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Accueil du site > Actualités > International > L’Irak : jusqu’à quand ?

L’Irak : jusqu’à quand ?

Le bourbier a de l’avenir.

L’occupation américaine est un désastre. Tout le monde peut maintenant en convenir. Même au Pentagone ou dans le cercle rapproché de G.W. Bush, l’évidence s’impose cruellement. La question qui se pose maintenant est : comment en sortir ? Le tableau est sombre. Les objectifs étaient irréalistes, les intérêts exorbitants, les plans irréfléchis, la tactique incertaine, le suivi empirique. C’est la nasse. L’absolue incertitude. La nécessité de durer. Avec quelles perspectives ?

Lucien Samir, sans rire, nous annonçait récemment sur Agoravox une amélioration de la situation. La foi ne sauve plus les inconditionnels de l’intervention... C’est la débandade morale dans les milieux officiels US, qui n’est pas sans rappeler celle qui a accompagné la chute de Saïgon, toutes choses égales par ailleurs... Les trahisons succèdent au scepticisme, parfois publiquement affiché, même au plus haut niveau. "Wolfie", l’inspirateur de l’intervention, est amené à critiquer son maître pour finalement se retirer honteusement de la direction de la Banque mondiale.

Il semble qu’on assiste à la chute d’un empire qui n’a plus de souffle, de perspectives, d’ambitions, de moyens, comme le pronostiquait fort bien Emmanuel Todd dans son ouvrage : "Après l’empire" et comme le remarque fort justement notre ami et rédacteur JP Immarigeon dans son blog et son ouvrage :"American parano". On pourrait penser que la décision de se retirer ne dépend plus que du gouvernement US. Laisser sur place tout le matériel de guerre, trop onéreux à rapatrier, faire ses valises, et rentrer au pays , en laissant un champ de ruines... L’objectif pétrole n’a même pas été rempli, sur lequel avaient misé tant d’intérêts texans, la démocratie qu’on voulait naïvement exportée débouche sur un chaos indescriptible. Tableau sinistre.

Et pourtant le retrait n’est absolument pas possible , géopolitiquement parlant. Pas pour les raisons qui viennent immédiatement à l’esprit : ne pas perdre la face, ne pas abandonner un gouvernement fantoche et impuissant, ne pas laisser s’installer un chaos plus grand encore, voire une guerre civile déclarée qui risquerait d’embraser le secteur et donner à l’Iran des atouts dangereux." Tout le monde trouve son compte dans le désastre de l’occupation américaine : aussi bien les Etats arabes modérés que l’Iran ou la Syrie, aussi bien Israël que les groupes politiques irakiens". Ainsi s’exprime Hussein Agha, professeur chargé d’études sur le Proche-Orient à l’université d’Oxford, dans une tribune libre du Monde du 25 Mai 2007. La situation n’est pas près de changer, dans ce Moyen-Orient compliqué, en partie à cause de l’héritage postcolonial, en partie à cause de l’impérialisme économique US, en partie à cause de la montée des intégrismes, effets de cette vassalisation directe ou indirecte.

Malgré ses déclarations indignées, l’Arabie Saoudite n’a pas envie de voir partir d’Irak les Américains. L’état des opinions publiques pousse les Etats de la région à ne pas admettre un départ des troupes US. "Ils ont appris à utiliser la présence américaine pour promouvoir leurs propres objectifs", comme dit HG. Une défaite américaine affaiblirait les régimes proaméricains, en radicalisant l’opinion. Si les Etas-Unis partaient, un régime chiite en Irak ne tarderait pas à s’imposer, qui ne manquerait de nouer des relations avec l’Iran. Une partition de l’Irak pourrait se produire, suite au retrait US, ce que les Etats voisins verraient comme une menace. Cela risquerait de réveiller des tendances sécessionnistes endormies et une remise en question des frontières de certains pays arabes.

Les Etats dits "voyous", la Syrie et l’Iran, eux aussi, n’ont pas intérêt à voir les troupes US faire leurs bagages. L’armée américaine s’affaiblit à tenir ses positions en Irak, ce qui n’est pas pour leur déplaire. Les embarras de Washington sont une sorte d’assurance d’une non-intervention éventuelle. De fait, on voit depuis peu des tentatives de négociation avec l’Iran s’esquisser du côté de la Maison-Blanche. Embarras ou opération tactique ? Impuissance ou ruse entretenue ?

