


                  • GRL (---.---.28.166) 6 février 2007 15:35

                    Je comprends ce que vous dites , vous n’estes pas le seul et loin de là . Mais voilà , la fablesse de votre réponse est que vous n’avez probablement pas investigué comme je le fais depuis ce jour du 11/09 , jour où comme quelques personnes eprises de logique , j’ai refusé , catégoriquement , la version officielle .

                    A savoir , que je ne pourrais pas vous convaincre directement , mais , que si vous prenez la peine de lire les analyses contestataires , vous verrez , qu’il n’y a pas de délire ni de fabulation à l’interieur du processus visant à démonter cette these officielle , que tout concorde , des délits d’initiés des propriétaires des trois tours , de l’impossibilité mécanique et physique de l’effondrement de celles ci sans une aide pyrotechnique de taille , de l’impossibilité de la disparition des boites noires , et de l’enorme et grossier mensonge autour de l’impact du pentagone , de l’absence de défense aerienne ce jour là , tout concorde dans une seule direction , qui elle est tres tres logique et dont les plans se déroulent en ce moment même.

                    Mais ceci , je vous laisse , si le coeur vous en dit bien sur , le découvrir par vous même . N’hésitez pas à croiser les sources , à recouper et recouper pour ne pas etre induit en erreur , car chacune des theses contestataires contient une marge de flou , mais osez prendre ce temps de recouper et de lire , vous verrez les choses apparaitre clairement par vous même . Vous jugerez alors de la grossiereté dont vous me parlez .

                    Apres , je comprendrai , même si çà m’attriste , que vous ne VOULIEZ pas investiguer . Dans ce cas précis , c’est que vous etes pris par l’effet de masse comme nous le sommes presque tous encore.

                    je comprends que cela soit dur d’etre un peu seul avec une these , comme tous ceux qui ont essayé et essaient encore de donner l’alerte , mais je vous le donne en cent et en mille , l’histoire rattrapera ces faits , car les preuves de ce que j’avance sont tres tres nombreuses et que surtout , la logique même de la these officielle ne tient pas , sans même que l’on ait à formuler d’autres theses , et celà , c’est le point de départ pour toute investigation.

                    Maintenant , j’accepte votre réaction d’aujourd’hui , elle ressemble à tant d’autres et ce n’est pas peu dire , elle parle d’un tabou , elle parle du refus de la mort , du suicide , et tout ceci est tres humain .

                    GRL


                  • GRL (---.---.28.166) 6 février 2007 15:37

                    Pardon , mon post s’adresse à Fouad .


                  • fouadraiden fouadraiden 6 février 2007 15:45

                    à l’auteur,

                    désolé ,mais je n’ai pas lu la totalité de votre article.il est très long,j’ai juste balayé mon regard et je dois vous dire qu’il m’a impressionné avec ces chiffres et ses graphiques.quoiqu’à la longue ont fini par devenir vigilant façe à de tels procédés « scientifiques » dont les visées sont toujours idéologiques. je ne réponds donc qu’à votre commentaire.

                    à vrai dire j’ai du mal avec ce genre de scénario,théorique.les regles d’extension que vous attribuez aux Empires pourraient s’avérer fausses.qu’en savez vous ?vous opposez des notions entre elles,ça n’a jamais constitué une réalité,une logique académique,peut-etre. entre une logique et la rélaité ,n’y a t il pas place pour l’événement,le singulier ou le hautement improbable ?

                    encore une chose .de quoi un peuple devrait avoir conscience ??? j’ai déjà le plus grand mal à comprendre les ressorts d’une conscience individuelle ,alors je vous laisse deviner les apories d’un tel énoncé....la concience d’un peuple ????c’est du pipeau.

                    on peut toujours ,dans une démocratie, remplacer une équipe par une autre, mais ni la conscience ni le peuple ne s’en trouveront changés

                    la manipulation de la part d’une équipe,en l’occurrence les néocon , ,je n’y crois pas non plus.


                  • fouadraiden fouadraiden 6 février 2007 15:54

                    à grl,

                    c’est simplement impossible.

                    les hypothèses qui accréditeraient votre thèse sont beaucoup plus coûteuses,logiquement parlant, que celles qui soutiennentt la thèse officielle.

                    votre conception serait valable à conditon de postuler le monde d’Alice au pays des merveilles,OÙ TOUT EST POSSIBLE.

                    que la these officielle ne permette pas de répondre aux nombreuses questions que soulevent toujours les affaires où des gouvernements se voient, malgré-eux, impliqués ne signifie pas que votre option soit vraie,ni meme plausible.


