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Accueil du site > Actualités > International > Procès de la honte : Démocrates Tunisiens, d’ici et d’ailleurs, (...)

Procès de la honte : Démocrates Tunisiens, d’ici et d’ailleurs, à vos signatures !

1. Le Procès de la honte

Le Procès de la honte intenté contre Habib Kazdaghli, Doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (FLAHM) par les Courants Islamistes Tunisiens, y compris Ennahdha, Parti actuellement au pouvoir, via une étudiante niqabée interposée, va reprendre, le 25 octobre 2012, après la requalification, le 5 juillet 2012 lors de la première audience, par le Ministère Public, des faits qui lui sont reprochés, requalification qui peut conduire à la sentence de cinq années d’emprisonnement. Voir à ce sujet mon Article (et son premier Commentaire) intitulé " Tunisie : Il faut sauver le Doyen Kazdaghli ! "paru sur le Lien :

http://www.legrandsoir.info/tunisie-il-faut-sauver-le-doyen-kazdaghli.html

D’autre part, le Lecteur qui souhaite avoir un Historique exhaustif des événements ayant conduit à ce triste Procès, événements présentés par ordre chronologique, est invité à consulter mon Article (et ses 133 Commentaires , à ce jour) intitulé : " La nouvelle tendance du Ministère tunisien de l’Enseignement Supérieur ! ",se trouvant sur le Lien suivant :

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-nouvelle-tendance-du-ministere-107454

 

2. La FLAHM et son Doyen, Habib Kazdaghli, victimes emblématiques de la Wahhabisation du pays

En réalité, ce Procès, tout cousu de fil blanc, a un caractère éminemment politique, comme l’a soutenu, lors de de la première audience, Maître Mohamed Hedi Laabidi, membre (mandaté par la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme) de la pléiade d’avocats de la défense en affirmant : "Il ne fait aucun doute que le Gouvernement est impliqué dans ce Procès(…) C’est un montage, car le Doyen refuse de s’inscrire dans un modèle de société (…) contraire à la Modernité ". C’est un Procès qui s’intègre, naturellement, dans une stratégie visant la Wahhabisation lente et progressive de notre pays, pays caractérisé jusqu’alors par une Société Ouverte et un bien-vivre-ensemble trois fois millénaire. Cette stratégie a été, admirablement, exposé, par Rached Ghannouchi , Président-Fondateur-Guide-Suprême d’Ennahdha, dans une Vidéo filmée à son insu, mise en ligne le 9 octobre 2012 et massivement relayée, par la suite, sur Internet à travers les réseaux sociaux. Dans cette Vidéo, le Guide Suprême explique, de manière magistrale, à des leaders Salafistes barbus comment asseoir leur pouvoir " face aux laïcs (…) qui peuvent rebondir après leur échec [aux Élections d'octobre 2011 pour l’Assemblée Nationale Constituante] " en invitant les Salafistes à faire preuve de " patience " et de " sagesse ", car, dit-il, " les laïcs, bien que minoritaires, contrôlent encore les médias et l’économie (…) Quant à l’Administration, bien que sous le contrôle d’Ennahdha, elle est aussi entre leurs mains (…) l'Armée et la Police ne sont pas encore sûres [acquises à la cause des Islamistes] ". Le Guide Suprême a clairement conseillé dans cette Vidéo " d'extirper les laïcs des places fortes de l'Etat ", comme l’a souligné, le jeudi 11 octobre, le journal tunisien Le Quotidien qui note, en outre, que " le plus grave dans les propos [du Guide Suprême] c'est de dire que les Islamistes doivent impérativement écarter les laïcs (...) et mettre la main sur l'administration tunisienne et tous les rouages de l'Etat afin de pouvoir s'implanter et éviter de reproduire l'échec [des Islamistes] algérien" " les mosquées sont retombées dans les mains de laïcs et les Islamistes ont été de nouveau persécutés", dixit le Guide Suprême. Quant au quotidien arabophone Le Maghreb, il relève de son côté, le même jour, que par cette Vidéo, " La vérité du projet Salafiste de Rached Ghannouchi [est] dévoilé ". Cette Vidéo est parue sur YouTube en deux parties sur les Liens suivants :

http://www.youtube.com/watch?v=YlkvRiOZfL4

http://www.youtube.com/watch?annotation_id=annotation_924613&feature=iv&src_vid=YlkvRiOZfL4&v=fIKjw7l6PO8

Cette Wahhabisation a débuté en essayant de terroriser les Modernistes et de museler les Libertés, toutes les Libertés, valeurs inconnues chez les Islamistes de tous bords, comme je l’ai écrit dans un autre Article :

" Les Islamistes vécurent notre Révolution en spectateurs

De Londres, de Paris, de Qatar ou d’ailleurs

Ce ne sont que des Révolutionnaires de la vingt-cinquième heure

Dont l’attachement à la Démocratie n’est qu’un leurre

Pour tromper, dans leur quête du pouvoir, les électeurs,

Leurs éventuels alliés et les opinions publiques, intérieure et extérieure,

Les Droits et les Libertés, toutes les Libertés, étant à l’index dans le registre de leurs valeurs :

Droits de la Femme, Liberté de Croyance, d’Opinion, d’Expression, de l’Artiste, du Créateur,… "

Dans le cadre de cette Wahhabisation déclarée et de l’islamisation de la société tunisienne, pas assez musulmane au goût de certains, à commencer par le Guide Suprême, comme il l’a affirmé, plus d’une fois, en particulier dans sa fameuse Vidéo fuitée dont il est question ci-dessus, les Islamistes au pouvoir ont permis à leurs extrémistes les plus radicaux et les plus violents de prendre de force le contrôle de centaines de mosquées, d’organiser des rassemblements publics de haine et de violence, dominés par des prêches incendiaires et liberticides. D’ailleurs, comme ces rassemblements sont filmés, des centaines de Vidéo circulent sur le Web où figurent, nettement, les auteurs de ces discours de haine et de mort, auteurs qui demeurent, jusqu’à ce jour, libres et impunis. Et c’est ainsi qu’on a pu identifier, sur une estrade perché, un haut-cadre du Ministère des Affaires Religieuses lançant, lors d’un de ces rassemblements sur l’avenue Habib Bourguiba, les Champs-Élysées de la capitale, et à quelques dizaines de mètres du Ministère de l’Intérieur, un appel au meurtre à l’encontre de Béji Caid Essebsi, dernier Premier Ministre non Islamiste, dont le Gouvernement a su éviter le pire pour le pays, au lendemain de la Révolution, en le conduisant à bon port aux Élections d'octobre 2011 pour l’Assemblée Nationale Constituante. J’affirme cela, en assurant le Lecteur que je n’ai aucune sympathie particulière pour Béji Caid Essebsi. Qui plus est, j’ai toujours été un opposant au courant politique qu’il représentait, dans le passé. Plus généralement, les cibles préférées des Islamistes sont les Modernistes, sans distinction, qu’ils soient intellectuels, politiques, hommes de culture, journalistes,…,ou citoyen lambda, les artistes, les femmes et certains médias, mais, aussi, les débits d’alcool, les restaurants servant à manger au non-jeûneurs, pendant le mois de Ramadhan, les péripatéticiennes,…, les émissions radio-télévisées, généralistes ou culturelles, qui ne sont pas à leur goût, sans oublier les lieux de Science, de Savoir, de Culture et de Modernité dont la (double) victime emblématique fut, et demeure encore, la FLAHM et son courageux Doyen Habib Kazdaghli qui  refuse, depuis bientôt un an, de se plier aux exigences de la Feuille de Route de leur Projet obscurantiste. Cette Institution, qui se trouve dans la banlieue de Tunis, est, depuis toujours, à l’avant-garde du Courant Moderniste, Institution qui a vu passer d’illustres pionniers de la Pensée Universelle, en tant qu’enseignant ou enseigné, Tunisiens ou Étrangers, parmi lesquels on peut citer Salah Garmadi [poète, nouvelliste, dramaturge, linguiste et traducteur polyglotte (arabe, français et anglais)]et Michel Foucault (philosophe français, Professeur au Collège de France dont le nom de famille a donné l’adjectif " foucaldien " pour désigner tout ce qui découle ou s'apparente à sa pensée), Institution que les Islamistes ont décidé de sacrifier sur l’Autel de l’Obscurantisme, à la fois, comme avertissement, intimidation et ballon d’essai, sacrifice dont le but final est la levée de l’interdiction du Niqab dans les Universités, et, par suite, la levée de la mixité dans les établissements d’enseignement, de tous degrés, pour imposer, enfin, leur projet de société dont la pierre angulaire est l’interdiction, partout, de la mixité, rêve, pour ne pas dire fantasme, d’une frange importante d’Islamistes dont plusieurs Constituants.

Le plus grave et le plus significatif, c’est que cette tentative de sacrifice de la FLAHM se déroule avec la complicité, au départ implicite et, par suite, nettement explicite, du premier responsable qui est censé protéger cette Institution et son Personnel, à savoir Moncef Ben Salem, aujourd’hui, Ministre-Vedette-Islamiste de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et, hier, Cerveau du Coup d’État Islamiste avorté de 1987, Ministre qui, dès sa nomination, s’est auto-promu Professeur des Universités avec l’aide d’un Jury très spécial qu’il a concocté lui-même, tellement spécial qu’il comporte deux Islamistes dont un membre qui fut son propre colistier pour lesdites élections relatives à l’Assemblée Nationale Constituante. Voir à ce sujet mon Article intitulé " Trop c’est trop ! Monsieur Moncef Ben Salem, Ministre Tunisien de l’Enseignement Supérieur : Il est temps de partir ! " paru sur le Lien :

http://www.legrandsoir.info/trop-c-est-trop-monsieur-moncef-ben-salem-ministre-tunisien-de-l-enseignement-superieur-il-est-temps-de-partir.html

 

3. Les soutiens au Doyen Habib Kazdaghli, à l’artiste Nadia Jelassi et aux défenseurs des Libertés, toutes les Libertés

Suite à la première audience du Procès de la honte et de ladite scandaleuse requalification, par le Ministère Public, des faits qui sont reprochés au Doyen Habib Kazdaghli, un Manifeste International, intitulé " Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens " et dont les auteurs sont les Professeurs Marc FELLOUS et Robert Zittoun, a été lancé à travers plusieurs pays du monde. Le lecteur intéressé peut trouver(ou retrouver) ce Manifeste à partir du Lien suivant :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/300712/manifeste-de-solidarite-avec-le-professeur-kazdaghli-et-les-univer-0

Malgré les 1.300 signatures obtenues, à ce jour, par ce Manifeste International, dont des centaines sont très prestigieuses, ce soutien extérieur ne vaut rien sans une grande mobilisation intérieure et un soutien efficace émanant de Tunisiens, résidant en Tunisie ou à l’étranger. Aussi, l’Association de Défense des Libertés Académiques, élargissant le domaine de mobilisation et de soutien, a mis en Ligne, le 11 octobre 2012, un Manifeste, dans ses deux versions arabe et française, sous forme de Pétition, intitulé " Manifeste de solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli, l’artiste Nadia Jelassi et tous les défenseurs des Libertés académiques, de la Liberté de création et de la Liberté de presse " et ce, sous le Lien suivant :

http://www.petitions24.net/manifeste_de_solidarite_avec_habib_kazdaghli_nadia_jelassietc

Ce dernier Manifeste a pour destinataire les Tunisiens d’ici et d’ailleurs, qu’ils soient universitaires, artistes, journalistes, défenseurs des droits de l’homme, militants de la Société Civile ou citoyens préoccupés par l’avenir des Libertés dans notre pays. Si vous êtes un de ces destinataires, au diapason du contenu de ce Manifeste, je vous prie de bien vouloir le signer, en accédant au Lien (directement) ci-dessuset diffuser largement cet Article autour de vous.

Que vive notre Tunisie de la Liberté, de la Dignité, de la Démocratie et de la Justice Sociale !

Salah HORCHANI

 


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46 réactions à cet article    


  • Garrigue Garrigue 16 octobre 2012 18:41

    +1000 Wotan

    Quant aux bi-nationaux, pro identitaires dans leur pays d’origine et pro multiculturalistes dans le pays que les nourrit c’est le principe du « ce qui est à toi est à moi mais ce qui est à moi est à moi »...


  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 16 octobre 2012 18:48

    @ Wotan

    Tout d’abord, bienvenue à Agoravox où vous êtes, fraichement, inscrit depuis, seulement, le 14 octobre 2012 !

    Ensuite si on clique sur Wotan , on trouve que vous avez posté, depuis, 7 commentaires qui, comme celui-là, sont bien colorés, tout en étant hors-sujet !

    Alors, bonne continuation dans votre couleur et dans vos hors-sujet !

    Salah HORCHANI


  • Garrigue Garrigue 16 octobre 2012 19:24

    Mr Horchani,

    Afin de clarifier la situation je suppose que vous êtes tunisien (et pas franco-tunisien),  que vous êtes professeur d’université en Tunisie et que vous avez, bien entendu, participé au printemps tunisien...


    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 16 octobre 2012 19:25

      Ghannouchi, l’illusionniste

      Le doute a longtemps plané, il n’est aujourd’hui plus de mise. En tout cas plus concernant Rached Ghannouchi, chef emblématique des islamistes ¬d’Ennahdha, qui s’était pourtant évertué jusqu’ici à rassurer ses compatriotes et la communauté internationale. À longueur d’interviews ou de déclarations, il n’avait que les mots « tolérance », « ouverture », « modernité » et « liberté » à la bouche. Vantait sans cesse les mérites du modèle turc, jurait qu’il ne voulait rien imposer à qui que ce soit et que l’islam prôné par son mouvement ne devait inquiéter personne. Mais voilà, il s’est pris les babouches dans le tapis. Internet a fait le reste : il tombe le masque dans deux vidéos qui font désormais le tour de la Toile.

      Dans la première, il s’entretient avec deux salafistes. La seconde est un enregistrement téléphonique avec le cheikh Béchir Ben Hassen, figure des extrémistes religieux. En guise du « serrage de vis » à leur égard annoncé, Docteur Rached y cède la place à Mister Ghannouchi, et ses propos font froid dans le dos. En résumé, il reconnaît que les islamistes ne sont pas encore assez puissants pour imposer leurs vues, malgré le chemin parcouru depuis la révolution. Qu’il convient donc de « compléter ce capital en envahissant le pays avec des associations, des écoles. Partout ! » Il enjoint les salafistes à la patience : « Maintenant, on n’a pas une mosquée, on a le ministère des Affaires religieuses ! On n’a pas une boutique, on a l’État ! Donc il faut attendre, ce n’est qu’une question de temps. [...] Mais pourquoi êtes-vous pressés ? » Et de citer l’échec du Front islamique du salut (FIS) algérien, qui aurait dû faire de même. Alger appréciera... Les laïcs ? Des suppôts de l’ex-RCD de Ben Ali. La police, l’armée, l’administration ? Aux mains de ces derniers. La charia ? Bientôt... Son projet ? Une théocratie à bâtir pierre par pierre et en catimini.

      Un discours aux antipodes de celui tenu dans les interviews qu’il nous a accordées en août dernier (J.A. no 2692-2693) ou en janvier... 1990, il y a plus de vingt ans (J.A. no 2653). Mais Ghannouchi n’est ni Janus ni atteint de troubles de la personnalité. L’homme le plus influent du pays est peut-être aussi le plus malin, un véritable Houdini de la politique. Il a longtemps su cacher son jeu. Mais la modernité, qu’il ne semble guère goûter, vient de lui jouer un bien mauvais tour. Une caméra, qui n’était pas cachée - tous les entretiens de Ghannouchi sont filmés par son staff -, internet, les réseaux sociaux et patatras ! Le cheval de Troie s’est transformé en éléphant dans un magasin de porcelaine. Et c’est tant mieux : le fond de la pensée de Ghannouchi ne sera plus jamais ce triangle des Bermudes où tant de ses détracteurs se sont perdus. Maintenant, les choses sont claires. Et les Tunisiens pourront enfin choisir en toute connaissance de cause. Merci l’artiste...

      Source :

      http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2701p006-007.xml0/politique-tunisie-tunis-ennahdhaghannouchi-l-illusionniste.html

      Salah HORCHANI


      • Garrigue Garrigue 16 octobre 2012 20:27

        Mr Horchani,

        Etes-vous à ce point naïf pour croire ce qu’un islamiste vous dit ? « Le doute a longtemps plané », pour qui ? Pour vous ? Pour bon nombre d’occidentaux plébéiens comme moi il n’y a jamais eu aucun doute quant aux motivations des islamistes ...

        Je vous engage à relire Louis de Cantilly in « Le magasin pittoresque » ,  Série III, tome onzième , 1910...


      • Veniza Veniza 16 octobre 2012 20:37

        Mon idée de tout ceci est que l’accès à la Démocratie et à la Liberté est un long et difficile voyage qui demande constance et maturité. Nos pays occidentaux en connaissent le tortueux chemin, regardez juste l’histoire de la France, ce n’est pas la Révolution qui a tout changé mais il y a eu bien des ajustements et tâtonnements.
        Quand un peuple est trop soumis à la religion (quelle qu’elle soit) il ne progresse pas c’est un fait.
        Seule la maturité du peuple peut amener un changement, et pour qu’il y ait maturité il faut de l’instruction et de la liberté. Ça les islamistes l’ont bien compris c’est pour cela qu’ils les combattent. Pour ma part je suis triste de voir que le printemps arabe finit à la poubelle, ceux qui l’ont initié et qui en sont morts ne voulaient sans doute pas que le pays tombe dans le fanatisme, ils rêvaient de liberté, d’indépendance, de justice. Est-ce que les tunisiens ont pensé à ceci quand ils ont voté ?
        On peut faire un mauvais choix mais il faut ensuite en tirer les conséquences et rectifier le tir à la prochaine occasion, en espérant que ce ne soit pas trop tard et qu’une élection libre puisse encore se faire. Ou bien refaire une révolution. Contre les extrémistes cette fois-ci.


        • Garrigue Garrigue 16 octobre 2012 20:52

          Votre idée n’est pas si éloignée que ça de la réalité et est une réponse au paradoxe de Fermi smiley


        • Garrigue Garrigue 16 octobre 2012 22:21

          Il est interessant de voir que l’on me « moinsse » alors que l’on « plusse » Veniza, alors que j’abonde en son sens et que sa réponse est la solution même au paradoxe de Fermi .. Mais avant de « moinsser » encore faut-il connaitre ledit paradoxe ...