Les Kurdes irakiens sont plutôt avantagés par la présence US et la Turquie verrait d’un mauvais oeil la possibilité d’un Etat irakien allié à l’Iran . Israël considère que le retrait des troupes US serait catastrophique. Que la plus grande puissance du monde puisse échouer affaiblirait son image et ses alliances, surtout après sa démonstration de fragilité lors de sa guerre catastrophique au Liban en 2006. Le renforcement de l’Iran et de la Syrie ne favoriserait pas ses ambitions.

En somme, la perpétuation de la présence américaine arrange tout le monde localement. La Maison-Blanche et l’opposition démocrate en sont conscientes. Les chiites au gouvernement souhaiteraient que les USA restent assez longtemps pour consolider leur pouvoir et éviter la confrontation avec leurs rivaux. Pour les sunnites, les USA sont une protection contre le risque d’hégémonie des chiites. al-Qaida tire le plus grand bénéfice de l’occupation américaine. Les Kurdes n’ont pas envie que la situation change, à l’abri de la menace turque et arabe.

On le voit, la situation n’est pas près de changer si la logique actuelle ne se modifie pas. On a affaire à un gigantesque jeu d’échec où la modification d’un élément peut entraîner une réaction en chaîne imprévisible et lourde de conséquences. Jeu pervers, qui se révèle être pour les USA un piège infernal. Comme les GI sur un terrain qu’ils ne connaissent pas, au cœur d’une culture qu’ils ignorent superbement, progressant sans visibilité, alourdis par un équipement technologique aussi sophistiqué qu’inutile, les USA sont sans perspectives, malgré leurs moyens, condamnés à l’immobilité, à la gestion au jour le jour d’une situation qu’ils ont eux-mêmes provoquée et qu’ils ne maîtrisent pas."Ils se voyaient en manipulateurs ; ils sont devenus manipulés. Le tout illustrant ce vieil adage arabe : "La magie s’est emparée du magicien" (Hussein Agha)

Et l’ONU dans tout cela ?...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_en_Irak

http://paxhumana.info/fr.php3

http://fr.news.yahoo.com/dossier/irak.html

Cyberpresse



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313 réactions à cet article    


  • Marie Pierre 1er juin 2007 09:54

    Bonjour Zen,

    Votre constat est, hélas pour la Paix, très lucide.


    • La mouche du coche La mouche du coche 1er juin 2007 13:19

      Hum, smiley je pense plutôt pour ma part que la présence américaine en Irak a empêché les intégristes de prendre le pouvoir dans le golfe. smiley


    • ZEN zen 1er juin 2007 14:02

      @ La Mouche

      Je crois que vous prenez les effets pour les causes...La politique US dans le MO, bien avant cette intervention, n’a fait que renforcer, voire même favoriser les radicalismes et les intégrismes. L’histoire a commencé en Afghanistan, vous vous souvenez ? Qui a armé, instrumentalisé les islamistes basés au Pakistan ?...Bonne révision !...


    • ZEN zen 1er juin 2007 14:21

      @ Zeus irae

      Vous pouvez ne pas partager les conclusions de JP Immarigeon. Je ne saisis moi-même pas toujours les méandres de sa pensée, mais je crois que sur l’essentiel, il a raison en mettant en évidence les tropismes de la politique étrangère US depuis sa fondation.(Ce que N.Chomski avait analysé avec justesse et documentation :« De la guerre comme politique étrangère des USA »)

      « America’s generals have repeated the mistakes of Vietnam in Iraq » lit-on dans le document que vous citez.

      Au ch.9 de son livre JPI souligne bien l’incroyable incurie de ce pays pourtant si admiré par son efficacité, en période de crise.Il donne des ex. trés précis en n’oubliant pas de souligner, ce qu’il ne faut jamais oublier, que l’économie de guerre est en grande partie financée par l’étranger« grâce à ses investissements et aux achats de dollars et de bons du Trésor »(p.205), comme le signalait plus haut Le Furtif.

      Il ne faut pas oublier relire les analyses d’Emmanuel Todd, « cum grano salis »...


    • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 1er juin 2007 15:32

      Bonjour,

      Dire que l’intervention américaine en Irak est la cause de la monté de l’intégrisme dans le monde n’est qu’un postulat tout à fait arbitraire. Je vous rappelle que les attentats du 11 septembre ce sont déroulés bien AVANT l’intervention en Irak et sont pour partie la cause de l’intervention.

      La monté de cet intégrisme remonte surtout à l’arrivée des mollah en Iran après d’innombrables péripéties dont vous trouverez ici les détails et certains occidentaux en porte la responsabilité comme vous pouvez le voir dans cet article.

