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Les Etats-Unis en Asie Centrale

La plus grande puissance impérialiste serait-elle en train de se faire bouter hors d’Asie Centrale ? Alors que certains raniment les vieux démons de la guerre froide, tel Mitt Romney désignant la Russie comme « ennemi public n°1 », que l’avancée du bouclier de l’OTAN en Europe menace l’éternelle rivale des Etats-Unis, qui souhaitent d’ailleurs étendre sa portée à l’Ukraine et à la Géorgie, la guerre fraîche, à défaut de la guerre froide, semble ne plus relever du fantasme. Contrairement à ce que certains aimeraient nous faire croire, Le Grand Echiquier de Zbigniew Brzezinski n’a jamais cessé d’être représentatif des relations internationales. Et c’est dans cette région d’Asie Centrale prise dans sa plus large définition qu’un tournant de la gigantesque partie d’échecs est peut-être en train de s’opérer.

A l’effondrement de l’URSS, les satellites de l’empire déchu, déçus par ce que n’avait pu leur offrir le bloc soviétique et désireux d’émancipation, ont souvent trouvé en les Etats-Unis un interlocuteur puissant de premier choix susceptible de les aider à sortir de leur misère économique. Vingt après, la situation dans la région a changé : la Russie relève fièrement la tête, la Chine et l’Inde, malgré leur rivalité, sont devenues des acteurs sans lesquels on ne peut pas ne pas compter, et certains régimes comme l’Iran ont connu un essor fulgurant leur permettant de prétendre, malgré le contexte géopolitique, à un poids accru. Petit tour d’horizon de l’actualité.

La guerre menée en Afghanistan par l’OTAN commence sérieusement à taper sur les nerfs de son président, Hamid Karzaï. C’est en tout cas ce qu’il a récemment déclaré, se disant « au bout du rouleau », après que les soldats atlantistes ont tué de nombreux civils et que les drones états-uniens semblent tirer aveuglément sur tout ce qui a forme humaine. Il a en outre demandé à ce que les troupes de l’OTAN se replient au sein de leurs bases et a assuré préférer que la force atlantiste se retire dès le début de l’année 2013 et non à la fin de l’année 2014 comme il était initialement prévu, afin que son pays assure lui-même sa sécurité territoriale. La population ne tolère de toute façon plus les excès de l’armée états-unienne, entre incendie du Coran ou folie meurtrière de certains soldats, Hillary Clinton reconnaissant elle-même que la situation n’est plus sous contrôle.

C’est à peu près le même ras-le-bol au Pakistan malgré la large aide financière que ce dernier reçoit : les drones états-uniens font de nombreuses victimes civiles et le gouvernement en place ne semble plus en mesure de le supporter. Sur ce point, le peuple rejoint le gouvernement, alors que des manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes se font de plus en plus coutumières et demandent tout simplement la rupture des relations entre Islamabad et Washington. Le Pakistan a par ailleurs apporté son soutien diplomatique et militaire à l’Iran en cas de conflit avec les puissances occidentales, assurant qu’il ne permettra pas que les bases états-uniennes du Pakistan servent de support à une attaque contre elle. Les relations entre les deux pays se sont également renforcées économiquement avec un projet commun de gazoduc. Concrètement, ce gazoduc relierait l’Iran, le Pakistan et l’Inde ou la Chine. L’Inde semble en effet avoir du mal à passer outre ses différents avec Islamabad, alors que l’Iran presse New Delhi de se décider, ce qui est plutôt compréhensible au vu de la répression économique exercée contre le régime iranien. Quel que soit le dernier compère retenu, le projet se fera sûrement, et avec, de surcroît, une participation financière des Russes. Ce projet embarrasse de toute évidence les Occidentaux, et Hilary Clinton en premier lieu, qui n’ont cessé de menacer le Pakistan, pays sur lequel les Etats-Unis croient encore avoir le plus d’influence dans la région, de sanctions économiques s’il venait à concrétiser sa participation à ce projet. Des menaces qui n’ont pas impressionné le gouvernement pakistanais bien décidé à s’émanciper de la tutelle états-unienne encombrante et mortelle pour son peuple, comme viennent le confirmer les récentes déclarations du premier ministre pakistanais Youssouf Raza Gilani. 

Elu à la tête du Kirghizistan en décembre dernier, Almazbek Atambayev n’a pas attendu longtemps pour faire savoir aux Etats-Unis qu’il n’appréciait guère plus la présence sur son sol de la base militaire états-unienne de Manas. Il annonce à ce propos qu’il ne permettra pas le maintien de cette base après 2014, date jusqu’à laquelle un traité entre les deux pays réservent le contrôle de la base aux Etats-Unis. Tout récemment, de faux rapports sont apparus dans la presse kirghize visant à tendre les relations avec son voisin russe. L’un deux prétendait que la Russie voulait accueillir sur son sol des troupes de l’OTAN, leur fournissant une base aérienne. L’autre que le gouvernement kirghize ne voyait pas d’un bon œil les relations économiques avec la Russie. Si l’on s’abstiendra de toute spéculation à propos des véritables fins de ces rapports, ils n’auront fait en tout cas que renforcer les relations entre les deux pays, chacun ayant démenti formellement les accusations parues dans la presse. La Russie en profitera pour saluer la décision du président kirghize à propos de la base de Manas, affirmant que c’était le signe que le Kirghizistan avait su reconnaître ses « relations alliées ».