        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 16 octobre 2012 23:08

          Pour que le Printemps revienne, Modernistes tunisiens rangez vos égos et rassemblez-vous !

          http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/pour-que-le-printemps-revienne-114968

          Salah HORCHANI


        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 16 octobre 2012 23:57

          Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens

          Ce Manifeste, qui a été initié par Robert Zittoun, Professeur émérite à l’Université Paris 6, sera rendu public (journaux, remise à l’Ambassadeur de Tunisie, ....) au mois d’octobre, peu avant le procès de Habib Kazdaghli, prévu pour le 25 octobre 2012. Il commence à circuler en France, en Europe et ailleurs, parmi les universitaires, les artistes, les cinéastes, les écrivains,...
          .


          Universitaires, intellectuels, professionnels des sciences, des arts et des lettres, nous soutenons les intellectuels tunisiens engagés dans la défense des libertés universitaires de leur pays. Nous partageons leur inquiétude, et sommes préoccupés par les pressions, provocations, et intimidations qui s’exercent à l’encontre d’universitaires dans l’exercice de leurs fonctions, et d’artistes exposant leurs œuvres. Nous avons été consternés d’apprendre que le Professeur Habib Kazdaghli, Doyen de la Faculté des Arts, des Lettres, et des Humanités de l’Université de Tunis-Manouba, est poursuivi devant les tribunaux et menacé d’une lourde peine de prison. Il est accusé d’avoir agressé une étudiante, alors que c’est lui qui a été victime d’agressions violant toutes les normes de conduite à l’égard d’un Professeur et d’un Doyen d’Université, avec des voies de fait confirmées par les nombreux témoignages qui nous sont parvenus. Nous exprimons notre pleine solidarité avec tous les universitaires, intellectuels et artistes qui défendent avec force et courage les valeurs des sciences, des humanités, et des arts. La liberté d’enseignement, de recherche et de création est une condition nécessaire à une vie universitaire et artistique dégagée de toute pression politique ou idéologique, et constitue une valeur universellement reconnue. Cette liberté est nécessaire au développement et au progrès de la société tunisienne, auxquels elle aspire pacifiquement.

           

          Premiers Signataires  :

          Jean-Michel Baleyte, Professeur, Psychiatrie de l’enfant, Caen

          Patrick Baudry, Sociologue, Professeur des Universités, Bordeaux 3

          Sadek Beloucif, Médecin, Professeur Université Paris 13

          Philippe Bouchard, Professeur d’endocrinologie, Hôpital Saint-Antoine, Paris

          Danièle Brun, Psychanalyste, Professeur émérite de l’Université Paris-Diderot

          Claude-Arnold Boccara, Dentiste Paris

          René Bokobza, Ingénieur civil Paris

          Renato Bensasson, Chercheur CNRS-MNHN, honoraire

          Jean-Yves Cahn, Professeur, Clinique Universitaire d’Hématologie, CHU Grenoble

          Joel Ceccaldi, Hématologue des Hôpitaux

          Christiane Charmasson, Psychiatre-psychanalyste

          Geneviève Delzant, Professeur de Médecine Interne, Paris

          Patrick Donabédian, Professeur à l’Université d’Aix-Marseille

          Josué Feingold, Directeur de Recherche émerite Inserm

          Nicole Feingold, Chercheur de recherche Honoraire Inserm

          Arlette Fellous, Chercheur émerite, Inserm

          Marc Fellous, Professeur émérite, Hopital Cochin, Paris

          Eric Fiat, Philosophe, Université Paris-Est Marne-la-Vallée

          Sonia Gallico, Historienne, Rome, Italie

          Michel Geoffroy, Médecin, philosophe

          Roland Gori, Professeur émérite Université d’Aix Marseille, psychanalyste

          Corinne Haioun, Hématologue, Professeur faculté de médecine de Créteil

          Françoise Héritier, Anthropologue, Professeur Honoraire au Collège de France

          Norbert Ifrah, Président de la 47ème section du Conseil National Universitaire

          Albert Jacquard, Généticien, écrivain

          Axel Kahn, Généticien, Président honoraire de l’Université René-Descartes

          Malek Kamoun, MD, Professeur de pathologie, Philadelphie, USA

          Gabriel Laury, Psychiatre, New-York

          Dominique Lecourt, Philosophe, Professeur émérite à l’Université Paris Diderot

          Violette Lefi, Avocate, Maire adjointe chargée de la culture, Paris 12

          David Machover, Professeur de Cancérologie, Hôpital Paul-Brousse, Villejuif

          Daniel Martin, Consul Honoraire de la République de Vanuatu en France

          Bernard Noël, Écrivain

          Benoit Polack, Hématologue, Professeur au CHU de Grenoble

          Henri Rochant, Professeur émérite de la faculté de médecine de Créteil

          Simon Schraub, Cancérologue, Professeur émérite Université de Strasbourg

          Claude Seys, Psychologue clinicienne, Fréjus

          Didier Sicard, Président honoraire du Comité Consultatif National d’Éthique

          Jean-Jacques Sotto, Professeur émérite d’Hématologie, CHU de Grenoble

          Jean-Claude Soufir, Médecin, hôpital Cochin, Paris

          Salvatore Spezial, Dipartimento Storia Culture e Religioni, La Sapienza, Roma, Italie

          Gérard Socié, Médecin, Président de la Société Française d’Hématologie

          Françoise Valensi, Maître de Conférences-Praticien Hospitalier, retraitée

          Lucia Valenzi, Historienne, Université de Naples Federico II

          Robert Zittoun , Hématologue, Professeur émérite Université Paris 6

          Yasmine Zuily, Professeur émérite, Université Paris-Est, Créteil


          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 octobre 2012 12:01

            À l’attention de ceux qui ont trouvé des difficultés pour signer la Pétition :

            1. Vous cliquez sur le dernier Lien du Texte de mon l’Article, c’est-à-dire :

            http://www.petitions24.net/manifeste_de_solidarite_avec_habi...

            Apparait le Texte de la Pétition, et en bas de cette Page apparait le tableau à remplir.

            2. Après avoir rempli ledit tableau, vous cliquez sur :
            « Signer cette pétition », se trouvant juste après ce tableau.

            3. à l’adresse e-mail que vous avez donnée, vous recevrez, immédiatement, un courriel pour confirmer votre Signature

            Salah HORCHANI


            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 octobre 2012 12:12

              Le Lien dont il est question au 1. ci-dessus est plutôt :

              http://www.petitions24.net/manifeste_de_solidarite_avec_habib_kazdaghli_nad ia_jelassietc

              Salah HORCHANI


            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 octobre 2012 16:43

              L’épître aux salafites d’un Khomeiny sunnite [Rached Ghannouchi]

              Une barbe ne pousse pas en un seul jour ». C’est le résumé, en faux proverbe des vidéos de Ghannouchi Rachid, le Khomeiny tunisien, patron d’Ennahda, le parti islamiste qui a pris le Pouvoir sans l’avoir arraché lui-même à Benali. Ces vidéos datent de quelques mois et font le buzz tunisien, on y voit Ghannouchi en pédagogue de l’Attente, face à des salafistes grandes oreilles ouvertes. Il faut donc les voir et les revoir : jamais la stratégie des islamistes d’aujourd’hui n’y a été aussi explicitée, résumée, condensée et mise à la disposition des fervents et des nuls. Le cheikh y prend l’exemple de l’Algérie, cas d’école qui semble avoir traumatisé les islamistes en général. Du coup, selon le Khomeiny sunniste, il y a des règles et la principale est qu’une barbe ne pousse pas en un jour.

              Que doit-on y retenir ? Les confirmations essentielles : les islamistes n’ont pas pour but un mandat ou deux ou trois, mais le califat qui est un mandat unique.

              Deux : ils ne croient pas, autant que les dictateurs chassés ou les régimes encore en place, à la Constitution. C’est ce que disait le FIS, c’est ce que dit Ghannouchi. Le dictateur amende et viole la Constitution comme il veut. L’islamiste au Pouvoir « amende » et viole le lecteur

              Trois : la guerre est une ruse : aux Occidentaux ont peut servir la poupée gonflable de « l’islamiste modéré » respectueux des règles et des urnes, mais « entre soi », on sait l’essentiel : il y a « nous », il y a Koreich selon la topographie mecquoise. Dar les islamistes et Dar El Kofr (Maison des impies).

              Quatre : l’islamistan est un projet qui doit prendre des années puisqu’il exprime les vœux de l’Eternité. L’un des amis de Ghannouchi l’a dit : on ne peut pas récupérer les « laïcs » mais on peut « travailler » leurs enfants dans les écoles et les retourner contre leurs parents.

              Cinq : Tout ce qui n’est pas « nous » est contre « nous » : armée, police…etc. Les islamistes ne croient pas à la séparation des pouvoirs, à la neutralité des institutions, au respect des missions républicaines des forces publiques. Le citoyen doit être croyant et le policier doit être milicien. C’est une tendance générale que l’on voit en Iran ou en Arabie saoudite.

              Six : il y a les apparences et il y a les croyances : on double l’armée par des milices, la constitution par une interprétation du coran, le citoyen par le croyant, le multipartisme par un réseau de mosquée, la loi par la fatwa.

              Sept : les lois dépendent des interprétations du plus fort. Dans la vidéo de Ghannouchi, il a dit qu’il suffit de prendre le Pouvoir pour faire dire aux lois ce que l’on veut. Ainsi qu’aux torturés, aux apostats, aux laïcs, aux chrétiens, juifs ou bouddhistes et aux ennemies de l’Islam.

              Huit : il faut cerner les koreichites (tribu mythique de l’Arabie centrale, époque préislamique) dans le monde : les isoler, les tuer à petit feu et pas comme en Algérie par balle dans la tête. Il faut les diaboliser, leur enlever l’argent et l’influence et attaquer leurs caravanes et lignes de commerce et faire se retourner les esclaves contre eux.

              Neuf : le parti islamiste n’est pas un parti mais un projet divin. Le but du cosmos. La voie et la voix de Dieu. La médinisation (Médine) de l’Etat impie. L’utopie tant attendue. « Les autres font de la politique, nous, on fait ce que Dieu a dit ».

              Pourquoi ce rappel. Pour la pédagogie. L’épître aux salafistes de Ghannouchi doit être enseignée dans les écoles et les universités et les cafés assis. C’est essentiel pour détruire les quelques idées naïves que l’on se fait sur les islamistes. Même chez nous, ce pays algérien où tout le monde sait que Solatni et Amar Ghoul sont autant islamistes que ne l’est une fausse barbe et que les deux dépendent d’un autre Ghannouchi. Il suffit de déshabiller l’islamiste (en parlant d’idée) pour démontrer qu’il est comme tout le monde. Ou pire.

              « Une barbe ne pousse pas en un seul jour », mais on peut la raser en un quart d’heure.

              Source :
              http://www.lequotidien-oran.com/?news=5174165

              Salah HORCHANI


              • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 octobre 2012 23:30

                Procès du Doyen Habib Kazdaghli : Manifeste International de Solidarité

                le Manifeste International, intitulé « Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens  » et initié par les Professeurs Marc FELLOUS et Robert ZITTOUN, a été remis aujourd’hui, Mercredi 17 octobre 2012, à L’Ambassadeur de Tunisie à Paris, accompagné de Pièces Annexes témoignant de l’importance du mouvement de solidarité international, avec les 1.500 premières signatures. Ce Manifeste International est mis maintenant en Ligne et vous pouvez encore le signer (si vous le souhaitez et si cela n’a pas été déjà fait) sur le Lien suivant :

                http://www.petitions24.net/solidarite_avec_le_pr_kazdaghli_et_les_universit aires_tunisiens

                Merci pour votre soutien et bien cordialement,
                Salah HORCHANI


                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 21 octobre 2012 18:44

                  Une Délégation Belge de soutien au Pr. Habib Kazdaghli et à la liberté d’enseignement, de recherche et de création

                  Le 25 octobre prochain, le professeur Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des Arts, des Lettres, et des Humanités de l’Université de Tunis-La Manouba, répondra devant le tribunal de Première Instance de La Manouba d’actes de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions. Il risque cinq ans de prison. Cette accusation injuste n’est que le dernier épisode d’une longue série qui a vu le professeur Kazdaghli être victime d’agressions et de menaces violant toute norme de conduite à l’égard d’un membre du personnel académique, et ce à l’initiative de la mouvance salafiste tunisienne.

                  Les événements qui frappent depuis un an l’Université de Tunis-La Manouba sont en réalité le symptôme aigu du revers de la médaille de la révolution tunisienne : les pressions, les provocations et les intimidations qui s’exercent à l’encontre d’universitaires dans l’exercice de leur fonction, et ce alors que des hommes et des femmes du monde culturel tunisien sont eux aussi soumis aux mêmes menaces dans l’expression de leur activité artistique, constituent autant d’atteintes aux libertés promises par la révolution du 14 janvier 2011. Ils relèvent d’une politique concertée, dont l’objectif est d’imposer par la violence et par un climat de peur l’autoritarisme et la prévalence des normes religieuses.

                  Il y a un mois, le conseil d’administration de l’Université libre de Bruxelles a exprimé sa solidarité avec les universitaires tunisiens qui défendent avec force et courage les valeurs universelles qui sont au fondement de l’enseignement et de la recherche scientifique, et a apporté son soutien le plus ferme aux intellectuels tunisiens engagés dans la défense des libertés académiques dans leur pays.

                  Afin de marquer davantage encore son soutien au doyen Kazdaghli et à la liberté d’enseignement, de recherche et de création, une délégation menée par le secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique se rendra le 25 octobre prochain à Tunis pour assister au procès de Habib Kazdaghli. Outre le secrétaire perpétuel Hervé Hasquin, cette délégation comprendra la vice-rectrice à la politique académique de l’ULB Annemie Schaus, le président de la Fédération humaniste européenne Pierre Galand, l’avocate pénaliste Michèle Hirsch et le professeur Jean-Philippe Schreiber (ULB).

                  Source :

                  http://www.ulb.ac.be/actulb/index.php?cat=4

                  Salah HORCHANI


                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 22 octobre 2012 19:32

                    PROCÈS DE LA HONTE : À mes amis qui n’ont pas encore signé le « Manifeste de solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli, l’artiste Nadia Jelassi et tous les défenseurs des Libertés académiques, de la Liberté de création et de la Liberté de presse »


                    1.Étant persuadé que vous partagez les valeurs sous-tendues par ce Manifeste, je suis sûr que l’absence de votre signature sur ledit Manifeste est due à un oubli. Or, l’impact et le poids d’un Manifeste sont fonction du nombre de signataires et, dans ce Procès de la Honte, il y va du Projet de Société qui va primer demain dans notre Tunisie. Aussi, à vos Signatures, s’il vous plaît !

                    2. Extrait de mon Article intitulé  « Procès de la honte : Démocrates Tunisiens, d’ici et d’ailleurs, à vos signatures !  », paru, entre autres, sur le Lien suivant :

                    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/proces-de-la-honte-democrates-124305

                    " En réalité, ce Procès, tout cousu de fil blanc, a un caractère éminemment politique, comme l’a soutenu, lors de de la première audience, Maître Mohamed Hedi Laabidi, membre (mandaté par la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme) de la pléiade d’avocats de la défense en affirmant : "Il ne fait aucun doute que le Gouvernement est impliqué dans ce Procès(…) C’est un montage, car le Doyen refuse de s’inscrire dans un modèle de société (…) contraire à la Modernité ". C’est un Procès qui s’intègre, naturellement, dans une stratégie visant la Wahhabisation lente et progressive de notre pays, pays caractérisé jusqu’alors par une Société Ouverte et un bien-vivre-ensemble trois fois millénaire. Cette stratégie a été, admirablement, exposée, par Rached Ghannouchi , Président-Fondateur-Guide-Suprême d’Ennahdha, dans une Vidéo filmée à son insu, mise en ligne le 9 octobre 2012 et massivement relayée, par la suite, sur Internet à travers les réseaux sociaux ".

                    3.À l’attention de ceux qui ont trouvé, ou bien qui trouveront, des difficultés pour signer ledit Manifeste :

                    a. Vous cliquez sur le Lien :

                    http://www.petitions24.net/manifeste_de_solidarite_avec_habib_kazdaghli_nad ia_jelassietc

                    Apparait, alors, le Texte du Manifeste et, tout en bas de cette Page, apparait le tableau à remplir.

                    b. Après avoir rempli ledit tableau, vous cliquez sur :

                    « Signer cette pétition », se trouvant juste après ce tableau.

                    c. à l’adresse e-mail que vous avez donnée, vous recevrez, immédiatement, un courriel pour confirmer votre Signature (opération essentielle).

                     

                    4. Et, pour terminer, n’oubliez pas le Rassemblement prévu le jeudi 25 octobre2012 à 9.00 h, jour du Procès, devant le Tribunal de Première Instance de la Manouba, Rassemblement appelé par plusieurs Associations de la Société Civile et dont l’une des Pages Facebook est :

                    https://www.facebook.com/events/298138110298831/

                     

                    Merci pour votre soutien et bien cordialement,

                    Salah HORCHANI


                    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 23 octobre 2012 23:27

                      Aux Démocrates Tunisiens ou Amis de la Tunisie qui n’ont pas encore signé le Manifeste International de Solidarité

                      Aux Démocrates Tunisiens ou Amis de la Tunisie qui n’ont pas encore signé le Manifeste International intitulé « Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens » et initié par les Professeurs Marc FELLOUS et Robert ZITTOUN.

                       

                      1.Étant persuadé que vous partagez les valeurs sous-tendues par ce Manifeste, je suis sûr que l’absence de votre signature sur ledit Manifeste est due à un oubli. Or, l’impact et le poids d’un Manifeste sont fonction du nombre de signataires et, dans ce Procès de la Honte, il y va du Projet de Société qui va primer demain dans notre Tunisie. Aussi, à vos Signatures, s’il vous plaît !

                      2. Extrait de mon Article intitulé « Procès de la honte : Démocrates Tunisiens, d’ici et d’ailleurs, à vos signatures ! », paru sur le Lien suivant :

                      http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/proces-de-la-honte-democrates-124305

                      « En réalité, ce Procès, tout cousu de fil blanc, a un caractère éminemment politique, comme l’a soutenu, lors de de la première audience, Maître Mohamed Hedi Laabidi, membre (mandaté par la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme) de la pléiade d’avocats de la défense en affirmant :  »Il ne fait aucun doute que le Gouvernement est impliqué dans ce Procès(…) C’est un montage, car le Doyen refuse de s’inscrire dans un modèle de société (…) contraire à la Modernité « .