                  • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 16:08

                    Pour information, puisque vous avez lu en diagonale (ce qui est regrettable car vos commentaire pourraient déjà trouver leurs réponses dans le texte) ce n’est pas moi l’auteur, c’est William Clark et je lui ai demandé l’autorisation de traduire et publier ici son texte car je l’ai trouvé extrêmement intéressant.

                    J’essaye de répondre à ce que je comprends dans votre commentaire.

                    « les regles d’extension que vous attribuez aux Empires pourraient s’avérer fausses.qu’en savez vous ? »

                    Ce n’est pas moi qui le dit c’est un historien et d’ailleurs tous les historiens le disent ... Tous les empires ont disparu car ils ne peuvent contrôler le monde et corrompent l’âme de leur classe dirigeante, c’est je crois ce qu’on appelle l’« imperial hubris ».

                    « entre une logique et la réalité ,n’y a t il pas place pour l’événement,le singulier ou le hautement improbable ? »

                    Si vous voulez dire que l’empire américain pourrait être l’exception qui confirme la règle, voici ma réponse. A long terme, personne ne le souhaite car nous serons tous des valets de la classe dirigeante de l’empire. C’est incohérent avec notre aspiration démocratique et notre souveraineté.

                    « encore une chose .de quoi un peuple devrait avoir conscience ? »

                    Avec l’expérience, les peuples acquièrent une conscience. Par exemple, le peuple français a pris conscience au 20ième siècle que la première guerre mondiale était une effroyable et absurde boucherie qu’il fallait absolument éviter à l’avenir. Cette conscience lui a même joué des tours lorsqu’il a refusé de voir le danger qui grandissait dans l’Allemagne voisine, bien qu’il existe d’autres motifs aux reculades devant son expansion.

                    « la manipulation de la part d’une équipe,en l’occurrence les néocon, je n’y crois pas non plus. »

                    Il est exact que le néoconservateurs seuls n’auraient pu transformer la république en empire. Cette construction a commencé au début du 20ième siècle sous la présidence de W. Wilson (d’ailleurs référence néoconservatrice de premier plan). Les néoconservateurs sont une expression de la dominante impériale actuelle dans la classe dirigeante US. Les démocrates ne sont pas moins impérialistes que néoconservateurs mais leurs approches sont différentes. Le militarisme et la belligérance sont des symptômes classiques de l’impérialisme. Dire qu’Eisenhower les avait prévenu il y a près de 50 ans.


                  • GRL (---.---.28.166) 6 février 2007 16:10

                    Allo Fouad , j’entends ... et maintient , notez , je ne cherche pas à vous ridiculiser , je ne fait pas intervenir Alice ni les petits lapins , ... c’est vous qui le faites .

                    Mais je vous assure que celà vaut le coup d’aller voir, je ne vous cacherai pas que je suis tombé sur le cul le jour où tout s’est mis en place , où j’ai compris , et ce qui est étonnant , c’est que c’est la réaction à chaud d’un type au 24 / 12 / 2001, un type qui connaissais bien les routines de défense aerienne ( il n’y en a eu aucune le 11 / 09 , même pas un avion alors que les deux tours brulaient , pour la petite histoire , les Russes ont juste dit , « chez nous , le problème aurait ete reglé en moins de deux minutes » ) , qui a mis les premieres certitudes par dessus mes doutes . Le lien , je ne peux plus vous le donner , il n’existe malheureusement et tres logiquement ... plus . Mais les documents sont toujours chez un ami et celà pourrait ma foi etre réinjecté dans la toile , çà oui , vous m’en donnez l’idée . Heureusement que malgré toute censure , il est impossible de gommer l’information de la toile . il y a toujours un de ses petits neurones ( nous ) qui s’en souvient dans ce grand cerveau ... ouf.

                    Mais bon , vous n’adherez pas , ok , vous n’avez pas besoin d’essayer de me dire que je sors d’un compte de fées , je vous ai dit que j’accepte votre contestation , et ce par certitude que vous y viendrez vous aussi , mais avec les informations , pas comme celà , de la main à la main . Si vous preferez , je n’espere pas vous convaincre ici . Mon post s’adresse aux curieux , et à des gens qui ont fait cette démarche , aller chercher la cohérence par dessus le choc , d’y rencontrer l’incohérence , de cette incohérence , chercher la logique originelle , enqueter , la trouver , rebâtir le scenario , publier , ce qui est tres courageux et fastidieux. Une enquete pour un gros doute. Voilà tout .

                    L’avis de l’auteur quand à mon premier post m’interesse , du reste.


                  • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 16:15

                    @ GRL

                    Le traducteur de cet article en a traduit un autre il y a quelques mois. Je pense que cela répond à votre question.