Le gouvernement du Tadjikistan ne semble pour sa part pas prêt à suivre les directives économiques imposées par Washington et visant l’Iran, qui handicaperaient fortement sa propre économie. Très pauvre, ce pays ne peut se permettre de se passer de relations économiques avec l’un de ses plus importants partenaires. Alors que le Tadjikistan a accepté de soutenir les Etats-Unis pour leur intervention militaire en Afghanistan, il ne semble toutefois pas prêt à se suicider économiquement pour les beaux yeux de ceux qui n’ont finalement pas grand-chose à leur promettre. Au contraire, l’Iran, pressée économiquement, et à la recherche de nouveaux projets lui permettant d’échapper aux répressions économiques imposées par le camp occidental, flatte les tadjiks avec notamment des projets de liens ferroviaires, énergétiques et d’approvisionnement en eau, soutenus également par le Pakistan qui est décidément l’un des meilleurs alliés de l’Iran du moment. 

L’Ouzbékistan se montre quant à lui actuellement de moins en moins coopératif avec les Etats-Unis, notamment en ce qui concerne l’acheminement de ravitaillements pour les troupes de ces derniers en Afghanistan. Ils réclament entre autre plus d’argent de la part des Etats-Unis. Il semblerait que l’Ouzbékistan se soit donc rangé du côté de Moscou sur la question, dont on peut subodorer qu’elle essaie par des moyens aussi économiques que diplomatiques de précipiter le retrait des troupes états-unienne d’Afghanistan. L’Ouzbékistan a d’ailleurs, conjointement à la Russie, au Tadjikistan et à la Chine, participé au dépôt d’une résolution à l’assemblé générale des Nations Unies visant à assurer l’intégrité numérique des états, alors qu’Internet serait de plus en plus utilisé par les Etats-Unis pour promouvoir les mouvements qui servent l’administration de Washington, parmi lesquels on pourra citer les printemps arabes ou encore les démonstrations anti-Poutine. 

Si l’actualité est plutôt calme du côté du Kazakhstan et du Turkménistan, ces deux pays ne semblent pas particulièrement favorables à l’hégémonie occidentale dans la région, bien que laissant à disposition des Etats-Unis des infrastructures militaires. Il en va tout autrement de l’Azerbaïdjan et de la Géorgie. Le premier a toujours entretenu une relation privilégiée avec Israël, notamment par un commerce fondé sur l’échange de pétrole contre des armes. Plusieurs hauts responsables de l’administration des Etats-Unis viennent tout juste de déclarer qu’Israël aurait de plus accès à des bases militaires en Azerbaïdjan qui pourrait lui permettre d’initier d’éventuelles frappes sur l’Iran bien que le gouvernement azéri ait formellement démenti. Suspens donc. La Géorgie quant à elle, a été le théâtre d’un affrontement avec la Russie en 2008. Dans un article de février dernier, Vladimir Poutine condamne d’ailleurs ce qu’il considère – il le dit sans ambages – comme des conflits volontairement initiés aux frontières russes par les Occidentaux… 

L’empire états-unien semble donc bel et bien perdre de son influence dans cette région sans connaître de véritable victoire, même s'il y garde quelques alliés proches de l'Europe. Un affaiblissement du régime iranien pourrait sembler être un bon frein à l’émancipation économique de l’Asie Centrale alors que ce dernier est porteur de nombreux projets dans divers domaines tels que les transports ou l’énergie. Les sanctions qui se font actuellement contre l’Iran n’ont pourtant l’air d’être qu’assez peu efficaces, même si l’ayatollah Khamenei a récemment invité les Iraniens à acheter « made in Iran ». Il faut dire que l’Inde, dont les Etats-Unis aimeraient sûrement exploiter la rivalité avec la Chine, ne s’est pas privée d’acheter son pétrole iranien directement en or, ce qui pourrait presque donner certaines idées à d’autres états peu favorables aux Etats-Unis et trouvant le dollar encombrant. Quoiqu’il en soit, les récents événements ne font certainement pas le bonheur des Etats-Unis en Asie Centrale, qui se retrouvent à espérer déstabiliser la région par le proxy qu’est l’Iran. Pourtant, les Russes et les Chinois ont bien mis en garde les Atlantistes contre toute intervention militaire à son encontre, Vladimir Poutine, l’homme fort de la Russie, allant jusqu’à menacer : "les conséquences [d’une intervention militaire contre l’Iran] seraient véritablement catastrophiques, leur portée impossible à imaginer..."

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62 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 4 avril 2012 08:45

    Les USA ont parsemés le monde de cadavres, des populations exterminées au Laos, des charniers en Colombie, des coups d’états au Chili, en Argentine, en Indonésie, des guerres en Irak, en Afghanistan, des enfants qui sautent sur les mines disséminées un peu partout, d’autres qui naissent mal formés suite à l’agent orange et d’autres saloperies comme l’uranium appauvri déversé par millions de tonnes. Dans quels endroits du monde n’y a t-il pas de victimes de l’impérialisme américain ? En Europe, la Grèce et l’Italie en savent quelque chose....................
    http://2ccr.unblog.fr/2010/11/11/yankees-go-home/


    • kemilein 4 avril 2012 17:11

      de l’auteur : "déçus par ce que n’avait pu leur offrir le bloc soviétique et désireux d’émancipation, ont souvent trouvé en les Etats-Unis un interlocuteur puissant de premier choix susceptible de les aider à sortir de leur misère économique. Vingt après, la situation dans la région a changé : la Russie relève fièrement la tête« 

      je me permets d’ajouter a votre commentaire que :
      quoi qu’on pense de l’URSS, bien que de nombreuses »opinions« ne soient que fondées sur de la propagande et des légendes urbaines, les pays satellites de l’URSS n’ont absolument pas trouvé dans les USA un partenaire, ni même une quelconque aide.