      D’autre part si la France de Chirac/Villepin à refusée de participer à l’intervention en Irak ce n’est bien sûr pas par amour de la paix mondiale mais simplement pour préserver un de ses plus gros clients tout en se mettant dans les poches les largesses de Saddam Hussein avec la complicité de l’ONU et du scandale pétrole contre nourriture.

      Mais le chaos en Irak tient plus AUJOURD’HUI à l’ingérence iranienne qu’aux américains dont le but désormais est de sauver les meubles. Ceux qui se refusent de voir la dangerosité de l’Iran pour la stabilité, non seulement du Moyen-Orient mais aussi de l’Afrique (Soudan, Somalie, Tchad) et par extension dans tout le mode libre, font preuve de myopie ou d’un strabisme volontaire.

      Pour conclure est-ce que Liberté, Égalité, Fraternité, existent dans l’Islam intégriste, posez-vous la question. Est-ce que ce sont des valeurs humaines universelles capable de conduire de notre monde vers la paix et la justice, je vous laisse le soin d’y répondre.

      Cordialement.


    • ZEN zen 1er juin 2007 15:43

      @ Bateleur

      « Dire que l’intervention américaine en Irak est la cause de la monté de l’intégrisme dans le monde n’est qu’un postulat tout à fait arbitraire. Je vous rappelle que les attentats du 11 septembre ce son »

      Je n’ai pas dit cela . Je répondais à La Mouche et à son interprétation réductrice. Les choses sont évidemment plus compliquées...Si vous voulez une approche approfondie et nuancée, lisez Olivier Roy :« L’islam mondialisé »(Seuil).

      Quant au régime iranien actuel, je ne le porte pas dans mon coeur...mais je connais aussi l’histoire de ce pays et les humiliations qu’il a subies de la part des anglo-américains , déjà à cause du pétrole..L’affaire Mossadegh, vous vous rappelez ?


    • ZEN zen 1er juin 2007 15:55

      @ Perditadeblanc

      Merci de votre appréciation

      Mais votre envolée digne du prophète Jérémie ou de St Jean dans l’Apocalypse me laisse songeur.Je ne suis pas trés fort en herméneutique biblique. Une traduction en clair s’imposerait pour tout le monde et pour le profane que je suis...Merci.


    • Dominique Larchey-Wendling 1er juin 2007 15:58

      Les attentats du 11 septembre ont eu lieu pour que les guerres impériales pour le contrôle du pétrole au Moyen Orient soient acceptées par le peuple américain en particulier, et toléré par l’Occident en général. Qu’ils aient servi de prétexte est évident. Qu’ils soient d’origine interne au complexe militaro-industriel le sera bientôt aussi.


    • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 1er juin 2007 16:11

      Cher Auteur,

      Concernant l’affaire Mossadegh je vous ai mis un lien dans mon commentaire qui rapporte toute l’affaire, vous ne l’avez pas lu ?

      Quand aux humiliations beaucoup de peuples en ont malheureusement subies, sans pour autant vouloir mettre le monde à feu et à sang, donc l’islam intégriste iranien n’en a pas l’exclusivité lui justifiant d’imposer un quelconque prosélytisme.

      C’est en ce sens que la laïcité est une belle et grande chose qui permet la cohabitation des croyances en les respectant toutes même l’athéisme.

      Pour revenir à votre article il pose une bonne question, sachons y trouver TOUTES les réponses sans dogmatisme.

      Cordialement.


    • Nicolas Nicolas 1er juin 2007 18:20

      Reste une solution : un tire nucléaire massif..


    • La mouche du coche La mouche du coche 1er juin 2007 18:34

      Oui les choses ne sont pas simples.

      L’histoire montre que le renversement du Shah par les intégristes en Iran et leur arrivée au pouvoir n’ont pas pu être empêchés par les USA, malgré toute leur puissance. Nul doute que les USA ont voulu éviter qu’un autre pays de la région ne se radicalise aussi. Leur présence sur place empêche cela. smiley


    • Dominique Larchey-Wendling 1er juin 2007 18:53

      @ Bateleur

      « Quand aux humiliations beaucoup de peuples en ont malheureusement subies, sans pour autant vouloir mettre le monde à feu et à sang, donc l’islam intégriste iranien n’en a pas l’exclusivité lui justifiant d’imposer un quelconque prosélytisme. »

      C’est vous qui affirmez que l’Iran veut mettre le monde à feu et à sang. Rien dans l’histoire récente de ce pays ne montre que c’est là son objectif. Evidemment, ceci entre en contradiction avec les objectifs réels des néocons (contrôle du pétrole au MO) et c’est pourquoi ce pays est victime d’un bombardement incessant de propagande pour préparer le public occidental à accepter de vrais bombardements, qui évidemment « apporteront la démocratie et la liberté au peuple iranien. »


    • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 1er juin 2007 19:26

      Pauvre Dominique Larchey-Wendling vous voilà encore parti dans votre délire du « Grand Complot Impérialiste Américain » ouvrez simplement les yeux sur ce qui c’est passé au Liban avec le Hezbollah, en Somalie avec les Tribunaux Islamiques, en Irak justement, à Gaza avec le Hamas, vous trouvez à chaque fois l’Iran.