                  • (---.---.28.166) 6 février 2007 16:46

                    Ok , je ne cherche pas à aboutir sur une enquete sur le 11/09 , j’ai mon propre avis la dessus , simplement , dans mon post , et en relation directe avec votre article , je pense que les crimes du 11 / 09 pourraient etre le moteur d’une destitution des dirigeants américains , une occasion de voir au grand jour jusqu’où la course à l’energie a mené , et de prendre acte , de retrouver les pays etrangers comme partenaires , d’arreter la guerre , bref , de passer à autre chose , à d’autres choses qui sans la participation de l’amérique , sont beaucoup plus improbables à envisager et dont pas mal sont dans votre article . Mais peut etre pour vous aussi , je touche un tabou ?


                  • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 16:56

                    Non ce n’est pas le cas. Je veux dire ce n’est pas un tabou pour moi. Mais je ne veux pas mélanger les sujets. Bien-sûr ils ont un rapport selon moi. Mais l’auteur ne le fait pas.

                    Ce que vous dénoncez à une raison, un mobile. C’est ce dont nous parlons ici : le mobile, c’est l’empire et ses piliers que sont le pétrole et le dollar. Il en existe deux autres : la culture et l’armée.


                  • fouadraiden fouadraiden 6 février 2007 16:57

                    au traducteur,

                    oui, j’ai remarqué que vous n’étiez pas l’auteur.bravo pour la traduction,mais je me rappelle avoir un lu un truc dans le genre(avec les graphiques en moins) d’auteurs français tres estimables.je crois que c’était Balibar,universitaire marxiste,peu importe.un américain doit pouvoir faire la différence dans ce genre de controverse je suppose.

                    je ne prends qu’une seule chose.vous dites tous les historiens disent que....j’imagine que vous faites références à la conception occidentale de l’histoire,en quelque sorte la manière dont jusqu’ici on a interprété l’histoire de l’histoire,l’historiographie quoi.mais saviez-vous que l’histoire n’est en rien une science exacte ou dure ? et l’unanimité de tous les historiens ne changera strictement rien à notre affaire. saviez vous que le passé en histoire est toujours l’eouvre d’une reconstruction rétropspective.qui vous dit que le passé s’est deroulé comme nous le racontent les historiens et selon des règles, nulle part verifiées d’ailleurs.

                    le jour où l’histoire des sociétés humaines,americaines ou autres, pourra faire l’objet d’une expérimentation en laboratoire ,alors peut etre que vos lois trouveront quelques fondements,pas avant.

                    ainsi ,l’histoire n’est toujours qu’une représentaion actuelle d’un passé virtuel,et donc infini en point de vue .

                    encore une chose assez étrange.l’europe aurait pris conscience de certaines choses dites-vous,admettons,mais cette conscience(de) à qui revient elle ? à quelques génies du moment,aux politiques ,à la main invisible ou à l’esprit comme disait l’autre.qui est le sujet de l’histoire dans votre façon de vous répresenter l’histoire en train de se faire ?et les chinois ,je veux dire la Chine(ou n’importe quel autre) antique ,aurait-elle manqué de conscience par exemple ?

                    désolé,j’ai une difficulté extrÊme à concevoir la « conscience » comme moteur de l’histoire en progrès.

                    l’avenir est donc plus ouvert que vous ne le dites.

                    pourrait-on rendre compte de l’histoire américaine sans s’en remettre à des notions telles qu’empire et tous ceux que vous utilisez ????

                    autrement dit,comment faire une histoire sans en supposer les règles ??


                  • fouadraiden fouadraiden 6 février 2007 17:03

                    grl,

                    j’entends bien votre enquête.mais je crois que dans ce genre d’affaire les informations d’un camp ou d’un autre nuisent à la « réalité » plus qu’autre chose.


                  • fouadraiden fouadraiden 6 février 2007 17:05

                    comment le pétrole pourrait- il etre le mobile spécifique de l’invasion et de tous les preparatifs antérieurs ?


                  • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 17:09

                    Je ne suis pas historien et par conséquent je ne tiens pas à engager ici un débat sur le thème : qu’est-ce que l’histoire, la discipline. Certes ce n’est pas une science dure. Certes il existe diverses interprétation de mêmes évènements historiques.

                    Mais vous ne pouvez pas demander à l’histoire de raconter l’Histoire sans chercher de structure : c’est l’objectif de toute science, qu’elle soit dure ou non, que de rechercher des règles et des lois pour interpréter les évènements ou les observations.

                    Le texte n’est pas une prévision certaine de l’avenir. C’est une mise en garde contre les conséquences prévisibles — au regard d’une certaine conception de l’Histoire — des choix qui font face au peuple américain.