      les faits ont la têtes dures, du temps de l’URSS ces pays vivants très modestement, »pauvrement« la majorité était rurale, l’autre ouvrières, mais ils avaient de quoi manger, de quoi se loger. c’était pas le paradis pour sur !

      a la chute de l’URSS les USA sont arrivé les talons claquants et on fait du chantage. ils ont libéralisé TOUT, absolument tout a été du jour au lendemain vendu, »privatisé", l’effet de cette merveilleuse aventure ? 40% de chômage, non plus des pauvres, mais des miséreux qui n’avaient meme plus de quoi se nourir.

      quand on parle au gens de ce temps nombreux sont ceux qui vous diront que du temps de l’URSS c’était mieux (même si depuis, les choses se son tassés)


    • Al West 4 avril 2012 17:16

      Kemilein,

      Tout à fait d’accord, les Etats-Unis n’ont fait qu’entretenir une illusion. Mais le voile se dissipe aujourd’hui et les pays de l’Asie Centrale ont tout intérêt à s’intégrer à une Union Eurasienne selon la vision de Poutine, qui leur permettra de se développer sans les inconvénients qu’avait la politique économique de l’URSS.


    • rastapopulo rastapopulo 4 avril 2012 20:08

      Une politique anti-développement des terres intérieurs pour affaiblir les nations est typique du financiarisme et du militarisme britannique. Le plus vieux empire encore sur pied (tout les colonies britanniques sont transformés en paradis fiscaux et sont sous l’autorité de la reine sans être jamais cité dans la liste noire du G20...) domine tout simplement la politique des USA, ne fût ce que culturellement.  Historiquement, c’est pourtant les USA qui avaient battu les britanniques avec de l’industrie et du protectionisme (soit le contraire du Free Trade !!!!).
       
      Le problème est que les USA sans réserve d’or avant Roosevelt ont été obligé de composé avec les banquiers britanniques malgré la victoire de Lincoln sur le sud esclavagiste. Les réseaux qui lient les USA aux britannique ont été assez puissant pour reprendre le pouvoir dès la mort de Roosevelt.


    • Georges Yang 4 avril 2012 09:31

      Les Russes ont l’intelligence de combattre les islamistes chez eux, mais de ne pas intervenir chez leur voisins musulmans. Résultat, ils arrivent à faire du commerce et ne sont pas trop mal vus par leurs voisins
      Pour eux, la non ingérance est une forme de pragmatisme, les USA n’ont pas encore compris cela
      Article qui hélas va passer inaperçu face aux élucubreations de Morice et des Mélancholâtres


      • Pierre Pierre 4 avril 2012 09:55

        Je suis totalement d’accord avec vous. Heureusement que certains auteurs sur AgoraVox se donnent la peine d’écrire des articles qui sortent de la banalité quotidienne. 
        Et cet article a eu beaucoup de votes négatifs en modération ! Incompréhensible !


      • pens4sy pensesy 4 avril 2012 12:31

        @ yang

        Quelle indécrottable et puante morgue.


      • jef88 jef88 4 avril 2012 13:48

        Les avant-derniers en Afganistan c’était ...... l’URSS !!!!
        ON (?) a même utilisé Ben Laden pour la chasser !!!!!!!!


      • Ariane Walter Ariane Walter 4 avril 2012 15:55

        Très explicable étant donné le nombre de rédacteurs pro sionistes et pro US.


      • Pierre Pierre 4 avril 2012 09:40

        Merci pour ce tour d’horizon des enjeux géostratégiques en Asie centrale. 
        La première carte est bien illustrative de la position géographique des différents pays de la région.
        Il est clair que les plus faciles couloirs de pénétration seraient l’Afghanistan et surtout l’Iran.
        Le couloir par la Géorgie, l’Azerbaïdjan et la mer Caspienne est devenu plus problématique depuis que les Russes sont installés dans le sud du Caucase et aussi parce que le statut de la mer Caspienne n’est pas encore défini. C’est pourquoi le statut quo convient bien aux Russes et aux Iraniens.
        L’Afghanistan sera toujours un partenaire difficile et est enclavé entre l’Iran et le Pakistan, deux États courtisés par la Chine. A moins de favoriser une scission du Baloutchistan pour avoir un accès direct à l’Afghanistan, la partie est mal engagée pour les États-Unis.
        Voilà certainement la raison pour laquelle les États-Unis cherchent à provoquer un changement de régime en Iran. La menace atomique n’est destinée qu’à masquer le véritable motif aux yeux de l’opinion publique occidentale. Le contrôle de l’Asie centrale est et reste l’objectif final des États-Unis.
        Le dernier et probablement insurmontable obstacle à ce dessein est l’arrivée de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie. C’est un énorme échec pour les États-Unis.
        Il a comme objectif prioritaire de créer une Union eurasienne (une reconstitution libérale de l’URSS) et il a les moyens pour le faire.
        Les États-Unis vont devoir montrer leur jeu s’ils veulent appliquer la théorie de Zbigniew Brzezinski et l’Europe sera une fois de plus prise entre le marteau et l’enclume.
        En tout cas, elle n’a rien à gagner dans cette partie de bras de fer qui se prépare.