                      C’est un Procès qui s’intègre, naturellement, dans une stratégie visant la Wahhabisation lente et progressive de notre pays, pays caractérisé jusqu’alors par une Société Ouverte et un bien-vivre-ensemble trois fois millénaire. Cette stratégie a été, admirablement, exposée, par Rached Ghannouchi , Président-Fondateur-Guide-Suprême du Parti Islamiste Ennahdha au pouvoir, dans une Vidéo filmée à son insu, mise en ligne le 9 octobre 2012 et massivement relayée, par la suite, sur Internet à travers les réseaux sociaux ».

                      3.À l’attention de ceux qui ont trouvé, ou bien qui trouveront, des difficultés pour signer ledit Manifeste :

                      a. Vous cliquez sur le Lien suivant :

                      http://www.petitions24.net/solidarite_avec_le_pr_kazdaghli_et_les_universit aires_tunisiens

                      Apparait, alors, le Texte du Manifeste et, tout en bas de cette Page, apparait le tableau à remplir.

                      b. Après avoir rempli ledit tableau, vous cliquez sur :

                      « Signer cette pétition », se trouvant juste après ce tableau.

                      c. À l’adresse e-mail que vous avez donnée, vous recevrez, immédiatement, un courriel pour confirmer votre Signature (opération essentielle).

                       

                      4. Et, pour terminer, n’oubliez pas le Rassemblement prévu le jeudi 25 octobre2012 à 9.00 h, jour du Procès, devant le Tribunal de Première Instance de la Manouba, Rassemblement appelé par plusieurs Associations de la Société Civile et dont l’une des Pages Facebook est :

                      https://www.facebook.com/events/298138110298831/

                       

                      Merci pour votre soutien et bien cordialement,

                      Salah HORCHANI

                      Source :

                      http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/221012/aux-democrates-tunisiens-ou-amis-de-la-tunisie-qui-n-ont-pas-encore-


                      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 24 octobre 2012 19:53

                        Tunisie - PROCÈS DE LA HONTE : J-1

                        1. Lumières

                        Au Doyen Kazdaghli,

                        Merci pour votre courageux combat contre cette horde de fous-de –Dieu qui, si nous ne nous mobilisons pas de toutes nos forces, risque de nous précipiter à jamais dans le gouffre des ténèbres ! Votre combat, c’est le combat pour l’avenir de nos enfants, de notre pays !

                        Étant encore à l’étranger, je regrette, infiniment, de ne pas être, demain jeudi 25 octobre 2012, jour de la reprise du PROCÈS DE LA HONTE, parmi vous, mais, sachez que je le serai très fortement, cœur et esprit.

                        Bon courage pour jeudi, vous n’êtes pas seul, toute la frange éclairée de notre Peuple est derrière vous !

                        2. Ténèbres

                        Extrait de mon Article intitulé « Procès de la honte : Démocrates Tunisiens, d’ici et d’ailleurs, à vos signatures ! » paru sur le Lien suivant :

                        http://www.legrandsoir.info/proces-de-la-honte-democrates-tunisiens-d-ici-et-d-ailleurs-a-vos-signatures.html

                        Lien qui vous conduira, dans son dernier paragraphe, aux deux Manifestes proposés pour signature à tous ceux qui souhaitent apporter leur soutien au Doyen Habib Kazdaghli, à l’artiste Nadia Jelassi et aux défenseurs des Libertés, de toutes les Libertés :

                        « Le plus grave et le plus significatif, c’est que cette tentative de sacrifice de la FLAHM [Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba] se déroule avec la complicité, au départ implicite et, par suite, nettement explicite, du premier responsable qui est censé protéger cette Institution et son Personnel, à savoir Moncef Ben Salem, aujourd’hui, Ministre-Vedette-Islamiste de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et, hier, Cerveau du Coup d’État Islamiste avorté de 1987, Ministre qui, dès sa nomination, s’est auto-promu Professeur des Universités avec l’aide d’un Jury très spécial qu’il a concocté lui-même, tellement spécial qu’il comporte [ parmi ses cinq membres, trois originaires de son Établissement d’attache et ] deux Islamistes [qui furent, soi-disant, ses élèves, qui plus est, un des deux]  fut son propre colistier pour [les] élections relatives à l’Assemblée Nationale Constituante » .

                        Salah HORCHANI

                        Source :

                        http://www.legrandsoir.info/tunisie-proces-de-la-honte-j-1.html


                        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 24 octobre 2012 20:40

                          " Pour sauver Habib Kazdaghli et les libertés en Tunisie

                          Par Habib Mellakh,
                          Universitaire, syndicaliste, professeur de littérature française à la FLAHM

                          Le procès d’Habib Kazdaghli reprendra le 25 octobre 2012, à la veille de la fête du sacrifice. Ironie du sort, prédestination, coïncidence  troublante ou hasard objectif (formule Ô combien appropriée dans le contexte de l’atmosphère surréaliste où ce procès nous plonge !), le doyen, dont on veut faire le bouc-émissaire de l’incurie du gouvernement à gérer les problèmes de l’Université tunisienne, à qui on veut faire endosser la responsabilité de l’interminable crise du niqab et qu’on veut punir à cause de son engagement sans faille en faveur de la défense de l’autonomie institutionnelle et des libertés académiques, risque d’être immolé à l’autel du fanatisme religieux et des tentatives de talibanisation de l’enseignement tunisien.

                          L’opinion universitaire, les observateurs judiciaires et les défenseurs des libertés tant au niveau national qu’international, échaudés par le climat inquisitorial et liberticide qui règne dans le pays, craignent en effet que le procès intenté contre le doyen de la FLAHM, pour une agression imaginaire, ne continue à être mené dans l’esprit de cette justice orientée et instrumentalisée combattue avec une grande détermination par les magistrats tunisiens mais que le nouveau pouvoir tente de perpétuer et qui a caractérisé l’instruction du dossier et la première audience du procès.

                          C’est cette justice qui a permis sur la seule base de la plainte déposée par l’agresseur, de mettre d’abord en examen un doyen agressé à l’occasion de l’exercice de ses fonctions et d’alourdir ensuite les charges retenues contre lui, en dépit du témoignage favorable d’un fonctionnaire présent au moment des faits et disculpant le doyen des accusations calomnieuses portées contre lui. Curieux et consternant renversement des valeurs qui vous transforme une  victime en agresseur et qui fait d’un plaignant un coupable comme l’illustre la tragique histoire de cette jeune fille violée par deux policiers et qui se retrouve devant le juge d’instruction, sur la base d’une plainte des violeurs, pour être inculpée « d’obscénité ostentatoire préméditée » !

                          Cette peur d’une condamnation surréaliste et inique explique l’ampleur de la mobilisation nationale  en faveur du doyen de la FLAHM et l’action de solidarité internationale sans précédent dans l’histoire en faveur d’un tunisien injustement poursuivi et de la cause des libertés en Tunisie.

                          Sur le plan national, c’est l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires, nouvelle appellation du Comité de défense de l’autonomie institutionnelle, des libertés académiques et de soutien à la FLAHM, qui a donné le ton en initiant un « Manifeste de solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli, l’artiste Nédia Jelassi et tous les défenseurs des libertés académiques, de la liberté de création et de la liberté de presse » et en le mettant en ligne sur le site Pétitions-24. Ce manifeste a été signé jusqu’à présent par plus de 1500 universitaires, artistes, journalistes, militants de la société civile et des partis politiques, défenseurs de droits humains parmi lesquels des signataires prestigieux comme Maya Jribi, Ahmed Brahim, Saadedine Zmerli). Il a été suivi par la publication le vendredi 19 octobre, à l’initiative de la coordination de la coalition des ONG (un réseau de plus de 40 ONG parrainé par la LTDH), de l’Association de défense des valeurs universitaires, de l’Observatoire des libertés académiques dépendant de la Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique d’un « Appel pour la défense des libertés académiques, de la liberté de presse et de la création artistique et pour une action de solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli, les artistes poursuivis en justice et les journalistes ».
                          Le Manifeste ainsi que l’Appel  demandent l’acquittement du Doyen et le non-lieu pour les artistes Nadia Jelassi et Mohamed Ben Slama, « d’abord persécutés par des extrémistes religieux au nom de « l’atteinte au sacré » et faisant maintenant l’objet de poursuites judiciaires », en marge de l’affaire du Palais d’El Abdellia, selon les termes même du manifeste.

                          L’Appel invite, quant à lui « l’ensemble des universitaires, des artistes, des créateurs, des journalistes, des défenseurs des droits de l’hommes et des acteurs de la société civile ainsi que tous les Tunisiens attachés à l’avenir des libertés dans notre pays, à se rassembler, le jeudi 25 Octobre 2012, à 9 heures du matin, devant le Tribunal de première instance de La Manouba, pour exprimer leur solidarité avec le Doyen, pour protester contre le procès qui lui est intenté et pour exiger son acquittement, l’abandon toutes les poursuites à caractère politique et la traduction en justice des véritables coupables dans l’affaire de la Faculté et dans les autres affaires ». Ce premier rassemblement sera suivi d’une manifestation devant le siège de l’Assemblée nationale constituante « pour revendiquer l’inscription de la liberté de la presse et de la création artistique et des libertés académiques dans la Constitution »

                          Le procès d’Habib Kazdaghli donne ainsi l’occasion, par le biais du Manifeste, de l’Appel et des deux rassemblements, aux associations de la société civile, aux partis politiques démocratiques, aux Tunisiens que l’avenir des libertés en Tunisie inquiète et qui craignent que la transition démocratique ne devienne une transition théocratique, de se mobiliser pour la défense des libertés balbutiantes et du projet de société, objet d’un consensus national depuis plus d’un demi-siècle qui a permis des avancées significatives dans le domaine de l’enseignement, en dépit des lacunes persistantes, et dans celui des droits de la femme. Les deux textes insistent sur le climat inquisitorial et liberticide qui règne dans le pays, sur les violences et les persécutions dont l’intelligentsia tunisienne a été l’objet aussi bien à l’université que dans les locaux de la presse ou dans les galeries d’art, espaces où dans les républiques civiles et démocratiques s’épanouissent la liberté d’expression et la liberté de la création.

                          De ce point de vue, ils ont le mérite de mettre l’accent sur la pomme de discorde entre les partis démocratiques et les partis théocratiques en Tunisie. Ces derniers substituent, aux concepts d’autonomie de l’enseignement, de liberté artistique et de liberté de création, d’indépendance de la presse, les notions d’asservissement de l’enseignement, de l’art et de la presse à des convictions religieuses qui feraient se retourner dans leurs tombes les illustres ulémas disparus de la Zitouna s’ils apprenaient à quel point l’Islam et véritables enseignements sont gauchis par les extrémistes religieux. Les signataires du Manifeste tiennent à rappeler au ministre de l’enseignement supérieur « que les codes vestimentaires universitaires, scolaires et professionnels ne sont pas régis, dans les républiques civiles et démocratiques, par des lois votées par les parlements ou les assemblées constituantes mais fixés par la profession à partir de motivations qui font prévaloir l’efficience pédagogique ou l’efficacité professionnelle sur les considérations politiques, religieuses ou sectaires ». Ils insistent aussi sur le fait qu’il ne peut pas y avoir de démocratie sans le respect des normes internationales dans la pratique du journalisme et d’un code de déontologie journalistique universel et que « l’atteinte au sacré » est un subterfuge grossier pour museler les artistes.

                          Une conférence de presse devait se tenir mercredi 24 à 11h au siège de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme par l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires, l’Observatoire des libertés académiques et le Forum universitaire tunisien pour expliquer la position de l’intelligentsia tunisienne au sujet du procès et de l’atteinte aux libertés.

                          En Europe, le Manifeste de solidarité avec le Pr Kazdaghli et les universitaires tunisiens, initié depuis le mois de juillet par le Professeur Robert Zitoun, a fait le tour de l’Europe. Il a reçu plus de 1800 signatures d’universitaires, d’intellectuels, de professionnels des sciences, des arts et des lettres principalement de France (1450 environ), de Tunisie mais aussi de 27 autres pays. Parmi les signatures, on compte celles prestigieuses de Fethi Ben Slama, Albert Fert, Claude Hagège, Françoise Héritier, Albert Jacquard, Axel Kahn, Abdelwahab Meddeb, Edgar Morin, Didier Sicard, Alain-Gérard Slama, et Mustapha Tlili. Une délégation des signataires a été reçue par l’ambassadeur de Tunisie à Paris. Des démarches similaires ont été faites auprès des ambassadeurs de Tunisie à Rome, à Madrid le lundi 22 octobre et à Berlin le jeudi 18. Le manifeste, signé par 195 intellectuels allemands, a été remis à l’ambassadeur tunisien à Berlin par Madame Anne Groth, députée au Bundestag allemand.

                          La Fédération Internationale des Droits de l’Homme a délégué en Tunisie Maître Marie Guiraud. L’Université Libre de Bruxelles qui a soutenu le Doyen de la FLAHM dès le début de la crise du niqab a jugé utile de déléguer deux éminentes personnalités belges, Hervé Hasquin, Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique, ancien Ministre-président de la Fédération royale Wallonie-Bruxelles et Pierre Galand, président de la Fédération humaniste européenne. Une conférence de presse est prévue le mercredi 24 avril à l’hôtel Africa à 18 heures pour présenter à la presse la position de l’ULB au sujet du procès d’Habib Kazdaghli.

                          Enfin le Directeur exécutif de l’association internationale Scholars at Risk, venu en Tunisie au mois de juin 2012 pour une mission d’enquête sur les violations de libertés académiques a envoyé le mardi 23 octobre une lettre de trois pages au ministre de l’Enseignement supérieur et à celui de la justice au sujet du procès intenté à Habib Kazdaghli. Après avoir présenté les arguments qui disculpent le doyen des accusations portées contre lui, il invite les deux ministres « à intervenir …..pour que l’on abandonne les charges à l’encontre du Doyen Kazdaghli » ou a minima, pour s’assurer « que l’affaire sera instruite en adhésion avec les critères internationalement reconnus d’un procès équitable, comme cela est garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention sur les Droits Civils et Politiques ratifiées par la Tunisie  ». Il réitère aussi dans ce message la demande formulée en juin dernier aux autorités tunisiennes d’adresser « au public un message clair » où il l’assurera que « l’Etat tunisien protégera ses institutions universitaires et leur personnel, et ce faisant, protégera également l’espace de critique et d’expression, l’enseignement, la recherche et la publication contres les menaces, quel qu’en soit l’origine ».

                          Ces appels d’ici et d’ailleurs seront-ils entendus ? La tournure que prendra le procès pendant l’audience de la veille de l’Aïd et celles qui suivront nous fournira des éléments de réponse à cette question. Mais ceci est une autre histoire dont l’issue dépendra aussi, en grande partie, du contexte politique qui prévaudra dans le pays au cours des prochaines semaines et de la résistance de la société civile. Sans vouloir jouer les Cassandre, je dirai que le climat actuel augure de lendemains qui déchantent surtout après l’assassinat politique de Lotfi Nagdh, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (Urap) à Tataouine et coordinateur général de Nida Tounès dans la région. "

                          Source :

                          http://www.leaders.com.tn/article/pour-sauver-habib-kazdaghli-et-les-libertes-en-tunisie?id=9660

                          Salah HORCHANI


                          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 24 octobre 2012 20:42

                            " Pour sauver Habib Kazdaghli et les libertés en Tunisie

                            Par Habib Mellakh,
                            Universitaire, syndicaliste, professeur de littérature française à la FLAHM

                            Le procès d’Habib Kazdaghli reprendra le 25 octobre 2012, à la veille de la fête du sacrifice. Ironie du sort, prédestination, coïncidence  troublante ou hasard objectif (formule Ô combien appropriée dans le contexte de l’atmosphère surréaliste où ce procès nous plonge !), le doyen, dont on veut faire le bouc-émissaire de l’incurie du gouvernement à gérer les problèmes de l’Université tunisienne, à qui on veut faire endosser la responsabilité de l’interminable crise du niqab et qu’on veut punir à cause de son engagement sans faille en faveur de la défense de l’autonomie institutionnelle et des libertés académiques, risque d’être immolé à l’autel du fanatisme religieux et des tentatives de talibanisation de l’enseignement tunisien.

                            L’opinion universitaire, les observateurs judiciaires et les défenseurs des libertés tant au niveau national qu’international, échaudés par le climat inquisitorial et liberticide qui règne dans le pays, craignent en effet que le procès intenté contre le doyen de la FLAHM, pour une agression imaginaire, ne continue à être mené dans l’esprit de cette justice orientée et instrumentalisée combattue avec une grande détermination par les magistrats tunisiens mais que le nouveau pouvoir tente de perpétuer et qui a caractérisé l’instruction du dossier et la première audience du procès.

                            C’est cette justice qui a permis sur la seule base de la plainte déposée par l’agresseur, de mettre d’abord en examen un doyen agressé à l’occasion de l’exercice de ses fonctions et d’alourdir ensuite les charges retenues contre lui, en dépit du témoignage favorable d’un fonctionnaire présent au moment des faits et disculpant le doyen des accusations calomnieuses portées contre lui. Curieux et consternant renversement des valeurs qui vous transforme une  victime en agresseur et qui fait d’un plaignant un coupable comme l’illustre la tragique histoire de cette jeune fille violée par deux policiers et qui se retrouve devant le juge d’instruction, sur la base d’une plainte des violeurs, pour être inculpée « d’obscénité ostentatoire préméditée » !

                            Cette peur d’une condamnation surréaliste et inique explique l’ampleur de la mobilisation nationale  en faveur du doyen de la FLAHM et l’action de solidarité internationale sans précédent dans l’histoire en faveur d’un tunisien injustement poursuivi et de la cause des libertés en Tunisie.