                    Quand vous foncer à 100 à l’heure vers un mur, il n’est pas certain que vous atteindrez le mur quoiqu’il arrive. Par exemple, un météorite pourrait vous écraser la tête avant. Ou alors, un autre véhicule pourrait s’interposer. Mais le plus probable, c’est quand même le crash.


                  • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 17:13

                    « comment le pétrole pourrait- il etre le mobile spécifique de l’invasion et de tous les preparatifs antérieurs »

                    Il me semble que c’est ce que le texte explique. Vous pouvez ne pas être d’accord. Soit. Mais c’est que je disais tout à l’heure, si vous n’avez pas lu le texte, vous risquez de poser des questions qui ont déjà leur réponse dans le texte.


                  • Dominique Larchey-Wendling 6 février 2007 17:21

                    @ Yves

                    « Donc, manifestement, vous n’adhérez pas à la doctrine America Uber Alles »

                    Il me semble que formulée ainsi, peu de français pourraient adhérer à cette doctrine.

                    Je ne savais pas que Bernanke avait parlé de « calme avant la tempête ». Ça n’est pas rassurant du tout. Je veux dire, cette traduction dit ça, mais quand un responsable de ce rang le confesse, c’est que ça va vraiment très mal.

                    Oui l’eau aussi est déjà et sera source de conflits au 21ième siècle. Heureusement, on ne peut pas transporter de l’eau avec de l’eau ...


                  • GRL (---.---.28.166) 6 février 2007 17:33

                    Mais enfin , en vous lisant , je vois quoi ? La mise à plat relativement bien etayée d’une problématique ... mondiale , centrée autour de la marche d’un empire , américain pour la circonstance . Je pense que jusque là , nous sommes d’accord.

                    Apres , ce que l’article met bien en avant , c’est l’incertitude de l’évolution des mentalités par rapport à une politique energétique , et ce , nous le savons , qui dépend en grande partie des prochains mouvements d’une amérique qui tente de mettre le monde dans le moule de la surconsommation .

                    Il apparait , celà n’est pas dans l’article , que les nations ont du mal à freiner cet élan, à s’y opposer , de maniere officielle , tant l’amérique s’est arrangée pour devenir un partenaire economique indispensable à la survie de nombreux pays .

                    Cette amérique , un gouvernement la tient , un cartel d’entreprise la tient , des actionnaires la tiennent . on est toujours d’accord ?

                    Donc , il s’agit , devant un etat d’urgence , de comprendre une situation , d’en dégager des leviers , et d’en actionner certains . C’est le sens de mon post initial .

                    maintenant , on peut aussi discuter de la grandeur et de la décadence des empires , de leur cycle de vie , des mèmes ( mémétique = des réponses incroyables à ces questions là ) mais il me semble que nous ayons un rôle à jouer , chacun de nous , dans l’action contre cettre inquietante et ecrasante machine lancée artillerie dehors . Non ? Toujours pas ?

                    C’est donc pour déboucher à des conclusions en termes d’actions et d’opinion que je poste . A savoir , si les nations sont bloquées et en etat de dépendance economique par rapport au fossile et à ses conquérants les plus acharnés , les peuples , eux qui se sont montrés pour manifester contre l’invasion de l’Irak , peuvent encore jouer un rôle sans tomber dans le piege de l’anti américanisme , qui deviendrait un racisme comme un autre. Ils peuvent litteralement arroser l’amérique d’injonctions à reprendre le pouvoir , ayant comme moteur , un crime ( ce n’est donc qu’un element de mon raisonnement ) horrible perpetré par l’équipe dirigeante , et se retrouver , peut etre , sait on jamais , dans un de ces moments qui permettent à la pensée , aux vecteurs idéologiques des empires , d’evoluer vers une prise en compte du problème energetique , en quelques sorte , de détourner le cours de ce torrent . Ce serait pour moi , la version engendrant le moins de casse dans ce monde.

                    GRL.


                  • fouadraiden fouadraiden 6 février 2007 17:40

                    ok,c’était juste pour vous dire de ne pas s’en remettre nécessairement aux propos d’historiens,vous l’aviez fait ,j’etais donc dans l’obligation de vous contredire.soit.

                    sur les structures,certes.mais inutile d’y revenir ,vous savez qu’il existe ,meme à propos des sciences tres dures des theoriciens de « l’anti-structure »,illuste épistémologue

                    s’il sagit maintenant, à l’instar des climatologues ,de crier au danger ,pourquoi pas.

                    mais je vous rappelle que les climatologues ont sorti un dossier solide pour leurs prévisions.certains semblent déjà le contester

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