        • Al West 4 avril 2012 12:15

          Oui tout à fait, j’ai hésité à en parler dans l’article mais j’ai finalement abandonné. Poutine a l’ambition de créer une union eurasienne, et il a vraiment les moyens d’y arriver. D’une part parce qu’il a le soutien indiscutable de sa population et est très respecté des autres chefs d’état. D’autre part parce que s’est installé dans la région une priorité : l’antiaméricanisme. Les états d’Asie Centrale commencent à comprendre que leur intérêt à long terme n’est plus avec le vieil Oncle Sam, et à mon avis, ils réussiront à passer outre les conflits avec leurs voisins s’il faut dégager les Etats-Unis.


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 avril 2012 11:13

          Il saute aux yeux que l’intérêt des Européen est de se dégager le l’influence atlantiste - manipulations financières scabreuses par la City de Londres et aventures militaires criminelles des USA - pour joindre son sort a celui de l’ex URSS que Poutine est a reconstituer. C’est cette union qui peut créer une troisième force crédible et empècher la polarisation Amérique vs Chine qui tôt ou tard finirait par un gigantesque conflit.



          • Pierre Pierre 4 avril 2012 12:24

            Merci pour votre lien et pour le rappel de l’importance décisive de l’opiniâtre résistance des peuples soviétiques en 1941 sans laquelle la victoire alliée aurait été plus que compromise.
            Imaginez les 85 % des forces allemandes supplémentaires alignées à l’ouest.et s’opposant au débarquement de Normandie. Le bocage normand n’aurait même jamais été atteint et il a fallu deux mois pour en sortir ! 
            Sans compter les ressources industrielles, agricoles et minérales supplémentaires qui auraient été à la disposition des Allemands ! 
            Le prix du sang que le peuple russe a payé pour faire face aux nazis n’est que rarement évoqué en Occident. On préfère se focaliser sur Staline et les crimes (bien réels) qu’il a commis. C’est lamentable !
             


          • Emmanuel Aguéra LeManu 4 avril 2012 18:22

            Oui. Très bon article au bout de ce lien. On oublie parfois que nous ne sommes que le résultat d’un formatage géostratégique que somme toute assez récent (2°guerre mondiale), que nous nous sommes un jour retrouvés « atlantistes », c’est à dire en géopolitique : « américains », simplement parce que le rideau de fer qui s’en est suivi passait à l’est de nos frontières. Ainsi se nomma-t-on : l’Ouest.
            Or nos racines sont de l’autre côté, tournez-virez vous n’y changerez rien.
            Il est écrit sur ma carte d’identité « type indo-europeen ». En matière de culture, on vous dira toujours que la racine a la forme de la ramure. Cultivons-nous sans oublier qui nous sommes ce qui devrait nous permettre de nous reconnaître dans nos différences et nos ressemblances.
            Les années d’ostracisme sont révolues et l’Europe, comme l’inversa l’autre, s’étend de l’Oural à Atlantique : et pas au-delà.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 5 avril 2012 01:49

            @ Pierre


             Quand on sortira des légendes et qu’on écrira l’Histoire, on dira que c’est l’URSS qui a gagné la guerre contre le nazisme et qui en a payé lourdement le prix. La contribution des Anglo-saxons a été une diversion bienvenue, mais bien marginale. La grande guerre des Américains a été contre le Japon, et si l’Allemagne n’avait pas déclaré la guerre aux USA pour respecter son traité avec ce dernier, il n’est pas du tout sûr qu’on aurait vu un G.I sur le sol européen.

            PJCA

          • jef88 jef88 4 avril 2012 11:31

            Avec du recul !
            La politique de De Gaulle, tant décriée à droite et à gauche avait du bon !
            exemples
            - sortie de l’OTAN
            - refus de la GB en europe
            - Union européenne


            • Tipol 4 avril 2012 12:04

              Ne vous laissez pas encore berner !
              Ce qui se passe en Asie, en Russie, En Chine... est conforme aux plans du nouvel ordre mondial.
              Pour instaurer leur tyrannie mondiale en cinq grandes régions principales, ils ne vont pas travailler quatre régions et laisser la cinquième, la Russie, la Chine, etc, pour dans 50 ans. Il y a longtemps que les plans sont en route.
              Les coalitions de Brics, de banques brics,... etc... tout ça correspond à la prise en main de cette région. Peu importe les politiques gestionnaires, les mondialistes installent leurs entreprises multinationales anonymes, installent leurs milliardaires, et les milliardaires locaux à leurs dessins,... milliardaires locaux qui meurent vite, jeunes, et à des taux incroyables.
              Ces peuples sont déjà dans des régimes de tyrannie depuis longtemps ; il y a juste des changements de propriétaires à effectuer.
              Au passage, ils emportent le Venezuela.


              • Al West 4 avril 2012 12:45

                Bonjour Tipol,

                J’entends souvent parler de cette théorie selon laquelle ce ne serait que du théâtre et qu’ils seraient tous d’accord pour instaurer une tyrannie mondiale. Je dois dire que je n’y adhère pas pour pas mal de raisons que je ne vais pas toutes retranscrire ici.