      A quoi va donc leur servir le plutonium qu’ils sont en train de produire en plus de l’enrichissement de l’uranium, les missiles balistiques achetés à la Russie et qu’il sont en train d’améliorer pour augmenter la portée ?

      Croyez vous que tout ça soit fait pour le bonheur du peuple iranien et la paix dans le monde ? - Mais bien sûr, selon vous c’est de la faute des américains. Vous me faites penser aux pacifistes des années 70 qui criaient « plutôt rouges que morts » ou aux pacifistes munichois de 1938 qui ont signés une paix qui allait faire 60 millions de morts.

      Qu’il est triste de rien apprendre de son histoire...


    • marc 2 juin 2007 01:14

      à Tarot

      Est-ce que Liberté, Egalité, fraternité existent aux USA ?

      Ce sont les USA, avec l’appui de ce que vous appelez le monde libre qui a organisé, recruté, armé, financé les musulmans intégristes en Afghanistan, au Pakistan et ailleurs, selon leurs intérêts du moment Quant aux régimes intégristes musulmans, ils sont tous pro américains et nos « amis »


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 juin 2007 02:31

      @ La mouche du coche. La meilleure défense contre l’intégrisme était Saddam Hussein. Avoir fait sauté cette digue apparait stupide. Je dis bien apparaît, car en réalité l’intervention américaine n’a même pas été vraiment réfléchie. Cheney a vu du fric à faire, les militaires un banc d’essai, Bush un succès facile. La triste vérité, c’est que le monde n’intéresse vraiment l’Amérique qu’en fonction de son impact sur l’économie et la politique interne des USA, comme la guerre des Gaules, pour Cesar, était surtout un bon sujet de bouquin et une marche vers sa prise du pouvoir à Rome. C’est pour ça que, pour savoir ce qui arrivera en Irak, suivez la présidentielle américaine http://www.nouvellesociete.org/5105.html

      Pierre JC Allard


    • souky.guinzeza 2 juin 2007 05:02

      Bonjour ! Le problème avec la solution du bombardement massif atomique est impossible pour 2 raisons au Président Bush et ses affidés :

      1. La bombe atomique leur priverait du coup du pétrole de cette zone dont le pillage est une des raisons endogènes de l’envahissement de l’Irak sans mandat de l’ONU.

      2. La bombe atomique ne fait pas couler du sang comme les armes conventionnelles. Or, il semble que le Président Bust et ses affidés qui sont des babylonniens, des anges déchus, ont besoin du sang qui coulent pour maintenir leurs aspects humains.

      En somme, a moins de se faire hara kiri, cette solution finale n’est pas envisageable pour ces démons !


    • Dégueuloir Dégueuloir 2 juin 2007 14:06

      :_(:_(:_(:_(


    • florides 2 juin 2007 18:30

      hors sujet


    • tvargentine.com lerma 1er juin 2007 09:55

      Les américains en IRAK ont le résultat de leur politique qu’il cherchait,l’anarchie et le chaos.

      Reconnaissons à la classe politique française (à l’exception De Mr Kouchner et Sarkozy) d’avoir eu une analyse juste.


      • Bourricot Bourricot 1er juin 2007 14:04

        Salut

        Vous croyez sans doute que la France a tenu cette position dans un souci de paix ?

        Non, la France ne voulait pas intervenir par souci économique : Le régime de Saddam Hussein était un gros client pour les fournisseurs d’armes de l’Exagone.

        Les raisons sont donc beaucoup moins reluisantes qu’on ne l’imagine. Mais je conçois tout à fait que dans tous les cas, il était primordial de ne pas faire cette guerre.

        Simplement, il faut relativiser les motivations de nos politiques sur cette question. Ils ne sont pas près d’être Bisounours. Chirac-Saddam, un vieux couple : cherchez, il y a quelques docus sur le sujet.