                            Sur le plan national, c’est l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires, nouvelle appellation du Comité de défense de l’autonomie institutionnelle, des libertés académiques et de soutien à la FLAHM, qui a donné le ton en initiant un « Manifeste de solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli, l’artiste Nédia Jelassi et tous les défenseurs des libertés académiques, de la liberté de création et de la liberté de presse » et en le mettant en ligne sur le site Pétitions-24. Ce manifeste a été signé jusqu’à présent par plus de 1500 universitaires, artistes, journalistes, militants de la société civile et des partis politiques, défenseurs de droits humains parmi lesquels des signataires prestigieux comme Maya Jribi, Ahmed Brahim, Saadedine Zmerli). Il a été suivi par la publication le vendredi 19 octobre, à l’initiative de la coordination de la coalition des ONG (un réseau de plus de 40 ONG parrainé par la LTDH), de l’Association de défense des valeurs universitaires, de l’Observatoire des libertés académiques dépendant de la Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique d’un « Appel pour la défense des libertés académiques, de la liberté de presse et de la création artistique et pour une action de solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli, les artistes poursuivis en justice et les journalistes ».
                            Le Manifeste ainsi que l’Appel  demandent l’acquittement du Doyen et le non-lieu pour les artistes Nadia Jelassi et Mohamed Ben Slama, « d’abord persécutés par des extrémistes religieux au nom de « l’atteinte au sacré » et faisant maintenant l’objet de poursuites judiciaires », en marge de l’affaire du Palais d’El Abdellia, selon les termes même du manifeste.

                            L’Appel invite, quant à lui « l’ensemble des universitaires, des artistes, des créateurs, des journalistes, des défenseurs des droits de l’hommes et des acteurs de la société civile ainsi que tous les Tunisiens attachés à l’avenir des libertés dans notre pays, à se rassembler, le jeudi 25 Octobre 2012, à 9 heures du matin, devant le Tribunal de première instance de La Manouba, pour exprimer leur solidarité avec le Doyen, pour protester contre le procès qui lui est intenté et pour exiger son acquittement, l’abandon toutes les poursuites à caractère politique et la traduction en justice des véritables coupables dans l’affaire de la Faculté et dans les autres affaires ». Ce premier rassemblement sera suivi d’une manifestation devant le siège de l’Assemblée nationale constituante « pour revendiquer l’inscription de la liberté de la presse et de la création artistique et des libertés académiques dans la Constitution »

                            Le procès d’Habib Kazdaghli donne ainsi l’occasion, par le biais du Manifeste, de l’Appel et des deux rassemblements, aux associations de la société civile, aux partis politiques démocratiques, aux Tunisiens que l’avenir des libertés en Tunisie inquiète et qui craignent que la transition démocratique ne devienne une transition théocratique, de se mobiliser pour la défense des libertés balbutiantes et du projet de société, objet d’un consensus national depuis plus d’un demi-siècle qui a permis des avancées significatives dans le domaine de l’enseignement, en dépit des lacunes persistantes, et dans celui des droits de la femme. Les deux textes insistent sur le climat inquisitorial et liberticide qui règne dans le pays, sur les violences et les persécutions dont l’intelligentsia tunisienne a été l’objet aussi bien à l’université que dans les locaux de la presse ou dans les galeries d’art, espaces où dans les républiques civiles et démocratiques s’épanouissent la liberté d’expression et la liberté de la création.

                            De ce point de vue, ils ont le mérite de mettre l’accent sur la pomme de discorde entre les partis démocratiques et les partis théocratiques en Tunisie. Ces derniers substituent, aux concepts d’autonomie de l’enseignement, de liberté artistique et de liberté de création, d’indépendance de la presse, les notions d’asservissement de l’enseignement, de l’art et de la presse à des convictions religieuses qui feraient se retourner dans leurs tombes les illustres ulémas disparus de la Zitouna s’ils apprenaient à quel point l’Islam et véritables enseignements sont gauchis par les extrémistes religieux. Les signataires du Manifeste tiennent à rappeler au ministre de l’enseignement supérieur « que les codes vestimentaires universitaires, scolaires et professionnels ne sont pas régis, dans les républiques civiles et démocratiques, par des lois votées par les parlements ou les assemblées constituantes mais fixés par la profession à partir de motivations qui font prévaloir l’efficience pédagogique ou l’efficacité professionnelle sur les considérations politiques, religieuses ou sectaires ». Ils insistent aussi sur le fait qu’il ne peut pas y avoir de démocratie sans le respect des normes internationales dans la pratique du journalisme et d’un code de déontologie journalistique universel et que « l’atteinte au sacré » est un subterfuge grossier pour museler les artistes.

                            Une conférence de presse devait se tenir mercredi 24 à 11h au siège de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme par l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires, l’Observatoire des libertés académiques et le Forum universitaire tunisien pour expliquer la position de l’intelligentsia tunisienne au sujet du procès et de l’atteinte aux libertés.

                            En Europe, le Manifeste de solidarité avec le Pr Kazdaghli et les universitaires tunisiens, initié depuis le mois de juillet par le Professeur Robert Zitoun, a fait le tour de l’Europe. Il a reçu plus de 1800 signatures d’universitaires, d’intellectuels, de professionnels des sciences, des arts et des lettres principalement de France (1450 environ), de Tunisie mais aussi de 27 autres pays. Parmi les signatures, on compte celles prestigieuses de Fethi Ben Slama, Albert Fert, Claude Hagège, Françoise Héritier, Albert Jacquard, Axel Kahn, Abdelwahab Meddeb, Edgar Morin, Didier Sicard, Alain-Gérard Slama, et Mustapha Tlili. Une délégation des signataires a été reçue par l’ambassadeur de Tunisie à Paris. Des démarches similaires ont été faites auprès des ambassadeurs de Tunisie à Rome, à Madrid le lundi 22 octobre et à Berlin le jeudi 18. Le manifeste, signé par 195 intellectuels allemands, a été remis à l’ambassadeur tunisien à Berlin par Madame Anne Groth, députée au Bundestag allemand.

                            La Fédération Internationale des Droits de l’Homme a délégué en Tunisie Maître Marie Guiraud. L’Université Libre de Bruxelles qui a soutenu le Doyen de la FLAHM dès le début de la crise du niqab a jugé utile de déléguer deux éminentes personnalités belges, Hervé Hasquin, Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique, ancien Ministre-président de la Fédération royale Wallonie-Bruxelles et Pierre Galand, président de la Fédération humaniste européenne. Une conférence de presse est prévue le mercredi 24 avril à l’hôtel Africa à 18 heures pour présenter à la presse la position de l’ULB au sujet du procès d’Habib Kazdaghli.

                            Enfin le Directeur exécutif de l’association internationale Scholars at Risk, venu en Tunisie au mois de juin 2012 pour une mission d’enquête sur les violations de libertés académiques a envoyé le mardi 23 octobre une lettre de trois pages au ministre de l’Enseignement supérieur et à celui de la justice au sujet du procès intenté à Habib Kazdaghli. Après avoir présenté les arguments qui disculpent le doyen des accusations portées contre lui, il invite les deux ministres « à intervenir …..pour que l’on abandonne les charges à l’encontre du Doyen Kazdaghli » ou a minima, pour s’assurer « que l’affaire sera instruite en adhésion avec les critères internationalement reconnus d’un procès équitable, comme cela est garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention sur les Droits Civils et Politiques ratifiées par la Tunisie  ». Il réitère aussi dans ce message la demande formulée en juin dernier aux autorités tunisiennes d’adresser « au public un message clair » où il l’assurera que « l’Etat tunisien protégera ses institutions universitaires et leur personnel, et ce faisant, protégera également l’espace de critique et d’expression, l’enseignement, la recherche et la publication contres les menaces, quel qu’en soit l’origine ».

                            Ces appels d’ici et d’ailleurs seront-ils entendus ? La tournure que prendra le procès pendant l’audience de la veille de l’Aïd et celles qui suivront nous fournira des éléments de réponse à cette question. Mais ceci est une autre histoire dont l’issue dépendra aussi, en grande partie, du contexte politique qui prévaudra dans le pays au cours des prochaines semaines et de la résistance de la société civile. Sans vouloir jouer les Cassandre, je dirai que le climat actuel augure de lendemains qui déchantent surtout après l’assassinat politique de Lotfi Nagdh, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (Urap) à Tataouine et coordinateur général de Nida Tounès dans la région. "

                            Source :

                            http://www.leaders.com.tn/article/pour-sauver-habib-kazdaghli-et-les-libertes-en-tunisie?id=9660

                            Salah HORCHANI


                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 25 octobre 2012 09:27

                              Affaire du Niqab – Manouba : Des universitaires belges et français en Tunisie pour soutenir le doyen Kazdaghli

                              Des universitaires belges et français se trouvent actuellement en Tunisie pour défendre les libertés académiques et soutenir le doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de La Manouba, Habib Kazdaghli, qui comparaîtra, demain jeudi, devant le tribunal de première instance de La Manouba, pour actes de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions. « Cette accusation injuste n’est que le dernier épisode d’une longue série qui a vu le professeur Kazdaghli être victime d’agressions et de menaces injustifiées, à l’égard d’un membre du personnel académique », indique un communiqué publié par l’Université libre de Bruxelles (ULB).

                              Lors d’un point de presse tenu, mercredi, à Tunis, le Pr. Jean Philippe Schreiber de l’ULB, a affirmé que « Les universitaires dans le monde entier forment une grande communauté solidaire et quand l’autonomie de l’université est en question, nous sommes nombreux à manifester notre solidarité avec nos collègues afin de garantir le respect des libertés académiques », faisant savoir que des universitaires de plusieurs pays de l’Europe (France, Belgique, Italie, Allemagne, etc) ont manifesté leur appui à leur collègue Kazdaghli. « A travers notre présence en Tunisie, nous voulons marquer notre admiration pour le courage et la détermination du Pr. Kazdaghli qui n’a pas fléchi devant les intimidations et les pressions », a-t-il précisé.

                              Les universitaires Belges et Français présents à Tunis ont été unanimes à souligner que leur objectif « n’est pas de s’immiscer dans les affaires internes du pays, mais de défendre plutôt les libertés académiques et de soutenir leurs collègues universitaires tunisiens. » Ils ont, en outre, relevé l’importance de l’indépendance de la justice qui « pourrait, toutefois, faire l’objet de pressions ».

                              « La liberté académique peut être une liberté fondamentale qui permet un enseignement autonome », ont-ils soutenu. « Nous nous trouvons en Tunisie pour assister au procès et veiller au respect des libertés », ont-ils encore ajouté. Tout en faisant part de sa confiance en la justice, le Pr. Habib Kazdaghli a rappelé que les ministres de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ainsi que le ministère de l’Intérieur avaient tenu le doyen et les professeurs pour responsables des incidents survenus à la faculté de la Manouba durant l’année écoulée.

                              « Il existe une tentative d’instrumentalisation de la justice et de faire du doyen le bouc émissaire », a-t-il regretté. Pour sa part, Me Radhia Nasraoui a qualifié ce procès d’ »injuste », indiquant que si la justice sera vraiment indépendante, le Pr. Kazdaghli devra être innocenté et le dossier sera clos. Me Nasraoui qui a signalé que plusieurs avocats seront présents demain au procès pour défendre le doyen de la Manouba, a souligné que l’université devra rester un espace libre et autonome. Des professeurs de la Faculté de la Manouba et membres du conseil scientifique, et des représentants de la société civile et de plusieurs associations ainsi que des juristes ont également exprimé leur soutien et leur solidarité avec le Pr. Kazdaghli.

                              Source :

                              http://directinfo.webmanagercenter.com/2012/10/24/affaire-du-niqab-manouba-des-universitaires-belges-et-francais-en-tunisie-pour-soutenir-le-doyen-kazdaghli/

                              Salah HORCHANI


                              • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 25 octobre 2012 18:59

                                Tunisie – Les étudiantes obligées de retirer le niqab au procès de Habib Kazdaghli

                                Le tribunal de première instance de la Manouba a décidé le report du procès du doyen de la Faculté des arts, des lettres et des humanités de La Manouba, Habib Kazdaghli au 15 novembre 2012. M. Kazdaghli est accusé d’avoir agressé une étudiante portant le niqab. Il est poursuivi pour actes de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions.

                                Au procès, les deux étudiantes sont arrivées habillées en niqab pour donner leur témoignage. Le juge les a cependant obligées à montrer leur visage.

                                Par ailleurs, le collectif des associations de la société civile a organisé, ce matin, un rassemblement de soutien et de solidarité avec le doyen, devant le tribunal. A mentionner, également, qu’une délégation belge menée par Hervé Hasquin, secrétaire permanent de l’Académie royale de Belgique, se trouve actuellement à Tunis pour assister au procès de M. Kazdaghli et le soutenir.

                                Pour leur part, les enseignants et les employés de la faculté ont porté, mardi, le brassard rouge pour marquer leur solidarité avec Habib Kazdaghli.

                                On notera également l’implication des services des Domaines de l’Etat qui interviennent suite au saccage du bureau du doyen. Ce bureau appartenant à l’Etat, cela devrait compliquer davantage la situation des deux étudiantes.

                                Source :

                                http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?t=520&a=34202&temp=3&lang=

                                Salah HORCHANI


                                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 25 octobre 2012 19:07

                                  Tunisie-Un homme d’honneur

                                  Le nom de cet universitaire tranquille, tout à ses recherches d’historien et à sa chère faculté des lettres, est désormais célèbre. C’est qu’Habib Kazdaghli, dont le procès, qui devait s’ouvrir ce 25 octobre à Tunis, est reporté au 15 novembre, a fait plus pour l’honneur de son pays que la désolante armada de fanatiques qui trahissent en toute impunité la révolution de jasmin. Comme Marianne s’en est fait souvent l’écho, le doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba est poursuivi par une étudiante en niqab. Elle retourne contre cet homme paisible les accusations de violence dont il est en réalité la victime depuis le 28 novembre 2011.

                                  Rappelons les faits : un groupe de salafistes, dont certains pourvus d’un brillant CV de djihadistes sont sortis de prison au lendemain de la révolution, avait décidé de transformer la faculté des lettres en symbole du nouvel ordre islamiste. L’enjeu ? Imposer la présence des étudiantes intégralement voilées, ces Belphégor de la négation du visage et de l’altérité, en salles de cours et en examens. Habib Kazdaghli s’en est tenu au règlement intérieur de l’université et à la déontologie des enseignants, hommes et femmes. Il a résisté, appuyé par son équipe pédagogique, mais désavoué par les pouvoirs publics, notamment l’inénarrable ministre de l’enseignement supérieur, Moncef Ben Salem, membre peu diplômé mais très agité de la faction ultra-salafiste du parti Ennahda.

                                  Rien n’a entamé sa détermination, ni celle de ses collègues : de Habib Mellakh, professeur de littérature française et syndicaliste, à qui nous devons la chronique quotidienne de ce harcèlement de sabres et de fatwas, à Amel Jaïdi, la directrice du département d’anglais, pourchassée elle aussi par les poignards des assassins en liberté. Amel Jaïdi sera l’invitée d’Amnesty International lors du colloque sur la situation difficile des femmes arabes qui se tiendra le 17 novembre à Paris. Elle nous avait raconté son calvaire, à Tunis, avec une maitrise dans l’émotion et un courage qui font toute l’élégance et l’héroïsme de celles et de ceux qui affrontent aujourd’hui la haine obscène. 

                                  Soutenu par ce petit groupe, Habib Kazdaghli est cependant devenu en quelques mois l’une de ces figures nationales dont une résistance a besoin pour se fortifier et se définir. L’embarras de la police, qui ne recevait aucun ordre de protection des universitaires et d’intervention contre les commandos salafistes, a braqué les projecteurs sur l’indulgence du pouvoir pour les provocateurs et leur violence. Mois après mois, la chronique de la Manouba, dans sa solitude et sa détermination, dans ses appels de détresse, ses SOS à la raison tunisienne et humaniste, est devenue le premier miroir d’une réalité inquiétante. Les assauts contre le bureau du doyen, les agressions contre Kazdaghli et ses enseignants, le « sit-in » salafiste pour lequel il faudrait inventer un nom moins paisible que cet aimable vocable, les locaux souillés par l’occupation des étudiantes en niqab et leurs mâles défenseurs au rez de chaussée, les menaces de mort placardées sur les murs : tout cela a progressivement quitté la rubrique fait-divers pour devenir en Tunisie un fait national, la preuve de la force des idées contre la faiblesse de la bêtise, fût-elle drapée comme toujours dans sa cape sombre de fureur légale et illégale.

                                  Habib Kazdaghli, par sa ténacité, transformait la manipulation intégriste en démonstration humaniste. Sa simple présence, ses mots toujours clairs, son attachement à l’éthique de l’enseignant scandaient le rappel des valeurs profondes du pays. Qui ne veut envoyer son fils, sa fille à l’université en Tunisie ? C’est précisément le statut de chômeur des jeunes diplômés qui a déclenché la révolte contre la dictature de Ben Ali. Les enseignants sont aimés dans ce pays. Quel humble paysan, quel père de famille écrasé de dettes, acharné à rêver un avenir pour son enfant, appuierait ceux qui menacent d’égorger des professeurs ? L’électro-choc devint général le 7 mars 2012 quand les salafistes arrachèrent au fronton de la Manouba- toujours en pleine impunité- le drapeau national pour le remplacer par le chiffon noir qui prétend imposer le sabre et la charia. La jeune fille qui se précipita pour défendre l’étendart tunisien, fut jetée à terre et violentée par les fous d’Allah, ennemis des femmes, des lumières et de la vraie révolution. Désormais héroïne populaire, Khaoula Rachidi, deux jours plus tard, était reçue et décorée par le président tunisien Moncef Marzouki. Il ne pouvait faire moins, le peuple tremblait de colère contre les barbes noires et d’amour pour Khaoula et son drapeau. 

                                  Il devenait donc clair, au fil des saisons, que la Manouba incarnait « le » combat de la Tunisie contre ses dévoreurs d’espérance, ses voleurs de feu spirituel, ses détrousseurs de dieux.

                                  Vinrent plus tard l’incendie des œuvres d’art de la Marsa, le procès de la jeune fille violée par les flics, l’attaque contre l’ambassade des Etats-Unis, les harcèlements de journalistes, l’obsession néo-totalitaire des pseudo-démocrates islamistes au pouvoir, bref la litanie d’une post-révolution qui ne chante pas. 

                                  Mais, au départ de cette prise de conscience désormais internationale des dangers qui menacent la Tunisie vivante et claire, il y a, comme toujours, quelqu’un qui a dit non.

                                  C’est l’honneur d’un homme, Habib Kazdaghli. 