                - il existe des pays qui s’opposent à l’instauration de cette tyrannie, la Libye avait pour but de créer une Union Africaine avec sa propre monnaie, et s’émancipant du dollar. Les Occidentaux ne l’ont pas accepté, pourtant ça aurait dû aller dans le sens de votre théorie : fédération des états en Afrique, monnaie commune, etc. Le problème, c’est que Khadafi, bien que n’hésitant pas à avoir une fortune colossale et exerçant un régime que nous Occidentaux qualifierions d’anti-démocratique, œuvrait pour le bien-être de sa population. Les populations libyennes possédaient de nombreux droits sous Khadafi, voir ici. Autant dire que les atlantistes n’ont pas voulu que ça arrive...

                - Ahmadinejad est opposé à ce système, Poutine aussi. Les Russes sont encore plus au courant que nous des thèses selon lesquelles les Occidentaux voudraient instaurer une tyrannie mondiale. Mais ils votent Poutine en masse, Poutine qui a subi une campagne de désinformation incroyable avant ces élections. Poutine qui a pleuré le soir où le peuple scandait son nom à l’issue de son élection. Je pourrais parler de Poutine ici pendant des heures mais il est l’homme qui a redressé la situation de la Russie alors qu’au contraire Gorbatchev et Eltsine l’avait vendue aux Occidentaux. Gorbatchev est le plus haï des Russes, alors qu’on nous le présente ici comme l’homme de la fin de la guerre froide.

                - si tout le monde était de la partie, autant vous dire que vous y seriez depuis longtemps en tyrannie. Il aurait suffi de pas grand chose pour l’instaurer. Un bon crash économique est possible s’il est vraiment voulu, la seule chose qui l’empêche, c’est que les Occidentaux ne sont absolument pas sûrs de pouvoir tenir ça tant qu’ils n’ont pas un contrôle plus global en Asie. Sauf que les politiques des gouvernements asiatiques sont pacifiques. De la même façon, si la Chine était dans le coup, les Etats-Unis ne seraient pas furieux à l’idée qu’ils veulent garder leurs terres rares. Mais les Chinois ne sont pas débiles non plus, ils savent que les terres rares sont indispensables à l’armement de haute technologie comme les drones par exemple.

                - le seul argument qui va dans votre sens, et je respecte beaucoup Pierre Hillard pour le travail qu’il fait, mais là je pense qu’il déraille, c’est que Medvedev a présenté une monnaie commune en 2008. Mais encore une fois, avoir une monnaie commune ne veut pas dire tyrannie. Nombreux sont ceux qui prétendent que de toute façon il va falloir revenir aux métaux précieux, dont Fekete ou Jovanovic. Dans cette optique, une monnaie commune ne devient pas du tout absurde et n’est pas synonyme de tyrannie. Je trouve que Pierre Hillard s’emporte bien vite pour le coup, l’argument est assez maigre.

                Bon je suis désolé, la réponse est hyper-confuse, j’écrivais au fur et à mesure de ce qui me venait à l’esprit...


              • dom y loulou dom y loulou 4 avril 2012 14:13

                et bien abstenez-vous de tirer des conclusions sur votre manque de réflexion


                qui dit UNE monnaie commune dit UNE banque mondiale 

                et nos charmants fonctionaires sont déjà en train de laisser l’OTAN TOUS NOUS TUER au nom des dettes dont ils ne songent pas à se dépêtrer, croyant sans doute en recevoir quelque avantage

                comme nos médecins qui se voient offrir des *enveloppes" de cash servies par des hôtesses aguichantes et qui les transforment en GROSSIERS DEALERS DE POISONS sur lesquels ils reçoivent des pourcentages sur la vente !! 

                une seule banque mondiale et voici la fin de toute politique sociale, de toute indépendance du système économique déjà une vaste dictature qui asservit les peuples partout


                trop difficile à comprendre avec le fluoride qui rend apathique au point de nous apprendre à dire merci au codex alimentarius et d’accepter qu’on pervertisse ainsi toutes les productions alimentaires ??


                une totale grève générale pas pour l’avenir des gosses mais seulement quand on a le couteau déjà sous la gorge ? 

              • Al West 4 avril 2012 14:32
                qui dit UNE monnaie commune dit UNE banque mondiale

                Pas du tout d’accord. Je ne vois pas où est le lien. D’ailleurs, la proposition de Le Pen de revenir à un franc et une banque centrale française n’empêche pas de garder l’euro comme monnaie commune, par exemple. Après, je ne veux pas rentrer dans le débat Le Pen pro- ou anti-nom, bon si ok je vais le faire quand même smiley Les Le Pen sont anti-mondialistes, écouter les déclarations dans la presse de Marine ou voir le discours de son père :

                http://www.youtube.com/watch?v=0wNd19YhuuY

                Le seul argument utilisé par ceux qui pensent qu’elle joue faux-jeu, c’est la signature au Parlement Européen de la mise en place du grand marché atlantiste. A ça je répondrais que c’était une manière de se faire oublier des élites. Chacun pensera ce qu’il voudra mais j’étais profondément anti-Le Pen jusqu’à récemment, et puis je me suis intéressé à l’histoire de Jean-Marie Le Pen puis de sa fille. Le Pen était incapable de faire du théâtre, c’est ce qui l’a perdu. Sa fille au contraire, a compris que si elle voulait pouvoir faire quelque chose, il fallait couper avec toutes les relations tendancieuses (dédiabolisation du parti, refus de rencontrer Dieudonné dont le fils a pour parrain Jean-Marie Le Pen, etc.) Bref, ils ont des positions extrêmes sur certains points, mais à mon avis ils sont vraiment contre le mondialisme.