        A toute


      • Dominique Larchey-Wendling 1er juin 2007 14:24

        Les Etats, que ce soit la France ou les Etats-Unis n’agissent pas en fonction de la paix mais en fonction d’une évaluation de leurs intérêts. L’invasion et l’occupation Américaine de l’Irak, avec comme perspective un contrôle plus large de l’approvisionnement en pétrole du Moyen Orient, n’avait d’intérêt que pour les anglo-saxons et c’est pourquoi les autres, dont la France mais aussi l’Allemagne, la Chine et la Russie s’y sont opposé.

        La paix n’a pas grand chose à voir avec ça.


      • faxtronic faxtronic 1er juin 2007 17:00

        n’importe quoi bourricot, tu dis des conneries plus grosses que toi.


      • JEanlOu JEanlOu 2 juin 2007 16:56

        Non Bourricot dit l’exacte vérité.

        La France a effectivement défendu la bonne cause mais certainement pas pour les raisons avancées (parallèlement les Etats Unis n’ont pas fait la guerre pour les raisons avancées non plus).


      • debase 2 juin 2007 17:48

        A Bourricot et JeanLou

        Vos raisonnements sont beaucoup trop simplistes ! Vous oubliez un paramètre important : l’opinion publique. C’est elle qui à provoqué la fin de la guerre d’Algérie, du Viet-Nam, rien que cela

        Les français étaient très majoritairement contre l’intervention en 2003.

        Par contre, il parait qu’ils étaient à 75% pour une participation de la France à la 1ère guerre du golfe. Il y a de quoi être sceptique (d’ailleurs Chevènement avait démissionné...). Je pense qu’à l’époque l’opinion a été grossièrement manipulée par les médias qui étaient tous ouvertement favorables à l’intervention et par des faux ou pseudo-sondages au service de Mitterand.

        France-inter et autres nous avaient décrit les soit-disant horreurs commises par les soldats de Saddam au Koweit (qui formaient par ailleurs la ’3ème armée du monde’ nous disait-on), relayant en cela le témoignage mensonger d’une jeune fille originaire du Koweit devant le sénat américain.

        Je me souviens de cette phrase de Jean-Francois Kahn : « Les journalistes ont choisi leur camp ».

        Je doute fort qu’aujourd’hui B. Kouchner puisse nous entrainer à intervenir quelque part si l’opinion publique ne donne pas son aval...

        Reste que le citoyen doit désormais se montrer vigilant et critique au plus haut point et toujours craindre les manipulations médiatiques et l’intox orchestrée par certains journalistes au service d’on ne sait quelle cause ou les ’spin-doctors’ au service du pouvoir.


      • LE CHAT LE CHAT 1er juin 2007 10:02

        salut mon chtibuddha

        le moins qu’on puisse dire , c’est que c’est de pire en pire , et que le mois de mai fut le pire après celui du début de l’offensive et celui en 2004 de la prise de Falloujah

        voici un excellent site avec le décompte macabre pour nos amis les vautours http://icasualties.org/oif/


        • armand armand 1er juin 2007 10:17

          Cette politique désastreuse illustre plutôt les limites de la politique bushienne ultra-capitaliste : vouloir s’imposer par la force mais à l’économie surtout, que ce soit en envoyant trop peu de soldats, en les équipant mal et, surtout, en refusant d’envisager la conscription tout en décrétant cette guerre vitale pour les USA. De plus, les premières mesures prises par les proconsuls US, notamment le licenciement de toute l’armée irakienne, ont été une folie. A la limite, la situation pourrait être bien plus terrible. C’est terrible à dire, mais l’auteur de l’article ne semble pas au fait de la réalité militaire : l’armée U.S. ne s’affaiblit pas en Irak, malgré les pertes qui restent d’ailleurs bien inférieures à celles du Vietnam. Les témoignages nombreux montrent des hommes qui, pour la plupart, ne croient absolument pas à leur mission mais se rabattent sur leur professionalisme et le souci de leurs camarades. Et font preuve d’une grande capacité d’improvisation. Et si la pingrerie du gouvernement fédéral avait permis d’offrir aux soldats les protections qu’il leur fallait - notamment le blindage suffisant de leurs véhicules - la cause majeure de leurs pertes eût été atténuée.

          Ce que l’article montre bien, en revanche, c’est l’impasse : guerre mal engagée, certes, injuste, digne reflet d’une politique stupide qui a offert aux terroristes d’Al Qaeda leur plus beau cadeau : celui d’être traité en ’combattants’ et non en tueurs psychopathes passibles des tribunaux et des asiles psy, mais guerre dont il est impossible de s’extraire sans provoquer une catastrophe pus grande encore.