                                  Source :

                                  http://www.marianne.net/Tunisie-un-homme-d-honneur_a223713.html

                                  Salah HORCHANI


                                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 26 octobre 2012 22:14

                                    Le Procès de la Honte est reporté au 15 novembre 2012

                                    Le tribunal de La Manouba, dans la banlieue de Tunis, a reporté au 15 novembre le procès du doyen d’une faculté tunisienne accusé d’avoir agressé une étudiante en niqab, une affaire qui fait scandale en Tunisie depuis plusieurs mois, a indiqué jeudi l’un de ses avocats.

                                    Le procès de Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba, a été reporté à la demande des deux parties qui ont demandé à pouvoir se porter partie civile, a indiqué l’avocat Mokhtar Trifi.

                                    M. Kazdaghli est poursuivi pour "acte de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions", un délit passible de cinq ans de détention.

                                    Ces faits remontent au mois de mars, lorsque deux étudiantes portant le voile intégral ont mis à sac son bureau, selon lui. L’une d’entre elles, qui avait été exclue de la faculté pour avoir porté le niqab en salle de cours, accuse l’universitaire de l’avoir giflée.

                                    "Je souhaite que ce dossier soit classé le plus tôt possible car il use l’énergie des universitaires qui sont censés s’occuper d’autres choses en ce moment plus importantes pour le pays", a déclaré M. Kazdaghli, à la sortie du tribunal, entouré de 150 partisans venus l’acclamer et le soutenir.

                                    Il a ensuite accusé la mouvance salafiste jihadiste d’être à l’origine de ses déboires judicaires.

                                    "Les personnes qui ont intenté ce procès contre moi, ce sont les mêmes qui se sont attaquées aux artistes, se sont attaqués au journalistes, se sont attaqués à l’ambassade américaine" le 14 septembre, a-t-il déclaré.

                                    Les poursuites contre le doyen ont déclenché un tollé en Tunisie et lancé un débat sur l’autorisation ou non du voile intégral durant les cours dans les universités.

                                    M. Kazdaghli a reçu le soutien de nombreux universitaires étrangers et des professeurs et juristes français et belges étaient présents au tribunal jeudi.

                                    Plusieurs projets de loi sur le sujet ont été déposés à l’Assemblée nationale constituante (ANC) mais aucun compromis n’est intervenu.

                                    Un bras de fer oppose cette faculté de 13. 000 étudiants aux salafistes depuis le 28 novembre, lorsque des étudiants et des salafistes avaient organisé un sit-in pour réclamer l’accès aux cours des étudiantes en niqab.

                                    Source :

                                    http://www.jeuneafrique.com/actu/20121025T144037Z20121025T144035Z/

                                    Salah HORCHANI


                                    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 27 octobre 2012 19:00

                                      Vidéo sur l’Acte II du PROCÈS DE LA HONTE 

                                       

                                      http://www.youtube.com/watch?v=unw-8C6Fp9o

                                       

                                      Salah HORCHANI


                                      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 28 octobre 2012 00:46

                                        Tunisie. Le Mouvement Européen solidaire du Pr Habib Kazdaghli


                                        Appel au respect des principes défendus dans la Charte des droits fondamentaux lors du procès du professeur Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des Lettres de Manouba, publié par le Mouvement Européen-France

                                         « Le Mouvement Européen France a participé activement au 3e Congrès du Dialogue Sud Nord Méditerranée, co-organisé par le Mouvement Européen International, à Tunis du 7 au 9 juin 2012. 

                                        « Nous y avons partagé l’animation d’un atelier avec le Professeur Kazdaghli, que nous avons retrouvé récemment au Forum Mondial de la Démocratie à Strasbourg, puis à la Faculté des Lettres de Rouen. Il a chaque fois témoigné un grand attachement aux valeurs que nous partageons : respect des droits de l’homme, des lois, de la liberté, dans un esprit de dialogue, d’ouverture et de progrès. 

                                        « Aujourd’hui soumis à un procès et menacé de lourdes peines, nous serons attentifs à ce que le Professeur Kazdaghli ait droit à un recours effectif et à accéder à un tribunal impartial, comme l’indique l’article 47 de la Charte des Droits fondamentaux, mais aussi que le principe de légalité et de proportionnalité des délits et des peines soit respecté (Art 49).

                                        « Nous rappelons notre attachement au respect des droits de la défense et aux principes de la Charte des droits fondamentaux, qui reste un modèle de justice et de liberté à étendre au delà de l’Union européenne. »

                                        Bernard Deladerrière

                                        Vice-président du Mouvement Européen France, chargé des Relations internationales.

                                        Source :

                                        http://www.kapitalis.com/63-fokus/12517-tunisie-le-mouvement-europeen-solidaire-du-pr-habib-kazdaghli.html

                                        Salah HORCHANI


                                        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 29 octobre 2012 14:28

                                          Tunisie : Pour suivre l’évolution du PROCÈS DE LA HONTE

                                          Si vous souhaitez suivre l’évolution, en temps réel, du PROCÈS DE LA HONTE, je vous invite à consulter, régulièrement, les Commentaires de mon Article intitulé «  Procès de la honte : Démocrates Tunisiens, d’ici et d’ailleurs, à vos signatures !  » et paru sur le Lien :

                                          http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/151012/proces-de-la-honte-democrates-tunisiens-d-ici-et-d-ailleurs-vos-sign

                                          Salah HORCHANI

                                          Source :

                                          http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/291012/tunisie-pour-suivre-l-evolution-du-proces-de-la-honte


                                          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 30 octobre 2012 23:17

                                            Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH)

                                             Mise à jour le 30 octobre 2012

                                            Reprise écourtée du procès de Habib Kazdaghli, doyen de l’université de la Manouba : retour d’une mission d’observation judiciaire de la FIDH

                                            Le 25 octobre 2012, la FIDH a envoyé une mission à Tunis pour observer la deuxième audience devant le Tribunal de première instance de la Manouba dans le procès contre Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba, accusé d’avoir agressé le 6 mars 2012, deux étudiantes qui s’étaient introduites dans le bureau du doyen. Les deux étudiantes comparaissent également en qualité de prévenues dans ce procès, pour des faits de dégradation.

                                             "Il est pour nous essentiel d’observer ce procès qui est emblématique des tensions grandissantes liées à la question de la laïcité, de l’accès à l’éducation et des libertés académiques en Tunisie« , a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. »Nous appelons les autorités judiciaires tunisiennes à mener leur travail en toute indépendance et impartialité et dans le respect des conditions essentielles d’un procès équitable", a ajouté Khadija Cherif, Secrétaire générale de la FIDH.

                                            Lors de l’audience du 25 octobre, le Président du Tribunal a commencé à rapporter le dossier, interrogeant successivement les deux jeunes filles et le doyen de la faculté. Néanmoins, l’audience a été écourtée suite à la demande de renvoi formulée par la défense des deux étudiantes pour des questions procédurales liées à la constitution de parties civiles des plaignantes. La défense du doyen s’est associée à cette demande de report, évoquant à cette occasion des problèmes de procédure. Les problèmes évoqués sont relatifs à la qualité du fonctionnaire du doyen, que le Parquet a souhaité expressément prendre en considération en ajoutant la circonstance spécifique « dans l’exercice de ses fonctions », et au fait que les dégradations commises l’auraient été au préjudice d’une propriété publique et que le Parquet aurait ainsi dû aviser l’Etat de sa possibilité de se constituer partie civile.
                                            L’audience, ainsi écourtée, a été reportée ; le procès devrait reprendre le 15 novembre 2012.

                                            Le 5 juillet 2012, une première audience avait eu lieu devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de la Manouba, pendant laquelle le Parquet avait requalifié les faits en "acte de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions". Le doyen encourt désormais jusqu’à 5 années de prison, alors qu’il n’aurait été passible que de 15 jours de détention si la qualification initiale de la plainte pour agression avait été maintenue.

                                            Retour sur les faits

                                            A partir de novembre 2011, des sit-inneurs appartenant à la mouvance salafiste et réclamant le droit au port du niqab pendant les cours et les examens ont occupé la faculté, résultant en l’arrêt des cours et le report d’examens. Un conseil de discipline de la faculté s’est réuni et a décidé en date du 2 mars 2012 de prendre des sanctions à l’encontre d’étudiantes allant jusqu’à un an d’expulsion de l’université, pour avoir incité au non-respect du règlement intérieur et empêché la tenue de cours et d’examens.

                                            En signe de protestation, les deux plaignantes, portant le niqab, auraient, le 6 mars 2012, saccagé le bureau du doyen, dispersé ses documents et dossiers, détérioré ou tenté de détruire certains d’entre eux. Selon les avocats du doyen, les deux jeunes femmes auraient également bousculé celui-ci alors qu’il essayait de les faire sortir du bureau. Habib Kazdaghli aurait ensuite quitté son bureau, laissant les deux étudiantes, pour aller porter plainte auprès du district de la garde nationale à la Manouba. Les plaignantes et des étudiants sit-inneurs accusent le doyen d’avoir bousculé une des deux étudiantes et giflé la seconde, ce qui est contesté par le doyen.

                                            Source  :

                                            http://fidh.org/Reprise-ecourtee-du-proces-de-12353

                                             Salah HORCHANI



                                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 31 octobre 2012 00:21

                                              Habib Kazdaghli et l’affaire du niqab en Tunisie

                                               

                                              Ce 25 octobre se déroulait à Tunis le procès de Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des Lettres de l’Université de La Manouba, qui répondait devant le tribunal d’actes de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, suite à une altercation avec deux étudiantes en niqab, en mars dernier, dans son bureau. Une accusation qui n’est que le dernier épisode en date d’une longue série qui a vu le professeur Kazdaghli être victime d’agressions et de menaces, jusqu’à l’occupation de la Faculté de La Manouba par des militants salafistes — lesquels tentent d’imposer par la violence et la peur la prévalence des normes religieuses et le refus des règles académiques.


                                               

                                              Certes, le doyen Kazdaghli bénéficie en sa faveur d’une mobilisation importante de la société civile et des avocats démocrates tunisiens, parmi lesquels Radhia Nasraoui, figure bien connue de la défense des droits humains. Certes, l’audience de ce jeudi 25 octobre s’est conclue par un report de l’affaire au 15 novembre prochain, les deux parties en cause souhaitant se constituer parties civiles. Certes, l’on y a vu la justice tunisienne respecter parfaitement les intérêts des protagonistes, alors que la première audience du 5 juillet avait été marquée par un coup de théâtre, le parquet demandant la requalification des voies de fait simples en actes de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, une incrimination qui vaut aujourd’hui au doyen Kazdaghli de risquer cinq ans de prison.

                                               

                                              Ce placide professeur d’Université est ainsi devenu, malgré lui, le symbole de la capacité de résistance de la société civile tunisienne face à la violence salafiste, incarnant un combat qui dépasse largement les universités de ce pays du Maghreb. Il montre aussi que les établissements universitaires demeurent aujourd’hui en Tunisie l’un des bastions essentiels de la résistance face à l’intégrisme religieux et sa morale rigoriste, dont la pression s’accentue chaque jour davantage dans tous les secteurs de la société. L’Université paraît donc être le symbole fort de la jeune démocratie tunisienne, au moment où celle-ci se trouve à un tournant décisif de sa révolution et de son histoire.

                                               

                                              Ceux qui tentent depuis des mois de terrasser Habib Kazdaghli, et à travers lui de mettre au pas les Universités ­—­ avant La Manouba, celles de Sousse et de Kairouan avaient vu se dérouler des événements semblables — en sont toujours pour leurs frais : Habib Kazdaghli s’est révélé être un adversaire coriace, attaché à faire respecter scrupuleusement le prescrit des règles académiques et apparemment solide face au travail de sape continu et à la violence dont il est l’objet. Ses collègues de l’Université, soutenus par des intellectuels tunisiens et une forte mobilisation internationale, notamment française et belge — une importante délégation venue de l’Université libre de Bruxelles était présente à Tunis le 25 octobre, en guise de solidarité —, ne désarment pas non plus pour faire triompher les libertés académiques face aux intimidations salafistes et aux complaisances dont elles ont longtemps bénéficié.

                                               

                                              A travers l’affaire Kazdaghli, ce sont les libertés publiques en général qui sont ainsi mises à l’épreuve par ceux qui entendent faire de la Tunisie le banc d’essai de la propagation de l’islam politique radical au Maghreb, en instillant partout, même à l’Université, la ségrégation entre les hommes et les femmes — une régression sinistre, alors que la Tunisie a été une pionnière en matière de statut de la femme dans le monde arabe.

                                               

                                              Le procès Kazdaghli est ainsi le révélateur de nombreux enjeux dans une société tunisienne en mutation. Tout d’abord, il incarne la résistance à l’obscurantisme dans le chef de ceux qui ont la charge, tous les jours, d’enseigner la liberté de pensée, la liberté de conscience, le libre examen critique, l’indépendance du jugement et la recherche impartiale de la vérité. L’Université ne peut donc être que visée par ceux pour lesquels ces valeurs universellement partagées sont insupportables.

                                               

                                              Ensuite, il montre les dualités de la société tunisienne après la révolution du 14 janvier, partagée entre d’une part des démocrates viscéralement attachés aux principes de séparation des sphères et d’autre part des partisans d’un consensus avec l’islam politique, un islam politique parfois peu déterminé, pour des raisons diverses, à faire obstacle à la violence salafiste. Il questionne également la capacité de l’appareil judiciaire à se débarrasser des fantômes de la dictature, tout comme son aptitude à se soustraire à l’influence du pouvoir : celui-ci devra à son tour démontrer qu’il ne renvoie pas simplement les protagonistes de l’affaire Kazdaghli dos à dos, mais qu’il endosse ses responsabilités — notamment celles des droits à la propriété d’un Etat qui a vu ses biens mis à sac par l’intervention brutale des jeunes salafistes.

                                               

                                              En troisième lieu, ce qui a conduit à ce procès, à savoir le respect des mesures prises pour limiter le port du niqab à l’Université, illustre le fait que c’est toujours au corps des femmes qu’on en revient quand il s’agit de porter atteinte à l’égalité démocratique : le corps de la femme que l’on veut soustraire au regard des hommes en le voilant ; le corps des femmes que l’on veut séparer de celui des hommes par la ségrégation physique ; le fantasme idéologico-religieux de la concupiscence qu’il suscite et ne peut que rendre, aux yeux des puritains de tout poil, la femme responsable de la convoitise des hommes ; le corps de la femme objet de toutes les violences enfin, par les mutilations génitales qu’on lui fait subir ou par la domination masculine qui s’exerce sur lui ­­— l’affaire de la jeune fille violée voici peu par deux policiers en Tunisie aussi, puis accusée d’atteinte à la pudeur, l’a illustré, comme en miroir de l’affaire Kazdaghli.

                                               

                                              Enfin, dans un pays inquiet du fait des menaces qui pèsent sur son avenir, le procès Kazadagli témoigne des théories du complot qui y fleurissent de part et d’autre de l’échiquier politique : pour les uns, le salafisme, qui était étranger aux réalités tunisiennes jusqu’il y a peu, serait un poison extérieur que des puissances étrangères s’évertueraient à inoculer pour déstabiliser et transformer la société tunisienne ; pour d’autres, les universitaires et les intellectuels autour de Habib Kazdaghli seraient inféodés à l’idéologie et à la culture occidentales, trop peu tunisiens, trop peu arabes et trop mécréants, en quelque sorte…

                                               

                                              Aucune de ces deux accusations ne tient la route, bien évidemment : l’islam politique et son influence dans de nombreux secteurs de la société tunisienne est un produit des régimes politiques successifs qu’a connus la Tunisie depuis l’Indépendance ; quant à la propension des intellectuels à fonder la démocratie tunisienne sur les principes des Lumières, elle est elle aussi intrinsèquement liée à l’histoire de la Tunisie indépendante et aux idées de progrès qui ont longtemps permis d’y construire une législation assurant l’autonomie des sphères, bien plus qu’ailleurs dans le monde arabe. Les universitaires, les intellectuels et les artistes tunisiens, tout comme les militants des droits de l’homme, en demeurent les garants ; à l’instar de Habib Kazdaghli, ils se battront très vraisemblablement avec toute leur énergie pour refuser le repli de la Tunisie sur un quant-à-soi religieux pusillanime, pour perpétuer leur vocation de passeurs vers l’universalité des droits, et vers l’universel tout court.

                                               

                                              Jean-Philippe Schreiber (ULB).

                                              Source

                                              http://www.o-re-la.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=407:habib-kazdaghli-et-l%E2%80%99affaire-du-niqab-en-tunisie&Itemid=85&lang=fr

                                               

                                              Salah HORCHANI


                                              • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 31 octobre 2012 00:31

                                                La honte indélébile sur le gouvernement par l’affaire du Doyen Habib Kazdaghli

                                                En avril 2011, le cinéaste Nouri Bouzid a reçu un coup de barre sur la tête , de la façon la plus lâche ;

                                                Le dimanche 26 juin 2011, Habib Belhadi, directeur de la salle de cinéma Africart a été agressé par des barbus après qu’ils aient défoncé la porte vitrée de l’entrée ;

                                                Le 9 octobre 2011,le siège de la chaîne Nessma a été saccagé par des salafistes ;

                                                Le vendredi 14 octobre , Nabil Karoui, PDG de la chaîne Nessma a été attaqué et sa maison a été incendiée par la même espèce criminelle ;

                                                À Sejnane, village au nord de la Tunisie , des groupes qui se réclament du salafisme ont semé la terreur parmi la population en séquestrant quelques uns dont certains ont subi des sévices corporels sous prétexte qu’ils n’étaient pas en conformité avec une certaine vision de l’Islam ;

                                                Lundi 28 novembre 2011, envahissement et attaque de la faculté de La Manouba par des salafistes ;

                                                Le 11 janvier 2012, Sofiene Ben Hamida, journaliste , a été agressé dans la rue, alors qu’il se rendait à un meeting devant le ministère de l’intérieur ;

                                                 Le même jour, Mohamed Brahmi, élu de l’assemblée constituante, du parti Mouvement du peuple, a été agressé dans les mêmes conditions ;

                                                Le 16 janvier 2012, Rabâa Khouja , une étudiante à la faculté des lettres de Sousse a été tabassée par des miliciens salafistes ;

                                                 Le 23 janvier 2012, Zied Krichen, journaliste et Hamadi Redissi ,enseignant, ont été agressés dans la rue par des barbus salafistes, le jour du procès fait à Nessma, pour avoir transmis le film « Persepolis » ;

                                                Le 20 février 2012, Mohamed Lazhar Akermi ,ancien ministre de l’intérieur a été agressé à Béja ;

                                                Le 7 mars 2012, des salafistes en armes blanches entrent dans la faculté de lettres de la Manouba, enlèvent et déchirent le drapeau Tunisien et attaquent les étudiants. Amel Aloui a été hospitalisée à la suite de nombreux coups de pieds sur ses parties génitales. Khaoula Rachidi qui s’est interposée à l’enlèvement du drapeau, a été agressée ;

                                                 Le 13 mars 2012, Mahrane Soltani, un jeune de Jendouba (18 ans), a été attaqué par des salafistes . Ils ont fait une simulation d’un jugement. Ils ont silumé de lui trancher la main ;

                                                 Le 25 mars 2012, lors d’une journée de dimanche qui devait être une journée de fête consacrée aux artistes et au théâtre, des salafistes se sont attaqués aux jeunes artistes . Ces salafistes se sont mis à chasser l’artiste dans les rues de Tunis, ce jour là. Ils ont poursuivi les jeunes qui sont venus en familles sous une pluie d’insultes ,de jets de pierres et de bouteilles ;

                                                 Le 9 avril 2012, une manifestation-rassemblement qui devait être pacifique et festive en ce 9 avril, jour de commémoration des martyrs, des bandes de salafistes se sont éparpillées parmi les manifestants et sous le regard bienveillant de la police, ils distribuaient les coups avec leurs battes de baseball à tous ceux qu’ils rencontraient sur leur chemin. Des journalistes ont été attaqués. Kmaïs Ksila, élu à l’assemblée constituante a été pris à partie par ces bandes organisées.  L’Assemblée constituante avait promis d’enquêter sur l’affaire. À ce jour aucune nouvelle !