                Cette parenthèse ouverte et refermée, à propos du codex alimentarius, il a été accepté par quasiment tout le monde. Est-ce que vous pensez sérieusement que c’est une preuve que tous les pays sont mondialistes ? Même la Libye l’avait accepté. Khadafi vous trouverait bien présomptueux de penser qu’il oeuvre pour le mondialisme, depuis sa tombe. C’est tout simplement parce que ce codex voulu par les Occidentaux a été imposé au reste du monde, et le refuser, c’est se suicider économiquement. Ils n’ont pas eu le choix.

                Faites attention à ne pas sombrer dans la paranoïa non plus, ou ne pas la répandre volontairement ? smiley


              • rastapopulo rastapopulo 4 avril 2012 20:14

                Les liens entre la maison Rothschild et le Brésil, un pays qui n’abolit l’esclavage qu’en 1888, ne sont pas un secret. Aujourd’hui, l’homme des Britanniques au Brésil, c’est l’homme d’affaires de Sao Paolo, Mario Garnero, fondateur en 1975 de « l’exceptionnelle banque d’affaires », le groupe Brasilinvest, dont l’un des actionnaires est Banco Santander.

                De jour en jour, le carnet d’adresses de Mario Garnero s’est rempli de belles signatures. On y trouve l’ancien secrétaire au Trésor américain William Simon, le ministre de la Défense américain William Cohen, le banquier David Rockefeller, et plusieurs Présidents, dont Bill Clinton, Gerald Ford, Valéry Giscard d’Estaing ou encore l’ex-Chancelier allemand Helmut Schmidt.

                http://www.solidariteetprogres.org/Un-ver-dans-le-BRIC-II_06456


              • cancrela 4 avril 2012 12:30

                Excellent article
                Quand on sait que les USA ont attaqué l’Irak parce que Saddam Hussein refusait de vendre le petrole contre du dollar et que pour l’Afghanistan c’etait pour l’oeloduc.


                • Al West 4 avril 2012 12:51

                  J’ajoute une information toute récente dont je ne sais s’il faut la traiter avec paranoïa ou pas : la France rapatrie ces armements d’Afghanistan, en les faisant transiter par ... le Golfe Persique ! Alors je sais qu’ils sont obligés de passer par là pour revenir en France, mais le timing avec le rassemblement des Etats-Unis dans ce coin est quand même vachement troublant...


                  • Soi Même 4 avril 2012 13:02

                    J’ai mis tu temps à comprendre, de quoi il retournais dans cette affaire.
                    Certes ce que j’en dit va paraître soit naïf soit tiré par les cheveux.
                    En apparence nous avons l’affrontement deux synarchies. Celle de l’ancienne URSS incarné par Poutine et Medvedev.

                    la Président russe Medvedev présente la future monnaie du Nouvel Ordre Mondial
                    http://911nwo.info/2009/07/10/no-comment-la-president-russe-medvedev-presente-la-future-monnaie-du-nouvel-ordre-mondial/

                    Et de l’autre coté les État Unis pour terminé leur révolution Militaire qui officiellement à démarré en 11/09/2001, on besoin d’entretenir la tension International.

                    En cela,il y a rien de nouveaux. Ils reproduisent ce nous avons connus depuis la fin de la guerre de 45 qui à perdue sa raison d’être 1989 avec l’effondrement que bloc de l’Est, occasionnant la fin de la Guerre froide.

                    A cette époque, les pièces de l’échiquier avait été balayer, et si l’on fait attention, il y a eu pleins d’initiative social, politique à ce moment qui naissait avant d’être enraillé où court-circuité.

                    Nous assistions après le retour de la Puissance Russe, à la derrière phase de leurs machinations.

                    Qui se base, sur l’idée de foyer permanent de violence à travers le Monde, de terroriste apatride, qui veulent déstabilisé le Monde Occidentale.

                    Cette politique Mondial à réussie à tétanisé les États pris aux pièges d’alliance Transnational Militaire, Politique, Sécuritaire fait que nous sonnes liées à voir nos droits fondamentaux bafouées.

                    D’un autre coté, nous assistions à l’affrontement des deux tendances de la même synarchie.
                    Et le but à court termes est de remodelé tous le proche Orient en brisant le dernier foyer qui se révèle impénétrable à leurs vues.

                    Et que tous cela est juste la derrière phase à de conflit qui se prépare depuis longent temps.

                    Il est a noté, que la politique à toujours prédominé dans le monde Anglo - Américaime à été celle la plus détestable en Orient et en extrême Orient.

                    Et que le véritable confits est l’extrême Orient, et plus particulièrement la Chine et les pays limitrophe.

                    Je constate malgré, la politique du Général De Gaulle à voulue inversé cette tendance mortifère dans le Monde. Non seulement nos responsable y on renoncer, mais collabore activement à cette nouvelle réalité.

                    Il va sens dire que l’ensemble, des pays Européen vont se mordre les doigts. car en Europe nous avons perdue la maîtrise de notre destinée. Nous sommes dans la même situation Historique de la Grèce qui à été intégré à l’Empire Romain.


                    • JUILLARD MICHEL 4 avril 2012 13:19

                      c’est tout à fait vrai et il faudrait réécrire le bilan de la Russie pré-tzariste et post tzariste car lorsque j’entends des déclarations comme Colomb(maire de Lyon) comparant le programme de Mélanchon à celui de l’ex-union soviétique en disant que ce qui a échoué à l’époque ne pourra qu’ échouer demain c’est avoir une vision simpliste de l’histoire,car au contraire il y a eu des avancées brillantes en URSS,et ce malgré une guerre civile et deux guerres mondiales !