          Je suis moins pessimiste que vous, Zen : les Américains semblent avoir compris qu’il est de leur intérêt de traiter avec tous leurs adversaires, sauf avec Al Qaeda, bien sûr ; les sunnites les plus anti-U.S. commencent à se retourner contre les terroristes ; les USA et l’Iran se parlent ; un état prospère viable et stable existe dans les régions kurdes. Comme quoi le pire n’est jamais certain. Même si tout ce gâchis eût pu être évité.

          Et le jugement de l’histoire est parfois surprenante : Il y a 150 ans Lincoln a bien engagé une guerre féroce et destructive qui a coûté la vie à plus d’un demi-million d’Américains...


          • ZEN zen 1er juin 2007 11:23

            @Aramand

            Merci pour vos précisions. Je ne crois pas avoir fait preuve de pessimisme dans mon analyse, mais plutôt de réalisme. Je suis assez âgé pour avoir vécu de près des situations analogues qui paraissaient être des impasses insolubles : l’absurde guerre d’Algérie, dans laquelle j’ai été impliqué, le guerre du Vietnam, que j’ai suivi de prés...Tout situation , même la plus inextricable,finit par déboucher sur des « solutions », mais à quel prix !Le Furtif a parlé d’un syndrome de Stalingrad. C’est bien vu.En tous cas, les USA resortiront de cette folle aventure encore plus durablement affaiblis

            Il est vrai que la mort des soldats engagés ne mobilisent pas l’opinion us comme au Vietnam.Les classes moyennes ne sont pas directement affectées. Des engagés d’origine souvent étrangère(surtout latino) bien payés mais non motivés, qui font leur « job », comme vous dites.On ne parlent guère des nombreux supplétifs et mercenaires, souvent plus exposés,et on ne comptabilise pas leur disparition...

            Des ouvertures semblent c’est vrai, se dessiner.Mais il y a eu tant d’essais jusqu’ici, ou de simulacres... Une guerre avec l’Iran me semble improbable, contrairement à Morice, qui l’estimait imminente.Il y aurait trop à perdre, sur tous les plans. On peut se demander que vaut l’ouverture proposée par Condi ? Temporiser ? Ruser ? Les « alliances » ou rapprochement me semblent pour l’instant instables, purement tactiques...

            Mais je ne suis pas un proche des habitués de la Maison Blanche, je peux me tromper.


          • Jason Nicolas 1er juin 2007 14:34

            A plusieurs,

            L’issue américaine ne semble plus faire de doute, il faudra que les USA quittent l’Irak. En laissant des ruines, des cadavres, mais des familles organisées en clans, eux-mêmes organisés en tribus contrôlées par des seigneurs de la guerre. Et un nombre croissant de désespérés prêts à se sacrifier. Un peu comme en Afghanistan. Qui financera les forces brutales qui resteront sur place ? Ceux qui auront des intérêts dans la région : les pays voisins et les pays lointains, en raison du pétrole. La guerre civile va donc perdurer, jusqu’à ce que les belligérants se fatiguent, ce qui peut prendre très longtemps.

            « Le plus impardonnable des vices, c’est de faire le mal par bêtise », Beaumarchais.

            Ceux qui croient que les USA sortiront affaiblis se trompent. Il y aura quelques pirouettes diplomatiques, mais c’est tout. C’est le plus grand marché de capitaux du monde, avec une dette si colossale qu’elle fait peur à tout le monde. Leur contrôle sur les technologies de pointe, leurs capacités de recherches sont énormes. Ils sont indéboulonnables, et en tant que tels ils décideront de ce qui est bien et de ce qui est mal, et s’arrangeront pour avoir les applaudissements sincères, craintifs ou blasés des autres nations.

            L’Empire et son arbitraire continueront à régner sur une grande partie de la planète.

            Nicolas19


          • snoopy86 1er juin 2007 17:02

            @ Zen

            Je vous conseille le lien indisué par Le Chat

            Comme toujours aux USA on a une statistique ethnique et celle-ci vous contredira : blacks et latinos représentent environ 10% des pertes chacuns, les blancs 70%.


          • souky.guinzeza 2 juin 2007 06:05

            Il me semble que monsieur Nicolas se trompe fort bien sur la perennité des USA comme superpuissance. En effet, à la lumière des faits historiques liés aux Empires, dès que l’apogée est atteinte se suit souvent le déclin...

            Dans cette logique, il semble que l’apogée des USA est à son climax. Nous allons voir dès maintenant son déclin dont les prémisses sont entre autres :

            1. La perte du premier rang économique réel dont l’endettement colossal de l’Etat fédéral américain n’est que la conséquence.