                                                 Le 20 avril 2012, Jaouher Ben Mbarek , connu pour ses postions et ses interventions publiques républicaines, a été séquestré à Douz . Ses agresseurs , des salafistes connus dans la régions l’ont pris pour otage pour mettre en scène une exécution sommaire au sabre ;

                                                 Le 22 avril 2012, Yousef Seddik a dû se réfugier dans local à proximité de la salle où il était l’invité. Il devait intervenir pour une conférence, organisée par une association locale mais, des salafistes lui ont barré la route par des menaces. Ils l’ont obligé d’annuler son intervention ;

                                                 Le 8 mai 2012, au Kef, un guide touristique a été agressé par des salafistes devant la mosquée Sidi Ali Ben Saleh ;

                                                 Le 25 mai 2012, Rejeb Magri, prof de théâtre au Kef, a été agressé par des salafistes en rentrant chez lui . Il a affirmé que des policiers assistaient à l’agression sans intervenir ;

                                                 Le 29 mai 2012, Une journaliste Zeineb Rezgui de « l’économiste maghrébin » est agressée par des salafistes à la cité Al Intikala ;

                                                 Le 11 juin 2012 , Une exposition d’artistes au palais d’Al Abdellia  a été le théâtre d’un saccage par des salafistes. Les artistes ont été pointés du doigt par des extrémistes religieux et d’autres qui logent dans le gouvernement da troïka ;

                                                 Le 12 juin 2012, Des salafistes ont essayé d’incendier le poste de la garde nationale de la Manouba ;

                                                 Le 12 juillet 2012, Ahmed Néjib Chebbi , élu à l’Assemblé constituante, a été agressé par un groupe de salafistes alors qu’il se rendait vers Jendouba .Ils l’ont tabassé en le qualifiant d’ « athé » . Son chauffeur a été agressé par la même occasion ;

                                                 Le 14 juillet 2012, Khalil Zaouia, du CPR , ministre des affaires sociales a été agressé par des individus appartenant au courant salafiste ;

                                                 Le 6 août 2012, à Kairouan ,Abdelfattah Mourou a été agressé par un salafiste qu fait partie des libérés de prison après le 14 janveir 2011 ;

                                                 Le 16 août 2012, Jamel Gharbi conseiller régional socialiste des Pays de la Loire en France, alors qu’il se promenait en compagnie de sa fille et de son épouse, a été roué de coups à Bizerte par des salafistes ;

                                                 Le 16 août 2012, Samir El Qantar , ancien détenu des prisons israéliennes a été roué de coups lors du festival dédié à Al-Aqsa, , une manifestation de soutien à la cause palestinienne ;

                                                 Le 17 août 2012, Des salafistes empêchent à Menzel Bourguiba le déroulement d’un spectacle de théâtre ;

                                                 Le 19 août, un agent de la sécurité intérieure au Kef, Riadh Zughlama, a été agressé par un salafiste, alors qu’il rentrait chez lui .

                                                 Le 24 août 2012, le poète Sghaier Ouled Hmed a été tabassé par des salafistes ;

                                                 Le 25 août 2012, le poète Mohamed Hédi Oueslati, a été agressé par des salafistes .

                                                 Le 30 août 2012, des militants du parti  Nidaa Tounes à Menzel Chaker ont été la cible d’une attaque salafiste ;

                                                 Le 14 septembre 2012 : une bande de salafistes a quitté la mosquée Alfath et a pris le chemin de l’ambassade américaine pour la saccager en y mettant le feu . L’école américaine à proximité de l’ambassade, n’a pas été épargnée. Elle a été livrée au pillage ;

                                                 Le 30 septembre Brahim Kassas, élu à l’assemblée constituante , membre de Nida Tounes, parti de l’opposition, à été lynché et tabassé à Kélibia par une bande  d’extrémistes ;

                                                 Le 18 octobre Lotfi Nakdh, président de l’union régionale des agriculteurs, et coordinateur du mouvement Nida Tounes , parti dans l’opposition, a été lynché avant qu’il ne soit assassiné à Tataouine par des excités, qui lui reprochent des prises de positions hostiles au gouvernement de la Troïka.

                                                 Les agresseurs courent toujours …

                                                  Cependant, deux niquabées ont saccagé le bureau du Doyen de la faculté de la Manouba . L’une d’elles , après avoir réalisé la gravité de ses faits et en voyant que le Doyen tenait à ce qu’elle rende compte à la justice de son action , avait prétendu qu’elle avait reçu une gifle du Doyen .

                                                 

                                                Soudain , avec cette accusation, la machine judiciaire s’est réveillée et a décidé de poursuivre le Doyen !

                                                 

                                                Source :

                                                http://lemilieuautorise.com/2012/10/23/la-honte-indelebile-sur-le-gouvernement-par-laffaire-du-doyen-habib-kazdaghli/

                                                 

                                                Salah HORCHANI


                                                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 5 novembre 2012 22:12

                                                  Magnifique élan de solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli

                                                  Rappel rapide des faits :

                                                  Novembre 2011 : le conseil scientifique de la faculté de la Manouba adopte un règlement interdisant le port du voile intégral dans les salles de cours et pendant les examens. Mars 2012 : deux étudiantes sont rappelées au respect du réglement par le conseil de discipline. Elles pénètrent, sans autorisation, dans le bureau du doyen et saccagent la pièce. Le doyen, Habib Kazdaghli, porte plainte... les étudiantes également, prétendant que l’une d’elles a reçu une giffle alors qu’elles se livraient à leurs actes de vandalisme.

                                                  Seules les délinquantes semblent entendues et considérées par la Justice tunisienne. Le parquet a même requalifié le chef d’inculpation initial. Pour l’aggraver. Le doyen Habib Kazdaghli encourt cinq années de prison.

                                                  Texte de Habib Mellakh, universitaire, syndicaliste, professeur de littérature française à la FLAHM*
                                                  Massée devant le Tribunal de première instance de la Manouba, une foule estimée, à un moment où de nombreux manifestants avaient commencé à se retirer, à plus d’un millier de personnes par celui qui sait compter les oiseaux (il se reconnaîtra),mais bien plus nombreuse au plus fort du rassemblement, a tenu à exprimer le 25 octobre dernier, sa solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli et les artistes poursuivis par la justice.
                                                  Affluant de bonne heure devant le siège du tribunal, les manifestants ne se sont dispersés que vers onze heures, lorsqu’Habib Kazdaghli, libéré par les journalistes tunisiens et étrangers venus très nombreux pour couvrir l’évènement et solliciter ses déclarations à la sortie de l’audience, quittait les lieux.
                                                  Plusieurs personnalités politiques et syndicales, d’anciens ministres, des députés de l’Assemblée nationale constituante, membres du groupe démocratique, d’éminents représentants de la société civile, du monde de la culture et des arts, des défenseurs emblématiques des droits humains et une délégation de l’Université libre de Bruxelles conduite par le professeur Jean-Philippe Schreiber ont rehaussé de leur prestigieuse présence ce rassemblement historique, mettant en valeur la qualité de la mobilisation.
                                                  La participation remarquée et remarquable d’Ahmed Ben Salah, dictée non par un quelconque parti pris mais par la conviction de l’innocence du Doyen, a ému l’assistance et semblait, à elle seule, en être l’illustre témoignage.
                                                  C’est d’abord cette conviction et la certitude du caractère éminemment politique du procès et des poursuites engagées contre les artistes d’El Abdellia qui ont poussé autant de femmes et d’hommes, autant d’universitaires, autant de médecins, autant d’artistes, autant d’avocats, autant de jeunes, autant de retraités et de nombreux amis étrangers à soutenir le Doyen de la Manouba.
                                                  De nombreuses banderoles et pancartes ont mis en évidence soit la nature inique du procès et des poursuites, soit le caractère mensonger d’une histoire cousue de fil blanc et les auteurs des slogans qui y figurent ont exigé, en conséquence, l’acquittement du doyen et le non-lieu pour les artistes. Les plus remarquables étaient celles de l’Union régionale du Travail de la Manouba dont le secrétaire général, Mustapha Medini, présent au rassemblement, a battu le rappel de tous les syndicats de la région.
                                                  Les manifestants étaient également mus par un sentiment de responsabilité civique qui les a incités à exiger le respect des libertés académiques et artistiques et des valeurs universitaires dans d’autres banderoles.
                                                  Ils craignaient surtout un nouvel épisode d’instrumentalisation de la justice qui serait perçue, dans un contexte caractérisé par le raffermissement de la solidarité nationale et internationale, comme une réplique scandaleuse d’une première manipulation, à l’origine, lors de la première audience, de l’alourdissement des charges retenues contre le Doyen de la FLAHM. 
                                                  Maître Marie Guiraud, déléguée en mission d’observation judiciaire par la Fédération Internationale des Droits de l’homme l’a bien vu : « La FIDH était pour le moins inquiète des messages que pouvait donner ce procès. L’objectif de cette mission était véritablement de vérifier si les principes de base d’un procès équitable seraient respectés dans le cadre de cette affaire. De ce que nous avons pu voir du dossier, cela nous paraissait inquiétant », a-t-elle déclaré à la sortie de l’audience.
                                                  Ce sont ces inquiétudes qui expliquent la présence des missions d’observation et cette affluence record enregistrée à l’occasion du rassemblement malgré le contexte a priori défavorable d’une audience programmée le 25 octobre, jour férié pour les universitaires avec le risque de démobilisation qui aurait pu résulter de ce choix.
                                                  Mais au grand soulagement de ceux qui, après des négociations ardues, ont pu accéder à la salle d’audience, le président du tribunal semble avoir voulu, par sa manière impartiale de conduire l’interrogatoire du Doyen et des deux niqabées qui l’ont agressée, dissiper ces craintes et assurer l’assistance de la détermination de l’appareil judiciaire à défendre l’indépendance de la magistrature, de son souci de garantir la régularité du procès et de respecter les droits de la défense.
                                                  Une défense qui tient à jouer pleinement son rôle quitte à provoquer une justice qu’elle accuse de ne pas se soucier, dans cette affaire, des intérêts de l’Etat. De ce point de vue, l’un des avocats s’et étonné que le ministère public n’ait pas informé le contentieux de l’Etat des conséquences de la mise à sac du bureau du doyen par les des deux niqabées : dégradation de biens publics et détérioration de documents publics pourtant dûment constatées et de la possibilité de se constituer partie civile.
                                                  De même, les avocats d’Habib Kazdaghli n’ont pas pu digérer l’amère pilule de la concession faite par le Président du Tribunal aux deux jeunes filles pour qu’elles ne se dévoilent le visage que l’espace de quelques secondes.
                                                  De leur point de vue, ce temps à peine suffisant pour lui permettre de les identifier, a privé la défense ainsi que l’accusé, les autres juges, le représentant du ministère public et le greffier du droit légitime des parties prenantes du procès à mettre des visages sur les noms.
                                                  Ils estiment, avec de nombreux observateurs, que cette concession est une grave entorse aux règles de la procédure judiciaire et surtout aux droits de l’accusé. Cet épisode exacerbera sans doute la controverse autour du port du niqab dans les espaces publics.
                                                  Mais ces ratés – s’ils n’ont pas dissipé le malaise ressenti par plusieurs amis d’Habib Kazdaghli – n’ont pas réussi à altérer l’impression majeure, plutôt favorable, qui s’est dégagé du déroulement de l’audience et que Pierre Galand, président de la Fédération humaniste européenne et membre de la délégation de l’Université Libre de Bruxelles exprime dans des termes qui révèlent son soulagement de voir réunies les conditions d’un procès équitable grâce à la volonté conjuguée de l’appareil judiciaire et de la société civile :
                                                  « J’ai pu assister au procès sans encombre et sans difficulté. C’est quand même un signal positif qu’il faut enregistrer. Le fait que le plaignant, le Doyen, puisse avoir autour de lui une défense de 30 avocats, le fait qu’il puisse avoir autour de lui nombre d’enseignants pour témoigner de leur solidarité avec la cause du Doyen, cela me paraît des signaux extrêmement importants et intéressants. Le fait que cette défense est unie aussi, cela témoigne qu’il y a dans cette société un ensemble de mouvements qui se font et qui se structurent, une société en pleine évolution et structuration. Je suis plutôt très positivement impressionné ».
                                                  Maître Marie Guiraud refroidit quelque peu l’enthousiasme de Pierre Galand et de ceux à qui la tournure positive prise par le procès inspire beaucoup d’optimisme : « Je ne dirai pas qu’on est rassuré puisque finalement il ne s’agissait que d’une simple audience de procédure. Nous verrons le 15 novembre si le fait que ces jeunes filles comparaissent également en qualité d’auteurs, éventuellement, peut changer la donne ou non ».
                                                  Nous attendrons avec l’avocate de la FIDH la confirmation, lors de la prochaine audience, des impressions positives. Le procès a été effectivement reporté au 15 novembre pour permettre à chaque camp de se constituer partie civile.
                                                  Le Doyen Kazdaghli s’en plaint non parce que le report prolonge son calvaire mais parce que le dossier « use l’énergie des universitaires qui sont censés s’occuper d’autres choses en ce moment plus importantes pour le pays », a-t-il affirmé à sa sortie du tribunal.
                                                  C’est pour cette raison qu’il souhaite voir ce dossier classé le plus tôt possible.
                                                  Ce vœu ne sera pas exaucé le 15 novembre prochain. Les juges seront comme tous les Tunisiens, en train de célébrer, ce jour-là le nouvel an musulman et le procès sera à nouveau reporté.

                                                  * FLAHM : Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (NDLR)

                                                  Source :

                                                  http://www.primo-info.eu/showdocs.php?rub=7

                                                  Salah HORCHANI


                                                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 5 novembre 2012 22:31

                                                    Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des Lettres et des Humanités de La Manouba :

                                                    « Nous sommes déterminés à continuer la lutte jusqu’au bout pour faire triompher les libertés académiques et les valeurs de la modernité »

                                                    Il est devenu l’une des figures emblématiques de la polémique mettant face à face modernistes et « Salafistes » depuis les fameux événements de la faculté deLa Manouba de l’année écoulée. Après le 5 juillet, il a comparu le 25 octobre sur la base d’une plainte déposée contre lui par une fille nikabée.

                                                    Si Habib Kazdaghli se trouve au cœur de la querelle c’est certes en raison de sa qualité de doyen de cette institution universitaire, mais aussi, et selon ses détracteurs, parce qu’il a versé de l’huile sur le feu, un feu qu’il aurait pu éteindre s’il n’avait pas cherché l’escalade donnant par là une tournure accentuée et inquiétante à un événement mineur. Son procès qui prend la forme d’un feuilleton dépasse le cadre juridique et devient manifestement et nettement politique, d’après certains observateurs dénonçant une conspiration contre les acquis modernistes de l’université. C’est à propos de toutes ces questions que nous avons discuté avec le doyen de la faculté deLa Manoubaen vue d’une meilleure compréhension de la situation sujette à de nombreuses interprétations et exposée à de nouvelles proliférations encore plus nuisibles. On tient à préciser qu’en quittant son bureau, sa secrétaire nous a arrêtés, elle nous a prié de patienter et de ne pas descendre tout de suite, car des étudiants islamistes étaient en train de faire la prière dans la halle d’en bas. Ils bloquaient la sortie.

                                                    Le Temps : Si vous nous rafraîchissez un peu la mémoire sur les événements de l’année dernière d’autant plus qu’ils ont connu plusieurs versions contradictoires ?

                                                    Habib Kazdaghli Ce jour-là, j’étais en train de signer des documents à l’un de mes employés quand deux filles étaient entrées dans mon bureau sans en demander l’autorisation. Je les ai sommées de quitter les lieux, mais elles ont refusé et l’une d’entre elles est allée derrière mon bureau et s’est mise à tout saccager avec une aine et ce en dépit des cris réitérés de sa camarade qui essayait de la sermonner. Tout ce qu’elle a pu obtenir d’elle c’était plus d’obstination à aller jusqu’au bout dans ses actes de vandalisme en lui répondant « je le brûlerai avec son bureau ». Donc, comme vous pouvez l’imaginer, j’étais dans une situation chaotique, je suis, immédiatement, allé au bureau du secrétaire général d’où j’ai téléphoné à la police qui m’a fait savoir que, tout en me croyant sur parole, elle devait patienter et attendre les consignes avant d’intervenir, car les « Salafistes » étaient partie au conflit. On m’a alors sollicité de venir déposer plainte. A mon retour à la faculté, vers 16h, après avoir rempli cette formalité, j’ai vu une ambulance en franchir la porte. En m’y renseignant, on m’a informé que l’une des deux filles en « Nikab » s’est évanouie en sortant de mon bureau prétendant que c’était à cause des coups que je lui ai assénés. J’ai appris par la suite que le médecin lui a fourni un certificat médical attestant qu’il y avait les traces d’une gifle sur sa joue droite, ce qui suppose que je sois un bon gaucher, alors que je suis droitier. Je me suis trouvé accusé d’une agression qualifiée bien que je sois le plaignant en tant que doyen, un responsable mandaté par ses collègues et agissant au nom de l’Etat pour gérer les affaires de cette faculté. J’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’une manipulation et d’une instrumentalisation de la justice.