                      • Al West 4 avril 2012 14:09

                        Sur Poutine et Soljenitsyne, lire cet article :

                        http://rt.com/politics/columns/sergey-strokan-column/solzhenitsyn-elections-russia-putin/

                        Notamment :

                        So, all in all, it seems that Govorukhin’s new answer to the question “Who is Mr. Putin ?” is this : “Putin is not a regular autocrat, as he is widely described in the West. He is a leader driven by the logic of the centuries of Russian history, often misinterpreted and misunderstood. He is a leader who rose not to get into the traps of history and not to repeat the mistakes of the past at the cost of millions of lives. A leader capable of acting without hesitation, so that there will be no more revolutions, civil wars and social explosions.” It is remarkable that it was Solzhenitsyn, one of the most powerful Russian pens of the 20th century, who described those dark times of Russian history, including revolution and the Gulag : times which Putin doesn’t want to be repeated.


                      • Soi Même 4 avril 2012 15:00

                        < Alexandre Soljenitsyne furieux de l’intelligentsia ici en disant que c’est une jeune démocratie qui a besoin de l’autorité forte pour diriger le pays sur la bonne voie.>

                        Lisser La Russie Sous l’ Avalanche, d’Alexandre Soljenitsyne pour comprendre pourquoi, il plaidait pour le besoin l’autorité forte pour diriger le pays sur la bonne voie.
                        Il y a aussi un autre livre qui relate comment il s’est début entre d’une part le KGB et les service Nord Américain qui voulait le récupérer.

                        • Esquisses d’exil – Le grain tombé entre les meules, tome 2, 1979-1994, traduit du russe par Françoise Lesourd, (2005)


                        Et comment il est salie des deux cotés.

                        Et il ne surtout pas oublié le son discourt en 1978 à Harvard,

                        Le Déclin du courage.

                        http://www.reseau-regain.net/SoljenitsynePDF_file/soljenitsynePDF_files/2Gb10-SoljeSaPensee3-3.pdf


                        Et L’Erreur de l’Occident pour comprendre, il est tous à l’opposé de ceux qui servent de son image.



                      • Al West 4 avril 2012 15:13

                        Merci pour les liens Soi-Même, très intéressant.

                        Après lecture, il me semble que justement Poutine embrasse les idées de Soljenitsyne, ou l’inverse. Vraiment très intéressant le pdf qui commence avec le discours à Harvard.


                      • Soi Même 4 avril 2012 15:58
                        LE DÉCLIN DU COURAGE Date:1978 | 6 | 8                    Sélection et mise en page par l’équipe de Perspective Monde

                        Extraits du discours prononcé par Alexandre Soljénitsyne, prix Nobel de littérature(1970) à Harvard le 8 juin 1978. Il condamne alors les deux systèmes économiques -le communisme et le capitalisme. Il dénonce surtout la chute spirituelle de la civilisation.


                        "Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l’occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « VERITAS ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d’aujourd’hui contient une part de vérité ; je vous l’apporte en ami, non en adversaire.

                        Il y a trois ans, aux Etats-Unis, j’ai été amené à dire des choses que l’on a rejeté, qui ont paru inacceptables. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d’alors.(...)

                        Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance, à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin ?

                        Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l’homme, et que la vie de l’homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d’Indépendance.)Aujourd’hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s’est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu’il a cours depuis ces mêmes décennies.

                        Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d’avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l’Ouest les marques de l’inquiétude et même de la dépression, bien qu’il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n’ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.


                      • Soi Même 4 avril 2012 15:58

                        L’indépendance de l’individu à l’égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n’auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d’élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l’épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l’argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

                        Même la biologie nous enseigne qu’un haut degré de confort n’est pas bon pour l’organisme. Aujourd’hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux.

                        La société occidentale s’est choisie l’organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j’appellerais légaliste. Les limites des droits de l’homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois ; ces limites sont très lâches. Les hommes à l’Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l’aide d’un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout. Si quelqu’un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n’en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n’entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu’aux extrêmes limites des cadres légaux.

                        J’ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu’une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n’allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s’en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l’homme.

                        Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d’une structure sociale légaliste.


                      • Soi Même 4 avril 2012 15:59

                        Aujourd’hui la société occidentale nous révèle qu’il règne une inégalité entre la liberté d’accomplir de bonnes actions et la liberté d’en accomplir de mauvaises. Un homme d’Etat qui veut accomplir quelque chose d’éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n’a aucune chance de s’imposer : d’emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

                        Il est aisé en tout lieu de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l’Ouest, de défendre non pas temps les droits de l’homme que ses devoirs.

                        D’un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s’est vue accorder un espace sans limite. Il s’avère que la société n’a plus que des défenses infimes à opposer à l’abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d’horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu’ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L’organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...)

                        L’évolution s’est faite progressivement, mais il semble qu’elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l’homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu’il importe d’amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n’a pas disparu à l’Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (...)

                        La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage ? (...) Quelle responsabilité s’exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l’encontre de son lectorat, ou de l’histoire ? S’ils ont trompé l’opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l’Etat, avons-nous le souvenir d’un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le journaliste s’en tirera toujours. Etant donné que l’on a besoin d’une information crédible et immédiate, il devient obligatoire d’avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges s’installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d’opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d’Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l’intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c’est un slogan faux, fruit d’une époque fausse ; d’une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n’a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d’information. (...) Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l’Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d’idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d’esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d’intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d’une compétition mais d’une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.