            2. La perte de la suprématie militaire dont la réussite des attentats du 11 septembre n’est qu’une illustration grandeur nature à l’Hollywood.La débacle du Vietnam et bientôt la fuite du bourbier irakien ne sont que CQFD de ce tigre américain en papier comme le disait Mao Zedong.

            3. La perte de l’autorité morale. Ce qui faisait l’attrait des USA était le respect de principes moraux. Or avec l’avènement du bushman Bush, les principes moraux ont connu une violation quasi continue : l’élection truquée, la création de sociétés fictives de pillage comme Emron, l’unilatéralisme sans borne du mensonge politique (voire armes de destructions massives irakiennes), le rubicon de l’invasion de l’Irak sans mandat de l’ONU etc.

            En somme Jean Jacques Rousseau nous enseignait qu’aucune force n’est suffisamment forte pour ne point s’ériger en droit, par conséquent une grande majorité au monde n’accepte plus d’être menée en bateau par les américains. D’où par exemple la demande d’une nouvelle gouvernance internet, point focal de la suprématie de la technologie américaine, en fait le plus grand espion du monde ; tous les serveurs racines Internet étant contrôlés par les USA. De meme que la cessation d’une politique à gémométrie variable qui pose le véto pour Kyoto et le Tribunal pénal Internation pour les américains et applaudit Israël dans son refus des résolution de l’ONU en Palestine...


          • Jason Nicolas 2 juin 2007 11:06

            @ souky.guinzeza

            Le fait que les empires suivent, selon certains, une évolution comparable à celle des corps vivants est une comparaison tentante. Même si cette hypothèse avait quelque fondement, cela ne signifierait pas qu’aujourd’hui les USA en soient arrivés à ce point. Cela n’est pas démontré de façon irréfutable.

            Les prémisses du déclin dont vous parlez sont contestables. Je reprends vos arguments point par point. 1° Le premier rang économique de ce pays existe bel et bien. Rappelons pour mémoire que 60% des transactions commerciales dans le monde se font en Dollars. Le déficit budgétaire est financé par les surplus de capitaux engrangés dans les pays à croissance soutenue, et aussi le Japon. Rappelons qu’au dire des experts la dette des USA est si gigantesque que personne n’aurait intérêt à provoquer la chute du Dollar ; le risque de perdre tout son investissement est une évidence certaine. Maintenant, ne me demandez pas comment on en est arrivé là.

            2° Les attentats du 11 septembre n’ont pas remis en jeu la suprématie militaire des USA. L’avance militaire de ce pays en moyens conventionnels est énorme. Le 11 septembre fut une rupture dans la sécurité, et non une baisse de sa capacité de frappe. Non, les USA ne sont pas un tigre de papier, sinon ses opposants l’auraient dévoré depuis longtemps. C’est une situation que je n’aime pas, mais qui est bien réelle.

            3°La perte de l’autorité morale des USA. Autorité morale reposant sur les médias et des déclarations tonitruantes et tout à fait fictive. Rappelons pour mémoire les assassinats politiques (à l’intérieur et à l’extérieur), le Maccarthysme, le racisme persistant, l’intolérane dans beaucoup de domaines, l’injustice sociale et économique, la politique étrangère soutenant les régimes les plus pourris de la planète au titre qu’ils soutiennent les intérêts (politiques, financiers, économiques) des US, etc. La liste serait longue à laquelle on ajouterait que les USA ont été pratiquement continuellement en guerre depuis 1945. Il existe un « merveilleux » américain qui n’a rien à voir avec la réalité et qui se fait sentir à la télé et dans les salles de cinéma. Mais cela, on commence à s’en fatiguer.

            Je suis d’accord avec vous, les USA nous mènent en bateau, mais le problème est que c’est leur bateau, et que ni vous ni moi n’y changerons rien malgré nos souhaits. Oui, ils mènent une politique à géométrie variable, mais ce sont eux les géomètres et des tricheurs qui ont le pouvoir. Et à mon avis, cela risque de durer longtemps, hélas.

            Cordialement, Nicolas19


          • JEanlOu JEanlOu 1er juin 2007 10:35

            @L’auteur : « Et l’ONU dans tout cela ?. »

            Elle joue aux billes, comme d’hab ...


            • Bourricot Bourricot 1er juin 2007 14:11

              L’ONU c’est un échec monstrueux si on met à part les rares missions qu’elle a réussi à mener et les actions humanitaires de l’UNICEF (branche de l’ONU).

              Déjà son organisation n’est plus en phase avec les enjeux mondiaux d’aujourd’hui(même depuis toujours, ca été mal organisé) à l’image de l’ancienne SDN.