                                                    Une forte mobilisation de la société civile et une solidarité internationale

                                                    Comment jugez-vous le procès qu’on vous fait ?

                                                    J’ai reçu la convocation le 9 juin et je n’ai communiqué l’information à mes collègues que le 22 du mois par souci d’assurer la bonne marche des examens. J’ai comparu devant la justice le 5 juillet, mais le scoop de cette première séance c’était que le parquet, c’est-à-dire le ministère public a requalifié les chefs d’accusation : alors que j’étais convoqué pour violence légère conformément à l’article 319 du code pénal, je me suis trouvé sous la coupe de l’article 101 pénalisant un fonctionnaire qui utilise sa fonction pour attaquer le public sans aucune raison, ce qui veut dire que je deviens passible de cinq ans de prison. Depuis cette date jusqu’au 25 octobre, on a vécu une période très difficile ma famille, mes amis et moi, et à l’approche de cette échéance, il y a eu une grande mobilisation dont les principales manifestations étaient les banderoles et le port du brassard rouge au sein de la faculté. Mon procès a, également, touché la société civile, puisque une coordination de plus de 40 associations s’est constituée autour dela Ligue Tunisiennedes Droits de l’Homme, elles dénonçaient toutes l’insécurité qui menaçaient les doyens dont la profession était fragilisée au point qu’ils risquaient à tout moment d’être attaqués dans leurs propres bureaux par des individus cagoulés. Cette vague de solidarité a dépassé les frontières de notre pays : des collègues dela Belgiqueet dela Francesont venus manifester leur soutien inconditionnel à mon égard tout en précisant que leur intention n’était nullement de s’immiscer dans les affaires intérieures dela Tunisiemais de défendre les libertés académiques. Une pétition internationale était, également signée dans 27 pays. Certes, notre histoire a connu le despotisme et des passe-droits, mais à aucun moment elle n’a enregistré une comparution d’un doyen élu et en exercice de ses fonctions devant la justice. J’ai confiance en l’indépendance de cette dernière, toutefois ce que j’ai vécu était une tentative de mise à pas de l’université par le biais de l’instrumentalisation de la justice qui essaye de m’incriminer en se basant sur des accusations mensongères d’une fille identifiée par le médecin et le juge devant lesquels elle s’est dévoilée et totalement inconnue pour ses professeurs et son doyen.

                                                    La mosquée « Ennour », la pourvoyeuse d’intégristes et d’armes

                                                    Vous parlez de manipulation et de changement de griefs, est-ce que vous accusez une partie bien déterminée d’être derrière tout cela ?

                                                    Bien évidemment, parce que l’affaire qui remonte au 25 octobre a connu, le 28 novembre, un grand rebondissement, alors qu’il s’agissait d’une simple exigence pédagogique qui relevait strictement des prérogatives du doyen et du conseil scientifique. Donc, il n’a jamais été question du vêtement lui-même, le « Nikab », mais d’une relation interactive entre les professeurs et leurs étudiants et de la bonne marche des études nécessitant que les cours se fassent à visage découvert. Nous défendons des vérités dela Palice. Lefondement du conflit c’est, alors, la présence de groupes d’extrémistes religieux refusant cette lecture pédagogique au nom de leur interprétation de la religion, c’est-à-dire qu’ils voulaient imposer leur volonté à la faculté. Face à cette intrusion et menaces musclées, toutes les associations de la société civile et tous les partis démocratiques fraîchement élus à l’époque ont condamné la violence et apporté leur soutien total au conseil scientifique à l’exception de certains autres qui ont brillé par l’ambiguïté, c’étaient le parti politico-religieux, « Ennahdha » ainsi que le ministère de l’enseignement supérieur et celui de l’intérieur qui n’ont pas bronché pendant tout un mois, une attitude qui a, visiblement, suggéré aux agresseurs qu’ils pouvaient agir en toute impunité. Et ce qui faisait planer l’ombre d’une manipulation c’était que les renforts venaient, comme me l’ont affirmé les étudiants, de « Douar Hicher » et plus précisément de la mosquée « Ennour », le théâtre des derniers événements sanglants. Car le groupe des intégristes religieux appartenant à la faculté était très peu nombreux ne dépassant pas les cinq personnes, mais quand vous en voyez deux cents devant vous, là, vous établissez très vite le rapport et vous comprenez très bien que nous avions affaire à des gens bien organisés ayant une stratégie bien définie. Et pour les cacher, on vous lance des fumées en disant que c’est le doyen qui est politisé appuyant leur allégation par le fait que ce problème n’existe qu’àLa Manouba. L’université respecte la religion et la politique, mais la priorité est au savoir, je défends les libertés académiques qui font partie intégrante des libertés publiques.

                                                    . Quelle était l’attitude de l’autorité de tutelle à votre égard lors de votre dernière comparution ?

                                                    Le ministère m’a appelé à deux reprises par le biais, tout d’abord, du chef du cabinet, Mr Soufiène Mansouri, ensuite, du directeur général de l’enseignement supérieur, Mr Wahid Gdoura, qui a assisté au procès en sa qualité de camarade de classe mais surtout à titre officiel. Je ne peux qu’apprécier ce geste et j’espère que Mr le ministre, qui se trouve en Arabie Saoudite et auquel je souhaite un bon pèlerinage, de confirmer cette démarche. Toutefois ce pas positif ne m’empêche pas de dire qu’au niveau de la défense, en dehors de l’assistance de plus 25 avocats tous bénévoles, le ministère ne m’en a pas désigné un d’office conformément à l’article 9 de la fonction publique qui stipule que lorsque un fonctionnaire est mêlé à la justice, ils est du ressort du contentieux de l’Etat de lui charger un avocat, et jusqu’à présent, je ne connais pas le nom de celui qui m’a été confié.

                                                    Je ne renie pas mon appartenance idéologique, bien au contraire, j’en suis fier

                                                    On vous a accusé d’être à l’origine de ces événements et d’appliquer un agenda partisan, qu’est-ce que vous y répondez ?

                                                    Ce sont des accusations qui visent, tout simplement, à m’isoler. Je ne nie pas mon appartenance politique, cela fait maintenant 38 ans que j’œuvre dans ce domaine, j’ai combattu en tant qu’étudiant communiste, en tant que militant du l’UGET le despotisme, ensuite comme enseignant du secondaire et plus tard en tant qu’universitaire. Et je teins à préciser que mes collègues m’ont élu sur la base d’un programme pédagogique et non pas politique, et pour rappel, mes collègues syndicalistes peuvent témoigner que c’était seulement cette considération qui était mise en avant le 2 novembre 2011 lorsque le conseil scientifique a pris la décision d’interdire le port du « Nikab » dans les salles de cours, à l’exception des autres aires de la faculté, suite à une assemblée générale convoquée par le syndicat de base de la faculté qui nous a présenté une motion. Donc, la décision était prise à l’unanimité avec un référentiel purement pédagogique et de communication comme l’exige le métier, en fait, elle consiste en l’application de l’article 20 du règlement intérieur de la faculté. J’ai bien évidemment mes idées que j’ai toujours affichées et défendues pacifiquement et je n’ai pas attendula Révolutionpour le faire comme certains, je m’inscris pleinement dans notre projet sociétal et je regrette profondément que le brouillon de la constitution ne s’y réfère même pas et se taise sur les acquis dela Tunisieindépendante, et il faut rappeler quela Révolutions’inscrit dans la continuité de cette voie moderniste et démocratique inaugurée par nos prédécesseurs. Il est vraiment regrettable que le mot magique de liberté académique ne soit pas inscrit dans la constitution. On me porte un autre type d’accusation se rapportant à une thèse sur l’histoire du parti communiste tunisien dont je suis titulaire et je crois qu’en matière de recherche académique, il n’y a pas de « Haram » (interdit), bien au contraire, c’est une fierté pourla Tunisieexactement comme l’est aussi la thèse de mon collègue Alaya Allani sur le mouvement islamiste en 1991 justement quand les militants de « Ennahdha » étaient poursuivis par le régime de Ben Ali. Et comme je suis l’un des rares spécialistes de l’histoire des minorités et en particulier de la minorité juive en Tunisie, on me taxe de sioniste et s’en sert comme on se sert de mon obédience communiste pour expliquer la raison de mon refus du « Nikab » que je considère comme vêtement et je respecte les gens qui le portent même si en tant que Tunisien j’y vois une régression civilisationnelle.

                                                    La rétractation du Président de la République dénote une contradiction inquiétante

                                                    Dans sa dernière allocution télévisée, le Président de la République était d’un avis contraire au votre concernant le port du « Nikab » en salles de cours considérant votre position comme étant un empiètement sur la liberté d’habit. Qu’est-ce que vous en pensez ?

                                                    Malheureusement, on a mal accueilli, nous universitaires, cette partie du discours où, en fait, il n’était pas entré en contradiction avec nous mais avec lui-même, il était en contradiction avec ses positions personnelles. Sachez que le 20 novembre 2011, une semaine avant qu’il ne soit nommé président, au moment où j’étais mis à terre par les groupes d’intégristes devant la faculté, j’ai reçu un appel de sa part où il a exprimé son soutien à notre lutte pour une université autonome et qualifié ces derniers de hordes sauvages avant de les assimiler à des microbes. Et le 5 janvier 2012, il a reçu une délégation du conseil scientifique pour leur témoigner sa solidarité. Personnellement, je ne les ai pas accompagnés, car ce jour-là c’était le jour de l’évacuation des « Salafistes » du bâtiment, donc j’ai tenu à être avec le procureur dela Républiquepour qu’il n’y ait pas de dépassements. Mes collègues, dont Mr Chokri Mabkhout, qui étaient reçus au Palais par Mr Marzouki nous ont fait un comte rendu dans lequel ils ont relaté le soutien inconditionnel de ce dernier pour notre cause. Mais tout récemment, il a reçu un groupe de ceux-là même qu’il insultait il n’y a pas longtemps, est-ce que c’est la realpolitik ou bien son changement de camp qui le poussent à épouser de nouvelles positions ? Libre à lui s’il soutient cela pour des considérations politiques, mais venant d’un collègue et en l’occurrence un médecin, la chose est tout à fait inadmissible, et je souligne, à ce propos, que les quatre doyens des facultés de médecine partagent l’opinion générale des enseignants. Il s’avère que notre collègue médecin s’est rétracté, c’est dommage, mais je lui fais confiance, car comme il change constamment d’avis, je mise sur une nouvelle rétraction en notre faveur cette fois-ci. Mr le Président m’a promis de venir à la faculté deLa Manoubale 25 mars dernier pour assister à la conférence du Dr Hichem Jaït, mais il ne s’est pas présenté, en tout cas on l’attend toujours pour qu’il rende hommage à cet établissement universitaire devenu le symbole du patriotisme le jour où l’étudiante Khaoula Rachidi a, courageusement, défendu le drapeau national contre les « Salafistes ».

                                                    C’est le projet moderniste qui est visé par les intégristes

                                                    Ne voyez-vous pas que, de par son incarnation de la pensée humaine, l’attaque par les « Salafistes » de la faculté de La Manouba dépasse le volet purement pédagogique et vise les acquis de la modernité dans son ensemble ?

                                                    Absolument, et la suite des événements le confirme, d’ailleurs, à leur déclenchement, les gens se demandaient pourquoi cette faculté et non pas les autres se trouvant juste à proximité. C’est une bataille qui a plusieurs charges symboliques, notre faculté a toujours été le bastion de luttes féroces pour la sauvegarde des projets modernistes par des étudiants progressistes, rappelez-vous les événements de Mars 1982. Une génération de professeurs est passée par là qui ont défendu les valeurs rationnelles de notre patrimoine arabo-musulman, je voudrais rappeler, ici, que cette faculté était toujours celle de Abdelmagid Charfi, Taoufk Baccar, Raja Ben Slama, Amel Grami, Mohammed Haddad, c’est également une faculté ouverte à l’étude des composantes plurielles de notre société ; notre laboratoire « régions et ressources patrimoniales » est reconnu au niveau international comme un centre d’études pour les différents apports humains qu’a connusla Tunisie. Donc, il y a toutes les symboliques, toute une charge qu’on a voulu ébranler, et on m’a dit, à maintes reprises, qu’on me casserait, et, bien évidemment, les menaces dépassaient ma personne, elles visaient la faculté qui est devenue un peula Stalingradde la deuxième guerre mondiale, c’est-à-dire que si elle tombait, le reste suivrait, c’est un peu l’effet domino où la chute de la première pièce fait écrouler le reste. C’est une charge dont les professeurs sont parfaitement conscients, et je salue, par l’occasion, en particulier, mes collègues femmes. Notre combat n’est pas un combat individuel, c’est celui de toute une société civile qui s’est mobilisée pour défendre ses acquis. Je reçois presque quotidiennement des appels téléphoniques de la part de collègues retraités et en exercice me témoignant leur soutien et considérant que ce qui se passe àLa Manoubaest un enjeu vital à la fois pour l’université dans son ensemble et pourla Tunisietelle que nous l’imaginons et que les perspectives qu’a ouvertes pour nous cette vaillante Révolution Décembre 2010/Janvier2011 devraient nous inciter à aller encore de l’avant afin de lever haut, très haut l’étendard du progrès et du savoir.

                                                    La sécurité des établissements universitaires devrait être du ressort des doyens et des directeurs

                                                    Face à la violence qui sévit à l’université, il ya des voix qui s’élèvent pour réclamer le retour des vigiles. Etes-vous favorable à ce retour ?

                                                    L’une des premières grandes décisions prises au lendemain dela Révolution, je crois moins d’une semaine après, c’était celle relative à l’expulsion de ces intrus. Comme vous le voyez ce poste de police n’existe plus et c’est une fierté pour la faculté. Donc, le retour de la police universitaire n’est envisagé par personne, le processus est irréversible. La présence de postes de police à l’université rappelle les régimes autoritaires tels que ceux du « Baâth » comme racontent les étudiants qui étaient en Iraq où même l’armée était autorisée, parfois, à y pénétrer. Conformément à l’article 30 de la gestion, les forces de l’ordre ne pourraient intervenir que suite à une demande formulée par le doyen, le seul responsable de la sécurité des lieux, quand il se trouve dans un état d’incapacité, là, il peut les appeler à la rescousse, ce qui veut dire que leur présence dans l’enceinte de la faculté est tout à fait exceptionnelle. Pour ce qui de la sécurité à l’intérieur, il faut qu’elle soit placée sous les ordres du seul doyen et assurée par un corps recruté par le ministère de l’enseignement supérieur et formé pour cette tâche, car ce que nous avons là ce sont des gardiens n’ayant reçu aucune initiation en la matière. Nous parlons d’un corps de sécurité comme celui se trouvant, par exemple, àla Sorbonneou bien dans la majorité des universités européennes modernes que j’ai visitées où l’autonomie est respectée et où on ne touche ni à la liberté de penser, ni aux libertés syndicales et culturelles. Ce corps fonctionne exactement comme ceux chargés de la gestion du matériel audio-visuel ou bien du nettoyage, par exemple, c’est, donc, l’une des composantes de la faculté dont nous réclamons la présence parmi le personnel y existant. Ce n’est pas dans un esprit répressif que nous voulons mettre en place ces agents de sécurité et il ne s’agit aucunement d’une manigance ou d’une manipulation de notre part comme le prétendent quelques uns.

                                                    Recueuillis par Faouzi KSIBI

                                                    Source :

                                                    http://www.letemps.com.tn/article-71204.html

                                                    Salah HORCHANI


                                                    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 13 novembre 2012 22:39

                                                      Tunisie. Le professeur Kazdaghli au tribunal de cheikh Ubu

                                                      Par Ines Mechri

                                                      À quelques jours de la reprise des procès, il faudra s’attendre à un dégagement en touche dans la conservation d’un Seif Allah comme l’épée de Damoclès sur la tête des Iconoclastes.

                                                      Selon le même processus qui transforma une étudiante victime d’un viol par deux policiers en coupable d’un outrage aux bonnes mœurs, le professeur Habib Kazdaghli s’est retrouvé au matin du 25 octobre devant le juge, inculpé d’avoir giflé une étudiante en niqab alors que c’est elle-même, accompagnée d’une bande d’illuminés, qui a saccagé le bureau de ce doyen de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba, le soumettant à des jets de pierres dans le seul apprentissage qui leur convienne, celui de la lapidation des êtres libres.

                                                      A l’assaut de la civilité tunisienne

                                                      Cette requalification des plaintes déposées en première instance par les victimes réelles en leur propre inculpation en coupables présumés est une instrumentalisation plus idéologique que politique de la justice qu’on n’aura même pas vue sous le régime déchu. Car si Ben Ali a bien fait traduire en justice d’abord Hichem Djaït pour avoir dénoncé la non indépendance de la justice en 1989, puis 18 intellectuels et avocats tunisiens en 1992 pour avoir mis en cause la torture, c’est que l’ancien chef de l’État avait vu ébranlés les verrous judiciaires et policiers de son pouvoir. Mais il n’a jamais osé s’attaquer à la spécificité même de la civilité tunisienne depuis l’indépendance sinon depuis des siècles : l’irruption de la femme dans l’espace public.

                                                      En effet, ce qui se joue dans ces deux procès, c’est la visibilité de la femme et son droit à occuper un espace mixte contre l’enfermement auquel elle est assignée, en résidence close et surveillée par prescription divine : que faisait-elle donc cette jeune fille dans sa voiture accompagnée de son fiancé, en pleine nuit, sinon transgresser ce commandement ? Et en imposant le dévoilement du niqab au nom de la règle de la communication pédagogique qui prévaut à l’université, le doyen lui aussi rend à une visibilité ces silhouettes fantomatiques auxquelles un dogme supposé assoupli permet l’accès au savoir, mais uniquement sous la forme d’ombre non identifiable.