                      • Soi Même 4 avril 2012 16:00

                        Sans qu’il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d’idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n’ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d’être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l’engouement à la mode. Sans qu’il y ait, comme à l’Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d’apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l’apparition d’un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m’est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes ... peut-être un professeur d’un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l’entendre, car les média n’allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux. (...)

                        Il est universellement admis que l’Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d’hommes à l’Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l’accusent de plus être au niveau de maturité requis par l’humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J’espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l’idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d’une telle alternative. (...) Mais si l’on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l’Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s’affaiblissent à l’Ouest, tandis qu’à l’Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d’anarchie, comme c’est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c’est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d’oppression, l’âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd’hui par les habitudes d’une société massifiée, forgées par l’invasion révoltante de publicités commerciales, par l’abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

                        Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d’Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C’est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

                        Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n’est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu’elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

                        Comment l’Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L’Ouest a continué à avancer d’un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s’est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l’erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l’époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l’humanisme rationaliste, ou l’autonomie humaniste  : l’autonomie proclamée et pratiquée de l’homme à l’encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d’anthropocentrisme : l’homme est vu au centre de tout.


                      • Soi Même 4 avril 2012 16:00

                        Historiquement, il est probable que l’inflexion qui s’est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l’épuisement, en raison d’une répression intolérable de la nature charnelle de l’homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s’écartant de l’esprit, l’homme s’empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s’est proclamée notre guide, n’admettait pas l’existence d’un mal intrinsèque en l’homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d’atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l’adoration de l’homme et de ses besoins matériels.Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l’accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d’une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d’intérêt de l’Etat et du système social, comme si la vie n’avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s’y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd’hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l’intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

                        Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l’homme individuels reposaient sur la croyance que l’homme est une créature de Dieu. C’est-à-dire que la liberté était accordée à l’individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l’héritage du siècle passé.

                        Toutes les limitations de cette sorte s’émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l’héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l’espace, du Progrès tant célébré n’ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n’aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

                        L’humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d’être utilisés d’abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que « le communisme est un humanisme naturalisé. » Il s’est avéré que ce jugement était loin d’être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d’un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l’égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n’est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l’Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s’agit d’un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l’Ouest et de l’Est aujourd’hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (...)

                        Je ne pense pas au cas d’une catastrophe amenée par une guerre mondiale, et aux changements qui pourraient en résulter pour la société. Aussi longtemps que nous nous réveillerons chaque matin, sous un soleil paisible, notre vie sera inévitablement tissée de banalités quotidiennes. Mais il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d’une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse.

                        Elle a fait de l’homme la mesure de toutes choses sur terre, l’homme imparfait, qui n’est jamais dénué d’orgueil, d’égoïsme, d’envie, de vanité, et tant d’autres défauts. Nous payons aujourd’hui les erreurs qui n’étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s’est enrichie, mais nous avons perdu l’idée d’une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.

                        Nous avions placé trop d’espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l’Est, c’est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde éclaté, c’est que les principaux morceaux en soient atteints d’une maladie analogue. Si l’homme, comme le déclare l’humanisme, n’était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n’en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d’acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l’accomplissement d’un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l’expérience d’une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n’y étions entrés.


                      • Soi Même 4 avril 2012 16:01

                        Il est impératif que nous revoyions à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n’est pas possible que l’aune qui sert à mesurer de l’efficacité d’un président se limite à la question de combien d’argent l’on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d’un gazoduc. Ce n’est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l’humanité peut s’élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

                        Quand bien même nous serait épargné d’être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l’intégrité de notre vie spirituelle ?

                        Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l’ère moderne.

                        Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter ... toujours plus haut."

                        Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978


                      • Al West 4 avril 2012 16:16

                        Ce discours est encore plus d’actualité aujourd’hui qu’en 1978 ! Un de ceux qui avait tout compris...


                      • pens4sy pensesy 4 avril 2012 13:48

                        Joli tour d’horizon de la situation actuelle en Asie Centrale.

                        Je suis d’accord avec l’analyse, la Russie reprend de l’influence. Influence qu’elle avait perdu après sa défaite en Afghanistan et l’éclatement de l’URSS,

                        Maintenant ce sont les Zuniens qui se brulent au même endroit.

                        Les forces bougent et c’est dangereux. Meme pour la France qui n’est qu’un pion sur cet échiquier.

                        C’est un peu comme le calme avant la tempête.


                        • dom y loulou dom y loulou 4 avril 2012 13:55


                          en plus de près d’un milliard de morts depuis onze ans au nom de mensonges gros comme des montagnes et l’agenda de dépopulation qui sévit PARTOUT AUTOUR DE NOUS

                          voici ce qu’a nourri « la glorieuse guerre contre le terrorisme » de wall street et son fiasco tous azimuts dirigé contre TOUTES les populations de ce monde


                           nous sommes tous GAZA sous l’emprise hypnotique des merdias lordesques où on rigole toute la journée

                          c’est fou ce que notre temps est drôle n’est-ce pas... 




                          • Georges Yang 4 avril 2012 13:59

                            L’idéal pour la France serait un retournement d’alliance, une sortie de l’OTAN et une alliance franco-russe comme au temps de Nicolas II avec tous les avantages commerciaux que cela implique pour les deux pays
                            Mais Hollande, s’il est élu ne sortira pas de l’OTAN

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