              Elle n’a pas réussi à éviter les guerres. Et même avec le temps, de puis sa création, les conflits se sont multipliés.

              Il faut comprendre que ceux qui décident, les 5 pays : USA, France, Angleterre, Chine, Russie ont des intérêts géostratégiques qui les poussent à utiliser leur veto. A l’image actuelle avec le Darfour, où la Chine refuse toute intervention de l’ONU.

              En gros, jamais de décision sérieuse est prise. Les résolutions sont rarement incisives. Et quand elles ne sont pas pleine de compromis, elles ne sont tout simplement pas respectées.

              Pourtant, une telle organisation mondiale pourrait faire des miracles si chacun y mettait du sien. Et déjà, en abandonnant cet inadéquat conseil de sécurité ou en l’élargissant(largement) et en y adoptant un vote par majorité qualifiée.


            • JEanlOu JEanlOu 1er juin 2007 15:52

              L’ONU c’est un peu un Munich quotidien


            • faxtronic faxtronic 1er juin 2007 17:04

              cela veut rien dire, un much quotdien, c’est un slogan vide et con.

              Nenamoins il est vrai que l’ONU ne peut pas faire grand chose, car les interets des grandes puissances sont forcement divergents, et comme elles ont au pouvoirs... L’ONU est neanmoins une tribune d’expression, un lieu de rencontre, mais surement pas un quartier general d’une volonté unie. C’est aussi un lieu ou les rares decisions sont legales devant tous sur la planete, ce qui n’est pas negligeable.


            • LE CHAT LE CHAT 1er juin 2007 11:08

              @furtif

              bien d’accord avec toi mon ami , si tout ce bel argent était investi dans les pays qui en ont besoin dans des projets d’économie durable et respectueux de l’environnement , que de progrès !


            • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 1er juin 2007 11:29

              Nous n’avons pas fini de spéculer sur la présence américaine en Irak car les Américains eux-mêmes, à partir du président et du secrétaire américain à la défense, souffle le chaud et le froid. M. Robert Gates confirme qu’une évaluation de la stratégie américaine en Irak était toujours prévue en septembre mais qu’il réfléchissait au-delà sur la présence américaine dans ce pays sur le long terme. Baker-Hamilton avait proposé une réduction graduelle des forces américaines en laissant en Irak un petit contingent pour protéger les frontières et pour combattre Al-Qaïda. Le président américain dit s’attendre à d’intenses combats dans les semaines et les mois à venir.

              Au moins 3.471 soldats et personnels assimilés américains sont morts en Irak depuis l’invasion de mars 2003, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres du Pentagone. Pendant ce temps, le rapt des Britanniques, perpétré en plein jour dans un bâtiment officiel du ministère des Finances au centre de Bagdad, a porté un nouveau coup au plan de sécurité massif lancé à la mi-février et pour lequel plus de 85.000 hommes, Américains et Irakiens, ont été déployés dans la capitale.

              Je partage entièrement votre analyse : «  la situation n’est pas près de changer si la logique actuelle ne se modifie pas. [...] Jeu pervers, qui se révèle être pour les USA un piège infernal. »

              Pour Claude Salhani, du Conseil national de la Résistance iranienne, « les Américains croyaient que l’expédition irakienne allait être une partie de plaisir et que les G.I. allaient être accueillis à bras ouverts, aspergés d’eau de rose, de riz et de fleurs, comme le veut la tradition. La réalité, nous le savons, fut toute autre. Et les Iraniens qui pensaient également que la conversion de l’Irak en République islamique allait être une tâche beaucoup plus facile, prennent aussi conscience de la difficulté de la tâche. La question est maintenant de savoir qui aura le plus de pouvoir pour rester : Washington ou Téhéran ? »

              Excellent article. La rigueur des hypothèses vient appuyer le corpus pour le rendre des plus crédibles.

              Pierre R.


              • Darkfox 1er juin 2007 12:14

                Bon article, bien réaliste mais vous oubliez en plus les lobby de l armement et des sociétés de mercenaires et de protection qui poussent aussi à rester car avec les sommes investis ses dernières années le nombres de sociétés « de protection » a explosé et les sociétés d’armement arméricains tournent à plein régime... bref une partie de l’économie américaine veut que sa continue aussi..

                On en arriverait à dire que finalement avec Saddam C’était mieux...

                En tout cas on est reparti pour une région ravagée pendant encore une bonne dizaine d’année minimum et un peuple irakien bien diminué... Le libérateur a fait pire que le tyran...

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