                                                      La chaîne de résistance à un obscurantisme

                                                      Ce matin-là du 25 octobre, devant le tribunal et devant l’Assemblée nationale constituante (Anc), la société civile et les pairs du doyen tunisiens ou étrangers, réunis dans la solidarité immédiate des démocrates, ont soutenu la défense des valeurs universitaires assurée par une cohorte d’avocats. D’un procès à l’autre, il s’établit la chaîne de résistance à un obscurantisme dont l’enjeu est l’enfermement de la femme à propos duquel toute insurrection d’un esprit libre est un péché, une hérésie.

                                                      C’est aussi un esprit libre que la justice turque a poursuivi ces derniers jours : Fazil Say, pianiste célébré de Tokyo à Berlin en passant par Paris et Londres pour sa virtuosité, s’est rendu coupable de quelques blagues blasphématoires sur Twitter du genre « Je ne sais pas si vous vous en êtes aperçus, mais s’il y a un pou, un médiocre, un voleur, un bouffon, c’est toujours un islamiste ». C’est aussi un jouisseur qui dit vouloir choisir entre le paradis ou l’enfer selon « les alcools qu’on y propose » ! Fazil Say, fils d’un grand intellectuel laïc turc, compositeur d’un ’’Requiem pour Metin Altiok’’, poète turc mort avec son cercle d’amis dans l’incendie d’un hôtel perpétré par des islamistes en 1993, ne se reconnaît plus dans sa Turquie qu’on donne pourtant en modèle de la démocratie musulmane mais où il risque un an de prison pour une langue trop libre ! Car c’est bien là la supercherie de l’Akp (Parti pour la Justice et le Développement) qu’on reçoit en grandes pompes en Tunisie : on ne dira jamais assez haut le lent grignotage de la laïcité turque ainsi que l’imposture d’une « démocratie » qui garde en prison des dizaines d’intellectuels, de journalistes et de militants de gauche.

                                                      Les verdicts de ces trois procès ont été reportés. Car, levée comme un incendie, l’indignation des sociétés civiles allume une passion mobilisatrice contre tant d’archaïsme culturel. Mais la pression internationale a aussi des effets dissuasifs.

                                                      Des esprits libres devant le tribunal de Cheikh Ubu

                                                      Dans l’attente d’un statut avancé auprès de l’Union européenne pour la Tunisie, le gouvernement islamiste d’Ennahdha rengaine du mieux qu’il peut l’arsenal obscurantiste de propositions constitutionnelles, déléguant à des milices de la vertu, dites autonomes et bien tolérées, l’outillage d’une répression mutilante ou d’un formatage à la soumission des cerveaux malléables des petits enfants, au premier degré de l’apprentissage éducatif.

                                                      Avec des aspirations géopolitiques de plus haut vol, celle d’une entrée dans l’Union européenne ou d’une hégémonie moyen-orientale, la gouvernance islamiste turque ne se préoccupe pas de ces billevesées que sont les entreprises de contrôle de l’espace vital des femmes : les petites et arrière-petites filles d’Atatürk, principalement les Stambouliotes, ne semblent pas menacées. Mais le Parquet relevant de l’esprit Akpiste frappe fort au cœur de la liberté de conscience, ne tolérant aucune offense au divin, dans une criminalisation de l’atteinte au sacré qu’on voudrait inscrire dans la prochaine Constitution tunisienne.

                                                      À quelques jours de la reprise des procès, il faudra s’attendre à un dégagement en touche dans la conservation d’un Seif Allah comme l’épée de Damoclès sur la tête des Iconoclastes.

                                                      À l’heure où les civilisations avancées (faudra-t-il les dire « supérieures » ?) identifient le Boson de Higgs, particule élémentaire pouvant expliquer l’origine de notre univers, nos sociétés accrochées à une lecture littérale de prescriptions ancestrales, loin, très loin de toute élévation spirituelle, portent encore des esprits libres devant le tribunal de Cheikh Ubu.

                                                      Source :

                                                      http://www.kapitalis.com/afkar-2/68-tribune/12846-tunisie-le-professeur-kazdaghli-au-tribunal-de-cheikh-ubu.html

                                                      Salah HORCHANI


                                                      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 13 novembre 2012 23:02

                                                        Zakia Hamda a écrit :

                                                        Faut-il demander à la lune ?

                                                        La prochaine audience du procès d’Habib Habib Kazdaghli, devrait avoir lieu jeudi 15 novembre ou peut-être serait-elle reportée au jeudi suivant ?

                                                        Nous attendrons la réponse des observateurs du croissant de lune [car, le jeudi 15 novembre risque de coïncider avec le premier jour de l’an 1434 de l’Hégire !]. En fonction de leur vision, le Doyen saura s’il doit se rendre au Tribunal ou chez sa mère pour célébrer le nouvel an.

                                                        La Manouba , [en l’an] 1433 [de l’Hégire]

                                                        Salah HORCHANI


                                                        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 14 novembre 2012 21:17

                                                          Tunisie-Procès de la Honte, Acte III : Appel pour un Rassemblement

                                                          Appel pour un rassemblement de solidarité avec le Doyen Kazdaghli et pour la défense des libertés publiques et académiques devant le Tribunal de première instance de la Manouba

                                                          Le Professeur Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba comparaît pour la troisième fois devant le Tribunal de première instance de la Manouba sur la base d’une accusation imaginaire, à la suite d’une plainte déposée par une étudiante niqabée qui a prétendu avoir été violentée par lui...après une intrusion dans son bureau en compagnie d’une seconde étudiante. Elles ont éparpillé ses documents administratifs et l’ont agressé en proférant des propos orduriers à son adresse, ce qui l’a obligé à quitter son bureau et à déposer une plainte auprès des services de sécurité.

                                                          Chaque comparution du doyen devant le tribunal a donné lieu à l’organisation d’un rassemblement pacifique au cours duquel les universitaires, les intellectuels, les étudiants et les différentes composantes de la société civile ont exprimé leur solidarité avec le Doyen, les enseignants, les artistes, les journalistes, objet lors de multiples occasions, de diverses formes de pressions et d’agressions verbales et physiques de la part de groupuscules politiques extrémistes qui utilisent la religion comme une couverture pour l’exercice du terrorisme intellectuel et physique.

                                                          Tout en saluant tous ceux qui ont exprimé leur solidarité avec le Doyen, soit par leur présence devant le tribunal, soit par le biais de la publication de manifestes et de pétitions de soutien en Tunisie et à l’étranger, les associations de la coalition de la société civile , signataires de cet appel, dénoncent les positions du pouvoir et particulièrement celles des ministères de l’enseignement supérieur, de la culture, de l’intérieur qui se sont caractérisées par l’indifférence au point qu’elles ont semblé parfois confondre l’agresseur et l’agressé.

                                                          Tout en réitérant leur condamnation de toutes les manifestations du fanatisme religieux et de la violence verbale et physique et leur attachement à la nécessité du respect des libertés publiques et académiques, ces associations appellent toutes les composantes de la société civile, les partis politiques, les syndicats et les personnalités à continuer à faire preuve de vigilance, à poursuivre la mobilisation et à exprimer à nouveau leur solidarité avec le Doyen Habib Kazdaghli et les universitaires en participant au rassemblement qui sera organisé le jeudi 15 novembre 2012 devant le Tribunal de première instance de la Manouba à 9 heures du matin ou à une date qui sera annoncée ultérieurement au cas où le 15 novembre serait un jour férié pour la célébration du jour de l’An musulman.

                                                          Associations signataires :

                                                          Association Tunisienne pour la défense des valeurs universitaires
                                                          Observatoire des Libertés académiques (FGESRS)
                                                          Forum universitaire tunisien
                                                          Syndicat des artistes plasticiens
                                                          Association Manifeste du 20 mars pour le développement et la démocratie
                                                          Association Femmes et Dignité Initiative citoyenne
                                                          Association tunisienne pour la citoyenneté
                                                          Association tunisienne de défense des libertés individuelles
                                                          Association de la citoyenneté et de la démocratie à Hammam Ghezaz
                                                          Association Touensa
                                                          Association bizertine pour le cinéma
                                                          Association Tunisienne pour le droit à la différence
                                                          Association Tunisienne pour la Transparence dans l’énergie et les Mines
                                                          Association Tunisienne des anciens prisonniers d’opinion
                                                          Notre enseignement
                                                          L’Observatoire des Libertés et des Politiques Culturelles
                                                          Association Libertés- Dignité -Egalité Hakam
                                                          L’Association Tunisienne Egalité et Parité
                                                          Doustourouna
                                                          Citoyenneté et Communication
                                                          Kolna Tounès
                                                          Vigilance et Egalité des chances
                                                          Centre de Tunis pour la Liberté de Presse
                                                          Ligue Tunisienne des Juristes
                                                          Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme
                                                          Association Tunisienne des Femmes Démocrates
                                                          LTADO
                                                          Lam Echaml
                                                          Conseil National pour les Libertés de Tunisie
                                                          Association UTIL
                                                          Conseil national indépendant pour l’information et la communication
                                                          Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche et le Développement
                                                          Coalition Femmes Tunisiennes pour la Citoyenneté et l’Egalité
                                                          Section Tunisienne d’Amnesty International
                                                          Comité de défense des valeurs universitaires, de l’autonomie institutionnelle, des libertés académiques et de soutien à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba
                                                          L’Association Tunisienne contre la Torture
                                                          Union Générale Tunisienne du Travail
                                                          Union Nationale de la Femme
                                                          Association de Protection du Littoral Bordj Cedria
                                                          Mémoire de la Terre de Tunisie
                                                          Centre de Tunis pour la Justice Transitionnelle
                                                          Association Tunisienne pour l’Action Citoyenne
                                                          Association des avocates indépendantes
                                                          Association tunisienne pour le soutien des minorités

                                                          Note :

                                                          Dans ce cadre, le lecteur intéressé, qui souhaite suivre l’évolution de ce Procès de la Honte, est invité à consulter, régulièrement, l’Article suivant et ses Commentaires :

                                                          http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/151012/proces-de-la-honte-democrates-tunisiens-d-ici-et-d-ailleurs-vos-sign

                                                          D’autre part, s’il souhaite avoir un Historique exhaustif des événements ayant conduit à ce triste Procès, événements présentés par ordre chronologique, il est invité à consulter mon Article (et ses 155 Commentaires, à ce jour) intitulé : « La nouvelle tendance du Ministère tunisien de l’Enseignement Supérieur ! », se trouvant sur le Lien suivant

                                                          http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-nouvelle-tendance-du-ministere-107454

                                                          Source :

                                                          http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/141112/tunisie-proces-de-la-honte-acte-iii-appel-pour-un-rassemblement

                                                          Salah HORCHANI


                                                          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 15 novembre 2012 09:50

                                                            Tunisie : procès du doyen d’une fac accusé par une femme en niqab

                                                            Un bras de fer oppose cette faculté de 13.000 étudiants aux salafistes depuis le 28 novembre. Habib Kazdaghli a reçu le soutien de nombreux universitaires étrangers et des professeurs et juristes.

                                                            L’affaire fait scandale en Tunisie depuis plusieurs mois. Déjà reporté une fois, le procès du doyen d’une faculté tunisienne accusé d’avoir agressé une étudiante en niqab, aura lieu jeudi au tribunal de La Manouba, dans la banlieue de Tunis.

                                                            Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba, Kazdaghli est poursuivi pour « acte de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », un délit passible de cinq ans de détention. Ces faits remontent au mois de mars, lorsque deux étudiantes portant le voile intégral ont mis à sac son bureau, selon lui. L’une d’entre elles, qui avait été exclue de la faculté pour avoir porté le niqab en salle de cours, accuse l’universitaire de l’avoir giflée.

                                                            Tollé en Tunisie

                                                            « Je souhaite que ce dossier soit classé le plus tôt possible car il use l’énergie des universitaires qui sont censés s’occuper d’autres choses en ce moment plus importantes pour le pays », avait déclaré M. Kazdaghli fin octobre, qui avait accusé la mouvance salafiste jihadiste d’être à l’origine de ses déboires judicaires.

                                                            « Les personnes qui ont intenté ce procès contre moi, ce sont les mêmes qui se sont attaquées aux artistes, se sont attaqués aux journalistes, se sont attaqués à l’ambassade américaine » le 14 septembre, avait-il indiqué. Les poursuites contre le doyen ont déclenché un tollé en Tunisie et lancé un débat sur l’autorisation ou non du voile intégral durant les cours dans les universités.

                                                            M. Kazdaghli a reçu le soutien de nombreux universitaires étrangers et des professeurs et juristes français et belges. Plusieurs projets de loi sur le sujet ont été déposés à l’Assemblée nationale constituante (ANC) mais aucun compromis n’est intervenu. Un bras de fer oppose cette faculté de 13.000 étudiants aux salafistes depuis le 28 novembre, lorsque des étudiants et des salafistes avaient organisé un sit-in pour réclamer l’accès aux cours des étudiantes en niqab.

                                                            Source :

                                                            http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/tunisie-proces-du-doyen-d-une-fac-accuse-par-une-femme-en-niqab-7659556.html

                                                            Salah HORCHANI


                                                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 15 novembre 2012 19:50

                                                              Assemblée Générale Commune en soutien au Doyen Kazdaghli, aux Artistes et aux Journalistes :

                                                              Mardi 20 novembre 2012 à la FLAHM à 12h30

                                                              L’Assemblée Générale Syndicale, tenue à la FLAHM le vendredi 9 novembre 2012, a proposé à un certain nombre de syndicats de base et aux associations de la société civile de tenir à la FLAHM une assemblée générale commune en soutien au Doyen, aux artistes et aux journalistes et pour préparer le Rassemblement qui se tiendra à l’occasion de la prochaine audience du procès.

                                                              L’AG se tiendra le mardi 20 novembre 2012 à la FLAHM à 12h30

                                                              L’Association Tunisienne de Défense des Valeurs Universitaires, l’Observatoire des Libertés Académiques, le Forum Universitaire Tunisien et quelques syndicats de base se sont associés à cette initiative.

                                                              Soyons nombreux à participer à l’Assemblée Générale !

                                                              Habib Mellakh
                                                              Universitaire, Syndicaliste
                                                              Département de français, Faculté des Lettres de la Manouba


                                                              • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 15 novembre 2012 20:41

                                                                Motion de soutien au Doyen Kazdaghli émanant de l’Université de Toulouse

                                                                Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanité de la Manouba ( Tunis), doit passer en jugement le 15 novembre, à la suite d’une plainte déposée par des étudiantes.

                                                                Habib Kazdaghli, tout entier dévoué aux intérêts d’une Université tunisienne laïque et démocratique, a dû affronter l’occupation de son Université par les Salafistes entre novembre 2011 et janvier 2012. Il a été plusieurs fois victime d’injures et d’actes violents.

                                                                Habib Kazdaghli a noué des liens très féconds avec l’Université de Toulouse-Le Mirail, notamment avec le laboratoire FRAMESPA où il est chercheur associé. Il bénéficie du soutien de ses collègues de l’Université de la Manouba et des autres universités de Tunisie.

                                                                Le conseil d’administration de l’Université de Toulouse-Le Mirail, qui a déjà voté une motion de soutien à Habib Kazdaghli le 3 juillet 2012, réaffirme sa solidarité envers le doyen de la Faculté de la Manouba et demande aux autorités tunisiennes de préserver les libertés académiques au sein des universités de leur pays et de garantir la sécurité de leurs enseignants dans l’exercice de leur fonction.

                                                                Toulouse, le 13/11/2012

                                                                Le Conseil d’Administration de l’Université de Toulouse2-Le Mirail


                                                                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 novembre 2012 10:11

                                                                  Tunisie - Le doyen de faculté accusé de violence par une étudiante en niqab

                                                                  Accusé d’avoir violentée une de ses étudiantes vêtues d’un niqab, le professeur tunisien Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba comparaît pour la troisième fois devant le Tribunal de première instance de la Manouba, près de Tunis le 15 novembre.

                                                                  Un scandale selon plusieurs associations et organisations qui se déplacent devant le tribunal à chaque comparution du professeur et doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba située dans la banlieue nord-ouest de la capitale tunisienne et théâtre d’affrontements entre étudiants salafistes et les autres.

                                                                  Sur le site du magazine tunisien Kapitalis, on compare même son affaire à celle de la Tunisienne victime d’un viol et accusé d’outrage aux bonnes mœurs.

                                                                  Le fait que la victime devienne coupable de son agression est, selon Kapitalis, « une instrumentalisation plus idéologique que politique de la justice qu’on n’aura même pas vue sous le régime déchu. »

                                                                  Selon l’appel publié sur le site Mediapart et signé par de nombreuses organisations tunisiennes, l’accusation est « imaginaire ». L’étudiante s’est introduite dans le bureau du doyen en compagnie d’une seconde étudiante :

                                                                  « Elles ont éparpillé ses documents administratifs et l’ont agressé en proférant des propos orduriers à son adresse, ce qui l’a obligé à quitter son bureau et à déposer une plainte auprès des services de sécurité », lit-on dans l’appel.

                                                                  Les signataires de cet appel « dénoncent les positions du pouvoir et particulièrement celles des ministères de l’Enseignement supérieur, de la Culture, de l’Intérieur qui semblent parfois confondre l’agresseur et l’agressé. »

                                                                  Selon le site Kapitalis, les enjeux sont de taille car le doyen de l’universitéa interdit le port du niqab « au nom de la règle de la communication pédagogique ».Il a essayé « de rendre une visibilité à ces silhouettes fantomatiques »,poursuit Kapitalis.

                                                                  Le magazine laisse entendre que défendre le doyen, c’est lutter contre l’obscurantisme« dont l’enjeu est l’enfermement de la femme à propos duquel toute insurrection d’un esprit libre est un péché, une hérésie. »

                                                                  Lu sur Kapitalis,Mediapart

                                                                  Source :

                                                                  http://www.slateafrique.com/98339/tunisie-un-doyen-de-faculte-proces-salafiste-etudiante-niqab

                                                                  Salah HORCHANI

                                                                   


                                                                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 novembre 2012 13:42

                                                                    TUNISIE/Rassemblement à la Manouba pour soutenir le Doyen Kazdaghli

                                                                    «  Appel pour un Rassemblement de solidarité avec le Doyen Kazdaghli et pour la défense des libertés publiques et académiques

                                                                    Jeudi 22 novembre 2012 à 9 heures

                                                                    devant le Tribunal de Première Instance de la Manouba » :

                                                                    http://www.legrandsoir.info/+tunisg-'rassemblement-a-la-manouba-pour-soutenir-le-doyen-kazdaghli+.html

                                                                    Salah HORCHANI

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